TRIBUNE LIBRE
Confronter l'obstacle !
Tribune libre Le 3 mai 2003
"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" - Nietzsche
Il y a bien eu détournement
Que faire? - Voici un échange entre Jean-Luc Dion et Pierre Grandchamp dans le contexte de la défaite péquiste du 14 avril 2003.
Bonsoir Pierre,
Je suis désolé d'apprendre que vous décrochez (note plus bas), mais je crois vous comprendre.
La défaite de notre parti à la dernière élection a de quoi décevoir. Mais c'était assez prévisible considérant l'évolution du militantisme au sein du parti et certaines décisions ou inactions politiques au cours des dernières années. Nous en avons beaucoup débattu sur la place publique, particulièrement au forum AGQ. Je n'y reviendrai pas...
Il faut bien constater, hélas ! que nous manquons quelque peu de suite dans les idées et de discipline dans l'action au Québec. La discipline et le sens de la responsabilité nationale qui doivent amener des citoyens convaincus que l'indépendance est essentielle à se serrer les coudes et à faire fi de leurs divergences personnelles sur l'assaisonnement des sauces...
Vous vous souviendrez que depuis le lancement du forum AGQ j'ai souvent insisté sur l'importance de la discipline et de la solidarité pour espérer atteindre l'objectif un jour. Plusieurs fois j'ai insisté sur l'importance pour les militants de se réapproprier massivement le Parti Québécois pour que les choses avancent malgré les magouilles de certains arrivistes qui l'ont fourré dans une impasse.
Car il y a bien eu détournement.
Un groupe qui veut vraiment que le Québec accède à l'indépendance dans un avenir prévisible doit prendre les moyens démocratiques qui s'imposent, et cela passe par une activité militante de tous les instants. D'autre part, l'improvisation ne donne pas généralement de bons résultats. N' est-il pas capital que tous les gestes d'un parti et d'un gouvernement voués à la réalisation de l'indépendance nationale soient conditionnés par cet objectif ?
Or, ce n'est pas ce qu'on a observé depuis la quasi-victoire au référendum de 1995. La déclaration malhabile, mais combien vraie ! de M. Parizeau. La rectitude politique et le bon vieux complexe du colonisé ont alors continué d'engendrer des gestes et attitudes de perdants. L'affaire Michaud illustre particulièrement bien cela et a énormément contribué à faire perdre la crédibilité de nos élus du PQ: quand on se déshonore de cette façon, on comprend que la côte soit difficile à remonter...
Enfin ! Je m'arrêterai là. Pour ma part, malgré mon immense déception devant la tournure des événements, je garde encore l'espoir d'un vrai réveil. Serais-je un incorrigible optimiste ? C'est possible ! L'accélération de la mainmise des unitaristes canadiens sur le Québec, entreprise tambour battant par le nouveau P.M., John James Charest, sera peut-être l'événement qui décenchera ce réveil ! Sinon ce sera l'engourdissement et le glissement final.
Cordiales salutations,
Jean-Luc Dion
Trois-Rivières
Salutations amicales...!!!
***
JE DÉBARQUE
"à la souveraineté bidon de péquistes fatigués et fatiguants pour
qui "c’était la dernière chance..." - Sylvain Deschênes -
Oui je débarque p.c.q. je suis un "péquiste fatigué" et probablement
"fatiguant". Je débarque p.c.q:
- Le temps joue contre nous.
- Et surtout la démographie joue contre nous.
J'en ai marre des indépendantistes pour le NON, des abstentionnistes,
des ufpistes, des indépendantistes "libéraux"... etc. Je débarque p.c.q
je crois que le projet souverainiste ne peut plus se réaliser. Je passe
à autre chose. Les fédéraux ont gagné et nos divisions éternelles leur
ont aidés.
Je n'en peux plus de lire et d'entendre les discours de ceux qui
attendent le PARTI idéal, avec L'OPTION idéale, au MOMENT idéal, avec le
CHEUF idéal, avec le PROGRAMME social idéal.
Je débarque! Ma VIGILE est terminée!
Pierre Grandchamp
Addendum de Vigile
L'immense rire québécois !Les "porteurs de liberté" ne capitulent jamais.
Pendant que les Canadians, nous faisant rire aux larmes, se pourlèchent les babines, croyant ou feignant de croire que la question du Quebec est réglée ("a yesterday's issue"), que la page est tournée, que le temps de passer aux vraies affaires est venu, nous, les souverainistes, ne faiblissons pas. Nous méprisons les déserteurs. JAMAIS nous n'abandonnerons notre rêve de liberté. Notre pays, nous l'aurons, quoiqu'on dise (C-20, propagande canadian), quoiqu'on fasse (gaglianisme canadian), ou quoiqu'on refuse de dire (la souveraineté d'abord, l'association, on verra) ou de faire (mettre les ressources de l'État au service de l'indépendance nationale). Nous croyons à la fécondité du chaos. Qu'au fond de la crise se trouvent ces "attracteurs étranges", ces nouveaux joueurs qui sauront reconstruire le discours et repenser les actions qui, adaptés au contexte nouveau (post-référendaire, post-C-20, post-Union sociale, post-PQ?), mèneront droit au but. Parfois les nouveaux discours sortent de la bouche des anciens... - Vigile, 2.5.2002
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UN MORATOIRE SUR L'ADQ
Raymond Villeneuve
Président du MLNQ
Tribune libre 3 mai 2003
ADQ - Deux jours après les élections, Mario Dumont ne comprenait toujours pas les causes de la déconfiture de son parti. Je parie qu'il ne les comprend toujours pas aujourd'hui.
Ses candidats vedettes lamentablement battus, son programme à géométrie variable rejeté par les électeurs, Mario est rentré dans ses terres pour amorcer une sévère réflexion.
Au MLNQ, nous avons une piste de réflexion à lui suggérer. Après avoir renié ses pseudo-convictions souverainistes, Mario a même
abandonné les conclusions du rapport Allaire, qui était le fondement même de son parti et prônait une réforme du fédéralisme. Il s'avouait ainsi ouvertement en faveur du statu quo, comme si le problème constitutionnel avait disparu par enchantement.
Et, maintenant qu'il est au bord du gouffre, le voilà qui demande que son
parti soit reconnu comme parti officiel à l'Assemblée nationale, alors qu'il
n'a même pas obtenu les 20% nécessaires pour avoir droit à un financement du
gouvernement. Naguère, c'est-à-dire avant ses résultats désastreux, il ne
cessait pourtant de répéter que l'État devait être géré comme une entreprise
privée. Cela reviendrait-il à dire que, dans une entreprise privée, les
employés devraient recevoir une prime au "non-rendement" et à l'absence de
productivité et de résultats? Lui qui se targuait de pouvoir rendre l'État
plus efficace et moins coûteux en mettant à la porte tous les fonctionnaires
tablettés, payés à ne rien faire, le voilà qui voudrait se faire vivre sur
le dos des contribuables au nom d'un parti anémique. C'est deux poids, deux
mesures! C'est la démonstration qu'il est lui-même de cette race de
profiteurs qu'il prétendait dénoncer.
De plus, peu de temps avant la campagne électorale, Mario Dumont dévoilait
sa vraie nature de collabo et d'opportuniste en proposant un moratoire de 10
ans sur la souveraineté et la tenue d'un nouveau référendum sous prétexte
que le peuple québécois avait rejeté l'option à deux reprises, alors même
que le OUI recueillait encore l'adhésion de 40 à 45 % des Québécois. Or
l'ADQ, de son côté, a été rejetée trois fois par la population, en 94, en 98
et en 2003. Aux dernières élections ce parti n'a recueilli que 18,2% des
votes. M. Dumont a beau dire qu'il y a un électeur sur cinq qui s'est
prononcé en faveur de son parti, ça reste encore bien en deçà des 60% de
vrais Québécois qui ont donné leur appui à l'indépendance en 1995.
Le MLNQ propose donc un moratoire sur l'ADQ. Suivant sa logique personnelle,
M. Dumont devrait donc suspendre ses activités politiques pour au moins 10
ans, ou mieux, démanteler son parti et aller rejoindre la clique de
fédérastes du PLQ pour lesquels il a si bien travaillé en divisant le vote.
Surtout qu'il ose prétendre se préparer "à représenter les électeurs avec
dignité et efficacité". Où est la dignité dans le fait de travailler à
maintenir son peuple dans la dépendance? Où est l'efficacité quand son
parti n'est qu'un pâle clone du défunt Crédit social de Réal Caouette,
alignant des projets et des promesses populistes et irréalisables, et encore
moins dans le cadre d'une fédération centralisatrice.
Dumont affirmait encore, il y a quelques jours, qu'il n'était pas en mesure
de cerner les raisons d'un tel échec. C'est pourtant simple: la plupart des
Québécois ne s'y sont pas laissé tromper. Ils ont reconnu, dans ses
candidats, les visages et les propos de tous les opportunistes,
carriéristes, traîtres et collabos qui traînaient dans le décor politique et
se sont jetés sur l'ADQ comme des charognards sur un cadavre. Tous ces
Bourque, Laforest, Lescop, Brien etc. prêts à vendre leur âme et celle de
leur propre peuple en échange d'un poste de député ou de ministre dans un nouveau
gouvernement de valets d'Ottawa. Même Jean Allaire, le père fondateur et
premier chef de l'ADQ, suggérait à Mario de prendre des vacances.
Au MLNQ, nous lui suggérons aussi de prendre de très longues vacances ou,
mieux, de se recycler.
Consciemment ou inconsciemment, l'ADQ a travaillé à faire élire Jean Charest, donc à faire reculer le Québec. Nous avions déjà un parti fédéraste au Québec, nous n'en avons pas besoin d'un second.
Avec le MLNQ, je dénonce donc vertement l'illogisme de Mario Dumont dans sa démarche anti-référendaire et anti-Québec.
Si un moratoire s'impose pour la liberté, il s'en impose un plus long encore sur la traîtrise.
Raymond Villeneuve
Président du MLNQ
http://www.mlnq.net
mlnq@hotmail.com
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Rual, un air de chien!
"Joualvert"
Tribune libre 3 mai 2003
Humour -
À l'automne dernier, je me suis amusé à écrire des textes sur
différents sujets. Mon talent, c'est le dessin, ce n'est pas
l'écriture mais j'ai du plaisir à m'exprimer dans cet art.
Voici un qui se moque du poste de gouverneur général.
Le premier Ministre se demande
qui sera la personne idéale
pour remplacer l'attachante
Gouverneure générale.
Une personne intéressante
à l'image de la famille royale.
Un militant à la commande
pour soutenir l'unité nationale.
Une vedette non arrogante
qui ne causera pas de scandale.
Mais c'est mon chien Rual!
Rual!
Rual!
Mon chien est le candidat idéal
pour devenir le gouverneur général.
Assis devant la gendarmerie royale,
sur la piste de l'aéroport de Dorval,
je le vois déjà lécher leurs bottes sales.
Rual!
Rual!
ne demande pas un gros salaire.
Obéis aux ordres qu'on lui dit de faire.
Aime bien se promener la queue à l'air.
Mais n'aime pas s'envoyer à l'air
dans les bordels de Saint-Hubert.
Rual!
Rual!
n'a que des besoins très élémentaires.
Il veut juste avoir un os colossal
entouré d'un morceau de viande exemplaire,
aussi d'une petite chienne comme partenaires
et d'une belle niche grosseur familiale
Rual!
Rual!
est capable de se mettre sur les pattes arrières,
de donner la patte aux personnes étrangères
et de baisser la tête en fixant le parterre
mais n'est pas capable d'être vulgaire,
ni de décevoir les gens ordinaires.
Rual!
Rual!
Quand survient le député de Verchères,
il s'met à japper avec une telle colère
qu'ils attirent derrière lui des volontaires
anglophones habitués, de la même manière,
de gueuler avec la bave qui coule à terre.
Rual!
Rual!
a des prétentions très terre-à-terre
car il déteste se creuser les méninges
et n'a jamais lu un seul livre de Voltaire
mais aime bien les arpents de neige
comme tout bon chien aimant l'hiver.
Rual!
Rual!
a une apparence étrangement familière
avec Élisabeth II de Windsor
mais n'est pas un fan d'Adolf Hitler
comme l'a été le prince Édouard
et les Orangistes importés de l'Ulster.
Rual!
Rual!
Équipé de son téléphone cellulaire,
en tout temps, le premier ministre fédéral
pourra rejoindre son gouverneur général
pour vider son coeur contre les vipères
du Québec qui rejettent l'unité nationale.
Rual!
Rual!
Trempe la patte dans un pot d'encre gluant.
Retire la patte en soulevant tranquillement.
Instampe la patte sur les papiers importants.
Essuis la patte avec un torchon canadien.
Voilà une empreinte piédestale...
en guise de signature nationale,
de notre très honorable chien Rual,
qui fera la joie de la famille Royale
et de la population en général.
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La pensée sous surveillance
Simon Girard
Tribune libre 5 mai 2003
médias -
Quand j'ai lu le texte de Claude Boulay, dans lequel il mentionne avoir vu 35 de ses lettres refusées par La Presse, j'y ai vu mon propre cas. Par le passé, j'ai envoyé plusieurs lettres au La Presse et ils m'ont souvent fait le même coup. Des lettres défendant l'idée d'indépendance ou dénonçant la politique impérialiste US. Pas une seule fois on ne m'a expliqué les raisons de ces refus. Naïveté?
Dans la page "Opinions" du Soleil, on rappelle au lecteur que "votre opinion compte pour nous" mais aussi que "les lettres doivent être très courtes" et que la rédaction "se réserve le droit d'abréger ou de refuser les lettres". Pas mal, ça. Ils se réservent le droit! Nous sommes dans une démocratie mais on se réserve le droit de manipuler l'opinion des gens, de censurer ce qui risque d'aller à l'encontre de la ligne de pensée du journal. Déjà là, c'est un signe que nous ne sommes pas dans un pays libre et qu'il y a contrôle de la pensée des Québécois par nos ennemis.
En demandant au lecteur de comprimer son texte, on l'incite à ratatiner son cerveau plutôt que de le laisser s'exprimer librement, dans ses mots. Ça fait penser au "novlangue", dans 1984 de George Orwell: réduire le langage pour mieux contrôler le peuple. Ce contrôle de l'opinion publique dans des pages où nous sommes censés pouvoir nous exprimer librement est un autre signe que nous ne sommes pas dans un pays libre. Quand on veut garder un peuple dans la soumission, on exerce un contrôle de son esprit pour l'empêcher de prendre conscience de l'état dans lequel il se trouve, pour garder l'emprise sur lui. Voilà pourquoi on a voulu, par exemple, empêcher Pierre Falardeau de tourner "Octobre" et "15 février 1839". Ç'eut été un autre cinéaste qui aurait voulu tourner les mêmes films qu'on l'aurait encarcané ou carrément bâillonné. Dans le cas de Falardeau, les censeurs ont plié à cause de l'appui populaire.
Et voilà pourquoi tant de Québécois préfèrent la soumission à l'État canadian plutôt que de s'affranchir de cette tutelle néo-coloniale. Ils défendent ceux qui les incitent à se ratatiner le cerveau, qui manipulent leur pensée, qui veulent les garder dans l'état où nous sommes depuis bientôt deux siècles et demi. Et les journalistes serviles de l'empire Desmarais-Chrétien profitent de notre naïveté, de notre propension à toujours "donner une dernière chance au Canada" plutôt que d'en finir une fois pour toutes pour nous raconter des histoires. Et nous nous laissons fourrer, comme des moutons qui se laissent mener à l'abattoir.
Belle famille que les Desmarais-Chrétien! Le fils d'un parrain de la finance à la tête d'un empire médiatico-politique marié à la fille d'un premier ministre en fin de parcours, se conduisant comme un autocrate, muselant le Parlement quand il veut faire passer ses entourloupes, s'accrochant au pouvoir pour entretenir sa place dans l'histoire du "plusse-meilleur-pays-au-monde". Et se pétant les bretelles en voyant son "record" en matière de lutte contre les séparatissss: occupation du Québec par l'armée en 1970 ("Frappons d'abord, on s'expliquera après"), rapatriement de la Constitoucheunne au mépris de l'Assemblée nationale, promesses de changements lors du référendum pour amadouer les Québécois (ouais, on a ben vu ça, le changement!), appui au terrorisme psychologique des orangistes de Westmount avec leur chantage à la partition, renvoi en Cour Suprême, "bill sur la clarté". Un bilan plus qu'honorable pour un "frenchie" au service de ses maîtres canadians depuis 40 ans. Et cette famille de crosseurs et leurs valets, scribrouillons sans talents, sont à l'avant-plan dans la lutte contre le mouvement d'affirmation et d'émancipation des Québécois.
On s'émeut devant le sort fait aux journalistes à Cuba, en Chine ou en Irak sous Saddam Hussein mais on ne se demande jamais s'il y a une liberté de presse au Québec. Peut-être que notre naïveté nous amène à penser que, parce que nous ne vivons pas sous un régime dictatorial, que, non, il n'y a pas de contrôle de la presse, que les journalistes sont libres de leurs opinions. Il faut, effectivement, être naïf pour penser cela! Peut-être que les journalistes sont libres de leurs opinions quand il s'agit de traiter des faits divers mais en matière éditoriale, un journaliste de La Presse ou du Soleil sait qu'il doit, dans ses articles, défendre l'unité canadian et vanter les bienfaits du système fédéral qui nous tient lieu de "prison du peuple" au risque de perdre son emploi. Une presse contrôlée par l'État ou par une famille dominante comme la famille Desmarais-Chrétien n'est pas une presse libre. Les mercenaires de Gesca connaissent la ligne de pensée de la maison alors il serait suicidaire pour eux de s'écarter du chemin. Faut pas mordre la main qui nous nourrit, qui signe le chèque de paye! C'est pourquoi ils vont se mettre à louanger le nouveau régime collabo de John Charest et pourfendre, comme ils ont commencé à le faire avec ce "déficit caché", l'ancien gouvernement, responsable de tous les maux du monde.
Être indépendantiste au Québec et vouloir défendre son idéal dans les journaux de Gesca, c'est comme être à Cuba ou en Chine et défendre la démocratie dans le journal du Parti communiste. Dans ce cas-ci, on risque de se ramasser en prison ou dans un camp de rééducation mais le Canada est un pays humain et tolérant alors les policiers de la pensée au Soleil ou à La Presse vont se contenter de supprimer les textes de ceux qui veulent défendre la liberté du peuple québécois. Il y a bien quelques exceptions, histoire de faire croire qu'on est impartial, mais comment expliquer que Boulay ait envoyé 35 lettres à la grosse Presse et qu'elles aient été toutes refusées autrement que parce qu'il est indépendantiste? Et cette lettre ci-dessous, que j'ai envoyée au Soleil le 28 avril, et qui a été refusée, comme bien d'autres que j'ai envoyées au journal du petit Dubuc? Peut-être que les responsables de la censure ont jugé que je méprisais l'opinion de la bonne femme Legault. Y a de quoi! Quand on écrit que la défaite du PQ a été "cuisante" et qu'on exprime sa joie (en citant Pierre "Just watch me" Trudeau) de voir qu'enfin, on ne parlera plus de Constitution pour les prochaines années et qu'on va plutôt gérer notre propre dépendance, faut pas s'attendre à ne recevoir que des félicitations! Mais il semble que les censeurs du journal n'aiment pas ce genre de réplique. Z'aimeraient sans doute que je sois plus gentil, moins ironique, avec ceux qui ne partagent pas mon opinion! Et quand ce sont eux qui dénigrent le projet d'indépendance, qui étalent leur bêtise et défendent leur servitude, sont-ils gentils avec ceux qui ne partagent pas leur opinion? La respectent-ils? Faudrait que ce soit à nous, indépendantistes, à respecter nos ennemis et à endurer leurs attaques sans dire un mot? Ça fait assez longtemps qu'on suit cette ligne de pensée, ça suffit!
Voici donc cette lettre. Et vive la liberté d'expression!
Simon Girard
Dans sa lettre parue le 26 avril, Madame Legault qualifie la défaite du Parti Québécois de "cuisante". Passer de 69 à 44 députés, après avoir été rayé de la carte par les "experts" et les commentateurs patentés de la politique l'an dernier, quelle défaite cuisante, en effet! Est-elle plus cuisante que celle de 1985, où le PQ s'était retrouvé dans l'opposition avec 23 députés? Et l'ADQ, que les mêmes supposés experts voyaient au pouvoir il y a 6 mois, et qui se retrouve avec 4 députés, n'a-t-il pas subi une défaite cuisante? Dans les circonstances, la défaite du PQ ressemble plutôt à une victoire sur tous ceux qui l'avaient enterré, en même temps que l'option indépendantiste, et qui appelaient les Québécois à du changement. Sauf qu'on se retrouve avec un vieux parti au pouvoir! C'est ça, le changement?
Pour le reste, eh bien, oui, vive la paix constitutionnelle, finies les folies et les "chicanes" avec nos "partenaires" du Canada anglais! Laissons de côté la liberté politique et la pleine maîtrise de notre économie et restons une province comme les autres soumise à la volonté et aux ingérences d'Ottawa. Laissons ceux qui ignorent la réalité nationale du Québec parler en notre nom de ce que nous sommes et de ce que nous voulons être au lieu de parler de notre propre voix au reste du monde. Contentons-nous de changer de gouvernement aux 8 ans au lieu de changer de pays et, ainsi, donner au peuple québécois un statut d'égalité avec les nations libres. Laissons tomber le rêve d'indépendance et aménageons notre petit confort douillet, tout en se berçant d'illusions sur ce beau Canada qui nous aime tant!
«L'histoire de la Confédération canadienne, c'est la série lamentable de nos déchéances et de nos défaites par la fausse conciliation. » - Henri Bourassa
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Retrouver ses racines... À quoi servirait l'indépendance si nous n'étions que des anglo-américains qui parlent le français?
Marie-Mance Vallée
Tribune libre 8 mai 2003
culture - Pourquoi ne pas profiter des jours de grâce du nouveau premier ministre et des délibérations existentielles sans fin du Parti québécois, sur « l'être ou ne pas être », sur « l'avoir et sur l'être » pour tenter de retrouver nos racines. C'est la base même de toute société. Un peuple qui n'a plus de racines, plus de repères, qui ne sait plus d'où il vient, sait difficilement où il va. À mon sens, l'écoeurement des Québécois et les résultats de la dernière campagne électorale relèvent un peu beaucoup de cela. Le peuple québécois est un peuple qui se cherche, qu'on a tenté de déraciner au nom de la modernité. Il faut réagir avec vigueur.
Pourquoi ne pas sortir de l'aliénation dans laquelle nous confinent l'Empire et son frère, le gouvernement fédéral, l'Ouest de Montréal et certains de nos décideurs inféodés au système? Pourquoi ne pas tenter de retrouver les parfums d'antan, nos maisons ancestrales; ils existent encore, quoi que vous en pensiez.
À titre d'information, pourquoi ne pas vous rendre « au lieu-dit Sagard *», fief québécois de Paul Desmarais, où il reçoit les grands de ce monde, y compris Georges Bush et certains, sinon plusieurs de nos Québécois du jet-set. « Nos décideurs », dirait l'ancien PM.
J'ai accompli mon rituel annuel dans ma région natale, la semaine dernière, afin de faire le plein de racines, de valeurs québécoises. J'y ai emmagasiné des noms évocateurs tels L'Anse-Saint-Jean, Baie-Sainte-Catherine du Fjord, Tadoussac, L'Anse de roche, Sacré-Coeur du Fjord, Cap Jaseur, Ste-Rose-du-Nord, etc.... me disant qu'il fallait commencer par le commencement, si l'on voulait redémarrer le combat de l'indépendance. À quoi servirait l'indépendance si nous n'étions que des anglo-américains qui parlent le français? Un peuple hybride.
Il faudrait songer sérieusement à meubler notre imaginaire, sans quoi nous ne saurons bientôt que parler d'argent, de statistiques, de courbes, de pneumonie atypique, de festivals, de cette culture qui n'est pas la nôtre, mais une sous-culture américaine dont certains parmi nous sont très fiers (cf. Jean Charest à New York hier).
Bien entendu, il ne s'agit pas de revenir en arrière, mais plutôt de nous imprégner de ce que nous avons été et de ce que nous sommes de moins en moins. Quand je vois et entends l'ambassadeur américain Celluci intervenir et flatter le Québec, je m'inquiète et je me dis « c'est sans doute l'assaut final ».
Enfin, c'est mon opinion.
* Se pourrait-il que le domaine seigneurial de Paul Desmarais à Sagard ait été exclu du Nitassinan? Certains le pensent....
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Une élection en ligne? Il suffirait de munir tous les citoyens d'une carte d'électeur électronique
Nestor Turcotte philosophe
Tribune libre 7 mai 2003
humour - Monsieur le premier ministre Charest,
Je sais que vous êtes fort occupé à faire le ménage dans l'ancienne administration péquiste. Je sais que vous avez trouvé un grand «trou» dans les finances publiques et qu'il faut vous en éloigner de peur de tomber dedans. Que votre équipe travaille fort pour le combler. Je sais que les transitions ne sont pas faciles et qu'il faut du doigté pour ne pas offusquer le monde sérieux qui vous scrute à la loupe depuis votre élection. Mais, de grâce, prenez une minute pour me lire aujourd'hui.
Je vous écris pour vous demander une simple petite chose. Je suis bien fatigué, monsieur le premier ministre, d'avoir à aller me planter, en ligne, à chaque élection, pour mettre un petit « X » devant l’un des candidats qui se présentent. Comme vous nous avez promis le gouvernement en ligne, pourriez-vous, d'ici 2007, nous promettre aussi d'organiser une élection en ligne?
Alors, c'en serait fini des faces qui te regardent quand tu vas voter. C'en serait fini des filées de monde qui se demandent de quel bord tu votes, qui te dévisagent, te scrutent, t'analysent, te sourient pour la forme, te comptent ou t'éliminent de leur gang, et cela tout au cours de la votation.
Vous pourriez, grâce à la technologie actuelle, installer des terminaux électroniques dans tous les comtés, à des points névralgiques, et, la campagne terminée, vous pourriez donner deux ou trois jours consécutifs pour que les citoyens aillent exercer leur droit de vote. On pourrait voter le jour, la nuit, à trois heures du matin, en allant à la banque, à la messe, en allant faire l’épicerie. Et on n'aurait pas ce sacré scrutateur qui te scrute pour savoir si tu es bien la bonne personne, si tu es bien celle qui est photographiée sur la carte d'assurance maladie, si ton passeport est bien valide et... si tu ne l'as pas volé en revenant des Antilles françaises. Bref, si tu es bien le toi-même que tu penses être en allant te planter devant celui qui est là pour vérifier si tu es bien le toi-même que tu penses toujours être.
Il suffirait de munir tous les citoyens d'une carte d'électeur électronique. Chacun pourrait la glisser, le temps venu, dans un guichet automatique, à l'exemple de celui des banques, et faire ainsi, anonymement, son devoir de citoyen. Il n'y aurait plus d'erreurs de listes. Plus de carte de rappel. Il n'y aurait plus de faces de carême qui te dévisagent dans les bureaux de scrutin, plus de recomptage, plus de croisement, le jour du scrutin, des «faiseux» d'élections qui s'affolent à faire du pointage. On pourrait même voter n'importe où au Québec, pour le candidat de sa circonscription, puisque les listes seraient informatisées. Personne ne pourrait voter à la place d'un autre : l'informatique bloquerait toute personne qui essaierait de le faire. Quel progrès, monsieur le premier ministre!
Et le soir des élections, en appuyant sur un simple bouton, à la permanence du Directeur général des élections, on aurait le résultat final. La liste des élus défilerait devant nous. On saurait instantanément qui formerait le gouvernement. Point à ... la ligne!
La fête commencerait plus vite. Et Bernard Derome ne pourrait pas dire : «Si la tendance se maintient....» et les spectateurs pourraient reprendre leurs émissions préférées. Les guichets électroniques seraient permanents. Et les futurs gouvernements pourraient s'en servir pour faire, avec une question claire, - même écrite par Jean Chrétien - le prochain référendum sur l'indépendance du Québec.
Je vous en supplie, Monsieur Charest : donnez-nous des élections en ligne! Ce serait la plus grande réalisation de votre premier et, sans doute, unique mandat. Et si ce n'était que celle-là, je vous en serais reconnaissant jusque dans l'éternité!
P.S. J'allais oublier. Pourriez-vous aussi faire une loi interdisant la publication des sondages pendant la campagne électorale. Les gens sont tellement influençables dans ce pays, vous savez. Certains se fient aux sondages pour savoir pour qui voter. Alors, vite une loi pour abolir la publication des sondages dès le début et durant toute la campagne électorale.
Une dernière chose : les pancartes sur les poteaux. C’est laid à voir et ça me distrait quand je conduis mon automobile. Et puis, je n'en peux plus de voir toutes ces sacrées faces-là pendant plus de trente jours. Vous non plus, hein ? Même la vôtre! J’en suis convaincu. Redonnez donc à la politique sa vraie place : dans les salles et les endroits publics. Merci, monsieur premier ministre de m’avoir lu. En espérant, surtout, que vous m’écouterez!
Un citoyen de Matane,
Nestor Turcotte
Indépendantiste
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