Pendant la Crise d'octobre 1970, le Parti québécois a perdu la moitié de ses membresPendant la Crise d'octobre 1970, le Parti québécois a perdu la moitié de ses membres. Cette crise «a failli tuer le parti», raconte Jacques Parizeau dans la biographie que lui consacre le journaliste Pierre Duchesne, lancée aujourd'hui à la Bibliothèque nationale en l'absence du personnage. En 1970, Jacques Parizeau est le président de l'exécutif du Parti québécois. Après la proclamation de la Loi des mesures de guerre, il reçoit des rapports affolants de toutes les régions du Québec. En Outaouais, la présidente du Parti québécois reçoit deux fois la visite des forces de police. En pleine nuit, à Trois-Rivières, tout l'exécutif du parti est incarcéré. Un président de comté est réveillé par la police vers deux heures de la nuit. Avant de l'arrêter, les agents de la SQ forcent sa femme à se dénuder. Selon M. Parizeau, «l'objectif de la Loi des mesures de guerre a été une tentative de "sacrer par terre" un parti politique qui, en l'espace d'un an et demi, a pris 23 % du vote à sa première élection», en avril de la même année. Dans certaines régions, les dirigeants locaux du parti démissionnent en bloc. Ses adversaires associent le parti de René Lévesque au FLQ; de plus en plus de militants péquistes n'osent plus militer et déchirent leur carte de membre. Parizeau craint que le PQ ne subisse le même sort que le FRAP (un parti municipal), qu'il soit détruit par association avec un mouvement terroriste.
Tandis que René Lévesque dénonce autant le FLQ que la Loi des mesures de guerre, Jacques Parizeau, alors «un opérateur», cherche à garder les morceaux du parti ensemble. Mais cet épisode, explique Parizeau, «a laissé dans l'esprit de certaines gens un peu âgés une sorte de marque indélébile».
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