Quand la plume se rit du plumard...

Jean-Luc Gouin
Peregrin@Q-bec.com
Petite-Rivière-St-François, en Charlevoix
Tribune libre Le 15 mai 2002




Objet : « http://www.action-nationale.qc.ca/02-5/debats.html »

« Prétendre qu'une option politique contrôle un quotidien, au Québec, relève de la plus pure fantaisie, de l'ignorance, ou de la démagogie partisane. »
Gilbert Lavoie, Le Soleil du 11 nov. 2000


Un autre texte solide et articulé de Robert Laplante.

Cette façon de se donner bonne conscience en présentant son minuscule fleur de lys, d'une part, tout en étant disposé sur-le-champ et en tout temps à légitimer - arsenal de sophismes intellectuels à la clé - l'assujettissement d'un peuple sous le joug d'un pouvoir extérieur et aux intérêts divergents sinon opposés (et ce, ô félonie, par gouvernement présumé démocratique interposé), d'autre part, constitue en effet ce qui se révèle comme étant le plus abominablement répugnant (je dirais: prostitutif) dans l'ensemble de la politique éditoriale (de La Presse au Soleil, sept quotidiens au total pour un tirage journalier d'environ 450,000 exemplaires!) des journaux de Gesca.

Nonobstant les «promesses de changement» à quelques heures du référendum de 1980 (il y a vingt-deux ans ces jours-ci), Pierre Elliott Trudeau avait au moins le mérite d'être clair...

Hélas ! Gilbert Lavoie illustre parmi moult cette attitude typique du Québécois pour lequel la sujétion reste l'expression lucide et intelligente de l'«ouverture» et de la communication. On aurait envie d'ajouter, sans rire: et de la fraternité. On ne répétera jamais assez combien la duplicité mentale de pareils individus (et de Dubuc à Samson et Pratte, ils sont nombreux et finissent à la fin par atteindre ou lessiver presque tous les foyers de la société) cause un tort peut-être irréparable, et possiblement irréversible, à la collectivité québécoise. Ces gens-là ne comprennent visiblement pas que leur esprit bedonnant, satisfait et moralisateur (une morale qui a choisi son camp, bien sûr: celui du plus fort, c'est-à-dire celle de la jungle) - leur mollesse citoyenne en un mot - constitue un véritable poids lourd sur la gâchette de l'exacerbation d'un peuple tout entier. Dans l'Histoire des nations, la compromission se présente toujours d'abord, objet ludique, comme un gros ballon bien mou, inoffensif. Avant d'exploser au visage de ceux-là mêmes qui jusque-là s'arrogeaient le rôle de joueur et d'arbitre tout à la fois. Ou de juge et parti[e], si on préfère, ainsi que le démontre on ne peut plus explicitement le Federal Government of Canada depuis maintenant plusieurs années.

Baignant dans une pareille mélasse idéologique, ces gens-là (désolé, mais c'est la seule appellation non incivile qui me vienne à l'esprit) se révèlent manifestement incapables de comprendre qu'ils sont de fait ce qu'il faut bien désormais ne plus hésiter à nommer : des collaborateurs.

CC : Vigile et le principal intéressé (glavoie@lesoleil.com)