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«« GUERRE CONTRE L'IRAK
Landry fait de la récupération politique, dit Stéphane Dion
Manon Cornellier
LE DEVOIR mardi 18 février 2003
Ottawa -- Dire que la mobilisation des Québécois contre la guerre en Irak constitue un argument en faveur de la souveraineté relève de la «récupération politique», a déclaré hier le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, alors qu'il réagissait aux propos tenus dimanche par le premier ministre Bernard Landry.
«C'est de la récupération politique, et c'est très malheureux dans un dossier si délicat de faire une telle chose», a-t-il dit à sa sortie des Communes, pour aussitôt enchaîner avec quelques flèches en direction du chef péquiste. «C'est un avant-goût de ce que la réélection d'un gouvernement péquiste nous donnerait. Au soir même de sa réélection, on serait de nouveau dans la tourmente référendaire, mais, heureusement, on a la Loi sur la clarté qui l'empêcherait d'essayer de faire la sécession du Québec avec la question confuse qui apparemment doit donner 45 %, dans un sondage récent.»
M. Landry a soutenu, devant des jeunes péquistes, que la présence plus importante de Québécois que de Canadiens anglais aux manifestations contre la guerre en Irak illustrait l'existence de deux nations. Sans y voir les germes d'une crise, il croit toutefois que «ça va porter les gens à tirer des conclusions et la conclusion, c'est que le Québec doit devenir indépendant».
Le ministre Dion n'achète pas la thèse d'un fossé entre le Québec et le reste du pays, et il en veut pour preuve les sondages qui montrent que moins de 10 % des gens, d'un bout à l'autre du Canada, appuient une intervention militaire sans l'approbation des Nations unies. «Ça s'exprime peut-être plus au Québec qu'ailleurs mais il faudrait voir ailleurs aussi», a-t-il ajouté, notant que tout le monde lui en a parlé lors de son passage récent en Colombie-Britannique.
M. Dion s'est aussi porté à la défense de son chef en reprenant un des arguments favoris du gouvernement, à savoir que c'est sous la pression de personnes comme Jean Chrétien que le président George W. Bush s'est finalement tourné vers les Nations unies l'automne dernier. «C'est grâce à M. Chrétien, en bonne partie, que M. Bush est allé à l'ONU et on l'encourage à rester à l'ONU.»
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