«« Normand Lester

La FPJQ défend la liberté d'expression du journaliste Normand Lester


Presse Canadienne 22.11.01 - Montréal - La Fédération professionnelle des journalistes du Québec déplore la suspension du journaliste Normand Lester par la direction de Radio- Canada et demande sa réintégration pendant que son cas sera soumis à l'ombudsman de l'entreprise.

Dans un communiqué transmis en soirée, mercredi, la FPJQ signale que si les relations de travail ne sont pas de son ressort, elle se doit de soulever de graves questions sur la liberté d'expression dans le cas Lester.

Le Livre noir du Canada anglais de Normand Lester prend le contre- pied des Minutes du Patrimoine, ces capsules historiques qui ont été diffusées à Radio-Canada et qui étaient financées par le Bureau d'information du Canada. Elles visaient à renforcer l'attachement des Canadiens à leur pays et à son histoire et elles ont été perçues par certains comme une opération de relations publiques.

Le livre de Norman Lester énonce un certain nombre d'autres faits historiques, moins glorieux que ceux des Minutes. Il ne s'agit pas d'une attaque contre Radio-Canada mais d'un geste démocratique, soutient la FPJQ, qui ajoute que l'histoire n'appartient à personne et que tous ont le droit de l'étudier, de l'analyser, de la commenter et de l'interpréter. «Cela fait partie du débat public», dit-elle.

«La politique journalistique de Radio-Canada fixe de trzs hauts standards journalistiques mais elle ne saurait être interprétée de manizre à interdire à un de ses journalistes de publier un livre, fut- il controversé, poursuit le communiqué de la FPJQ. Les journalistes peuvent participer au débat public et ils le font déjà abondamment, notamment en étant invités sur toutes sortes de tribunes médiatiques.»

La FPJQ ajoute qu'on ne peut non plus parler d'un conflit d'intérêts dans le cas présent, puisque le journaliste Normand Lester ne couvre pas l'actualité constitutionnelle canadienne et que son livre ne représente pas un message politique partisan.

«La FPJQ reconnaît le bien fondé des politiques journalistiques que se donnent les médias, mais elle ne les place pas au-dessus de l'exercice de la liberté d'expression», conclut la FPJQ dans son communiqué.