«« GUERRE CONTRE L'IRAK




Busherie

Jean-Paul Daoust 8.2.2003



 Dans une contrée avoisinante du pays de Wabush
 Vit une dynastie belliqueuse appelée Bush
 Le fiston maintenant président aux p'tits yeux d'arriéré mental
 S'est mis dans sa frêle tête de fixer un axe du mal
 Et de le bouffer tel un cannibale
 Quitte à mettre la planète en phase terminale
 Ce qu'il aime par dessus tout, le petit gars
 C'est, comme son père, jouer au soldat
 Car, selon Bush, qui rime n'est-ce pas avec cartouche
 Irak rimerait aussi avec attaque
 Comme on sait le pétrole là-dedans
 En est le tout précieux sang
 Si fiston pouvait ne serait-ce qu'une heure
 Vivre la vie d'un enfant de Badgad ou d'ailleurs
 Et que toutes les horreurs de la peur
 Comme un de ses missiles téléguidés sans coeur
 Lui rentrent ben raide dans le kisser!
 Or fiston, un peu fêlé de la cervelle
 (Ça, c'est un secret de polichinelle)
 Adore faire le fanfaron
 Comme déployer avions et porte-avions
 Et dire qu'avant d'être élu in Florida
 Ce président-là n'avait jamais mis le pied hors de ses états
 Le pays des Amish des stars et du porno
 A un maniaque qui aime tirer sur ce qui le dérange ici et là
 C'est pour vous dire comme il y en a
 Et à le voir piétiner d'impatience d'attaquer
 On devrait l'envoyer ramasser du café
 Il se dit appelé à une grande mission
 Comme un croisé à sa guerre de religion
 Il ne se gêne pas pour dépenser des centaines de milliards
 Pour faire un peu partout son tintamarre
 Il allume des feux croyant faire le bien
 Car l'imbécile croit vraiment qu'il les éteint!
 Ça fait peur de voir un tel niais
 Vouloir la guerre comme un policier un beignet
 Ainsi donc un cow-boy dangereusement nono
 Du globe se veut le super héros
 Évidemment au-delà des supposés sentiments
 C'est tout simplement la course aux armements
 Jusqu'à en hypothéquer la vie privée
 Saturée de ce qu'on lui montre à la télé
 Ce magnifique pays du jazz
 Veut enfermer le monde dans un nouvel Alcatraz
 Il pourrait s'il le voulait et ce serait déjà quelque chose
 Investir ses milliards pour une noble cause
 On ne retient donc rien des leçons du passé?
 Sommes-nous à ce point si peu civilisés?
 Les vrais problèmes, on les sait:
 Maladies injustices et pauvreté
 La planète écologiquement est en danger
 Mais Fiston ne pense qu'à jouer au bras de fer
 Avec la Terre toute entière
 Les stratèges qui visent le bas
 Sont les plus dangereux des plus fats
 On n'est pas dans un film de Walt Disney
 Et le pire est à craindre s'il n'est déjà arrivé
 Or l'Amérique du Nord
 Prise au piège de la mort
 Est menée par deux hommes blancs
 Qui font semblant d'être innocents
 Le plus puissant a été surnommé «moron»
 L'autre chrétien pour le défendre répond tout aussi colon:
 «Ce n'est pas un crétin, c'est mon ami»
 De quoi faire s'écrouler toute la galerie
 Et sur ce continent qui vient de subir un urbicide
 Le XXIème siècle risque d'être celui du suicide
 Autant collectif qu'individuel
 Pourtant cette planète pourrait être si belle!
 Hélas! on la traite comme une poubelle
 Terrible sera la justice du ciel
 Qui commence lui aussi à battre de l'aile
 Et pour obéir aux diktats de l'économie
 Fiston s'engage à une véritable tuerie
 C'est une sordide stratégie
 Que de mettre à genoux des pays
 Qu'il mange s'en même s'en apercevoir
 Est-ce donc là la grandeur de sa gloire
 Que de s'agenouiller devant un dieu
 Pour mieux le crucifier dans un autre lieu?
 Donc ce George W. fils de président
 Poursuit sa course aux armements
 (W comme dans War)
 Pose comme un jar
 Évidemment c'est très triste
 D'être à la merci des terroristes
 Mais entendre fiston crier à l'univers
 Oui oui oui oui on veut la guerre
 En se défendant sur tous les airs:
 «N'oubliez pas que Saddam a voulu tuer mon père»
 Pour ça il peut très bien nous jeter en enfer
 Et voilà le pays des «Sorcières de Salem»
 Qui transfère sa peur contemporaine sur Saddam Hussein
 Observer de fiston ses yeux d'obsédé débile
 Nous donne deux bonnes raisons de ne pas être tranquilles
 D'ailleurs n'a-t-il pas dit à une remise de diplômes en Floride
 Que les cancres n'avaient pas à se sentir trop stupides
 Car ça ne les empêcherait pas de pouvoir être présidents
 S'ils le voulaient un jour vraiment!!!
 Je pense que je vais me caler un autre verre de vin blanc
 Car je commence à être pas mal en sacrâment!
 Entendez-vous l'Apocalypse faire du tap dance sur la planète?
 On sent que la mort est prête à nous faire la fête
 Et à force de se payer la tête des autres
 Regardez bien rouler la nôtre
 Le monde qui depuis son existence
 A connu moult combats et autres pestilences
 Sait que la violence mène à la violence
 D'où vient donc ce désir de puissance?
 Est-ce de toute civilisation l'ultime arrogance?
 Extravagance? Insolence? Décadence?
 Comment se fait-il qu'à cause de quelques individus
 Qui se conduisent en trou du cul
 Nous sommes encore au bord du précipice
 Et cette vision est loin d'être pessimiste
 Mais d'un réalisme à affronter
 Sinon nous aurons les horreurs méritées
 Où aller, sinon sur la lune
 Mais son drapeau là aussi flotte à la une
 Ah! ce glorieux pays surnommé l'Amérique
 Où tout n'est qu'une question de fric
 Ce pays de la démence, de la furie mais de la démocratie
 Pourquoi pense-t-il encore en termes de fusil?
 Et ce fou-là qui suscite de tels ennuis
 Mettons-le donc sur l'Ecstasy!
 Ce président-là est-il d'une certaine façon
 Le piètre résultat de toute une nation?
 Quitte à passer pour un naïf
 Je veux en douter jusque dans les manifs
 Et tit-George qui se veut le sauveur de l'humanité
 Ignore l'injustice flagrante qu'il est en train de lui infliger
 Un jour nous devrons payer pour ses imbécillités
 Ce jour-là, je le répète, est à notre portée
 À mourir la nuit pendant qu'il fait jour
 Est-ce le lot de ceux et celles qui carburent à l'amour?
 À un autre président, on remet le prix Nobel
 À celui-ci, on pourrait donner le prix de la querelle
 Sommes-nous revenus à la Tour de Babel?
 Cuba, Corée du Nord, Irak, Hollywood, Graceland
 La terre, si ça continue, va finir en un no man's land
 Les gens ne se comprennent plus ou ne veulent plus
 Et pour cela ils s'entretuent
 Pendant que d'autres bien assis sur leur derrière
 Regardent au petit écran défiler toutes les misères
 Un poète souffre de l'outrage
 D'être ainsi pris en otage
 Alors, très baudelairien, il regarde «les merveilleux nuages»
 La paix, comme le paradis, est-elle donc un mirage?
 Le soleil est une étoile qui brûle l'échine
 Du ciel américain jusqu'en Chine
 Et un jour sur son chiffon magané
 Ne restera qu'un écran noir halluciné
 L'Amérique a un problème nutritif
 Son appétit est compulsif
 Elle va s'autodétruire très Thanatos
 La fin va être atroce
 Comment vivre et non survivre
 Ce n'est pas l'avis de ce président qu'il faut suivre
 Alors, comme ultime prière, je vous demande ceci:
 Mes amis(es), dites non à la Busherie!


 Épilogue:

 Mon Dieu si vous existez ayez pitié
 De grâce venez au plus sacrant chercher
 Ces dictateurs des temps modernes
 Qui supposément en notre nom gouvernent
 Un poète agité se retourne sur sa couche
 Oh! cauchemar suprême: il ne veut pas s'y retrouver avec Bush!