élection 2003
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People on the bus go up and down
DON MACPHERSON
The Gazette Thursday, April 10, 2003
It's the fifth and final week of the election campaign. The reporters following Liberal leader Jean Charest's tour are tired, irritable and hungry for something resembling news.
It's time to feed the dogs, and Charest appears to have run out of Gaines Burgers.
Originally, the brand name of a dog food, the term was adopted as politico-journo slang for the bite-sized, easily swallowed announcements of the day that allow a leader to set his own campaign agenda, rather than having it set for him by the opposition and the media.
And by now, all the parties' policy pantries are bare. It's been four weeks since the start of the campaign and, in the case of the Liberals, seven months since they presented their platform. There are no new promises to be made, merely embellishments on familiar ones.
At least for a while, until even the imaginary money ran out, the Parti Québécois could announce a different new spending program every day. The trouble with the billion-dollar-a-year tax cut the Liberals are offering instead is that they could only announce it once.
So the best Charest can scrape up is not even a commitment but rather a public-service announcement inviting adults to volunteer as mentors for at-risk high-school pupils.
The reporters are not satisfied, and resume snapping, which began at his morning "news" conference, at areas where they sense Charest is vulnerable.
The Liberal leader isn't being singled out for harsh treatment. On Bernard Landry's and Mario Dumont's campaign tours, much the same thing is happening. By the last week of the campaign, all the parties are in attack mode, having identified the opposition's weak spots. And so are the media; it's how they show their independence from the parties and that the latter's efforts to control and manipulate them haven't been entirely successful.
Thanks to the cell phone, reporters on one leader's tour can pass on his attacks to their colleagues accompanying the target to get his reaction. And so back and forth between the buses it goes throughout the day.
For the most part, the chatter flies between the Landry and Charest tours since the struggle for power has become a two-party fight that is yet to be decided.
Fortunately for Charest, the boys and girls on the bus do not mention municipal demergers. This day is not entirely demerger-free, however; in an interview taped for that evening's Radio-Canada program Le Point, interviewer Stéphane Bureau tries to beat a confession out of Charest about how he, as a resident of (nudge, wink) Westmount, would vote in a demerger referendum. Charest refuses to say and looks irritated at having it brought up yet again that he has chosen to live among the rich English.
This day, the targets for the Charest press corps are his refusal to identify where a Liberal government would make the spending cuts he admits would be necessary in order to pay for the tax cut and an increase in health spending, and the difficulty he has had establishing nationalist credentials.
The latter question has come up again because of the recent presence at Charest campaign events of federal Liberal members of Parliament, especially Treasury Board President Lucienne Robillard, who has become as much of a distracting embarrassment to Charest this week as Jacques Parizeau was to Landry last week.
Perhaps overcompensating, Charest has proposed an unlikely alliance with the PQ's federal front, the Bloc Québécois, in a "pitched battle" against his own party's federal "cousins" over the fiscal imbalance issue. Hey, it's a crazy, mixed-up world we live in the last week of an election campaign.
For his part, Charest tries to discredit Landry's key promise of a four-day work week for parents by demanding that the premier produce the studies on which the PQ leader has said the promise is based. He argues that the PQ will have to increase Quebec's debt in order to pay for its campaign promises.
And he pounces on Landry's vow to hold another sovereignty referendum if he gets "the slightest chance." So what happened to this new, post-referendum, "normal" Quebec politics we were hearing so much about?
dmacpher@thegazette.canwest.com
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Irak
| Irak: La Guerre
Où sont les armes de destruction massive?
La Presse mercredi 9 avril 2003
AFP - Washington - Les États-Unis n'ont pas encore découvert d'armes de destruction massive en Irak, pourtant la principale raison avancée pour la guerre, tandis que se multiplient les découvertes de tonneaux suspects, mais aussi les "fausses alertes" aux agents chimiques et bactériologiques.
L'invasion américano-britannique de l'Irak a été lancée sous la double hypothèses que le régime irakien possédait d'énormes quantités de gaz neurotoxique (VX, sarin, moutarde) et d'agents biologiques (bacille du charbon, botuline)- ce que Bagdad a toujours nié- et que, acculé à la défaite, il n'hésiterait pas à les utiliser pour se défendre.
Aucune de ces deux hypothèses ne s'étant pour l'instant vérifiée, l'administration Bush reste donc sous une intense pression pour, d'une part, trouver des armes de destruction massive et, d'autre part, convaincre le reste de la communauté internationale de la crédibilité de ses "découvertes".
"Si les États-Unis échouent à mettre la main sur des armes prohibées, cela alimentera le scepticisme déjà fort répandu à l'étranger quant aux motivations de la guerre", notait hier le Wall Street Journal.
Alors que l'offensive se poursuit pour renverser le régime irakien, une autre chasse est à l'oeuvre: celle menée par les trois "équipes Fox" de l'armée de terre américaine, se déplaçant à bord de laboratoires mobiles et spécialisés dans la détection des armes biochimiques.
C'est l'une d'entre elles qui a été appelée dimanche à vérifier les tonneaux suspects découverts par des soldats américains de la 101e division aéroportée, près de Kerbela.
Des tests préliminaires ont révélé la présence de "substances" pouvant être des armes chimiques, a-t-on indiqué lundi de source militaire américaine.
Toutefois, une deuxième batterie de tests aurait fait état de résultats contradictoires, indiquant la présence d'agent VX ou de... pesticides, selon des sources militaires américaines en Irak citées hier par la presse américaine.
Ni le Commandement central des forces américaines (Centcom) au Qatar ni le Pentagone n'ont officiellement voulu confirmer la nature des produits découverts, soulignant que des analyses plus poussées étaient en cours. "Pratiquement toutes les premières indications qui nous parviennent se révèlent erronées", a prudemment noté lundi le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld.
Pour des raisons de sécurité, les équipements de détection utilisés sur le terrain réagissent de manière très sensible et génèrent beaucoup de "fausses alertes", explique Jonathan Tucker, expert à l'US Institute of Peace. Lundi, des militaires américains qui avaient fait état dans leurs rangs de cinq cas suspects de contamination par du gaz moutarde, après la visite d'un dépôt de munitions irakien, près de Najaf, ont reconnu qu'il s'agissait d'une "fausse alerte". La semaine dernière, une poudre blanche suspecte découverte dans le complexe militaire de Qaa Qaa, au sud de Bagdad, s'était révélée être de... l'explosif.
Selon la radio publique américaine NPR, citant un haut responsable de la 1re division des marines, des soldats auraient trouvé dans un entrepôt, près de l'aéroport de Bagdad, une cache d'une vingtaine de missiles BM-21 prêts à l'emploi et dotés d'ogives remplies de gaz sarin et de gaz moutarde. Aucune confirmation du Pentagone n'était disponible à ce sujet.
Même s'ils trouvent des armes chimiques, les États-Unis devront convaincre que ces preuves n'ont pas été "fabriquées", souligne l'ancien inspecteur en désarmement de l'ONU, David Kay.
"Nous allons devoir communiquer de manière crédible à ce sujet, particulièrement à destination du Proche-Orient où des gens croient encore que ce sont nous ou les Israéliens qui ont mis en scène l'attentat du World Trade Center", prévient-il.
Selon le Wall Street Journal, un débat serait en cours au sein de l'administration Bush sur la nécessité d'associer ou pas l'ONU au processus de vérification.
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Irak
| Guerre en Irak
Crimes de lèse-humanité : De combien de morts Bush, Blair et Aznar ont-ils besoin pour assouvir leur appétit? Adolfo Perez Esquivel prix Nobel argentin
Le Devoir - mercredi 9 avril 2003
Le texte qui suit a été publié le 26 mars dernier dans le quotidien Pagina 12 de Buenos Aires sous la plume du prix Nobel argentin Adolfo Perez Esquivel. Leandro Steinmander, étudiant au baccalauréat en droit de l'UQAM, a eu l'idée de le traduire en français pour Le Devoir.
La guerre annoncée et souhaitée par le président Bush a été déclenchée. On n'a pas voulu écouter les milliards de voix qui se sont fait entendre partout dans le monde pour réclamer le droit à la paix. L'ONU a été ignorée et le droit international bafoué. L'orgueil du pouvoir n'a d'oreille que pour lui-même.
De combien de morts Bush, Blair et Aznar ont-ils besoin pour assouvir leur appétit? De combien de mensonges et de désinformation les grands médias, qui cherchent à occulter morts et blessés, ont-ils besoin pour continuer à tromper les peuples, voulant assimiler la guerre à un jeu vidéo en cachant sa cruauté et ses horreurs?
La réalité est douloureuse quand on constate l'impossibilité de freiner autant de folie et de mensonges. Nous faisons face à une forme de pensée privée de sentiments. Ce qui est tragique, c'est l'absence de valeurs éthiques et spirituelles qui a mené l'humanité à ce point de non-retour, provoqué par les responsables du déclenchement de cette guerre qui cherchent des justificatifs pour s'approprier les ressources de l'Irak et poursuivre leurs politiques d'expansion mondiale.
Un génocide
L'hypocrisie atteint des limites insoupçonnées. Ils ont fait abstraction des êtres humains et des peuples, et le génocide ne les empêchera pas d'atteindre leurs objectifs. Ils ont vidé de contenu leurs mots et leurs discours, et ils les couvrent de mensonges pour occulter l'horreur et les morts.
L'ONU doit réagir et sanctionner sévèrement ceux qui ont violé la charte de l'organisation et le droit international et qui ont conduit l'humanité à cette situation critique. Ils doivent être traduits devant la Cour pénale internationale pour être jugés de crimes contre l'humanité, même si les États-Unis ont rejeté la compétence de cette juridiction.
L'ONU a condamné d'autres pays et doit aussi sanctionner ceux qui sont au pouvoir. La force des armes ne leur donne pas raison ni le droit d'agir avec une totale impunité puisqu'un tel comportement est un grave danger pour tous les pays. Les peuples persistent à réclamer la fin de la guerre et le respect du droit des peuples à l'autodétermination, à la vie et à la paix. Les responsables qui ne savent pas ou ne veulent pas écouter leurs populations ne sont pas dignes de les gouverner. Il faut repenser les démocraties et les organismes internationaux et, ainsi, trouver de nouvelles façons de vivre et de coexister entre peuples.
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élection 2003
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Les caprices du changement
Léon Courville
Le Devoir - jeudi 10 avril 2003
Au début de la campagne électorale et même dans les six mois qui l'ont précédée, l'électorat a été convié à un vent de changement par le programme de l'ADQ et les propos de son chef. On a ensuite assisté au barrage de la presse et au retrait en apparence plus important mais néanmoins réel de M. Dumont.
Dans certains milieux, on nie que ce barrage ait été un geste prédéterminé. Il faut en convenir, mais les questions qui ont contribué à son érection procédaient de la pensée traditionaliste habituée aux raffinements et aux critiques plutôt qu'aux remises en question. D'abord, pour certains, le changement en soi ne paraissait pas utile ou nécessaire. Pour d'autres, l'absence d'un tracé précis venait clore le débat en concluant à l'amateurisme; pour d'autres encore, les nouvelles visions étaient dénuées de moralité.
Pourtant, c'est bien de changement qu'on parlait et c'est bien ce qu'on proposait. Et ceux qui l'ont proposé tout comme ceux qui l'ont pratiqué ou implanté reconnaissent son caractère ambigu, voire flou. Il est difficile à cerner ou à articuler et encore moins à justifier. Et ici, je ne fais pas seulement appel à la gestion; l'histoire des changements de courants en musique ou en représentation visuelle, entre autres, témoigne de ces ambiguïtés. Le grand historien de l'art Gombrich reconnaissait que la familiarité était nécessaire à la compréhension et que celle-là émergeait de la répétition.
Pour ce qui est de sa nécessité, ce n'est sûrement pas l'âge de M. Dumont qui lui fait répéter les propos d'Héraclite, à savoir qu'on ne se baigne pas deux fois dans la même eau.
Pour ce qui est de la moralité, les critiques sont sur un meilleur pied. Le philosophe contemporain Bertrand Russell argumentait que le changement est inévitable mais que c'est le progrès qui est moralement discutable. Cependant, «discutable» suppose «discussions», et la représentation simpliste de la médecine à deux vitesses ou la séparation du peuple québécois entre bien riches et bien pauvres ont répandu une quantité suffisante de pelures de bananes.
Abordons plus à fond le tracé du changement. Il est sinueux, il se construit plus ou moins à mesure qu'on procède et défie toute planification. Le changement est d'abord une réaction à des habitudes connues et s'articule autour d'une vision de directions nouvelles et d'attitudes en ce qui a trait à la démarche. C'est ainsi qu'on exigea de M. Dumont une rigueur injustifiée; il proposait une nouvelle route et on lui demandait la liste des numéros civiques. Le changement est un cap vers de nouveaux horizons et leur chemin, bien souvent, n'a pas été balisé. On lui rétorquait : comment aller vous faire cela ? Et devant l'imprécision toute naturelle des réponses, on le dénigrait. Pourtant, l'essence du changement y était : un refus de réalités devenues indécentes et un état d'esprit, une attitude, voire des réflexes centrés autour de l'initiative, de la responsabilité et de la souplesse.
Prenons deux exemples de changement récents. Les fusions municipales ont nécessité une dose de courage, même si on en parlait depuis longtemps. Par contre, elles n'avaient pas l'objet de promesses électorales; l'idée était dans l'air depuis longtemps, et même si les fusions ont été réussies d'un point de vue politique, elles ont laissé passablement d'improvisation; une autre vague de changements sera nécessaire pour que nous nous rendions compte des bienfaits anticipés sur les dépenses municipales. Un autre exemple est celui du virage ambulatoire : cette fois, pas de direction nouvelle, pas de nouvelles attitudes, d'où l'horrible dérapage qui en a résulté.
Depuis que le changement a perdu de sa pertinence dans la campagne électorale, nos bons vieux partis ont ramené sur la place publique le cirque de l'Assemblée nationale où les matchs de jambettes prennent la place du recours à l'esprit. Ou encore, c'est la distribution de la bonbonnière pour une république de nananes. Chaque mal a son remède; c'est une véritable sorcellerie de village. Et à en croire nos hâbleurs, le Québec vivra dans un immense paradis d'ici les élections suivantes.
Les gens à l'aise à gauche, dont beaucoup se prennent pour des intellectuels, semblent bien contents du niveau de ces balivernes; avec leur rhétorique humaniste, ils continuent à masquer des hontes dans la santé, l'éducation et le niveau de vie de presque la moitié de la population. Et il y a aussi cette minorité agissante, silencieuse de peur mais ronronnante dans ses bonnes vielles habitudes, aspirant ou bien à éliminer la menace «séparatisse» (ce que 30 ans d'histoire et une présence libérale forte n'ont pourtant pas réussi à faire), ou bien à éviter les heurts qui pourraient mettre en péril leur confort et leurs contacts : le statu quo, encore une fois.
On ne se baigne jamais deux fois dans la même eau, à moins de rester dans la baignoire trop longtemps. Le changement proposé voulait éviter une souillure. L'histoire et surtout l'avenir nous diront si tel était le cas. Heureusement, il ne sera pas trop tard pour qu'on le reconnaisse; on nous l'avait pourtant dit. Nul doute qu'alors, le débat sera plus éclairé.
L'auteur est économiste. Il a récemment cosigné avec Paul-Daniel Muller Place à l'initiative, publié chez Québec-Amérique et préfacé par Mario Dumont.
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élection 2003
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Un projet à peaufiner
Bernard Descôteaux
Le Devoir - jeudi 10 avril 2003
Éditorial - Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, a compris qu'il est difficile d'être contre la vertu. Aussi, ses attaques contre le projet de semaine de quatre jours pour les parents de jeunes enfants mis en avant par le PQ sont nuancées. Il sait trop bien que la conciliation travail-famille est une préoccupation importante pour tous ceux qui ne veulent pas -- ou ne peuvent pas -- choisir entre vie professionnelle et responsabilités familiales.
Dans beaucoup de grandes entreprises, des mesures ont été mises en place pour faciliter la vie des parents. Le moment est venu pour qu'une politique étende à tous les mesures de conciliation.
Le Parti québécois a surpris tout le monde avec sa proposition de la semaine de quatre jours. Bernard Landry a eu le flair politique pour saisir au vol l'idée et en faire un engagement. Peu importe qui sera le vainqueur de ces élections, le prochain gouvernement n'aura d'autre choix que d'adopter des mesures facilitantes pour les parents. Ce que l'on sait, c'est qu'avec les péquistes, les choses iront plus vite qu'avec les libéraux.
L'échéancier défini par le chef péquiste est rapide. Trop rapide, même. On a promis que le 1er janvier, une loi sur la conciliation travail-famille entrerait en vigueur. Un avant-projet de loi serait présenté en juin prochain; suivraient ensuite des consultations publiques au début de l'automne, puis l'adoption de la loi. Cela laisse bien peu de temps pour débattre de la semaine de quatre jours. On voit poindre la précipitation.
Du côté péquiste, on fait valoir que des projets de ce genre ne peuvent voir le jour que s'il existe une forte volonté politique. C'est juste. On peut donner en exemple la loi sur l'équité salariale. Le gouvernement Bouchard, après de longs et nombreux débats, a tranché. Mais toutes les opinions avaient pu s'exprimer. Les mesures proposées avaient été examinées sous toutes leurs coutures. Dans le cas présent, le débat commence à peine. Il faut le laisser se faire. Déjà, les objections sont nombreuses en ce qui a trait à la mise en vigueur de cette semaine de quatre jours, qui nécessitera des adaptations importantes dans les milieux de travail.
Il y a aussi cette question capitale du financement. M. Landry veut qu'elle soit de la responsabilité des entreprises. La ministre des Finances, Pauline Marois, nuance en disant que rien n'est écarté, y compris le soutien éventuel de l'État. Elle a raison de ne pas clore le débat avant qu'il n'ait eu lieu. Il faut mesurer les impacts sur les entreprises. Il y a danger de braquer inutilement celles qui seront les partenaires incontournables de ce projet.
Les libéraux reprochent au PQ d'avoir improvisé cet engagement. Bernard Landry ne confessera pas un tel péché à quelques jours des élections. Ce n'est d'ailleurs pas un péché très grave puisque l'idée paraît bonne. Ce qui serait grave, c'est qu'on précipite les choses pour respecter l'échéancier du 1er janvier 2004. On risquerait de gaspiller une belle idée.
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élection 2003
| La tenue d'élections générales à date fixe -
Le pouvoir légitime de choisir En régime parlementaire, le premier ministre doit pouvoir déclencher des élections au moment qu'il juge opportun
Michel Lévesque
Politologue et historien
Le Devoir - jeudi 10 avril 2003
Récemment, répondant aux questions des journalistes qui l'interrogeaient sur l'hypothèse de la tenue d'élections générales à date fixe, le premier ministre du Québec, Bernard Landry, mentionnait qu'il hésitait, arguant qu'il fallait étudier davantage cette question.
Et, de fait, bien que séduisante et intéressante, cette proposition, qui paraît simple au premier abord, n'en demeure pas moins, comme c'est souvent le cas pour la plupart des questions se rapportant aux institutions et aux pratiques politiques, relativement complexe.
Dans le texte qui suit, je présente trois expériences historiques qui tendent à démontrer qu'il peut être très utile pour le premier ministre, en régime parlementaire, de pouvoir déclencher des élections au moment qu'il juge opportun, et ce, afin d'empêcher que le gouvernement qu'il dirige ne soit paralysé ou encore qu'il se retrouve à la merci de quelque groupe que ce soit.
Les élections de 1939
Le 23 septembre 1939, soit trois ans et deux mois seulement depuis la tenue des dernières élections générales et 13 jours après l'entrée en guerre du Canada aux côtés de la Grande-Bretagne, Maurice Duplessis décide de déclencher des élections générales pour le 25 octobre suivant.
La principale raison qui motive cette décision est la difficulté croissante que le gouvernement unioniste éprouve à effectuer des emprunts. Durant les années 30, le gouvernement de l'Union nationale a adopté diverses mesures afin de soulager la misère humaine, notamment des allocations pour certains groupes défavorisés, des prêts aux agriculteurs, etc. Ces mesures ont eu comme effet, entre autres, d'augmenter considérablement les dépenses du gouvernement et, en corollaire, les emprunts de la province.
Devant cette situation, les financiers sont, pour diverses raisons, de plus en plus réticents à prêter de l'argent à son gouvernement. Aussi, afin de contrer leur influence et de se donner un nouveau rapport de force, Duplessis décide alors d'en appeler à la population.
Les élections de 1962
Le 19 septembre 1962, soit deux ans et trois mois seulement depuis les élections du 22 juin 1960, le premier ministre Jean Lesage prend tout le monde de court en annonçant la tenue d'élections générales le 14 novembre. La raison invoquée officiellement pour justifier une campagne électorale est la nationalisation des compagnies hydroélectriques.
Pourtant, comment expliquer qu'un homme politique aussi expérimenté et aguerri que Jean Lesage puisse prendre ce risque presque trois ans avant terme et après que son parti eut été dans l'opposition pendant plus de 16 ans ? N'aurait-il pas été plus prudent de préparer le terrain pendant les deux années suivantes, laissant ainsi plus de temps pour convaincre l'opinion publique ?
En fait, l'étatisation des compagnies hydroélectriques a réussi à occulter le principal problème avec lequel Lesage était alors aux prises, de même que les membres de son conseil des ministres : les organisateurs et les militants de leur parti.
Les réformes adoptées par le gouvernement depuis 1960 ont contribué à l'élimination du patronage qui se pratiquait sur une grande échelle et à l'implantation d'une nouvelle culture organisationnelle au sein de la fonction publique québécoise (non-congédiement des fonctionnaires, établissement de soumissions pour l'adjudication des contrats, etc.).
Ces réformes ont eu pour conséquence d'augmenter la grogne des organisateurs et des militants libéraux. Devant ces changements quasi révolutionnaires à l'époque, les militants libéraux réclament le retour aux pratiques d'antan et exigent ni plus ni moins la mise en tutelle des ministres du gouvernement de Jean Lesage. Ils demandent la création de comités de militants chargés de répartir les contrats gouvernementaux sans égard à la responsabilité ministérielle.
En fait, au début de la Révolution tranquille, la question du patronage avait pris de telles proportions qu'elle empoisonnait littéralement les relations entre le parti et le gouvernement. Cette question allait d'ailleurs être à l'origine de la célèbre réunion des principaux dirigeants libéraux au lac à l'Épaule, réunion au cours de laquelle Lesage pris la décision d'en appeler au peuple.
Quoique cette raison ne fut pas la seule cause politique ayant présidé au déclenchement précipité d'élections générales, il n'en demeure pas moins que, face à la situation à laquelle Lesage était confronté, celui-ci a jugé que la solution qui s'offrait alors à lui consistait à user de son pouvoir de dissoudre l'Assemblée nationale et de convoquer les électeurs aux urnes. Une victoire, espérait-il, consoliderait son leadership auprès de ses troupes et atténuerait les critiques des militants de son parti à l'endroit de son gouvernement.
Les élections de 1976
Le troisième exemple est celui de Robert Bourassa. Le 18 octobre 1976, soit moins de trois ans après les élections du 29 octobre 1973, devant la menace du gouvernement fédéral de procéder au rapatriement unilatéral de la Constitution sans l'accord du Québec et malgré les avis des principaux dirigeants de son parti, il décide d'en appeler au peuple. Par ce geste, Robert Bourassa espère bloquer le projet du gouvernement libéral fédéral, alors dirigé par Pierre Trudeau. Dans l'éventualité d'une victoire, il espère ainsi pouvoir accroître son rapport de force face aux visées du gouvernement central.
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À la lumière de ce qui précède, un certain nombre de constats s'imposent.
Premièrement, devant les menaces que divers groupes (financiers, militants, gouvernement fédéral) faisaient planer sur le gouvernement en place, trois premiers ministres ont cru nécessaire d'en appeler au peuple bien avant la fin légale de leur mandat.
Deuxièmement, dans deux de ces cas, la décision du premier ministre s'est soldée par une défaite de son parti et la perte du pouvoir (1939 et 1976). Par contre, à l'occasion des élections de 1962, Lesage et son parti ont été reportés au pouvoir avec une majorité accrue de votes et de députés.
Troisièmement, on remarque qu'à l'occasion de ces trois élections, les principales raisons du déclenchement de celles-ci n'ont pas été au coeur des débats durant la campagne électorale. En 1939, la menace de l'autonomie du Québec face aux visées centralisatrices du gouvernement fédéral et la question de la conscription ont dominé les débats. En 1962, la question de l'intervention de l'État dans le domaine de l'hydroélectricité a été au centre de la campagne électorale. Enfin, en 1976, ce sont davantage les conflits de travail, le déficit olympique et les scandales qui ont retenu l'attention.
Quatrièmement, compte tenu des constatations précédentes, quoique le choix de la date des élections puisse comporter certaines visées stratégiques de la part du premier ministre visant à favoriser son parti, il semble bien que la date du scrutin ne constitue qu'un élément parmi tant d'autres lors d'une campagne électorale. Il importe d'ailleurs de souligner que cet avantage stratégique, si avantage il y a, a un contrepoids de taille : celui de l'électorat. En effet, en dernière analyse, c'est à la population qu'il revient de juger du bien-fondé de l'utilisation de ce pouvoir par le chef du gouvernement.
Somme toute, avant d'enlever ce pouvoir au premier ministre, il m'apparaît important d'étudier les conséquences possibles d'une telle réforme en régime parlementaire. Des recherches systématiques portant sur cette proposition de réforme s'avèrent donc nécessaires afin, d'une part, de bien cerner l'ensemble des impacts possibles et, d'autre part, de corriger l'information erronée, non fondée dans certains cas, voire incompréhensible, qui a circulé en ce qui a trait à cette proposition de réforme au cours des derniers mois.
Une réforme précipitée pourrait malheureusement faire en sorte que la solution proposée soit pire que les maux qu'on cherche à corriger. Comme le démontrent les exemples précédents, ce pouvoir du premier ministre, de quelque formation politique qu'il soit, semble constituer une arme redoutable nécessaire, voire essentielle, en régime parlementaire.
Dans les circonstances, la position du premier ministre me semble donc des plus sages.
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élection 2003
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Charest achète la semaine de quatre jours
Robert Dutrisac, Tommy Chouinard
Le Devoir - jeudi 10 avril 2003
Pour les libéraux, la semaine de quatre jours n'est pas une si mauvaise idée que cela, après tout, puisqu'un gouvernement libéral se montrerait «très ouvert» à l'idée d'étudier son implantation. «On ne peut pas être contre l'idée d'avoir une semaine de quatre jours», a convenu hier Jean Charest, au cours du point de presse qui précédait son allocution devant la Chambre de commerce de Québec.
«On va être très ouverts aux propositions qu'on pourra faire là-dessus. On veut étudier cette question-là, mais on veut l'aborder sérieusement», a dit le chef libéral, reconnaissant que la conciliation travail-famille est un enjeu important. Il a toutefois prévenu qu'il ne voulait pas créer d'attentes qui ne pourraient pas être satisfaites.
Avec l'élection d'un gouvernement libéral, la semaine de quatre jours ne serait pas pour demain. M. Charest a indiqué que son gouvernement s'en tiendrait aux mesures déjà annoncées qui sont associées au thème de la conciliation travail-famille. Le chef libéral a cité les baisses d'impôt qui seront beaucoup plus importantes pour les familles que pour les personnes seules ou les couples sans enfants, l'aide au devoir et les crédits d'impôt pour les aidants naturels. «La vie de famille n'est pas unidimensionnelle», s'est-il plu à répéter.
Malgré cette ouverture, Jean Charest a qualifié la semaine de quatre jours proposée par les péquistes de «mesure purement électoraliste». Comme il l'a fait ces derniers jours, il a réclamé que Bernard Landry dévoile les études sur la question qui auraient été réalisées par le gouvernement et que le premier ministre avait évoquées lors du débat des chefs.
Jean Charest a d'ailleurs fait ses choux gras des propos de la vice-première ministre Pauline Marois, qui, dans une entrevue au Devoir publiée hier, laissait savoir que la semaine de quatre jours pourrait être financée par la société plutôt que par les seules entreprises, qui trouvent la note salée. Dans une lettre qu'il a envoyée hier à Bernard Landry pour lui demander de rendre public l'ensemble des études sur la semaine de quatre jours, le chef libéral s'inquiète des coûts de cette mesure pour le trésor public. «Doit-on comprendre de ces propos que les contribuables devront supporter une hausse de leurs impôts et de leurs taxes ?», écrit-il dans sa lettre.
«Alléluia !», a lancé, sourire en coin, le premier ministre Bernard Landry hier en conférence de presse à Princeville, dans le comté d'Arthabaska. «L'imitation est le plus sincère des compliments. Ça, c'est l'aspect positif des choses. L'aspect négatif, c'est comment un parti qui aspire à gouverner le Québec passe à côté de la principale problématique du Québec contemporain, la natalité et la conciliation famille-travail. Ce faisant, c'est un beau mouvement [de la part de Jean Charest], mais il pourra applaudir quand on l'aura fait. Ça démontre qu'ils étaient prêts pour l'opposition. Je le comprends de s'être laissé séduire car la chose est vraiment séduisante», a souligné le chef péquiste.
En entrevue à la radio de Radio-Canada, Bernard Landry a même souhaité que Jean Charest adopte d'autres positions propres au Parti québécois. «Bon sang de bonsoir, je lui demande aussi de réfléchir sur la souveraineté !», a-t-il lancé. «Les libéraux n'ont eu ni l'idée [de la semaine de quatre jours] ni l'instinct. Nous, on l'a eue, et je pense que c'est un élément important de la campagne. Les libéraux s'en sont aperçus trop tard et ils l'ont ainsi presque confessé», a souligné Bernard Landry.
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Les contribuables ne supporteront pas la semaine de quatre jours, réitère Landry
Tommy Chouinard
Le Devoir - jeudi 10 avril 2003
Longueuil - Entre l'opinion de la vice-première ministre Pauline Marois, qui estime que les contribuables pourraient soutenir financièrement les entreprises pour mettre en application la conciliation famille-travail, et celle du premier ministre Bernard Landry, qui veut exactement le contraire, le chef péquiste estime que «la cohésion est totale». Mais Bernard Landry a tenu hier à remettre les pendules à l'heure: s'il est élu, et contrairement à ce que dit Mme Marois, les contribuables ne seraient pas appelés à appuyer financièrement les entreprises pour qu'elles puissent mettre en oeuvre la semaine de quatre jours qui serait destinée aux parents d'enfants de moins de 12 ans qui le souhaitent.
Du moins, les contribuables ne devraient pas débourser plus de 20 millions de dollars, soit la somme annoncée dans le budget Marois, déposé au mois de mars, pour permettre aux PME de 200 employés ou moins d'implanter les mesures du plan d'action conciliation famille-travail, lequel plan comprend notamment, en plus de la semaine de quatre jours, la troisième semaine de vacances pour les jeunes parents.
Dans une entrevue accordée au Devoir mardi et publiée hier, la ministre des Finances, Pauline Marois, a affirmé que la conciliation famille-travail pourrait éventuellement être soutenue financièrement par la société plutôt que de reposer uniquement sur les épaules des employeurs. Bernard Landry, lui, a clairement affirmé au Devoir, lors d'une entrevue accordée au début du mois de mars, que les entreprises, et non les contribuables, auraient à assumer des frais pour l'implantation de la conciliation famille-travail. Le premier ministre ne voit aucune contradiction entre ces deux positions. «C'est une cohésion totale. Peut-être qu'il y a eu des expressions vagues [qui ont été] employées, mais la cohésion, elle est totale», a affirmé le chef péquiste lors d'une conférence de presse tenue hier à Thetford Mines.
«J'ai parlé [hier] matin [à Pauline Marois], a-t-il ajouté. Et ce qu'elle dit et redit, c'est qu'elle a mis dans son budget 20 millions de dollars pour accompagner les petites entrepr0ises vers le statut global qui sera offert à tout le monde. Mais ce sont les parents qui feront le sacrifice nominal de 20 % de leur salaire [ils conserveraient toutefois leurs avantages sociaux, aux frais des entreprises] pour disposer de 20 % de temps de plus.»
Or, pour ajouter à la confusion, Bernard Landry a pourtant affirmé mardi qu'il pourrait mettre en place d'autres «accommodements» pour les PME et ainsi les «compenser» afin de leur permettre de respecter la loi-cadre qui prévoirait la semaine de quatre jours. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) évalue les coûts de la semaine de quatre jours à 300 millions de dollars par année, alors que le PQ l'évalue à 100 millions. Selon la FCEI, les coûts de remplacement des employés qui optent pour une réduction de 20 % de leur temps de travail sont sous-évalués par le gouvernement, ce à quoi M. Landry rétorque qu'il a «baissé l'impôt sur la taxe sur le capital des entreprises de un milliard de dollars».
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élection 2003
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Le cadre financier libéral oublie des pans importants
Robert Dutrisac Le Devoir - jeudi 10 avril 2003
De notre bureau de Québec - Déjà remis en question par le Conference Board of Canada, le cadre financier du Parti libéral du Québec a laissé de côté la note salée de l'équité salariale dans la fonction publique et la négociation des conventions collectives des employés de l'État.
C'est ce que Jean Charest a confirmé hier, en soulignant que, en dépit de ces omissions, le cadre financier des libéraux était suffisamment flexible pour absorber ces charges supplémentaires. «Le cadre financier est très souple. Il y a des marges de manoeuvre», a-t-il soutenu.
L'application de l'équité salariale dans la fonction publique, qui fait l'objet, entre le Conseil du trésor et les centrales syndicales, de discussions dont la conclusion est prévue pour juin, pourrait coûter de
240 millions à un milliard de dollars par année, selon les évaluations. De plus, les conventions collectives échoient en juin et les négociations pourraient débuter en décembre prochain. À titre d'illustration, une hausse des salaires de 2,5 % des employés de l'État représente un débours supplémentaire de 625 millions pour le gouvernement.
Jean Charest s'est engagé hier à respecter la Loi sur l'équité salariale et à négocier de bonne foi avec les employés de l'État. Il a souligné que les coûts de l'équité salariale ne pouvaient faire partie du cadre financier parce qu'ils ne sont pas connus.
Aux abords du Château Frontenac où M. Charest a pris la parole hier, des syndiqués du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ont manifesté. Le syndicat craint que les employés de l'État fassent les frais des baisses d'impôt de cinq milliards promises par les libéraux. «Le cadre financier du Parti libéral fait état de milliards en promesses et nous, on pense que ces promesses-là vont se faire sur le dos des travailleurs et des travailleuses», a dit Paul Pelletier, du SFPQ.
L'économiste du Conference Board chargé des prévisions pour le Québec, Mathieu Lalonde, estime que le cadre financier du PLQ, qui allie les baisses d'impôt à un réinvestissement en santé, conduit le Québec à renouer avec les déficits. Mais Jean Charest affirme qu'il n'est pas question de rompre avec l'équilibre budgétaire. «Il n'est pas question non plus de reculer devant les baisses d'impôt alors qu'on est les contribuables les plus taxés en Amérique du Nord», a-t-il dit.
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élection 2003
| au Directeur général des élections du Québec (DGE)
Plainte contre GESCA
Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale /
Journal Le Québécois VIGILE TRIBUNE LIBRE - jeudi 10 avril 2003
Objet: Plainte au Directeur général des élections
Québec, le 10 avril 2003 - La Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale (SNQC), de même que l’équipe en charge du journal Le Québécois - journal qui est édité par ladite société- désirent rendre publique la plainte qu’elles ont déposée contre le groupe médiatique Gesca (La Presse (Montréal), Le Soleil (Québec), Le Droit (Ottawa), Le Quotidien (Saguenay), La Tribune (Sherbrooke), La Voix de l'est (Granby) et Le Nouvelliste (Trois-Rivières)), plainte adressée au Directeur général des élections du Québec (DGE).
La motivation à la base d’un tel geste origine d’une plainte que le Parti libéral du Québec (PLQ) a déposée la semaine dernière contre la SNQC et contre le journal Le Québécois, et ce, parce que ce dernier journal prend position dans la présente campagne électorale pour le Parti québécois de Bernard Landry.
«Nous considérons qu’il est tout à fait aberrant qu’un parti politique tel que le PLQ puisse s’insurger du fait que les souverainistes de la SNQC produisent un journal tiré à 23 500 exemplaires et qui se porte à la défense du seul parti promouvant l’idéal souverainiste, alors que le PLQ jouit lui-même, depuis de nombreuses années, d’une importante couverture médiatique à son endroit qui est, et c’est là euphémisme, complaisante», a déclaré à ce sujet Marc Dean, président de la SNQC.
«Le phénomène de la concentration de la presse désavantage fortement le mouvement souverainiste, de même que son principal véhicule politique, soit le Parti québécois. Le fait qu’il existe un journal tel que Le Québécois, journal qui respecte la Loi électorale et ne viole ainsi pas l’héritage de René Lévesque comme l’affirment les libéraux ne fait que rééquilibrer un tant soit peu le monde des médias au Québec, monde qui se caractérise par la prédominance écrasante des points de vue fédéralistes et néo-libéraux», a renchéri à ce sujet le rédacteur en chef du journal Le Québécois, Patrick Bourgeois.
En guise d’exemples d’attaques contre le mouvement souverainiste, attaques diffusées abondamment par Gesca, citons le cas du Soleil et de son président et éditeur, Alain Dubuc. Assurément, M. Dubuc, dans le texte qu’il a produit le 10 avril dernier, semble contrevenir à la loi électorale en défavorisant les candidats du Parti québécois et de l’Action démocratique du Québec, et ce, au profit du PLQ de Jean Charest. C’est ce qui semble ressortir du passage suivant: «Personne ne sera donc étonné du fait que la persistance de ce débat et la promesse d'un référendum sur la souveraineté dans les années qui viennent nous forcent, comme bien des Québécois, à ne pas souhaiter une réélection du Parti québécois». Ou encore ce passage suivant: «Mais d'autres facteurs nous mènent à estimer que le Parti libéral formerait le gouvernement qui servirait le mieux le Québec».
Et si les idées ne peuvent être attaquées par les chantres du fédéralisme que l’on retrouve, de ci, de là, dans les médias québécois, on se rabat alors sur des détails tels que l’âge de Bernard Landry: «Quel pourcentage réel de chances les Québécois ont-ils que Bernard Landry, s'il est réélu le 14 avril, à 66 ans, complète le prochain mandat ? M. Landry ne prendrait alors une retraite qu'à 70 ans, ce qui n'est rien d'exceptionnel pour des politiciens en Europe mais hors normes chez nous. Le sujet est totalement occulté depuis le début de la campagne électorale. Par pruderie sans doute, la question n'est jamais posée au premier ministre par les médias ou les chefs des autres partis. Elle est toutefois fort pertinente par rapport à la vie démocratique, à la stabilité que les citoyens sont en droit d'attendre du gouvernement qu'ils élisent et à la suite des expériences vécues depuis deux décennies», c’est en effet ce que soulignait Jean-Jacques Samson dans Le Soleil du 3 avril dernier.
À ce chapitre, La Presse, avec son journaliste vedette André Pratte, n’est certes pas en reste. «Les libéraux ont eu le courage d'appuyer leur plan d'action sur un cadre financier rigoureux, relativement prudent, produit pour cinq ans. Lorsque les journalistes ont demandé au premier ministre, Bernard Landry, s'il pouvait faire de même, il a répondu que "le budget de chaque année donnera tous les détails", ce qui n'est évidemment qu'une manière d'éluder la question», garantissait M. Pratte dans l’édition de La Presse du 8 avril dernier.
À la lumière des quelques exemples que nous rapportons ici et qui auraient pu être légion dans un contexte autre qu’un communiqué de presse, nous affirmons que Le Québécois, en produisant son 4e numéro de l’année, année qui compte 5 numéros, n’a en rien violé l’héritage de René Lévesque. Au contraire. L’ancien chef du PQ croyait fermement en la démocratie et, pour qu’il y ait démocratie dans le contexte actuel québécois, il est clair que les 2 000 000 de citoyens souverainistes doivent faire valoir beaucoup plus efficacement leur point de vue. Par conséquent, si le PLQ était autant attaché qu’il le dit à l’héritage de René Lévesque, il encouragerait la presse alternative dont fait partie Le Québécois et demanderait à Gesca de s’en tenir à ce qui devrait être son rôle premier: celui d’informer efficacement la population québécoise. D’autant plus que connaissant les liens intimes entre le PLQ et le PLC (l’ingérence des députés libéraux fédéraux dans cette campagne en témoigne) et les liens directs entre le PLC et la famille Desmarais-Chrétien, les libéraux québécois n’ont certes pas de leçons de démocratie à donner au mouvement souverainiste.
La SNQC, de même que le Journal Le Québécois, demandent donc au DGE que celui-ci intervienne afin que les journalistes de Gesca cessent immédiatement leurs sorties énergiques en faveur du PLQ de Jean Charest ou, à défaut, que les parutions de Gesca soient comptabilisées dans les dépenses électorales du Parti libéral du Québec.
Sources:
Marc Dean
Président
Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale
418-640-0799
Patrick Bourgeois
Rédacteur en chef
Journal Le Québécois
418-655-9364
p_bourgeois@sympatico.ca
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élection 2003
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Les libéraux et le rouge bâillon
Patrick Bourgeois et al. VIGILE TRIBUNE LIBRE - jeudi 10 avril 2003
La semaine dernière, le Parti libéral du Québec (PLQ) a émis un communiqué qui s’est retrouvé sur le fil de presse CNW telbec par l’entremise duquel le président dudit parti, Me Marc-André Blanchard, demandait énergiquement au directeur général des élections, M. Marcel Blanchet, de bloquer la distribution du journal LE QUEBECOIS et de faire en sorte que les dépenses encourues pour produire ledit journal soit comptabilisées dans les dépenses électorales du Parti québécois.
Évidemment, l’équipe du QUEBECOIS, qui a produit un 2e numéro annuel (numéro avril-mai 2003) se caractérisant par un appui sans équivoque au seul parti politique en lice décidé à promouvoir un modèle sociétal indépendant politiquement et de type social-démocrate, soit le Parti québécois, trouve tout à fait aberrante l’attitude des libéraux. Et ce, tout simplement parce que nous considérons que le parti de Jean Charest jouit depuis des décennies d’un traitement médiatique complaisant, ce qui est très certainement là euphémisme. Que sont en effet nos quelques milliers de copies véhiculant un point de vue souverainiste en comparaison aux millions d’exemplaires fédéralistes qui aspergèrent le peuple québécois tout au long de cette campagne électorale?
Nous, du QUEBECOIS, nous considérons que, loin de violer l’héritage démocratique de René Lévesque en publiant 24 000 copies d’un journal appuyant le PQ comme le prétendent fallacieusement les libéraux, nous contribuons en fait à la vitalité démocratique de la société québécoise. En effet, il est tout à fait malsain que le phénomène de la concentration de la presse permette au groupe Gesca (La Presse (Montréal), Le Soleil (Québec), Le Droit (Ottawa), Le Quotidien (Saguenay), La Tribune (Sherbrooke), La Voix de l'est (Granby) et Le Nouvelliste (Trois-Rivières) de modeler très efficacement l’opinion publique du Québec. À sa guise, ce groupe médiatique diffuse largement des points de vue néo-libéraux et fédéralistes qui pénètrent toutes les régions du Québec.
Et bien qu’Alain Dubuc, le président et éditeur du Soleil, ait prétendu le 10 avril dernier dans un article invitant les Québécois à voter pour le PLQ que : « Les lecteurs du Soleil, comme l'ensemble des Québécois, sont des citoyens qui pensent par eux-mêmes et qui ne souhaitent certainement pas que l'on tente d'une façon ou d'une autre de dicter leurs gestes », il n’en demeure pas moins qu’une telle affirmation est en vérité tout à fait fausse et ne représente nullement la mission que se donne le groupe Gesca. En vérité, les journalistes fédéralistes de ce groupe médiatique ont une influence prépondérante au Québec. L’épisode du débat des chefs illustre admirablement bien cette dernière affirmation. Bien que la performance de Bernard Landry ait été tout à fait satisfaisante, nous permettant même de parler d’un match nul avec Jean Charest, il n’en demeure pas moins que les médias fédéralistes -principalement les journaux de Gesca- ont transformé cette noble performance péquiste en cuisante défaite. Traitement médiatique qui s’est traduit dans les faits par un renversement des intentions de vote dans les sondages, faisant ainsi passer le PQ au second rang. Cet impact des médias devra assurément être considéré le soir du 14 avril prochain lorsque l’on connaîtra le parti politique appelé à former le prochain gouvernement.
En tenant compte de cela, nous croyons que le fait que le modeste journal LE QUÉBÉCOIS soit distribué dans le présent contexte électoral contribue en fait à rééquilibrer un tant soit peu le monde des médias au Québec et ce, en accordant enfin la parole au mouvement souverainiste. Nous soutenons qu’il est tout à fait normal que les 2 000 000 de Québécois qui seraient prêts à voter OUI demain matin aient eux aussi la possibilité de s’exprimer, de posséder des médias qui prennent position pour eux.
Par conséquent, nous, du QUÉBÉCOIS, nous trouvons tout à fait déplorable que le Parti libéral du Québec tente, et ce, par des moyens aussi retors que celui d’en appeler au DGE, de maintenir en place le rouge bâillon qui est appliqué aux souverainistes depuis trop longtemps. Si Me Blanchard, ainsi que les libéraux, étaient si attachés à l’héritage démocratique de René Lévesque, ils encourageraient les jeunes artisans du QUÉBÉCOIS à poursuivre leur travail au lieu de contribuer à leur censure. Si les libéraux étaient réellement démocrates, ils demanderaient au groupe Gesca de s’en tenir à ce qui devrait être sa mission première : informer efficacement les Québécois. Si les libéraux étaient réellement démocrates, ils accepteraient que les souverainistes fassent eux aussi valoir leurs idées. Mais évidemment, en démagogues et en autocrates qu’ils sont, les libéraux préfèrent conserver le contrôle sur nos instruments d’information. Eux, ils ont compris que la partie décisive quant au statut national du Québec serait remportée par le camp qui aurait le plus efficacement diffusé ses idées. D’où l’importance que le rouge bâillon soit maintenu sur la bouche des souverainistes... D’où l’importance pour eux que LE QUÉBÉCOIS cesse ses opérations...
Pierre-Luc Bégin
Patrick Bourgeois
Janie Bourgeois
Mélanie Ross
Journal Le Québécois
418-655-9364
www.snqc.qc.ca/lequebecois
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élection 2003
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Grâce à la clarté des programmes, le résultat sera significatif
Jean-Paul Gagné Les Affaires - Actualité et analyse, samedi 12 avril 2003
Éditorial - Le résultat des élections du 14 avril devrait être très significatif, car les programmes électoraux mis de l'avant par les partis sont clairs et leurs chefs ont été transparents. Les électeurs qui ont suivi la campagne et le débat des chefs devraient donc savoir pour qui voter. Comment expliquer qu'il y ait encore des indécis ?
Le chef du Parti québécois (PQ), Bernard Landry, a été clair sur le premier objectif de son parti, l'accession du Québec à la souveraineté. M. Landry a en effet promis de travailler de toutes ses forces à la tenue d'un référendum gagnant le plus rapidement possible. Advenant une victoire du oui, il transformera la province en république (dont il rêve de devenir président) qui, espère-t-il aussi, serait signataire de l'accord de la Zone de libre-échange des Amériques. Le hic, c'est que l'on ne sait pas sur quoi les citoyens seront appelés à voter : une "union confédérale à l'européenne", comme le répète M. Landry ? Mais qu'en comprendront les citoyens, puisqu'une union à deux ne peut ressembler à une union à 15, dans laquelle aucun membre ne domine, contrairement au Canada, où le Québec ne représente que le quart de la population et de l'économie canadienne ?
Les électeurs qui favorisent la social démocratie et l'interventionnisme de l'État dans dans plusieurs domaines ont avec le PQ une formation clairement identifiée à ces approches. Pour favoriser la conciliation famille-travail, le PQ propose plusieurs mesures sociales coûteuses pour les entreprises et qui accroîtront la bureaucratie nécessaire à leur gestion.
Sur le plan de l'interventionnisme économique, le PQ a une solide réputation en la matière comme l'indiquent ses politiques du travail, qui grignotent lentement mais sûrement la liberté d'action des entrepreneurs et des gestionnaires (assujettissement de la machinerie de production à la loi sur la construction, qui interdit tout travail non syndiqué dans cette industrie, ajouts récents et à venir d'autres normes du travail, présence de plus en plus imposante des sociétés d'État dans le capital des entreprises et subventionnement massif des projets d'investissement). Selon un récent reportage du journaliste Michel Morin, de Radio-Canada, le Québec donne plus de subventions, crédits d'impôt et congés de taxe aux entreprises que les autres provinces réunies.
Pour avoir une idée des excès à cet égard, il faut lire le texte de Marcel Côté dans la page voisine sur l'ampleur des subventions accordées à la plus importante multinationale de l'aluminium au monde. Il y a quelques jours, Alcoa expliquait qu'elle produisait de l'aluminium au coût de 882 $ US la tonne au Québec, alors qu'il lui en coûte 1 323 $ US dans une usine américaine. On a ridiculisé Duplessis qui vendu le fer de la Côte-Nord à 0,01 $ la tonne en redevances. Hydro-Québec paiera 0,03 $ par kWh d'électricité qu'Alcoa utilisera.
Pourquoi diable subventionne-t-on autant, alors que le Québec ne reçoit bon an mal an que 18 % des immobilisations réalisées dans l'ensemble du Canada, comparativement à une part de 24 % de la population du pays ? Serait-ce que l'on soit trop désavantageux (on a les lois du travail les plus contraignantes en Amérique du Nord) ou trop risqué à d'autres égards ? La logique du gouvernement semble être d'en donner toujours un peu plus aux syndicats pour acheter des votes et un peu plus aussi aux entreprises pour obtenir des investissements. Jusqu'où faudra-t-il aller ?
Pour les électeurs ayant soif de changement, l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont est le parti qui en offre définitivement le plus : introduction du privé dans la santé, bons d'éducation pour donner un choix d'école aux parents, réduction du rôle et de l'effectif de l'État, décentralisation de la gestion gouvernementale, remboursement accéléré de la dette publique, etc. L'ADQ ayant peu de chance de prendre le pouvoir, des électeurs pourraient être tentés de voter stratégiquement pour le Parti libéral, qui offre aussi du changement, mais dans une moindre mesure.
Le parti dirigé par Jean Charest s'affiche sans équivoque comme fédéraliste, mise surtout sur la santé (première priorité) et l'éducation et entend geler les autres dépenses du gouvernement. Il propose de réduire l'impôt personnel (1 G$ par année pendant cinq ans), d'abolir la taxe sur le capital pour les PME en cinq ans, de débureaucratiser, de favoriser la sous-traitance pour les PME et de présenter une loi cadre sur les défusions municipales.
Outre la question de la souveraineté, les électeurs ont un choix réel entre trois approches de gestion de l'État. C'est pourquoi la décision qu'ils prendront le 14 avril sera cruciale et devrait pouvoir être interprétée clairement.
jean-paul.gagne@transcontinental.ca Éditeur
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élection 2003
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Sovereigntists close ranks before vote Hard-line groups ask supporters to vote for Parti Québécois despite differences
RhéAl SéGuin The Globe and Mail Thursday, April 10, 2003
Quebec PQ - Dissident voices in the sovereignty movement are closing ranks, calling on supporters to set aside their differences and vote for the Parti Québécois in Monday's Quebec election.
Their support could make the difference between victory and defeat for the PQ in a number of hotly contested ridings.
Earlier this month, the Rassemblement pour l'Indépendence du Québec criticized a proposal by Premier Bernard Landry for a new Canadian confederation in which Quebec would be recognized as a nation.
According to the hard-line sovereigntist group, Mr. Landry's so-called "confederal union" amounts to nothing less than a new form of Canadian federalism and a poor attempt at soft-pedalling sovereignty.
This week Mr. Landry said that if re-elected, he will hold a referendum if he has the slightest chance of winning it. If the referendum endorses sovereignty, he will move quickly to proclaim Quebec an "independent republic."
"These are clear statements that differ from the confederal union project. Consequently, the Rassemblement pour l'Indépendence du Québec invites all supporters of independence to vote for a Parti Québécois candidate because the party president committed himself publicly to promote independence and to set up a republican regime," the group said in a press release yesterday.
The nationalist Mouvement National des Québécois also noted the need for the PQ to seek a mandate for sovereignty. "A Parti Québécois mandate must be a mandate that sets sovereignty as its target through political acts," MNQ president Chantale Turcot wrote this week.
Mr. Landry has not formally abandoned his proposal for a confederal union and has yet to make a formal commitment on holding a referendum. During an open-line radio show, he sided with the position of his predecessor, Lucien Bouchard, saying "winning conditions" are necessary before a referendum.
"Winning conditions" wasn't a bad expression, Mr. Landry said. "It is based on what are objective conditions. In my case, I have said that never again will there be a losing referendum and that I will not hold one unless I have the moral assurance of winning it."
Mr. Landry welcomed the support of dissidents, saying he is prepared to debate the idea of a confederal union with other groups in the sovereignty movement. "They are like Jean Charest; they are evolving in the right direction. I am very happy about it," Mr. Landry said yesterday.
He was referring to Liberal Leader Jean Charest's decision earlier in the day that if elected, he would support the PQ proposal for a four-day workweek.
"We would be open to the proposals made to us on this issue. We can study them. We will adopt a serious approach. But we don't want to create expectations on which we would not be able to deliver," Mr. Charest said while campaigning in Quebec City yesterday.
Asked if he himself would introduce a four-day workweek, Mr. Charest said he "will be open to all suggestions. We will look at it seriously."
Mr. Landry said earlier Liberal charges that the PQ proposal was a "last-minute improvisation to buy votes" were unfounded.
"Imitation is the most sincere form of compliment," he said. "But when a party that aspires to govern Quebec could not foresee the most important contemporary problem such as our low birthrate and reconciling work and family, it shows that they aren't ready to govern."
The PQ campaign has slowed. Mr. Landry concentrates on one-on-one television and radio interviews, where he appears more at ease talking about his leisure time and sex life than tackling hard issues with reporters.
Strategists planned fewer news conferences yesterday, and reporters were barred from meetings between Mr. Landry and the local press in a bid to control the Premier's message tightly in the final days of the campaign.
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élection 2003
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Des libéraux contre... Charest Au moins trois organisateurs du PLC appuient le candidat adéquiste de Sherbrooke
Vincent Marissal La Presse - jeudi 10 avril 2003
Élections 2003 - S'il est vrai, comme l'affirme Bernard Landry, que Jean Charest sera redevable aux libéraux fédéraux s'il remporte les élections lundi, ce ne sera certainement pas le cas dans sa propre circonscription.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les relations entre le chef du PLQ et les dirigeants libéraux fédéraux de Sherbrooke n'ont rien de fraternel. Au moins trois organisateurs libéraux fédéraux de la circonscription travaillent pour le candidat adéquiste Peter Downey dans la présente campagne.
L'adéquiste, selon un récent sondage dans Sherbrooke, ne gagnera pas, mais il pourrait gruger suffisamment de votes dans la faible majorité de Jean Charest (900 en 1998) pour permettre à la péquiste Marie Malavoy de remporter la victoire. Un sondage CROP-La Tribune publié la semaine dernière accorde 44 % des intentions de vote à Jean Charets, 42 % à Marie Malavoy et 14 % à Peter Downey.
La grande famille libérale de la circonscription souffre de profonds déchirements qui datent de l'époque, dans certains cas, où M. Charest régnait sur Sherbrooke comme député conservateur.
Le président de l'association libérale fédérale, Marc Proteau, une figure connue dans le coin, milite en effet activement pour Peter Downey.
Robert Pouliot, conseiller municipal de l'arrondissement d'Ascot dans la nouvelle grande ville de Sherbrooke et ancien candidat libéral fédéral à l'élection complémentaire de septembre 1998, s'est lui aussi joint à l'équipe Downey.
Autre libéral fédéral à appuyer le candidat adéquiste dans Sherbrooke, Clément Fortier, qui était organisateur de Jean-François Rouleau, candidat libéral aux élections fédérales générales de novembre 2000. M. Rouleau, qui est le cousin de Jean Charest, avait mordu la poussière contre le bloquiste Serge Cardin. Il est officiellement neutre dans la présente campagne.
Ajoutez aux malheurs de Jean Charest le nom de Jean Perreault, maire de Sherbrooke. Grand ami et supporter inconditionnel de Jean Charest depuis des années. M. Perreault a joint sa voix en début de campagne à celle des maires des grandes villes fusionnées dénonçant le projet des libéraux de permettre les défusions s'ils prennent le pouvoir.
Dans sa campagne, Peter Downey ne se gêne pas pour dire que l'appui des organisateurs libéraux fédéraux à l'ADQ démontre que Jean Charest est incapable de jouer les rassembleurs, y compris dans sa propre famille politique de son patelin.
"Certains libéraux fédéraux sont avec moi parce qu'ils n'ont pas pris que Jean Charest rejette leur offre d'aide en début de campagne, dit-il. Ils ont alors décidé de travailler avec quelqu'un qui fait de la place à tout le monde dans son équipe."
Le chef libéral minimise les divisions au sein de la famille libérale. "Ces gens-là n'étaient pas très actifs chez nous de toute façon", a-t-il dit il y a quelques jours à La Presse.
Ils sont actifs, pour la plupart, dans le camp de Paul Martin sur la scène libérale, ce qui promet quelques tensions dans les prochains mois si Jean Charest devient premier ministre et que Paul Martin remplace, comme on peut s'y attendre, Jean Chrétien. Il y aura vraisemblablement un peu de raccommodage à faire dans la circonscription au cours des prochains mois.
La situation inquiète à Ottawa et des proches de Jean Chrétien suivent de près le déroulement de la campagne dans Sherbrooke.
Le week-end dernier, l'entrée en scène de certains députés fédéraux dans la campagne provinciale l'a embarrassé. Ceux qui devraient rester discrets nuisent donc en s'agitant sur la place publique et les autres, qui devraient travailler pour lui dans Sherbrooke, ont choisi un autre camp.
Plus de cinq ans après son arrivée au Québec, l'arrimage reste difficile entre Jean Charest, ex-chef conservateur, et les libéraux fédéraux.
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élection 2003
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Landry convoite l'argent du programme fédéral sur les jeunes contrevenants
Mario Cloutier La Presse jeudi 10 avril 2003
Élections 2003 - Thetford Mines - Bernard Landry pourrait récupérer près de 200 millions du gouvernement fédéral destinés aux programmes d'aide aux jeunes contrevenants. Jusqu'à maintenant, Québec avait levé le nez sur cette somme en vertu de son opposition à la loi fédérale en cette matière.
M. Landry affirme avoir refusé l'argent d'Ottawa jusqu'ici "au nom des jeunes délinquants du Québec". Son gouvernement, dit-il, rejette l'esprit et la lettre de la loi fédérale sur les jeunes contrevenants et ne voulait pas l'appuyer d'une façon ou d'une autre en acceptant des fonds fédéraux.
Dans le quotidien montréalais The Gazette d'hier, le ministre québécois Jean-Pierre Charbonneau expliquait qu'il était hors de question "de nous prostituer chaque fois et d'accepter de l'argent fédéral en renonçant à nos principes".
Opposé à la loi fédérale C-7 sur le système de justice pénale pour adolescents, qu'il trouve trop sévère envers les jeunes, le gouvernement québécois a contesté sa constitutionnalité. La semaine dernière, la Cour d'appel a débouté le Québec tout en reconnaissant que certains éléments de la loi portaient "atteinte à la liberté et à la sécurité psychologique des adolescents".
Hier, toutefois, Bernard Landry a annoncé qu'il n'interjettera pas appel. Considérant que la Cour a donné raison au ministère québécois de la Justice "sur à peu près l'essentiel", il a ajouté qu'après analyse de ce jugement et des besoins du Québec, son gouvernement pourrait récupérer 191 millions de dollars. "S'il y a lieu, on le fera", a-t-il fait laconique.
Cette somme est destinée par le gouvernement fédéral aux programmes d'aide communautaire pour les jeunes. En cette matière, le Québec se dit fier d'offrir plus que toute autre province canadienne. Le Québec, répète M. Landry, se dans ce domaine trouve à des années lumière devant le reste du Canada.
À ceux qui se demandent si le Québec a les moyens de refuser de l'argent d'Ottawa, M. Landry a répondu: "Est-ce que le Québec a les moyens de retourner 25 ans en arrière pour traiter des enfants qui ont été délinquants?"
Haro sur le cadre financier libéral
Sur le même ton, le chef du PQ a enterré hier le cadre financier du Parti libéral. Une série de mesures annoncées durant la campagne, dont des transferts aux villes de 2,5 milliards en cinq ans et l'abolition de la taxe sur le capital, 2 milliards en cinq ans, "ont tué" finalement le cadre financier des libéraux, selon lui. Citant un spécialiste du Conference Board, M. Landry a suggéré que ce cadre financier "conduirait le gouvernement tout droit vers des déficits".
Également en matinée à Thetford Mines, M. Landry a annoncé qu'il présidera un comité de relance de l'amiante en raison des difficultés de l'usine Magnola de Danville et de la fermeture de la Mine Jeffrey d'Asbestos.
"Je vais faire pour la région de l'Amiante ce que j'ai fait pour la Gaspésie. Nous réussirons à faire renaître un bon espoir dans la région", a-t-il soutenu.
Sans préciser quelles sommes seraient en jeu, le premier ministre a mentionné qu'il pourrait se servir des fonds de diversification des régions et de création d'emplois. Québec fera preuve de souplesse fiscale envers la région, ajoute-t-il, afin d'encourager des secteurs porteurs comme l'oléochimie, l'acier et le tourisme.
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élection 2003
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Le gaspillage de grands talents
Michel Vastel Le Soleil jeudi 10 avril 2003
Élections 2003 - La facture de téléphone de Pauline Marois dut être très élevée en février, alors qu'elle assistait au Forum économique mondial de Davos en Suisse. C'est de là en effet qu'elle appela Camil Bouchard pour le convaincre de défendre les couleurs du Parti québécois dans la circonscription de Vachon. Et c'est de là aussi qu'elle appela le docteur Joëlle Lescop pour lui offrir, à elle aussi, une candidature du Parti québécois !
L'ironie veut que ces deux candidats, qui avaient assez de talent pour attirer l'attention du recruteur en chef du gouvernement, se retrouvent maintenant face à face - Bouchard avec le PQ et Lescop avec l'ADQ. C'est l'histoire classique du gaspillage de talent auquel toutes les campagnes électorales mènent inévitablement. L'histoire aussi de deux grands et beaux esprits que la politique risque de "lobotomiser"...
L'un psychologue, l'autre pédiatre, ils ont oeuvré dans les mêmes réseaux d'influence. Et la politique les inquiète.
"Je ne sais pas si j'aurai plus d'influence comme député que comme chercheur", s'inquiète Camil Bouchard. Il a fait le saut en réaction à ce qu'il percevait comme une dangereuse montée de la droite, et pour donner de la crédibilité aux politiques sociales d'un gouvernement qui en avait besoin à ce moment-là : "Ma première motivation fut d'envoyer le signal que ce gouvernement était sérieux."
Quand Joëlle Lescop a été contactée par Pauline Marois, elle s'était déjà engagée avec l'Action démocratique. De l'influence, elle espérait en avoir puisqu'elle se voyait ministre. "Au moment où j'ai été recrutée, dit-elle, l'ADQ était assez haut dans les sondages et c'était une possibilité que le parti forme le gouvernement", reconnaît-elle.. Elle admet maintenant que son influence se limitera à celle de député d'un tiers parti ou de l'opposition officielle... "Mais si on ne se risque pas à être député, donc si on n'est pas candidat, on ne pourra jamais explorer aucune de ces trois possibilités-là !"
L'un et l'autre auront donc été recrutés pour donner de la crédibilité au programme de leur parti. Ils auraient tout aussi bien pu le faire - elle comme fondatrice du département de médecine familiale à l'Université de Montréal ou Secrétaire générale du Collège des médecins du Québec, et lui comme chercheur et président de Groupes de travail. Ni l'un ni l'autre n'avait besoin de ce travail de député, voire de ministre. Ils ne sont même pas assurés de l'exercer puisque l'un des deux, ou les deux, sera battu.
"Mon influence dépendra beaucoup du poste et des dossiers qui me seront confiés et je n'ai pas de garanties là-dessus. C'est un risque, admet Camil Bouchard. J'ai vraiment pris un risque ! Mais à 57 ans, je ne vais pas à Québec pour faire une carrière politique."
L'universitaire perdra surtout son indépendance d'esprit et "c'est un gros prix à payer(...). Dans le parti et dans le gouvernement, ajoute-t-il, les gens vont avoir l'heure juste quand je vais m'exprimer !"
Tout en assurant qu'il sait bien choisir ses batailles, Bouchard ajoute, presque sur le ton de la menace : "Si le gouvernement décidait de renoncer à la lutte à la pauvreté, ce serait une bataille fondamentale..."
Normalement, c'est Camil Bouchard qui devrait l'emporter lundi soir. Mais une petite virée sur la rue Adélaïde à Saint-Hubert avec Joëlle Lescop m'a un peu surpris. Le ras-le-bol s'exprime là comme ailleurs. "Assez de niaisages, le changement fera du bien", dit un électeur. "On est tannés de se faire piquer de l'argent directement dans notre poche", ajouta une autre. Certains trouvaient que la candidate "ressemble donc à sa mère !" (Marguerite Lescop, auteure du best-seller Le tour de ma vie en 80 ans)
Et d'autres aiment tellement Mario qu'il "faut l'essayer !" Joëlle Lescop aussi l'aime bien, son chef : "Un homme impressionnant, mûr et droit." Quand elle a dit cela à sa fille de 26 ans d'ailleurs, celle-ci s'est esclaffée : "Mais voyons maman, tu pourrais être sa mère !"
Mais il faut se rendre à l'évidence, l'ADQ manque de bras dans la circonscription de Vachon comme ailleurs au Québec. Joëlle Lescop ne compte donc que sur la petite notoriété que lui a apportée son rôle de porte-parole du parti en matière de santé publique. Si elle devait réunir un grand nombre de voix, elle pourrait réduire considérablement la majorité de Camil Bouchard, voire le faire battre par Brigitte Mercier, la seule candidate qui travaille dans sa circonscription, au CLSC de Saint-Hubert.
Joëlle Lescop la trouverait encore moins drôle que de se faire battre elle-même. Elle a en effet "beaucoup d'estime" pour son adversaire péquiste. "C'est un bon chercheur, ajoute-t-elle, mais un utopiste : il a fait de beaux rapports et son parti les a mis sur des tablettes."
Que Bernard Landry se le dise : "Bouchard est ministrable", estime la candidate vedette de l'ADQ. "Et moi aussi !" s'empresse-t-elle d'ajouter. Et cachant à peine ses préférences, sans doute représentative de la majorité des militants adéquistes, elle conclut que "si aucun de nous deux n'est élu, la société perdra quelque chose..."
Vachon illustre ainsi le dilemme de toutes ces élections sans appel, et sans repêchage à la proportionnelle : la moitié des talents recrutés par les partis seront gaspillés. Et l'ADQ, qui a eu la main particulièrement heureuse pour son recrutement de l'automne dernier, alors que les sondages lui étaient favorables, aura ainsi "brûlé" bien des candidats de valeur !
MVastel@lesoleil.com
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élection 2003
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Une plate-forme régionale du PLQ : Charest promet une grande fonction publique pour 2008
Éric Moreault Le Soleil jeudi 10 avril 2003
Élections 2003 - À cinq jours des élections, le Parti libéral a finalement dévoilé sa plate-forme régionale pour la capitale : Jean Charest veut faire du gouvernement du Québec "le plus moderne du continent pour 2008". Celui-ci prendrait la forme d'un gouvernement "en ligne" en tout temps pour dispenser les services requis à la population.
Si son parti est porté au pouvoir, le chef du PLQ veut profiter d'une "conjoncture exceptionnelle" pour moderniser la fonction publique, soit l'émergence des nouvelles technologies et le départ à la retraite de 40 % de l'effectif d'ici 10 ans. "Les États qui réussissent sont ceux qui comptent sur une fonction publique moderne et motivée."
Un gouvernement libéral en profiterait pour revoir l'ensemble des programmes du gouvernement. Dans sa forme actuelle, M. Charest estime que "les bénéfices de la croissance sont absorbés par l'État" plutôt que redistribués à la population.
Pour ce faire, M. Charest croit que le gouvernement aurait avantage, dans ses relations avec les citoyens, à profiter d'Internet. Ils pourront "communiquer avec le gouvernement 24 heures sur 24, sept jours sur sept" par un accès facile et la possibilité de réaliser des transactions en ligne, comme le renouvellement de son permis de conduire, par exemple.
Pour y arriver, toutefois, il faudra s'assurer qu'il y ait des "accès haute vitesse à la grandeur du Québec".
Le chef du PLQ a cru bon préciser qu'il ne s'agissait pas d'une préoccupation qui obsède les Québécois chaque jour, mais qu'il est néanmoins convaincu qu'il s'agit d'un projet "mobilisateur" pour la fonction publique et la population. Le Québec pourrait ainsi développer une expertise "unique" et exportable.
Devant un auditoire acquis à sa cause hier midi, celui de la chambre de commerce de Québec, le discours de Jean Charest n'a pas provoqué de réaction d'enthousiasme spontané mais les applaudissements d'usage à la fin. Bernard Landry et Mario Dumont se sont également adressés aux gens d'affaires de la capitale plus tôt cette semaine.
En plus de cet engagement à moderniser la fonction publique, Jean Charest a répété qu'il comptait implanter à Québec un bureau de négociations sur le déséquilibre fiscal "dans les semaines suivant l'élection", un conseil de la fédération et un centre de la francophonie des Amériques.
En ce qui concerne la ville comme telle, Jean Charest a seulement mentionné qu'il comptait améliorer l'accessibilité ferroviaire et la desserte aérienne de Québec. Mais déjà en entrevue au SOLEIL samedi, M. Charest avait mentionné qu'il ne fallait pas s'attendre à des miracles pour la capitale.
Pour le Parti québécois, ce discours démontre que le PLQ n'a "aucun projet, aucune vision et aucune ambition pour la capitale nationale". Rosaire Bertrand, ministre délégué responsable de la région, prétend que "même les militants libéraux de la région doivent être déçus. Rien de ce qu'a livré Jean Charest ne répond aux préoccupations de notre région. On était en droit d'espérer plus de la part d'un parti qui aspire à gérer le Québec."
EMoreault@lesoleil.com
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élection 2003
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Un ex-grand Canadien-français...
Mylène Moisan Le Soleil jeudi 10 avril 2003
Élections 2003 - Montréal - C'est en marchant au pas cadencé dans l'armée canadienne, que Bernard Landry, le Canadien-français, est devenu le souverainiste qu'il est aujourd'hui.
"Quand je me suis enrôlé, j'étais un fier Canadien-français. C'est là où s'arrêtait le périmètre de notre nation. Et, à l'époque, les Canadiens-français n'étaient pas très bien traités dans l'armée. Ça a contribué à ma détermination à faire du Québec un État souverain", a-t-il dit hier matin en point de presse, rappelant que la moitié de l'équipe de René Lévesque était aussi passée par là.
Quant aux "sentiments que lui inspire le Canada", ils sont "assez généreux, fraternels et de différence". Le premier ministre, qui assure n'avoir "jamais eu aucun ressentiment contre le Canada", se définit comme "un patriote. Un patriote, c'est celui qui aime sa patrie sans mépriser ni détester celle des autres".
Il a d'ailleurs invité le Canada à adopter la même attitude. "Je voudrais que le Canada développe aussi vis-à-vis de nos aspirations nationales des sentiments du même ordre. Le Québec est une nation, le Canada en est une autre, égales toutes les deux. C'est ça mon projet."
Autres legs de son passé militaire, il a "fait de moi un homme opposé aux guerres et m'a donné la sorte d'anglais avec lequel je vous parle".
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