«« Normand Lester
«« Ethnicisation du souverainisme québécois

L’histoire de ce pays, le «Canada», ne peut avoir pour assise le mensonge

GHISLAIN LEBEL
Député fédéral de Chambly
Vigile 10.12.01



« Une médaille n’est jamais assez mince pour n’avoir qu’un seul côté »
Un quidam

Le «best seller» de Normand Lester, «Livre noir du Canada Anglais» expose au regard de tous et particulièrement des Québécois, la haine tangible qui nous est vouée par le Canada anglais depuis la déportation des Acadiens et la conquête de 1760 quelques années plus tard.

Quotidiennement, notre Honorable Premier Ministre se lève en Chambre et fait l’éloge des valeurs «CANADIANS» qui ont présidé à la naissance et au maintien de ce plus beau meilleur pays du monde. Évidemment ignare de son histoire, ce petit politicien virtuose de la mesquinerie, mécène du ministre du Patrimoine qui entend édifier une nation «CANADIAN» à partir du mensonge, des demi-vérités, des faux-fuyants et autres jeux de décors, concoctés avec son mandataire : Radio-Canada.

Impossible «d’étudier» l’oeuvre de Lester sans que dès le départ l’émotion ne nous empoigne pour ne nous jamais quitter jusqu’à la fin.

Plus triste encore l’attitude de ses collègues journalistes qualifiant de «brûlot» l’honnête document de Lester. Je dirais simplement à ceux-ci que l’étique journalistique qu’ils invoquent afin de justifier leur inaction, ne saurait servir de paravent à la fainéantise intellectuelle et à la paresse professionnelle.

L’accusation, que certains portent à l’endroit de leur collègue de «FAIRE DE LA POLITIQUE» ne tient aucunement la route et l’abstention, devant le bouquet de faussetés présenté par les Minutes du patrimoine, constitue également une prise de position politique, peut-être pire que celle de la dénonciation: l’encouragement.

Lester n’avait pas gardé pour lui seul les relations incestueuses établies entre le BIC (Bureau d’Information du Canada) et le producteur des Minutes du patrimoine, et ceux qui lui jettent aujourd’hui la pierre n’ont pas su ou voulu comprendre.

L’histoire de ce pays, le «Canada», ne peut avoir pour assise le mensonge, la révision historique, les omissions délibérées et les vérités tronquées. Aussi indigne que puisse être le passé, la vérité a ses droits et la taire équivaut à un lavage de cerveau, propre de la propagande.

Tous ces petits mesquins, inféodés à de tristes intérêts, font honte à une profession qui se doit, à l’ère des communications, d’être au-dessus de tout soupçon.

Vive le vrai journalisme. Bravo Normand Lester.