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«« Normand Lester
MONTREAL (PAR ROLLANDE PARENT - PC 5.12.01) - Le journaliste Normand Lester quitte Radio-Canada où il oeuvrait depuis 35 ans. Il touchera son salaire habituel au cours des prochains mois qui sera remplacé, à compter de mai 2002, par une rente de retraite.
La direction de Radio-Canada ne mènera pas l'enquête disciplinaire pour la tenue de laquelle il avait été suspendu avec solde le 18 novembre par le directeur des nouvelles télé, Jean Pelletier. La suspension était survenue quatre jours après la publication de "Le Livre noir du Canada anglais".
La direction de la société d'Etat était d'avis que le journaliste avait manqué à son devoir de réserve et d'impartialité.
Rejoint au téléphone, le journaliste Lester semblait serein. "Dans les circonstances actuelles, j'en suis venu à la conclusion qu'il me fallait chercher ailleurs des perspectives professionnelles plus conformes à mes aptitudes et à mes intérêts", a-t-il déclaré.
"J'évalue actuellement plusieurs propositions qui m'ont été faites pour poursuivre ma carrière de journaliste de télévision dans les domaines qui m'intéressent", a-t-il commenté.
Au cours d'une séance de deux heures, la direction des ressources humaines de la société d'Etat, le journaliste et les représentants syndicaux en sont venus à une entente. Au cours des six prochains mois, Normand Lester touchera son salaire hebdomadaire habituel. Par la suite, il aura droit à une rente de retraite, de dire le vice-président du syndicat des communications de Radio-Canada, Ubald Bernard.
La direction de Radio-Canada considérait que le journaliste avait manqué de réserve et d'impartialité, particulièrement dans le prologue de son livre où il expliquait que son livre se voulait une réplique aux "Minutes du patrimoine", courts métrages présentés notamment à Radio-Canada.
Il y écrivait qu'"avec la complicité de sociétés et de fondations-écrans, le ministère du Patrimoine de Sheila Copps a dépensé 7,2 millions $ pour blanchir l'histoire du pays à l'aide de ces gélules de propagande douce, toutes enrobées de sucre".
Dans l'entente signée mardi, l'employeur accepte de retirer les lettres de réprimande du dossier de Lester sur "Les minutes du patrimoine". En contrepartie, le syndicat retire les griefs découlant de ces lettres.
Il est prévu que Normand Lester aille chercher ses effets personnels dès mercredi.
Le journaliste de 56 ans devrait recevoir, le 10 décembre, le prix Olivar-Asselin de la Société Saint-Jean-Baptiste pour "son courage et son excellence en journalisme d'enquête".
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