Élections 2003
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Charest veut rendre le Canada plus fort
Robert Dutrisac
Le Devoir mardi 15 avril 2003
Sherbrooke — Dans son discours victorieux, Jean Charest s’est engagé, hier, à employer le leadership du Québec pour faire du Canada un pays plus fort
Devant quelque 500 partisans en liesse, le chef libéral, fraîchement réélu député de Sherbrooke, a souligné que «la coopération demande plus d’effort que la confrontation (sic)», ajoutant que «le leadership fait la différence. Le leadership du Québec fera du Canada un endroit plus fort». Ce n’est seulement le Québec qui a changé hier soir, «c’est aussi le Canada», a-t-il poursuivi.
Le chef libéral a promis un gouvernement «de respect, d’intégrité et de transparence» qui associera «l’État aux grandes destinées du Québec» plutôt que l’inverse.
Bon joueur, Jean Charest a tenu à rendre hommage à Mario Dumont pour «la valeur inestimable» de sa contribution à la vie démocratique québécoise. Puis, il a loué Bernard Landry pour l’entente de la Paix des Braves, soulignant que le chef péquiste pouvait être «très fier, très fier» de sa contribution qu’il a apportée au Québec.
Ce que les derniers sondages de la campagne laissaient présager s’est réalisé. Au moment de mettre sous presse, le PLQ, avec 45 % des voix, devançait par 11 points le PQ. Les libéraux pouvaient espérer remporter la victoire dans 76 circonscriptions.
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Élection 2003
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Les libéraux fédéraux ne cachent pas leur joie
Le Soleil mardi 15 avril 2003
PC Ottawa - Ils se sont faits discrets pendant toute la campagne électorale mais hier soir, à l'annonce de la victoire des libéraux de Jean Charest, les libéraux fédéraux ne cachaient pas leur joie.
Après plus de huit années consécutives passées à devoir s'arranger tant bien que mal avec un gouvernement souverainiste, le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, s'attend à ce que les échanges soient plus cordiaux. Il y aura " une plus grande confiance et beaucoup plus de communication, a affirmé le ministre Dion. Le problème avec le gouvernement péquiste, c'est qu'il pouvait se résoudre à collaborer avec les autres gouvernements de la fédération, dont le gouvernement fédéral, mais c'était quand la capacité d'agir seul devenait impossible. "
Même son de cloche du côté du lieutenant politique de Jean Chrétien au Québec, le ministre de la Justice Martin Cauchon, qui estime que le dialogue sera dorénavant plus fluide entre Ottawa et Québec. " Oui, on a des atomes crochus, et c'est pour ça que je suis content ", a indiqué M. Cauchon, qui ne dissimulait pas sa satisfaction.
Le fameux vent de changement qui a balayé le Québec risque de souffler aussi sur Ottawa dans les mois à venir. Un gouvernement libéral à Québec modifiera grandement les relations fédérales-provinciales. " Ce n'est pas seulement le Québec qui commence à changer ce soir (hier), c'est aussi le Canada ", a martelé Jean Charest, lors de son discours dans sa circonscription de Sherbrooke, disant vouloir faire place à la " coopération " plutôt qu'à la " confrontation ".
À Ottawa, l'élection du PLQ à Québec veut dire que les libéraux de Jean Chrétien pourront baisser la garde sur un front devant l'absence d'une menace d'un référendum sur la souveraineté pour les années à venir.
" On peut passer à d'autres sujets et continuer à faire avancer le Québec et la fédération canadienne ", a noté M. Cauchon. Ce dernier a admis qu'il ne s'attend pas à ce que les libéraux de Jean Charest et ceux d'Ottawa soient d'accord sur tous les aspects.
Le dossier du déséquilibre fiscal risque de devenir la première pomme de discorde entre les deux gouvernements. Pendant la campagne électorale, M. Charest a réitéré son engagement à tenter de convaincre le fédéral de l'existence du déséquilibre fiscal.
Encore hier soir, il répétait son intention de se montrer " ferme " et " déterminé " envers Ottawa. Le ministre Stéphane Dion ouvre toute grande la porte à des échanges sur le sujet.
" C'est une belle discussion. Quel plaisir on peut avoir dans un pays à avoir des différents points de vue quant à l'utilisation de surplus budgétaires ", a-t-il déclaré, ajoutant que "si le gouvernement fédéral avait la marge de manoeuvre, il allongerait la main".
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Élection 2003
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Le Québec fédéral
L'éditorial du Monde
LE MONDE mardi 15 avril 2003
Les "fédéralistes" vont remplacer les "souverainistes" au Québec. Après neuf ans de pouvoir, les indépendantistes du Parti québécois ont perdu les élections législatives de lundi 14 avril au profit du Parti libéral, favorable au maintien de la province dans la Fédération canadienne.
Dirigé par Jean Charest, 44 ans, le Parti libéral, situé au centre droit, a gagné 76 circonscriptions, contre 45 pour le Parti québécois et 4 pour les conservateurs de l'Action démocratique du Québec. Il a recueilli 45,9 % des voix, contre 33,2 % pour les indépendantistes et 18,3 % pour l'Action démocratique.
Ce changement renvoie aux calendes grecques l'organisation d'un nouveau et troisième référendum sur l'indépendance de la province francophone, après celui perdu de justesse en 1995 et celui, perdu également, de 1980. Bernard Landry, 66 ans, premier ministre sortant, avait promis ce vote "avant 2005" en cas de victoire.
Jean Charest a su séduire les classes moyennes en expliquant que les contribuables québécois étaient les plus taxés d'Amérique du Nord et en leur promettant des baisses d'impôts de 5 milliards de dollars sur cinq ans. Il a annoncé une réduction des dépenses publiques, à l'exception de celles de l'éducation et de la santé. Il va engager une réforme d'un système de soins resté très étatique que le gouvernement sortant n'a pas su moderniser.
On peut voir, dans la défaite des souverainistes, l'usure du pouvoir pour Bernard Landry, malgré un bilan plus qu'honorable : une forte croissance économique, un chômage réduit à 8 % de la population active et un assainissement des finances publiques. Comme les thèmes économiques et sociaux ont supplanté la revendication d'indépendance dans les préoccupations des Québécois, on peut souligner aussi une lassitude, et même un certain renoncement.
Il faut plutôt y voir un changement de la forme du débat. Ayant pris conscience qu'ils n'ont pas tous la même vision sur l'avenir de la province et son indépendance, les 7,4 millions de Québécois semblent désormais moins soucieux d'obtenir la constitution d'un "Québec libre" que de gagner d'Ottawa les avantages de leur maintien dans la fédération. S'ils renoncent à la division du pays, ils veulent, en échange, les dividendes de l'unité.
Et, sur ce terrain, les habitants de la province ont jugé que les libéraux avaient, sans doute, de meilleures armes pour discuter avec le gouvernement fédéral.
Il n'est donc pas sûr que Jean Chrétien, le premier ministre canadien, qui s'est immédiatement félicité de la victoire de Jean Charest, n'ait pas à redouter de voir son ami transformé en allié redoutable. Conservateur d'Ottawa parachuté à Québec en 1998, Jean Charest a longtemps payé d'être considéré comme le suppôt de la capitale fédérale. Lundi, il a certes vaincu les indépendantistes, mais il en a retenu l'esprit revendicatif. Sitôt élu, il a déclaré que le fédéralisme est, pour lui, "défendre à Ottawa les intérêts du Québec", et qu'il "veut des résultats".
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.04.03
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Élection 2003
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Le Québec vote canadienLes souverainistes, au pouvoir depuis neuf ans, ont été battus lundi par le Parti Libéral • Son leader, Jean Charest, nouveau Premier ministre, souhaite ancrer la province dans la fédération •
Jim Young REUTERS
Libération mardi 15 avril 2003
«Au cours des dernières années, le Québec a trop souvent ignoré les réalités de la Fédération.»
Jean Charest, nouveau Premier ministre du Québec
Jean Charest (photo) est appelé à devenir le 34e Premier ministre québécois après la victoire du Parti libéral lors des élections générales de la province canadienne. Le résultat du scrutin, qui devrait donner 76 circonscriptions aux libéraux, contre 45 pour le Parti québécois et quatre pour l'Action démocratique du Québec, met fin à un règne de neuf ans du Parti québécois favorable la souveraineté.
Priorité au changement . Le Parti libéral du Québec (PLQ, fédéraliste, centre droit) de Jean Charest a mis fin à un règne de neuf ans du Parti québécois (social-démocrate, souverainiste). Depuis la défaite de l'Union nationale en 1960, aucun parti n'est parvenu à obtenir un troisième mandat consécutif à la tête de la province francophone du Canada.
Un point de mieux. Lors du dernier scrutin provincial, en novembre 1998, le parti fédéraliste avait remporté la majorité des voix, mais obtenu moins de siège que le PQ. Cette fois, son avance a été suffisante pour mettre un terme au gouvernement péquiste. La majorité des Québécois avait pourtant, dans les récents sondages, montré leur satisfaction du gouvernement que dirige Bernard Landry –Premier ministre depuis la démission de Lucien Bouchard, en mars 2001. Lundi, la sanction n'en a été que plus sévère: le Parti québécois (33,2% des suffrages) chute de dix points par rapport à 1998, notamment dans ses bastions francophones, alors que les libéraux (45,9% des voix) n'en gagnent qu'un et l'Action démocratique (18,3%) sept.
L'alternance met entre parenthèses le projet de souveraineté de la province défendu par le PQ. Cette question n'était certes plus au centre des débats depuis 1995, quand la séparation d'avec le Canada avait été repoussée de 50.000 voix lors d'un référendum. Bernard Landry avait même pris soin de ne pas faire de la séparation le thème central de sa campagne. Il avait toutefois inscrit dans son programme un «plan de transition» vers la souveraineté et affirmé qu'il ferait un nouveau référendum dès qu'il aurait «la moindre chance de le gagner». Lundi, Landry a toutefois refusé de considérer le passage de son parti à l'opposition comme une défaite définitive. «Il faut que nous continuions à faire avancer le Québec vers un statut de pays complet et reconnu», a assuré le Premier ministre sortant.
Baisses d'impôts. Jean Charest, qui devient le nouveau Premier ministre du Québec, est sans ambiguïté sur cette question: «Au cours des dernières années, le Québec a trop souvent ignoré les réalités de la Fédération. (...) Au cours des prochaines années, le Québec se mêlera de toutes les discussions canadiennes qui touchent l'intérêt des Québécois.» Dans son discours de remerciement, lundi soir, le vainqueur a répété sa promesse de diminuer les impôts (5 milliards de dollars canadiens soit 3,19 milliards sur cinq ans, de quoi faire rêver les Québécois, les plus taxés d'Amérique du Nord) et de faire de la santé la priorité de son gouvernement. Mais la marge de manœuvre de cet avocat de 44 ans sera étroite: Jean Charest a dans le même temps promis de tailler dans les dépenses du gouvernement provincial.
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Élection 2003
| Le choix des Québécois
Pas de surprise ni de cris de joie chez les syndicats et les groupes communautaires
Sophie Allard, Lyson Marchessault
La Presse mardi 15 avril 2003
Pas de surprise ni de cris de joie chez les syndicats et les groupes communautaires hier soir alors que les résultats des élections provinciales commençaient à se dessiner, laissant deviner une bonne avance du Parti libéral du Québec sur ses deux principaux rivaux.
Vers 21h30, alors que le directeur général des élections annonçait que le Parti libéral menait avec 44,17 % des voix (48 candidats élus et 27 en avance) contre 33,87 % des voix pour le Parti Québécois (27 candidats élus et 19 en avance) et 19,62 % des voix pour l'Action démocratique du Québec (un candidat élu et 3 en avance), les représentants syndicaux et les mouvements sociaux étaient sur les dents.
" Jusqu'à maintenant, le scénario se présente comme l'avaient annoncé les derniers sondages, dit René Roy, président de la Fédération des travailleurs du Québec. On s'y attendait, mais il faut être prudent dans l'attente des résultats finaux. Si ce sont bien les libéraux qui remportent les élections, on travaillera avec eux comme on l'a fait souvent dans nos cinquante années d'existence. "
Pour M. Roy, les relations de travail sous un gouvernement libéral ne seront pas plus problématiques qu'actuellement, mais il craint " que la volonté de défusion ne vienne détruire tout le travail effectué jusqu'à présent pour harmoniser les conventions collectives. Devrons-nous tout reprendre ? "
Les intentions budgétaires de Jean Charest suscitent l'inquiétude au sein de l'organisation syndicale. " S'il coupe de nombreux ministères, ça risque de poser problème, poursuit M. Roy. Et puis, il doit continuer l'oeuvre du PQ en matière d'emploi, ça a été un succès. "
Du côté de la CSN, même son de cloche. " Nous sommes inquiets face à la volonté des libéraux de baisser les impôts à tout prix, d'axer seulement sur la santé et du peu d'intérêt démontré pour une intervention vigoureuse pour l'emploi, dit Claudette Carbonneau, présidente de la CSN. Il faudra par ailleurs que Jean Charest fasse preuve d'écoute en regard des politiques de conciliation travail-famille très importantes pour la population. "
Pour Nicole Jetté, du Front commun des personnes assistées sociales, " la vigilance des mouvements contre la pauvreté est de mise ". " Si les libéraux l'emportent, nous espérons que Jean Charest respecte ses engagements face à la Loi 112 sur la pauvreté, soit qu'il mette de l'avant une prestation minimale de l'aide sociale de 523 $ et qu'il garantisse aux personnes âgées et assistées sociales la gratuité des mé-dicaments, dit-elle. Ce sera l'occasion pour lui de montrer sa cohérence. "
Inquiet, on l'est aussi au Front d'action populaire en réaménagement urbain. " Nous serons aux prises avec un cadre financier dans lequel on gèlera tous les budgets autres que santé et éducation et on baissera exagérément les impôts, dit François Saillant, porte-parole. Que peut-on espérer ? Comment peut-on appliquer la loi 112 ? Comment faire pour construire le nombre de logements sociaux prévus ? Et investir en culture ? "
Au-delà des craintes, personne n'était surpris des résultats préliminaires hier soir. " La tendance de fond est au changement, mais le changement n'est pas toujours positif, ajoute M. Saillant. Nous aurions espérer plus de votes à gauche. "
Ce qu'il reste à faire ? " Continuer nos revendications, dit Mme Jetté. La population voulait changer de gouvernement, on verra de quelle façon le changement s'opérera. " Ce à quoi acquiesce M. Saillant.
Pour le respect des engagements en éducation
" On voit l'avenir avec beaucoup d'inquiétude avec Jean Charest à la tête du gouvernement, c'est surtout le cadre financier qui nous fait peur. Avec l'annonce d'une baisse des impôts de 1 milliard, comment va-t-on être en mesure de répondre aux besoins de la population ? Ils vont devoir trouver de l'argent quelque part " a constaté la présidente de la Centrale de syndicats du Québec, Monique Richard. Peu surprise du résultat électoral, elle se demande si le parti libéral s'orientera vers la gauche plutôt que de garder ses couleurs de centre. " Nous, c'est sûr qu'on va s'imposer dans le débat si le parti tend vers la gauche. "
Mme Richard s'inquiète de l'avenir du Québec notamment en ce qui a trait à la santé, car selon elle aucun débat sérieux n'a eu lieu à ce sujet, il n'y a pas de développement pour les besoins réels de la population. Comment va-t-on parvenir à un budget équilibré, qu'est-ce qui va arriver avec le déficit et que va-t-on faire de la fonction publique ? Voilà autant de questions qui restent sans réponse pour la fédération. Ce qui lui fait le plus peur, ce sont les coupures afin de diminuer les impôts. " Ça va accélérer le volet de privatisation et va donc remettre en cause l'accessibilité au Québec. " La présidente promet de rester très vigilante.
" J'espère que les libéraux vont remplir leurs engagements vis-à-vis les universités soit sur la loi cadre, sur les frais champignons et qu'ils vont respecter leurs engagements sur le financement des universités ", a affirmé le président de la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ), Nicolas Brisson. La fédération promet de rester active afin de revendiquer leurs différentes causes auprès du nouveau gouvernement.
" Tout ce qu'on espère c'est que le parti libéral respecte ses engagements envers les cégeps du Québec ", a affirmé la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Clémence Fauteux- Lefevbre. La fédération n'est toutefois pas surprise du résultat obtenu. Les étudiants continueront à mener leurs combats afin de convaincre le nouveau premier ministre Charest d'éliminer l'habilitation, un processus qui octroierait le pouvoir à un collège de décerner le diplôme d'études collégiales à l'étudiant. " Je félicite le Parti libéral du Québec, mais on espère qu'il va écouter la Commission de la jeunesse. On va travailler fort pour qu'il tienne ses engagements ", a-t-elle conclu.
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Élection 2003
| Le choix des Québécois
La communauté des affaires applaudit
Hélène Baril
La Presse mardi 15 avril 2003
LE CHANGEMENT de régime à Québec marque un tournant important pour l'économie du Québec, estime la communauté d'affaires québécoise, qui applaudit aux baisses d'impôt et aux réductions des dépenses publiques promises par les libéraux.
Le président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, ne cachait pas sa satisfaction hier, peu après que Bernard Derome eut annoncé l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire. "En plus des baisses d'impôt et de la réduction des dépenses publiques, le fait qu'il n'y aura plus de souveraineté dans l'air va améliorer le climat pour l'investissement au Québec", estime M. Taillon.
Le président du CPQ rappelle que le Québec reçoit la moitié moins des investissements au Québec et que son taux de chômage reste plus élevé, malgré le rattrapage des derniers mois.
Du côté des impôts, il faut aussi redresser la barre, selon Gilles Taillon, surtout pour la classe moyenne, qui est littéralement "égorgée". "Les contribuables qui gagnent entre 20 000 et 54 000 dollars représentent 38 % de l'ensemble et paient 37 % des impôts, alors qu'en Ontario, ces contribuables paient 21 % des impôts", a-t-il illustré.
Le vice-président de la section québécoise de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Richard Fahey, se félicite lui aussi de l'élection d'un gouvernement libéral, dont les engagements envers les PME sont clairs précis. Les libéraux se sont engagés à réduire le fardeau fiscal et réglementaire des petites entreprises, a rappelé M. Fahey. "Ils ont un plan crédible et adapté aux préoccupations des PME".
Par exemple, le PLQ s'est engagé à réduire un des irritants majeurs des PME, l'obligation de consacrer 1 % de leur masse salariale à la formation de leurs employés, ou à défaut, de verser la somme équivalente en impôt supplémentaire.
À la Chambre de commerce du Québec, dont le président Michel Audet a démissionné pour être candidat libéral dans Laporte, sur la rive-sud de Montréal, on a préféré ne pas faire de commentaire sur le résultat des élections générales.
Un budget avant l'été
Le président du CPQ s'attend à ce que le nouveau gouvernement dépose un budget à la fin de mai ou au début de juin dans lequel il devra faire ses premiers gestes vers la réduction des dépenses publiques.
Le programme libéral, qui prévoit réduire les impôts de 5 milliards en cinq ans tout en continuant de réinvestir dans les secteurs de la santé et l'éducation, est "faisable", selon le président du CPQ, à conditions de faire les gestes qui s'imposent. Il faudra réduire les dépenses gouvernementales et réduire l'interventionnisme de l'État, dit M. Taillon, en rappelant que le Québec donne 3 milliards de dollars par année aux entreprises en subventions et en crédits d'impôt.
"Il y a un grand ménage à faire", affirme Gilles Taillon, qui rapporte que malgré le ménage entrepris par le gouvernement précédent pour réduire le nombre d'organismes publics, il y en avait 204 en 1997 et il y en a 205 aujourd'hui.
Le fiscaliste Yves Séguin est vu comme le ministre des Finances du prochain gouvernement mais le président du CPQ ne veut pas parier sur cette nomination. Selon lui, il y a plusieurs autres candidats au poste de grand argentier, dont l'ancien président de la Chambre de commerce du Québec, Michel Audet, Rémy Marcoux, Alain Paquet et Monique Jérôme-Forget.
Peu importe qui sera l'interlocuteur, la FCEI entend assurer un suivi serré des engagements électoraux des libéraux.
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Élection 2003
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La revanche de Jean Charest
Bernard Descôteaux
Le Devoir mardi 15 avril 2003
Éditorial - Douce victoire pour Jean Charest que ce résultat du scrutin d'hier qui lui donne une solide majorité à l'Assemblée nationale. Aussi douce qu'elle est amère pour le Parti québécois et l'Action démocratique, qui tous deux ont espéré un temps gagner la confiance des Québécois, laquelle leur échappe finalement.
Le Parti libéral attendait cette victoire que n'avait pu lui donner Jean Charest en 1998. Il faut saluer le parcours parfait que ce dernier a réussi en s'imposant comme l'homme du changement, thème central de cette élection. Le désir de changement s'était manifesté clairement lors des partielles de juin 2002. À ce moment, l'ADQ l'incarnait, mais cela n'aura duré qu'un temps. Rapidement on est revenu à un affrontement entre les deux grands partis. Après neuf ans de pouvoir péquiste, le pendule revient du côté libéral, alternance oblige.
Dans l'esprit d'une majorité d'électeurs, le changement souhaité avait d'abord trait à l'équipe. Même si Bernard Landry n'était premier ministre que depuis deux ans, son gouvernement portait le poids des ans. Si ce parti a connu des succès, notamment sur le plan économique, il a aussi connu des échecs que libéraux et adéquistes se sont chargés de lui reprocher. Pendant que l'ADQ disait : «On ne peut faire pire que les péquistes», le PLQ prétendait pouvoir faire mieux grâce à une équipe nouvelle à qui les Québécois ont choisi de faire confiance hier soir.
Ce nouveau gouvernement ne voudra toutefois pas seulement faire mieux. Il voudra aussi faire les choses autrement. Tous n'auront pas mesuré la nature et l'importance des changements à venir, soit qu'ils n'aient pas bien écouté le message libéral, soit qu'on leur ait tu certaines des intentions du futur gouvernement Charest. Les orientations qui inspirent le programme libéral sont différentes de celles qui animaient le gouvernement Landry. Jean Charest n'est pas un social-démocrate et son gouvernement pourrait être tenté d'incliner davantage vers la droite.
Les politiques fiscales mises en avant par le Parti libéral durant la campagne nous donnent une bonne indication des orientations que prendra son gouvernement. La promesse de réduire les impôts de un milliard par année, ajoutée à celle de maintenir le rythme des investissements en santé, entraînera des compressions budgétaires partout ailleurs. Il ne faut donc pas s'attendre à des réinvestissements dans des programmes sociaux. Comme annoncé, il y aura un vaste ménage dans les mesures fiscales de soutien aux entreprises. Il n'est pas dit, enfin, que le privé ne trouvera pas sa place dans l'administration du système de santé.
Le Parti libéral de Jean Charest est différent de celui de Robert Bourassa. Question d'époque et d'environnement, l'actuel chef libéral subit l'influence du courant conservateur qui se manifeste dans tout le Canada et qui nous vient des États-Unis. Le Québec qu'il veut réinventer sera inspiré davantage par le modèle américain qui valorise le libre-marché.
Là où le changement sera le plus évident, c'est sur la question de l'avenir politique du Québec. Consciemment ou non, les Québécois, en élisant le Parti libéral, ont mis entre parenthèses la démarche du Parti québécois vers la souveraineté. C'est ici que la défaite est la plus amère pour Bernard Landry, qui voit son rêve s'éloigner. La porte de l'indépendance du Québec n'est pas fermée à double tour, mais on donne l'occasion au Parti libéral de tenter, sous une autre forme, la réconciliation avortée du Québec avec le Canada lors de l'accord du lac Meech. Qui sait, le prochain référendum portera peut-être sur un nouvel accord de réforme constitutionnelle plutôt que sur la souveraineté.
Durant la campagne, Jean Charest avait pris comme slogan «La souveraineté ou la santé». Il évitait, en mettant l'accent sur la santé, de préciser ses projets en matière constitutionnelle. Nous avons donc fait le choix d'écarter la souveraineté, mais nous n'avons choisi à la place rien d'autre qu'un statu quo indéfini. Le chef libéral a habilement évité un débat qui risquait de lui nuire. Il devra cependant y venir un jour.
Avec ces élections, Jean Charest obtient sa revanche. Cette victoire est la sienne et l'appui qu'il a reçu lui donne l'autorité pour s'engager sur la voie des réformes. La santé sera son premier test. Le premier ministre rassembleur qu'il a dit vouloir être devra toutefois prendre soin de doser le changement puisque sa victoire est malgré tout modeste.
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Élection 2003
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Une victoire à la péquiste
Michel David
Le Devoir mardi 15 avril 2003
Perspectives: Depuis trente ans, les libéraux n'avaient jamais eu la victoire aussi modeste. Ils avaient remporté 102 circonscriptions sur 110 en 1973, 99 sur 122 en 1985, 92 sur 125 en 1989. En comparaison, la victoire d'hier avait un petit air péquiste.
Aujourd'hui, on ne peut plus qualifier le PLQ de «parti des Anglais». Les libéraux l'ont emporté dans des circonscriptions «pure laine» de toutes les régions du Québec. Pour Jean Charest, dont la québécitude était implicitement mise en doute par plusieurs, il y a là un motif de satisfaction certain.
Malgré tout, le déroulement de la campagne -- et sa conclusion -- avait un air de déjà vu. En 1985 aussi, on avait cru pendant un moment que Pierre-Marc Johnson allait rééditer l'exploit de Maurice Duplessis, qui avait été le dernier à mener son parti à une troisième victoire consécutive et même à une quatrième.
Soudainement, après un débat radiophonique difficile, le ciel s'était abattu sur la tête de M. Johnson qui, en début de campagne, était nettement plus populaire que Robert Bourassa, lui-même au moins aussi mal aimé que pouvait l'être Jean Charest. Pendant une partie de la soirée, le chef du PLQ a même dû se demander s'il n'allait pas subir la même humiliation d'être battu dans sa propre circonscription.
Cela n'empêche pas M. Charest de mériter pleinement son succès. Sur le plan stratégique, il est difficile d'imaginer comment il aurait pu mener une meilleure campagne. Compte tenu de l'insignifiance de son plan d'action, qu'il a rabâché pendant des mois, on peut même parler d'une sorte d'exploit.
Au cours de la prochaine année, le nouveau premier ministre aura droit à la traditionnelle lune de miel, qu'il devrait mettre à profit pour régler d'une manière ou d'une autre la question des défusions. Autrement, elle risque d'empoisonner tout son mandat.
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Après plus de huit ans de pouvoir, le retour dans l'opposition est nécessairement un choc. Pour certains, c'est même un saut dans l'inconnu. Malgré toute son expérience, Bernard Landry n'a pas siégé une seule journée dans l'opposition. C'est dire !
Même si la défaite est honorable, après la descente aux enfers de l'an dernier, on ne voit pas comment M. Landry pourrait avoir envie de s'éterniser dans le fauteuil de chef de l'opposition, si ce n'est pour faire en sorte que la succession s'opère le moins mal possible.
Encore là, l'exemple de 1985 a de quoi inquiéter. Très rapidement, les «purs et durs» ont rendu la vie impossible à Pierre-Marc Johnson, qui n'a pas résisté deux ans. Malgré ses défauts, M. Landry était l'héritier naturel, probablement le seul qui était en mesure de maintenir cet assemblage hétéroclite, dont la souveraineté est le seul ciment. Il n'est pas évident que son successeur saura prévenir l'effritement, sinon l'éclatement.
Si Jean Charest se retrouve à la tête d'une équipe tout à fait apte à gouverner, le PQ sera en mesure de lui offrir une opposition qui pourrait se révéler la plus redoutable que le Québec moderne ait connue. Si on excepte Serge Ménard, pratiquement tous les gros canons du gouvernement Landry ont été réélus ou semblaient en voie de l'être au moment de mettre cette édition sous presse. La course au leadership s'annonce très intéressante.
En attendant, il faudra s'adapter à une nouvelle réalité. De ministre à simple député dans l'opposition, la chute est vertigineuse. Déjà, un homme comme François Legault, pour n'en nommer qu'un, trouvait fastidieux le volet parlementaire de ses fonctions. Il risque de trouver le temps très long durant les longues sessions d'hiver, durant lesquelles les députés de l'opposition se disputent quatre lignes dans les journaux ou -- mieux encore -- dix secondes au téléjournal.
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Après les espoirs qu'avaient fait naître les élections partielles du 17 juin, une maigre récolte de quatre députés est certainement décevante pour l'ADQ, mais ça aurait pu être encore pire. Avec 20 % des voix, elle atteint un seuil de respectabilité, qui lui assurera les moyens de tenir son rang.
Le problème est que Mario Dumont donne plus que jamais l'impression de diriger un parti bien enraciné dans le Québec profond, celui de la défunte Union nationale, mais tout à fait étranger aux réalités du Québec de demain. À Montréal, la déconfiture est totale.
Les candidats-vedettes sur lesquels il aurait pu compter pour préparer l'avenir, les Diane Bellemare, Joëlle Lescop, Hubert Meilleur, ont tous été battus, et il est loin d'être évident qu'ils persévéreront. Même son amie Marie Grégoire, la plus talentueuse des quatre recrues de l'an dernier, a été battue dans Berthier. En revanche, dans le cas de l'ex-maire Bourque, il s'agit peut-être d'un bien pour un mal, tellement la greffe paraissait vouée à l'échec.
mdavid@ledevoir.com
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Élection 2003
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Du changement au Québec... et au Canada, promet Charest
Stéphane Paquet
Le Soleil mardi 15 avril 2003
Élections 2003 Sherbrooke - "Ce n'est pas seulement le Québec qui commence à changer ce soir, c'est aussi le Canada", a lancé hier soir à Sherbrooke le premier ministre élu du Québec, Jean Charest.
Le chef libéral a clairement défini le ton qu'il entend donner aux relations entre le Québec et le Canada dans les mois qui viennent. Comme il l'a promis pendant toute la campagne, Jean Charest entend faire du déséquilibre fiscal un enjeu majeur des négociations à venir avec le gouvernement fédéral.
" La coopération prend souvent plus d'effort que la confrontation ", a-t-il dit à ses centaines de militants massés à l'hôtel Delta de Sherbrooke, une référence claire à l'option souverainiste du gouvernement sortant. " La première condition de notre réussite dépend de nous, les Québécois. "
En anglais, M. Charest a ajouté que " le leadership du Québec créerait un Canada plus fort ".
M. Charest est aussi revenu sur la volonté de changement des Québécois. " Aujourd'hui, au Québec, on s'est donné un gouvernement du XXIe siècle", a-t-il dit dès le début de son discours, promettant "un gouvernement de respect, d'intégrité et de transparence". "Cette fois, nous commençons une nouvelle ère ensemble, pour Sherbrooke et pour le Québec."
" Les Québécois nous ont exprimé leur confiance pour mettre en place des changements. C'est une lourde responsabilité. Nous en sommes honorés et nous en serons dignes. "
Reprenant quelques autres thèmes de sa campagne, M. Charest a réitéré que sa " première priorité " sera la santé. Il a également mentionné les baisses d'impôt qui iront en priorité aux familles.
"Nous donnerons confiance aux Québécois dans leurs institutions", a ajouté celui qui est chef du Parti libéral depuis cinq ans. Avec lui à Sherbrooke hier soir, se trouvait l'ancien chef du parti, Daniel Johnson, qui était présent chez le père de M. Charest.
Le premier ministre élu a aussi eu de bons mots pour celui qu'il remplacera dans les prochaines semaines. "Vous pouvez être très fier, très, très fier de la contribution que vous avez faite au Québec", a-t-il dit à l'intention de Bernard Landry, mentionnant au passage la Paix des Braves avec les Cris. M. Landry, a-t-il ajouté, "a laissé sa marque sur le Québec".
À Mario Dumont, il a mentionné qu'il "peut sortir de cette campagne électorale la tête très haute". "Sa contribution à la vie démocratique est d'une valeur inestimable", a-t-il ajouté.
Victoire tardive dans Sherbrooke
Alors qu'il était clair que le Québec avait donné son appui au Parti libéral, la lutte a été corsée dans Sherbrooke, où des centaines de militants libéraux ont dû attendre à 22h12 pour savoir que leur chef l'avait finalement emporté.
Toute la soirée, la péquiste Marie Malavoy a mené une chaude lutte au chef libéral, reprenant là où elle avait laissé en 1998. Jean Charest a toutefois amélioré son score de 1998, dépassant de 2520 voix la vice-présidente du Parti québécois.
Après l'annonce de la victoire libérale, le président du PLQ, Marc-André Blanchard, mentionnait que Jean Charest avait mis l'épaule à la roue dès le lendemain de la défaite de 1998. "Ça fait cinq ans que M. Charest se prépare à être premier ministre", a-t-il dit, ajoutant que ces cinq années lui avaient permis de créer un réseau partout au Québec.
"On ne se fie pas aux sondages, comme vous le savez, mais on avait une certaine confiance, une certaine sérénité." Tout de suite, il a accordé au chef une grande part du mérite pour cette victoire, mentionnant "cette idée que M. Charest avait eue de lancer le programme très tôt, de présenter nos engagements de façon transparente, crédible, précise neuf mois avant l'élection".
Aussi, a-t-il dit, la campagne électorale a permis à la population "de voir Jean Charest comme un premier ministre en devenir et non pas seulement comme un chef de l'Opposition".
M. Charest est resté en retrait une bonne partie de la journée, passant plusieurs heures au téléphone pour garder le contact avec ses organisateurs. C'est avec ses frère et soeurs, à la résidence de son père Claude "Red" Charest, à Sherbrooke, qu'il a pris connaissance du résultat du vote, de même qu'avec Daniel Johnson et son épouse, Suzanne Marcil.
Après son discours devant ses partisans de l'Estrie, le premier ministre élu a pris l'hélicoptère pour se rendre à un rassemblement au Métropolis à Montréal.
SPaquet@lesoleil.com
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Élection 2003
| Le choix des Québécois
La gauche se fait discrète
Laura-Julie Perreault
La Presse mardi 15 avril 2003
LE MIRACLE que la gauche québécoise espérait ne s'est pas produit, hier soir. Malgré de grandes attentes, l'Union des forces progressistes (UFP), le plus jeune parti en lice à ces élections provinciales, n'a pas réussi à faire élire son candidat-vedette, le docteur Amir Khadir.
Ce dernier, qui briguait les suffrages dans la circonscription de Mercier, à Montréal, a néanmoins récolté 18 % des voix, arrivant bon troisième après le candidat péquiste, Daniel Turp et la députée libérale sortante, Nathalie Rochefort.
Ce résultat correspondait aux premiers objectifs de l'UFP- parti né en 2002 du mariage du Parti de la démocratie socialiste, du Rassemblement de l'alternative progressiste et du Parti communiste du Québec- qui espérait passer le cap des 15 % dans Mercier. Mais les résultats contredisaient certains sondages plus récents dans la circonscription et qui donnait la victoire à M. Khadir.
Le principal intéressé se réjouissait néanmoins des appuis qu'il a récoltés et regardait déjà vers la prochaine campagne électorale.
"Nous avons gagné notre pari en faisant parler de l'UFP. Nous avons eu des meilleurs scores que l'Action démocratique du Québec dans quelques circonscriptions, dont Mercier et Outremont, et c'est très bon signe", analysait M. Khadir, hier soir, alors qu'il était entouré par tous les militants de l'UFP rassemblés dans le centre communautaire du quartier Centre-Sud de Montréal.
"Nous assistons avec cette élection à la naissance de la gauche politique du Québec", s'est exclamé celui qui convoitait une circonscription symbolique pour son parti. Avant même sa fondation officielle en 2002, l'UFP a présenté sous sa bannière un candidat dans Mercier, lors de l'élection partielle d'avril 2001. Le candidat de l'UFP, Paul Cliche, avait alors récolté 24,2 % du vote, nourrissant les plus grands espoirs pour la jeune organisation politique.
Près de 2% des voix
Hier, la gauche politique, composée de l'Union des forces progressistes et du Parti vert du Québec, deux partis qui en étaient à leur première participation à des élections générales, a récolté plus de 1,5 % du vote, alors qu'en 1998, les partis de gauche rassemblés avaient à peine passé le cap du 1 %.
"C'est difficile de savoir si les gens ont voté comme ils le voulaient ou s'ils ont plutôt voté pour le Parti québécois pour freiner la montée du Parti libéral", demandait la porte-parole de l'UFP à Montréal, Molly Alexander.
"Malheureusement, avec le mode de scrutin que nous avons, les gens sont invités à voter de manière stratégique et non pas à voter avec leur coeur", ajoutait la porte-parole.
Au cours de la campagne, des militants péquistes ont reproché à l'UFP et au Parti vert de diviser le vote souverainiste et progressiste en faveur du Parti libéral et de l'Action démocratique du Québec.
Or, les craintes des souverainistes ne se sont pas matérialisées. La présence des partis de gauche ne semble pas avoir mis de bâtons dans les roues du Parti québécois.
Le Parti vert un peu déçu
Le Parti vert, fondé en 2001, a connu une soirée plus difficile que l'UFP, récoltant moins de 0,50 % des voix.
Ce parti, qui a présenté 36 candidats dans la province contrairement à 73 pour l'UFP, ne s'attendait néanmoins pas à des miracles. "Notre but était de récolter 2 % des votes, mais c'était assez ambitieux. Nous devrons tout recommencer pour la prochaine fois, mais nous aurons un peu plus d'expérience", affirmait hier le chef du Parti vert, Richard Savignac.
Pour ces élections, le Parti vert et l'Union des forces progressistes avaient conclu une entente afin de diviser entre eux la carte électorale. Or, cette entente de principe a été mise au test pendant la campagne électorale. L'Union des forces progressistes a présenté des candidats dans 10 des circonscriptions que le Parti vert convoitait aussi.
Mais le chef des verts refuse de faire une croix sur cette entente. "Il faudra discuter à nouveau. Nous avons ouvert une page, je ne la ferme pas. Mais c'est clair que nous avons plié beaucoup plus qu'eux", a noté M. Savignac hier soir.
Le Bloc pot triple ses voies
Les résultats du Bloc pot, parti qui prône la fin de la "prohibition de la marijuana", tournaient aussi autour de 0,60 % hier soir, une nette avancée pour le parti qui avait récolté 0,24 % des voix en 1998. Le Bloc pot, qui a fait campagne sous le slogan, "On va les planter", a présenté 56 candidats.
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Élection 2003
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Branle-bas en vue chez les mandarinsLa haute fonction publique s'apprête à vivre un changement de la garde
Gilbert Leduc
Le Soleil mardi 15 avril 2003
Élections 2003 - Les dés n'étaient pas encore jetés que la rumeur circulait déjà au cours de la fin de semaine. André Dicaire remplacerait Jean St-Gelais au poste de secrétaire général du ministère du Conseil exécutif - le plus haut fonctionnaire au sommet de la hiérarchie administrative de l'État québécois - sous un gouvernement libéral dirigé par Jean Charest.
Directeur de l'Observatoire de l'administration publique à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP), Louis Côté raconte que la fébrilité est grande dans les rangs des sous-ministres en titre et des sous-ministres adjoints et/ou associés à la veille de l'entrée en fonction de leurs nouveaux patrons.
" Au cours des dernières semaines, les sous-ministres et leurs équipes de gestionnaires ont rédigé les cahiers préparatoires qui seront remis aux nouveaux titulaires les informant des dossiers chauds du ministère ", explique Louis Côté qui connaît bien la chanson puisqu'il a vécu, à titre de haut fonctionnaire, la période marquée par le départ des libéraux et l'arrivée des péquistes au pouvoir en 1995.
Il faut savoir que le premier ministre a le " droit de vie ou de mort " sur les mandarins. C'est lui qui nomme les sous-ministres qui dirigeront l'appareil administratif des ministères et les dirigeants des organismes gouvernementaux dont la mission sera d'assurer l'application par la machine étatique des projets et des politiques mis de l'avant par le nouveau gouvernement.
Ce dernier doit donc s'assurer d'avoir sous la main une haute fonction politique collaboratrice. Pour Louis Côté, l'administration publique québécoise ne baigne pas dans la partisanerie politique. " Les hauts fonctionnaires sont dédiés à l'État, pas à un parti politique. Ils vont travailler aussi bien avec un ministre libéral ou péquiste ". Il rappelle que les hauts fonctionnaires ne sont recrutés que très rarement à l'extérieur de l'environnement gouvernemental.
Cette réalité n'empêchera pas, précise-t-il, un nouveau gouvernement de vouloir placer des gens de confiance à des postes clés comme celui de secrétaire général du ministère du Conseil exécutif.
Par exemple, aussitôt qu'il a été élu en 1995, Jacques Parizeau a fait appel à Louis Bernard pour devenir son sous-ministre. À la prise du pouvoir des libéraux, en 1985, Robert Bourassa a nommé Roch Bolduc au poste de plus haut fonctionnaire de l'État. Il n'y aurait donc rien de bien surprenant à ce que Jean Charest fasse appel à André Dicaire, comme le veut la rumeur, pour l'épauler à la tête du gouvernement. M. Dicaire a été secrétaire du Conseil du Trésor et sous-ministre de la Santé et des Services sociaux sous Robert Bourassa. Il est aujourd'hui, pdg de la Financière agricole du Québec.
" À court terme, il n'y aura pas de chasse aux sorcières ", fait remarquer le directeur de l'Observatoire de l'administration publique. " À moins qu'un sous-ministre ne soit marqué politiquement, par exemple s'il est un ex-candidat ou s'il provient d'un cabinet politique, il résistera à un changement de gouvernement. Les nouveaux ministres sont d'ailleurs généralement heureux de pouvoir compter sur un sous-ministre expérimenté pour les aider à faire leurs premiers pas ".
En parcourant l'histoire récente, il est intéressant de noter que certains gouvernements ont été plus vites sur la gâchette que d'autres pour chambarder la haute fonction publique. Ce fut le cas, notamment, du gouvernement péquiste de Jacques Parizeau qui, trois mois après son élection en 1995, avait remplacé 40% des sous-ministres en titre. Au bout de cinq mois de régime Parizeau, 11 des 18 sous-ministres en titre s'étaient retrouvés sous d'autres cieux.
À titre comparatif, en 1976, le gouvernement de René Lévesque n'avait remplacé que 14% des sous-ministres dans les six premiers mois suivant son élection. En 1985, les libéraux de Robert Bourassa n'avaient touché qu'à 8% des sous-ministres dans les trois premiers mois.
Louis Côté rapporte que " l'espérance de vie " d'un mandarin dans un ministère dépasse rarement plus de deux ans. " Ou bien ça ne marche plus entre le ministre et le sous-ministre ou bien ce dernier a le goût de faire autre chose ou bien le gouvernement a d'autres plans pour lui ".
Il est étonnant de constater que le remue-ménage dans la haute sphère de l'administration publique ne se fait pas seulement lorsqu'un nouveau parti politique vient en déloger un autre, mais aussi lors de la réélection d'un même parti ou même lors d'un chambardement ministériel.
Une enquête menée en 1990 par deux chercheurs de l'Institut d'administration publique du Canada, Jacques Bourgault et Stéphane Dion (oui, oui, le ministre fédéral !) révélait que dans les 18 mois qui ont suivi l'arrivée au pouvoir du PQ, en 1976, sa réélection, en 1981, et l'élection du PLQ, en 1985, les différents gouvernements avaient complètement modifié la composition de leurs équipes sous-ministérielles.
Citons l'exemple de Bernard Landry qui, après avoir succédé à Lucien Bouchard au poste de premier ministre, a imposé un grand jeu de chaise musicale au sein du mandarinat au printemps 2001. Une dizaine de sous-ministres ont été déplacés dont ceux des deux plus importants ministères, la Santé et l'Éducation.
GLeduc@lesoleil.com
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Élection 2003
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Le lièvre et la tortue
Lysiane Gagnon
La Presse mardi 15 avril 2003
Pour paraphraser le slogan libéral de 1960, c'était l'temps qu'ça change, après neuf ans de gouvernements péquistes. C'est surtout l'usure et le passage du temps qui expliquent cette défaite- quand même fort honorable- du Parti québécois.
Honneur aux vaincus, Bernard Landry aura réussi à sauver plus que les meubles. N'oublions pas qu'il y a six mois à peine, les sondages laissaient entrevoir la possibilité que le PQ disparaisse presque complètement de la carte. Cela ne sera pas le cas, et le gouvernement Charest fera face à une opposition relativement forte.
L'ADQ, comme toujours atypique et imprévisible, a obtenu un score étonnant. Le parti a perdu les circonscriptions qu'il avait gagnées aux élections partielles de l'an dernier, ce qui indique de considérables carences au chapitre de l'enracinement et de l'organisation. Par contre, la formation de Mario Dumont a obtenu le vote d'un Québécois sur cinq- un succès d'estime qui dépasse les prévisions des sondeurs, et qui devrait lui servir de tremplin pour l'avenir.
Quant au nouveau premier ministre, rarement victoire fut-elle plus méritée, quant au travail et à la persévérance. Après avoir traversé moult vallées du désert et essuyé plus que sa part de quolibets, Jean Charest s'est finalement rendu au fil d'arrivée, donnant raison à monsieur de La Fontaine: c'est le triomphe de la tortue sur le lièvre. On se dit que pour avoir passé au travers de tant de revers tout en gardant le cap- et son calme- le nouveau premier ministre doit avoir une force morale assez remarquable.
Il en aura besoin, faut-il dire, car son règne ne sera pas de tout repos. Il devra jongler avec plusieurs "patates chaudes" en même temps, la première- et la plus brûlante- étant la question des défusions.
Suivront l'amoncellement des problèmes dans la santé, que la population, sur la foi des promesses de campagne, s'attend à voir rapidement réglés. Et puis le premier budget, dont on verra bien s'il correspond au cadre financier qui était au centre de la plateforme libérale. Enfin, après avoir promis de s'attaquer au déséquilibre fiscal et à la centralisation fédérale, M. Charest devra faire ses preuves sur la scène pancanadienne. Les défis, en somme, se succéderont. L'onde de choc se fera sentir sur la scène fédérale, où- au-delà des déclarations officielles- la victoire libérale ne fera pas que des heureux. En fait, pour le gouvernement Chrétien, il pourrait être bien plus embêtant de faire affaire avec un gouvernement québécois fédéraliste qu'avec un gouvernement souverainiste.
Ottawa pouvait toujours écarter les revendications des gouvernements Parizeau, Bouchard ou Landry, sous prétexte que de toute façon, ils ne croyaient pas au Canada. Mais il sera plus difficile de faire la sourde oreille aux revendications d'un gouvernement libéral, dirigé au surcroît par un fédéraliste inconditionnel.
Or, la plateforme libérale contient nombre de points qui pourraient engendrer des conflits avec le fédéral, notamment sur le déséquilibre fiscal et la décentralisation des pouvoirs en faveur des provinces.
Comme M. Chrétien est à la veille de sa retraite, la vraie question est de savoir quelle sorte de rapports son successeur probable, Paul Martin, entretiendra avec le gouvernement Charest. Mais la question est pour l'instant sans réponse, car nul ne sait ce que Paul "le Sphinx" Martin pense, sur ce sujet comme sur le reste. Rien ne dit qu'une fois premier ministre, il sera aussi conciliant qu'à l'époque de Meech. Il a déjà déclaré que le déséquilibre fiscal déploré par la classe politique québécoise est une pure invention. La table est donc mise pour quelques affrontements.
C'est pour le Bloc québécois que la victoire libérale est la plus dévastatrice. La seule légitimité du Bloc tenait au fait qu'il se présentait comme le "bras fédéral" du gouvernement péquiste, dont il suivait docilement la ligne. Avec un gouvernement libéral à Québec, le Bloc se retrouvera assis entre deux chaises et son existence, déjà contestée, sera de plus en plus remise en question... à moins que les Québécois, avec leur habituelle ambivalence, décident de voter en masse pour des souverainistes à Ottawa après avoir élu des fédéralistes à Québec...
Dans le reste du Canada, c'est évidemment avec soulagement que l'on accueillera la défaite des "séparatistes", mais la satisfaction pourrait être de courte durée, dans la mesure où un gouvernement Charest voué à la réforme de la fédération pourrait être plus agaçant qu'un gouvernement sécessionniste- d'autant plus que depuis 1995, les gouvernements péquistes étaient finalement réduits à l'impuissance par les sondages indiquant qu'une solide majorité de Québécois ne veut pas entendre parler d'un référendum sur la souveraineté.
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Élection 2003
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Une douce transition
J. -Jacques Samson
Le Soleil mardi 15 avril 2003
Chronique politique - Nous saurons très rapidement si Jean Charest était vraiment fin prêt à exercer le pouvoir. Le déroulement des rencontres menant à la formation de son Conseil des ministres et le niveau de diligence dans l'installation des cabinets ministériels seront révélateurs. Les dirigeants libéraux n'ont jamais douté de leur victoire. Un comité de transition a d'ailleurs été formé très tôt autour de l'ancien ministre et ancien président de l'Industrielle-Alliance, Raymond Garneau, pour préparer le terrain au nouveau gouvernement. Il entrera en scène aujourd'hui.
Cette équipe avait pour mandats de monter des cahiers de travail et des listes d'effectif pour les nouveaux ministres, dont plusieurs seront des néophytes dans ce travail. Le secrétaire général du Conseil exécutif sous Bernard Landry, Jean Saint-Gelais, avait de son côté le devoir de commander aux sous-ministres les habituels cahiers de " breffage ", contenant des états de la situation et les choses en chantier dans chaque ministère. Lorsqu'un changement de gouvernement s'annonce, les hauts fonctionnaires s'activent doublement. Leurs plans de carrière sont en jeu ! Depuis deux semaines, le taux de production, et de complaisance, connaît une flambée sur la Grande Allée. Aussitôt assermentés, les ministres devraient donc être rapidement équipés et instruits du présent comme du futur attendu d'eux.
L'ampleur de la victoire d'hier ne complique pas vraiment la tâche de Jean Charest. Il y a une semaine, Pierre Bibeau, le directeur de l'organisation libérale, me prédisait entre 75 et 90 sièges pour le PLQ. Dès hier matin, il avait relevé ses prévisions : " quelque part entre 87 et 100, disait-il avec assurance, et je ne serais pas surpris si c'était un ou deux au-dessus de 100. " Un : un raz-de-marée avait donc été bien détecté sur leurs radars. Le phénomène ne pourra être invoqué. Deux : de toute façon, entre 75 ou 100 sièges, la composition du Conseil des ministres ne changeait pas vraiment.
Jean Charest ne peut décemment faire plus de 24 nominations de ministres. Or, dans une première catégorie, plus de la moitié des fauteuils (14) étaient déjà réservés. Ils iront à Nathalie Normandeau, conceptrice de la politique des régions, Line Beauchamp, spécialiste de la culture et communications, au vétéran Pierre Paradis, Benoît Pelletier (auteur de la politique constitutionnelle) Jean-Marc Fournier, redoutable débatteur en santé dans l'opposition et...intime de Paul Martin, Claude Béchard, un proche de Charest, Michel Audet, mobilisé pour l'Industrie et le Commerce, Sam Hamad, Monique Jérôme-Forget, Pierre Reid, Yves Séguin (Finances), Monique Gagnon-Tremblay, Marc Bellemare et Jacques Chagnon.
À peu de choses près, neuf candidats pourraient être catalogués sous l'étiquette de " méritants " ; ces bons soldats sont en droit d'accéder au Conseil, en raison de leurs états de service. Certains ont même permis au PLQ de garder la tête au-dessus de l'eau: Thomas Mulcair, Michel Després, Christos Sirros (respecté de la gauche québécoise), François Ouimet, Norm MacMillan, un populiste aussi à l'aise dans le rôle de whip par contre, Pierre Marsan, une compétence en santé, Jacques Dupuis, un autre redoutable parlementaire, Yvon Marcoux, qui serait un bon aspirant pour le Conseil du Trésor et enfin, Russell Copeman, pour sa compréhension des politiques familiales.
Un premier ministre doit toujours ajuster son organigramme en fonction de la nécessaire réprésentation des régions. Cette obligation donne des chances entre autres à Diane Leblanc (Beauce-Sud) Françoise Gauthier (Jonquière) et Julie Boulet (Laviolette). Les libéraux sont en plus toujours soucieux de la représentation de certaines communautés, italienne ou juive notamment. De bons soldats (catégorie 2) seront obligatoirement recalés faute de place, ce qui entraînera quelques injustices. Jean Charest s'isolera avec quelques proches collaborateurs pour attacher les ficelles qui pendent encore. Le lieu n'est pas arrêté.
La gestion des premières vagues de mécontentement découlant de cette opération capitale en début de premier mandat nous renseignera sur le type de leadership qu'exercera Jean Charest. On l'a souvent décrit dans le passé comme un homme ayant des difficultés à composer avec les décisions indigestes sur le plan humain.
Le tête-à-tête
Les directeurs de cabinets, Ronald Poupart (Charest) et Brigitte Pelletier (Landry) conviendront aussi d'une rencontre entre les deux chefs de parti cette semaine " idéalement ". Bernard Landry en profitera pour s'assurer que de ses adjoints seront traités avec égards (en clair qu'ils auront un parachute). La liste doit être courte mais ce troc est entré dans les us et coutumes. Une transmission d'informations est également indispensable sur des dossiers spéciaux qui cheminent. La rencontre se termine habituellement sur une discussion à caractère plus philosophique sur la mission particulière et les difficultés inhérentes qui retombent sur un premier ministre du Québec. Les échos que j'ai recueillis de ces face-à-face reféraient toujours à la noblesse de l'échange et à un partage d'un amour profond pour le Québec, d'un même désir de mieux-être pour ce peuple qu'ils chérissent tous deux dans ces instants exceptionnels, autant mais différemment. Deux destins se rencontrent alors, dans une intimité qui leur appartient.
Le reste est de la quincaillerie. La véritable passation des pouvoirs se déroule dans ces minutes. Landry et Charest se respectent. Leurs derniers échanges à la dissolution de la Chambre étaient généreux. Leur prochain tête-à-tête devrait être riche d'émotions et de professions de foi. Jean Charest planifie déjà aussi une mini-session, de quatre ou cinq semaines, avant la Saint-Jean, tout au moins pour faire voter un budget légèrement modifié et un cahier de dépenses.
Les Québécois apprécieront pour leur part une transition sans équivoque mais en même temps une douce passation des pouvoirs.
JJSamson@lesoleil.com
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Élection 2003
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Triomphe et victoires morales
Michel Vastel
Le Soleil mardi 15 avril 2003
"Les Québécois se sont donné un gouvernement du XXIe siècle ", a lancé Jean Charest. " Nous constituerons une remarquable et forte opposition ", a prévenu Bernard Landry. " On a une vision, on continue ", a promis Mario Dumont. Toute élection est bonne qui finit bien...
C'est presque le Parlement idéal. Avec 76 députés élus, Jean Charest jouit d'une confortable majorité. Et il a au moins quatre ans devant lui pour faire ses preuves. Avec ses 45 députés, Bernard Landry a sauvé le Parti québécois. Et l'Action démocratique a frôlé la barre magique des 20 % des suffrages exprimés qui lui donnerait le statut de parti officiel à l'Assemblée nationale. Un triomphe et deux victoires morales en somme !
Bernard Landry avait lancé sa campagne en adjurant ses troupes de chanter : " Il faut gagner... " À 21 h 10 hier soir, au sous-sol de l'hôtel Delta de Sherbrooke, ce furent les militants libéraux qui entonnèrent le traditionnel : " On a gagné ! " Les réseaux de télévision venaient d'annoncer la formation d'un gouvernement libéral majoritaire.
La petite histoire retiendra que Jean Charest a été déclaré vainqueur 55 minutes après son parti ! Il devait faire chaud dans le salon de Claude " Red " Charest, le père du nouveau premier ministre, qui assistait à la soirée électorale en compagnie de sa famille et de quelques intimes - dont quelques conservateurs du Québec et d'ailleurs qui ont toujours suivi " Jean John " depuis ses débuts au Parti progressiste conservateur du Canada en 1984 !
Dans la suite du chef du Parti libéral, il y avait aussi Daniel Johnson, son prédécesseur. Et Claude Ryan, en convalescence, était avec lui par la pensée. La grande famille libérale avait refait son unité pour cette campagne. On ne pouvait donc pas ne pas remarquer que ni Lucien Bouchard, ni Jacques Parizeau n'étaient aux côtés de Bernard Landry.
Tout indique que, comme prévu, c'est l'Action démocratique de Mario Dumont qui a mêlé les cartes. En effet, avec 46 ou 47 % des suffrages exprimés, le Parti libéral n'améliore que légèrement ses résultats de 1994 et de 1998, environ une dizaine de points derrière le score réalisé par Robert Bourassa en 1985.
Tous les suffrages perdus par le Parti québécois de Bernard Landry, par rapport aux résultats enregistrés sous Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, ont donc été raflés par l'ADQ. Malgré tout, le parti est loin d'être condamné à la disparition que certains lui prédisaient l'année dernière. M. Landry lui-même n'y croyait plus trop au printemps de 2002. Mais avec ses 45 députés, il fait beaucoup mieux que Pierre Marc Johnson, qui n'en avait fait élire que 23 , et que Jacques Parizeau avec ses 29 élus.
La performance réalisée par le parti de Mario Dumont, qui contraste avec le faible nombre de sièges obtenus, va certainement relancer le débat sur les vertus d'un régime de représentation proportionnelle. Trois pour cent des sièges à l'Assemblée nationale pour 18,5 % des suffrages exprimés, c'est une profonde injustice que les électeurs demanderont de corriger. Incidemment, Jean Charest se disait d'accord avec cette réforme puisque c'est historiquement le Parti libéral qui a le plus souffert du régime actuel.
Cette victoire est d'abord celle de Jean Charest, qui a passé à travers plus de quatre années d'attaques personnelles et de commentaires blessants, qui a commencé la campagne très loin derrière ses deux adversaires dans la population francophone mais qui, après un bon débat, a poursuivi sur sa lancée, gagnant probablement la quinzaine de sièges qui lui manquaient encore dans la dernière semaine. Même Brian Mulroney avait des doutes sur la capacité de son protégé de rallier les francophones. Sa détermination et son travail méthodique auront eu raison des sceptiques.
On retiendra aussi que les trois chefs de parti ont célébré les résultats de l'élection avec classe. Jean Charest en particulier a rendu un chaleureux hommage à Bernard Landry, invitant les Québécois à lui accorder leur admiration et leur respect.
En cours de campagne, Jean Charest a laissé tomber quelques thèmes qui portaient. Comme : " Il y a plus de limousines devant l'Assemblée nationale que de médecins dans les hôpitaux ! " Ou encore : les 13 milliards $ disparus du portefeuille de la Caisse de dépôt et placement. C'est que le chef libéral ne voulait pas se disperser dans les attaques. Il voulait d'abord prouver aux Québécois qui, en majorité, souhaitaient un changement de gouvernement, que c'était lui l'incontournable, plutôt que Mario Dumont.
Bernard Landry a, quant à lui, commencé sa campagne, sûr de lui - trop peut-être - , sur un ton de professeur d'université qui explique à ses étudiants le rendement de l'impôt, la psychologie des profondeurs, les écarts entre le niveau de vie en Ontario ou au Québec. Il lui manquait simplement l'étincelle. Elle est malheureusement venue de Jacques Parizeau !
Bernard Landry a eu de bons mots pour " les souverainistes de longue date ", et des mots encore meilleurs pour " ceux qui le seront dans 20 ans ". Mais jamais le Parti québécois ne s'est rapproché de l'appui accordé à la souveraineté dans les sondages. Avec seulement 33 % des suffrages exprimés, il en termine même très loin ! Ce sera sûrement sujet de réflexion au Parti québécois.
Mario Dumont aussi espérait que " le printemps donne aux Québécois le goût d'un grand ménage... " Mais ce n'est pas lui qui va passer le balai ! " L'avenir autrement ", c'était pourtant un beau slogan. Mais cela n'a pas suffi pour faire oublier une campagne mal partie et menée sans panache...
MVastel@lesoleil.com
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Élection 2003
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L'Assemblée idéale
Michel Vastel
Le Soleil mardi 15 avril 2003
"Ça rappelle 1985 ! " répétait l'ancien député de Sherbrooke, André J. Hamel. Il pensait à un balayage libéral, bien entendu. Mais quand je lui ai rappelé que le chef, Robert Bourassa, a aussi été battu dans sa circonscription de Bertrand, il a hoché la tête. Il ne pensait qu'à cela aussi.
La petite histoire retiendra que Jean Charest a été déclaré vainqueur 55 minutes après son parti ! Il devait faire chaud dans le salon de Claude " Red " Charest, le père du nouveau premier ministre, qui assistait à la soirée électorale en compagnie de sa famille et de quelques intimes - dont quelques conservateurs du Québec et d'ailleurs qui ont toujours suivi " Jean John " depuis ses débuts au Parti progressiste conservateur du Canada !
Bernard Landry avait lancé sa campagne en adjurant ses troupes de chanter : " Il faut gagner ! " À 21 h 10 hier soir, au sous-sol de l'hôtel Delta de Sherbrooke, ce furent les militants libéraux qui entonnèrent le traditionnel : " On va gagner ! " Les réseaux de télévision venaient d'annoncer la formation d'un gouvernement majoritaire libéral.
C'est presque le Parlement idéal : avec 76 députés élus ou en tête au moment de mettre sous presse, Jean Charest jouit d'une confortable majorité. Et il a au moins quatre ans devant lui pour faire ses preuves. Avec ses 45 députés élus ou en tête, Bernard Landry a sauvé le Parti québécois. Et l'ADQ était à quelques milliers de voix de la barre magique du 20 % des suffrages exprimés qui lui donnerait le statut de parti officiel à l'Assemblée nationale.
Tout indique que, comme prévu, c'est l'Action démocratique de Mario Dumont qui a mêlé les cartes. En effet, avec 44 ou 45 % des suffrages exprimés, le Parti libéral s'en tient à ses résultats de 1994 et de 1998, environ une dizaine de points derrière le score réalisé par Robert Bourassa en 1985.
Tous les suffrages perdus par le Parti québécois de Bernard Landry, par rapport aux scores réalisés par Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, ont été amassés par l'ADQ. Malgré tout, avec près de 50 députés élus, le parti est loin d'être condamné à la disparition que certains lui prédisaient l'année dernière. En 1985, Pierre Marc Johnson n'avait fait élire que 23 députés, et Jacques Parizeau 29.
La performance réalisée par le parti de Mario Dumont, qui contraste avec le faible nombre de sièges obtenus, va certainement relancer le débat sur les vertus d'un régime de représentation proportionnelle. Trois pour cent des sièges à l'Assemblée nationale pour 20 % ou presque des suffrages exprimés, c'est une profonde injustice que les électeurs demanderont de corriger. Incidemment, Jean Charest se disait d'accord avec cette réforme puisque c'est historiquement le Parti libéral qui a le plus souffert du régime actuel.
Cette victoire est d'abord celle de Jean Charest, qui a passé à travers plus de quatre ans d'attaques et de commentaires blessants, qui a commencé la campagne très loin derrière ses deux adversaires dans la population francophone mais qui, après un bon débat, a poursuivi sur sa lancée, gagnant probablement la quinzaine de sièges qui lui manquait dans la dernière semaine. Même Brian Mulroney avait des doutes sur la capacité de son protégé de rallier les francophones, mais sa détermination et son travail méthodique auront eu raison des sceptiques.
En cours de route, Jean Charest a pourtant laissé tomber quelques thèmes qui portaient. Comme " Il y a plus de limousines devant l'Assemblée nationale que de médecins dans les hôpitaux ! " Ou encore les 13 milliards $ disparus du portefeuille de la Caisse de dépôt et placement. C'est que le chef libéral ne voulait pas se disperser à l'attaque puisqu'il n'avait qu'une chose à prouver : puisque les Québécois, en majorité, voulaient le changement, il s'est appliqué à démontrer que c'était lui l'incontournable, plutôt que Mario Dumont.
Bernard Landry a commencé sa campagne, sûr de lui, sur un ton de professeur d'université qui explique à des étudiants le rendement de l'impôt, la psychologie des profondeurs, les écarts entre le niveau de vie en Ontario ou au Québec. Il lui manquait simplement l'étincelle, elle est venue de Jacques Parizeau ! La guerre lui avait pourtant donné l'occasion de se poser en chef d'État - vous vous rappelez le comité spécial de sous-ministres pour parer à toute éventualité ? - , mais les Québécois ne se sont jamais sentis menacés par cette guerre. Et elle a fini trop tôt !
Bernard Landry a eu de bons mots pour " les souverainistes de longue date ", et des mots encore meilleurs pour " ceux qui le seront dans 20 ans ". Mais jamais le Parti québécois ne s'est rapproché de l'appui accordé à la souveraineté dans les sondages. Il termine même très loin.
Mario Dumont aussi espérait que " le printemps donne aux Québécois le goût d'un grand ménage... " Mais ce n'est pas lui qui va passer le balai ! Comme un moteur encrassé à la calamine, la campagne adéquiste démarrait sur trois pistons : un programme au jour le jour, des pancartes écrites à la main, un petit groupe de militants à Rivière-du-Loup...
La retraite " autrement ", la famille " autrement ", la politique " autrement ", l'avenir " autrement ", c'était pourtant de beaux thèmes. Mais, candide, Mario Dumont n'a pas vu venir les pièges d'une vraie campagne électorale : la force de l'organisation, l'importance de l'image, l'impact de la formule coup-de-poing. Déterminé à faire une campagne de bon garçon, le chef de l'ADQ n'a jamais été considéré comme un challenger.
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Élection 2003
| Le choix des Québécois
Les défis de Jean Charest
Claude Picher
La Presse mardi 15 avril 2003
"Notre priorité, c'est la santé", a martelé Jean Charest tout au long de la campagne. Le programme libéral préconise en effet une croissance annuelle des dépenses de santé de 5,1 % au cours des cinq prochaines années. À ce rythme, les dépenses additionnelles attendraient 6,2 milliards d'ici 2008-09, une hausse de 36 % par rapport à l'exercice 2002-2003. Malgré l'importance du montant, cet engagement sera assez facile à tenir compte tenu de la croissance normale des revenus de l'État.
Le grand défi du nouveau premier ministre du Québec ne consistera donc pas à financer son engagement, mais à s'assurer que les patients, et donc les contribuables, en aient pour leur argent. Or, le gouvernement péquiste a multiplié les déblocages de fonds supplémentaires pour le réseau de la santé; pourtant, les problèmes sont toujours là, plus criants que jamais, parce que tout cet argent a été injecté dans un système en dysfonction.
Si M. Charest veut vraiment remplir son engagement d'accorder la priorité à la santé, il ne lui suffira pas d'augmenter les dépenses. Compte tenu de sa capacité de payer, le Québec, à cet égard, soutient déjà la comparaison avec le reste du Canada, avec des dépenses atteignant 6,6 % du PIB, contre une moyenne canadienne de 6,5 %. Il faudra aussi que M. Charest s'attaque au cancer rampant de la bureaucratie, aux lobbies médicaux et syndicaux, à la décentralisation, à une réglementation paralysante (comme cette règle stupide qui ampute les chèques de pension des infirmières retraitées qui seraient prêtes à reprendre du service). Si ces nouvelles dépenses ne sont pas accompagnées de réformes administratives en profondeur, les Québécois se retrouveront avec exactement les mêmes problèmes dans cinq ans, et des milliards en fonds publics auront été gaspillés pour rien.
Juste avant le début de la campagne électorale, la ministre des Finances, Pauline Marois, a déposé un budget qui annonçait une panoplie de cadeaux. M. Charest, comme chef de l'opposition, a été un des critiques les plus féroces de ce budget préélectoral. Comme les élections ont été déclenchées dès le lendemain, le budget Marois n'a jamais fait l'objet d'un débat à l'Assemblée nationale. Rien ne lie le nouveau premier ministre à ce budget. Un autre défi, pour M. Charest et son ministre des Finances, sera donc de présenter avant l'été un budget qui reflète mieux sa philosophie, notamment en mettant un frein aux propensions interventionnistes de l'État québécois. Le nouveau gouvernement n'est pas tenu de baisser les impôts immédiatement: le programme du parti indique que le premier milliard de baisses d'impôts s'appliquera à l'exercice 2004-2005.
Un défi, qui ne sera pas difficile à relever, sera de combler les ministères à vocation économique. La rumeur désigne déjà Yves Séguin, nouveau député d'Outremont, aux Finances. Une recrue moins flamboyante, mais beaucoup plus expérimentée, Michel Audet, est prêt à prendre immédiatement du service dans un poste senior. Monique Jérôme-Forget, réélue dans Maguerite-Bourgeoys, ci-devant critique du parti en matière de finances publiques, pourrait également occuper un ministère "économique".
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Élection 2003
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Quebecers have moved on
CHANTAL HÉBERT
TORONTO STAR Apr. 15, 2003
Quebec City—By leading the Quebec Liberals to a majority government, Jean Charest has provided federalists with a happy ending to the suspenseful Quebec chapter that opened with the dramatic failure of the Meech Lake constitutional accord in 1990.
It has been a long time coming.
Last night's election of a Liberal government was the first decisive federalist victory in Quebec since the advent of the constitutional crisis that so shook Canada 13 years ago.
In 1995, the No camp had narrowly won the Quebec referendum by the closest of margins — 1.2 percentage points.
In the last federal and provincial elections, federalist parties had collected more votes than either the Bloc Québécois or the Parti Québécois.
But until last night both sovereignist parties had always managed to hang on to a majority of seats and the dominant position in francophone Quebec.
After two mandates and despite a high satisfaction rate for its performance in government, the PQ could not buck the overwhelming current of change that propelled Charest from a distant second place at the outset of the campaign to a majority in the National Assembly.
The results will undoubtedly be food for thought at Queen's Park and in Saskatchewan and Newfoundland where incumbent governments led by rookie premiers will also be seeking third or even fourth mandates later this year.
But if Charest's upset win might herald other imminent changes of government provincially, his victory bodes well for the governing Liberals federally.
Under the probable leadership of Paul Martin, they, too, stand to decisively end the sovereignist seat supremacy in Quebec in the next federal election.
For the Liberal victory spells more than the end of the PQ's decade-long hold on the National Assembly.
This morning, Quebec's sovereignty movement is effectively in shambles. The main players of the Yes camp in the last referendum all face an uncertain future.
That includes the Action démocratique du Québec's Mario Dumont.
Last night, the ADQ failed to score the big breakthrough that seemed like such a sure thing when the party was leading in the polls last fall.
Dumont could not even win the consolation prize of the balance of power in a minority government setting.
Because of his young age, 32, it is sometimes easy to forget that Dumont is a veteran leader on the Quebec political scene. He has already spent a decade in the National Assembly, most of it as the sole representative of his party.
With four more years in relative isolation to go, whether he can sustain and grow a right-wing party under the nose of a small-c conservative leader like Jean Charest remains very much to be seen.
The PQ will be changing leaders. At 66, Bernard Landry is not expected to be more than a caretaker leader of the opposition.
Quebec might be treated to a full-fledged leadership campaign for the first time in 20 years. Since the mid-'80s, every Quebec leader has been the product of a coronation.
There are expected to be strong challengers for Landry's succession including, in the lead, outgoing finance minister Pauline Marois who stands to become Quebec's first female party leader.
But the PQ will have to address thornier issues than its leadership.
In 1994, the party rode the post-Meech nationalist wave back to power and a second referendum.
But passions have now died down. The PQ's insistence on keeping sovereignty on the front-burner accounts for the magnitude of its defeat last night.
Long before yesterday's vote, there were abundant signs Quebecers had moved on, even if their government had not.
There are no expectations Charest will want to reopen the constitutional debate anytime soon and no real pressure on either him or Martin, for that matter, to do so.
If the PQ maintains sovereignty as its core project, its next leader will likely face an uphill battle to ever lead the party back to power.
Moreover, this may have been Quebec's final first-past-the-poll election.
Charest — who until last night had always been on the losing end of the current system, never winning enough seats to match his votes — is committed to introducing proportional representation to future Quebec elections.
If and when that happens, the sovereignty movement could break up into splinter groups.
As for the Bloc Québécois, its purpose has never seemed less obvious.
Even before the defeat of its provincial allies, the federal party had started to lose some of its best and brightest to the provincial scene.
The remaining Bloquistes face a bleak future and, probably, political death by attrition over the next couple of federal elections.
For Jean Chrétien, last night's results are yet another reason to look forward to his upcoming retirement.
Over the past 40 years, the battle against sovereignty has defined the current prime minister. After last night, there does not seem to be anybody left for him to tackle.
Chrétien might yet be joined in political retirement by his post-referendum point man.
Early on in the Quebec campaign, unity minister Stéphane Dion promised to leave politics if the PQ was defeated.
Many in Quebec — including the new premier who has never seen eye to eye with Dion — are hoping he will now make good on his commitment.
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Élection 2003
| QUEBEC ELECTION
Grit win shows sovereignty dormantIn pivotal debate, Charest scored with clear stand for federalism
Tu Thanh Ha
The Globe and Mail Apr. 15, 2003
Montreal PQ - Long the unloved man of Quebec provincial politics, Jean Charest completed a remarkable come-from-behind election campaign yesterday by terminating nine years of Parti Québécois government.
The Liberal Leader is the first unambiguous federalist to head a Quebec government in decades, a sign of how much sovereignty, once the touchstone of political life here, has turned into a dormant issue.
Loud cheers rang through the ballroom of the Delta Hotel in Sherbrooke where Liberals had gathered, when news came that Mr. Charest, after a tight fight, had pulled ahead and was expected to win his own riding.
By winning the election, Mr. Charest, once a transplanted federal politician, has also brought a likely end to PQ Leader Bernard Landry's distinguished political career that spanned 33 years.
Mr. Charest faces a challenging time ahead.
The collective agreements of Quebec's public-sector workers expire in June. With the exception of Health and Education, several government departments will see their budgets slashed. And Mr. Charest has to stickhandle his way through his contentious pledge to allow newly amalgamated cities to demerge.
But for now, Mr. Charest can bask in the glow of having run a first-rate election campaign that has rehabilitated his image. Political observers say no election has seen such a complete reversal of fortunes in such a short period.
In a span of two weeks, from the mid-election leaders' debate to yesterday's vote, Mr. Charest went from being the least-appreciated political leader in the opinion polls to becoming Quebec's 29th premier.
Mr. Charest's undeniable federalism has long coloured his image and it initially made him a liability to his party. But one reason Mr. Charest pulled it off was actually by bringing up the issue of Quebec sovereignty.
Coming into the leaders' debate, Mr. Charest received a cursory article culled from the Internet about remarks former PQ premier Jacques Parizeau made earlier that day.
Despite the fragmentary report, the Liberal Leader took a gamble and decided to challenge Mr. Landry, accusing Mr. Parizeau of having repeated his "money and ethnic votes" blame for the defeat of the sovereignty referendum in 1995.
Mr. Landry was caught off-guard and was put on the defensive, trying to distance himself from Mr. Parizeau while not upsetting his more staunch sovereigntist supporters. This came just as Quebeckers had started shifting their attention from the war in Iraq to electoral issues.
Even a week after the debate, Mr. Landry was still mired in sovereignty talk, musing about holding a referendum "if I have the least chance of winning."
Beyond the Parizeau affair, throughout the debate, Mr. Charest came across as thoughtful and well-versed in policy issues.
If the turning point was the leaders' debate, its groundwork was laid in the nearly five years Mr. Charest has spent touring the Quebec hinterland to become familiar with provincial issues and shedding his image as a smooth-talking transplanted federal politician.
Meanwhile, another crucial factor in Mr. Charest's improving fortunes came with the collapse of Mario Dumont's Action Démocratique du Québec, which led a hesitant, inexperienced campaign.
The ADQ crumpled enough that it no longer threatened the Liberals, but still remained strong enough to siphon francophone support away from the Péquistes.
The opposition years weren't easy for Mr. Charest, to the point that polls last year showed voters wanted change but would prefer the fledgling ADQ to the Liberals.
Ever since their province changed in the 1960s from a religious backwater to a modern, secular society, Quebeckers have never voted three times in a row for the same government.
A Progressive Conservative leadership runner-up behind Kim Campbell, the 1993 federal election left Mr. Charest the leader of a two-MP Tory caucus. He worked hard to rebuild the party but when he later left and joined the provincial Liberals, he was hailed as a potential saviour who could defeat Lucien Bouchard. Instead, he spent five years in opposition.
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Élection 2003
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Hard work pays off for Charest the `survivor'Lesson learned at kitchen table takes him to top Quebec Liberal leader stayed low in polls for years
ANDREW CHUNG, OTTAWA BUREAU
TORONTO STAR Apr. 15, 2003
SHERBROOKE, Que.—It was usually around the kitchen table that Jean Charest would hear from his parents the three key ingredients to a successful life: Work, work and more work.
He and his four brothers and sisters would hear this lesson from their parents regularly. And people here, in Charest's hometown, have come to know the axiom as one that has forever coloured his life.
Truth be told, the curly-haired John James Charest — known by most as Jean — is not known to be a particularly assiduous politician. But he had to work very hard to reach the pinnacle of power in the province, to sit in the famous "bunker" high up in the National Assembly.
And, more importantly, to avoid yet another defeat.
The hard work was a tonic against the last five years, which have been long and unkind since the Liberal leader lost the 1998 Quebec election.
Before he "chose Quebec," Charest, 44, was the face of the federal Progressive Conservative party. He lost the 1993 leadership vote to Kim Campbell. After the party's decimation to just two seats in that year's election, he became leader. He managed to capture just 20 seats in 1997, far short of expectations.
After being nearly press-ganged into coming to Quebec, to save the country from the sovereignists, he lost the 1998 provincial vote. He stayed low in the polls for the last five years.
"It's been 10 years of fighting and facing defeat after defeat," said André Pratte, who wrote a biography of Charest.
"He's a survivor. He's had many defeats in many different periods and now here he is. It proves his determination is one of his main qualities."
Charest, whose ambition is unquestionable, has often worked hard to undermine the perception that he was not ready for a challenge.
Seen by some as too young to capture the federal Tory nomination here, the 26-year-old slew the town's veteran MP in 1984. Two years later he became the country's youngest federal cabinet minister. In his 30s he tackled sensitive constitutional matters, and later ran for the Tory leadership.
If he wasn't ready, he'd get there fast. In his three years as a practising lawyer, Pratte recounted how Charest would sometimes stay up all night to prepare for a case the next day. As former prime minister Brian Mulroney's environment minister, Charest got to know the portfolio so well he could spar with scientific experts for hours.
Charest is the first to admit he wasn't ready for Quebec politics.
Many observers thought he seemed out of place, a better fit in Ottawa.
Francophones were wary of a man who so forcefully fought against the Yes side in the 1995 referendum, resorting to histrionics such as pulling a passport out of his pocket and warning the sovereignists wanted to take it away.
He didn't know how the media operated here. He didn't have a firm grasp of the issues, either. Back then, even Liberals felt he was a stranger, Charest recalled last week.
It's no coincidence that the party's slogan this election was, "We're ready." Charest just as often intoned, "I'm ready," an open reminder that, last time, he was not.
Charest was born on June 24, 1958 in the Eastern Townships city of Sherbrooke. He grew up under the strict reins of his father, Claude "Red" Charest, and the soft-spoken entreaties of his mother, Rita Leonard, who died of leukemia when her son was in law school. It was a truly bilingual household.
As a teenager he was precocious, and liked to party. His marks suffered but Jacques Garneau, Charest's French teacher at École Montcalm High School, said in an interview that Charest was a nonetheless a good student.
"He was very popular among the students and teachers. He spoke to everybody," said Garneau, 65.
Charest was student council president at Montcalm. It's also where he met his wife, the refined but feisty Michele Dionne.
Charest's many successes have also been interspersed with disappointments.
He had to resign his first cabinet post, minister of state for fitness and amateur sport, in 1990, after inexplicably calling a Quebec superior court judge inquiring on the case of a coach suing for reinstatement to the national team.
Then there was a failure of the Charest committee that same year.
Charest was asked by then federal environment minister and Quebec lieutenant Lucien Bouchard to head a committee in an effort to save the Meech Lake constitutional accord.
The results, however, were disastrous. Quebec nationalists spurned the report. And Bouchard quit Mulroney's cabinet. Charest felt betrayed.
He was acclaimed Quebec Liberal leader in March, 1998, after being pressured to replace Daniel Johnson, but lost the provincial election that year to Bouchard, the then PQ premier.
Amid the defeats and failures, he has persevered. There's no question he loves Canada, it's one of his reasons for being a career politician, observers note.
He's a fierce federalist, but one who will fight for Quebec's interests.
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Élection 2003
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Quebec embraces a federalist icon
TORONTO STAR Apr. 15, 2003
Editorial - Jean Charest campaigned for Canada in a dark hour during the 1995 Quebec referendum. As federal Progressive Conservative leader, he electrified the battle with his passport-waving Canadian patriotism, fierce pride in Quebec, youthful energy and forward-looking vision.
Three years later Charest, by then a federalist icon, quit Ottawa to take over the Quebec provincial Liberal leadership, challenging well-entrenched separatists in their own backyard. It would be a struggle.
His triumph last night over Premier Bernard Landry's Parti Québécois is welcome and well-deserved, tempered only by a tight race in his own riding. It's also a fitting sequel to the moral victory he chalked up in the 1998 provincial election when his Liberals took more votes than the PQ under Lucien Bouchard, but fewer seats.
And all of Canada is the better for the result. For the first time in a decade Quebec will have an unapologetically federalist premier, and the province will be spared a ruinous third referendum. Bitter as this is for Landry's aging generation of separatists, who now see scant hope of creating the "Republic of Quebec" that has been their motivating dream, it is good news for most Canadians, and for the majority of Quebecers.
Landry launched his failed bid for a rare third consecutive PQ mandate with a big lead among francophone voters.
But his theme — "when you have a good government you don't change it" — sounded tired. He performed poorly in a critical debate. Losing ground, he tried to shore up PQ morale and to lure voters from Mario Dumont's right-wing Action démocratique party by threatening to launch another referendum if the PQ had "the slightest chance" of winning. Yet, seven in 10 Quebecers recoil from the prospect. Many voted accordingly.
Charest campaigned for "change," within Canada. He promised a $5 billion tax break to highly taxed wage earners and offered to pump $5 billion more into health and education. That sounded better than Landry's offer of a four-day workweek for some, coupled as it was with the prospect of an umpteenth ruinous attempt to sunder the country.
The Liberal comeback does not mark a "new era" in Canadian politics so much as a public reiteration of an allegiance Quebecers displayed in the referendums of 1980 and 1995. They want their premier to work within Canada for more money and autonomy. They are tired — for the moment at least — of separatists inventing "humiliations" to persuade those who instinctively shrink from independence, to take a walk on the wild side.
This isn't separatism's death knell; but it is a welcome low in the cycle.
Positive though Charest's arrival is, it will not end federal/provincial wrangles. He can be expected to affirm his "nationalist" credentials by demanding more control of tax dollars and how they are spent. But that has been a feature of Confederation since 1867. Charest at least does not have unrealistic hopes for constitutional change.
This should guarantee him friends in Ottawa, as Prime Minister Jean Chrétien prepares to bow out. Charest is committed "to work for Quebec's betterment — within this wonderful country, Canada." He deserves a warm welcome, and a helping hand.
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Élection 2003
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Strong leader needed to revive PQ credibility Party risks more rifts within if it does not define how it will deal with federalism
RHÉAL SÉGUIN
Globe and Mail Apr. 15, 2003
Analysis: Quebec — After yesterday's setback, the Parti Québécois is at a crossroads: The choice of a new leader to replace Bernard Landry will dictate whether the PQ stops masquerading as a sovereigntist party or shows the courage of its convictions.
The election has shown that Mr. Landry's leadership — or lack of it — was the main cause of the PQ's defeat and the unravelling of the sovereignty movement. He refused to stake his political future on making it clear to voters where he stood on sovereignty, and he paid dearly for his ambiguity.
Voters rejected Mr. Landry's "transition" plan to examine a so-called "confederal union" between Quebec and the rest of Canada, which appeared to many sovereigntists as an ambivalent attempt to soft-pedal the party's option. It will take strong leadership to restore credibility in a party torn between wanting power and acting on its beliefs.
But there is no obvious successor with the type of vision Jacques Parizeau offered the last time the PQ was rebuilding.
Mr. Parizeau left last week for his vineyard in France, stung at being dumped from the campaign after Liberal Leader Jean Charest said that the former premier had reaffirmed his comment that sovereignty was defeated in the 1995 referendum by "money and the ethnic vote." And he didn't want to be around to see the sovereignty option crippled as it was in the PQ's 1985 defeat under leader Pierre Marc Johnson.
There are differences between now and then. Mr. Parizeau mounted a putsch against Mr. Johnson, who replaced sovereignty with a type of renewed federalism called "national affirmation." However, no hard-line sovereigntists are waiting in the wings today, and the rest of Canada has no desire to change the federal system to recognize Quebec as a nation.
Status-quo federalism is here to stay and the PQ must choose how to deal with this political reality.
Under Mr. Parizeau, whose government took office in September of 1994, the choice was clear: A PQ government would hold a referendum on sovereignty and would separate from Canada if it won. In mid-August, 1995, Lucien Bouchard, who was then the Bloc Québécois leader, and Action Démocratique du Québec Leader Mario Dumont sat down with Mr. Parizeau to decide the date of the referendum.
Mr. Bouchard had succeeded in imposing his view that the referendum should be not only on sovereignty but also on maintaining ties with Canada. Mr. Parizeau agreed, as long as sovereignty would not be dictated by the outcome of negotiations to achieve an economic and political partnership.
At the meeting, Mr. Parizeau unveiled PQ polls that showed support for sovereignty at 46 per cent and said the referendum would be the next October, giving the other two leaders no choice. The PQ lost the referendum by fewer than 55,000 votes.
Mr. Bouchard took over the PQ in January of 1996 and introduced controversial cutbacks in health care, education and social programs. He led his party to a second consecutive mandate in November of 1998, attempting to revamp his right-wing image by promising $5-a-day daycare and pay equity. It was clear that the PQ would focus on governing a province rather than achieving nationhood.
One week before the vote, Radio-Canada released a poll showing support for sovereignty at 47 per cent. However, Mr. Bouchard could not bring himself to campaign on a promise to hold another referendum. The day after the election, he put sovereignty on the back burner.
"Obviously the first part of the mandate will have to be devoted to the achievement of good government," he said.
Two years later, Mr. Bouchard quit politics. Campaigning to succeed him, Mr. Landry promised to place sovereignty at the forefront of the PQ government agenda and suggested ways to breathe new life into the movement.
Mr. Landry came into office like a lion, scoffing at the federal government's postreferendum propaganda campaign in Quebec and referring to the Canadian flag as a "red rag." He was soon tamed, however, fighting for improvements to federalism and defending Quebec's provincial interests.
Most Quebeckers still do not support sovereignty, nor do they express any desire for another referendum soon. But sovereignty remains strong in the political spectrum and isn't about to disappear.
Quebec voters despise inertia, political masquerades and weak leadership. And unless the PQ can prove to voters that the party is authentic and sincere, internal divisions will grow, forcing sovereigntists to look for alternatives that now appear marginal at best.
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Élection 2003
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Results herald new era for federalism
JOHN IBBITSON
Globe and Mail Apr. 15, 2003
It turns out he was a wolf in sacrificial lamb's clothing.
Jean Charest, the politician beloved across the nation for his unflagging ability to lose in a noble cause, is about to become premier of Quebec. And a new era of federal-provincial renewal will soon be upon us.
Mr. Charest's victory last night was nothing if not emphatic. A Liberal majority government within 39 minutes of polls closing and this despite the fact that many of the Liberals' safest ridings on the island of Montreal still hadn't finished voting yet because of irregularities. With PQ ridings and cabinet ministers falling to the left and right, the result was obvious. Not just a victory, but a landslide for Mr. Charest.
Most Charest-watchers never thought it would happen. Think of how many times this man took one for the team. He ran against Kim Campbell in 1993, simply so there would be a veneer of competition in the federal Progressive Conservative leadership race (and almost won).
After the October debacle, he dutifully gathered up the pieces of the Progressive Conservative Party, restoring some measure of parliamentary credibility in 1997. Then it was off to Quebec, where the Liberals were desperately in need of someone who could lose respectably to Lucien Bouchard's Parti Québécois.
But this time, he had nearly five years to prepare. And look what happened. It turns out that if you give Mr. Charest sound policies and enough money, and throw in a third party to bleed off PQ votes, he will actually win an election for you.
So what does it mean for Quebec? And what does it mean for the rest of the country?
For Quebec, it will mean some measure of turmoil — nothing akin to the storms that greeted Ralph Klein, Mike Harris and Gordon Campbell, but enough to make life interesting.
After all, Mr. Charest is proposing to reduce personal income taxes 27 per cent, introduce English instruction in French schools in Grade 1, reduce the size of the public service and freeze spending in all departments outside Health and Education, take a knife to the province's regulatory regime, and increase the role of private daycare.
More than enough for a few mass protests and maybe even a provincewide strike or two.
But in the longer run, these reforms could set Quebec on a path toward competitive tax rates and an entrepreneurial environment that will solidify growth and transform an economy that has underperformed for generations.
For the rest of the country, Mr. Charest's victory will make for interesting times. Although the threat of a referendum on separation any time this decade has become extremely remote, the state of the federation is once again migrating to the front burner.
Mr. Charest is a cosmopolitan Canadian: at home in Quebec, Ottawa, or any part of the country. As a Mulroney-era cabinet minister and as federal PC leader, he poked his nose into every nook and cranny of the country. He is probably the first Quebec premier-designate who knows where Humboldt, Sask., is. He might even have been there.
This will not lessen pressure from Quebec for a reordering of federal-provincial powers. Quite the opposite. Mr. Charest will work easily and comfortably with other provincial premiers, most of whom want exactly what Quebec wants: greater provincial control over tax revenues and an end to federal intrusions in areas of provincial jurisdiction.
Provided Paul Martin, that other cosmopolitan Quebecker, becomes prime minister, Ottawa may well be willing to work with the provincial governments to realign powers and priorities. If things go well, Mr. Charest, in concert with the Alberta and British Columbia premiers, could work out a new deal for Confederation with Mr. Martin that brings greater clarity and responsibility to each level of government, without sacrificing national standards.
If things go awry, negotiations could degenerate into acrimony, and the sovereigntists would rightly paint Mr. Charest as neither a sheep nor a wolf, but a lap dog. And the decade could end with sovereignty once again on the rise in Quebec — but leave that for another time.
Today the sun rose on Jean Charest, premier-designate of Quebec. Finally. Good on 'im.
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Élection 2003
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He's ready. Is Canada? With Jean Charest as Quebec's new leader, the feds will no longer be able to dismiss the province's demands. He's got Ottawa's number, says BRIAN TOBIN
BRIAN TOBIN
Globe and Mail Apr. 15, 2003
Jean Charest is surely the most "Canadian" premier ever to take office in the history of Quebec. His political roots were forged in the Conservative Party under Brian Mulroney and in the House of Commons, which is why Quebec Premier Bernard Landry spent the last days of the province's election campaign attacking Mr. Charest for being too close to Ottawa. To this, Mr. Charest has simply replied, "There will always be a sovereignty movement in Quebec and you have to accept that they defend that idea like I defend mine."
Jean Charest's election victory comes with the support of many francophones who, after years of reluctance, are embracing the brand of leadership he is offering them. In saying yes to Mr. Charest, Quebeckers have said yes to someone who, after spending years in the political wilderness, emerged to dominate the provincial leaders' TV debate of March 31. Despite his opponents' appeal -- the fresh-faced Mario Dumont, who promised to reduce government's role in Quebeckers' lives, and the known quantity of the nationalist incumbent, Bernard Landry, they saw in Mr. Charest someone in touch with the issues most important to Quebeckers.
Mr. Charest scored big on health care, education and the economy. He refused to allow Mr. Landry to get away with being fuzzy on sovereignty. He was revealed in the debate to be experienced and tough, and at the same time, passionate and committed to his vision of a more outward and confident Quebec within Canada.
Jean Charest has suffered for many years from the label of "golden boy," someone to whom success came too easily and quickly. That's simply wrong. In fact, he has more than paid his dues.
I remember when he came into the House of Commons in 1984. Young, articulate and perfectly bilingual, he was clearly a Mulroney favourite and was quickly made assistant deputy speaker. He was very good in the role, and the House respected his authority. In June, 1986, when he was 28, he was invited into the cabinet (as the minister of state for youth) -- the youngest MP ever to be sworn in. From there, he moved to increasingly important portfolios, culminating in minister of the environment.
Along the way, he paid his dues for his vision of federalism, breaking with his old friend Lucien Bouchard over the Charlottetown Accord. In 1993, battling Kim Campbell for the leadership of the federal Progressive Conservatives, he came close to upsetting what was supposed to have been an easy win for her. Later that year, after Ms. Campbell's blistering defeat before a resurgent Liberal Party, it was Mr. Charest who picked up the pieces and began rebuilding the party.
Within two years, he was fighting for Canada itself. His voice was among the most powerful and persuasive in urging Quebeckers to say no to Mr. Bouchard's phenomenal campaign in the 1995 referendum. Contesting the federal election of June, 1997, as PC leader, Mr. Charest increased the Tories' desperately thin ranks, winning more seats in Atlantic Canada, and earning the grudging respect of his political foes.
That is why, less than a year later, voices from every quarter urged Jean Charest to take up the leadership of the Liberal Party of Quebec. In April of 1998, he did so.
Now, I know from experience that moving between provincial and federal politics is a tricky switch -- not least because the folk with whom you have made common cause for many years tend to see the large national questions from only one side of the jurisdictional equation. Like me, Jean Charest has seen both sides now. His job will be that of bridge-builder, explaining each side to the other. An example: The federal government sees itself as the guarantor of public health care across Canada. Provincial governments see Ottawa merely as the funding agent, the source of grief.
But if anyone expects that Mr. Charest's rise in Quebec will spell peace on the health-care front, think again. It's far more likely that Ralph Klein will have a new ally, someone who will join him in demanding that Ottawa pay its share. The difference is, with Mr. Charest, Ottawa won't be able to dismiss his demands as the clamour from another Quebec sovereigntist.
We can also expect him to understand the vital importance of the Canada-U.S. relationship; after all, he's a veteran of the federal government that brought us the free-trade deal. At the same time, we can expect that he will be a voice of reason around his own cabinet table, convincing his people in Quebec City that contrary to popular belief, there is nothing in Ottawa called "the Department of Shafting the Provinces."
In changing from federal to provincial politics, Mr. Charest also changed parties. If this has created suspicion, it was a red herring: In changing from the federal to the provincial scene, he went to the only federalist party he could go to. Quebec has no real "provincial" Progressive Conservative presence. In making the switch, Mr. Charest has been consistent -- and no opportunist. Under him, the Liberals won more voters than Mr. Bouchard's PQ in the 1998 election. But that didn't translate into enough seats to form a government. And still Mr. Charest stayed on, travelling to every corner of Quebec to build support.
He has accepted as his mandate the advancement of Quebec's best interests. He knows that sometimes those interests will conflict with those of Ottawa or other provinces. Ottawa has on occasion dismissed the PQ government's demands as the demands of those who would destroy a beautiful country. This cannot be said of Mr. Charest. He has earned the right to be heard and to be respected when he speaks for Quebeckers.
I expect we will hear the nationalist fire in his words when he deems it appropriate. But we will never feel the sovereigntist knife at our throats.
Jean Charest has just been politically reborn. No longer a golden boy, scarred and seasoned by defeat, he's still very much a man to watch. Many will wonder when he will next hear the call to return to the nation's capital.
Brian Tobin is a former federal minister of industry and former premier of Newfoundland and Labrador.
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Guerre en Irak
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Les vrais gagnants de la guerreLa reconquête de l'Irak est une étape dans une opération de plus grande envergure pour consolider la suprématie totale des États-Unis dans la région
Pierre Beaudet Directeur d'Alternatives
Le Devoir mardi 15 avril 2003
Malgré les déclarations du président Bush, il est peu probable que l'Irak conquise par l'armée américaine entre rapidement dans une ère de paix et de prospérité. Le régime de Saddam Hussein, qui est tombé comme un château de cartes, était certes arrivé au bout de son souffle et, comme prévu, l'armada américaine n'a eu aucune peine à le renverser. Mais au fur et à mesure que les débats au sein de l'administration Bush sortent au grand jour, on se rend compte que le «plan de match» pour l'Irak n'inclut pas vraiment une perspective claire pour démocratiser ce pays. La reconquête de l'Irak est alors vue comme une étape dans une opération de plus grande envergure pour consolider la suprématie totale des États-Unis dans la région.
Dans les journaux «sérieux» des États-Unis comme le New York Times ou le Washington Post, on parle de plus en plus du conflit qui s'envenime entre le département d'État et le Pentagone au sujet de l'avenir de l'Irak. Pour le Pentagone, les ambitions sont plus claires et plus simples. Il s'agit de mettre en place une administration américaine pour et par des Américains.
La «ré-ingénierie» du Moyen-Orient se fera dans la destruction des États et des sociétés en place, et ce sera une oeuvre de longue haleine que les États-Unis devront mener d'un bout à l'autre, quitte à trouver quelques Irakiens «de service» pour constituer une façade plus acceptable. Le candidat numéro un pour ce rôle est Ahmed Shalabi, «président» (non élu) du «Conseil national irakien», un regroupement de personnalités et de partis politiques irakiens (même Shalabi, aussi larbin qu'il peut être, trouve que Donald Rumsfeld va un peu trop loin dans son projet de colonisation et il voudrait avoir un peu plus d'autonomie).
À part la vision globalisante de ce projet, il faut aussi noter ses aspects économiques. La reconquête implique la mainmise américaine sur les ressources, notamment le pétrole : la Heritage Foundation, un think tank de droite étroitement lié à l'administration, propose de «privatiser» le pétrole irakien, pour détruire une fois pour toutes la possibilité pour l'État irakien de maîtriser son destin.
Des multinationales américaines sont en ligne pour prendre le contrôle dans tous les secteurs, (éducation, santé, énergie, etc.). L'Irak deviendrait le «modèle» de l'État rêvé par les tenants de l'ultra-libérale aux États-Unis et dans le monde. Pour marquer le point en Irak, le projet implique enfin une offensive sans limite et de longue durée contre plusieurs autres pays et sociétés de la région, à commencer par la Syrie et l'Iran, mais même contre des alliés traditionnels des États-Unis comme l'Arabie Saoudite et la Jordanie.
Le département d'État pour sa part estime que le projet des super faucons pourrait être néfaste à long terme pour les États-Unis. Selon Colin Powell, ce n'est pas réaliste de prétendre ainsi «réinventer» une société et un pays et inévitablement à plus long terme, il y aura une révolte.
Ce point de vue est d'ailleurs appuyé par deux joueurs inhabituels, l'armée et la CIA, qui connaissent mieux le terrain que les «idéologues» autour de Donald Rumsfeld. Ils savent notamment que l'opposition irakienne, notamment les partis implantés dans la communauté chiite et parmi les Kurdes, ne voudra pas facilement jouer le rôle de supplétifs de l'armée américaine. Ils connaissent l'histoire de l'Irak qui est faite de grandes révoltes contre la domination coloniale. Ils ont peur enfin de devoir se confronter ad vitam æternam à l'Union européenne, la Russie, la Chine et à d'autres puissances.
Dans ce contexte, le secrétaire d'État Powell préfère un mandat sur l'Irak plus limité, de courte durée, approuvé par l'ONU, concerté avec l'Union européenne, et menant à terme à la mise en place d'une administration irakienne autonome, qui devrait accepter de fonctionner dans les grandes lignes de la stratégie américaine dans la région.
Car l'option «modérée» de Powell est quand même bien inscrite dans une stratégie impériale américaine. Ce sont les modalités de cette stratégie plutôt que ses principes qui sont l'objet du débat.
La question palestinienne
Depuis le début de la guerre contre l'Irak, le président Bush a annoncé qu'il entendait «régler» le conflit israélo-palestinien. On l'a même entendu se prononcer en faveur de la création d'un État palestinien. Il est donc prévisible que le plan élaboré à l'été dernier par les États-Unis conjointement avec l'Union européenne, l'ONU et la Russie (le quartet) revienne sur la table, bien qu'il soit également probable que ce plan soit édulcoré davantage.
En gros, le projet consiste à imposer des «réformes» à l'Autorité nationale palestinienne (marginalisation de Yasser Arafat, répression des mouvements palestiniens radicaux, mise en place d'une administration plus transparente), en échange de la création d'un l'État indépendant sur une partie des territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza.
De plusieurs manières, les États-Unis espèrent imposer aux Palestiniens ce qu'ils avaient refusé en 2001 (lors des négociations entreprises par l'ex-président Bill Clinton), ce qui concrètement veut dire l'abandon des revendications palestiniennes sur une partie importante des territoires occupés (dont Jérusalem-Est), ainsi que l'élimination de tout espoir quant au droit de retour des populations palestiniennes réfugiées en dehors de la Palestine depuis 1948 et 1967.
Washington voudrait donc procéder à cette «ré-ingénierie» de la Palestine en forçant le leadership palestinien à exclure une grande partie de sa propre population et à accepter un État segmenté en territoires discontinus, en bref, un bantoustan palestinien.
Fait à noter et dans le sillon de la militarisation de la région, Ariel Sharon et l'establishment politique israélien voudraient aller encore plus loin que cette bantoustanisation. Ils espèrent forcer, par les mesures extrêmement répressives et l'étranglement économique de la Palestine, un véritable exode de la population palestinienne, une «purification ethnique» par étapes.
D'après des compilations non officielles, on estime d'ailleurs que plus de 100 000 Palestiniens ont quitté les territoires depuis deux ans, tant la vie est insupportable sous les coups de boutoir de l'armée israélienne et des colons et qui se sont multipliés depuis le début de l'aventure américaine contre l'Irak.
Le leadership israélien espère profiter de la guerre actuelle de plusieurs autres façons. Certes, un grand coup est porté contre le monde arabe dans son ensemble, déjà très affaibli et divisé, mais maintenant pratiquement anéanti dans le sillon de la conquête de l'Irak. Ariel Sharon rêve du moment où la «phase deux» sera amorcée contre la Syrie et l'Iran, ce qui lui permettrait probablement d'affirmer sa domination sur le Liban et la Jordanie.
Parallèlement, Sharon et les ultra-faucons du département d'État américain voudraient voir l'Irak post-Saddam devenir l'«allié stratégique» d'Israël dans la région. Ils espèrent par exemple réhabiliter un vieux pipeline qui avait été construit en 1948 entre la ville irakienne de Mossoul et le grand port israélien d'Haiffa, ce qui permettrait donc à Israël de capter une partie du pétrole irakien.
Les tempêtes sont à venir
La conquête de l'Irak n'aura probablement été qu'une étape, certes importante, dans une stratégie beaucoup plus globale, qu'avaient d'ailleurs esquissée Paul Wolfowitz et Richard Perle, deux des principaux conseillers du président Bush, à l'époque où ils animaient le projet pour un «nouveau siècle américain» («The New American Century»). La pierre angulaire de cette proposition est d'assurer la domination américaine sur le monde par une stratégie essentiellement militaire, parce que les États-Unis dominent totalement ce terrain actuellement (l'Union soviétique n'est plus, l'Union européenne continue de balbutier, la Chine est loin derrière).
Il s'agit donc de «verrouiller» le monde et en particulier les régions stratégiques comme le Moyen-Orient de façon à empêcher tout compétiteur éventuel de se renforcer. Des guerres «préventives» sont alors envisagées contre quiconque représenterait une menace éventuelle.
En plus du Moyen-Orient, il faut assurer la même domination américaine sur l'Asie centrale (riche de pétroles et aux confluents de l'Eurasie), les Balkans (flanc sud de l'Europe) et l'Asie de l'Est, notamment pour empêcher la Chine de devenir une superpuissance. Une fois le Moyen-Orient «stabilisé», le conflit pourrait se déplacer vers la Corée du Nord, dominée par une déclinante dictature, un autre «ennemi facile» pour Washington et qui permettrait aux États-Unis de se redéployer dans cette région.
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Guerre en Irak
laïcité
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La laïcité pour nous protéger du triomphalisme de l'intégrisme international
Daniel Baril Vice-président du Mouvement laïque québécois
Le Devoir mardi 15 avril 2003
Libre opinion: Depuis qu'il est élu, le président américain George W. Bush a toujours terminé ses discours en invoquant l'aide de Dieu. Dans le conflit avec l'Irak, il a non seulement affirmé que Dieu était de son côté, mais les fondamentalistes qui l'entourent ont même réussi à faire adopter des résolutions par le congrès et le sénat invitant le peuple américain à prier et à jeûner afin d'assurer la protection divine aux troupes américaines.
De leur côté, les intégristes musulmans, qui prient le même dieu que les chrétiens, ont toujours clamé que Dieu allait sévèrement châtier les infidèles qui ont déclaré cette guerre, et ont eux-mêmes fait appel au déclenchement de la guerre sainte contre l'envahisseur.
Et voilà que la victoire est dans la poche des Américains. Si les exhortations divines, soutenues sans rire par les belligérants et relayées avec le même sérieux par les médias, avaient du sens avant et pendant la guerre, cette façon de voir les choses doit encore avoir du sens aujourd'hui. Ce qui veut donc dire que Dieu préfère les chrétiens, voire les Américains.
Ou encore que la façon de prier des chrétiens américains est plus efficace, ou plaît davantage aux oreilles de Dieu. Mais dans ce cas, pourquoi Dieu n'a-t-il pas protégé tous les soldats américains ? Sans doute parce qu'il y avait des impies parmi eux.
Le ridicule ne tue pas, mais il intoxique. Les humanistes et les libres penseurs étaient morts de rire devant cette surenchère de bondieuseries de part et d'autre. Mais maintenant que nous savons que God is an American, nous sommes morts de frayeur. Si Dieu a permis cette victoire, comment réagira-t-il à l'égard des pays comme le Canada qui ont refusé de s'engager dans la croisade contre «l'axe du mal» ? Et le Canada n'est-il pas un pays trop laïque aux yeux de l'administration Bush ?
Contrairement à la tradition américaine, nous ne voyons jamais le premier ministre canadien sur les perrons d'église le dimanche matin. Le premier ministre ne préside pas de séances de prière au sénat comme cela se fait aux États-Unis. La devise canadienne est territoriale alors que celle des États-Unis est déiste. Jean Chrétien n'a jamais invoqué Dieu en appui à ses politiques. Pire, au lendemain de l'attaque du 11 septembre 2001, le gouvernement canadien a organisé une cérémonie totaleme |