Que faire?
|
Des députés péquistes raillent le serment à la reine
Martin Ouellet
Presse Canadienne Le jeudi 24 avril 2003
Danielle Doyer, une députée péquiste célèbre lors du cérémonie de prestation, jeudi, au Salon rouge de l'Assemblée nationale. (PC/Jacques Boissinot)
QUEBEC (PC) - Plusieurs députés péquistes ont raillé le traditionnel serment d'allégeance à la reine Elisabeth II, lors de leur cérémonie de prestation, jeudi, au Salon rouge de l'Assemblée nationale.
La constitution de 1867 et la Loi sur l'Assemblée nationale prévoient la prestation de deux serments. Le premier se dit comme suit: "Moi, (le nom du député), déclare solennellement que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa majesté la reine Elisabeth II." Le second: "Je, (le nom du député), déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec, que j'exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec."
Après avoir prêté serment à la reine, le député de Lac-St-Jean, Stéphan Tremblay, a ajouté qu'il jurait aussi allégeance "au roi de France", suscitant des éclats de rire dans la salle.
Jean-Claude St-André, de la circonscription de l'Assomption, a pour sa part murmuré son allégeance à la reine avant d'enchaîner d'une voix forte, à pleins poumons, le second texte, "le vrai serment", a-t-il dit.
Les députées de Matapédia, Danielle Doyer, et de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, ont fait la même chose, mais en chuchotant littéralement, de façon à rendre presque inaudible leur serment d'allégeance à la souveraine.
"Je vais tenter de murmurer aussi", a dit Denise Beaudoin, de la circonscription de Mirabel, avant de prêter serment.
Le député de la circonscription montréalaise de Ste-Marie-St-Jacques, André Boulerice, a lu fidèlement sa prestation de serment, avant de lancer à la toute fin: "Vive la république!"
Le ministre sortant des Affaires intergouvernementales et de la Réforme des institutions démocratiques, Jean-Pierre Charbonneau, n'a pas été en reste en déclarant sur un ton narquois à la suite de son texte que la reine Elisabeth II est aussi "reine d'Angleterre, du Royaume-Uni et du Canada".
Même le chef péquiste, Bernard Landry, a été incapable de s'en tenir au texte, affirmant: "Je jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa majesté la reine Elisabeth II, tant que durera le présent ordre constitutionnel et en espérant que la démocratie le changera un jour."
Le Secrétaire général de l'Assemblée nationale, François Côté, qui est responsable des assermentations, ne se formalise pas de tels écarts. "Ce genre de choses arrive. Ce qui est essentiel, c'est que les deux serments soient prononcés. Je les ai entendus, alors je suis satisfait. Si cela n'avait pas été le cas, je les aurais fait recommencer", a-t-il précisé.
Au total, 43 députés élus le 14 avril ont été assermentés, sauf Noëlla Champagne et Daniel Turp.
Mme Champagne, qui croyait bien avoir remporté la victoire dans Champlain, devra se soumettre à un nouveau test de l'électorat, le 20 mai, puisque le dépouillement judiciaire la place à égalité avec son adversaire libéral.
Quant à M. Turp, il aurait demandé une prestation de serment privée, pour des raisons familiales.
|


Élection 2003
|
Le peuple québécois a jugé
Jean Bourbeau
LE DEVOIR vendredi 25 avril 2003
Drummondville, 18 avril
Le peuple a écouté les messages des chefs, il a entendu leur vision sur la santé, sur l'éducation, sur la diminution des impôts, sur la possibilité d'un référendum national, sur la politique travail-famille, sur le rôle de l'État et sur la possibilité de certaines défusions municipales.
Il a jugé et il a décidé. 67 % ont refusé de donner un troisième mandat au Parti québécois. Il a donné son appui à 46 % au Parti libéral, à 33 % au Parti québécois et à 18 % au parti de Mario Dumont. Des ministres importants ont été défaits, des candidats prestigieux seront accueillis à l'Assemblée nationale et la première équipe de Mario Dumont a été remerciée. Mais le Québec restera-t-il fort ?
Au chapitre de notre autonomie nationale, le Parti libéral nous assure qu'il luttera contre le déséquilibre fiscal en 2003. Le parti n'est plus le petit frère du Parti libéral fédéral : on l'a vu remercier, pendant la campagne, pour le soutien de certains ministres fédéraux. Le Parti libéral a choisi la collaboration, la concertation et non l'affrontement avec les fédéralistes canadiens. S'il échoue, le Parti libéral, dans quatre ans, offrira au Parti québécois les conditions gagnantes pour la tenue d'un référendum.
Le Parti québécois devra adopter son projet souverainiste au XXIe siècle. Il a quatre ans pour ouvrir la réflexion et nous présenter un projet souverainiste qui réponde aux besoins du peuple et à nos préoccupations économiques et qui soit en accord avec la mondialisation évidente. S'il réussit, le peuple québécois exigera un référendum sur la souveraineté.
En matière économique, le Parti libéral réussira-t-il à diminuer les impôts tout en augmentant les budgets en santé et en éducation ? Cela ne m'apparaît pas évident; je ne crois pas, comme le prétendait M. Landry pendant les derniers jours de la campagne électorale, que le Parti libéral plongera le Québec dans un déficit budgétaire.
On peut espérer que le Québec restera fort, mais le Québec aurait eu besoin d'une délégation plus importante de l'Action démocratique à l'Assemblée nationale. Il faut reconnaître que c'est le parti de Mario Dumont qui a forcé les deux partis reconnus à se rafraîchir, à nous présenter un programme renouvelé, à se poser des questions sur le rôle prépondérant et paternaliste de l'État et à s'interroger sur le rôle du secteur privé en santé. Espérons que ce parti sera reconnu à l'Assemblée nationale.
La démocratie s'est exprimée. Il faut croire au jugement du peuple québécois. À la lumière des résultats du 14 avril, il faut souhaiter que le Bloc québécois amorcera une réflexion en profondeur, sinon...
|


Course à la chefferie
|
François Gendron ne veut pas de course au leadership avant 2004
MARTIN OUELLET
Presse Canadienne Le jeudi 24 avril 2003
QUEBEC (PC) - Le ministre sortant des Ressources naturelles, François Gendron, invite les candidats éventuels à la succession de Bernard Landry à faire preuve de retenue au moins jusqu'à l'an prochain, pour éviter les affres d'une course à la direction en 2003.
"Le focus politique pour les prochains mois doit être sur M. Charest et son équipe. Il faut laisser le focus politique à sa place. J'ai appris ça en 27 ans de politique", a lancé le député d'Abitibi-Ouest, jeudi, à l'issue de la cérémonie d'assermentation des 44 élus péquistes du scrutin du 14 avril.
M. Gendron fait valoir que le Parti québécois doit consacrer la prochaine année à faire son travail d'opposition sans se laisser distraire par la succession du chef.
"Le calendrier, je m'en contrefous, cela n'a pas d'importance. Je viens de dire que pour 2003, il faut que le focus politique reste sur M. Charest et son équipe, sur ses engagements, le déséquilibre fiscal, la santé, le cadre budgétaire, c'est de ça qu'il faut débattre", a-t-il insisté.
François Gendron affirme ne pas craindre le grenouillage et les déchirements internes, même si des clans s'organisent autour de Pauline Marois et François Legault, les deux principaux rivaux probables de la course à la présidence du PQ.
"Je ne veux pas commenter ça. Il n'y a pas de problème. Au caucus et au conseil des ministres, nous avons été unanimes à demander à M. Landry de rester et c'est ce qu'il a fait. C'est une bonne décision et on applaudit, tout le monde", a soutenu M. Gendron.
Le député convient toutefois qu'un grand brassage d'idées est inévitable au sein du Parti québécois, que ce soit cette année ou l'an prochain. La course à la succession sera l'occasion, selon lui, d'asseoir le parti sur de nouvelles bases.
"C'est sûr qu'il y aura une course à un moment donné. Et dans une course, il y a nécessité de repositionner un certain nombre de choses. Une course ne peut être que bénéfique par rapport aux valeurs démocratiques qui entourent le débat, que ce soit un rafraîchissement de l'option, un rafraîchissement de la sociale-démocratie ou un rafraîchissement du modèle québécois", a-t-il affirmé.
Le député Gendron, seul rescapé de la cuvée électorale de 1976 et qui a siégé sous René Lévesque, Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry, favorise-t-il Pauline Marois, François Legault ou André Boisclair?
"Pour l'instant, j'ai une opinion, mais elle est de nature privée", a répondu M. Gendron, dont le fils, Sylvain, est déjà à pied d'oeuvre pour aider la campagne de François Legault.
"Mon gars, c'est de ses affaires, il a 32 ans, il est capable de se responsabiliser. Sylvain, c'est Sylvain et François, c'est François", a-t-il répliqué, refusant de révéler son camp.
|


Quebec - USA
|
L'ambassadeur américain Paul Cellucci au Devoir - Les Québécois demeurent des alliés sûrs
Manon Cornellier
LE DEVOIR vendredi 25 avril 2003
Ottawa - Malgré leur opposition solide à la guerre en Irak, les Québécois demeurent fermement proaméricains et favorables au libre-échange, croit l'ambassadeur des États-Unis au Canada, Paul Cellucci. Il a même cru bon, il y a quelques semaines, d'en informer Washington qui, par contre, se disait déçu de l'attitude du gouvernement canadien.
«Nous savons que le Québec est très proaméricain, très partisan du libre-échange. [...] Nous savons que ce sentiment puissant contre la guerre est historique, que cela fait partie de la culture québécoise depuis longtemps. Nous avons donc clairement dit dans nos rapports transmis à Washington que, malgré le sentiment antiguerre du Québec, il y persistait un sentiment proaméricain, qu'il ne fallait pas interpréter cela comme une réaction contre les États-Unis», a-t-il confié en entrevue au Devoir hier.
Dans ce contexte, l'élection de Jean Charest ne changera pas grand-chose pour les Américains. «Je ne pense pas qu'il y aura une grande différence en matière de commerce. La province de Québec est fermement libre-échangiste», note cet ancien gouverneur du Massachusetts qui dit être prêt à travailler avec le nouveau premier ministre tout en compatissant avec Bernard Landry, qu'il connaît depuis longtemps.
Il relève, seulement quand la question lui est posée, que la position fédéraliste du Parti libéral du Québec va, d'une certaine manière, dans le sens de la politique officielle des États-Unis. «Nous apprécions beaucoup notre relation avec un Canada fort et uni. C'est la position américaine depuis longtemps et [la position du PLQ] aura probablement un effet sur la portion "uni" de notre position», note M. Cellucci, avant de rappeler qu'il s'agit d'une question intérieure.
S'il a pris avec philosophie l'opposition des Québécois à la guerre, il en a été autrement pour ce qui est de l'attitude du gouvernement fédéral et des déclarations de certains ministres et députés libéraux. Il l'a fait savoir à Toronto, il y a un mois, dans un discours qui a soulevé les passions.
«Il n'y a pas de menace à la sécurité du Canada contre laquelle les États-Unis ne seraient pas prêts à l'aider. Il n'y aurait aucun débat, aucune hésitation. Nous serions là pour le Canada, un membre de notre famille. C'est pour cette raison qu'il y a tant de gens aux États-Unis qui sont déçus et contrariés de voir le Canada ne pas nous appuyer totalement en ce moment», avait-il dit devant des gens d'affaires.
Devant la presse, il avait relevé le refus du premier ministre de punir le ministre Herb Dhaliwal pour avoir publiquement mis en doute les qualités d'homme d'État du président George W. Bush. Il avait poursuivi en laissant entendre que le Canada pourrait subir les effets de la déception américaine.
La poussière est visiblement retombée, mais Paul Cellucci ne regrette pas pour autant ses paroles et n'estime pas avoir dépassé les bornes de la diplomatie.
«Il était important que la population et le gouvernement canadiens sachent comment beaucoup de gens, mon gouvernement et mon pays se sentaient. Je crois que, surtout au sein du gouvernement [canadien], on allait de l'avant en s'imaginant que tout était au poil [hunky-dory] alors que ce n'était pas le cas», dit-il avec son franc-parler habituel.
En tant que représentant de son pays au Canada, il lui incombait de remettre les pendules à l'heure et il ne s'émeut pas d'avoir provoqué un vif débat en le faisant. Selon lui, le Canada «est vraiment divisé sur [la guerre]. C'est moitié-moitié. Ce débat couvait et mon discours l'a en quelque sorte fait émerger. Ce n'était pas mon objectif, mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose en démocratie de débattre des décisions du gouvernement».
Mais depuis, il ne rate pas une occasion de ramener le balancier dans l'autre direction, rappelant l'aide du Canada à la guerre contre le terrorisme, en présentant les tensions récentes comme un phénomène temporaire et en vantant les liens historiques entre les deux pays. «Je ne pense pas que quoi que ce soit puisse compromettre notre relation à long terme. Nos liens sont trop profonds et anciens.» À preuve, relève-t-il, le secrétaire américain à l'Énergie a déjà invité le ministre Herb Dhaliwal à participer à une conférence en juin aux États-Unis.
Paul Cellucci parle d'un ton calme et n'étire jamais ses répliques, bien qu'il veuille faire passer son message de bon voisinage. Il s'y emploie chaque fois qu'une question sur un dossier particulier lui permet d'illustrer son propos. Ainsi, le report de la visite officielle du président Bush au Canada n'a rien à voir avec une saute d'humeur ou un désir d'attendre le départ de Jean Chrétien, dit-il. Les deux capitales discutent d'une visite automnale dont il ne resterait qu'à fixer la date, assure-t-il.
«Le président veut d'abord passer du temps avec les membres de la coalition et se concentrer sur la reconstruction de l'Irak parce qu'il croit que c'est sa première responsabilité. [...] Ça ne veut pas dire que nous ne voulons pas l'aide du Canada ou d'autres pays», de dire M. Cellucci.
D'ailleurs, contrairement à la France, à qui Washington menace de faire subir les conséquences de son opposition aux Nations unies, le Canada a été invité vendredi dernier à participer à la stabilisation et à la reconstruction de l'Irak en faisant une contribution militaire, policière et humanitaire.
M. Cellucci constate que l'engagement du Canada en Afghanistan, cet été, rend très peu probable l'envoi d'équipes de secours militaire en Irak. Par contre, le premier ministre Jean Chrétien a déjà indiqué que le Canada pourrait envoyer des agents de la GRC en Irak pour la formation de la police locale et le maintien de l'ordre.
Les discussions pour améliorer la sécurité et la circulation à la frontière vont, par ailleurs, bon train. Ainsi, Washington songe à ne pas exiger des citoyens canadiens qu'ils s'enregistrent à l'entrée et à la sortie des États-Unis. L'entrée en vigueur de cette mesure d'ici 2005 fait craindre sinon une paralysie aux frontières.
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
|


Alliance Quebec
|
La Cour suprême se penche sur le libre choix de la langue d'enseignement
Sophie Allard
La Presse vendredi 25 avril 2003
LA COUR suprême du Canada a accepté, hier, d'entendre la cause de parents francophones qui luttent depuis maintenant six ans pour que leurs enfants fréquentent l'école anglaise au Québec.
"C'est la moindre des choses que de pouvoir choisir la langue d'instruction de nos enfants", soutient avec conviction René Giguère, père de trois enfants.
Mais, en vertu de la Charte de la langue française, que le gouvernement dirigé par René Lévesque a fait adoptée en 1977 à l'Assemblée nationale, les parents francophones du Québec, s'ils n'ont pas reçu la majeure partie de leur formation en anglais, sont contraints d'envoyer leurs enfants à l'école française.
"C'est une mesure tout à fait discriminatoire qui va à l'encontre des droits, dit Brent Tyler, avocat et président d'Alliance Québec, qui représente huit familles francophones. La liberté des parents et des enfants est ici très restreinte. Il est aberrant de décider de la langue d'instruction d'un enfant en fonction de ses relations familiales et du statut de ses parents."
L'avocat appuie ses propos en évoquant l'article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, selon lequel "toute personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier à ce handicap. Il y a discrimination lorsqu'une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit".
Situation déplorable
"C'est déplorable que nous en soyons rendus à nous battre devant les tribunaux pour que nos enfants étudient dans la langue de notre choix, confie M. Giguère, joint à son domicile de Waterloo, hier soir. Nous ne voulons pas faire une croix sur le français- nous ne sommes pas fous!- mais plutôt offrir à nos enfants l'opportunité de connaître deux langues, plutôt qu'une. Les anglophones du Québec peuvent le faire, pourquoi pas nous?"
Qu'importe les arguments avancés par les requérants, la nouvelle a fait bondir les défenseurs de la langue française. "Si la cour accède à la demande de ces parents, les conséquences pourraient être désastreuses pour la survie du français, a dit à La Presse Jean Dorion, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, qui craint un précédent. C'est d'autant plus inquiétant que l'école française au Québec connaît un important recul depuis une décennie, en raison de la mobilité interprovinciale. On oublie que la langue française est très fragile."
Du côté d'Impératif français, on espère que "la Cour suprême agira de façon responsable en maintenant en place les dispositions législatives qui protègent la langue et la culture françaises déjà fort minoritaires en Amérique du Nord. Il ne faut pas oublier que la langue officielle du Québec est le français, dit le président, Jean-Paul Perreault. D'ailleurs, si le Québec n'avait qu'un seul système scolaire francophone, cette pression qui se fait de plus en plus menaçante ne serait pas."
En attendant que la plus haute cour du pays ne statue sur la question, on parle anglais tous les jours au domicile des Giguère. "Durant le souper, tout le monde doit s'exprimer en anglais autour de la table, dit M. Giguère, père de trois enfants de 11, 8 et 6 ans. Nous croyons que le bilinguisme est aujourd'hui un atout de taille et nous voulons avant tout que nos enfants puissent parler convenablement la langue de leur mère, née aux États-Unis, et de leurs grands-parents maternels."
Brent Tyler est confiant, même si la partie n'est pas gagnée d'avance. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a déjà indiqué qu'il ne changerait "pas une seule virgule" à la loi 101. "Le gouvernement du Québec a effectivement le droit de recourir à la clause nonobstant", concède M. Tyler, qui défendra aussi devant la Cour suprême, dans une affaire connexe, des parents allophones qui réclament le droit d'envoyer leurs enfants à l'école anglaise.
En décembre 2002, la Cour suprême avait refusé d'entendre l'appel de Brent Tyler et des propriétaires du commerce The Lyon and the Wallrus, de Lac-Brome, qui contestaient les dispositions de la loi 101 sur l'affichage commercial. Ils refusaient de respecter le principe de la "nette prédominance" du français et veulent maintenant s'adresser au comité des droits de l'homme des Nations unies.
|


laïcité et école
|
Les derniers hérétiques
Christian Rioux
LE DEVOIR vendredi 25 avril 2003
Cela revient périodiquement sans qu'on sache vraiment pourquoi. C'est un peu comme les grèves, la grippe et les inondations. Allez donc savoir pourquoi il y a des années avec et des années sans. Chaque fois, pourtant, cela se passe exactement de la même façon. Il suffit qu'un homme politique -- un ministre, de préférence -- entonne le premier couplet pour que tout le monde reprenne la chanson en choeur. Un peu comme à La Fureur.
Au début de la semaine, c'est donc le ministre français de l'Intérieur (qui est aussi ministre des Cultes), Nicolas Sarkozy, qui a tenu le rôle de Véronique Cloutier. A-t-il fait exprès de choisir le congé de Pâques pour évoquer un sujet aussi délicat ? Avait-il conscience qu'il s'agissait aussi de la date anniversaire de la déroute des socialistes au premier tour de l'élection présidentielle il y a un an exactement ?
Toujours est-il qu'invité à l'assemblée générale de l'Union des organisations islamiques de France, Nicolas Sarkozy y est allé d'une longue tirade contre le port du foulard islamique. Comme il devait s'y attendre, le ministre a été longuement hué par les centaines d'hommes et de femmes (voilées) qui l'écoutaient.
Il s'agissait pourtant d'une banalité. Le ministre invité insistait pour que les femmes musulmanes se fassent photographier tête nue sur leur carte d'identité, ainsi que l'exige un nouveau règlement. Nicolas Sarkozy n'a pas expliqué pourquoi cette procédure était devenue nécessaire alors que les femmes voilées n'avaient semble-t-il jamais préoccupé l'administration avant 1999 (comme au Canada, où on peut être voilé sur sa photo de passeport -- ou avoir les cheveux teints).
Il n'en fallait pas plus pour que les porte-parole de la droite, de la gauche et du centre mou relancent une polémique vieille de 15 ans : celle du foulard... à l'école !
***
C'est que le geste de Nicolas Sarkozy n'est pas isolé.
Au début de l'année, le ministre de l'Éducation, Luc Ferry, n'avait pas caché son opposition à l'attitude du précédent gouvernement sur cette question. Celui-ci s'était contenté d'un arrêt mi-chair, mi-poisson du Conseil d'État qui, sans bannir le voile à l'école, se contentait d'affirmer qu'il ne devait pas être porté de façon «ostentatoire» (ostentation : «mise en valeur excessive et indiscrète d'un avantage» - Le Petit Robert). Bref, on laissait aux directeurs d'école le soin de juger quelle épaisseur, quelle couleur et quelle opacité pouvaient transformer un foulard en objet «ostentatoire».
À un journaliste qui lui demandait si le voile devait être interdit à l'école, Luc Ferry avait spontanément répondu : «Absolument !» Son premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, ne semblait pas penser autrement il y a trois semaines lorsqu'il a affirmé la nécessité d'une loi qui renforcerait la laïcité.
Pauvre laïcité, qui serait assiégée de partout !
On se demande pourtant ce qui pourrait bien menacer la laïcité française aujourd'hui. Une commission présidée par le philosophe Régis Debray ne déplorait-elle pas l'an dernier l'ignorance crasse des étudiants français en matière de religion ? Cette même commission révélait aussi que les professeurs ne savent même pas comment aborder les questions religieuses en classe. Ajoutons que les syndicats d'enseignants ne se privent pas de faire grève chaque fois qu'ils voient l'ombre d'un voile islamique franchir le seuil d'une école. Enfin, comment la laïcité pourrait-elle être en danger à une époque où la pratique religieuse, même chez les musulmans, est en chute libre ?
C'est que le militant laïque est un archétype français aussi tenace que le séducteur, le rebelle ou l'amateur de bonne chère. Parce que la laïcité française, qui n'a triomphé qu'en 1905 après un long combat contre une Église jalouse de ses prérogatives, a toujours été militante. À certaines époques, elle n'a pas hésité à flirter avec la terreur. Il n'est pas rare qu'elle sombre dans l'athéisme primaire et le rationalisme de bas étage. L'autre soir, à la télévision, un ancien ministre de François Mitterrand se vantait de n'avoir jamais franchi le seuil d'une église. Et il disait ça le plus sérieusement du monde !
Créée par les Européens qui fuyaient les persécutions religieuses, la laïcité nord-américaine est à la fois plus ancienne et moins intransigeante. C'est pourquoi elle est ouverte au pluralisme religieux et n'a jamais senti le besoin de s'enfermer dans le militantisme.
Au lieu de répéter leur creux principe républicain, les militants laïques français feraient peut-être mieux d'étudier comment des sociétés aussi laïques que l'Allemagne, les Pays-Bas, les États-Unis et le Canada ont vécu l'arrivée de jeunes filles voilées à l'école sans antagoniser le débat. D'ailleurs, dans la plupart de ces pays, les élèves se mettraient un pot de chambre sur la tête qu'on ne le remarquerait pas. Il y a belle lurette que la façon dont ils s'habillent ne concerne plus l'école. Dans la plupart de ces pays, une fois respectées les lois et les limites de la décence, la façon de s'habiller relève du libre arbitre de chacun. À plus forte raison si cette manière de s'habiller est liée à une croyance religieuse.
***
Mais le plus grave n'est pas là.
Cette laïcité militante, peu adaptée à une société sécularisée, est vécue comme une humiliation par les cinq millions de musulmans français quand elle n'est pas perçue comme une véritable manifestation de racisme.
Nées en France pour la plupart, ces jeunes musulmanes que ministres et enseignants s'amusent à montrer du doigt croyaient vivre dans une société où chacun est libre d'afficher sa couleur, ses origines, ses goûts vestimentaires et même son orientation sexuelle. N'est-ce pas justement ce qu'on leur avait enseigné ?
Mettez-vous à leur place. Elles découvrent soudainement que leur ministre de l'Éducation n'a rien contre leurs belles chaussures Nike, leur t-shirt de Star Academy, leurs jeans Gap et leur nombril à l'air. Mais il ne supporte pas, alors là vraiment pas, l'humble foulard de celles qui affichent paisiblement leur foi.
Comme si la consommation était devenue la seule et unique source d'identité pour les profanes que nous sommes. Comme si nous ne pouvions plus supporter la seule vue d'un croyant.
Christian Rioux est correspondant du Devoir à Paris
|


UQÀM
|
An opening on a wider world
BRIGITTE PELLERIN
The Gazette Friday, April 25, 2003
People are always complaining that columnists are negative all the time. They keep saying everything's really bad. Which I think stinks. But one thing I did like was The Gazette's front-page story about Montreal's francophone universities attracting English-speaking academics.
No longer, it seems, do English-speaking scientists and scholars limit themselves to McGill and Concordia; a growing number of them are getting positions at the Université de Montréal and Université du Québec à Montréal as well.
It's excellent news because it will give francophone students an opportunity to learn from people who grew up, studied and worked in one or several different environments.
While the new recruits will be expected to teach and communicate in French with their students and fellow faculty members, the fact that they've been trained elsewhere and that they come to their subjects with different backgrounds than French-speaking Quebec academics do will be a huge bonus for their students. It will provide French-speaking Quebec students, most of whom have been taught by French-speaking Quebecers since kindergarten, a needed window into the wider world.
And since the new recruits have at least some interest in learning more about the way things are understood in francophone Montreal, they will benefit from their stay here.
Contrast that with my own experience - which is far from extraordinary. For something that felt like 340 years but was probably closer to 16, I was in school. I went to primary school, secondary school and a bit of CEGEP in the exceedingly homogeneous francophone Quebec City area. Some of my teachers were better than others, but virtually all were pure-laine middle class francophone Québécois who had studied in Quebec.
I eventually made it to law school at Laval University, once again a drop in an ocean of francophone Quebecers. I got my degree but fortunately avoided the only career for which it prepared me, as an inward-looking lawyer in Quebec who'd learned a whole lot about the province's Civil Code plus bits and pieces of Canadian and international law, and not much else, from professors who had, for the most part, studied in Quebec and France.
As far as I can remember, my only significant contact with the Anglo-American legal tradition came during a third-year seminar when one of the handful of anglophone students made an oral presentation about some topic or other by going through a few hundred years of legal precedents. I found it fascinatingly different.
By going back to actual cases involving real people, the Anglo-American tradition eventually reaches legal conclusions that not only make sense but that are legitimate and time-tested whereas the French and Quebec traditions mostly rely on civil codes and other legislative texts that try to anticipate what people will do.
Sure, there are good arguments for both traditions, but it would have been nice to have had the opportunity to learn the differences between the two from, say, a professor from England, the U.S. or Ontario. That's not to say my professors were not good; some were even excellent. The problem is that most of them came from virtually identical environments.
I hope UQÀM and the U de M recruit more English-speaking academics who grew up, studied and worked in as many environments as possible. I also hope other francophone universities in Quebec do the same. Not because the new recruits will necessarily be better teachers or researchers individually, but because in a relatively closed society, different is better.
English-speaking academics will help French-speaking Quebec students expand their horizons, because you can't really understand your own tradition until you understand how it might have been different.
This is excellent news. And as for those of you who think newspaper columns are always critical, well, you're wrong.
Brigitte Pellerin is a freelance writer, based in Ottawa.
|


Course à la chefferie
|
Landry will fight to keep Pauline Marois out of top job
JOSEE LEGAULT
The Gazette Friday, April 25, 2003
When a party faces the departure of its leader, there's only one thing that's worse for its democratic well-being than the crowning of a successor. That's the holding of a leadership race while the outgoing leader remains in place.
It's even more unhealthy when he has a favourite heir apparent and his staying allows him to control the process and the timing of the race. As columnist Michel David wrote in Le Devoir, that makes him the ''censor'' of his party. Such is the case for the Parti Québécois now that Bernard Landry is staying for some time. This will deprive his party of the kind of impartial leadership it needs on the eve of a heated, aggressive leadership contest.
As leader of the official opposition, Landry will decide which MNAs become official critics and who gets the responsibilities that garner the most visibility. As leader of the PQ, he'll let the party apparatus know that he prefers the leadership convention to be held as late as possible so as to give François Legault, his favourite successor, enough time to mount a strong campaign against front-runner Pauline Marois. Those who are faithful to Landry will push in the same direction.
So now, most Quebecers are finally waking up to the fact that the famed ''Landry-Marois tandem'' never really existed. Though there has never been any love lost between the two, the seeds of their rivalry were sown in the painful aftermath of Lucien Bouchard's resignation of January 2001.
While Landry was preparing to fight hard to become premier, Marois was pondering whether she would run against him. That's when François Legault announced he would support Marois, who saw this alliance as the key to her victory against Landry. But the very next day, Legault jumped ship and moved to support Landry.
A few days later, Marois revealed to Le Soleil that Legault's betrayal had been the ''hardest blow'' of her whole career and that it showed her that the killer instinct in politics remained stronger in men.
Suspecting that Landry had orchestrated the whole thing, Marois finally withdrew from a race that never was. This, to say the least, does not make for the start of a beautiful friendship.
The scars this left behind where opened wide in 2002. As the media made troubling allegations regarding the ethics of some of Landry's closest friends and allies, Marois feared this would cause damage to the PQ's clean image. So she managed to oust Raymond Bréard, director-general of the PQ, and its organizer in chief, Gilles Baril. The whole thing left Landry's leadership hanging by a thread.
But now that the thread has been cut by the election results, Landry chose to stay on board long enough to battle Marois once again, this time, by favouring François Legault. And make no mistake, this is a fight to the finish. If Marois ends up losing this race in her mid-50s, it's likely she'll refuse to bow to Legault and just leave. But if she wins, she'll make sure that Legault finds the exit door fast.
Still, battling Marois isn't the only reason Landry is staying. He might want to make sure that his idea of a ''confederal union'' is part of what he calls the ''modernization'' of the PQ's sovereignty option. If he does, he'll have the support of former PQ minister and self-confessed former RCMP double agent Claude Morin, who came out in favour of an ''authentic confederation'' in 2001. But he'll also alienate so-called hard-line sovereignists. But then again, there are so few of them left in the PQ.
Speaking of which, Landry might also be staying to try to keep Jacques Parizeau from exercising too much influence from the outside. After all, now that the election is lost and Parizeau no longer has to play the good soldier, who knows if or how he'll intervene in the leadership race.
Which brings us to the existential question: Where does sovereignty fit in all of this? It could be the ultimate casualty in a power struggle that will be very much about choosing who will eventually govern the province, and very little about picking a leader devoted to the creation of an independent Quebec. But that would be in perfect keeping with what PQ leaders have done since the 1995 referendum, n'est-ce pas?
This is not the end of history yet, however. While the generation of Bernard Landry and Pierre Bourgault failed to achieve sovereignty, the next few years should tell us if the coming generations will pick up the battle and whether or not they'll do it from outside a Parti Québécois that has become very much a party of governance and power.
|


Élection 2003
|
TROU D'UN MILLIARDPauline Marois refuse de céder à la panique
Pascale Breton et Joël-Denis Bellavance
La Presse vendredi 25 avril 2003
L'EX-MINISTRE des Finances, Pauline Marois, n'a pas cru bon pendant la campagne électorale de parler du manque à gagner d'un milliard dans les finances publiques du Québec, craignant d'être accusée d'agiter un épouvantail à quelques jours des élections.
Fraîchement assermentée comme députée, Mme Marois a dû s'expliquer, hier, au sujet du trou inattendu d'un milliard qui est apparu dans les coffres de l'État le 27 mars dernier.
"Je n'ai pas pensé une minute à dire que nous avions cette information. C'était tellement dans le cours normal des choses et des débats que nous aurions à faire par la suite avec Ottawa", a-t-elle justifié.
Le fait de divulguer ces données préliminaires à moins de deux semaines des élections aurait pu être très mal perçu chez les électeurs puisque le Parti québécois aurait ainsi donné l'impression de vouloir faire peur à la population, a ajouté Mme Marois.
À la fin du mois de mars, le gouvernement fédéral a communiqué au ministère des Finances du Québec les conséquences du dernier recensement canadien sur les transferts aux provinces. Non seulement les 798 millions d'augmentation des transferts prévus dans le budget Marois se sont-ils envolés, mais ces transferts sont maintenant réduits de 294 millions. Au bout du compte, l'impact sera d'un peu plus d'un milliard sur les finances de l'année 2003-2004.
Données préliminaires
L'ancienne ministre s'est basée sur les informations préliminaires disponibles pour préparer son budget déposé le 11 mars, mais les montants pourraient être corrigés à la hausse au cours des prochains mois, à la suite de discussions entre Québec et Ottawa.
"C'est une procédure normale et habituelle. (...) Comme toutes les politiques de transferts et de péréquation s'appuient sur une variable de population, selon qu'on évalue en plus ou en moins, quand on met tout ça dans la formule, ça a un impact soit positif, soit négatif. Je suis partie des données préliminaires brutes avec des éléments qui étaient des expériences du passé", a expliqué Mme Marois.
Peu importe ces données, un gouvernement du Parti québécois aurait maintenu le déficit zéro, comme il l'a fait au cours des six dernières années, a aussi soutenu Mme Marois. "S'il y avait un déficit, ce serait le déficit du nouveau gouvernement libéral", a-t-elle lancé, disant même croire que les libéraux profiteront de cette mésentente avec Ottawa pour reculer sur leurs engagements. "Je vois très bien la tactique derrière tout ça. (...) Je suis persuadée que les plus importants engagements que le Parti libéral a pris ne peuvent être réalisés à court terme compte tenu de la fragilité des finances publiques du Québec", a-t-elle précisé.
Ottawa a par ailleurs fait écho à Québec, hier, sur la question des transferts aux provinces. Une porte-parole du ministère des Finances, Andrée Houde, a confirmé que les données du dernier recensement sont encore préliminaires, si bien qu'il est trop tôt pour certifier que le Québec devra accuser une baisse des paiements de péréquation qu'il reçoit du gouvernement fédéral.
Mme Houde a expliqué que les données finales ne seront publiées qu'à l'automne et qu'aucun changement ne sera apporté avant cette date. Les données du recensement sont l'un des nombreux facteurs qui sont retenus pour évaluer combien une province reçoit en paiements de péréquation, a-t-elle indiqué.
"Les données de recensement de Statistique Canada sont préliminaires. Il y a des mises à jour sur une base régulière. Il y a eu dans le passé de grandes différences entre les données préliminaires et les données finales", a dit Mme Houde.
"En ce qui nous concerne, il n'y pas eu encore de révision qui a été faite pour ce qui est des paiements de péréquation. Ces paiements sont généralement révisés tous les six mois. La prochaine révision sera faite en octobre et sera basée sur des données finales du recensement de la population", a-t-elle ajouté.
Négociations en vue
Si le Québec devait recevoir un chèque moins élevé que prévu, le gouvernement de Jean Charest pourrait tenter de négocier une entente avec Ottawa permettant d'étaler sur quelques années cette réduction des paiements de transfert, a indiqué Mme Houde.
"Cela s'est déjà fait dans le passé. En 1991 et en 1996, il y a eu des changements assez importants pour certaines provinces à cause des changements dans les données. Il y a toujours des possibilités, finalement, de négocier des ententes pour essayer d'amoindrir l'impact", a-t-elle dit, faisant ainsi écho aux propos tenus par Mme Marois.
|


Élection 2003
|
Quebec facing $1-billion shortfall PQ learned during campaign that Ottawa would give less than expected
Rhéal Séguin
The Globe and Mail Friday, April 25, 2003
Quebec PQ - The outgoing Parti Québécois government is struggling to explain why voters were not told during the election campaign about a $1.08-billion shortfall in federal money that jeopardizes Quebec's balanced budget.
At the end of March, in the middle of the provincial campaign, the federal government advised Finance Minister Pauline Marois that Quebec would be getting much less than expected in equalization and transfer payments.
In her pre-election budget, tabled March 11, Ms. Marois had projected that Quebec would receive an extra $788-million from Ottawa for the 2003-2004 fiscal year. Instead Quebec was told it would receive $294-million less than in 2002-2003, leaving a $1.08-billion shortfall.
A complex formula using the province's population base is used to calculate federal transfer and equalization payments. Preliminary results of the Statistics Canada 2001 census showed Quebec had fewer people than it professed, resulting in a dramatic drop in federal funding.
Ms. Marois denied yesterday that during the campaign she had attempted to cover up the possibility of a deficit resulting from this situation. She insisted that Ottawa's calculations were wrong and argued that it would have been inappropriate to reveal the information before trying to negotiate a more equitable settlement.
"We never accepted the figure," she said. "We would have to fight and negotiate with Ottawa. . . . What is unacceptable is that it is never predictable. One year you get a huge sum in equalization payment, and the next it is cut back for no acceptable reason. . . . The system makes no sense."
Ms. Marois said that all provinces are in the same boat and tough negotiations can be expected with the federal government. Nonetheless she had difficulty explaining why the information was kept under wraps during the campaign.
"I never even bothered asking myself the question [why it should be made public] since [negotiating] it has always been part of the normal process," she said. "It would have appeared that we were using this to scare people."
The recent revelations add weight to Liberal Leader Jean Charest's accusations that the PQ distorted Quebec's true financial situation in an attempt to show that books were balanced.
Mr. Charest has named former provincial auditor Guy Breton to examine the province's books and determine whether Quebec had a deficit as high as $2-billion, as some have assumed.
There is speculation that in a desperate attempt to defuse a potentially embarrassing situation, the PQ leaked the information on the shortfall in payments. Mr. Breton tables his report next week.
The PQ has argued that it has tabled five consecutive zero-deficit budgets and insisted that the 2003-2004 fiscal year would be no different. Ms. Marois accused the Liberals of deploying a political strategy to discredit the PQ in order to avoid meeting the costly promises they made during the election campaign.
"We have maintained a balanced budget since 1998-1999. We closed the books in March with a $56-million surplus. In 2003-2004 we projected a balanced budget. Come hell or high water we would have maintained a balanced budget. If there is a deficit it will be the Liberal government's deficit. . . . I am prepared to side with them to battle Ottawa to correct this inadmissible situation," she said.
Yesterday 43 of the PQ's 44 elected members were sworn in as members of the National Assembly.
As they begin to prepare for their party's new role in opposition, the PQ hopes to make one more gain before the National Assembly reconvenes on June 3. After winning the riding of Champlain near Trois-Rivières by five votes in the April 14 election, a recount showed the PQ in a tie with the Liberals. A by-election has been called for May 20.
|


Course à la chefferie
|
Les députés péquistes satisfaits de la décision de leur chef
Mario Cloutier et Denis Lessard
La Presse vendredi 25 avril 2003
Québec - Les élus du Parti québécois poussent un nouveau soupir de soulagement devant une course au leadership qui ne commencera pas tout de suite. Lors de leur prestation de serment à l'Assemblée nationale, hier, plusieurs députés péquistes ont exprimé leur reconnaissance à Bernard Landry en disant respecter son droit de décider seul de la date de son départ.
François Gendron a résumé l'esprit du groupe en décrivant un caucus et un Conseil des ministres "unanimes" sur la décision du chef péquiste de rester en place pour diriger les travaux de l'opposition officielle.
"Tout le monde est très heureux qu'il reste et qu'il gère le jeu", mentionne un de ses proches, le député de Richelieu, Sylvain Simard, qui dit avoir travaillé à le convaincre de rester. Interrogé pour savoir s'il appuyait Pauline Marois pour la succession, il a répondu: "Actuellement, nous sommes derrière Bernard Landry." Il a même réitéré sa profession de foi envers son chef: "Là où il me dira d'aller, je serai."
Un qui restera là où il est, c'est l'ex-leader du gouvernement, André Boisclair, que M. Landry a désigné pour être le leader de l'opposition à l'Assemblée nationale. Louise Harel et François Gendron étaient également en lice pour ce poste important.
Pauline Marois attend
Applaudie à tout rompre lors de sa prestation de serment au Salon rouge, Pauline Marois s'est, quant à elle, bien gardée de laisser paraître quelque déception que ce soit à la suite de la décision de Bernard Landry de rester en place.
"J'ai dit que je respecterais la décision de M. Landry et que je l'accompagnerais dans les tâches qu'il voudrait me confier", a déclaré aux journalistes la première aspirante à la direction du Parti québécois.
Mme Marois a même eu ce commentaire au sujet d'une éventuelle course au leadership: "Nous en parlerons si celle-ci a lieu." Elle a soutenu que M. Landry était un chef de l'opposition "bien en selle". Quant à son rôle à l'Assemblée nationale, elle a précisé que "tous les postes dans l'opposition deviennent intéressants, tout dépend de la façon dont on s'y investit".
Dans les coulisses toutefois, la course aux appuis des uns et des autres est bel et bien amorcée. Sur place, hier, Mme Marois pouvait déjà compter sur le vote des Michel Morin, Michel Létourneau et Lucie Papineau. À leur sortie du Salon rouge, quelques autres ont fait un détour pour saluer la directrice de cabinet de l'ex-ministre des Finances, Esther Gaudreault, dont le député gaspésien Guy Lelièvre et l'ancienne ministre Diane Lemieux.
Mais pour l'instant, "personne ne va mettre de pression indue" afin que M. Landry parte, assure le député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau. Son collègue d'Abitibi-Ouest, François Gendron, qu'on croit davantage proche de François Legault, souhaite que M. Landry reste au moins jusqu'en 2004, sans préciser de date pour le congrès au leadership.
"On n'a pas à gérer ça tout de suite. Le temps n'a aucune espèce d'importance", soutient ce vétéran de 1976.
Celui qui était whip en chef du gouvernement, Michel Morin, pense toutefois que "deux ans ce serait beaucoup", si le chef péquiste souhaitait prolonger au-delà de 2004 sa présence à la tête de l'opposition officielle.
Pour sa part, le député de L'Assomption, Jean-Claude Saint-André, estime que "M. Landry est le mieux placé actuellement pour assumer la responsabilité de chef de l'opposition officielle".
Le nouveau député de Joliette, Jonathan Valois, ajoute que les députés ont maintenant du temps avant de faire leur choix pour la succession. "Aujourd'hui, on n'est pas à se questionner sur ces choix. C'est plus le contenu que je regarde présentement que les individus", de souligner ce jeune conseiller a programme au PQ et ancien attaché politique d'André Boisclair et de François Legault.
Accueilli par une longue ovation et au chant de "Mon cher Bernard c'est à ton tour...", le nouveau chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a lancé le leitmotiv de son "redoutable" groupe de 44 élus: "Souveraineté et progressisme". Il a parlé de la "lourde responsabilité" de l'opposition péquiste à travailler avec ardeur, énergie et enthousiasme, comme si le PQ était au gouvernement.
Leur premier devoir, a-t-il souligné, est de servir leurs électeurs, puis les grands idéaux du parti. Demandant à ses 42 coéquipiers présents - en l'absence du député de Mercier, Daniel Turp, et en raison de la nouvelle élection dans la circonscription de Champlain - du "courage", il leur a souhaité "le plus court séjour possible dans l'opposition officielle".
|


ADQ
|
Des années noires pour Mario
J -Jacques Samson
Le Soleil vendredi 25 avril 2003
Éditorial - Les quartiers de l'Action démocratique à l'Assemblée nationale étaient noyés de tristesse mercredi. Marie Grégoire, la députée battue dans Berthier, la cofondatrice du parti avec Mario Dumont, faisait ses boîtes. François Corriveau, son collègue défait dans René-Lévesque, était déjà passé dans les jours précédents pour récupérer ses effets personnels. La défaite de Marie Grégoire a été la plus difficile à prendre pour Mario Dumont. Le soir du 14 avril, il repoussait désespérément son intervention devant les caméras, raconte un adjoint, espérant jusqu'à la dernière minute un revirement qui permettrait au moins de sauver ce siège. La victoire de Marie Grégoire lors de l'élection complémentaire dans Berthier en 2001 avait donné un second souffle à l'ADQ. Sa complicité avec Mario Dumont remonte à l'époque des jeunes libéraux, qu'ils ont ensuite quittés ensemble. La construction de l'ADQ fut aussi une oeuvre commune. Marie Grégoire est la personne la plus imprégnée, après Mario Dumont, de la pensée adéquiste et elle apportait en plus son aisance naturelle dans le traitement des dossiers de finances publiques. Sa perte est très lourde pour l'équipe restante.
Mario Dumont a été sonné par la maigre récolte de sièges le 14 avril. Il est toutefois déterminé à poursuivre, dit le même adjoint ; son plus proche collaborateur, Jean-Luc Benoît, restera aussi. L'ADQ a bien obtenu 18,24 % des votes exprimés, soit 696 972 votes, comparativement à 11,8 % en 1998 ou 480 636 votes, mais comptera pourtant quatre députés plutôt que cinq. Les quatre prochaines années seront une véritable traversée du désert pour Mario Dumont et les trois députés néophytes qui l'entoureront.
L'article 13 du Règlement de l'Assemblée nationale prévoit en effet qu'un parti doit avoir fait élire 12 députés ou avoir recueilli 20 % des votes pour constituer un groupe parlementaire reconnu. Une modification au règlement devrait d'abord faire l'objet d'une étude par la Commission de l'Assemblée nationale qui regroupe le président de l'Assemblée, les leaders et whips des partis reconnus et les 10 présidents de commissions parlementaires. Si une analyse d'une telle demande conduisait à une recommandation positive (il ne faut pas y compter), celle-ci serait ensuite soumise au vote de l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale. Une modification à l'article 7 de la Loi sur les conditions de travail et le régime de retraite des membres de l'Assemblée nationale serait aussi nécessaire, pour que le chef de l'ADQ et le whip qu'il désignerait, puissent toucher les indemnités de 35 % et de 20 % du salaire régulier des députés, prévues pour les partis reconnus.
C'est le seul avantage financier direct d'ailleurs attaché à la reconnaissance officielle d'un parti. Le budget de recherche n'a rien à voir avec le statut du parti ; il est déterminé plutôt par le Bureau de l'Assemblée nationale. Mario Dumont avait déjà droit à un budget de recherche spécial. Il devra le renégocier âprement. Le statut de parti reconnu prend par contre toute son importance pour les droits de parole automatiquement attribués dans tous les débats et aux périodes de questions aux partis officiels.
L'ADQ s'accroche à l'espoir que les 18,24 % des votes recueillis lui mériteront cette reconnaissance. Or, on le voit, il ne s'agit pas du simple bon vouloir - loin d'être acquis - des deux autres partis mais les embûches avant d'y arriver seraient nombreuses et les délais assez longs. D'autre part, de mémoire de spécialistes, il n'existe pas de précédents d'entorses à cette règle. Le Parti québécois, au début des années 70, ne comptait pas 12 députés à l'Assemblée nationale mais il avait dépassé le seuil des 20 % des votes et il formait l'opposition officielle. L'Assemblée nationale est une institution très conservatrice qui a la phobie des précédents.
Mais surtout, les libéraux ont reproché depuis 1994 au Parti québécois d'avoir multiplié les faveurs à l'endroit du député de Rivière-du-Loup, voyant dans la montée de l'ADQ l'une des causes de leurs difficultés à rallier les électeurs francophones dans les régions. Le leader du PLQ à l'Assemblée ces dernières années, Pierre Paradis, nourrissait entre autres des griefs à l'endroit du Parti québécois à cet effet. Les libéraux ne feront certainement pas de cadeau à Mario Dumont. Ce dernier doit s'attendre à continuer de quémander des droits de parole à la pièce et très limités.
À l'intérieur de son parti, le chef n'a pas à craindre dans l'immédiat une contestation ouverte de son leadership. C'est plutôt contre la démobilisation qu'il devra lutter. Déjà, le candidat vedette dans Québec, Jean-Guy Lemieux, s'interroge à haute voix sur la viabilité d'un troisième parti au Québec, dans le système actuel. Le financement de l'ADQ sera aussi problématique après pareille débandade. Des débats devront également être menés sur le programme. Plutôt que de perdre inutilement son temps à chercher à obtenir le statut de parti reconnu à l'Assemblée, Mario Dumont devrait lever une campagne intensive pour l'ajout d'un élément de représentation proportionnelle à l'Assemblée nationale. Ou une modification au mode de scrutin sera adoptée en début de mandat du gouvernement libéral ou, une fois de plus, cela ne se fera pas sous ce régime. Cette réforme est reportée depuis 30 ans, même si tous les partis prétendent y adhérer.
|


Élection 2003
|
Une nomination qui irrite le secteur financier
Hélène Baril
La Presse vendredi 25 avril 2003
POUR LES ENTREPRISES du secteur financier, la nomination du secrétaire général du conseil exécutif, Jean St-Gelais, à la présidence de la future agence d'encadrement du secteur financier est le pire des scénarios qui pouvait survenir.
Non seulement le concept même de l'agence est susceptible d'isoler le Québec au Canada et en Amérique du Nord, mais le fait d'en confier la présidence au plus important fonctionnaire de l'État l'empêchera d'avoir l'indépendance nécessaire pour être crédible sur les marchés, estiment les représentants du secteur financier interrogés hier par La Presse et qui ont accepté de parler sous le couvert de l'anonymat.
M. St-Gelais, ancien fonctionnaire du ministère des Finances passé au secrétariat du Conseil exécutif à la demande de Bernard Landry, fait partie des trois proches que le premier ministre sortant a choisi de protéger en demandant à son successeur Jean Charest d'approuver leurs nominations ailleurs dans la fonction publique, comme le veut la coutume.
Que M. Charest ait approuvé celle de Jean St-Gelais à un poste aussi stratégique que la présidence de l'agence d'encadrement du secteur financier a soufflé tout le monde dans l'industrie.
La nouvelle agence regroupera tous les organismes de règlement du secteur financier, notamment la Commission des valeurs mobilières du Québec, l'Inspecteur général des institutions financières et le Bureau des services financiers.
"Son nom circulait depuis longtemps mais tout le monde avait dit, souvent en public, que l'agence devait être dirigée par quelqu'un d'indépendant du gouvernement", rappelle le dirigeant d'une firme de courtage.
Même la porte-parole libérale en matière de finance, Monique Jérôme-Forget, avait souligné l'importance de nommer à la tête de l'agence une personne au-dessus de tout soupçon d'appartenance politique. Il faut croire que son chef ne l'a pas consultée avant d'approuver la nomination de celui qui a piloté les interventions récentes du gouvernement péquiste dans le secteur financier, notamment les crédits d'impôt pour l'industrie du multimédia et l'implantation ratée de NASDAQ au Québec.
Le président fondateur de l'Association pour la protection des petits épargnants, Yves Michaud, trouve lui aussi qu'il aurait fallu que le président de l'agence d'encadrement du secteur financier "ne soit pas un mandarin de la fonction publique". Et il ne s'agit pas de n'importe quel mandarin, souligne Yves Michaud, mais "du premier fonctionnaire de l'État, qui a plus de pouvoirs qu'un ministre".
Selon lui, l'agence d'encadrement du secteur financier, pour faire les arbitrages qui lui seront confiés, aurait dû être dirigée par une personne dont l'indépendance ne peut être mise en doute. "Il s'agit d'une nouvelle entité qui a besoin d'affirmer son indépendance vis-à-vis du gouvernement, des entreprises et des consommateurs", a rappelé M. Michaud. Dans cette optique, la nomination de Jean St-Gelais n'est pas une bonne idée, selon lui, même si la compétence de l'homme ne peut être remise en question.
À ce point déçus de la toute première décision du nouveau premier ministre, des représentants du secteur financier entendent faire valoir leur position à son ministre des Finances aussitôt qu'il sera nommé. M. St-Gelais doit entrer en fonction le 15 septembre. Certains pensent qu'il n'est pas trop tard pour convaincre le nouveau gouvernement de revenir sur la décision de nommer Jean St-Gelais, et sur celle de fondre tous les organismes du secteur financier en un seul.
La disparition de la Commission des valeurs mobilières du Québec risque de faire mal au Québec, estime-t-on, au moment où les commissions des valeurs mobilières des autres provinces travaillent à redéfinir et à simplifier le cadre réglementaire canadien. C'est le prétexte tout trouvé pour isoler le Québec, assure un courtier.
Pendant la commission parlementaire qui a précédé la création de l'agence, des intervenants comme la Banque Nationale et la Bourse de Montréal avaient prévenu le gouvernement que la nouvelle structure risquait de faire fuir les capitaux.
|


médias
|
Approve al-Jazeera
National Post Friday, April 25, 2003
Éditorial -
We never thought we'd be saying this, but we wish Canadians had some of the freedoms Iraqis enjoy. This month, as U.S. troops liberated the country, thousands of Saddam Hussein's former subjects lined up to buy satellite dishes so they could watch al-Jazeera and other Arabic news stations banned under the Baathists. But here in Canada, the only way to watch al-Jazeera is through an illegal U.S.-source satellite hookup.
Indeed, according to federal law, Canadians can legally access satellite TV signals only through two providers -- Bell ExpressVu and Shaw Communications' Star Choice. Their programming must be approved by the Canadian Radio-Television and Communications Commission (CRTC) -- which means many channels are verboten. Not only were Arabic-speaking Canadians prevented from following the Iraq war on al-Jazeera, but conservative types were unable to get their hawkish commentary from FOX News.
Last month, Videotron, a large Quebec-based cable television provider, made an application to the CRTC to carry al-Jazeera. The application is controversial because the news network sometimes spews anti-U.S. and anti-Israeli vitriol so harsh it might make even a CBC junkie blanche. But that shouldn't be an issue. If the Arab world is being stirred up en masse with satellite-broadcast demagoguery, it would be far better for observers in the West to be made aware of its malign influence. Sticking our heads in the sand will get us nowhere. In any case, content-based censorship has no place in a democratic society that puts its faith in a free marketplace of ideas.
It might take as long as a year before the CRTC makes its ruling. In the meantime, Videotron's application will be measured against a set of esoteric criteria -- including how the application may or may not "reflect the presence in Canada of cultural and racial minorities." We have a better idea: Put al-Jazeera on the air immediately and see if people watch it. If they do, that's a pretty good sign the channel "reflects the presence in Canada of cultural and racial minorities." If they don't, Videotron will yank it on its own initiative. That's how a marketplace is supposed to work.
|