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Le camp du NON a-t-il volé le référendum de 1995? Les souverainistes croient en tenir la preuve. Le conseil national du Parti québécois sera saisi d'un dossier démontrant que plus de 100 000 électeurs inscrits sur la liste électorale lors du référendum de 1995 n'avaient pas droit de vote. Sur la base des informations recueillies auprès du Directeur général des élections (DGE) et de la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ), les péquistes de Montréal-Ville-Marie déposeront une motion d'urgence à l'intention du ministre responsable de la réforme électorale. Le texte dont Le Devoir a obtenu copie demande à Jean-Pierre Jolivet d'informer la commission parlementaire de mardi prochain des conclusions de l'enquête menée par le Directeur général des élections. Essentiellement, le DGE a déjà radié à ce jour de la liste électorale permanente 56 000 noms qui y figuraient au moment du référendum de 1995. Il se prépare à en faire autant avec 106 000 autres noms de présumés électeurs qui lui paraissent suspects en ce qu'ils ne figurent pas sur la liste de la RAMQ. Adoptée en juin 1995, la Loi sur l'établissement de la liste électorale permanente confère au DGE le pouvoir de recouper le fichier des électeurs avec celui de la RAMQ. Ce qui fut fait en mars 1997. Cette première vérification lui a permis d'établir que 338 104 noms inscrits sur la liste électorale ne figuraient pas sur la liste des bénéficiaires de la RAMQ. A toutes ces personnes, il a adressé un formulaire visant à comparer les données figurant sur les deux listes, telles le nom, le prénom, le sexe et la date de naissance. L'opération a permis dans un premier temps de radier 56 000 noms. En outre, le DGE a repéré 106 000 présumés électeurs dont les caractéristiques ne peuvent être recoupées avec les données de la liste de la RAMQ. De ce nombre, 53 000 n'ont pu donner leur numéro de carte de la RAMQ et 53 000 n'ont jamais donné signe de vie. En vertu de la loi, le Directeur général des élections doit déposer son rapport annuel d'ici le 30 septembre, ce qu'il fera probablement la semaine prochaine. Considérant que le nombre d'électeurs devant être radiés de la liste électorale est deux fois plus élevé que l'écart qui a permis au NON de remporter le référendum, les péquistes de Montréal-Ville-Marie sont convaincus que le OUI s'est fait voler le référendum. A cette réunion du conseil national, regroupant les délégués des comtés et des régions ainsi que les députés et présidents des comités nationaux, il sera également question de souveraineté, de langue et d'échéancier électoral. Les péquistes, qui piaffent d'impatience d'entrer en campagne électorale cet automne et qui comptaient que le signal du chef viendrait en fin de semaine, seront déçus. Le premier ministre prononcera les discours d'ouverture et de clôture mais il est improbable qu'il lève le voile sur ce mystère. Pour la simple et bonne raison qu'il n'a pas encore pris sa décision, même s'il est permis de croire qu'il penche de plus en plus vers le printemps prochain. (...)
Enfin, les militants de l'Estrie demandent au conseil exécutif du parti de tout mettre en oeuvre pour faire acheminer le dossier des étudiants de l'université Bishop qui ont voté illégalement au référendum de 1995.
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