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Une nation fatiguée ?...Jean-Luc DionAGQ 22.1.2002
Pierre Grandchamp répond à José Fontaine qui écrivait :
P.G.: « J'aurais tendance à répondre OUI malheureusement! Un système oppresseur finit à la longue par "user son homme" qui, de guerre lasse, en arrive à abandonner !!! » (...) [JLD] (Dans un précédent message, Pierre a cité avec beaucoup de pertinence l'historien de Tocqueville, citation que j'ai reproduite dans « La minute de silence 126 ») tellement je trouve qu'elle colle à notre réalité... :
« UNE NATION FATIGUÉE DE LONGS DÉBATS CONSENT VOLONTIERS QU'ON LA DUPE, POURVU QU'ON LA REPOSE, ET L'HISTOIRE NOUS APPREND QU'IL SUFFIT ALORS POUR LA CONTENTER DE RAMASSER DANS TOUT LE PAYS UN CERTAIN NOMBRE D'HOMMES OBSCURS OU DÉPENDANTS, ET DE LEUR FAIRE JOUER DEVANT ELLE LE RÔLE D'UNE ASSEMBLÉE POLITIQUE, MOYENNANT SALAIRE. » - Alexis DE TOCQUEVILLE, historien français (1805-1859), dans « L'ancien régime et la révolution » (Cité par Pierre GRANDCHAMP, forum AGQ, janv. 2002) [JLD] Cette fatigue, nous la ressentons malheureusement tout autour de nous chaque jour : un nombre étonnant de gens sont apparemment devenus insensibles aux pires ingérences de l'État unitariste canadien au mépris le plus total des juridictions québécoises. Et ce sont des Québécois de service qui sont effectivement les artisans de ces manoeuvres, conformément à l'opinion de de Tocqueville. Si l'importante fraction des Québécois qui ont un niveau d'éducation et de culture élevé n'arrive pas à secouer cette « fatigue » et à reprendre sa participation à la vie démocratique, particulièrement dans les mouvements et partis politiques souverainistes, on peut désespérer du redressement radical qui s'impose. En effet, si ce groupe de citoyens, le plus susceptible d'exercer une influence réelle sur le reste du peuple (la majorité) et sur les affaires publiques, ne se réveille pas de son « confort et de son indifférence », on voit mal comment les autres qui s'accommodent bien de vivre au jour le jour sous la domination politico-économique de l'extérieur prendraient subitement le flambeau de l'indépendance nationale. Les centaines de millions de $ que l'unitarisme canadien consacre annuellement à la propagande et aux prébendes de toutes sortes réussissent fort bien à lier les mains des hommes d'affaires et des universitaires qui ne savent pas résister aux « subventions » de toutes sortes, quel qu'en soit le prix... Quant au bon peuple et aux petits notables, ils sont bien heureux d'accepter les dizaines et les dizaines de millions de $ que le ministère canadien de la Propagande (« Patrimoine ») et d'autres saupoudrent ces dernières années sur les « festivals » de toutes sortes aux vertus soporifiques... Environ 80% du budget canadien total a été déversé sur le Québec l'an dernier (25% de la population du Canada), particulièrement pour la « fête du Canada », le 1er juillet ! Cette propagande vise à rendre ce gouvernement « indispensable » aux yeux du peuple qui est en majorité inconscient de la magouille car il s'informe essentiellement auprès des organes de cette propagande que sont les journaux, la radio, la télé. Or, ceux-ci sont aux mains d'intérêts hostiles à notre cause qui vivent grassement en engrangeant de mirobolants contrats de « publicité »... Cette propagande instille aussi une peur subliminale de l'avenir comme Québécois. L'intense propagande unitariste canadienne s'est radicalement intensifiée depuis le référendum de 1995 que le Québec a presque gagné. On sait que cela résulte particulièrement des recommandations de l'ancien Premier ministre et ultranationaliste canadien, Pierre-Elliott Trudeau qui déclarait :
« Un des moyens de contrebalancer l'attrait du séparatisme, c'est d'employer UN TEMPS, UNE ÉNERGIE ET DES SOMMES ÉNORMES AU SERVICE DU NATIONALISME FÉDÉRAL. »
La tâche d'inverser la situation est titanesque. Il importe finalement de se rendre compte que la plupart des Québécois sont rebutés PAR LA FORME de certains propos considérés comme « radicaux », « extrémistes », « gauchistes », etc. Beaucoup refusent tout simplement d'écouter le simple exposé de situations bien réelles ! Un défi est donc en particulier de renouveler le discours et les approches. Mais surtout de susciter un réveil et la cohérence des efforts chez tous ceux qui sont les plus susceptibles de provoquer un redressement vigoureux et définitif.
Jean-Luc Dion
Forum « Avant-garde Québec » * * * « Nous avons choisi la voie la plus dure, mais aussi la plus habile: la voie droite.» Général Charles De GAULLE, 1942 * * *
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