TRIBUNE LIBRE




La "pax israelia"

Simon Girard

Tribune libre Le 17 septembre 2003

Les dirigeants israéliens font penser à une bande de pyromanes s'amusant à mettre le feu un peu partout et se préparant à incendier une raffinerie de pétrole. C'est comme ça que j'interprète leurs agissements contre les « terroristes » palestiniens et la volonté de se débarrasser de Yasser Arafat. Incapables de trouver une solution pacifique au conflit qui dure depuis 55 ans, ils ont décidé d'y aller avec la politique des gros bras. La politique des États impérialistes, colonialistes et totalitaires. Une politique du pire qui risque d'avoir des conséquences graves sur la région, comme si la situation n'était pas déjà mauvaise.

Je me demande si Sharon et sa suite sont conscients que leurs actes de représailles aux attentats-suicides risquent de faire encore plus de torts à la population israélienne et de nuire aux efforts de solutions pacifiques. Et il faut se demander si les Israéliens eux- mêmes sont conscients quand ils expriment à 60% leur souhait de voir Arafat tué ou expulsé car ce sont eux qui vont peut-être payer le plus pour cette décision abominable. La décision d'éliminer des membres du Hamas est déjà une décision absurde et dangereuse, et la tentative d'assassinat du chef spirituel du mouvement l'est encore plus, mais l'idée d'expulser Arafat hors de Palestine, ou pire, l'assassiner, est totalement irréfléchie. C'est une décision plus digne d'un gang criminel que d'un gouvernement soi-disant démocratique. La communauté internationale proteste, et même les USA, pourtant les plus proches alliés d'Israël, sont contre cette idée, mais les faucons du clan Sharon vont-ils plier devant l'impopularité de leur projet, eux qui défient depuis 35 ans les résolutions de l'ONU enjoignant Israël à quitter les territoires palestiniens.

L'inconscience des sharoniens est compréhensible. Ils défendent une idéologie d'inspiration fasciste qui préconise le peuple élu par un dieu quelconque et qui a une supériorité morale sur tout autre peuple vivant sur le même territoire, ainsi que le « Grand Israël » de la bible et le besoin d'« espace vital » pour les Juifs (la colonisation à outrance), etc... Pour les tenants de cette ligne de pensée ethnocentrique, les Palestiniens sont sur une terre qui ne leur appartient pas alors il est normal de construire des colonies juives, ce qu'Israël n'a pas cessé de faire, même après les accords d'Oslo, et de pratiquer une politique répressive de bouclage des territoires occupés, de contrôler les allées et venues des Palestiniens et de construire un mur « pour empêcher les attentats- suicides ». Du fascisme pur et simple!

Et il ne faut pas en vouloir aux fauteurs de guerre obtus et fanatiques de Washington de ne rien comprendre aux problèmes de cette région, surtout celui-là, de réclamer le départ d'Arafat ( même s'il a été élu par plus de 80% de ses compatriotes) à cause de sa supposée implication dans le « terrorisme », selon leur logique post-11/9 manichéenne et stupide qui leur fait voir des terroristes partout. Les nations impérialistes veulent traiter avec des dirigeants qui leur sont favorables et si un tel ne veux pas collaborer, il y a toujours moyen de l'écarter, fut-il élu par le peuple, et d'en placer un plus servile. Mais je remarque que les USA n'agissent pas ainsi avec leurs alliés. Je n'ai pas encore entendu Bush demander aux Israéliens de voter pour un gouvernement moins extrémiste et qui va vraiment vouloir trouver une solution pacifique. Les USA sont en guerre contre le terrorisme et pour eux, les résistants palestiniens sont des terroristes qui menacent la sécurité d'un allié alors il faut un gouvernement qui va serrer la vis, tout en demandant parfois au partenaire de ne pas trop exagérer dans la répression. Et la gang de W n'aime pas Arafat (savent-ils au moins ce qu'il représente pour les Palestiniens depuis 40 ans?) parce qu'il est jugé trop mou face aux « terroristes » alors l'oncle George, fort de sa position de « leader » du monde « libre », se permet de demander aux Palestiniens de rejeter leur plus ardent défenseur.

Yasser Arafat, en plus d'être le chef historique de la résistance palestinienne, est le président élu de l'Autorité palestinienne et, à ce titre, il a bien plus de légitimité que le fauteur de guerre de la Maison-Blanche, dont il a fallu aller en Cour suprême pour confirmer l'élection, tellement le système électoral américain a l'air inutilement compliqué (Et ça se dit la plus grande démocratie au monde!). Pourtant, malgré que la légitimité d'Arafat soit évidente, Israël et les USA ont décidé de le boycotter parce qu'on l'accuse de soutenir le « terrorisme ». alors que ces deux mêmes pays ont toujours traité avec lui depuis 1993 (Mais les temps et les gouvernements des pays concernés ont changé depuis les accords d'Oslo!). Et on exige de lui qu'il nomme un premier ministre pour discuter de paix, donc un chef de gouvernement qui ne représentera pas le peuple palestinien et qui sera perçu comme étant la marionnette des USA et d'Israël, alors qu'Arafat est le seul représentant légitime de son peuple. Comme mépris de la démocratie, on n'a pas trouvé mieux!

En décidant de l'écarter, et en demandant aux Palestiniens de se donner des dirigeants plus conformes aux goûts du Tout-Puissant US, on leur fait savoir qu'ils ne sont pas capables d'élire leurs dirigeants, on les traite en peuple colonisé et on leur signifie qu'Israël sait ce qui est bon pour eux. comme le Canada sait ce qui est bon pour le Québec.

Si Sharon met sa menace à exécution, ce sera une démonstration qu'il se torche le cul avec la « feuille de route » et qu'il n'a rien à faire de l'opinion en-dehors du « Grand Israël ». S'il touche à un seul pli du keffieh d'Arafat, il va déclencher la guerre totale entre son pays et les Palestiniens (et le monde arabe, par extension) et pourra alors régler le conflit à sa façon, c'est-à- dire mettre au pas les Palestiniens par la force et imposer la pax israelia, enfermer le peuple palestinien derrière un mur de ciment et, s'ils sont gentils, peut-être leur laisser un semblant d'État aux pouvoirs limités pour ne pas nuire à la grande ouvre de colonisation et d'exploitation de leurs terres.

Mais je crois que les Palestiniens sont un peuple fier et animé d'une réelle volonté de résistance et de liberté. Ce n'est pas un peuple résigné qui accepte son sort en courbant la tête et se disant « qu'on n'a pas le choix! ». Ce n'est pas à eux qu'on va faire le même coup que celui de l'aéroport Trudeau en pensant qu'ils vont protester mais sans plus. Ils vont défendre leur patrie et leur chef avec une détermination dont nous, Québécois, devrions nous inspirer pour notre propre libération. Et il serait temps que la communauté internationale cesse de regarder la tragédie du Proche- Orient en se demandant quand elle prendra fin et prenne des mesures concrètes contre un État qui s'inspire de la pensée fasciste pour écraser un peuple dans le sang et la destruction.

À l'heure où les dirigeants sionistes se fichent de l'opinion mondiale (et de celle de leurs propres alliés US), la taxant « d'hypocrisie », et décident d'aller de l'avant avec leur projet criminel d'élimination d'un chef élu démocratiquement, il est temps que tous les amants de la liberté disent d'une même voix, et sans crainte du chantage à « l'antisémitisme », leur dégoût de la politique raciste israélienne et se proclament tous solidaires du peuple palestinien. Si, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, certains ont pu dire : « Nous sommes tous Américains », aujourd'hui, nous pouvons dire que nous sommes tous des Palestiniens.



Monique Jérôme-Forget et la qualité de l’eau au Québec

Roger Lalonde, Longueuil (Brossard)
TRIBUNE LIBRE 17 septembre 2003

Lorsque la présidente du Conseil du Trésor, madame Monique Jérôme-Forget, a fait sa malheureuse déclaration sur la piètre qualité de l’eau de consommation dans plusieurs régions du Québec, y compris à Montréal, à l’occasion du Conseil général du PLQ du 13 septembre dernier, elle ne réalisait certainement pas dans quelle situation elle plongeait le Québec…

En voulant justifier son idée de remettre la gestion de l’eau à l’entreprise privée, madame Jérôme-Forget a fait une déclaration-choc : « l’eau potable dans plusieurs régions du Québec est de qualité douteuse, c’est le cas pour Montréal… »

Imagine-t-on la répercussion sur notre industrie touristique, si une telle déclaration se répercutait à l’échelle de la planète, après les crises du SRAS et de la vache folle?… Pas besoin de compétition dans ces circonstances, le gouvernement libéral entreprend lui-même la démolition de l’économie québécoise! L’industrie touristique n’a certainement pas besoin de telles déclarations!

Même si cette déclaration stupide ne faisait pas fait le tour de la planète, elle aura ses répercussions négatives chez nous, puisque toute la population en a pris connaissance dans les médias. Les Québécois qui voyagent au Québec étaient en augmentation depuis quelques années. Allons-nous assister maintenant à une lente érosion du tourisme interne au profit de nos voisins états-uniens ou autres?

En déclarant que les réseaux d’eau potable de nos voisins étaient meilleurs que les nôtres, madame Jérôme-Forget fait-elle œuvre utile, ou vise-t-elle d’autres motifs moins nobles : la privatisation de l’eau au profit des amis libéraux, comme dans « le bon vieux temps »? Heureusement que le Premier Ministre a essayé de limiter les dégâts. Dès maintenant, il faut éliminer la privatisation de l’eau et agir avec transparence dans ce dossier. L’eau est une ressource publique essentielle et sa gestion doit rester dans les mains de l’État.

Il faut demander à Jean Charest : « Êtes-vous vraiment prêt à gouverner ? Si tel est le cas, pourquoi voulez-vous défaire ce que nous avons de bon chez nous? ». Ce sont nos voisins eux-mêmes qui disent que nous en avons pour notre argent ! En effet, le Québec est cité en modèle au Canada anglais dans bien des domaines : ses garderies, ses CLSC, son assurance-automobile, etc.



Le transport en commun et la taxe fédérale sur l’essence

Roger Fournier, Longueuil (Brossard)
TRIBUNE LIBRE 17 septembre 2003

Le mercredi, 10 septembre dernier, un ami et ex-fonctionnaire fédéral, connaissant mon intérêt pour la récupération de la taxe fédérale sur les carburants au profit des provinces et des municipalités, a attiré mon attention sur un document intéressant concernant le financement des trains de banlieue « Go transit » de même que pour la phase « Quick start » du plan de transport en commun de la région de York, en banlieue de Toronto.

On peut consulter ce document sur le site internet: www.torontocitysummit.ca . Il y est fait mention d'une entente entre l'Ontario et le gouvernement du Canada pour financer la Go Transit de Toronto. La contribution d’Ottawa est de 435 millions de $. (Communiqué de Transport-Canada, 26 mars 2003)

Bien qu'Ottawa ait consenti à financer la société de transport de Toronto, les gens sont mécontents, parce qu'il faut toujours le faire à la pièce. Qui plus est, Ottawa, qui collecte une taxe sur les carburants à travers le pays, agit de façon discriminatoire. On se souvient de l’époque où les maires du Québec devaient faire la courbette à Québec pour obtenir des subventions. Il fallait être du bon bord ou avoir de bons amis, alors qu'il s'agissait des taxes des citoyens.

Actuellement, les grandes villes du Québec et le gouvernement québécois assument de grandes responsabilités en matière de transport, alors que c’est Ottawa qui empoche les 10 cents du litre d ‘essence. Le rapport suggère qu’une partie de la taxe sur l’essence soit retournée aux provinces pour les transports publics. On parle de 3 cents du litre!

Or, on sait qu’Ottawa n'a pas de responsabilité en matière routière. Notre argent est donc dépensé selon « le bon vouloir du prince », c’est-à-dire de fonctionnaires qui, trop souvent, sont anglophones, ce qui laisse peu de place à la réceptivité d'une demande formulée en français, on en conviendra.

Est-ce pour ce motif que Toronto reçoit une bonne attention comme on peut le constater dans le rapport, alors que Montréal est toujours en attente ? Les députés de la région de Montréal à Ottawa sont-ils au fait de ce que les fonctionnaires et les politiciens de l’Ontario accordent à Toronto mais pas à Montréal ?

Il serait peut-être temps que les députés fédéraux du Québec reconnaissent que la taxe sur les carburants servirait mieux les Québécois et les Québécoises, si le produit de cette taxe revenait directement au Québec, quitte à obliger la province à la partager avec les municipalités dans des termes bien définis.



Exit l’étapisme!

Je ne veux pas d’un Parti Québécois qui danse à cinq dollars devant l’électorat.

Daniel Lévesque, Beauport
L’auteur a été Président du Parti Québécois de la circonscription de Montmorency
TRIBUNE LIBRE 18 septembre 2003

Exit l’étapisme! Place à l’heure de vérité! Je plaide pour la rigueur intelligente.

J’ai lu le texte de monsieur Claude Morin publié dans Le Devoir du samedi 13 septembre 2003. Voici ma réaction.

Le Parti Québécois doit vulgariser son approche. Premièrement, il est important de dire ici que seul « les initiés » (nommons-les ainsi) comprennent vraiment les enjeux qui sont à la base de la vie politique au Québec. Il m’apparaît que l’idée que se font certains du degré de compréhension politique de la masse des Québécois tient du sophisme. Par exemple : pour bien des gens, l’envahissement du fédéral dans les champs de compétence du Québec est le dernier de leurs soucis. Et cela vaut pour ceux qui en ont conscience car, pour les autres, c’est aussi clair que du chinois. En tous les cas, ce n’est pas cela qui les fera adhérer à la souveraineté. C’est là une réalité que les hautes instances du Parti Québécois refusent obstinément d’accepter. Les dirigeants de ce parti préfèrent se complaire dans une rhétorique pompeuse qui classe les Québécois au rang de peuple ayant un haut degré de savoir et gnagnagnan…

À cause de cela, le Parti Québécois n’a pas su rendre son discours accessible et compréhensible pour cette masse. Il a surévalué le niveau de conscience des Québécois. Il se doit pourtant de reconnaître son échec à ce chapitre. Le fait de s’accommoder du statu quo constitutionnel actuel témoigne de cette inconscience chez la plupart de nos compatriotes. Ce n’est pas un péché que de ne pas savoir ou de ne pas avoir conscience et cela ne déshonore nullement les gens pour autant, pas plus qu’elle attribue aux autres le monopole de la conscience et de la vérité. Par contre, la langue de bois que l’on a toujours cultivée chez certains souverainistes de salon qui garnissent les rangs du PQ interdit ce constat. Elle empêche que l’on se parle pour vrai. C’est ce qui a donné naissance à l’étapisme. Cette théorie attentiste et farfelue qui a voulu rendre l’injection moins douloureuse en diluant le produit de la seringue. Au Parti Québécois, nous n’avons jamais fait le pari du direct et de la clarté. Comment alors mettre fin à la méfiance des Québécois vis-à-vis du discours souverainiste?

« Le magasin général est fermé! »

Le ressac à l’encontre du Canada anglais ne constitue pas une raison suffisante pour justifier la séparation du Québec. C’est pourtant ce que propose le texte de Monsieur Morin. Il propose encore pour une énième fois une démarche vers le Canada; démarche dont nous connaissons déjà le résultat à l’avance, le Canada ayant déjà signifié sont désintérêt pour la réouverture du dossier constitutionnel. « Le magasin général est fermé! » Vous rappelez-vous cette phrase de Jean Chrétien? À l’opposé, les Québécois furent totalement indifférents à des lois aussi méprisantes que celle sur la clarté référendaire. Comment, dans ce cas, susciter l’intérêt pour une nouvelle démarche constitutionnelle ? À quoi bon parler de partenariat alors que notre interlocuteur fait, pour l’instant, la sourde oreille?

Cela démontre trois choses :

Premièrement que les Québécois sont indifférents à l’arrogance du gouvernement fédéral. Ils répugnent aussi à l’idée d’une autre ronde de négociations constitutionnelles. Toute forme d’étapisme est donc dépassée puisque, aucun dialogue ne peut être engagé avec le gouvernement fédéral et le reste du Canada si la souveraineté n’est pas d’abord et avant tout un fait accompli.

Deuxièmement, que la loi sur la clarté référendaire n’est au fond pas si mauvaise que cela parce qu’elle introduit l’obligation de clarifier la question référendaire. Or, de toute façon, le caractère alambiqué des questions référendaires posées par le Parti Québécois a suscité méfiance et suspicion. Un sondage d’opinion pourrait facilement prouver cela. Pourquoi alors ne pas jouer le jeu jusqu’au bout et clarifier notre option? Qu’avons-nous à perdre?

Troisièmement, que la seule et unique raison valable qui justifie la séparation du Québec n’a jamais été à l’avant-plan de la stratégie électorale du Parti Québécois et encore moins exposée de façon convaincante. Celle-ci est pourtant simple. Nous ne sommes pas des Canadiens mais des Québécois, point! Nous sommes un peuple digne de ce nom et c’est tout! C’est du nationalisme, diront certains? Certes, ç’en est! Et qu’y a-t-il de mal là-dedans? Nous ne sommes pas plus Canadiens que l’Arabe ne peut être un Chinois! Nous vivons au Québec, un pays de 7 millions d’habitants, un territoire immensément grand, autosuffisant, riche et, par-dessus le marché, français! Est-que cela ressemble au Canada? Non et en plus, celui-ci ne nous reconnaît même pas. C’est pour cela qu’il nous est indispensable d’avoir un pays. À défaut de quoi, nous disparaîtrons au rythme où va l’assimilation de notre société. C’est aussi la seule façon de protéger la langue française! Voilà l’exemple d’un discours compréhensible pour le Québécois moyen et qui fut mis de côté par le Parti.

Une constitution québécoise? Foutaise!

Qui d’entre vous a déjà lu la constitution du Canada? Moi, jamais! Pourtant, il s’agit là d’une autre idée saugrenue de l’establishment souverainiste. Diantre! Ce que les Québécois veulent savoir, c’est où la souveraineté les mènera? Pourquoi dans ce cas rédiger une constitution qu’ils ne liront pas et qui de toute façon, ne servira peut-être jamais? Nul n’a besoin de cela!

Le ménage

L’actuel grand brassage d’idées doit avoir un but précis. Celui-ci devrait être de désengluer la souveraineté. Celle-ci s’est perdue dans les méandres de l’étapisme, du beau risque, du déficit zéro, des conditions gagnantes et du bon gouvernement. Il ne s’agit pas de retourner à un discours de purs et durs. Ceux qui prétendent une telle chose y vont d’une analyse simpliste. Non! Il s’agit plutôt de rendre la souveraineté plus simple à comprendre et surtout, de la rendre plus accessible au travailleur qui ne peut pas mettre beaucoup de temps à des analyses politiques à n’en plus finir.

Le Parti Québécois devra quant à lui se redéfinir autour de la souveraineté. C’est là sa seule et unique raison d’être. La souveraineté est le point de départ vers une société qui veut aller vers ce qu’elle aspire. C’est la condition au développement d’une société plus juste. Malheureusement, les mouvements de gauche ne comprennent pas que leur idéal va se fondre et disparaître dans le grand tout canadien si la tendance se poursuit. La souveraineté, c’est donc une démarche à faire pour avoir un meilleur contrôle sur nos politiques publiques, plus d’équité et plus de justice. Des intérêts particuliers ont avantage à ce que cela nous échappe. Il faudra donc amener les Québécois à schématiser collectivement tout cela.

À cette fin, le Parti Québécois devra cesser d’être un nid d’idéalistes qui pensent que le pays va sortir comme le lapin d’un chapeau. Il n’y a plus de temps à perdre avec ces gens-là. Un parti politique n’est pas un club social. Le ménage est douloureux mais c’est la tâche numéro un à laquelle doit s’attaquer le chef du parti. Il doit remettre, de ce pas, les militants à l’ouvrage avec obligation de résultat. Ceux-ci n’auront pas le choix. Ils devront battre de la semelle pour rétablir l’équilibre entre le flou médiatique et la réalité. Le cas échéant, le chef devra aussi demander à ceux qui ont échoué dans leurs tâches et objectifs de laisser leur place. Et de plus, il devra écarter les carriéristes et les ambitieux. La région de Québec est un bel exemple des conséquences fâcheuses liées au manque de leadership régional au sein du parti. Le résultat en est que la région de Québec fut dépouillée des sièges péquistes lors de la dernière élection.

Que le véritable Bernard Landry se lève!

Bernard Landry doit cesser d’être une image! Il se doit d’affirmer davantage son autorité. Il doit cesser de craindre l’homme bouillant qu’il est. Cela déplaira peut-être aux médias mais par contre, il retrouvera les Québécois sur son chemin qui, eux aussi, retrouveront l’homme de cœur qu’il est réellement et ayant la stature d’un chef d’État Il est le meilleur homme que nous ayons pour cette tâche. Il devra aussi affirmer son leadership et cela même au prix de perdre des militantes ou des militants. Il doit cesser de tenter de plaire à tout un chacun. Un des gros problèmes du parti réside essentiellement dans son orgie de démocratie. Cela a fait du Parti Québécois une formation instable et hésitante. Aucune société ne confierait les rennes d’un État à une organisation incapable de se donner une direction claire et précise et de maintenir le cap de façon stable.

Une stratégie de communication rigoureuse et unifiée.

Le discours doit être homogène et tous les membres de l’aile parlementaire doivent le marteler et rien d’autre. Le manque de loyauté doit être traité de manière implacable. C’est une règle de toute organisation qui se respecte. Les futures démarches stratégiques de communication devront être pondérées, mesurées, filtrées et coordonnées. Le parti se doit aussi de redéfinir ses relations avec les médias et, si nécessaire, écarter ceux qui ne s’intéressent pas au programme du parti et qui ne s’évertuent qu’à lui chercher noise. Par tradition, les médias ne sont pas des amis des souverainistes.

Finalement, il est vraisemblable de penser que le contexte de la prochaine élection se prêtera assez bien à un positionnement du parti dans un des deux pôles politiques connus, soit la droite et la gauche. Il s’agit là encore d’un piège qui éloignera le parti de sa véritable raison d’être, c’est-à-dire la souveraineté du Québec.

Les deux partis de droite que sont les libéraux et les adéquistes suffisent à combler le champ de la droite auquel ils sont d’ailleurs bien identifiés. Par contre, la gauche est désorganisée et chancelante. Le Parti Québécois constitue à n’en point douter, son seul pilier ayant un temps soit peu de solidité et capable de prendre le pouvoir. Par contre, si par malheur, une quelconque plate-forme politique venait à flirter avec l’idée de proposer un programme de gauche en passant la souveraineté sous silence, comme ce fut le cas au cours des dernières années, alors cette démarche serait perçue comme de l’électoralisme pur et simple. Comme bien d’autres, le militant que je suis ne participera pas à cette usurpation supplémentaire de la raison d’être du parti à des fins électorales. Aucun militant que je connais ne désire d’ailleurs reprendre le bâton du pèlerin pour la reconquête du pouvoir sans la garantie d’une démarche vers la souveraineté. Le pouvoir, on l’a déjà eu. Ce que nous voulons maintenant, c’est la souveraineté.

Si tant est que les Québécois désirent se recentrer au moment venu, il faudra alors assortir le retour du balancier vers la gauche d’une condition sine qua non. Celle de tenir un référendum sur la souveraineté dans les 24 mois suivant la prochaine élection. Les Québécois devront être dûment informés de cela pour choisir en toute connaissance de cause leur prochain gouvernement. Également, à défaut de gagner ce référendum, le parlement devra être dissout et les Québécois devront chercher ailleurs une solution sociale démocrate. C’est aussi simple que cela!

Une idée est bonne ou mauvaise.

Vision manichéenne, orthodoxie, position ex-cathedra, purs et durs... voilà des termes que nous entendons à gauche et à droite pour dénigrer ceux qui restent fidèles à leurs idées et à eux-mêmes. J’en ai marre et je réfute ces qualificatifs faciles et simplistes. Je ne veux pas d’un Parti Québécois qui danse à cinq dollars devant l’électorat. Je ne veux pas d’idées molles. Si certains grands de ce monde n’avaient pas perséveré dans la poursuite de leurs idéaux, nous en serions toujours à croire que la terre est plate. La solidité, la stabilité, le courage à travers l’adversité, voilà ce qui suscite l’admiration et le respect. À l’opposé, c’est trop facile et c’est surtout sécurisant de se remettre en question pour aller dans le sens où tous le monde va et cela même si ces orientations sont mauvaises. Dois-je rappeler que ce n’est pas parce que l’on est en minorité que l’on a tort. Pour ma part, je crois encore fermement aux vertus de la souveraineté. Tôt ou tard, nous sortirons gagnants et l’histoire donnera raison au Parti Québécois. Dans le cas contraire, je n’aurai aucun mal à vivre avec le choix démocratique de notre nation. Ce n’est pas la politique du pire, mais plutôt la politique du réel en fonction de l’article UN du parti, soit l’indépendance du Québec.



Nouvel argumentaire afin de promouvoir l’indépendance du Québec de langue «française»

Section Ludger-Duvernay de la SSJB de Montréal
TRIBUNE LIBRE 18 septembre 2003

Lorsque ce ne sont pas les jeunes du Parti Québécois, ce sont ses membres réunis en assemblée qui recherchent des moyens nouveaux pour faire la promotion de l’indépendance du Québec de langue française.

C’est aussi l’ensemble des indépendantistes qui recherchent des moyens de convaincre, qui son frère, qui sa sœur, qui son voisin, par des moyens et des actions pouvant les amener à choisir comme nous, que l’indépendance du Québec est le meilleur moyen de nous assurer que ce pays nous ressemblera par sa langue, sa culture et sa définition politique.

D’aucuns conviendront que nous avons développé tous les moyens et toutes les idées nécessaires à la promotion de notre idéal depuis la naissance de l’idée de l’indépendance, que ce soit avec le mouvement de M. Raymond Barbeau, (La Laurentie) ou celui de M. Marcel Chaput, (le parti Républicain) ou encore celui de MM. Barbeau, d’Allemagne et Mme Ferretti et autres patriotes, ayant fondé le RIN.

Nous convenons qu’il y a actuellement assez de moyens et d’idées pour promouvoir l’idéal que nous recherchons. Tout en reconnaissant cela, ne pourrait-on pas y ajouter, sinon des idées et des paroles, du moins, des moyens pédagogiques pouvant faire avancer la cause que nous chérissons et pour laquelle plusieurs indépendantistes ont sacrifié leur vie.

À l’image de ces vaillants combattants de l’indépendance, il me semble qu’il est de notre devoir de rechercher d’autres outils visant à convaincre suffisamment de Québécois et de Québécoises afin d’atteindre notre idéal avant que le phénomène de la dénatalité n’ait fait son œuvre parmi la population voulant se libérer du carcan amoureux de l’occupant de notre pays.

Constitution du Québec

Pour y arriver, quoi de mieux que d’inviter les Québécois et les Québécoises de toutes les régions du pays du Québec, à définir le pays qu’ils voudraient habiter le jour de l’indépendance?

Même les Autochtones pourraient y trouver leur compte. En participant à cet exercice, ils pourraient définir le genre d’autonomie qu’ils revendiquent sur le territoire du Québec en incluant tous les projets d’entente qu’ils revendiquent.

Quoi de mieux et de plus pédagogique que la mise sur pied d’une constitution qui ressemblerait à ses habitants puisque ces derniers auraient travaillé à sa confection en définissant le pays dans lequel ils aimeraient vivre. Un pays qui répondrait à leurs aspirations d’autonomie et de développement.

En travaillant à la mise sur pied d’une constitution toute québécoise, c’est tout l’argumentaire de l’indépendance qu’ensemble nous développerons.

Terminé la recherche des mots pour convaincre, puisque cette constitution répondra à leurs besoins en leur donnant l’argumentaire nécessaire à leur travail auprès de ceux et celles qu’ils veulent convaincre du bien-fondé de leur idéal.

Avec ce document en main, nous n’aurons plus à chercher le pourquoi de notre idéal puisqu’il sera inscrit dans la constitution que nous nous serons donnée.

Comment dans ces conditions, après avoir défini le pays dans lequel ils veulent vivre, les Québécois pourront-ils dire non à leur émancipation politique, cet instrument qui leur permettra de vivre normalement comme tous les peuples indépendants du monde libre, en participant au bonheur des nations dans le concert des différents organismes qui régissent le monde?

Comité provisoire de la constitution!

La section Ludger-Duvernay de la SSJB de Montréal, par son conseil d’administration, est prête à œuvrer à la mise sur pied d’un comité provisoire d’une constitution du Québec, en dehors des partis politiques, avec toutes les personnes qui croient en cette démarche pédagogique, une démarche visant donner aux Québécois et Québécoises un pays qui leur ressemble.

Pourquoi faire abstraction des Politiques et des constitutionnalistes? Tout simplement parce que nous croyons que les premiers sont tributaires de leurs obligations partisanes qui ne doivent pas intervenir dans ce genre de débat, et que les spécialistes des constitutions ne peuvent souvent dissocier leur expertise des besoins et des désirs du peuple qui veut se donner une constitution qui lui ressemble.

Bien sûr nous savons que nous devrons dans un second temps recourir aux uns et aux autres, mais ces exercices ne doivent pas précéder la démarche du peuple du Québec.

Celles et ceux qui croient en cette démarche voudront nous faire part de leur désir de participer à une première rencontre du comité provisoire de la constitution du Québec indépendant de langue française.

La date et l’endroit de cette première rencontre seront communiqués à toutes les personnes nous ayant fait pas de leur désir d’y participer.

Jacques Bergeron, Président
Section Ludger-Duverany
le 17 septembre 2003
jacberger@yahoo.fr

Note :
Le conseil de la Section Ludger-Duveray est prêt à mettre à la disposition des membres de ce comité, les quelques documents qu’il a produits sur ce sujet, comme outils de travail.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Jacques Bergeron



C’est de la faute à Landry

Gilles Néron
TRIBUNE LIBRE 18 septembre 2003

Petite chanson populaire sur l’air ancien de C’est de la faute à Papineau

 

 

C’EST DE LA FAUTE À LANDRY

 

 

Si Madame Jérôme-Forget n’aime pas l’eau

Au point de ne pas en mettre dans son whisky

Ce que Jean Charest ne trouve pas très beau

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si le chômage a repris son ascension

Et que les hôpitaux manquent toujours de lits

Malgré que les Libéraux ont gagné les élections

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si les travailleurs sont dans la désespérance

Et songent à se rendre jusqu’à la mutinerie

Parce que le gouvernement préfère la sous-traitance

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si les fonctionnaires pensent à une guerre à finir

Face aux coupures entraînées par la réingénierie

Et que les services publics sont en train de mourir

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si la population se méfie des journalistes

Depuis qu’on a fait un film sur leur tricherie

Et que la démocratie coure un grand risque

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si les pauvres gens devront payer les services

Pour que l’impôt des riches puisse être réduit

Et qu’on ne reconnaît déjà plus les règles de justice

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si les étudiants qui devaient avoir des jours meilleurs

Se retrouvent avec des frais haussés au lieu d’amoindris

À tous les niveaux, du primaire aux cours supérieurs

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si tout les électeurs se demandent où est l’erreur

Qui leur a fait faire en avril cette drôlerie

De changer un vrai libéral pour un conservateur

C’est de la faute à ce criss de Landry

 

Si les prochaines années paraissent bien noires

Et que le Québec se sent au pays du charivari

Alors qu’on avait annoncé tous les espoirs

C’est de la faute de ce criss de Landry

 

En effet, si la gang à Landry avait bien besogné

Et qu’elle avait vu venir la bêtise du proscrit

On ne serait pas tous là à nous époumoner

Et à crier que c’est de la faute à ce criss de Landry

 

 

Excusez-la

 

Gilles Néron

 

 


Charest et le ''manque de courage politique rétroactif''...

Nic Payne
TRIBUNE LIBRE 19 septembre 2003

Quiconque observe de près ou de loin la politique et discute de la chose à l'occasion en vient, tôt ou tard, à faire usage de l'expression ''courage politique''. Hélas, c'est plus souvent qu'autrement pour en déplorer le manque, chez tel ou tel individu.

Eh bien au Québec, Jean Charest, lui, dans le dossier des fusions-défusions municipales, pousse le concept - de manque de courage politique - un peu plus loin et invente maintenant le ''manque de courage politique rétroactif''. Faut le faire, quand même.

En effet, monsieur Charest est le premier politicien québécois, de mémoire d'homme, à promettre qu'une fois au pouvoir il manquera de courage politique là où son adversaire et prédécesseur en avait eu auparavant. C'est bien ce qu'il fait lorsque, une fois les fusions municipales réalisées, il dit à peu près ceci : je crois aux nouvelles villes - il admet donc que la réforme des structures municipales est une bonne chose - mais les maîtres d'oeuvre de ce projet ont été trop efficaces, ils n'ont pas perdu assez de temps, ils ont été trop décidés. Nous allons donc reculer de quelques étapes pour permettre à la controverse et la chicane d'avoir lieu de nouveau, et branler dans le manche à grands frais pendant un bout de temps, risquant ainsi de tout faire foirer, juste pour le plaisir de rencontrer des standards de progrès social un peu moins élevés. Autrement dit, il approuve les fusions mais promet de revenir dans le temps pour avoir peur de les faire à la place des autres. Édifiant.

En fait, non seulement monsieur Charest invente-t-il le manque-de-courage-rétroactif, et même la promesse-de-manque-de-courage-rétroactif, mais, devenu premier ministre, il a, par-dessus le marché, le courage de tenir sa promesse de manquer de courage... Il ne manque donc pas de détermination quand il s'agit de manquer de courage! C'est au moins ça de pris.

Il n'y a pas à dire, on ne remerciera jamais assez certains journalistes d'avoir tant insisté pour parler des vraies affaires durant la dernière campagne électorale...


À hauteur d'homme

Michel Mongrain, Trois-Rivières
TRIBUNE LIBRE 20 septembre 2003

J'ai regardé avec intérêts le documentaire de Monsieur Jean-Claude Labrecque «À hauteur d'homme» dimanche soir à Radio-Canada. Je voudrais féliciter le réalisateur pour son excellent travail.

Je trouve injuste les prises de position des journalistes qui s'insurgent contre ce documentaire parce qu'il est trop près de Monsieur Landry et ne donne qu'un point de vue de la situation. Pourtant depuis deux semaines, vous les journalistes profités de toutes vos tribunes pour nous faire savoir votre irritation.

On a pu lire que le film passait trop de temps sur l'affaire Parizeau. Pourtant, au cours de la campagne électorale en question, vous les journalistes avez presqu'unanimement dénoncés les propos de Monsieur Parizeau.

À peu près personne de votre digne profession n'a dénoncé l'utilisation hors contexte des propos de Monsieur Parizeau par Monsieur Charest. Où êtiez-vous pour dénoncer ce manque de rigueur par Monsieur Charest en plein débat? Personne, ou à peu près, dans votre profession n'est venu dénoncer cette utilisation des propos d'un homme par un candidat premier ministre pour qui tous les coups étaient permis.

Est-ce par manque de rigueur de votre part? Où, pire encore, est-ce par censure de la part de vos diffuseurs qui appuyaient de façon trop évidente l'élection du parti libéral? J'ai bien peur que ce soit là la raison! Dans ces médias contrôlés par les amis des fédéralistes au pouvoir à Ottawa, il fallait bien donner un coup de main à la formation de Monsieur Charest, qui, rappelons-le, tirait de l'arrière dans les sondages à ce moment-là.

Alors, plutôt que de décrire le documentaire de Monsieur Labrecque, j'ose espérer qu'un atelier sur la couverture de la dernière campagne électorale sera au programme de votre prochain congrès. Peut-être qu'une remise en question de votre façon de travailler s'impose aussi de votre côté. Pourrait-il arriver que vous les journalistes vous fassiez des erreurs parfois?


Qu’il se lève celui…

Nestor Turcotte
TRIBUNE LIBRE 23 septembre 2003

« La vie entière est employée à s'occuper des autres. Nous en passons une moitié à les aimer, l'autre moitié à en médire ». (Joseph Joubert)

A hauteur d’homme, continue à faire jaser la rectitude politique. Les anges du pouvoir, scandalisés, se drapent, depuis deux semaines, dans leur visage outré, offensé, démaquillé par les propos crûs de l’ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry. Jean Charest, comme pour se donner bonne conscience, à micros ouverts, ose dire qu’il n’a pas, lui non plus, le monopole de la vertu. Lui dire que je m’en étais aperçu lors du débat des chefs, serait un truisme.

Dans les officines du «politically correct», les gros mots de Landry ne passent pas le carreau du confessionnal des grands prêtres de la conduite vertueuse. Et les chantres de cette conduite vertueuse, accompagnés des bombardes du pouvoir, épuré de tous ses sacres, brandissent l’anathème et la condamnation d’un premier ministre, courageux, qui, l’instant d’une campagne électorale, à cœur ouvert, a voulu se faire l’un des nôtres, Les philosophes anciens, dans leur sagesse immuable, ont toujours manifesté cette douce invitation à être très discret au sujet de la conduite des autres. L'Évangile reprend aussi le même enseignement. Il invite ses fidèles à ne pas juger le monde.

L'humanité, malgré cet avertissement deux fois millénaires, continue à juger et parfois à condamner les autres. La moitié de l'humanité parle sans doute de l'autre moitié, et si chacun savait, juste dans son petit coin de pays où il évolue chaque jour, ce que les autres disent de lui, il en serait sidéré. Il serait sans doute gêné de croiser ses concitoyens sur la place publique.

En fait, il n'y a ni discrets, ni indiscrets. La plupart du temps, les uns redisent tout de suite ce qu'on leur a raconté; les autres répètent plus tard ce qu’ils ont si mal retenus des propos tenus chez le voisin d’à-côté. Et tous inventent ce qu'on ne leur a pas dit, afin de noircir davantage le tableau griffonné à la hâte par le premier calomniateur du quartier . La plupart des choses que nous disons sur les autres sont complètement inutiles. Elles n'apportent souvent rien de neuf, rien de constructif. Elles ne sont que mots vides, placotages, phrases pour meubler notre propre solitude, notre goût de domination. Ce sont souvent des futilités qui seraient nécessaires de taire.

Non seulement les choses que nous disons sur les autres sont complètement inutiles, mais souvent, elles ne sont pas bonnes à dire. Nous sommes plus enclins à divulguer ce que nous appelons les travers des autres qu'à reconnaître nos propres erreurs.« Qu'il se lève celui qui ne se paie pas dix minutes de calomnie par jour», dit Félix Leclerc ! Personne n'a bougé, les saints courent pas les rues , » continue le poète. Si l'humanité cessait de parler des autres, elle tomberait vite dans un silence profond. Chacun trouverait la vie quasi insupportable, parce qu'il se retrouverait en face de lui-même.

Parler des autres, c'est tellement facile. C'est même trop facile. Les propos tenus sont habituellement inutiles, mais pire encore, ils sont carrément parfois mauvais. Ils ne respirent ni bonté, ni tolérance. De plus, en général, les conversations tenues sur les autres ne sont que des «on dit », des « entendus-dire », «des demi-vérités» quand ce n'est pas carrément du mensonge.

Lorsque l'on parle des autres, la vérité n'est rarement au rendez-vous. La bonté est ordinairement absente et la méchanceté accompagne habituellement ces échanges futiles. Il faudrait un jour inventer la semaine du silence sur les autres. Nous serions surpris du résultat et des transformations que cela apporterait dans notre société. Durant cette semaine particulière, nous pourrions être appelés à ne rien dire sur les autres, et à consacrer tout ce temps à réfléchir sur soi-même. La face de la terre en serait changée. Et ainsi, on déciderait de faire l’indépendance, chacun de son cœur. On pourrait voter, une semaine après ce carême silencieux collectif, pour la libération du Québec! Le résultat en serait étonnant. Il serait nettement majoritaire.

Le temps pour aller au cœur de soi-même est plus long que celui qui conduit à la condamnation d'autrui. Peu le prenne. C'est le chemin le moins fréquenté. On préfère se prononcer sur l'autre plutôt que sur soi-même. En jugeant l'autre, on semble pénétrer dans une zone de certitude qui nous satisfait et nous remplit d'orgueil. Pourtant, le premier jugement à porter devrait être sur sa propre conduite. On y trouverait sans doute le chemin de l'humilité. On y retrouverait probablement le chemin qui conduit vers son semblable, à savoir celui du pardon.

Et pardonner, c’est souvent reconnaître que la faute dénoncée chez l’autre, est souvent commise dans le silence de sa propre chambre. Landry a dit des gros mots. Il m’arrive de dire ce qu’il dit sans que mon confesseur ne le sache. Il vous arrive tous d’imiter l’ancien premier ministre, sans le crier sur les toits. Mais, pour sauver la face, sous le visage de la pureté angélique qui vous drape, vous n’osez pas vous en accuser. Vivre A hauteur d’homme, c’est grand, parce qu’un homme n’est grand et véritablement un homme, que lorsqu’il se dit comme sont tous les autres hommes : faillible et imparfait! Merci à Bernard Landry d’avoir eu le courage de nous le rappeler.


Il est pénible de constater …

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 24 septembre 2003

Il est pénible de constater qu’à intervalle de plus de 30 ans, le triste personnage Claude Morin, qui était alors à la solde du RCMP, présente de nouveau le même vieux concept rétrograde 'd'étapisme', lequel hier comme aujourd'hui s’en remet à l’ennemi canadiAn pour actualiser des propositions pseudo-souverainisantes, veules à souhait. Pour ensuite recevoir l'accolade de Bernard Descôteaux dans LE DEVOIR des 13 et 14 septembre 2003, (voir « En finir avec les conditions perdantes » dans la page éditoriale du journal). Et maintenant Morin est accueilli en sauveur par un dénommé Claude Lalande, toujours dans LE DEVOIR, ce 23 septembre 2003 dans un texte intitulé "Le réalisme politique de Claude Morin."

Pas surprenant, puisque Descôteaux avait déjà servi une forte réprimande aux tristes sires que sont Legault, Marois et Landry, pour avoir osé penser s'éloigner de valeurs (sic!) sures comme la souveraineté-association dont les CanadiAns ne veulent rien savoir, et, le bon vieux le référendum qui sème la peur puisque Landry trouverait immoral d'utiliser les deniers publics pour renforcer les assises de son propre peuple.

Lalande et Descôteaux, deux pseudo-souverainisants qui font semblant de ROMPRE avec le passé en se pâmant pour UN ÉTAPISME QUI REPOSE ENCORE ET TOUJOURS SUR LA MAUVAISE VOLONTÉ de l’Anglo-Canadien pour lui donner vie. Qu'est-ce que le bon peuple québécois a fait pour se mériter de telles zélites !?