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«« Normand Lester
M. André Pratte traite aujourd'hui (22 nov. 2001) de la censure exercée par Radio-Canada envers M. Normand Lester. Si l'on en juge par le titre (L'"affaire Lester no. 3" ) et les propos de M. Pratte, il voudrait que les lecteurs réagissent par un bâillement, plutôt que d'exprimer leur indignation.
Cependant, il ne justifie d'aucune façon son titre et ses propos. Quelles sont donc ces deux autres occasions (au moins!) où M. Lester aurait eu des "relations personnelles difficiles" avec ses patrons? A-t-on idée de chercher à diminuer quelqu'un sans offrir la moindre démonstration de ce qu'on avance!
M. Pratte accuse M. Lester d'avoir commis une faute qui serait sanctionnée par "n'importe quelle entreprise de presse". C'est drôle, lorsque des journalistes expriment des opinions personnelles qui vont dans le sens de ce que désire Propagande Canada, il n'y a jamais de censure.
Je me souviens d'un soir, juste avant le référendum de 1995, où MM. Jean-François Lépine et Bernard Derome interviewaient respectivement Mario Dumont, du camp du Oui, et Jean Charest, du camp du Non. Lépine se montrait on ne peut plus hostile envers son interlocuteur: "Qui êtes-vous pour nous dire pour qui voter?" criait-il. Tout de suite après, Derome adoptait un ton doux et protecteur avec Jean Charest, comme celui que prennent des animateurs lorsqu'ils s'adressent à des enfants.
Où était-il le devoir de réserve de Jean-François-Lépine? Et celui du responsable de cette émission, qui permettait une juxtaposition de performances aussi biaisées?
Après le référendum, le 1er novembre 1995, M. Pratte signait un billet dans les pages d'opinions de La Presse: "Les Québécois l'ont peut-être échappé belle". La Presse a-t-elle fait des reproches à son journaliste? Non. Elle s'est empressée de publier son papier, prenant bonne note que cet employé était de la graine d'éditorialiste.
On pourrait citer des milliers d'exemples.
Le tort de M. Lester n'est pas d'avoir enfreint un devoir de réserve qui n'existe pas, mais d'avoir osé donner la réplique à tous ces journalistes et animateurs de lignes ouvertes, au Canada anglais, qui déversent quotidiennement leur bave sur le Québec et les Québécois. Il faut que ces personnes puissent continuer leur bon travail en paix. C'est très utile d'entretenir ce fanatisme au Canada anglais et chez les quelque vingt pour cent des Québécois qui s'abreuvent à ces sources. Surtout, il ne faut pas informer les autres Québécois de ce qui se passe.
Claude Boulay, 23.11.01
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