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Les Québécoises et les Québécois en fête ?
Communiqué du 22 juin 2001:
Les Québécoises et les Québécois en fête ?
C'est à la veille de notre fête nationale que l'Assemblée nationale du
Québec démontre une fois de plus que cette institution est gravement
malade. En plus de ne pas être représentative de la volonté populaire
exprimée lors des élections, dû aux déficiences du mode de scrutin
actuel, elle a adopté, à la sauvette et sans débat, des milliers
d'articles de loi qui auront des répercussions majeures sur la vie
quotidienne des gens. À l'heure où le Québec a été récemment le
théâtre, à l'occasion du Sommet des Amériques, de la mainmise du
pouvoir économique et financier sur les institutions démocratiques et
notamment l'Assemblée nationale ; à l'heure où les nations autochtones,
premiers habitants de cette terre, réclament encore la reconnaissance du
droit à l'autodétermination par l'application des sages recommandations
du Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones déposé en
1996 ; à l'heure où des milliers de familles doivent quitter leur
logement sans savoir où elles iront le premier juillet par manque
flagrant de logement social ; à l'heure où la question nationale du
Québec est toujours dans une impasse, non seulement à cause du
centralisme du gouvernement fédéral et de l'absence de réforme
constitutionnelle, mais aussi parce que le gouvernement péquiste a
évacué depuis longtemps de sa stratégie souverainiste tout projet de
société le moindrement social-démocrate, discréditant ainsi aux yeux de
la population le projet de souveraineté nationale.
Au lieu de reconnaître l'échec de sa stratégie souverainiste, le
gouvernement Landry nous offre plutôt une mise en scène de fin de régime
qui cherche maladroitement et désespérément à faire croire qu'il est «la
gauche», qu'il est obsédé par la pauvreté, qu'il appuie les régions,
etc. Les leurres n'arrivent plus à cacher à la population que son
«obsession de la pauvreté» n'est qu'un mince bandage sur une plaie
béante tandis que le salaire minimum et les autres normes minimales du
travail demeurent dérisoires. Le gouvernement péquiste s'apprête
d'ailleurs à réformer le code du travail en limitant encore davantage
les droits syndicaux alors que la simple démarche en vue de
l'accréditation est devenue une bataille épique (cf McDonald). Rappelons
que les régions ne veulent pas seulement des subventions ponctuelles à
la veille des élections mais elles réclament des leviers décisionnels
leur permettant de gérer un développement régional intégré. Rappelons
que le PQ en congrès a lui-même refusé de se qualifier de
social-démocrate. Et c'est ce même gouvernement qui a cavalièrement
méprisé les revendications de la Marche mondiale des femmes et qui
aujourd'hui cherche à expliquer le mince appui des femmes au PQ par des
motifs infantilisants...
Une souveraineté sans
contenu ne veut rien dire
Il est plus que temps pour le gouvernement péquiste de se rendre compte
que sa stratégie devant mener à la souveraineté a mené l'ensemble du
mouvement souverainiste dans un cul-de-sac; la stratégie "souveraineté
d'abord, démocratie ensuite", telle que formulée littéralement par le
caucus péquiste quand il a refusé à René Lévesque son projet de réforme
du mode de scrutin en 1983, a fait son temps. Le projet souverainiste
tel que porté jusqu'à présent par le PQ et ses partenaires est un
projet de cooptation politique entre élites, un projet de partenariat
néo-libéral où le peuple dans l'ensemble ne trouve pas son compte. Pour
le RAP, le projet national doit être un projet de souveraineté populaire
qui soit porteur de transformations sociales, politiques, économiques,
culturelles et environnementales qualitatives. Une souveraineté sans
contenu ne veut rien dire: la population ne se trompe pas quand elle
marque son profond désintérêt pour une souveraineté vide de sens.
C'est pourquoi le RAP propose:
1. Que l'Assemblée nationale poursuive la réforme du mode de scrutin,
laissée en plan depuis 1984, et qu'elle adopte un mode de scrutin
proportionnel en s'appuyant sur le projet de loi préparé par feu le
Premier ministre René Lévesque;
2. Que l'Assemblée nationale convoque une Assemblée constituante,
véritablement représentative de toutes les composantes du peuple
québécois (incluant la communauté anglophone et les nations
autochtones), convoquée dans le but de rédiger et d'adopter un projet de
Constitution pour le Québec à soumettre par référendum au peuple du
Québec;
3. Qu'une véritable démocratie participative soit instaurée de manière à
permettre au peuple québécois de prendre en main sa destinée dans tous
les domaines, incluant une décentralisation des pouvoirs vers les
régions et une politique de référendums permettant à des citoyens et
citoyennes d'obtenir de l'Assemblée nationale la tenue de référendums
sur des questions d'importance;
4. Qu'un vaste programme de consultation, de sensibilisation et de
formation politique soit mené auprès de la population québécoise afin,
donnant suite au Rapport de la commission sur l'avenir politique et
constitutionnel du Québec, que celle-ci soit amenée à définir la
citoyenneté québécoise et un projet de société susceptible d'entraîner
une adhésion suffisamment large de façon à rendre la souveraineté du
Québec incontournable comme un moyen légitime d'y parvenir.
Nous enjoignons le gouvernement Landry de réduire le déficit
démocratique qui prévaut dans notre société et à mieux tenir compte de
larges franges de l'électorat actuellement non représentées à
l'Assemblée nationale. Pendant plus de trente ans, les indépendantistes
progressistes ont mis en veilleuse leur projet de société pour prioriser
la «question nationale» qui a fini par s'embourber elle-même, le
croyons-nous, faute de projet de société valable aux yeux du peuple
québécois. La souveraineté du Québec est un moyen pour réaliser
l'émancipation sociale du peuple et non une fin en soi. Et le peuple du
Québec ne voudra pas de la souveraineté d'une minorité de riches. Si
elle doit advenir, la souveraineté du Québec sera populaire et porteuse
d'un projet de société progressiste dans lequel le peuple se
reconnaîtra.
La montée de l'Union des forces progressistes représente un espoir pour
que les Québécoises et les Québécois puissent véritablement un jour
avoir des raisons de célébrer leur fête nationale !
Rassemblement pour l'Alternative progressiste
C.P. Les Atriums, B.P. 32035, Montréal, Qué., H2L 4Y5 ? tél : 284-2260
Suzanne Lachance, porte-parole du RAP
Pierre Dostie, resp. des communications
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