
Le drapeau canadien pour des pubs sunlight
Claude Boulay, 8.9.01
Plusieurs excellentes interventions récemment sur la propagande fédéraliste. Je
me permets d'apporter des commentaires sur certains des points soulevés.
Robert Bertrand voudrait étoffer le parallèle qui a été établi avec la
propagande utilisée lors de la montée du nazisme en Allemagne. Voici quelques
éléments.
1. Tel que M. Bertrand le décrit lui-même, la propagande fédérale contrôle à
peu près tout: "...elle est présente à tous vents sur nos écrans de télévision,
à tous les canaux, sur toutes les chaînes de radio, à tous les postes, à
l'échelle des médias écrits, dans tous les journaux et revues et écrits..."
C'est que le gouvernement fédéral a le contrôle sur presque tout, soit
directement par des instruments comme Radio-Canada et le CRTC, soit
indirectement par des amis comme Power Corporation. Si l'on compare avec ce qui
s'est passé en Allemagne, on note que le parti nazi avait pris le pouvoir, mais
de façon minoritaire. Pour avoir les coudées franches, il a fait dissoudre le
Reichstag et lancé de nouvelles élections. "Pour la première fois, le Parti
nazi pourrait employer toutes les vastes ressources du gouvernement pour gagner
des voix. Goebbels (ministre de la Propagande) jubilait. Maintenant,
écrivit-il dans son journal, à la date du 3 février, ce sera facile de mener le
combat, car nous pourrons recourrir à toutes les ressources de l'État. La
radio, la presse sont à notre disposition. Nous allons organiser un
chef-d'oeuvre de propagande. Et cette fois, naturellement, l'argent ne manquera
pas." (Extrait de The Rise and Fall of the Third Reich, par William L Shirer).
2. Un exemple dont la ressemblance avec la propagande nazie était frappante:
on a eu pendant plusieurs mois une annonce où une belle jeune fille anglophone,
avec des accents chantants, nous enjoignait à "partir à la découverte du
CANADAH!" Chaque fois que je voyais cette annonce, je pensais à cette affiche
en France nouvellement occupée, où l'on voyait un beau soldat allemand souriant
tenant un petit enfant dans ses bras.
D'autres interventions sur ce forum, en plus de donner des exemples de la
propagande fédérale, cherchent ou proposent des moyens pour la contrer.
Manon Berthelet: "Si nous avions une grille... On prend les nouvelles et on les
découpe. X nombre de nouvelles positives pour le Canada... X nouvelles positives
pour le Québec..." Il y a longtemps que je rêve d'une telle méthode, mais
comme le dit aussi Manon, "Ce qui nous manque, c'est l'ACTION. Et l'argent."
Gilles Rhéaume a des suggestions:
- "L'Assemblée nationale, les groupes de pression, les individus doivent
prendre le relais d'une presse obséquieuse..." (Je suis en désaccord en ce qui
concerne l'Assemblée nationale, car sa crédibilité serait trop facile à miner).
- "Il faut implorer Le Devoir de mener cette enquête." (Est-ce réaliste? Il
me semble que Le Devoir est bien trop frileux.)
- "Les tribunes libres des journaux et des sites électroniques." (Surtout les
tribunes libres des journaux, car elles rejoignent un beaucoup plus grand
nombre de personnes. Cependant, les journaux élimineront la pupart des
interventions en faveur de la souveraineté, se servant putôt de leur tribune
libre pour renforcer leur propagande. Et aucun journal ne publiera une lettre
qui dénonce la propagande qu'il fait.)
Je retiens surtout ceci: "La propagande est sans doute le dossier le plus
porteur pour une cause comme la nôtre." Si M. Rhéaume veut dire la dénonciation
de la propagande fédéraliste, je l'endosse à cent pour cent.
L'approche que je préconise est la création d'un journal libre. Un tel journal
aurait éventuellement les moyens de faire les enquêtes dont il est question. Il
pourrait, à chaque numéro, donner des exemples de propagande fédéraliste, des
statistiques, des coûts.
Bien sûr, il faut trouver des fonds pour le lancer, ce journal. Mais je me dis
que mille personnes à mille dollars, cela fait un million. Au pire, chaque
investisseur perd sa mise. Il pourrait cependant arriver que le placement
rapporte. S'il y a encore 40% de Québécois qui sont prêts à voter pour la
souveraineté, il doit bien y avoir une clientèle pour un journal libre.
Pour ce qui est des éditorialistes et recherchistes pour ce journal, je ne
pense pas qu'il serait difficile de les trouver. Il y aurait plusieurs
candidats parmi ceux qui écrivent régulièrement sur ce site.
Claude Boulay (pas le président de la compagnie Everest, qui vient d'obtenir un
contrat de 150 millions de dollars pour faire de la publicité pour le
gouvernement fédéral, l'autre Claude Boulay)
Commentaires
J'ajoute ceci qui est simplement du bon sens. Toute propagande d'État
à contenu politique trop déterminé, trop précis, trop partisan
ressemble fatalement à celle du nazisme ou de Mussolini, non pcq elle
serait fasciste, cela je ne le pense pas, mais parce qu'elle a cette
dimension de parti pris.
Il n'en va pas de même de Villeneuve prônant le tourisme québécois.
Cela c'est pragmatique. J'ai un ami militant wallon. Qui me disait,
parlant de l'ancien Rassemblement wallon (dont il était), qu'il faut
utiliser prudemment et sobrement les emblèmes nationaux quand on est
un parti démocratique, un parti, soit une partie du tout qu'est l'État
et qui n'appartient à personne et à tout le monde.
Ce qui ne veut pas dire que l'on ne peut pas utiliser le drapeau
national (Vigile le fait excellemment), mais tout est dans la manière.
Le drapeau canadien pour des pubs sunlight... cela!
Je jure bien que partout en Europe cela choquerait, cette propagande
canadienne, tous ces drapeaux à l'érable à Québec par exemple, cela
écoeure, comme trop de sirop d'érable, justement...
José Fontaine, 8.9.01

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