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«« Normand Lester
Comme le dit une chanson de Guy Béart : " Le premier qui dit la vérité, il
faut le tuer ". Et ce, surtout lorsqu'il s'agit d'un "grand Satan "
québécois qui ose écrire des vérités non conformes à l'histoire "officielle" (corrigée et expurgée) du Canada.
Voilà sans doute la raison pour laquelle, pendant qu'un journaliste de la
Canadian Press mettait impunément dans la bouche de Bernard Landry des
propos (impossibles de la part d'un Premier ministre mais qui auraient été
logiques de la part de notre président, Raymond Villeneuve), Radio-Pravda,
dans un élan irrépressible d'intégrisme fédéraliste, suspendait Normand
Lester sous le fallacieux prétexte que son Livre noir du Canada anglais serait partial et entaché de partisanerie.
En effet, dans ce livre, le journaliste dénonce toutes les horreurs
commises par le Canada à l'égard des Canadiens français, des Québécois, des Juifs, des Amérindiens et des Japonais depuis la Conquête.
Pourtant, plusieurs des faits qu'il dénonce ont déjà été décrits, entre
autres dans le livre d'Irving Abella et Harold Troper, None is too many,
Canada and the Jews of Europe 1933-1948. Par exemple l'histoire du
Saint-Louis, ce bateau chargé de réfugiés juifs auxquels le Premier
ministre canadien Mackenzie King refusa l'asile et qui durent retourner se
faire tuer dans les camps nazis d'Europe. Et tout ça parce qu'il craignait
de les voir sur le même terrain de golf que lui ! Malgré ça, on ne voit
guère de Canadiens ou de Juifs rejeter un billet de 50$ sous prétexte que le
portrait de King y figure !
Après tout, le Livre de Normand Lester n'est qu'une réplique au dénigrement constant du Québec et de son peuple auquel les journalistes et les écrivains canadiens se livrent avec une délectation évidente depuis des décennies. Mais qui donc, au Canada, a songé à condamner William Johnson pour son livre odieux Anglophobie made in Quebec qui n'est qu'un ramassis d'interprétations douteuses de la littérature québécoise inspirées par la paranoïa de l'auteur ? Qui a songé à condamner Diane Francis pour son livre Fighting for Canada, un recueil de propos haineux et diffamatoires ? Qui a songé à blâmer Howard Galganov pour son livre Bastards issu du même cru nauséabond ? Personne !
Et pourtant, Radio-Pravda (devrais-je dire Radio-Taliban) suspend Normand
Lester en prétextant, comme le déclarait son directeur des communications,
Marc Sévigny, que le propos de ce livre est partial et partisan ! Qu'il
entache la crédibilité de la société d'État ! Comme si l'intégrisme
historique fédéraliste n'était pas partial ! Comme si Radio-Pravda était un
modèle de "neutralité " et d'objectivité ! Mais qu'est-ce que la neutralité,
qu'est-ce que l'objectivité dans cet antre de canadiennement-corrects ?
Belle objectivité, ma foi ! Propager une histoire du Canada aussi officielle
et mensongère qu'insignifiante dans ses Minutes du patrimoine et autres fédérasteries polluantes !
Bien sûr, le PQ et le Bloc se sont portés à la défense de Normand Lester.
Mais ce qui m'a le plus étonné dans cette affaire, c'est d'entendre Gilles
Duceppe déclarer : "Comme le disait Voltaire, je me battrai jusqu'à la
dernière minute pour que les gens disent des choses avec lesquelles je ne
suis pas forcément d'accord, mais qu'ils aient la liberté de les dire."
Pour être honnête, M. Duceppe aurait dû ajouter (avec l'approbation de Y.
Loubier et S. Simard) : "Sauf lorsqu'il s'agit de Raymond Villeneuve, d'un
quelconque membre du MLNQ ou même de Ghislain Lebel, le député de Chambly, ceux-là, je voudrais bien qu'on les fasse taire. Ils tiennent parfois de propos que mes chastes oreilles "civiques " ne sauraient entendre. "
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