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Normand Lester pourfend intellectuels et politiciens canadiens anglais

MONTREAL (ROLLANDE PARENT - PC 11.11.01)



Le journaliste Normand Lester ne fait pas dans la dentelle dans son ouvrage tout chaud sorti des presses, "Le livre noir du Canada anglais", où il soutient que politiciens, journalistes et intellectuels du Canada anglais n'ont aucune leçon à donner aux Québécois nationalistes, compte tenu de leur propre histoire nationale.

Sur 300 pages, Lester recense "des injustices, des pratiques discriminatoires, des propos racistes et haineux, des encouragements à la violence et des menées infâmes d'hommes politiques, de journalistes et d'intellectuels anglo-canadiens contre les Canadiens français, les Indiens, les Japonais et les Juifs".

Il dresse un inventaire des "crimes, violations des droits humains, manifestations d'exclusion envers tous ceux qui n'avaient pas le bonheur d'être Blancs, Anglo-Saxons et protestants", comme on peut lire au verso de son dernier livre, lancé cette semaine.

Sans détour, Lester expose ainsi les motifs qui l'ont incité à écrire ce livre.

"Ce livre est d'abord ma réponse aux Minutes du patrimoine (ces courts reportages présentés à la télé et au cinéma).

"Avec la complicité de sociétés et de fondations-écrans, le ministère du Patrimoine de Sheila Copps a dépensé 7,2 millions $ pour blanchir l'histoire du pays à l'aide de ces gélules de propagande douce, toutes enrobées de sucre...

"L'entreprise conforte le Canada anglais dans l'ignorance des crimes qui ont marqué son histoire nationale", poursuit-il.

Lester indique ensuite qu'il s'est intéressé pour sa part à l'autre côté de la médaille, "au côté noir, au côté sanglant de l'histoire".

C'est dans ce contexte que l'auteur, dans le chapitre "l'antisémitisme à l'anglaise", entreprend la démonstration voulant qu'Adrien Arcand, chef du principal parti politique fasciste canadien d'avant-guerre, ait été à la solde de Richard Bedford Bennett, au moment où celui-ci tentait de devenir premier ministre du Canada, en 1930, et par la suite.

En colligeant divers extraits de lettres, Lester démontre que Bennett a contribué fort généreusement au financement d'une série de petits journaux antisémites dirigés par Adrien Arcand et son associé Joseph Ménard. Il s'agit des titres suivants: "Le Miroir", "Le Goglu" et "Le Chameau".

Lester soumet que "Le Chameau", qui paraît pour la première fois le 14 mars 1930, n'aurait sans doute jamais vu le jour sans cette aide politicienne.

"C'est pendant qu'ils sont secrètement financés, au milieu du printemps 1930, que les journaux d'Arcand deviennent des véhicules de propagande antisémite", écrit-il.

Lester a établi que les deux leaders facistes que sont Arcand et Ménard ont reçu pour leurs services 18 000 $ (l'équivalent aujourd'hui de 193 376 $).

"On peut se demander si, sans cet apport, les trois feuilles d'Arcand auraient pu survivre", ajoute-t-il.

Lester consacre quelques pages à un livre publié en 1836 sous le titre "Awful Disclosure of Maria Monk", l'histoire d'une religieuse qui aurait été engrossée par un prêtre à l'Hôtel-Dieu de Montréal.

Lester soutient que cet ouvrage qu'il qualifie d'"imposture ignoble" est présentée dans la presse protestante contemporaine comme une description exacte de la vie dans les couvents.

"Même si le faux est manifeste et reconnu comme tel par tous ceux qui se sont donnés la peine de vérifier les affirmations délirantes de Monk (...), il est en réimpression continuelle aux Etats-Unis et en Angleterre, où une nouvelle édition avec gravure pornographique est sortie l'année dernière", révèle Lester.

Il soumet que cela démontre la tendance au dénigrement des Anglais du Canada, encore actuelle aujourd'hui, quant au caractère oppressif, totalitaire et clérical de la société québécoise.