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Le PQ doit se compromettre!

9 octobre 2002




Lors du dernier Conseil national du PQ, Bernard Landry a réitéré son engagement de faire du Québec un pays indépendant pour le prochain Sommet des Amériques à Buenos Aires en 2005, et ce, en précisant un délai de 1000 jours pour la réalisation de notre idéal national. Louable déclaration : il était grand temps. Par ailleurs, il a martelé l'évidence que le PQ doit être réélu pour tenir un référendum et il a lancé un appel direct à la société civile pour embarquer dans le train de la promotion de l'indépendance.

Or, cela prendra plus que des voeux pieux pour que le PQ retrouve sa crédibilité perdue en matière de promotion de l'indépendance nationale. Les militants indépendantistes de l'extérieur et de l'intérieur du PQ ne se laisseront pas servir deux fois le plat amer des "conditions gagnantes", même servi avec un enthousiasme propre aux congrès du PQ.

En effet, le PQ doit se compromettre. Il doit se compromettre non pas sur un échéancier référendaire, bien que cela pourrait peut-être devenir souhaitable même si Bernard Landry a raison lorsqu'il dit que le PQ ne doit pas être référendiste mais souverainiste, mais bien se compromettre sur un agenda précis et détaillé de promotion de l'indépendance, et ce, en partenariat avec les organisations de la société civile.

Ainsi, le PQ doit remobiliser au plus tôt, à tout le moins avant les élections, cela va de soi, ceux que l'on appelle les partenaires pour la souveraineté, afin d'établir un calendrier précis de promotion de l'indépendance. Il doit établir un agenda confirmant avec précision qu'il s'engage à tenir des activités de promotion de l'indépendance avec ses partenaires (colloques, tournées des institutions et des régions, manifestations, assemblées, porte-à-porte, conférences, etc., etc.). Les dates, les endroits, les intervenants en cause doivent y apparaître.

De cette manière, le PQ sera lié à son engagement de faire la promotion de son option fondamentale. S'il ne le fait pas, après avoir établi un tel calendrier d'une aussi grande précision, cela sera perçu avec raison comme une trahison. De même, s'il se refuse à établir ce calendrier, il s'agira pour le PQ d'une flagrante démission. Dans l'un et l'autre cas (trahison ou démission), les indépendantistes québécois devront alors se doter d'un parti réellement indépendantiste et faire leur deuil du PQ. Par contre, si le PQ s'engage dans la voie d'un échéancier précis de promotion de l'indépendance, nous nous devrons de l'appuyer et dès lors nos rêves de voir le pays du Québec se lever pourront s'incarner dans ce parti.

De plus, cela aura l'avantage de vider le PQ de tous ces carriéristes et opportunistes qui infestent depuis trop longtemps le parti. S'il est un vrai patriote, Landry doit montrer à ses députés et à tous ceux qui gravitent autour d'eux que la raison d'être de leur engagement doit être l'indépendance et non le maintien au pouvoir, dans la mesure où il entretient le même sentiment pour lui-même.

Par ailleurs, pour réaliser cette vaste offensive de promotion de l'indépendance, ce que l'on appelle la société civile se doit de répondre à l'appel de mobilisation indépendantiste du PQ. Le PQ ne pourra pas faire l'indépendance à lui seul et toutes les organisations de la société civile doivent prendre leur responsabilité dans la lutte pour la libération de notre patrie. Et chaque citoyen(ne) à l'intérieur de ces organisations doit pousser en ce sens la direction de ces organisations.

En outre, les syndicats, d'allégeance indépendantiste avouée pour la plupart, se doivent de faire leur part, surtout quand on songe aux énormes moyens de mobilisation qui sont les leurs. Ils constituent la force sociale la plus importante au Québec, et refuser de défendre les intérêts du Québec par la promotion de l'indépendance serait pour les syndicats une trahison aussi grande que celle, hypothétique, du PQ d'abandonner l'idéal indépendantiste.

Plus encore, toutes les autres organisations de la société civile (les organismes communautaires, les groupes sociaux de ceci ou de ça, les associations étudiantes, les organisations féministes, etc.) se doivent d'emboîter le pas à ce qui pourrait être, si le PQ décide d'agir et de mobiliser ces organisations et qu'elles acceptent, le plus grand mouvement de renouveau politique depuis la Révolution tranquille. Les Québécois veulent du changement, paraît-il, alors donnons-leur le changement le plus progressiste qui soit : un vaste mouvement de libération nationale accouchant d'un pays de langue française au nord de l'Amérique anglo-saxonne.

Ainsi, il est aussi grand temps que la gauche québécoise comprenne que le changement le plus progressiste et révolutionnaire possible, le changement le plus urgent et le plus fondamental, c'est l'accession du Québec à sa liberté politique : l'indépendance. Dans cette optique, si le PQ s'engage réellement à faire ce changement, la gauche aura le devoir de se rallier, quitte à le faire en se bouchant le nez.

Finalement, il va sans dire que les organisations indépendantistes autres que le PQ et le Bloc Québécois (qui ont sensiblement la même base militante, ne nous le cachons pas) se devront de se mobiliser et de redoubler d'effort dans le combat pour l'indépendance nationale.

Quant à nous du MLNQ, c'est ce que nous devons garder bien en tête : poursuivre sans relâche la lutte pour la libération nationale, nonobstant ce que décidera le PQ, et favoriser l'émergence d'un contexte de combativité indépendantiste qui fera que, peu importe les trahisons de l'état-major du mouvement souverainiste, les indépendantistes et les vrais patriotes demeureront au front.

"Il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui les gagnent."
SAINT-JUST, Louis-Antoine de

Pierre-Luc Bégin
V.-P. MLNQ
http://www.mlnq.net.