Élection 2003
| SONDAGE :
Les libéraux en avance : Le vent semble avoir tourné depuis le débat des chefs, constate la maison CROP
Denis Lessard
La Presse - vendredi 11 avril 2003
Élections 2003 - DEPUIS LE débat télévisé des trois chefs de parti, un revirement important est constaté dans l'opinion publique. Le Parti libéral est désormais en avance dans les intentions de vote et son chef, Jean Charest, est devenu celui en qui les Québécois ont le plus confiance pour diriger le Québec.
C'est ce que constate la maison CROP à la suite d'une enquête menée du 2 au 9 avril pour le compte de La Presse, du Soleil, et du Globe & Mail. Réalisé auprès de 1002 personnes, un tel sondage comporte une marge d'erreur de 3 points de pourcentage 19 fois sur 20.
Entrepris dans les heures suivant le débat des chefs, ce dernier sondage montre une remontée très nette du PLQ, qui passe désormais clairement devant le PQ. Avant même répartition des 14 % d'indécis, le PLQ obtient 38 % des intentions de vote, une remontée de huit points depuis le précédent CROP, réalisé juste avant le débat.
À l'inverse, le PQ, qui se maintenait à 36 % avant l'affrontement, glisse subitement à 30 %, tandis que l'ADQ reste à 15 %.
Expliquant les résultats obtenus, les spécialistes de CROP, Alain Giguère et Claude Gauthier, estiment désormais "probable, si la tendance se maintient" une victoire libérale lundi prochain. Compte tenu de l'importance de ce sondage, le dernier de CROP avant le vote de lundi, tous les aspects de l'enquête ont été scrutés à la loupe, explique M. Giguère affirmant avoir une foi "apostolique" dans ces résultats.
Volonté de changement
Pour les analystes, la volonté de changement constatée, bien davantage que la satisfaction à l'endroit du gouvernement, qui ne bronche pas, explique la tendance qu'on observe aujourd'hui. Surtout, par sa bonne performance au débat, Jean Charest a récupéré les appuis des anciens adéquistes qui tiennent à un changement de gouvernement, mais qui doutaient des qualités du chef libéral, explique M. Gauthier.
En répartissant les indécis selon leur intention de vote référendaire et leur désir de changement, CROP estime que le PLQ a actuellement l'appui de 46 % des Québécois contre 33 % au PQ et 17 % à l'ADQ, un écart qui, si on se fie aux élections précédentes, lui fournirait une nette majorité à l'Assemblée nationale.
Non seulement M. Charest a-t-il remporté le débat, mais c'est aussi lui qui a fait la meilleure campagne, de l'avis général. Ainsi, 42 % des gens estiment que c'est lui qui "a fait la meilleure campagne jusqu'à maintenant", tandis que 24 % donnent la palme à Bernard Landry et seulement 8 % optent pour Mario Dumont.
Changement important, les Québécois choisissent désormais Jean Charest quand on leur demande en quel chef ils ont le plus confiance pour diriger le Québec. Le chef libéral prend neuf points à 34 %, de loin son meilleur score depuis un an, tandis que Bernard Landry en perd autant, à 32 %. Il faut remonter à février 2002 pour retrouver M. Charest en avance sur Bernard Landry à ce chapitre. Mario Dumont paraît avoir terminé sa longue descente aux enfers, à 11 %, un point de moins seulement qu'il y a deux semaines.
Curieusement, la satisfaction à l'endroit du gouvernement reste très élevée, à 51 %, bien que le gros de ce contingent se trouve chez les "plutôt satisfaits". En 1998, le gouvernement Bouchard était au même niveau. Plus important, insistent MM. Gauthier et Giguère, la volonté de changement des Québécois ne se dément pas. Ainsi 50 % des gens voulaient "changer de gouvernement" dans une enquête à la mi-mars; ils étaient 52 % à la fin mars et sont désormais 57 %.
Autre élément confirmant que le vent a tourné, 38 % des gens pensent désormais que le PLQ va l'emporter, un bond par rapport aux 23 % d'il y a deux semaines. Inversement, les gens qui croient que le PQ décrochera un troisième mandat consécutif sont passés de 52 à 41 % durant la même période.
Francophones
Avant répartition des indécis, seulement cinq points séparent le PQ et le PLQ dans les intentions de vote des francophones, 35 % contre 30 %, et 17 % à l'ADQ. Après répartition des 14 % d'indécis, péquistes et libéraux sont à égalité dans les intentions de vote des francophones expliquent les spécialistes. Dans l'histoire récente, il faut remonter à 1989, avec Robert Bourassa, pour retrouver les libéraux en avance chez les francophones.
Ce réalignement post-débat constitue tout un revirement par rapport au sondage précédent. Le PQ a baissé de huit points auprès de cet électorat déterminant pour une majorité de circonscriptions, tandis que les libéraux montaient de sept points. La firme CROP constate aussi que les libéraux sont désormais en avance partout, à Montréal comme à Québec, de même que dans l'ensemble des régions.
La firme CROP constate aussi que les libéraux sont désormais en avance partout, à Montréal comme à Québec, de même que dans l'ensemble des régions.
Dans l'île de Montréal, son bastion traditionnel, le PLQ obtient désormais 45 % des intentions de vote, six points de plus qu'avant le débat, contre 28 % au PQ, en baisse de cinq points, et 7 % à l'ADQ, en baisse de quatre. Fait singulier, les "autres partis" récoltent 6 % dans la métropole, conséquence de la popularité de l'UFP dans la partie francophone.
Dans la couronne nord comme sur la Rive-Sud, le PLQ engrange désormais 36 % des intentions de vote, neuf points de plus qu'il y a deux semaines, le PQ reste au même point à 35 % et l'ADQ ferme la marche à 14 %.
Dans la région de Québec, longtemps un fief adéquiste, les libéraux ont aussi pris la tête, avec 33 % d'appuis contre 29 % au PQ, qui baisse de sept, et 23 % à l'ADQ.
Ailleurs, les libéraux obtiennent 35 % d'appuis, neuf points de plus là encore, tandis que le PQ chute de 10 points, à 30 %. Là aussi, l'ADQ reste stable, à 18 %.
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Élection 2003
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Sondage Léger Marketing : Le PLQ en avance de cinq points
LE DEVOIR - vendredi 11 avril 2003
À quatre jours du scrutin provincial, le Parti libéral du Québec (PLQ) poursuit sa remonté dans les sondages. La formation de Jean Charest flirte désormais avec 44 % des intentions de vote, en avance de cinq points sur le Parti québécois, qui en récolte 39 %, selon un sondage Léger Marketing-TVA-Le Journal de Montréal-The Gazette rendu public hier.
«C'est une tendance qui se précise depuis le début de la campagne», a commenté hier au Devoir Jean-Marc Léger, de Léger Marketing. «Cette tendance s'accélère au profit du PLQ dans les derniers jours de la campagne et, pour la première fois, permet d'envisager la formation d'un gouvernement libéral majoritaire.»
Réalisé entre le 6 et le 9 avril auprès de 1204 répondants -- marge d'erreur: 3 %, 19 fois sur 20 --, ce coup de sonde laisse également entrevoir une augmentation des intentions de vote en faveur du PLQ chez les francophones. Le PQ y est certes toujours en tête, avec 45 %, mais l'équipe libérale rattrape lentement son retard avec 35 %, soit dix points d'écart avec le parti au pouvoir.
«La lutte va être serrée, poursuit M. Léger, car le vote est encore volatile.» À quelques jours du scrutin, les indécis et les discrets représentent près de 9 % des répondants.
La raison de cette avancée du PLQ? L'érosion du vote adéquiste, qui récolte désormais à peine 17 % des intentions de vote. «Au déclenchement de la guerre, cette érosion a profité au PQ, dit M. Léger, mais avec la performance de Jean Charest au débat des chefs et la fin de la guerre, c'est désormais le PLQ qui en tire profit.»
Côté popularité, Jean Charest marque également des points avec 35 % -- il était à 22 % au début de la campagne. Bernard Landry connaît une petite perte avec 37 % alors que Mario Dumont poursuit sa chute avec 14 %.
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Élection 2003
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Charest surging in Quebec, poll finds Huge swing toward Liberals attributed to francophone eagerness for change
RhéAl SéGuin
The Globe and Mail Friday, April 11, 2003
Montreal PQ - In a sudden turnaround, Quebec Liberal Leader Jean Charest could form a majority government in Monday's provincial election after rehabilitating himself among francophone voters, a new poll suggests.
The poll indicates that the eagerness of Quebeckers for change has initiated a major shift in party allegiance, bolstering Liberal support. Voters now view Mr. Charest as the leader in whom they have the most confidence and who is running the best campaign after his strong performance in the recent televised debate. A majority of those surveyed concluded he was the most convincing leader.
The Liberals lead with 38 per cent among decided voters over the Parti Québécois at 30 per cent, the poll conducted by CROP Inc. for The Globe and Mail, La Presse and Le Soleil shows.
This is an 8-percentage-point increase for the Liberals since the CROP poll conducted midway into the campaign, and a drop of six points for the PQ. The Action Démocratique du Québec trails with 15 per cent of decided voters. Other parties garner 3 per cent.
However, the Liberal lead jumps to 46 per cent, the PQ follows with 33 per cent and the ADQ is at 17 per cent once the 14 per cent of undecided and "discreet" voters are redistributed, based on respondents' desire for change and on whether they are federalist or sovereigntist.
"Should these numbers hold until the election, the Liberals will certainly form the next government," said CROP vice-president Claude Gauthier. "We might even be witnessing a wave of support for the Liberals that could go up as high as 50 per cent of the vote."
The remarkable surge in support for the Liberals is due almost entirely to a swing among francophones, who account for more than 80 per cent of voters.
Before the March 31 televised leaders' debate, the PQ had a 20-point lead over the Liberals among francophone voters. The gap has been pared to 5 percentage points with the PQ at 35 per cent among decided francophones and the Liberals at 30 per cent.
Despite the strong approval rating for PQ leader Bernard Landry's government -- 51 per cent of those surveyed said they were satisfied with the PQ's performance -- the survey found that 57 per cent of Quebeckers want a change.
"The desire for change represents the most important element in the poll," Mr. Gauthier said. "At the beginning of the campaign, half the voters expressed a willingness to change government. That number has consistently increased and has now jumped to 57 per cent. The Liberals, not the ADQ, personify voters' desire for change, especially since the leaders' debate."
The debate developed into a major turning point in the campaign. Before it, most public interest was focused on the war in Iraq, which continues to draw attention from the campaign, Mr. Gauthier noted.
The poll showed that six out of 10 voters tuned into the debate and 54 per cent said Mr. Charest appeared the most convincing leader.
As well, 34 per cent of Quebeckers surveyed viewed him as best qualified to govern, compared to 32 per cent for Mr. Landry.
This is a nine-point increase for Mr. Charest over the last CROP poll. For a year, he has often trailed Mr. Landry and ADQ leader Mario Dumont in this category.
CROP polled 1,002 Quebec voters by telephone between April 2 and April 9. The results are considered accurate within three percentage points, 19 times out of 20.
Forty-two per cent of those surveyed concluded Mr. Charest has run the best campaign. While a number of people who identify themselves as Liberals were tempted to support the ADQ in fulfilling their desire for change, they now appear willing to return to the Liberals.
Approximately 18 per cent of those who said they would vote Liberal decided to support Mr. Charest after the debate.
The poll also showed that voters were against the Liberals' controversial proposal to allow recently amalgamated towns and cities to hold referendums to reverse the mergers. Almost two out three voters -- 58 per cent -- disagreed with the proposal, but the issue doesn't appear to be a major obstacle.
Forty-one per cent of voters still say they believe the PQ will win the election, compared to 38 per cent for the Liberals, but that number has dropped considerably in the past two weeks.
The PQ is struggling, the poll shows. Despite the popularity of Mr. Landry's proposal for a voluntary four-day workweek for families with young children, his campaign has lost momentum.
Mr. Landry could pay a heavy price for his ambiguity on sovereignty and his lack of clarity on holding another referendum. More than a third of those who called themselves sovereigntists -- 38 per cent -- told the pollsters they did not believe Mr. Landry would hold a referendum on sovereignty if he were re-elected.
Yet two-thirds of Quebeckers surveyed said they do not want another referendum. Support for sovereignty also dropped, to 38 per cent, its lowest level in at least 18 months.
"It isn't so much that voters do not want to talk about sovereignty," Mr. Gauthier said. "They clearly don't want to hear any talk about another referendum at this time. Every poll shows that voters are more concerned about the state of the health-care system, and Mr. Charest has responded by making health care the focus of his campaign."
The poll also spelled bad news for the ADQ's hopes of winning enough ridings to hold the balance of power in a minority government.
But Quebeckers have never elected a minority government.
Poll results
The latest Globe and Mail/CROP poll shows a dramatic change in fortunes for the Liberals in the final stage of the Quebec election.
Voters view since campaign began
Party percentages reflect which was Quebeckers are leaning, based on a formula that takes into account the stated preferences of poll respondents, including the undecided, as well as past voting patterns.
Lib: 46%
PQ: 33%
ADQ: 17%
Other: 4%
Which leader are people most confident in?
Jean Charest: 34%
Bernard Landry: 32%
Mario Dumont: 11%
Language factor
The breakdown of voter views according to voter's mother tongue.
...................Francophone.....Non-francophone
Liberal...........30%................78%
PQ...............35%.................5%
ADQ............17%.................1%
Other.............4%.................3%
Don't know.....14%................12%
Campaign success
Which leader has the best campaign to date?
Charest: 42%
Did not know: 20%
No one: 5%
Equal: 2%
Dumont: 8%
Landry: 24%
Which leader was the most persuasive in the debate?
Charest: 54%
Did not know: 7%
No one: 5%
Equal: 2%
Dumont: 7%
Landry: 24%
SOURCE: CROP
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Charest has good chance of win: poll
National Post April 11, 2003
Liberal leader Jean Charest is riding a wave of momentum that could carry him to the premier's office next week, a new survey shows.
According to the latest poll by Leger Marketing, conducted for The Gazette, TVA and the Journal de Montreal, the Liberals have opened up a five-point lead on Bernard Landry's Parti Quebecois among decided voters.
Charest has narrowed the gap among francophones to 10 points, which suggests the vote will come down to a nail-biting finish.
"That's still not enough for (Charest) to win, but with what we've seen in the last days, there's a good chance he'll increase those numbers over the coming days because of the momentum the Liberals seem to have," said Anne-Marie Marois, research director at Leger.
PQ organizers said their lead among francophones still puts Landry comfortably ahead, but the confidence among Liberal strategists is palpable.
"These are very good numbers for us, this is pretty much what the internal polls are showing," one Liberal insider said.
Factoring in the undecided voters, Charest sits atop the polls with 44 per cent, the PQ follows at 39 per cent, and the Action democratique du Quebec trails with 17 per cent. Among francophones, the PQ leads with 45 per cent support, the Liberals are second with 35 per cent, the ADQ third with 19 per cent.
The tracking poll's results are based on a rolling series of telephone interviews that were conducted in the three days prior to the survey's release.
Analysts at Leger said today's poll results suggest a trend that could be confirmed as early as tomorrow.
If Charest cuts the PQ's lead among francophones further, things could get interesting, especially if the ADQ sustains its level of support.
"The ADQ is still hanging on, and with their share of the francophone vote, there will be a lot of tight races in a relatively small number of ridings. If the Liberals do well in those races, they should win; if the Parti Quebecois takes those ridings, they will win," Marois said.
A Liberal insider noted that their own polls reveal the same trend.
Last night, Liberal leader Jean Charest stuck to his policy of not commenting on polls but some reporters asked him to comment on the spring in his step.
Asked how he feels, Charest said: "I feel great. I feel very much energized by our campaign and we have a few days left and we're going to work until the very last moment of this campaign."
Playing coy, Charest said: "I don't know what you're referring to exactly. ... So it's just another day on the campaign trail."
The poll results from recent days might also be reflecting a subtle shift in the attitudes of voters. At the outset of the campaign, Leger found a discernible will for change, something that died off as concerns over war took hold.
"But the war, I think, is over in the minds of a lot of voters and that suggests people are paying more attention to the election, and the desire for change is coming through more clearly," Marois said.
Marois said the uptick in the Liberals' fortunes can be traced to the leaders' debate, where Charest turned in a forceful performance.
"He seemed to establish himself as a credible alternative and now people can see him as premier," she said.
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L'ADQ prise de court par la flambée des sondages
Karim Benessaieh
La Presse - vendredi 11 avril 2003
À l'occasion de la campagne électorale, La Presse a invité les chefs des trois principaux partis à participer tour à tour à une rencontre. Jean Charest, du PLQ (dont l'entretien a paru mardi) et Mario Dumont, de l'ADQ, ont jusqu'à maintenant accepté l'invitation.
IL Y A UN AN, Mario Dumont pouvait en toute lucidité se voir dans le siège du premier ministre du Québec. Son parti, l'Action démocratique du Québec, flirtait avec les 40 % d'intentions de vote dans les sondages.
Le hic, avoue aujourd'hui le jeune chef, c'est que son parti était loin d'être prêt à prendre le pouvoir.
"On était tout à fait conscients que c'était une montée très rapide. On s'est retrouvés à un point où on était beaucoup plus haut dans les intentions de vote que ce qu'on avait comme organisation, comme équipe, comme base, a confié M. Dumont lors d'une rencontre avec La Presse mercredi. Alors je me suis affairé à monter une organisation, à recruter des candidats, des candidates, à aller chercher ce qu'il y avait de ressources disponibles dans le Québec."
Quelques mois plus tard, a-t-il assuré à plusieurs occasions, il peut se présenter devant les électeurs avec le sentiment du devoir accompli. Son équipe et son programme sont forts, dit-il, même si certains ajustements "au quotidien" sont encore nécessaires. "La stratégie du quotidien, on peut toujours la refaire. Mais les gros morceaux, les gros blocs, je pense qu'on a fait les devoirs que la population devait attendre d'un parti sérieux, d'un parti responsable, d'un parti qui veut travailler pour le bien de sa société."
Le retour sur terre est cependant dur pour l'ADQ. À en croire la plupart des sondages, avec moins de 16 % des intentions de vote, le parti n'est même pas assuré de conserver ses cinq sièges. Après avoir effleuré le pouvoir, le politicien de 32 ans semble lutter pour sa survie. Que s'est-il passé?
"Je ne peux pas vous répondre à ça, dit M. Dumont. Il faudrait demander aux électeurs individuellement ce qui s'est passé dans leur esprit. Nous, on a fait notre travail."
Conformément à ce qu'il répète presque tous les jours de cette campagne, il ne croit pas que les sondages reflètent la popularité du parti. "L'ADQ est en avance dans beaucoup de comtés au Québec. Je suis très confiant que les gens vont avoir des surprises lundi."
Barre haute Le député de Rivière-du-Loup croit cependant que son parti paie le prix pour avoir tenu à "dire les vraies choses" pendant cette campagne. "On a dit la vérité aux gens. Parfois, c'était plus terne, on disait "Voici la dette", "Voici la réalité du vieillissement de la population", on partait sur des faits, plutôt que sur un feu d'artifice de promesses."
Il estime également que l'ADQ a placé la barre plus haut que les autres partis, en se présentant comme le champion du changement. "Proposer un changement, ça requiert une coche de rigueur, une coche d'explications supplémentaire. ( C'est facile de ) dire que ça va rester à peu près comme c'est là et qu'on va mettre plus d'argent..."
Le déclenchement de la guerre, a-t-il analysé, n'aura finalement pas permis le grand débat qui devait survenir pendant la campagne et qui aurait pu favoriser son parti. "Ce n'est pas 33 jours de campagne qu'on a eus, ce sont quelques journées de campagne à travers la guerre. L'ensemble des émotions de la campagne, l'insatisfaction, sont très relativisées présentement. Quand on voit des gens ensanglantés dans une autre partie du monde au quotidien, nos misères se relativisent."
Tout en se défendant d'accuser Bernard Landry d'avoir profité de la situation, il lance ce qu'il qualifie innocemment de "constatation". "Le jour du déclenchement, il y avait 100 000 soldats au Moyen-Orient, on s'en allait vers une guerre. Il va toujours rester un doute."
Une perception répandue veut que l'ADQ paie actuellement le prix de son recul sur plusieurs de ses promesses, comme le taux unique d'imposition et les bons d'éducation. M. Dumont s'enflamme et y voit le résultat des attaques de ses adversaires. Y a-t-il eu recul de l'ADQ? "Jamais. Jamais d'un poil. Vous êtes totalement dans les spins, 100 % dans les spins."
L'automne dernier, ses porte-parole ont cependant semblé se contredire publiquement à plusieurs reprises sur le programme adéquiste. M. Dumont admet qu'il y a eu une "période de réflexion, de travail" qui a pu causer "des inquiétudes, des questionnements" dans la population.
Quand le chef libéral Jean Charest vise les électeurs stratégiques en clamant qu'"un vote pour l'ADQ est un vote pour le PQ", Mario Dumont s'emporte. "Faire appel au vote stratégique, c'est généralement ce qu'il y a de plus faible comme argument en politique. Je ne ferai pas appel au vote stratégique, je vais faire appel au vote de conscience des gens."
Conformément à ce qu'il répète presque tous les jours de cette campagne, il ne croit pas que les sondages reflètent la popularité du parti. "L'ADQ est en avance dans beaucoup de comtés au Québec. Je suis très confiant que les gens vont avoir des surprises lundi."
Barre haute
Le député de Rivière-du-Loup croit cependant que son parti paie le prix pour avoir tenu à "dire les vraies choses" pendant cette campagne. "On a dit la vérité aux gens. Parfois, c'était plus terne, on disait "Voici la dette", "Voici la réalité du vieillissement de la population", on partait sur des faits, plutôt que sur un feu d'artifice de promesses."
Il estime également que l'ADQ a placé la barre plus haut que les autres partis, en se présentant comme le champion du changement. "Proposer un changement, ça requiert une coche de rigueur, une coche d'explications supplémentaire. ( C'est facile de ) dire que ça va rester à peu près comme c'est là et qu'on va mettre plus d'argent..."
Le déclenchement de la guerre, a-t-il analysé, n'aura finalement pas permis le grand débat qui devait survenir pendant la campagne et qui aurait pu favoriser son parti. "Ce n'est pas 33 jours de campagne qu'on a eus, ce sont quelques journées de campagne à travers la guerre. L'ensemble des émotions de la campagne, l'insatisfaction, sont très relativisées présentement. Quand on voit des gens ensanglantés dans une autre partie du monde au quotidien, nos misères se relativisent."
Tout en se défendant d'accuser Bernard Landry d'avoir profité de la situation, il lance ce qu'il qualifie innocemment de "constatation". "Le jour du déclenchement, il y avait 100 000 soldats au Moyen-Orient, on s'en allait vers une guerre. Il va toujours rester un doute."
Une perception répandue veut que l'ADQ paie actuellement le prix de son recul sur plusieurs de ses promesses, comme le taux unique d'imposition et les bons d'éducation. M. Dumont s'enflamme et y voit le résultat des attaques de ses adversaires. Y a-t-il eu recul de l'ADQ? "Jamais. Jamais d'un poil. Vous êtes totalement dans les spins, 100 % dans les spins."
L'automne dernier, ses porte-parole ont cependant semblé se contredire publiquement à plusieurs reprises sur le programme adéquiste. M. Dumont admet qu'il y a eu une "période de réflexion, de travail" qui a pu causer "des inquiétudes, des questionnements" dans la population.
Quand le chef libéral Jean Charest vise les électeurs stratégiques en clamant qu'"un vote pour l'ADQ est un vote pour le PQ", Mario Dumont s'emporte. "Faire appel au vote stratégique, c'est généralement ce qu'il y a de plus faible comme argument en politique. Je ne ferai pas appel au vote stratégique, je vais faire appel au vote de conscience des gens."
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En attendant Pauline 1re
Michel Vastel
Le Soleil - vendredi 11 avril 2003
Si le titre de Grand Vizir avait un féminin - ce qui ne risque guère de se produire à Bagdad ! - on l'aurait déjà donné à Pauline Marois. Car comme les héritiers présomptifs d'un régime, on lui en a donné tous les attributs et toutes les charges. Assis avec elle dans son immense bureau de campagne électorale sur le chemin de Chambly à Longueuil, je ne peux pas m'empêcher de penser que je parle peut-être au prochain chef du Parti québécois...
Se voir confier la tâche de "chasseur de têtes" - encore un titre qui n'a pas de féminin ! - , se faire offrir un agenda particulier et mener une vraie campagne parallèle à celle du Calife, c'est toute une promotion ! Et une bonne pratique...
Mais cumuler tout cela avec le poste d'organisatrice en chef - encore un mot qui sonne mal au féminin ! - avec la responsabilité des ministères des Finances, de l'Économie et de la Recherche, et les menus plaisirs de l'épouse et de la mère, cela impose un train d'enfer.
Dans le coffre de sa limousine, la vice-première ministre se promène avec quatre valises : celle du Budget et du développement économique, celle du programme du parti, celle du plan d'action du gouvernement, et la sienne. Elle y prend à l'occasion ses repas, y fait les téléphones d'encouragement - ou de rappel à l'ordre - aux candidats, et elle s'y endort à l'occasion, comme l'autre nuit entre Cabano et Montréal. Le Parti n'a pas les moyens de lui offrir un petit avion privé comme l'Action démocratique à Pierre Bourque !
Quasi-campagne de chef, donc, mais sans les journalistes, "donc moins stressante", soupire-t-elle. C'est qu'il y a aussi les discours, imposés par les nombreux cocktails de financement auxquels elle a assisté. "C'est pas ma branche", reconnaît-elle.
Cette ancienne travailleuse sociale est une femme de contacts, qu'elle a fort chaleureux d'ailleurs. Elle s'est donc régalée de potinages politiques aux quatre coins de la province, dans une quarantaine de circonscriptions différentes. Elle promène avec elle un petit carnet où elle note des noms et des numéros de téléphone... Cela pourra toujours servir : c'est donc un véritable "réseau" qui s'est élargi à la faveur de cette campagne électorale.
Et, bien sûr, bon nombre de candidats lui devront leur fauteuil de député, voire de ministre. Bon lieutenant - quand je vous dis que beaucoup de mots de la guerre électorale n'existent pas au féminin ! - , elle a toujours tenu son chef au courant de ses décisions. Elle lui a même demandé d'intervenir pour convaincre certains candidats. Mais on ne peut s'empêcher de penser que dans certains cas - Camil Bouchard, peut-être ? - Bernard Landry faisait preuve de moins d'enthousiasme qu'elle.
Les campagnes parallèles sont difficiles à mener - parlez-en à Lucien Bouchard ! En 1994, il était venu donner un coup de main à Jacques Parizeau et avait sillonné le Québec en Dodge Caravan. Chaque fois qu'il s'approchait d'une grande ville, les médias nationaux venaient assister à ses conférences de presse, lui posaient des questions sur l'agenda référendaire, et tentaient de le mettre en contradiction avec le vrai chef. "Je fais du renchaussement", expliquait-il modestement pour décrire son rôle complémentaire à la tournée nationale.
Pauline Marois aussi a fait du renchaussement mais n'a jamais embarrassé son chef, sauf lorsqu'elle a candidement admis que le projet de conciliation travail-famille avait été un peu improvisé.
Sa nomination au poste d'organisatrice en chef et responsable de la sélection des candidats fut un bon coup pour Bernard Landry. L'intéressée a hésité pendant plus d'un mois. "Mon organisation, euh... Mes amis ne m'encourageaient pas à accepter !" Le taux de mécontentement à l'égard du gouvernement frisait les 60 % et dans les intentions de vote, le Parti québécois arrivait bon dernier, derrière les libéraux et surtout à 14 points de l'ADQ qui caracolait en avant avec 41 % des intentions de vote !
Et puis, elle faisait face à un beau dilemme. Si elle réussit, Bernard Landry sera bien en selle mais les chances pour le PQ de conquérir un quatrième mandat seront quasiment nulles. Le succès de Pauline Marois signifierait donc le plafonnement de sa carrière politique. Elle aurait aussi pu se casser les reins, comme certains le murmuraient dans son dos d'ailleurs. Mais tout compte fait, une bonne récolte de candidats et une organisation bien rodée ne nuiront pas à sa réputation. Et la campagne péquiste ayant été tellement centrée sur la personnalité de Bernard Landry, on ne lui en tiendra pas trop rigueur si...
"Si..." Justement ! Elle me disait hier qu'elle a finalement accepté ses responsabilités en se disant, sans fausse modestie : "C'est peut-être moi qui connais le mieux le parti, j'en ai été la vice-présidente après tout [en 1988-1989] !" Elle aurait pu également ajouter que, davantage populaire que Bernard Landry, elle osa - elle ! - affronter Pierre-Marc Johnson pour la succession de René Lévesque, en 1985, et qu'elle finit deuxième dans cette course.
Aujourd'hui, et comme Jacques Parizeau en 1988 ou Bernard Landry en 2001, elle ose dire : "Je connais ce parti-là, pis les comtés, pis les gens..." À tout hasard, cette campagne aura constitué une bonne pratique. Certes, si elle prétend "s'améliorer" de jour en jour, il est encore trop tôt pour dire si elle a l'étoffe d'un tribun - un dernier mot qui n'a pas de féminin ! Mais on saura au moins qu'elle en a la résistance physique...
MVastel@lesoleil.com
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Action des Patriotes gaspésiens : Langlais démissionne après son adhésion au PQ
Naomie Briand
Le Soleil - vendredi 11 avril 2003
Élections 2003 - Gaspé - L'Action des Patriotes gaspésiens ne digère pas que son porte-parole, Gaston Langlais, ait donné un appui public au Parti québécois, et l'a sommé de remettre sa démission. Le principal intéressé affirme qu'il a lui-même remis sa démission, sans que personne ne le lui ait demandé.
M. Langlais a assisté dimanche à la visite du premier ministre Bernard Landry à Carleton, et a même acheté une carte de membre du PQ. Interrogé par plusieurs journalistes sur sa présence, il a fini par reconnaître, à titre personnel, que le gouvernement Landry avait démontré un intérêt à sauver la Gaspésie, et remettait en question à mots couverts la pertinence d'inclure la province, aux côtés d'Ottawa, dans un recours collectif pour génocide économique porté devant les Nations unies à Genève.
"Le Conseil (Action des Patriotes) n'a jamais pris de telle décision. Au contraire, certains membres du Conseil étaient avisés le 7 avril que la firme d'avocats retenue pour finaliser l'étude de faisabilité acceptait le mandat, confirmant ainsi la volonté du Conseil d'intenter des poursuites contre le gouvernement du Québec si cette étude s'avérait positive", mentionne un communiqué émis par les Patriotes.
M. Langlais affirme de son côté qu'en aucun temps, un membre de l'Action des Patriotes gaspésiens ne lui a demandé de démissionner de ses fonctions, et souligne que c'est plutôt au terme d'une réflexion personnelle de deux semaines qu'il a décidé de rendre les armes. L'Action des Patriotes aurait-elle fait son temps ? "Je n'ai jamais voulu que cela s'éternise, je ne voulais pas que l'organisation devienne un deuxième Ralliement gaspésien et madelinot. Le gros du travail a été fait, en allant à Genève, nous avons semé ce que nous avions à semer."
M. Langlais ajoute que l'aventure était devenue très prenante. "Je mettais 30 à 35 heures de bénévolat par semaine. J'ai négligé ma famille, ma femme. Tu viens que tu n'existes plus comme individu." L'ancien porte-parole demeure toutefois membre des Patriotes, et soutient qu'aucune bisbille n'existe entre lui et ses anciens collègues.
Lancé il y a quelques années, le mouvement a dit compter jusqu'à 20 000 membres.
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Élection 2003
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Les Cris ont entendu l'appel de "Ted", mais voteront selon leur coeur
Monique Giguère
Le Soleil - vendredi 11 avril 2003
Élections 2003 - L'appel du grand chef Ted Moses à appuyer le Parti québécois aux élections de lundi a été entendu d'Oujé-Bougoumou jusqu'à Whapmagoostui, la plus au nord des neuf communautés cries située à l'embouchure de la rivière Grande-Baleine. Mais rien n'indique que les Cris se préparent à prendre les urnes d'assaut le 14 et à suivre à la lettre le "mot d'ordre de Ted" lancé le 24 mars.
À l'exception peut-être de Waswanipi, plus au sud et à l'intérieur des terres, où le conseiller spécial du chef Robert Kitchen croit que les jeunes s'apprêtent à voter en plus grand nombre cette fois-ci. Et pour le PQ.
"Selon ce que j'ai pu constater, les jeunes en majorité se préparent à voter. Je crois que la Paix des Braves signée avec le gouvernement Landry l'hiver dernier à Waskaganish a eu un impact très positif sur eux. Ils entrevoient l'avenir avec plus d'espoir. Ils rêvent de prospérité", explique Leonard Matthews.
Mais ce serait autre chose chez les plus vieux. "C'est difficile à dire dans le cas des aînés. Leur compréhension de la Paix des Braves est très différente. Ils se sont toujours battus pour conserver le territoire intact. La terre n'a pas de prix pour eux. Ils ont toujours refusé de céder un pouce de terrain", poursuit le conseiller qui précise que personne à Waswanipi n'a fait campagne pour un parti ou pour un autre.
Seul des Cris interrogés à déclarer ses intentions, Leonard Matthews a laissé clairement entendre que pour la première fois, lundi, il votera pour le Parti québécois. Cela, en dépit de son option souverainiste. "Je crois que nous avons signé une bonne entente et que c'est notre devoir de la protéger en exprimant notre solidarité. Tous ceux qui comprennent bien l'entente vont voter PQ", prédit-il.
Le conseiller spécial du chef Kitchen croit que le grand chef Ted Moses a eu raison d'appuyer publiquement le Parti québécois et son chef, Bernard Landry. "Jusqu'à un certain point, je suis d'accord avec son geste. Il se devait d'appuyer le gouvernement qui a permis que les choses changent pour les Premières Nations au Québec", explique-t-il.
À Eastmain, sur la baie James, Edward Gilpin, l'un des chefs signataires de la paix des Braves, croit lui aussi que l'entente peut faire une différence. "Le gouvernement du PQ a reconnu nos droits et nous a reconnus comme nation. La Paix des Braves nous garantit certains avantages et nous permet enfin de décider pour nous-mêmes. Je crois qu'à cause de cela, les gens vont aller voter en plus grand nombre", analyse le chef, qui refuse de dire à qui il fera confiance.
Edward Gilpin ne dit pas qu'il votait libéral dans le passé. Il dit qu'il appuyait "le parti qui voulait garder le Canada ensemble et uni". "Je votais pour des gens qui m'auraient défendu si le PQ avait voulu m'enlever mon territoire. Mais le PQ s'est assoupli depuis, note-t-il. Une nouvelle relation s'est établie avec les autochtones. Les choses ont changé."
La situation est moins claire à Chisasibi, sur la rivière La Grande, seule des neuf communautés cries à avoir dit "non" à la Paix des Braves. "Cette histoire-là, ce n'est pas fini ici, à Chisasibi, prévient le chef Abraham Rupert. Les gens désapprouvent le détournement de la rivière Rupert dans La Grande. Ils ne sont pas contents. Ça va encore faire monter le niveau des eaux. Il y a des études à venir et nous aurons pas mal de choses à dire là-dessus."
Abraham Rupert ne juge pas l'appel du grand chef Ted Moses en faveur du Parti québécois. "Je le comprends, dit-il simplement. Il se devait d'endosser le PQ." Mais lui, comme chef de la communauté de Chisasibi, s'est bien gardé de prendre part à la campagne. "Je n'ai courtisé aucun candidat et n'ai pas invité la population à se présenter massivement aux urnes. Le droit de vote, c'est aussi le droit de ne pas voter", laisse-t-il tomber.
Grande-Baleine
Abraham Rupert est d'autant plus perplexe et incapable de se faire une tête que l'Action démocratique et les libéraux ont rouvert l'impopulaire dossier de Grande-Baleine. "Cela vient vraiment mêler les cartes et compliquer les choses, confirme-t-il. On a beau peser le pour et le contre, le choix va être extrêmement difficile à faire."
Le plus touché par le projet Grande-Baleine, c'est Whapmagoostui. "Ma compréhension est que ce projet-là avait été mis sur la glace, mais pas abandonné. Je m'attendais à ce qu'il resurgisse un jour ou l'autre", avoue le chef David Maspy, qui croit que l'ADQ et le PLQ ne se sont pas fait d'amis dans sa communauté en annonçant leur intention d'aller de l'avant avec le développement hydroélectrique dans le nord. "La population est contre le harnachement de Grande-Baleine. Elle n'en veut pas, de ce projet-là", répète-t-il.
Le chef Maspy ne sait pas si la participation au scrutin, traditionnellement faible, sera plus importante lundi. "Les gens de la communauté n'ont voté qu'à 60 % en faveur de la Paix des Braves, rappelle-t-il. L'appel de Ted en faveur du Parti québécois, ils l'ont entendu. Mais ceux qui vont voter vont le faire selon leurs convictions personnelles."
MGiguere@lesoleil.com
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Élection 2003
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Portrait de... La Beauce Les Beaucerons pourraient bien changer de camp
Gilles Normand
La Presse - vendredi 11 avril 2003
Élections 2003 - Beauceville - Les deux circonscriptions de la Beauce, considérées comme des forteresses libérales depuis 18 ans, font l'objet d'une bataille des plus âpres et il n'est pas impossible qu'elles changent d'allégeance en raison d'une poussée de l'ADQ dans la région.
Les libéraux ont plus de chances de conserver Beauce-Sud, représentée par la libérale Diane Leblanc depuis les élections complémentaires de 1997, mais il n'en est pas ainsi de Beauce-Nord, où la majorité de Normand Poulin était de 2011 voix en 1998.
Ce qui vient cette fois changer les données dans les deux circonscriptions de la Beauce, c'est l'engagement de l'homme d'affaires Marcel Dutil auprès de l'ADQ, dont il est devenu le grand argentier. Il a sollicité et obtenu de bonnes sommes auprès des entreprises de la Beauce, royaume de la PME, où il est fort respecté.
Péquistes et libéraux soutiennent qu'ils ne l'ont vu qu'une fois, aux côtés de Mario Dumont, mais M. Dutil, qui milite dans Beauce-Sud, a commencé à se montrer en public depuis une semaine. Il visite des entreprises et, en fin de semaine dernière, on l'a vu en visite électorale dans des résidences pour personnes âgées.
Les représentants des trois principaux partis se disent en bonne posture, mais l'Action démocratique s'estime en avance dans les deux circonscriptions et, selon Daniel Ricard, responsable de l'agenda du candidat Claude Lemieux, dans Beauce-Sud, la Beauce n'a pas suivi la courbe descendante de l'ADQ dans les sondages à l'échelle du Québec.
Pour qui a parcouru ces deux circonscriptions aux élections précédentes de 1994 et 1998, il est évident que certaines choses ont changé, là où on est réputé ne rien faire comme ailleurs. On peut percevoir le souffle d'une volonté de changement quand on voit des personnalités comme Fabien Roy, ex-député créditiste dans les années 70, ou Gilles Bernier, ex-député indépendant et ambassadeur du Canada à Haïti, prendre leur carte de membre de l'ADQ.
Beauce-Nord
La candidate du Parti québécois dans Beauce-Nord, Aline Carrier, qui s'est fait connaître dans l'organisation de spectacles et la mise en scène, fait campagne en faveur d'une meilleure qualité de vie pour inciter les travailleurs à s'établir dans la municipalité où ils travaillent plutôt que de retourner vivre à Lévis ou à Québec à la fin de leur journée.
Le libéral Normand Poulin estime être en avance. Il fait campagne en utilisant la plate-forme électorale du PLQ, notamment en matière de santé et d'environnement.
Le candidat de l'ADQ, Janvier Grondin, maire de Saint-Jules, dit qu'il veut être "accessible à tout le monde, et pas uniquement aux gens d'affaires". L'ADQ avait obtenu 14,42 % des voix dans Beauce-Nord en 1998.
Beauce-Sud
Dans Beauce-Sud, Diane Leblanc avait une majorité de 3877 voix en 1998, alors que l'ex-syndicaliste Norbert Rodrigue lui avait livré une dure lutte.
La machine électorale de Mme Leblanc est probablement la plus forte de tous les partis confondus dans les deux circonscriptions. Comme son chef, elle fait campagne pour l'amélioration du sort des usagers des services de santé.
C'est l'entrepreneur Stéphane Pouliot qui fait la lutte pour le PQ. Il s'est fait connaître surtout par son engagement auprès des organismes communautaires et se voit comme un "député-entrepreneur" au service de tout le monde.
L'ADQ est représentée par Claude Lemieux, ex-directeur de CLSC, qui souhaite comme ses deux adversaires que l'autoroute 73 soit prolongée jusqu'à Saint-Georges.
BEAUCE-NORD
RÉSULTATS EN 1998
Poulin, Normand (PLQ)12 137
Gourde, Gaston (PQ)10 126
Blaney, Steven (ADQ)3 772
Majorité 1998 :PLQ avec 2011 voix
CANDIDATS EN 2003
Poulin, Normand (PLQ)
Carrier, Aline (PQ)
Grondin, Janvier (ADQ)
BEAUCE-SUD
RÉSULTATS EN 1998
Leblanc, Diane (PLQ)15 784
Rodrigue, Norbert (PQ)11 907
Papineau, Luce (ADQ)4 235
Majorité 1998 :PLQ avec 3877 voix
CANDIDATS EN 2003
Leblanc, Diane (PLQ)
Pouliot, Stéphane (PQ)
Lemieux, Claude (ADQ)
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Élection 2003
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Sondage CROP: le PLQ se détache
SRC 11.4.2003
Il ne reste que quatre jours avant le scrutin qui déterminera qui dirigera le Québec pour les quatre ou cinq années à venir. Un sondage d'opinion de la maison CROP, réalisée pour les quotidiens La Presse, Le Soleil et le Globe and Mail, donne une longueur d'avance dans les intentions de vote aux libéraux de Jean Charest. Les libéraux récoltent, avant la répartition des indécis, 38% des appuis, contre 30% au Parti québécois et 15% à l'ADQ. Le parti de Jean Charest parvient même à réduire de 20 à 5 points l'écart détenu par le Parti québécois auprès de l'électorat francophone. Le Parti québécois obtient en effet selon l'enquête 35% des intentions de vote des francophones, le Parti libéral 30% et l'ADQ 17% . 14 pour cent sont indécis ou n'ont pas répondu.
Pas moins de 54% des personnes interrogées affirment que Jean Charest s'est montré le plus convaincant , contre 24% pour Bernard Landry et 7% seulement pour Mario Dumont, dont la dégringolade semble se confirmer.
Le sondage a été effectué du 2 au 9 avril 2003, soit deux jours après le débat des chefs, auprès de 1002 personnes. La marge d'erreur de l'enquête est de 3%, 19 fois sur 20.
Réactions
Réagissant au sondage, Bernard Landry a invité les militants péquistes à redoubler d'efforts jusqu'à lundi. Le chef péquiste avertit les électeurs qu'ils changeront pour le pire s'ils se tournent vers les libéraux.
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Élection 2003
| Capital suburb chooses winners
Civil servants of Louis-Hébert rate 3 stars Forced mergers by PQ may affect vote
BRENDA BRANSWELL
Toronto Star 11.4.2003
L'Action démocratique du Québec candidate Guy Laforest conjures up an evocative analogy for voters to illustrate the difference between his party and the Parti Québécois.
"The PQ is ice cream," suggests Laforest, whereas the ADQ, with its rigour and long-term thinking is "cod liver oil ... and that's better for the health."
But are voters in the Quebec city riding of Louis-Hébert prepared to adopt the ADQ diet, especially one with a smaller civil service on the menu?
It is one of the intriguing questions hanging over the close race in this affluent suburban riding that is home to many civil servants. Typically, they vote for the party that wins the province.
Louis-Hébert has emerged as one of the few three-way races in this provincial campaign. It is the only riding that features new star candidates from each of the principal parties.
A political scientist at Université Laval, Laforest, 48, is the ADQ candidate and party president, who helped draft its platform.
PQ candidate Line-Sylvie Perron, 47, worked as a press secretary to former premier René Lévesque.
Sam Hamad, 44, former head of Quebec city's chamber of commerce, is running for the Liberals.
Laforest began going door-to-door in bitter January — two months before the election call. He predicts the ADQ will surprise people in the province. "There is a wave of sympathy for the party," he insists.
In a city filled with civil servants, the ADQ paradoxically still enjoys respectable support in opinion polls despite its plan to eliminate job security within the public service.
A CROP poll published on Tuesday showed the PQ with 30 per cent support, the Liberals with 29 per cent and the ADQ at 26 per cent in the Quebec city region. (Disturbingly for the PQ, 61 per cent of respondents also expressed support for a change of government.)
ADQ leader Mario Dumont offered his theory during a campaign stop in Quebec city this week: "People here know the public service. They know its strengths and they know its weaknesses."
Péquiste Perron insists that civil servants in the riding do express concern about the ADQ plans.
"Aside from the ADQ telling us they would cut, we don't know how or what," says Perron. "It's difficult to say in the same sentence: `We'll cut dramatically but we are looking at the same services for the population.'"
Former PQ minister Paul Bégin won the riding in 1998 by 1,838 votes over his Liberal opponent. Bégin resigned from the PQ caucus last fall when he accused Bernard Landry's government of not doing enough to promote sovereignty.
Perron, who founded a corporate communications company, describes herself as a Péquiste from birth. She turned down previous overtures from the party to run as a candidate before entering the fray in Louis-Hébert.
The riding encompasses part of Ste-Foy and Cap Rouge, which were amalgamated with Quebec city in the mergers imposed by the Parti Québécois.
To Hamad, the mergers are not an issue in the campaign.
But Andrée Boucher thinks otherwise.
Boucher, former mayor of Ste-Foy and a fierce opponent of amalgamation, notes when her municipality consulted citizens 20,000 residents opposed the forced mergers. She is convinced the PQ will pay a price at the ballot box in Louis-Hébert.
"I would be the most surprised in the world if Mme. Perron could win," says Boucher, who now hosts a radio talk show.
In a recent TV debate, Hamad faced strenuous attacks over the Liberals' promise to allow referendums on undoing the mergers. Perron seized on the fact that Hamad supported the idea of municipal mergers while president of the chamber of commerce.
"When we said we agreed with mergers," explains Hamad, "we never talked about forced mergers."
In the absence of a party that completely appeals to him, factory manager Jean-François Toulouse, 39, who lives in the riding, says, "I am ready to give the ADQ a chance in order to have new ideas."
In the same breath, Toulouse adds that the ADQ improvises and lacks experience "but at least something will happen."
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