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«« Normand Lester
MONTREAL (PC 19.11.01) - Le journaliste Normand Lester de Radio-Canada a été relevé de ses fonctions, dimanche, par le directeur des nouvelles télé Jean Pelletier, qui estime que celui-ci a manqué à son devoir de réserve et d'impartialité en écrivant "Le livre noir du Canada anglais", lancé la semaine dernière.
Normand Lester a été suspendu sans solde jusqu'à la conclusion d'une enquête disciplinaire visant à déterminer s'il a manqué ou non à ses obligations envers la société d'Etat.
"Le livre noir du Canada anglais" constitue une réponse aux "Minutes du patrimoine", ces courts reportages présentés notamment à Radio-Canada et pour lesquels M. Lester a eu maille à partir avec la direction de Radio-Canada, il y a quelques mois.
"Avec la complicité de sociétés et de fondations-écrans, le ministzre du Patrimoine de Sheila Copps a dépensé 7,2 millions $ pour blanchir l'histoire du pays à l'aide de ces gélules de propagande douce, toutes enrobées de sucre...", écrit M. Lester dans son tout récent livre.
Joint lundi, le journaliste Lester s'est dit "profondément blessé" de constater le sort qui lui est fait lui qui a contribué pendant des décennies à la réputation d'intégrité de Radio-Canada en faisant du journalisme d'enquête.
"D'autant plus que mon livre est une enquête de caractère historique où Radio-Canada n'est aucunement mentionnée", a-t-il soutenu.
"L'attitude de Radio-Canada me blesse profondément au point où je considzre aller faire du journalisme d'enquête à un endroit plus accueillant", a-t-il déclaré.
"Je considère prendre ma retraite de Radio-Canada", a ajouté le reporter qui y a complété 35 ans de service.
Pour sa part, Marc Sévigny, directeur général des communications pour la télé française (Radio-Canada) a expliqué que la direction estime "qu'il y a eu manquement" du fait que les journalistes sont tenus de ne pas prendre position publiquement sur des sujets controversés.
"Il fait des raccourcis avec l'actualité, des liens avec la situation actuelle. Il cite des articles du quotidien The Gazette et indique que ce n'est pas différent aujourd'hui. Il ne s'en cache pas et c'est ça qui fait problzme", a commenté M. Sévigny.
Celui-ci estime que l'enquête disciplinaire se tiendra dans les cinq à 15 prochains jours. Il s'agit d'une séance au cours de laquelle le journaliste et la direction présenteront leur point de vue en présence d'un représentant syndical et d'un représentant des ressources humaines de la société d'Etat.
De son côté, le président du Syndicat des communications de Radio-Canada, Michel Couturier, a trouvé "dommage qu'on s'attaque à la réputation d'un grand journaliste, un de ceux qui ont bati la réputation du service d'information".
"Il n'a pas eu peur de mener des enquêtes, de sortir des histoires fumantes. Il s'est mérité le respect de ses confrères", a-t-il ajouté.
"Il va falloir que Radio-Canada démontre que le traitement fait à M. Lester est compatible au traitement fait à d'autres journalistes, par exemple Pierre Dufresne, l'auteur d'une biographie sur Jacques Parizeau."
Aux yeux du représentant syndical, la suspension de M. Lester indique que "Radio-Canada est tellement fâché qu'on ne veut plus le voir en ondes et qu'on est prêt à payer pour qu'il reste chez lui. Ça nous donne une mesure de la colère", a-t-il dit.
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