Que faire ?

Un projet

Michel Venne
LE DEVOIR - lundi 28 avril 2003

Avez-vous lu la lettre de Sébastien Paquin-Charbonneau dans le courrier des lecteurs du Devoir du 23 avril? Dans cette lettre à son grand-père décédé en 1996, cet étudiant âgé de 20 ans promettait, malgré la défaite électorale du Parti québécois, de rester debout et de garder vivant, avec sa génération, le rêve de son aïeul, celui de son père et le sien de faire du Québec un pays.

Ce n'est pas un rêve, c'est un projet. Les élections du 14 avril n'ont scellé le sort ni de l'indépendance du Québec ni du mouvement qui la porte. Ce jeune homme qui m'est inconnu n'est pas seul à rester debout et, surtout, à rester lucide.

Au cours des prochaines années, les raisons objectives favorables à l'accession du Québec à sa pleine souveraineté politique ne feront que se confirmer.

D'abord, la mondialisation aura poursuivi sa marche. Espérons que celle-ci aura été infléchie dans le sens d'une humanité plus juste et plus démocratique. La partie est loin d'être gagnée à cet égard. Mais de nouvelles instances seront créées pour gérer l'interdépendance entre les nations. Ces mécanismes de coopération auront confirmeront le rôle incontournable des États souverains dans l'organisation du monde. Le multilatéralisme finira bien par triompher de l'arrogance américaine. Les négociations en vue de la création d'une zone de libre-échange des Amériques vont reprendre leur cours. La place du politique dans la suite du monde va s'accentuer.

Le spectacle de petits pays, moins riches et moins avancés que le Québec, participant à la marche du monde, n'aura de cesse d'accentuer le sentiment que le peuple québécois, confiné au statut de province du dominion, reste en marge.

Or les Québécois seront de plus en plus tournés vers le monde plutôt que vers le reste du Canada. L'intérêt des Québécois pour la situation internationale va grandissant, visible dans les médias et les librairies. La participation de milliers de citoyens aux manifestations pour la paix le confirment. En outre, l'économie québécoise dépend dans une proportion de 60 % du commerce extérieur. Le Québec exporte deux fois plus aujourd'hui qu'en 1990 tandis que les échanges commerciaux avec le reste du Canada sont restés stables. Cette double tendance n'est pas prête de s'arrêter.

La réussite des Québécois sur la scène mondiale va renforcer l'identité québécoise et la dissocier peu à peu de l'identité canadienne. Pendant ce temps, le poids des personnes nées avant 1960 et qui se définissent encore comme Canadiens français va diminuer. Les générations de Québécois issues de l'immigration plus récente, dont les enfants fréquentent l'école française, affirment plus que jamais leur appartenance au Québec plutôt qu'au Canada. Ces Québécois tricotés serrés mais de laines étrangères, présents dans les débats et dans les mouvements sociaux, font prendre conscience du caractère universel de l'identité québécoise.

Dans le contexte de la mondialisation, le désir d'affirmer notre différence culturelle va aussi s'accroître.

Or, en parallèle, les prochains recensements canadiens vont confirmer le déclin du poids démographique et donc du poids politique du Québec au sein du Canada. L'assimilation des francophones hors Québec se poursuivra inexorablement et ce n'est certes pas la timide politique dévoilée récemment par Stéphane Dion qui va y changer quoi que ce soit. Intéressés par les affaires du monde, conscients de leur identité, les Québécois verront leur statut de minoritaires se cristalliser au sein de la fédération canadienne. Le déséquilibre fiscal ne se résorbera pas. Ottawa ne va pas renoncer à ses velléités d'investir le champ du pouvoir local, celui de l'éducation post-secondaire et celui des services sociaux et de santé.

De plus en plus minoritaires au Canada, les Québécois prendront conscience du déclin de leur pouvoir au sein de ce pays et sur la scène mondiale.

Dans quelques années, la table sera mise. De nouveaux leaders, issus des jeunes générations, rompus aux exigences de la coopération internationale et intéressés par les affaires du monde, mais enracinés dans les mouvements sociaux dans leur région et leur localité, libérés du complexe du colonisé, vont prendre les rênes.

Le politologue Jean-Herman Guay, de l'Université de Sherbrooke, disait l'autre jour que les élections du 14 avril marquent la fin de la guerre entre Québec et Ottawa. Celles-ci marquent la fin d'un cycle de confrontations entre deux branches de l'élite canadienne française issue de la Révolution tranquille. La question nationale ne pourra plus jamais être abordée de la même façon. La souveraineté ne peut plus être vue comme la résolution du conflit Québec-Canada. Le PQ doit en prendre acte.

Si le moment est venu de revoir le programme du parti, ce n'est pas pour en expurger l'idée de la souveraineté. Au contraire, celle-ci est plus adaptée à l'époque que jamais. En fait, le PQ devrait radicaliser sa position en faveur de l'indépendance, sans exclure la possibilité, comme une main tendue, d'établir une coopération avec le Canada une fois le Québec souverain, mais en dissociant clairement les deux opérations. L'accession du Québec à la souveraineté n'est pas le projet d'une nouvelle entente avec le Canada mais plutôt le mécanisme de l'inscription politique du Québec dans le monde.

Le PQ, qui reste le principal leader du mouvement souverainiste, a quelques années pour recentrer son projet dans ces termes, en y associant le Québec pluraliste et les mouvements sociaux actuels et plus anciens. La place du référendum dans cette démarche n'est plus la même. L'accession du Québec à la souveraineté doit être envisagée comme une réforme dont le référendum n'est que l'ultime étape.

Michel Venne est directeur de L'annuaire du Québec, chez Fides.

mvenne@cam.org




Élection 2003

La mort d'un grand rêve

Benoît LeBlanc
LE DEVOIR - lundi 28 avril 2003


Lettres: Montréal, 18 avril 2003

Après l'orage, la lumière froide et crue d'avril révèle un paysage familier: l'échec de la vision d'un Québec responsable et respectueux de lui-même. Ce qui frappe plus dans cet échec c'est de voir combien le gouvernement péquiste a été un miroir fidèle de l'âme québécoise encore et toujours torturée par le manque de confiance, la culpabilité, le doute et la peur. Incapable de rester courageusement fidèle à son idéal initial, il a graduellement emprunté tous les tics du colonisateur. Il est devenu arrogant.

Bernard Landry aura eu beau sprinter durant les derniers mois pour reconquérir son électorat naturel, le mal était fait. Aux yeux de plusieurs, c'est normal, il a perdu toute crédibilité.

Ce n'est pas à une défaite électorale que nous avons assisté le 14 avril, mais à la mort d'un grand rêve. Lequel, par nécessité profonde, devra renaître mais à condition que le PQ s'ouvre comme jamais il ne s'est ouvert aux idées progressistes et aux valeurs humaines. Ce n'est que chargé d'énergie nouvelle que le projet souverainiste pourra se réaliser. Les poètes, les jeunes, les démunis, les faibles, les écologistes, les rêveurs, les militants de l'équité et de la justice, les amoureux d'une culture vivace et originale qui refusent l'uniformisation du monde, tous ces gens doivent retrouver leur place dans le seul parti qui puisse encore un jour nous donner un pays. Un pays d'espérance. Vivement, une véritable course à la chefferie loin des tractations politiciennes. Le PQ a besoin d'air -- d'air frais !




Élection 2003

Why the PQ identifies with this newspaper's name

No, not the Post part

Graeme Hamilton
National Post Monday, April 28, 2003


MONTREAL - Bernard Landry's dream of leading Quebec into the United Nations officially dies tomorrow when he steps down as Premier, but he will not be leaving completely empty-handed. Thanks to the Parti Québécois government's dogged renaming efforts, the province of Quebec now has enough ''national'' institutions and offices to do any country proud.

Police are trained at the National Police School and firefighters at the National Firefighters School. SARS updates come from the National Director of Public Health.

After being welcomed to the ''national capital'' by signs on Quebec City's outskirts, art lovers can visit the Quebec National Museum of Fine Arts (which, until this year, was simply the Quebec Museum.)

For Mr. Landry, this legacy of vocabulary softened an election defeat that most interpreted as another major setback for the separatist movement.

''The word 'provincial' has been routed, which is a very good thing,'' Mr. Landry said last week when asked at a news conference to assess the state of the sovereigntist movement. ''Institutions are called by their names. Quebec used to be the provincial capital. Now it is the national capital and everyone calls it that. There are a lot of advances of this nature.''

The PQ strategy under Mr. Landry was to drill into voters' heads that Quebec is already a nation, not just a province, in hopes that becoming sovereign would then not seem like such a big leap.

''Who in Canada or elsewhere will stand up and claim that the Quebec nation does not have the right to be treated like a nation?'' he asked last week. ''Who will stand up and tell me, 'Your nation, sir, must have the status of a simple province, like New Brunswick.' ''

Quebec has long used the term "national" to describe some of its major institutions, such as the National Assembly. But recently, no government letterhead seemed complete without the word.

Wary of appearing too overtly federalist, Jean Charest, the Liberal leader who will be sworn in as Premier tomorrow, is not planning to undo any of the changes. ''I'm pretty sure Mr. Charest won't rename these institutions, but maybe we won't use the word 'national' as often as the PQ did,'' Christian Barrette, an aide to Mr. Charest said.

That means the Musée national des beaux-arts du Québec is stuck with its cumbersome name.

Marc Delaunay, director of administration and communications for the Quebec City fine arts museum, said the PQ government inserted the word national after the former Musée du Québec asked that its name be altered to reflect its mission.

''The government of the day had a desire to identify its organizations with that term. That was what was in store for different organizations created during this time, and in that vein, that is what the Musée du Québec got,'' he said.

''Certainly it lengthens the name. In terms of communications, it's not always easy to fit that signature,'' he added.

Toward the end of its mandate, the PQ government held a ''national forum'' on waste management and produced ''national strategies'' to fight poverty and protect the province's water resources. In 2000, when Lucien Bouchard was still premier, the Quebec Police Institute was replaced by a Quebec National Police School, and the same year the Quebec National Firefighters School was created. The Quebec National Institute of Public Health was created in 1998.

Geneviève Joncas, of the Université Laval language-research group Trésor de la langue française au Québec, said the words 'nation' and 'national' first emerged in what is now Quebec around the time of the rebellion of 1837-38. In the 1970s, as the PQ became a political force, the terms again became widely used, particularly by the province's politically engaged songwriters.

''When Bernard Landry, the Quebec Premier, uses the word 'nation' in his speeches, it is certain to fan the nationalist and patriotic flames of his followers .... Politicians' use of the word 'nation' is thus part of a strategy -- always very effective -- aiming to inflame the Quebec electorate,'' Ms. Joncas said in response to an e-mail inquiry.

ghamilton@mon.nationalpost.com




Élection 2003

Le Québec prêt à écrire un autre chapitre de son histoire

Carol Néron
Le Quotidien - lundi 28 avril 2003


Éditorial - Après neuf ans à la barre du gouvernement québécois, les péquistes prendront officiellement congé du pouvoir demain, à l'issue de la cérémonie d'assermentation de Jean Charest et des membres de son Cabinet. Le principe de l'alternance, le désir de changement de l'électorat, l'usure du temps, enfin, toutes ces théories évoquées à l'envi au cours des deux dernières semaines pour expliquer le renvoi du PQ sur les banquettes de l'Opposition, font que le Québec entreprendra au cours des prochaines heures la rédaction d'un nouveau chapitre de sa courte histoire.

Bernard Landry a accepté de rester à la tête de ses troupes le temps nécessaires pour qu'elles lui trouvent un successeur. Les chroniqueurs parlementaires anticipent déjà sur la performance du futur chef de l'Opposition, reconnu lui aussi pour ses grands talents d'orateur. Et n'a-t-on pas toujours affirmé, non sans quelques bonnes raisons, que le PQ était à son meilleur lorsqu'il avait pour tâche principale de critiquer les décisions du gouvernement en exercice?

Il faut dire également que Bernard Landry n'arrive pas entièrement nu devant ses pairs. Il a réussi un véritable tour de force au cours des 18 derniers mois en remettant sur ses rails le Parti québécois, que la démission de Lucien Bouchard avait laissé exsangue.

Les défusions municipales et la Santé

Les défusions municipales apparaissent dès à présent en tête de liste des débats qui animeront l'Assemblée nationale à la reprise des travaux, probablement le 20 mai. Jean Charest, qui voulait faire adopter sa loi-cadre avant la date prévue pour l'ajournement estival vers le 24 juin, aura affaire à forte partie.

Cela dit, si la discussion s'échauffe un peu trop à son goût, le nouveau Premier ministre pourra toujours interroger son prédécesseur sur le trou anticipé de près de 2 milliards dans les finances publiques. Pauline Marois, n'a pas jugé nécessaire d'informer les Québécois durant la dernière campagne électorale de ce qu'elle considérait visiblement à ce moment-là comme un détail!

Depuis le 14 avril, Jean Charest étonne. Les nominations du duo Crête-Dicaire pour assurer la transition avec le gouvernement précédent ont été accueilli très favorablement par la presse et les observateurs politiques. L'arrivée de l'ancien Vérificateur général du Québec, Guy Breton, avec pour mission de faire toute la lumière sur le budget Marois annoncé juste avant le déclenchement des élections, n'a suscité aucun commentaire négatif.

Avant même d'entrer en exercice, le nouveau gouvernement semble parti sur un bon pied. Toutefois, ce parcours parfait pourrait connaître ses premières ratés sur l'écueil de la Santé. En campagne électorale, Jean Charest a promis qu'un gouvernement libéral ferait en sorte, dès le "lendemain de son élection" de rouvrir les salles d'opérations des hôpitaux afin d'alléger les listes d'attentes. Dans le même souffle, il a promis de lever les quotas auxquels doivent s'astreindre les médecins au chapitre des heures de pratique. Voilà deux engagements que se chargeront certainement de lui rappeler l'Opposition péquiste et la triste réalité quotidienne dans les hôpitaux!

Un style plus décontracté

Effet rapide d'une victoire longtemps espérée? Simple soulagement de constater qu'il était l'homme de la situation pour les libéraux? Toujours est-il que Jean Charest est apparu au cours des derniers jours beaucoup plus détendu devant les caméras. Le futur Premier ministre se permet même des pointes d'humour en public, ce qui lui arrivait rarement jusqu'à présent.

Jean Charest n'a pas eu la vie facile à son arrivée au PLQ. Ses adversaires les plus coriaces ne venaient pas du côté péquiste mais des rangs de son propre parti politique. Maintenant qu'il a su démontrer ce dont il était capable, nul doute que ceux qui, de l'intérieur, se chargeaient de lui faire la vie dure, auront maintenant intérêt à adopter un profil bas...




PLQ

'We will have to deliver'

Benoît Pelletier, headed for a key post in Jean Charest's cabinet, knows the Outaouais is tired of being overlooked in Quebec City, Jack Aubry writes.

Jack Aubry
The Ottawa Citizen Monday, April 28, 2003


There have been times in the past four years when Benoît Pelletier wondered what he was thinking when he accepted Jean Charest's invitation to leave the quiet life of a law professor at the University of Ottawa for politics in Quebec City.

Since first being elected in 1998, Mr. Pelletier has suffered the slings and arrows of politics in the National Assembly -- and sometimes vicious attacks of a nationalistic press in Quebec City. He even experienced embarrassment and pointed ribbing last summer after it took police 23 hours to find him when he got lost during a day hike in Gatineau Park.

But the member of the national assembly for Chapleau is expected to reap his political reward this week when Mr. Charest, the newly elected premier, gives him a high-profile spot in the new Liberal cabinet.

And in the process, it will make him the Outaouais' strongman in the provincial government, filling the shoes last filled nine years ago by Robert Bourassa cabinet minister Michel Gratton.

Editorials and pundits have been predicting since the April 14 election that Mr. Pelletier, who has been Mr. Charest's point man on his party's plans for renewed federalism, will be named the premier-elect's minister of intergovernmental affairs.

The amiable 43-year-old, who was teacher of the year at U of O five years ago, acknowledges that he was never comfortable in the role of opposition, saying it wasn't exactly his "cup of tea."

"At first, I questioned myself when I found myself in the opposition.

"There were tough moments, of course. I would say it was based more on the frustration of not being in power," said Mr. Pelletier. "Being in power gives all the meaning to political commitment."

Mr. Pelletier recognizes the pressure to deliver in a Grit-loyal region that is accustomed to being neglected when the separatist Parti Québécois is in power and taken care of when the Liberals regain power.

"I'm sure the expectations are so high -- we will have to deliver the goods. We will have to. If we don't, the people will be furious," he said. The three key files to attack in the region, he said, are: the question of mobility of the workforce over the Ontario border, the completion of Highway 50 to Montreal and, of course, health care.

As well, he admits the debate on the merger of Aylmer, Hull, Gatineau, Buckingham and Masson-Angers into the City of Gatineau may be re-opened, possibly leading to a referendum on reversing the decision.

"It could lead to a vote. Then we will be faced with a very delicate situation. That is not my wish, but we will have to deal with the situation. We have promised to respect the will of the population," he said.

He quickly points out that the impatient electorate should judge the Charest government on what it delivers during the next four or five years and the region should not expect overnight solutions to its problems.

Mr. Pelletier may have company in cabinet from fellow Outaouais national assembly member Norm MacMillan of Papineau riding, who's being touted by some as Mr. Char-est's whip in the legislature.

Mr. Pelletier will have to juggle his regional duties with his ministerial ones, which will take him on the road to all nine provincial capitals in his first year in office to pursue a common front in dealing with the federal government.

But he does not intend on moving his young family of four children, aged 12, 10, 7 and five months, to the Quebec capital. Mr. Pelletier says he accepts another four-year "sacrifice" and he and his wife will appraise the family situation at the end of the upcoming term in office.

"We will see how we are and how the children are getting adapted, how they are growing up and how my wife is getting adapted and then we will make another decision," he says.

His position at the university remains open for his return, as he is on leave without pay. "I enjoyed the academic life very much and it is good for me that I can go back. But life is not always a straight line and sometimes you change course. That happened to me and now I am experiencing something that is also interesting," he said.

Mr. Pelletier followed the same path as federal Intergovernmental Affairs Minister Stéphane Dion before coming to Ottawa, making a name for himself by providing commentary on television and writing academic books and papers on constitutional matters.

He jumped back into politics after a 20-year absence when Mr. Charest asked him to become one of his "star" candidates in 1998, before the provincial election that year.

During an interview last week from his riding office in Gatineau, located above a Greek restaurant, Mr. Pelletier revealed that he made a deliberate break from politics at the age of 18 when he went to university. One of the few vocal federalists at his high school, Mr. Pelletier realized his identity as a Liberal was affecting his social life.

"Being a Liberal and being a federalist was affecting my personal life because you are so isolated. I was not taken seriously. I was thought of as the 'Liberal guy' who was out of fashion. I was viewed as 'a nerd,'" said Mr. Pelletier. "I wanted to make a new image of myself by concentrating on school, making a career in law."

Mr. Pelletier had come honestly by his strongly held belief in federalism. His father was elected at the municipal level in 1969 in Quebec City, a year before the traumatic events of the October Crisis. Pierre Laporte, a cabinet minister in the provincial Liberal government, was kidnapped from his home and was later found dead in the trunk of an abandoned car.

"In the mind of a young boy, it really marked me -- that crisis. And then I found an increasing interest in politics. I was very supportive of Robert Bourassa, who impressed me very much. That's how it started," recalls Mr. Pelletier. He also was impressed with Pierre Elliott Trudeau, the prime minister at the time, but it was an admiration that waned in 1982 because of his handling of the repatriation of the Constitution without Quebec's approval. Mr. Pelletier also says he was not impressed with Mr. Trudeau's negative contribution to the debate surrounding the doomed Meech Lake Accord, and later, the Charlottetown Accord.

He says the new Quebec government is not interested in re-opening the "constitutional can of worms," partly because another failure at the negotiation table with the other provinces and federal government could permanently damage the country.

Mr. Pelletier wants to make it clear that the provincial Grits do not owe any part of their success to their Liberal confrères across the river. He says his recent report on the renewal of federalism was not treated "fairly" by federalists in the rest of the country, dismissed by many because of a polarization in the country that views someone who is not in favour of the federal government and the status quo as a sovereigntist.

He vows that the new Liberal government will never threaten separation during federal-provincial talks. And he does not think the Chrétien government's clarity bill has been helpful because it is giving "the false impression to Canadians that everything is safe."

He said the federal government is pretending that Quebec has everything it needs. "That's what they are pretending and I don't like that pretense," he said.

Mr. Pelletier says the federal government's so-called Plan B did not help the provincial Liberals during the election since Mr. Charest and his candidates were behind in the polls when the campaign was launched in March. Starting this week, he says, he will be looking to convert the victory into much-needed improvements for his region, province and possibly, his country.

"It is a new approach. A premise of my report is that we are federalist and we want the good of Canada, the good of the federal system," said Mr. Pelletier.

That sort of talk, which hasn't been heard around here for more than 30 years, already represents a significant change for the Outaouais, Quebec and Canada.




PLQ

Empty purse gives Charest some room on promises

L. IAN MACDONALD
The Montréal Gazette Monday, April 28, 2003


Jean Charest's new Liberal government will be sworn in tomorrow on the anniversary, as it happens, of Robert Bourassa's first election on April 29, 1970.

Thus, from Bourassa to Charest, and the transition from one Liberal era to the next. It will be for Charest to determine whether he will be as durable a premier of Quebec in this century as Bourassa proved to be in the last one.

They are two very different men, called to govern in two very different times. Bourassa was trained for government and had to learn politics. Charest was born to politics and has to learn government.

In 1970 and again in 1983, Bourassa imposed his leadership on the Liberal party by the process of elimination. In 1998, the Quebec Liberal Party imposed its leadership on Charest, then Conservative leader in Ottawa, who had no choice but to accept the call from Quebec.

Bourassa won four elections, from 1970 to 1989, not by winning the hearts of Quebecers but again by forcing a choice between his pragmatic federalism and the sovereignty option proposed by the Parti Québécois. Charest lost his first election in 1998 because in the voters' judgment, he wasn't quite ready to govern and needed to learn the Quebec files.

Bourassa became premier with an economic agenda, but his four terms in office were equally marked by failed constitutional initiatives and a succession of divisive episodes over language.

Charest becomes premier with a promise of delivering more in a time of less - more funding for health care and education while the surplus disappears even before he takes office. But Charest's premiership will also be measured by his management of relations with Quebec's partners in the Canadian federation, as well as his capacity to maintain Quebec's linguistic harmony.

At 44, Charest is much better prepared to govern than Bourassa was at age 36. Charest has had the benefit of five years in opposition, and in his incessant touring of the province, he has learned Quebec's regions, and Quebec issues, by heart. Bourassa also took the Liberals from opposition to government but only three months after he won the party leadership.

Charest's talent as a "rassembleur" has also been in evidence since the final days of the campaign, when he reached out to supporters of other parties and said he wanted to be premier of all Quebecers. On the day after the election, he sent an important signal to the public service by appointing André Dicaire, a former secretary of the treasury board, as head of it. The message was clear: there's a new boss, and he's very much in charge, but there will be no wholesale purge of the civil service.

Over at the finance department, however, they clearly have some explaining to do for the numbers in Pauline Marois's March 11 budget, which appear to have been done by the firm of Arthur Andersen. It's an old trick for a new government, when it gets its first look at the books, to say "it's even worse than we thought." In this case, Charest has brought in Quebec's former auditor-general, Guy Breton, who will tell him today that it really is even ''worse than we thought.''

The whisper at the weekend was of a hidden deficit of at least $2 billion, and perhaps as much as $4 billion. The good news for Charest is that this red ink will give him the margin of manoeuvre needed to break or postpone a few promises, such as the $1 billion a year tax cut over the next five years. Or he can use the deficit surprise as a rationale for taking some more operating costs out of government when Yves Séguin brings in his first budget as finance minister later in the spring.

The bad news for Charest is that a deficit means he will have to make some tough choices. There is one untouchable promise, however. Charest must deliver on health care and be seen to be delivering on it.

In the two weeks since the election, Charest has discovered that a premier doesn't get much down time, even on an Easter holiday in Florida. The briefing books go with him, the phone is never far away. Charest's biggest challenge has been forming the cabinet he will introduce tomorrow afternoon in the Salon Rouge of the National Assembly.

Séguin is a lock for finance; Michel Audet, former head of the Quebec Chamber of Commerce, is a natural for industry. Monique Jérome-Forget is a possibility for international relations, where her strong background would go a long way on important trade files. Michelle Courchesne, a former deputy minister of culture and later general manager of the Montreal Symphony Orchestra, is an obvious choice for culture. Geoff Kelley is one of the best, and best-liked, members of the most talented Liberal caucus since Bourassa's class of 1985.

This represents a problem for Charest, in that he has an embarrassment of riches from which to choose. It is the kind of problem every leader wants, the kind that goes with forming a government.

imacdonald@irpp.org




PLQ

Déséquilibre fiscal : Pauline Marois tend la main à Jean Charest

Pauline Marois
Députée de Taillon et ex-ministre des Finances, de l'économie et de la recherche.

Le Soleil - lundi 28 avril 2003


Traditionnellement, les nouveaux gouvernements, dans les premiers jours qui suivent leur élection, ont le réflexe de critiquer avec véhémence les états financiers qu'ils trouvent. Le premier ministre élu, monsieur Jean Charest, ne fait pas exception. Il m'importe de ramener les pendules à l'heure. La maison est en ordre. Les finances publiques du Québec se sont nettement améliorées sous le gouvernement du Parti québécois. Mon prédécesseur au poste de ministre des Finances, Bernard Landry, et moi-même avons fait adopter pas moins de cinq budgets consécutifs équilibrés.

Les grandes institutions financières du monde, qui ont un regard extrêmement critique sur le budget du Québec, ont salué les efforts déployés par le gouvernement du Parti québécois. Moody's, Standard and Poors, la Société Générale de France et la Bayerische Landesbank d'Allemagne ont tous rédigé des rapports élogieux sur l'état des finances publiques du Québec. Or, le budget pour les 12 prochains mois que j'ai présenté le 11 mars dernier prévoit aussi l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

Ce redressement budgétaire n'a pas été de tout repos. Il a été accompli en collaboration avec les leaders socio-économiques du Québec et grâce à l'appui de tous les citoyens. Ce travail colossal s'est aussi accompli malgré un déséquilibre fiscal grandissant entre Ottawa et Québec. À cet égard, monsieur Yves Séguin, qui a présidé les travaux de la commission sur le déséquilibre fiscal, prévoit un déficit budgétaire structurel année après année. Il évalue ce déficit à 2,2 MM $ pour la période 2003-2004. Le déséquilibre fiscal n'est pas fictif, il est bel et bien réel. Le Québec a dû et devra faire des efforts incommensurables afin d'éviter la débâcle financière. Fort heureusement, l'économie fut au rendez-vous ces dernières années.

Le budget que j'ai déposé pour les 12 prochains mois ne prévoit pas de déficit. Toutefois, comme n'importe quel exercice budgétaire, il est sujet à des risques financiers. J'ai rencontré bon nombre d'économistes et de prévisionnistes lors de la rédaction de ce budget et j'ai retenu un scénario économique lié à une croissance de 3,5 %. Cette cible se situait dans la fourchette des différentes prévisions économiques disponibles à ce moment. Afin de prémunir le budget contre un éventuel ralentissement, j'avais constitué une réserve de 800 M $. Cette réserve, financée par les transferts fédéraux obtenus lors de la dernière conférence des premiers ministres, est destinée à la santé. Le nouveau gouvernement pourra donc utiliser ces sommes afin de combler les besoins qu'il identifiera.

Or, la conjoncture mondiale, et plus près de nous la conjoncture de deux importants partenaires économiques du Québec soit l'Ontario et les États-Unis, est aujourd'hui plus difficile. La guerre et l'apparition du SRAS sont des facteurs qui ralentissent l'économie de nos deux partenaires économiques principaux et qui risquent d'affecter la nôtre. Par ailleurs, la hausse du dollar canadien et des taux d'intérêt sont également des éléments qui ajoutent une pression aux équilibres budgétaires du Québec. Les sommes allouées au financement de la dette du Québec sont évidemment liées au niveau des taux d'intérêt.

À tous ces facteurs économiques post-budgétaires qui semblent se matérialiser, il faut ajouter une modification au programme de péréquation. Encore une fois cette année le gouvernement fédéral nous livre une mauvaise surprise au chapitre de la péréquation. L'année dernière, à la suite d'une erreur de calcul de sa part, le gouvernement fédéral nous avait acheminé une facture de 479 M $. À la suite de plusieurs discussions que j'ai eues avec messieurs Paul Martin et John Manley, la facture a fondu considérablement. C'est la preuve que le gouvernement du Parti québécois a été en mesure de défendre les intérêts du Québec. Cette année, en imbriquant les données du recensement dans le calcul de la péréquation, c'est plus de 1 MM $ que le gouvernement du Québec pourrait perdre. L'Institut de la statistique du Québec a été informé de ce scénario préliminaire par Statistique Canada le 27 mars dernier.

Or, comme vous le voyez, plusieurs risques planent sur le présent équilibre budgétaire. Ces risques ne sont pas tous sous notre contrôle, certains relèvent de la conjoncture mondiale, d'autres d'éventuelles négociations avec Ottawa. Le nouveau gouvernement devra donc entamer rapidement des discussions avec le gouvernement fédéral afin de résorber les pertes potentielles liées à la péréquation et, de façon plus globale, le déséquilibre fiscal ; il en va de la santé financière du Québec. Un budget est un processus dynamique, c'est-à-dire qu'il doit s'adapter à un environnement économique changeant ; ce n'est pas statique. À cet égard, je tends la main à monsieur Charest afin de l'appuyer dans ces éventuelles démarches avec Ottawa.




TRIBUNE LIBRE

(Lettre à un gars de trente ans qui a annulé son vote...)

Le désoeuvrement... ou la honte?

Nous sommes le seul peuple issu du grand mouvement de décolonisation à avoir refusé par deux fois sa souveraineté politique et ça... cré-moé cré-moé pas, c’est pas la faute à Parizeau !

André Vincent
TRIBUNE LIBRE - lundi 28 avril 2003


Bonjour Benoît,

Suite à ta lettre, et après avoir entendu une émission radio où des gens disaient pourquoi ils avaient annulé leur vote ou s’étaient abstenus, je me suis mis à cogiter sur le sujet. Même que ma blonde m’a demandé comment il se faisait qu’une p’tite boucane bleue flottait au dessus de ma tête???... Aurais-je trop forcé? me suis-je demandé... ou alors ma capacité de réflexion est-elle à ce point... usée, tel un moteur en état de surchauffe? Afin de cacher cette... faiblesse à ma douce, pour qui je suis tout, ie. l’homme, l’amant et le grand penseur... je me suis donc réfugié dans ma chambre, à l’abri des regards indiscrets et là, seul devant mon ordi, j’ai réfléchi, pas trop quand même, au cas-z-où...

Plus sérieusement, ce désenchantement, que j’appellerais plutôt désoeuvrement, d’où vient-il? qui est-il? comment est-il apparu et depuis quand? Ouf! J’ai été frappé par les réponses des intervenants radiophoniques; l’un parlait un peu comme toi, de mise en marché de bas-étage, de pub de savon; un autre, de lâcheté; un troisième, de ras-le-bol; et d’autres enfin, d’une sorte de saturation de la sollicitation qui leur tombe dessus de tous bords tous côtés, et disaient qu’ils ne savaient plus trop où donner de la tête. Aussi, de sur-information et de manque de temps.

Ouais... que j’m’ai dit, on n’est pas sortis du bois, et la seule façon d’y voir un peu plus clair est de retourner sur ses pas, et de regarder devant à partir de derrière, autour de 1960, au temps où la pub n’était pas encore trop bruyante, où l’individualisme ne régnait pas en maître, où les gens, même s’ils travaillaient aussi dur qu’aujourd’hui, peut-être même plus, n’étaient pas sollicités jusqu’à plus soif; où le divertissement n’était pas une obsession, où la vie avait un sens précis, où les femmes faisaient encore la popote et les hommes même pas la vaisselle... Époque bénie!!! ( j’ai checké, pas de boucane bleue encore...)

Deux époques donc, et la première chose qui m’apparaît est que la vie est passée du noir et blanc à la virtuelle couleur; la femme est devenue l’avenir de l’homme (on en reparlera...), le Flower Power est arrivé de California, certains sont retournés à la terre à grand-papa, d’autres ont contesté tout ce qui était contestable (incluant la contestation), le PQ a fini par prendre le pouvoir et cet immense désir de liberté et d’affirmation dont je t’ai parlé dans ma dernière lettre a été en grande partie assouvi : d’abord par la loi 101, qui a raffermi notre fragilité linguistique, mais aussi par la reprise en main graduelle de notre économie. À mon avis, pendant cette période d’un vingtaine d’années, ce qui est à souligner en rouge est ceci : nous avons perdu un premier référendum.

Au début des années 80, suite à cette défaite, la plupart des chefs de file de cette mouvance se sont recyclés dans le Québec Inc. ou sont devenus des spécialistes en subventions gracieusement offertes par l’État Providence (incluant les artistes). Le PQ a perdu le pouvoir, les idéologies sont tombées avec le Mur de Berlin, certains ex-marxistes sont passés de matraqueurs de classes sociales à gigolos de la réclame (où ils excellent d’ailleurs), la génération X, les plus ou moins trente à quarante ans, ont brûlé le vieux Refus Global pour le remplacer par l’Acceptation Globale; puis, Monsieur est revenu aux affaires de l’État en disant clairement qu’il était souverainiste avant, pendant, et après les élections. Hélas! comme il s’est trouvé à court de 50,000 voix, un certain soir du 30 octobre, il a constaté tout haut ce que certains pensent qu’ils aurait dû constater tout bas..., surtout ceux qui pensent que les politiciens ne pensent jamais ce qu’ils disent et devraient avoir le courage de dire ce qu’ils pensent. Depuis ce constat scandaleux, le pronom de la première personne du pluriel du verbe être est inclusivement exclus des pages du Devoir, de la tête des profs-penseurs de l’UQÀM, de la bouche de nos politiciens... et de nous-autres! Le constat historique de cette période est donc clair : (Nous) avons perdu un deuxième référendum.

Dans les années suivantes... le déficit zéro, Lucien-le-déserteur incapable de se regarder dans le miroir (nonobstant la clause), Bernard-le-confédéraliste à l’européenne, le grand Hôpital P.Q., Jean Charest... le 14 avril... Et tout ça, tout ce qui est arrivé, ce qui arrive ou pourrait arriver demain, la semaine prochaine, et même dans dix ans... les Québécois devront désormais prendre conscience qu’il y a une raison précise à nos déboires, un responsable à nos défaites et à mon humble (après mûres réflexions et toujours pas d’boucane...) : C’est la faute à Parizeau! J’vois pas d’autres choses! Il nous faut un coupable ou un bon prétexte sans quoi... faudrait prendre le temps d’y penser! Et on n’en a pas, de temps, pis c’est pas de notre faute, la preuve en est qu’on n’a même pas de loi conciliant «travail et famille», qu’on paye trop d’impôt, qu’il faut réduire la taille de l’État, désyndiquer les fonctionnaires, se plier aux lois du marché, acheter la démocratie à la carte, établir la proportionnelle pour tous (incluant les poteux), aller voter, passer à la garderie à cinq piastres, chez Métro... et encore une fois, c’est la faute à qui tout ça, hein ? Sûrement pas la nôtre alors quoi, qui — hein??? Je ne te le fais pas dire...

Comme dit cette vieille chanson pop: C’est pas moé, c’est ma soeur / qu’y a cassé la machine à vapeur... Ça s’appelle la déresponsabilisation. Mais que s’est-il donc passé depuis quarante ans qui nous laisse avec ce désoeuvrement dans le coeur et dans la tête, cette espèce de retour à la réalité platement économique, sans rêves... que le métro-boulot-dodo comme tu dis, et ses compensations : le divertissement, le cocooning, l’individualisme, l’insignifiance, la peur de mourir en santé et la grande partouze universelle?

En conclusion, je ne sais trop, ni mieux que toi probablement; les analystes professionnels parleraient de plusieurs facteurs pouvant expliquer la problématique... En plus de la vie elle-même qui a énormément changé, de l’émancipation de la femme à l’homme rose mélangé, de l’individualisme galopant à la dépersonnalisation, du désoeuvrement au divertissement, de la mondialisation au rouleau compresseur, il est une chose qui m’apparaît évidente, ou plutôt qui me saute en plein dans’ face : Nous sommes le seul peuple issu du grand mouvement de décolonisation à avoir refusé par deux fois sa souveraineté politique et ça... cré-moé cré-moé pas, c’est pas la faute à Parizeau !

Je me souviens des lendemains de référendums, un peu poqué que j’étais. Dehors, on aurait dit que tout le Québec penchait par en-avant, que tout l’monde regardait les craques de trottoir à terre... non pas à cause d’un mal de bloc, mais comme qui dirait d’un sentiment merdeux qui désoeuvre l’âme et bloque l’espoir. On a perdu, encore! alors... à quoi bon! J’ai cherché un mot pour nommer ce sentiment, mais n’ai trouvé que celui-ci : La honte.

Quand on cherche à comprendre ses lâchetés, il faut gratter dans nous-autres, pas sur le dos du voisin. Après, une fois ce sentiment mis à nu, lavé à fond et étendu sur la corde à linge, en plein soleil... on sort dehors, on relève la tête, on se crache dans les mains pis on r’commence!

Bon! excuse-moi Benoît mais faut que j’arrête ça là parce qu’y commence à y’ avoir plein de boucane bleue dans ma chambre... sais pas trop d’où ça vient...!

Avec mon bon coeur,
André Vincent