Un proche de l'ex-député d'Anjou condamné pour fraude

KATHLEEN LÉVESQUE
LE DEVOIR 28.9.01

Le responsable des communications pour le Parti libéral du Québec dans la circonscription d'Anjou aux élections de 1998 vient d'être condamné pour une peine d'emprisonnement de 18 mois pour avoir réalisé des fraudes à partir des listes électorales du secteur, contre Bell Mobilité et Cantel.

Louis Massé a fait de faux contrats de services téléphoniques pour une somme totalisant 350 000 $. M. Massé n'en était pas à son premier crime. Dans les années 1980, il a été condamné pour une fraude de 30 000 $ aux dépens de son employeur de l'époque.

Rien dans la décision rendue sur le banc mercredi par le juge Claude Vaillancourt n'implique directement le PLQ dans l'arnaque de M. Massé. Ce dernier a toutefois été responsable des comrnunications auprès de l'ex-député Jean-Sébastien Lamoureux. Il a également travaillé la même année lors des élections municipales montréalaises en communications auprès d'un candidat d'Équipe MontréaL

La semaine dernière, le libéral Jean-Sébastien Lamoureux a remis sa démission à la suite d'un jugement de la Cour du Québec établissant la culpabilité d'un de ses organisateurs, Alberto Berardinucci, dans une manoeuvre électorale frauduleuse. M. Berardinucci avait mis en place un système de voteurs illégaux qui usurpaient l'identité de tiers pour voter pour M. Lamoureux. Les participants à cette fraude ont été payés 10 $ pour chaque vote enregistré.

Le jugement contre M. Berardinucci a provoqué une onde de choc dans la campagne électorale municipale qui se déroule actuellement à Montréal. Le maire Pierre Bourque a indiqué la porte à l'un de ses candidats pointé par la décision du tribunal. De son coté l'adversaire de M. Bourque, Gérald Tremblay, a maintenu en poste son candidat dans Anjou, le maire Luis Miranda, qui a été en lien étroit avec M. Berardinucci. Le Parti québécois d'Anjou, présidé par Luc Hébert qui occupe la vice-présidence du parti du maire Bourque, a réclamé mardi dernier la démission de M. Miranda.