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«« Normand Lester
Il n'y a plus, ou presque plus, de Livre noir du Canada anglais dans les librairies de Montréal. Il semble bien que ce soit la «censure» radio-canadienne, pour reprendre les termes de l'opposition aux Communes, qui ait incité les gens à se procurer le volume. Un effet pervers qui devrait réjouir Normand Lester aujourd'hui, lui à qui sera remis le prix Olivar-Asselin de la Société Saint-Jean-Baptiste, pour son courage.
L'ouvrage, dont le premier tirage a été de 5000 exemplaires, s'est vendu à une vitesse supersonique dans les librairies de Montréal depuis mardi, lendemain du jour où il fut connu que le journaliste avait été suspendu (avec solde) pour manquement à l'éthique de la SRC.
Ce fut le cas chez Champigny où l'on a fait appel au réseau Renaud-Bray pour regarnir les étagzres. Chez Archambault, on n'a plus d'exemplaires à vendre depuis ce jour-là. Dans les petites librairies comme la Librairie du Square, la rue Saint-Denis, c'est la même chose.
Selon l'éditeur du brûlot de Normand Lester, Michel Brûlé, des Intouchables, tous les exemplaires ont été vendus et un nouveau tirage de 10000 exemplaires devrait être prêt demain pour que les livres soient dzs samedi en librairie.
Sans l'intervention de la société d'État, on ignore comment Le Livre noir du Canada anglais, écrit sur le ton de la colzre en réponse aux Minutes du patrimoine, ces vignettes télé sur l'histoire canadienne, aurait été reçu. La guerre, même celle des mots, avec les Canadiens anglais n'est pas trzs à la mode ces temps-ci.
Dans son livre, Normand Lester revoit l'histoire officielle en adoptant un regard et un ton qui rappellent ceux de certains journalistes canadiens-anglais quand ils parlent, à chaud, des Québécois. La déportation des Acadiens y est décrite comme un projet de «purification ethnique». Lester y dénonce l'antisémitisme de Richard Bennett, premier ministre du Canada, qui aurait soutenu financizrement Adrien Arcand, figure dont on se sert souvent pour prouver que le Québec a été fasciste dans les années trente et quarante. Il y dénonce aussi l'antisémitisme de Mackenzie King. Il parle de «guerre biologique» en évoquant les couvertures remises par les Anglais aux nations indiennes et infestées par la variole. Il parle aussi sur le même ton du traitement qui fut fait aux Japonais et à Louis Riel.
Rappelons que Normand Lester avait dévoilé, dans un reportage diffusé l'an dernier, que les Minutes du patrimoine étaient financées (7,2 millions) par des ministzres et organismes fédéraux dont les noms n'étaient pas dévoilés dans la liste des commanditaires. Révélation qui entraîna la démission de Robert-Guy Scully. Normand Lester n'avait pas été autorisé à pousser plus loin son enquête.
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