Les intellos de service

Ils peuvent se donner l'étiquette de « branchés » si cela peut les satisfaire, mais un rat demeure un rat.

John Hogan

AGQ - 10.9.01


Une nation, certaine de son avenir, peut assumer facilement les débats provoqués par des boutefeux intellos en mal de reconnaissance intellectuelle. En France, par exemple, les débats sur le fascisme, le nazisme, le sionisme, le communisme, les génocides, la guerre civile et bien d'autres encore, sont largement présents et sont un régal pour l'esprit de ceux qui les suivent. À la différence toutefois que ces mots ont une signification autrement plus lourde pour eux que pour nous car il s'agit de faits vécus.

Malheureusement, ici, nous ne possédons pas le sens de ces mots. Cela devient une porte ouverte à la démagogie et à l'imbécillité intellectuelle dans laquelle s'engouffrent les entreprises subventionnées comme « Dubois, Martineau, Godbout et Cie », devenues une véritable industrie de démolition de la nation au service de la cause fédéraliste.

C'est la stratégie des rats, ils rongent la maison jusqu'à ce qu'elle soit détruite. Et comme les rats, ils sont inconscients du danger qui les guette lorsque tout va s'effondrer. Ils rongent n'importe quoi pourvu que leurs dents restent effilées. Ils vivent de la griserie du contenant, le contenu n'a aucune importance, il s'agit d'une simple idée fixe répétée à perpétuité. Idée qui fait l'affaire des promoteurs et commanditaires, d'autant plus que ces derniers contrôlent davantage l'information grâce à la complicité du Gouvernement du Parti Québécois faisant du Québec le lieu où la concentration de la presse est la plus poussée au monde, à part les dictatures évidemment.

Le procédé est simple.

Les intellos de service sont utilisés par les médias électroniques et écrits de la même manière qu'on utilise un vulgaire objet pour promouvoir une idée, c'est de la publicité. Il suffit de donner de l'espace à l'intello-bibelot pour qu'il répète inlassablement l'une de ses variations sur un même thème; l'essentiel, c'est qu'il n'y ait jamais discussions sur le sujet, ni débat, ni contradicteur, ni qui que ce soit qui mettent en doute la crédibilité des propos de l'agent de promotion intello.

La stratégie de Radio-Canada, par exemple, consiste à créer un cheptel d'intellos branchés qui associent souverainisme et idée ringarde. C'est tout, il n'y a rien à rajouter, l'idée est dépassée et les jeunes « branchés » sont tournés vers l'avenir et donc ne devraient pas s'intéresser à cet projet politique.

C'est une condition obligée pour être citoyen du monde. C'est la raillerie qui fait office d'argumentation. Le maître incontesté en ce domaine demeure Dubois qui se présente invariablement comme une victime. C'est dans cet esprit que le journal « branché » Voir a fait sa manchette avec le livre de Derriennic sur les possibilités d'une guerre civile au Québec. Radio-Canada ne passera pas à côté de cette mine d'or puisqu'il est invité à l'émission de Bazo. La complaisance de cette dernière donne le vertige, et forcément la nausée.

C'est bel et bien un effort soutenu pour mettre en place une classe d'intellos de services pour convaincre une catégorie d'électeurs plutôt favorables à la souveraineté. Pour y arriver on supprime tout débat pour remplacer le tout par une animatrice ou un journal de complaisance.

Ils peuvent se donner l'étiquette de « branchés » si cela peut les satisfaire, mais un rat demeure un rat.