Que faire ?
| Rappel
Pettigrew croit voir la fin de la souveraineté
Presse Canadienne Le lundi 22 avril 2002
Le ministre canadien du commerce international, Pierre Pettigrew, croit déceler la fin du mouvement séparatiste québécois comme force dominante de la politique de la province.
En entrevue à Southam News, M.Pettigrew estime que le Québec arrive à une croisée des chemins politique, comme il s'en présente à tous les 30 ou 40 ans. Le ministre montréalais en est arrivé à cette conclusion après le résultat de l'élection complémentaire dans Saguenay, la semaine dernière, où le candidat du Parti québécois est arrivé troisième dans ce comté traditionnellement souverainiste.
M. Pettigrew soutient que le Parti québécois est dans une chute irrévocable et que la performance du premier ministre Bernard Landry est très pauvre.
Le ministre affirme que les Québécois ont tourné la page de la séparation et qu'ils adhèrent à la l'économie globale et au Canada.
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Que faire ?
| Rappel
Is separatism really dead?
Montreal Gazette Tuesday, April 23, 2002
Separatism is dead. Again. People have been declaring the end of the separatist era on and off since 1975, when Pierre Trudeau judged it a cold corpse. Just one year later, the Parti Québécois roared to power for the first time.
Now we are again hearing such pronouncements, most recently from federal Trade Minister Pierre Pettigrew, a Montreal MP. Like the previous versions, his comments need to be taken with a grain of salt. Quebec's separatist cat has had two referendums and might turn out to have nine lives.
But there is something to what Mr. Pettigrew says. Even Premier Bernard Landry admitted as much last fall, when he told the Toronto Board of Trade: "Separatism is dead - welcome to sovereignty-association." He meant the modern Quebec wants partnership, not isolation; and that the motivation to nationhood is positive, not based on resentment.
But the premier's comments reflect a deeper truth - 32 years after separatists were first elected to the National Assembly, support for "hard" independence has failed to surpass the 30-per-cent mark. Without a hyphen, sovereignty is up against a dead end.
Mr. Pettigrew thinks Quebec is headed for a reckoning with this stubborn reality. In a recent Southam News interview, the minister said the heyday of separatism has come and gone. Quebec is nearing an important crossroad, he said, one which will produce a political re-alignment of the same magnitude as René Lévesque leaving the Lésage Liberals in the 1960s to form the Parti Québécois; or the provincial Conservatives under Maurice Duplessis joining the disaffected Taschereau Liberals to create the Union Nationale alliance in the 1930s.
It's an interesting notion, and it's true what he says about Quebecers being increasingly comfortable and confident within the global community. Fears and resentments have certainly dissipated.
But Mr. Pettigrew shouldn't be so quick to see Mario Dumont's Action Démocratique Québec's party as the catalyst that will transform Quebec. Mr. Pettigrew seems to regard the party's by-election victory last week as a watershed event that will legitimize the ADQ as a viable alternative to the Liberals and PQ. It's premature to make such an assertion; by-election results are unreliable political barometers.
Mr. Pettigrew envisions a new party coalition of conservatives and nationalists taking shape in Quebec - the traditional "bleu" in renovated form - but it's hard to see this sprouting out of a party like the ADQ, which has candidates mostly under 30, is founded on ambiguity and mocks the "old parties."
Without a viable third party, one can expect Quebec politics to continue to be polarized along federalist and sovereignist lines, with sovereignty coming back onto the front burner whenever the PQ forms the government.
But old-style separatism really does appear to be dead. When Mr. Trudeau pronounced it dead in 1975 and again in 1976, what he meant was that the PQ would have campaigned in 1976 on separation pure and simple, rather than good government and negotiations toward hyphenated sovereignty later on, if only support for true independence had been strong enough.
It wasn't strong enough then, and it isn't now, and as Quebec baby boomers head into middle age, it would be no surprise if some political fault lines opened up. But not necessarily tomorrow.
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Irak
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Une situation d'une extrême gravité
la revue française Combat, no. 43, mai 2003
L’agression de l’Irak par l’Empire US risque d’être plus lourde de conséquences que l’occupation de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne nazie en 1939. Les peuples n’ont pas pu l’empêcher et l’ONU s’en est accommodée. Les Etats-Unis, lâchement victorieux d’un peuple à peu près désarmé ont fait la démonstration de leurs capacités de foudroiement. Plus que jamais est vraie la pensée de Clausevitz : la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Mais aujourd’hui, à l’ère de l’hégémonie US, la politique, c’est la guerre. Le chapelet des objectifs étatsuniens commence à s’égrainer : Syrie, Palestine, Iran… Au-delà du proche-orient, c’est le monde que l’Empire entend remodeler. La France a fait entendre sa voix. Les peuples l’avaient comprise. Mais le parti américain qui va de l’UMP Madelin au socialiste Kouchner relève la tête. Chirac, effrayé de son audace donne des gages de repentance. Une fois de plus les peuples sont bafoués. Il y a des enseignements à tirer de cette tragédie. Observons d’abord que la France n’a pas été massivement à l’avant-garde de la protestation. Les partis et syndicats institutionnels ont tout au long du mouvement anti-guerre organisé des manifestations « politiquement correctes ». Ils ont proposé les mots d’ordre les moins dénonciateurs, ils se sont défendus d’être anti-américains et antisionistes, c’est à dire de condamner clairement des Etats et des systèmes impérialistes et terroristes. Ils ont diabolisé Bush mais occulté autant que possible le fait que ce criminel et sa bande de fascistes, sont soutenus par une presse vénale, un grand capital prédateur et un peuple en grande partie manipulé. La paix est un bien précieux mais elle ne se gagne pas avec des bêlements. Or il existe de par le monde des forces innombrables qui se réclament de l’anti-impérialisme, C’est sur elles qu’il faut compter. Ce n’est pas l’humanisme mou du PS et de ce qui reste du PCF qui peut contribuer à les rassembler dans un vaste, vigoureux et irrésistible mouvement. C’est cependant la seule issue.
Les élites politiques capitulent, au peuple de relever le défi
La bourgeoisie française s’imagine qu’aujourd’hui tout lui est permis. Par la guerre et la terreur l’hyperpuissance américaine, tente d’imposer à la planète sa loi, sa monnaie, ses intérêts, son mode de vie. La bourgeoisie se coule dans cette situation pour régler ses comptes intérieurs avec le peuple et le monde du travail. Il y a remise en cause générale des droits et des acquis, sur l’emploi, les retraites, la sécurité sociale, les libertés syndicales. Avec la régionalisation, et la constitution européenne de Giscard D’Estaing l’unité de la République est menacée, la souveraineté du peuple passée par dessus bord. Le gouvernement Chirac, Raffarin et le Medef, se sont imaginés qu’un consensus national était réalisé autour de l’attitude que la France avait adoptée au conseil de sécurité pour dire non à la guerre américaine en Irak. Ce stratagème à fait long feu. Les réalités de classe réapparaissent. Les semaines à venir s’annoncent chaudes de luttes sociales et politiques. Il y a un grand besoin de clarification pour débrider les énergies disponibles. Les Etats-Unis se sont lancés dans l’atomisation du Moyen-Orient, avec la création de petites entités politiques et religieuses. Après l’Irak la Syrie est dans le collimateur. Le remodelage étatsunien signifie la guerre impérialiste, elle n’est pas terminée. Selon Chirac, et son gouvernement le temps serait maintenant au pragmatisme. Ces propos servent à masquer l’alignement opéré dès l’instant où l’armée US a envahi l’Irak. Chirac avait plié l’échine en n’exigeant pas de Kofi Annan la convocation de l’assemblée générale de l’ONU pour condamner les auteurs du coup de force. Le premier ministre avait ouvert la voie de la repentance en appelant de ses vœux la victoire des forces américano-britanniques et en autorisant les B52 assassins à traverser notre espace aérien. Revenir sur ces faits permet d’éclairer les choix politiques du pouvoir. Ils sont guidés par les intérêts de Elf Total en Irak. Ils appellent des comportements clairs, bannissant toute compromission politique, toute indulgence avec le parti de l’anti-France.
Comment ne pas s’étonner du silence assourdissant de la représentation nationale ? Après avoir accepté des débats œcuméniques, sans résolution ni vote, et laissé les mains libres au Président de la République, aujourd’hui les députés se soumettent au fait du prince. La Maison Blanche anime une virulente campagne anti-française, menace notre pays de sanctions et d’exclusions : la représentation nationale, en particulier les députés communistes se taisent. Le flot de l’abstention politique aux élections n’a pas fini de s’étendre. L’Assemblée nationale a toujours été une tribune pour s’adresser au peuple, et aux autres nations. Une tribune pour faire respecter notre pays lorsque c’était nécessaire. Heureusement que le monde du travail relève le défi, en empruntant le chemin de la lutte sociale et politique.
Irak : la sale guerre n'est pas terminée
Pour justifier la guerre préventive des Etats Unis, Colin Powell alla jusqu’à brandir devant le Conseil de Sécurité une fiole de produit capable d’exterminer les foules. Dans l’Irak occupé par l’armée anglo-américaine aucune arme de destruction massive n’a été trouvée ni aucune trace de lien avec Ben Laden . Il faudra les apporter sur place pour justifier les prétendues menaces du régime irakien à l’égard des Etats Unis. La liberté, la démocratie importées par les marines sont donc devenues la seule justification de la guerre américaine. L’ingérence politique, le droit de la force faisant place au droit international sont maintenant présentés comme les idées les plus progressistes. L’histoire a pourtant retenu que les « missionnaires bottés ne sont aimés par personne ». Sur quoi s’appuient les médias pour étayer leurs mensonges ? Le spectacle de 123 personnes massées place du Paradis à Bagdad qui applaudissaient les troupes « libératrices », mettant à terre la statue de Saddam Hussein, « l’Irak libéré, l’Irak en liesse qui danse » c’est quoi en définitive ? Les ayatollahs sont en train de prendre le pouvoir de fait, partout dans le sud chiite, tandis que, même dans le nord, les foules surexcitées scandent non pas, hélas « Vive la démocratie ! », mais « Allah ou Akbar ! » La dictature islamique menace l’Irak. Les villes sont pillées, les hôpitaux dévastés, les infrastructures écrabouillées, ni eau, ni électricité, les trésors du Musée archéologique envolés ou brisés, la grande bibliothèque de Bagdad et de Bassora calcinée, des familles décimées, des enfants amputés, des Kurdes, des Arabes et des Turkmènes qui s’entretuent à Kirbouk, des ayatollahs qui s’excommunient et se terrorisent mutuellement à Najaf, voilà la normalisation américaine. Il reste que le rejet de l’occupant est massif. Souhaitons que le peuple irakien trouve le chemin de la réconciliation et de l’unité nationale pour reconstruire un Irak libre, disposant de son pétrole, souverain et démocratique qui saura apporter sa contribution à l’instauration d’une zone de paix et de progrès au Moyen Orient.
Retour sur des faits
US : Etat menteur, Etat voyou (retour sur des faits)
C’est un véritable déluge de feu, disproportionné par rapport à la capacité de défense, qui s’est abattu sur l’Irak durant les trois semaines de guerre. Si l’on en croit les premiers bilans fournis par la « coalition », plus de 30.000 sorties aériennes ont eu lieu, avec une moyenne de 1.000 par jour. Au total, 24.000 munitions ont été larguées, dont 70% de bombes dites téléguidées (au lieu de 7% pendant la première guerre du Golfe, en 1991) et quelque 800 missiles de croisière Tomahawk. Sans pouvoir établir un décompte des victimes civiles – le saura-t-on un jour ? -, l’état major américain estime que 30.000 soldats irakiens auraient été tués par ces bombardements massifs.
Un pillage programmé depuis Washington
Avant le déclenchement de la guerre, les membres de l’ACCP (américain concil for cultural, dont le siège est à Washington ont été reçus au Pentagone par R. Rumsfeld. Composé de marchands d’art de collectionneurs et d’avocats spécialistes : ils se consacrent officiellement à la protection des collections d’archéologie orientale. Un juriste de l’ACCP déclare que « la libéralisation du commerce des objets d’arts Irakiens protégerait mieux ce patrimoine de l’humanité » Des photos existent montrant des soldats US pillant le musée de Bagdad.
Une guerre miséricordieuse
En s’installant à Bagdad le Général Garner ose déclarer : « La guerre la plus miséricordieuse jamais livrée dans l’histoire ».Le proconsul a rencontré les deux chefs kurdes de la province, Massoud Barzani, dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan, et Jahal Talabani, celui de l’Union patriotique du Kurdistan. Depuis 1991, les deux partis contrôlent le Kurdistan irakien autonome. « Un modèle pour le reste de l’Irak » a estimé Jay Garner, dont l’objectif est la dislocation de l’Irak. Il a de quoi plaire dans un pays arabe. Il est en effet signataire d’une lettre, diffusée aux Etats Unis par l’Institut juif pour les affaires de sécurité nationale, qui loue « la remarquable retenue des forces de défense israéliennes face à la violence mortelle orchestrée par les dirigeants d’une autorité palestinienne poussant délibérément les civils et les jeunes sur les lignes du front ». L’ administration du proconsul débute avec une équipe de 400 experts militaires et spécialistes des affaires civiles, et exilés irakiens formés par la CIA. Son mandat devrait aboutir, selon Washington, à la formation d’un Etat et d’un gouvernement irakien avec lesquels les Etats-Unis comptent établir des « relations solides et durables » de coopération militaire. Selon le New York Times, cela leur « donnera un accès, à long terme, à plusieurs bases aériennes en Irak afin de projeter davantage l’influence américaine dans la région ». Les bases militaires convoitées par le Pentagone seraient au nombre de quatre, à Bagdad même, à Tallil près de Nassiriya, une autre baptisée H1 dans le désert à l’ouest de l’Irak et la dernière étant la base de Bashur au Kurdistan.
2) Lu sur le forum de discussion de Pour le pays du Québec, ce texte envoyé par Jean Lapointe, un correspondant du réseau.
Comme je n'arrive pas à ouvrir le site dont il nous donne l'adresse, à la fin du texte, je ne connais pas la référence précise.
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Que faire?
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Ne vous mettez pas à pleurer le PQ tout de suite
Peter Cowan Opinions Canada, Vol. 5, no. 15 - le 24 avril 2003
Beaucoup voient dans chaque sérieux revers du mouvement
indépendantiste québécois le signe de son agonie.
La défaite du gouvernement péquiste de Bernard Landry aux mains des
libéraux de Jean Charest donnera des munitions à ceux qui veulent
croire que le pire est passé. L'histoire ne les confortera cependant
pas dans leur opinion.
Depuis le début des années 60, le mouvement séparatiste québécois a
fait la preuve de sa robustesse, de sa souplesse et de sa présence
très réelle dans le tissu social québécois.
Au début des années 60, il semblait être la chasse gardée des
radicaux à tous crins.
Dès 1966, cependant, la situation avait évolué. Daniel Johnson, le
chef de l'Union nationale, qui s'apprêtait à remporter les
élections, publiait un recueil de ses discours et écrits intitulé «
Égalité ou indépendance ». Dès lors, ce dernier terme accédait à la
respec-tabilité.
À la surprise générale, les deux partis séparatistes du moment - le
Rassem-blement pour l'indépendance nationale et le Ralliement
national - recueillaient dix pour cent du vote populaire aux
élections de 1966.
Respectabilité
À cette époque, il manquait au mouvement un chef bien perçu par le
public.
En moins de deux ans, René Lévesque et son Parti québécois venaient
changer la donne et, en 1976, ils prenaient le pouvoir en promettant
un bon gouvernement tout de suite et une décision sur l'indépendance
par voie de référendum plus tard.
Se sachant incapables de remporter un vote sur une rupture complète
avec le Canada, ils renoncèrent au mot « indépendance » pour parler
de « souveraineté-association ».
Ils perdirent le référendum de 1980, ne remportant que quelque 40
pour cent des votes.
Une perte d'intérêt instantanée
Dès le lendemain, la plupart des médias canadiens se
désintéressèrent de la politique québécoise, ce qui sema la
consternation au Canada anglais en 1981 quand le PQ remporta les
élections avec une majorité de sièges accrue.
Plus tard, René Lévesque et les partisans de la ligne dure
consommèrent publiquement leur rupture, ce qui leur valut la défaite
face aux libéraux au terme du scrutin de 1985. Cela ressemblait à la
fin d'une époque.
Pourtant, Brian Mulroney, alors premier ministre, voulut tenir sa
promesse d'amener le Québec à signer la Constitution canadienne
alors toute neuve.
À la suite de l'échec de l'Accord Meech, puis de celui de
Charlottetown, la colère se mit à gronder au Québec.
Le mouvement souverainiste - ses partisans étaient alors parvenus à
éliminer les termes « séparatisme » et « indépendance » du
vocabulaire politique - reprenait vie. Les tenants de la ligne dure
au PQ étaient de retour au bercail.
L'histoire se répète
En 1994, le parti reprenait le pouvoir et le premier ministre
Jacques Parizeau préparait le terrain en vue du référendum de 1995,
que les fédéralistes remportèrent par 50 000 voix à peine.
La semaine dernière, lassés de la question constitutionnelle et
prêts à un changement de gouvernement, les Québécois ont donné aux
libéraux un mandat sans équivoque.
Au moment de concéder la victoire le soir des élections, Bernard
Landry a parlé de leadership renouvelé et de relance. Il a fait
l'éloge des jeunes du parti et a rappelé à quel point le PQ
constituait une bonne opposition.
Tout cela ressemblait beaucoup à une concession. Mais Bernard Landry
tendait le flambeau à la nouvelle génération d'un mouvement qui,
pendant quarante ans, a toujours contredit ceux qui annonçaient sa
mort.
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Élection 2003
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Le tour du chapeau
Michel David
LE DEVOIR - mardi 29 avril 2003
C'est à n'y pas croire. Moins d'un mois après avoir fait complètement déraper la campagne de Bernard Landry, voici que Jacques Parizeau propose au PQ un plan d'action pour les quatre prochaines années.
Dès que Bernard Landry a succédé à Lucien Bouchard, M. Parizeau avait rédigé à son intention une «note sur la stratégie politique des souverainistes», dont le nouveau chef du PQ s'est d'ailleurs inspiré assez largement au cours des deux années suivantes. Par exemple, en actualisant les études de la commission Bélanger-Campeau et en ressuscitant le Conseil de la souveraineté.
Cette fois-ci, M. Parizeau n'a même pas attendu qu'un nouveau chef soit choisi pour lui prodiguer ses conseils. «Il faut indiquer à nos concitoyens ce que nous voulons faire avec la souveraineté», a-t-il expliqué, samedi, devant les membres de la Société nationale de l'Est du Québec.
Ce «nous» a de quoi faire frémir celui ou celle qui prendra éventuellement la tête du PQ. Le message est clair : encore une fois, il lui faudra compter avec l'ancien premier ministre, dont la récente mésaventure ne semble pas avoir refroidi d'un degré le désir de se rendre utile.
S'il y a une chose qu'on n'a jamais pu lui reprocher, c'est de manquer d'imagination, mais il n'est pas toujours facile à suivre. Il a confié à son biographe Pierre Duchesne qu'en 1973, il était résolument opposé à la confection d'un budget de l'an I d'un Québec souverain, mais qu'il s'était plié à la volonté de René Lévesque et avait dû accepter d'en débattre à la télévision, pour se faire déculotter par Raymond Garneau. Et voilà qu'il suggère au PQ de remettre ça !
M. Parizeau voudrait également qu'on définisse le contenu de l'union confédérale qui sera éventuellement proposée au reste du Canada, ajoutant dans le même élan qu'elle ne l'enthousiasme pas davantage que le partenariat de 1995. Voilà qui n'est pas très rassurant pour ceux qui s'inquiétaient déjà de voir Bernard Landry s'enticher d'un concept se rapprochant dangereusement du fédéralisme renouvelé. Le point de presse annoncé la veille ayant été annulé, on n'a pas su ce que lui-même souhaiterait y inclure.
***
La prochaine étape, a-t-il dit, sera la prochaine élection fédérale. Diable ! Serait-ce qu'il songe à y participer ? Après avoir perdu le référendum de 1995 à force d'erreurs et contribué à faire battre le PQ, le 14 avril dernier, c'est à se demander s'il ne cherche pas à réaliser le tour du chapeau !
Selon lui, le Bloc québécois est appelé à jouer un «rôle absolument crucial» au cours des prochaines années, non seulement pour relancer la souveraineté, mais aussi pour appuyer les revendications du gouvernement Charest.
À cet égard, il faut reconnaître que M. Parizeau a de la suite dans les idées. Après avoir d'abord signifié son opposition à l'accord du lac Meech, le chef du PQ avait entrepris de «renchausser» Robert Bourassa, comme il le disait à l'époque, pour s'assurer qu'il ne reculerait pas.
Il s'empressait toutefois d'ajouter, à l'intention du Canada anglais, que ces modestes demandes ne constituaient que la partie visible de l'iceberg. Une fois ces demandes satisfaites, le Québec en formulerait d'autres, puis encore d'autres. L'image qu'il utilisait était celle d'une interminable visite chez le dentiste. Du coup, il s'assurait que le reste du pays dirait non, pour mieux s'en indigner, le cas échéant.
M. Charest a déjà indiqué qu'il était prêt à faire alliance avec le Bloc pour forcer le gouvernement fédéral à revoir le partage de l'assiette fiscale. Le risque pour le Bloc est de se retrouver coincé entre ses obligations envers le PQ, qui trouvera toujours les libéraux de Jean Charest trop mous devant Ottawa, et la nécessité d'appuyer les positions du gouvernement légitimement élu par les Québécois.
***
En attendant de voler au secours du Bloc, on voit mal comment M. Parizeau pourra demeurer indifférent à la course à la direction du PQ. Il a toujours eu un faible pour Pauline Marois, qui a jadis été son attachée de presse aux Finances. Jamais il ne lui a tenu rigueur de son ralliement à la stratégie du «beau risque», en 1984, ni même des propos assez peu flatteurs qu'elle avait tenus sur son compte, en 1988, quand elle avait brièvement songé à lui contester la succession de Pierre Marc Johnson. Il n'était plus l'homme de la situation, disait-elle. Inutile de dire qu'elle a rapidement changé d'idée.
Il ne fait aucun doute que M. Parizeau jouit toujours d'une grande audience auprès des «purs et durs» du PQ. Qu'il leur dise tout le bien qu'il pense de Mme Marois ne nuirait sans doute pas à sa candidature. À la condition de le faire discrètement. La dernière chose qu'elle souhaite est de donner l'impression qu'il deviendrait une sorte d'éminence grise. Au moins, avec François Legault, on serait tranquille de ce côté.
On pourrait épiloguer sans fin sur la signification des propos que M. Parizeau a tenus au cégep de Shawinigan, l'après-midi du débat télévisé entre les trois chefs, et sur l'utilisation que Jean Charest en a faite.
C'est bien malheureux, mais le fait est M. Parizeau est devenu le souvenir vivant d'un des épisodes les plus tristes de l'histoire du mouvement souverainiste, qui demeure hanté par cette malheureuse déclaration sur «l'argent et les votes ethniques». Simplement à le voir, on ne peut faire autrement que d'y repenser.
En septembre 1998, Le Devoir avait provoqué sa colère, en publiant les résultats d'un sondage indiquant qu'une nette majorité de Québécois étaient d'avis qu'il devrait désormais s'abstenir d'intervenir sur la place publique. Les chiffres n'ont sans doute pas beaucoup changé depuis, sinon qu'ils doivent être encore plus nombreux à souhaiter qu'il se taise.
mdavid@ledevoir.com
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Élection 1998
| Appel du militant libéral Alberto Berardinucci -
La Cour supérieure maintient le verdict de culpabilitéLa Cour supérieure a rejeté jeudi dernier l'appel du militant libéral Alberto Berardinucci, coupable de fraude électorale dans Anjou lors des élections générales de 1998.
Kathleen Lévesque
LE DEVOIR - mardi 29 avril 2003
La juge Lise Côté a maintenu la décision de première instance qui a établi en septembre 2001 que M. Berardinucci a acheté à coup de 10 $ les votes d'individus qui ont usurpé l'identité d'électeurs. L'opération qui s'est déroulée au Château princesse, à Saint-Léonard, visait à permettre l'élection du candidat libéral Jean-Sébastien Lamoureux.
Ce dernier avait été élu par une mince majorité de 143 voix. Le jeune député, fils de l'ancien président du Parti libéral du Québec Jacques Lamoureux, avait remis sa démission dès que le jugement avait été rendu.
Alberto Berardinucci en a appelé de la décision en invoquant notamment que le verdict était déraisonnable et que le juge de première instance n'avait pas tenu compte des contradictions entre les témoins pour analyser leur crédibilité. Pour la juge Côté, il est clair que M. Berardinucci est celui qui a donné les directives au Château princesse lors du vote par anticipation (22 novembre 1998) et le jour du scrutin (30 novembre 1998). De plus, elle conclut que «les faits mis en preuve appuient amplement le verdict de culpabilité sur les offenses reprochées».
Malgré ce jugement qui vient clore le dossier, des éléments de la fraude demeurent inexpliqués. Ainsi, le procès n'aura pas permis de savoir qui avait payé pour que M. Berardinucci orchestre ce réseau, et qui lui avait fourni le pointage informatique des électeurs d'Anjou. Le Parti libéral a toujours soutenu n'avoir aucun lien avec cette histoire. Il a toutefois été établi que Alberto Berardinucci avait été en communication constante avec le local électoral du PLQ : 51 appels téléphoniques ont été enregistrés.
C'est le travail de recherche de deux militants du Parti québécois qui aura permis la mise au jour de cette fraude. Les révélations avaient généré des débats au sein du PQ sur la nécessité de créer une carte d'électeur. Après analyse par le gouvernement péquiste, l'idée n'a pas été retenue.
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PLQ
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Paul Martin au Devoir - Détente en vue avec les provinces
Manon Cornellier
LE DEVOIR - mardi 29 avril 2003
Ottawa -- Paul Martin veut, s'il prend la direction du pays, changer le climat des relations fédérales-provinciales et se dit prêt, pour y parvenir, à tenir une conférence annuelle des premiers ministres. Mais au-delà du changement d'atmosphère, il refuse de s'engager vraiment, projetant une image de continuité et même de fermeté dans certains dossiers, en particulier ceux du déséquilibre fiscal et du transfert de points d'impôt, des priorités du nouveau premier ministre québécois Jean Charest.
«Lorsqu'on regarde ce que demande Jean Charest et ce que demande l'Ouest, c'est exactement la même chose. Ils nous disent de nous asseoir avec eux, pas simplement pour des rencontres de fin de semaine. Ils veulent avoir des rencontres annuelles et, lorsqu'on a des problèmes, qu'on ait la possibilité d'en discuter. Je pense que c'est comme ça qu'on doit faire», a-t-il confié en entrevue au Devoir hier.
Meneur de la course au leadership qui l'oppose à Sheila Copps et à John Manley, Paul Martin veut montrer qu'il est mieux disposé que son ancien patron à l'égard des provinces. Le premier ministre Jean Chrétien a toujours refusé de rencontrer ses homologues provinciaux sur une base régulière. Il préférait discuter d'un problème à la fois, pendant quelques heures et seulement quand il croyait une solution à sa portée.
Peu importe l'approche, Paul Martin écarte d'emblée certains sujets de discussions. Comme Jean Charest, il n'a «aucune intention de discuter de changements constitutionnels». «Ce ne sont pas des changements de pouvoirs, c'est vraiment d'une façon d'opérer [qu'il est question]». Il cite en exemple les rapports cordiaux qu'il avait avec les ministres provinciaux des Finances, et ce, malgré un contexte de compressions propice à la bataille.
Comme premier ministre, il veut se concentrer sur les besoins des citoyens et la façon d'y répondre. L'élimination du déséquilibre fiscal n'apparaît pas dans sa liste de solutions. La raison en est simple, et il l'a souvent dit, c'est qu'à son avis, ce déséquilibre n'existe pas. «Si M. Charest ou les provinces veulent discuter de déséquilibre fiscal, je suis prêt à la faire, mais j'ai ma position et elle est assez bien connue.»
Il rejette tout aussi franchement l'idée défendue depuis des années par Jean Charest de remplacer les transferts en espèces par un transfert de points d'impôt aux provinces. «Je n'ai jamais été en faveur des transferts de points d'impôt», dit-il sans détour.
Il insiste : «Pour moi, le vrai problème est de savoir si les provinces et le gouvernement fédéral ont les fonds nécessaires pour répondre aux besoins, et c'est là-dessus qu'on devrait se pencher au lieu de discuter du déséquilibre [fiscal].» Il évoque les besoins en santé, en éducation, dans les villes. Des domaines de compétence provinciale, il en convient. Il précise toutefois qu'il «n'a aucune intention de s'immiscer dans les champs de compétence des provinces».
Mais, note-t-il, la réalité ne respecte pas ces frontières, ce qui exige des différents gouvernements «de travailler en partenariat» pour résoudre les problèmes. C'est dans cet esprit qu'il a suggéré en fin de semaine une gestion concertée des listes d'attente en santé.
Paul Martin aime, en public, se lancer dans des envolées sur la nécessité pour le gouvernement de reprendre l'initiative, d'insuffler le changement, de s'adapter à un monde en évolution. Il est toutefois avare de détails. Son projet sur les listes d'attente fut d'ailleurs une des rares idées originales qu'il ait présentées au forum public de dimanche, bien qu'il ne l'ait pas étayée.
Paul Martin s'en tient souvent à des énoncés généraux, mais croit faire preuve de clarté. Encore hier, il ne comprenait pas qu'on lui demande son opinion personnelle sur la reconnaissance des mariages de conjoints de même sexe. Il a déjà dit qu'il reviendrait aux tribunaux de déterminer s'il s'agissait d'un droit fondamental et que, si tel était le cas, il respecterait cette décision. Mais lui, croit-il que c'est un droit ? «Je suis déchiré», a-t-il avoué hier.
En entrevue, presque chaque demande de précision sur les solutions qu'il préconise provoque le même soupir. Il s'exécute quand même, mais souvent pour décrire des programmes bien établis ou qu'il a déjà créés lorsqu'il était ministre des Finances. Quand on le lui fait remarquer, il ne le nie pas, mais il ajoute vouloir faire mieux et plus.
Il voudrait, par exemple, améliorer l'accès à l'éducation supérieure. Sa solution ? Améliorer le programme canadien de prêts aux étudiants en augmentant le seuil à partir duquel le revenu des parents pénalise l'étudiant. Le Québec, qui a son propre programme, serait indemnisé, précise-t-il aussitôt.
Paul Martin refuse de s'engager à trop long terme sur des sujets qui s'éloignent de ses priorités. Ces dernières, résume-t-il, sont la réforme parlementaire, la santé, l'acquisition de connaissances, les problèmes de la petite enfance, la politique étrangère et le développement économique. «On ne peut pas avoir 30 priorités. Je veux faire exactement ce que j'ai fait avec le déficit, c'est-à-dire énoncer mes priorités et, à la fin du mandat, les avoir réglées de façon substantielle», dit-il, pragmatique.
À l'écouter, on constate qu'il promet davantage un changement de style qu'un grand bouleversement. En matière de politique étrangère, il dit que le Canada doit faire preuve de leadership sur la scène internationale et améliorer ses relations avec les États-Unis. Quand on lui demande ce qu'il ferait de différent en négociant avec Washington, il parle ton et méthode, là encore, comme l'élargissement des liens entre parlementaires des deux pays. «Il faut être beaucoup plus sophistiqué dans nos relations avec les États-Unis. Ce n'est pas seulement l'affaire du premier ministre et du président», dit-il. S'il a plus à dire, il ne le met pas spontanément en avant.
L'équipe de Paul Martin lui a organisé deux autres forums, le premier, à Toronto, aujourd'hui et le second, à Calgary, jeudi. Cela sera suivi par le premier débat entre candidats à la succession de Jean Chrétien, samedi, à Edmonton.
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PLQ
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Paul Martin makes a substance-free visit to Montreal
DON MACPHERSON
The Gazette Tuesday, April 29, 2003
It was unfortunate for Paul Martin that he chose to launch his official campaign for the federal Liberal leadership on the weekend with a public forum in Montreal just after the Quebec election.
Quebec voters were spoiled by the recent provincial campaign, in which the parties had to take clear policy positions and their leaders had to demonstrate a firm grasp of a broad range of issues.
This created expectations that Martin didn't meet on the weekend. In a 90-minute forum that was supposed to add substance to his image by showing him to be a man of vision and ideas, Martin too often settled for playing it safe as the front-runner and settled for expressing generalities. The "sharper focus" that he promised to bring to the Liberal government was not apparent in many of his answers.
Jean Charest, who is to be sworn in today as premier, said he has spent the five years since the previous election preparing for the recent one. It showed, especially in the leaders' debate.
Martin has been unofficially campaigning for the job of prime minister for a lot longer but did not appear to have used the time to learn much about some areas of interest beyond his former responsibilities as finance minister.
As if his audience might not have heard, he proudly informed it that the winner of the Booker Prize for English-language fiction last fall was a Montrealer, Yann Martel. This would be good for Montreal's economy, he predicted, since culture makes a city more attractive as a place to live and for investment. He did not say, however, what new cultural initiatives a Martin government would take.
It was also unfortunate for Martin that he was expected to respond to the election of Quebec's new Liberal government.
In one way, it was easier for federal politicians to deal with a sovereignist government in Quebec City than a federalist one. Since Quebecers suspected the motives of the former Parti Québécois government, they did not take seriously anything it said about federal-provincial relations or expect anybody else to, either. So as finance minister, Martin could brush off the very existence of a "fiscal imbalance" between Quebec and Ottawa.
But the new Quebec government agrees with its predecessor that Ottawa takes too large a slice of the Quebec tax pie and leaves too little for the province to meet rising costs in its areas of responsibility, notably, health.
This was the conclusion of the provincial Séguin Commission, named for its chairman, Yves Séguin, who is expected to press his case as finance minister in the government Charest is to form today.
The Quebec Liberals have proposed to change the way Ottawa transfers money to the provinces. Instead of giving the provinces cash, Ottawa would give them "tax points." That is, it would lower its taxes, and the provinces could raise theirs accordingly, so there would be no difference in the total a taxpayer paid to both governments.
Since the value of a tax point varies from one province to another, there would also be changes in the current system of equalization payments. These are the payments Ottawa makes so that all provinces can afford to provide comparable services at comparable provincial tax rates.
If there is one area in which Charest has long-established credibility with Quebec voters, it's as a federalist. So in Montreal, Martin could be expected to respond to the clearly articulated policy of the new government on federal-provincial relations.
But Martin showed no sign of having read the Liberal policy. He looked forward to sitting down with a federalist government to discuss funding for such items as health and education, but didn't address the specifics of Quebec's proposals.
He again dismissed the fiscal imbalance, this time as a semantic question that didn't interest ordinary Quebecers.
That might be true right now. But it definitely interests their new government, which must meet rising costs and can't afford to raise what are already the highest taxes in North America (and which, on the contrary, it has promised to cut).
For the government, it's a bread-and-butter question, to which Martin will have to come up with a better answer than he gave on the weekend.
dmacpher@thegazette.canwest.com
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PLQ
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Quebec to tear up independence card
Canadian Press Monday, Apr. 28, 2003
Quebec — Quebec's new government will never use the independence threat against English Canada — not even if relations with the federal government sour occasionally, says the man expected to take over Tuesday as the province's Intergovernmental Affairs Minister.
In a departure from previous Quebec governments, the newly elected Liberals will continue singing Canada's praises even when federal-provincial relations hit rough patches, Benoît Pelletier said in an interview Monday.
"This is not the knife to the throat," said Mr. Pelletier, who taught constitutional law at the University of Ottawa as recently as this semester.
"This is not the secessionist threat. It is a true vision of co-operation."
The new approach differs from the lukewarm federalism of Quebec governments — even federalist ones — in recent decades.
Even in the 1960s, federalist premier Daniel Johnson coined the famous term, "Equality or Independence."
There won't be any such talk from Jean Charest's Liberals, who will officially take power and introduce their new cabinet Tuesday.
"Our federalist beliefs are beliefs that remain unshakeable," Mr. Pelletier said.
"The message we will repeat is that Quebec is better served by Canadian federalism than by secession."
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Québec - USA
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Say no to missile defenceThe early 21st century, say LLOYD AXWORTHY and MICHAEL BYERS , should be our moment to do what we do best: take the multilateral lead
LLOYD AXWORTHY and MICHAEL BYERS
GLOBE & MAIL Tuesday, April 29, 2003
Chalk up yet another potential casualty of the Iraq war: Canada's impending loss of an independent voice on matters of peace and security.
Ottawa is under enormous pressure to join the Bush administration's plans for a missile defence system to demonstrate that our apostasy in not joining the war was but an aberration. Paul Martin's declarations in support of this initiative, and of closer security ties with the United States, only add weight to that pressure.
At stake is our freedom of action in international affairs, including not least our ability to play a constructive role in a global system based on co-operation and agreed rules rather than the threat and use of armed force.
Even a cursory examination of the missile defence initiative indicates that it has little to do with protecting our continent against terrorists or "rogue states." The technology is yet unproved, and the primary threat comes not from missiles but from the ability of international criminals to infiltrate our borders and deploy asymmetric force in the form of box cutters, pathogens and primitive "dirty" bombs.
To the degree that a threat from intercontinental missiles does exist -- in North Korea, perhaps -- is largely a response to the bellicose foreign policy now emanating from Washington. In other words, the strongest advocates of missile defence are those most involved in creating an international climate in which it might become justified.
Canada thus has a choice. Do we hitch our country to the neoconservative juggernaut, thereby committing ourselves to a self-perpetuating cycle of threats, armed responses and dramatically increased defence budgets? Or do we maintain some foreign policy space of our own, deploying our money, expertise and considerable global reputation on strengthening a multilateral system to control this kind of criminality, and restoring our capacity to contribute to humanitarian and peacemaking missions that address the root causes, including civil conflict, the breakdown of law and order, and egregious violations of human rights. In choosing the latter approach, Canada would not be abrogating its responsibilities; to the contrary, violence of this kind caused the deaths of 250,000 people in the past year alone.
Participating in a missile defence system would culminate an effort by our armed forces to achieve complete "interoperability." The benefits to our generals are obvious: increased expenditures and the opportunity to work with the world's most powerful military force. But the non-financial costs could be extreme: We would lose our capacity to make independent choices on the deployment of our troops and the tasks given to them, and find ourselves having to backtrack or renege on existing policies and treaties. In the Arctic, a critical area, we would risk becoming unable to engage in the surveillance and protection of our land and interests. Important elements of sovereignty would thus be compromised.
Joining the missile defence system would also run counter to the long held position that Canada has maintained as an advocate and architect of arms-control agreements. For decades, Canadian governments have insisted that all countries must live up to their commitments under the Nuclear Non-Proliferation Treaty and the chemical and biological weapons conventions. Our adherence to missile defence would condone the Bush administration's preference for military and technological, rather than co-operative, solutions to threats posed by weapons of mass destruction.
As a country with significant commercial interests in outer space, Canada has been a leading advocate of measures to prevent the weaponization of that arena. The Bush missile defence proposals go way beyond the limited plans of the Clinton administration, prescribing a multitiered architecture, potentially including weapons deployed in and from outer space.
Our adherence to the proposal would discredit any future efforts by our negotiators to secure a treaty setting limits on military space developments. By signing on, we could even be helping to ignite a new arms race -- a race in which Canada would necessarily be a bit player, rather than the leader in multilateral approaches it is today.
If these are the potential risks, they must be carefully and openly explored before any decision is taken. Governments can and do legitimately surrender aspects of sovereignty, but surrendering sovereignty by stealth is the antithesis of democratic, responsible governance.
So why the current push to sign up quickly and quietly? The answer is simple -- atonement for the sin of disagreeing with Washington's hawks, who might otherwise retaliate against us. This is an argument that has received a powerful push from Paul Cellucci, the U.S. ambassador-turned-proconsul.
It has been joined in by some in the opposition parties, in the business community, and by associated intellectuals who (like Chicken Little) predict dire acts of economic retaliation if we fail to support the Americans' military doctrines. They are untroubled by the absence of historical evidence for such threat and oblivious to the opposition that the Bush administration's policies are generating within the U.S.
The same faulty reasoning flows from the "security community" of academics and think tanks, most of whom are funded by the Department of National Defence. Their views that Canada's interests must be aligned without question to those of the U.S. government of the day, even if that government is opposed to multilateral institutions, systems of justice and forms of international co-operation in which most Canadians firmly believe.
Herein lies the central point. Joining in missile defence would take us dramatically away from a course chartered by generations of Canadian governments -- a foreign policy based on the belief that a predictable rule of law, and not the arbitrary rule of men, is the best way of ensuring both national and global security.
The early 21st century should be Canada's moment: leading the multilateral effort to meet the real threats of our interdependent world -- international crime, civil conflicts, pandemic disease, gross economic inequalities, egregious human-rights violations, environmental degradation. Each of these threats, if not adequately addressed through the collaborative means that Canada has long mastered, could cause disruption and turmoil comparable to that potentially resulting from military aggression on the part of rogue states.
With so much at stake, the onus is on our public representatives to maintain our capacity to act according to our own determinations of where we can do the most good. This is a role now hanging in the balance, desperately in need of a full airing in Parliament and among the public before any choice is made.
Lloyd Axworthy, foreign affairs minister from 1996 to 2000, is director of the Liu Institute for Global Issues at the University of British Columbia. Michael Byers is a law professor at Duke University and a visiting scholar at the Liu Institute.
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PLQ
| Affronter Ottawa
Les provinces devraient demander moins d'argent et plus de points d'impôt
William Robson et Yvan Guillemette
Les auteurs sont respectivement vice-président senior et directeur de la Recherche et analyste de politique à l'Institut C.D. Howe de Toronto.
La Presse - mardi 29 avril 2003
L'ÉLECTION d'un nouveau gouvernement fédéraliste au Québec représente une chance en or pour toutes les provinces de redéfinir les relations fédérales-provinciales au Canada. Un des objectifs du nouveau gouvernement Charest est d'aller de l'avant avec les recommandations de la Commission sur le déséquilibre fiscal et de négocier avec Ottawa moins de transferts fédéraux et plus de points d'impôt. Les autres provinces devraient emboîter le pas et soutenir l'initiative québécoise dans ce domaine et ainsi créer un front de négociation qu'Ottawa ne pourra ignorer.
La Commission sur le déséquilibre fiscal, présidée par Yves Séguin, maintenant élu député libéral et pressenti pour devenir ministre des Finances sous Jean Charest, a publié son rapport final il y a un peu plus d'un an. Ce rapport contient plusieurs recommandations pour corriger le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces. À la place du système actuel où Ottawa taxe beaucoup plus que nécessaire pour financer ses propres programmes et distribue l'argent en trop- avec plusieurs conditions- aux provinces, la Commission recommande d'abolir les transferts fédéraux destinés à la santé, à l'éducation et à l'assistance sociale et propose de donner davantage de marge de manoeuvre en matière de taxation aux provinces.
Deux visions
L'histoire des transferts du fédéral vers les provinces en est une de va-et-vient entre deux visions contrastées.
Les années 50 et 60 furent des décennies de centralisation alors que le gouvernement fédéral utilisait ses muscles financiers pour influencer les programmes de santé et d'éducation. Dans les années 70, on assista à un retour vers l'autonomie des provinces- l'évènement décisif fut la réforme de 1977 qui remplaça le partage conditionnel des coûts d'éducation et de santé par des transferts en blocs et qui transféra plusieurs points d'impôts personnel et corporatif d'Ottawa vers les provinces.
Durant les années 80 et 90, le gouvernement fédéral se mit à utiliser son poids une fois de plus, en attachant de nouvelles ficelles à ses transferts pour la santé et en utilisant les revenus colossaux de l'assurance- emploi pour mettre ses pattes dans les programmes provinciaux d'aide au marché du travail. Depuis le retour des surplus budgétaires à Ottawa vers la fin des années 90, la tendance vers la centralisation s'est accélérée. Assoiffées d'argent pour financer l'éducation et la santé de même que réticentes à confronter les contribuables avec la facture, les provinces se mirent à accepter une grande variété de nouveaux transferts fédéraux conditionnels, et ce dans plusieurs domaines, notamment en santé et en matière d'aide à la jeunesse.
Mais peu importe les avantages à court terme qu'elle offre aux ministres des Finances provinciaux et aux bâtisseurs d'empire fédéral, cette profusion de transferts conditionnels ne laisse entrevoir que des problèmes à plus long terme pour les Canadiens, autant comme contribuables qu'en tant que bénéficiaires des programmes publics.
La santé: un bon exemple
Le récent imbroglio fédéral-provincial au sujet de la santé illustre bien le problème. Ottawa qui, depuis quelques années, nage dans l'argent, se présenta comme le grand défenseur de tous les Canadiens contre la mort, la maladie et les frais à l'usager. Les provinces, acculées au pied du mur après des années passées à blâmer Ottawa pour leurs problèmes et désireuses d'éviter le coût politique des réformes, sautèrent sur l'appât. Mais d'ici quelques années, les coûts du système seront encore plus élevés et les listes d'attente tout aussi longues. Le gouvernement fédéral exigera encore plus de conditions et offrira moins d'argent. Les premiers ministres et ministres de la Santé ne trouveront mieux à faire que de continuer à se dénoncer les uns les autres. Et les Canadiens malades ainsi que leurs familles se demanderont s'il n'y a pas un meilleur moyen.
Il y a un meilleur moyen, et la commission Séguin en a montré la direction. Le temps est venu de s'attaquer au déséquilibre fiscal, de réorganiser le fouillis des transferts fédéraux conditionnels vers les provinces et de tracer des lignes plus claires entre les responsabilités respectives des deux ordres de gouvernement.
Il n'y a rien de révolutionnaire dans le transfert de pouvoirs de taxation d'Ottawa vers les provinces. Cela s'est déjà fait avec l'impôt des particuliers et des corporations. Un transfert similaire de points d'impôts- tel que proposé par Québec- serait facile à implanter.
Et il n'y a rien de dangereux à permettre aux provinces de répondre plus librement aux désirs de leurs électeurs. L'assurance-santé publique n'a pas disparu après la fin du partage des coûts en 1977. L'actuelle présence fédérale, qui nuit aux réformes, représente une menace bien plus dangereuse pour le futur, à long terme, de l'assurance-santé.
Besoin d'alliés
Le but de la réforme est clair, le chemin qui y mène l'est moins. Bien que plusieurs politiciens et fonctionnaires fédéraux voient dans l'élection du nouveau gouvernement du Québec une chance de pouvoir enfin travailler de façon constructive, l'argent semble plus facile à trouver que les idées nouvelles de nos jours à Ottawa et la récente expansion des budgets et des pouvoirs fédéraux ne fait qu'ajouter aux intérêts qui s'opposent à une réforme. L'initiative doit venir des provinces. Le Québec et le gouvernement Charest ont besoin d'alliés.
Où les trouver? L'Alberta dépend moins de l'argent fédéral et possède des raisons particulières de percevoir la centralisation comme une menace. La Colombie-Britannique, qui s'efforce de relancer son économie malgré ses problèmes fiscaux persistants, a aussi beaucoup à gagner. La Saskatchewan, bien que plus faible fiscalement que les autres provinces de l'Ouest, n'a jamais été la cible de la générosité d'Ottawa. Et bien que le Manitoba et les provinces de l'Atlantique soient nerveux à l'idée de dépendre davantage de leurs propres ressources, ils auront Québec de leur côté pour demander une péréquation plus généreuse qui compenserait pour leur assiette fiscale plus petite.
Le plus grand inconnu est l'Ontario. Jadis une présence pivotale dans les négociations fédérales-provinciales, l'Ontario a depuis quitté le front de la bataille. Mais l'Ontario a un intérêt à long terme énorme dans une réforme- en tant que province qui subit le plus fortement l'accroissement des coûts à Ottawa, c'est la province qui a le plus à gagner à faire des relations fédérales-provinciales une priorité.
L'élection des libéraux de Jean Charest offre une belle occasion pour amorcer une réforme. Les autres provinces doivent avoir le bon sens et le courage de la saisir.
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Élection 2003
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L'explication : Les fédéralistes sont rentrés au bercail dans les derniers jours de la campagne
Maurice Pinard
L'auteur est professeur émérite à l'Université McGill. Il est aussi chercheur associé au Centre de recherche et d'information sur le Canada (CRIC)
La Presse - mardi 29 avril 2003
LE 14 AVRIL, les Québécois élirent le Parti libéral pour remplacer le Parti québécois. Les libéraux obtinrent 46 % des voix et 76 sièges, contre seulement 33 % des voix et 45 sièges au PQ, et 18 % des voix et quatre sièges à l'Action démocratique du Québec.
Mais ce résultat ne fut acquis qu'à la toute veille des élections, l'électorat s'étant montré extrêmement volatil depuis un an. Un tiers parti auparavant très faible, l'ADQ, avait remplacé le PLQ en tête pendant six mois en 2002, reléguant même le PQ en troisième place. Puis en fin d'année et en janvier 2003, les libéraux reprirent la tête, mais pour deux mois seulement. De février à mars, ce fut au tour du PQ de devancer ses adversaires, l'ADQ étant de nouveau reléguée en troisième place. Ce n'est que durant les deux dernières semaines de la campagne, début avril, que le PLQ reprit la première place, pour finalement gagner les élections.
Que s'était-il donc passé qui puisse expliquer cette volatilité exceptionnelle et finalement la victoire libérale? Mentionnons d'abord qu'un degré d'insatisfaction élevé envers le gouvernement péquiste avait prévalu durant toute l'année 2002, suscitant un fort désir de changer de gouvernement, comme ce fut généralement le cas au Québec depuis 1960 à la fin d'un deuxième mandat. Alors qu'au début, les électeurs insatisfaits se tournèrent vers le PLQ, des réticences nombreuses envers ce parti et en particulier envers son chef les firent se tourner en grand nombre vers l'ADQ par la suite.
Mais à cause de son inexpérience et surtout de son programme fortement néolibéral, ce parti, soudainement devenu dominant, subit des attaques intenses de toutes parts.
Il s'ensuivit un déclin rapide des appuis à l'ADQ, qui se retrouva rapidement en troisième place. Étant donné la persistance de réticences face aux libéraux, les appuis adéquistes se tournèrent d'abord vers le PQ. Mais le déclin de l'ADQ s'accentuant et le PLQ perdant à son tour des appuis, le PQ se retrouva assez solidement en tête durant février et mars 2003. Le déclin finit cependant par favoriser aussi le PLQ, qui en mars reprit une deuxième place plus solide.
Finalement un revirement majeur se produisit à la suite du débat télévisé des chefs, tenu deux semaines avant le jour du scrutin. Le leader libéral, Jean Charest, sortit largement vainqueur du débat, selon les sondages, et sa popularité fit un bond majeur. Il s'ensuivit, selon CROP, un gain de 8 points dans les appuis au PLQ, qui atteignirent 44 % au prorata, et une perte de 9 points par le PQ, qui tomba à 35 %, des proportions qui, après réajustement pour tenir compte des indécis, correspondirent exactement au vote réel. L'ADQ, quant à elle, ne se retrouvait qu'à 17 % à la veille du scrutin.
Des observateurs perplexes
Si le degré de satisfaction envers le gouvernement du PQ demeura très bas en 2002, il s'était grandement amélioré à la veille et durant la campagne électorale, passant d'environ 35 % en 2002 à 51 % à la fin de la campagne. Mais pour des raisons qui rendirent les observateurs perplexes, les attitudes favorables à un changement de gouvernement demeuraient quant à elles très élevées. Ainsi lors du dernier sondage CROP de la campagne, 57 % dirent favoriser un tel changement, alors que seulement 32 % voulaient continuer avec le gouvernement Landry. De sorte qu'alors, si la très grande majorité des insatisfaits (85 %) désiraient changer de gouvernement, il y en avait aussi pas moins du tiers (34 %) parmi ceux qui se disaient satisfaits. Comment cela se faisait-il?
C'est qu'à la fin de la campagne, 43 % des électeurs satisfaits disaient avoir l'intention de voter NON à un éventuel référendum sur la souveraineté et que même chez ces électeurs satisfaits, 57 % se disaient non favorables à la tenue d'un nouveau référendum. Or les supporters du NON étaient favorables à un changement de gouvernement dans une proportion de 77 %.
Ce à quoi on pouvait donc s'attendre se produisit après le débat. Si en moyenne et de façon stable avant le débat, près du quart des NON (22 %) disaient avoir l'intention de voter pour le PQ, cette proportion tomba soudainement à 12 % après le débat. De plus, la proportion de ces NON favorisant l'ADQ déclina graduellement de 26 % à 17 %, à la faveur du PLQ. Parti de seulement la moitié des appuis parmi les NON (49 %), le PLQ en récoltait les deux tiers (67 %) dans le dernier sondage CROP. De même, chez les électeurs insatisfaits, ce parti fit des gains constants, passant de 41 % à 63 %, aux dépens tant du PQ que de l'ADQ.
Par contraste, les appuis au PQ demeurèrent relativement stables parmi les OUI (moyenne de 70 %), même après le débat, quoiqu'alors ils déclinèrent de quelque 7 points parmi les électeurs satisfaits.
En somme, il y avait des sous-groupes d'électeurs ambivalents, attirés dans des directions opposées. Il y avait d'abord des électeurs satisfaits, mais favorables au NON et surtout opposés à la tenue d'un nouveau référendum. Il y avait surtout des électeurs insatisfaits du gouvernement, mais néanmoins favorables au PQ, en l'absence d'une alternative jugée valable. Ce que fut l'effet du débat, c'est de faire réaliser à bon nombre de ces électeurs que le PLQ était une alternative valable et de faciliter la résolution de leur ambivalence en faveur de ce parti, pour ainsi le conduire à la victoire.
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PLQ
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Paul Martin voit déjà le Québec dans sa soupe
Carol Néron
Le Quotidien - mardi 29 avril 2003
Éditorial - Paul Martin, le successeur (presque) désigné de Jean Chrétien à la tête du gouvernement fédéral, se lance officiellement dans la course au leadership. L'événement s'est déroulé en fin de semaine à Montréal, alors que l'ancien ministre des Finances devenu simple député a participé à un forum sur l'économie réunissant une cinquantaine d'intervenants provenant d'horizons divers.
L'arrivée de Paul Martin sur la ligne de départ n'est pas une nouvelle en soi, puisqu'il y a déjà belle lurette que celui-ci trépigne d'impatience sur les "starting blocks". Son empressement l'a même exposé à un faux départ qui lui a coûté son portefeuille.
La course à la direction du Parti libéral fédéral relevant de la simple formalité, on se demande ce que Sheila Copps et John Manley viennent faire dans le décor. D'ailleurs, ce dernier, depuis qu'il a participé à un grand ralliement sikh dimanche en Ontario, coiffé d'une bizarre d'imitation de turban, risque de devenir aussi célèbre auprès des caricaturistes que Gilles Duceppe et son inqualifiable bonnet en plastique.
La campagne électorale étant chose du passé au Québec et les effets de la formation du Cabinet de Jean Charest étant appelés à s'estomper rapidement, pour être remplacés par les critiques routinières du système de santé et le débat sur les défusions municipales, l'attention des médias sera bientôt monopolisée par la scène fédérale.
Le succès attire le succès
Déjà, Jean Chrétien n'est plus "in". Les reproches qui lui ont été adressés depuis son retour de vacances à Porto-Rico, relativement au manque de compassion dont il a semblé faire preuve à l'égard des Torontois sévèrement touchés par la phobie du SRAS, n'ont suscité qu'un émoi relatif au sein de l'opinion publique canadienne. Depuis le 14 avril, il est de bon ton, en effet, d'évoquer les relations qu'entretiendront le futur Premier ministre du Canada et son homologue du Québec plutôt que de continuer d'alimenter les sempiternelles critiques dont on accable Jean Chrétien depuis dix ans. C'est qu'une petite révolution tranquille est également en vue du côté d'Ottawa. Bien des choses sont appelées à changer, alors aussi bien s'adapter tout de suite à la situation au risque de rater le train du changement...
Fin politique, Paul Martin ne s'y trompe pas. N'a-t-il pas affirmé, en fin de semaine, qu'il était prêt à rencontrer dès à présent celui qui sera assermenté dans quelques heures Premier ministre du Québec, pour échanger sur une foule de sujets touchant les relations fédérales-provinciales en particulier, pourquoi pas, sur la Santé? Le succès attire le succès, dit-on. En se rapprochant rapidement de Jean Charest, lequel vient de signer une victoire décisive sur les péquistes, le successeur de Jean Chrétien prend une sérieuse option sur son avenir à moyen terme.
Changement de credo politique
L'arrivée à Québec d'un chef de gouvernement dont le credo politique n'est plus la souveraineté mais une refonte en profondeur de la fédération canadienne peut être considérée comme un point tournant de l'histoire récente du pays, d'autant plus que d'autres provinces (la Colombie-Britannique, l'Alberta, Terre-Neuve, l'Ontario, pour ne nommer que celles-là) aspirent à une autonomie accrue tout en dénonçant les incursions de plus en plus répétées d'Ottawa dans leurs différentes juridictions.
En raison de son expérience passée en politique fédérale et de la réputation que s'est taillée la Belle province au cours des 35 dernières années dans le dossier constitutionnel, Jean Charest est appelé à devenir un point de référence pour les Premiers ministres anglophones désireux de donner du corps au mouvement de contestation en émergence d'un bout à l'autre du Canada et dont le but avoué est de lutter contre l'envahissement fédéral.
Paul Martin sait pertinemment qu'il est à la veille de rencontrer Jean Charest sur son chemin et qu'il aura affaire à forte partie. Il doit tenir compte de ce facteur dans l'argumentation qu'il entend développer face à ses adversaires dans la course (même théorique) qu'il mène à la direction du Parti libéral du Canada.
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Quoi de neuf M. Martin?
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir - mardi 29 avril 2003
ÉDITORIAL - Le candidat à la direction du Parti libéral du Canada, M. Paul Martin, vient de lancer sa campagne au leadership en répondant aux questions d'un groupe de citoyens réunis lors d'un forum organisé à sa demande par le Chantier sur l'économie sociale. Très critique à l'endroit du gouvernement Chrétien, M. Martin nous promet «une nouvelle approche». Malheureusement, rien de ce qui a été dit dimanche ne laisse entrevoir quelque linéament d'une telle approche qui se voudrait nouvelle.
Paul Martin a eu plus d'une année loin du pouvoir pour préparer la campagne au leadership qu'il a lancée ce week-end à Montréal. Ce précieux temps lui a certainement été très utile pour rencontrer les militants du parti ici et là au Canada, et l'on aurait pu s'attendre à ce que l'ex-ministre en profite aussi pour réfléchir aux orientations du gouvernement dont il a de bonnes chances de devenir le prochain premier ministre. M. Martin a pour lui l'expérience, l'appartenance aux deux communautés linguistiques fondatrices, une indépendance de fortune et des contacts dans les milieux financiers que ses adversaires doivent lui envier. Une fois choisi chef par les délégués, il ne tardera certainement pas à déclencher des élections qui le reporteront au pouvoir avec une confortable majorité. L'opposition est devenue si faible à Ottawa que l'itinéraire de Paul Martin semble dessiné dans le ciel. Et à moins d'un retournement imprévisible pour l'instant, les Canadiens devront se résoudre à vivre avec un gouvernement libéral pendant une autre décennie.
Dans un tel contexte aussi peu favorable au choc des idées, il importe d'être plus exigeant que jamais à l'égard de celui qui aspire à devenir vizir à la place du vizir. Si l'on connaît bien les réalisations passées de Paul Martin, son obsession pour la prudence et l'équilibre des finances publiques, on aimerait en savoir davantage quant à ses intentions à titre de prochain chef du gouvernement.
Or, dimanche, M. Martin est resté vague à souhait, patineur d'une élégance certaine, mais sans projet politique défini. Il a critiqué l'équipe Chrétien en lui reprochant de s'être éloigné de Washington, de manquer de leadership dans la présente crise du SRAS qui frappe Toronto et dans l'ensemble, de manquer terriblement de dynamisme. Devenu premier ministre, M. Martin promet quant à lui de s'attaquer aux listes d'attente dans les hôpitaux, de redonner au Canada sa place de leader dans le monde et de mettre en place des mesures susceptibles d'assurer «l'égalité des chances» pour les Canadiens.
Honnêtement, sont-ce là les éléments créateurs d'un programme politique différent? On ose croire qu'il y a autre chose derrière le rideau, puisque ces ingrédients sont les mêmes que l'on retrouvait déjà dans ses discours du budget, notamment celui de 1998 qui contenait un amalgame de mesures dont les détails tenaient dans un document de 48 pages intitulé Stratégie pour l'égalité des chances.
En ce qui concerne les thèmes de l'heure dans la politique canadienne, du déséquilibre fiscal au mariage entre conjoints du même sexe en passant par la décriminalisation du cannabis, les positions de M. Martin sont d'un tel flou qu'on se dit qu'il doit réserver ses munitions pour plus tard. Du moins faut-il le souhaiter, sans quoi nous voilà devant un futur premier ministre dont l'imprécision n'a d'égal que l'indécision dont plusieurs commentateurs l'accusent.
La campagne à la direction du PLC ne fait que commencer. Osons espérer que M. Martin a si bien planifié son offensive d'ici au jour du congrès de novembre que les positions rendues publiques depuis dimanche ne seront plus perçues que comme des amuse-gueule destinés à faire patienter les foules... Sans quoi, M. Martin devra éviter de reparler de «nouvelle approche» sous peine d'être relégué au rang de piètre illusionniste.
jrsansfacon@ledevoir.ca
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La manière Martin
André Pratte
La Presse - mardi 29 avril 2003
Éditorial - Le plus probable successeur de Jean Chrétien, Paul Martin, est finalement sorti de sa coquille dimanche pour amorcer un sprint d'assemblées, de débats et d'entrevues. Certains se plaindront du caractère assez flou des orientations proposées par M. Martin. Mais ce n'est pas tellement une plate-forme politique qu'il met de l'avant; c'est une manière de faire les choses.
Du forum public auquel s'est soumis dimanche l'ancien ministre des Finances, il ressort les traits qui l'ont toujours caractérisé. D'abord, M. Martin connaît ses dossiers. Qu'on l'interroge sur l'assurance-emploi, sur l'économie sociale ou sur les mariages de conjoints de même sexe, l'homme est toujours informé. Dans beaucoup de cas, cela vient de son approche studieuse et de sa vaste expérience. Dans d'autres, sans doute, c'est le résultat du travail de l'imposante équipe qui l'entoure.
Ensuite, Paul Martin fait beaucoup d'efforts pour éviter de mécontenter qui que ce soit. Question de stratégie, évidemment, mais peut-être aussi de nature: l'homme ne veut que des amis. À toutes les personnes qui l'interrogeaient dimanche, de gauche comme de droite, il répondait qu'il était d'accord avec elles, qu'une fois premier ministre, il ferait tout en son pouvoir pour appuyer la cause qui leur est chère.
Enfin, comme il jouit d'une forte avance, M. Martin joue de prudence. Au grand mécontentement des journalistes, ses opinions véritables sont le plus souvent enfouies dans une masse de généralités et de bons sentiments.
La vision de M. Martin pour le Canada se résume à trois grands objectifs: solidifier les programmes sociaux, moderniser l'économie, redonner au Canada son influence dans le monde.
Il est plutôt curieux qu'en ce qui a trait au premier volet, les trois sujets qui préoccupent M. Martin sont essentiellement de compétence provinciale: santé, éducation, villes. En matière de santé, par exemple, M. Martin a comme priorité de réduire l'attente. Il propose des normes nationales concernant les délais de traitement: si un patient ne peut être opéré à l'intérieur du délai prescrit, il aura le droit de se faire soigner dans une autre province.
Santé, éducation, villes: il y a là un fort potentiel d'affrontement avec les gouvernements provinciaux. Mais c'est sans compter sur la manière Martin. Interrogé sur les ondes de CTV, le député de LaSalle-Émard a donné la définition suivante d'un gouvernement fédéral fort: "Un gouvernement central fort est un gouvernement capable de construire des consensus pour atteindre des objectifs nationaux. Je ne crois tout simplement pas que des bureaucrates à Ottawa puissent décider ce que doivent faire les provinces et les municipalités. Un gouvernement central fort, ça ne veut pas dire un gouvernement qui impose ses vues. Ça veut dire un gouvernement qui obtient des résultats."
Voilà une philosophie susceptible de séduire bien des Québécois. D'autant plus que la manière Martin ressemble comme deux gouttes d'eau à... la manière Charest.
Apratte@lapresse.ca
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Intégration
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Pas facile pour un Noir de trouver un emploi au Québec
Karim Benessaieh
La Presse - mardi 29 avril 2003
LE QUÉBEC est un des pires endroits en Amérique du Nord pour se trouver un emploi quand on est Noir ou Latino-Américain, s'il faut en croire les données de l'année 2001 sur le chômage dans 56 États et provinces.
Selon cette recherche menée par le directeur général de l'Association d'études canadiennes (AEC), Jack Jedwab, l'écart de 9,3 % entre le taux de chômage des Noirs et celui des Blancs plaçait le Québec au 53e rang sur 56 en 2001. Il n'était dépassé que par les États américains de Virginie de l'Ouest, d'Oregon et du Wisconsin.
Chez les Latino-Américains, le classement du Québec était encore plus mauvais: avec un écart de 7 %, la province arrivait au 55e rang, tout juste devant le Rhode Island.
Cette année-là, le taux de chômage pour toute la population québécoise était de 8,2 %, tandis que les "Blancs"- ceux qui n'ont déclaré aucune appartenance ethnique- avaient un taux de 7,8 %. Publiée vendredi dernier, la recherche de Jack Jedwab n'a tenu compte que des États et provinces qui disposaient de statistiques et définitions comparables sur ces deux groupes ethniques.
Il a été impossible d'y inclure les Asiatiques et les Arabes, par exemple, les définitions n'étant pas les mêmes d'un État ou d'une province à l'autre.
"Il est possible que les considérations linguistiques soient un facteur pour expliquer ce mauvais résultat du Québec, mais la situation est la même chez les Noirs et les hispanophones, relève M. Jedwab. Ce que je dégage de ça, c'est qu'il y a un besoin de faire plus de recherches sur la question. La seule chose que je peux faire, c'est présenter les chiffres et spéculer sur les raisons de ces écarts."
Le directeur général estime que la discrimination ne peut expliquer à elle seule ces différences. "Je suis convaincu que la discrimination est un des éléments qu'il faut considérer, mais ce serait faux de ne considérer que cette explication." Il mentionne notamment la présence de communautés d'accueil, le moment et la conjoncture économique au moment de l'immigration ainsi que la scolarité.
Globalement, l'étude conclut qu'il y a pourtant très peu de différences entre les États-Unis et le Canada. C'est d'ailleurs le constat le plus frappant que tire M. Jedwab de cette comparaison statistique: au-delà des politiques de multiculturalisme ou d'assimilation (melting pot), il semble que d'autres facteurs soient plus marquants.
"Malgré nos deux discours sur le melting pot et le multiculturalisme, il y a quand même des réalités économiques et sociales qui sont beaucoup plus fortes. Elles ont beaucoup plus d'influence que les politiques multiculturelles ou l'approche melting pot."
En fait, précise M. Jedwab, les deux pays ont probablement des politiques plus proches qu'on ne le croit en matière d'immigration. "Je ne crois pas que les États-Unis soient aussi melting pot qu'on le dit. En termes démographiques, je pense que les deux pays sont multiculturels, il y a peu de doute là-dessus."
Cette recherche était la première d'une série d'études que compte publier l'AEC d'ici le 10 septembre prochain, alors que s'ouvrira à New York un symposium canado-américain sur la diversité culturelle.
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PLQ
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L'arrivée de Charest: la fête avant la tempête
Denis Lessard
La Presse - mardi 29 avril 2003
Québec - Ce sera la fête avant la tempête. Devant un parterre bondé de sympathisants libéraux, le premier ministre Jean Charest dévoilera cet après-midi son cabinet. Mais dès demain, on fera place aux mauvaises nouvelles; le même Jean Charest nous annoncera qu'en dépit du déficit zéro, le Québec vivait au-dessus de ses moyens.
Car dès demain, le nouveau Conseil des ministres se penchera sur le rapport final qu'on avait demandé à l'ancien vérificateur général Guy Breton, qui indiquera que les états financiers soumis le 11 mars avec le dernier budget de Pauline Marois présentaient un déficit caché variant entre 2 et 4 milliards de dollars, selon les éléments que le gouvernement voudra retenir dans sa comptabilité.
Comme convenu, M. Breton a fait sa présentation au secrétaire du gouvernement, André Dicaire, et à une poignée de hauts fonctionnaires hier.
Et c'est le nouveau ministre des Finances, Yves Séguin, qui aura a expliquer ces failles quand, d'ici à la reprise des travaux à l'Assemblée nationale, le rapport Breton sera rendu public.
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PLQ
| Dossier constitutionnel :
Fini le "couteau sur la gorge" pour les libéraux du Québec
Alexander Panetta
PC - Le Soleil - mardi 29 avril 2003
Le gouvernement libéral fraîchement installé à Québec ne brandira jamais la menace d'indépendance contre le Canada anglais - même si les relations avec le gouvernement fédéral devaient se dégrader à l'occasion, affirme celui qui est pressenti pour devenir le prochain ministre des Affaires intergouvernementales du Québec.
Dérogeant aux habitudes des gouvernements québécois qui les ont précédés, les libéraux nouvellement élus continueront de faire l'éloge du Canada même si les relations fédérales-provinciales traversent des moments difficiles, a déclaré Benoît Pelletier en entrevue, hier. On ne mettra pas de couteau sur la gorge, a ajouté M. Pelletier, qui tout récemment encore enseignait le droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa.
Il ne s'agit pas d'une menace de sécession, mais d'une réelle vision de coopération, a-t-il renchéri.
Cette approche diffère du fédéralisme tiède pratiqué par les gouvernements québécois - même fédéralistes - ces dernières décennies. Ainsi, dans les années 1960, c'est le premier ministre Daniel Johnson, un fédéraliste, qui avait lancé le mot d'ordre " Égalité ou indépendance ".
Pas question d'adopter un tel langage pour les libéraux de Jean Charest, qui prennent officiellement le pouvoir et feront connaître le nouveau Conseil des ministres aujourd'hui.
Nous allons répéter le message que le fédéralisme sert mieux les intérêts du Québec que la sécession, a souligné M. Pelletier. Mais cela ne signifie pas que le gouvernement fédéral peut passer les cinq prochaines années à écarter les revendications québécoises - au contraire, a-t-il ajouté.
M. Pelletier a indiqué qu'il se rendra dans chacune des autres provinces d'ici la fin de l'été pour forger un consensus autour du projet québécois de Conseil de la fédération.
Et les nationalistes québécois surveilleront pour voir si le fédéralisme répond aux demandes des provinces, a dit M. Pelletier. Le jour où les Québécois ne se reconnaîtront plus dans le système, cela ne pourrait que raviver la ferveur souverainiste, a-t-il prédit.
Sa tournée du reste du Canada ne signifie nullement qu'il sera nommé ministre des Affaires intergouvernementales, a-t-il par ailleurs souligné. Il a expliqué qu'il effectuera ce périple parce qu'il est l'auteur du programme constitutionnel 2001 des libéraux, qu'il a rédigé alors qu'il était critique du parti pour les affaires intergouvernementales.
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PLQ
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Une honte!
Patrice Boileau Retransmis pas "Jacques Bergeron" - jacberger@yahoo.fr
TRIBUNE LIBRE - mardi 29 avril 2003
Honte aux membres libéraux attitrés à l'évaluation des finances publiques québécoises. Ce n'est plus de la partisanerie; c'est une véritable campagne de dénigrement sur la capacité des Québécois à gérer leurs finances publiques. Les supputations vont bon train chez ces gens: ce n'est plus un milliard de déficit dont souffriraient les comptes publics mais peut-être deux ou même quatre milliards de dollars de manque à gagner. Pire; le déficit zéro ne serait que de la poudre aux yeux depuis environ trois ans tellement les astuces comptables étaient devenues pratique courante chez les membres de l'ancien gouvernement péquiste.
Que les fédéralistes soient toujours à la recherche de preuves d'incompétences des Québécois afin de justifier le maintien de la tutelle d'Ottawa ne me surprend pas. Mais de là à mentir sur la scène publique il y a des limites. La cote de crédit du Québec n'a pas subi de révision à la baisse depuis quelques années à ce que je sache. Est-ce à dire que les maisons de crédit américaines Standard and Poor's et Moody's seraient composées d'incompétents à la solde des vilains séparatistes?
Quel type de jouissance peuvent bien tirer ces voyous à Québec à salir de la sorte l'effort budgétaire collectif que nous avons courageusement réalisé? Le complexe que leur apporte leur nationalité québécoise est à ce point si profond? Faut-il que leur profession de foi fédéraliste les oblige, par manque de courage, à punir le Québec pour ses finances précaires plutôt que le carcan fiscal imposé par Ottawa?
Continuez à colporter vos vulgarités: avec un peu de chance, vous aurez suffisamment apeuré les maisons de crédit étrangères pour nous faire subir une décote.
Patrice Boileau
Carignan
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PLQ
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Entrevue avec Paul Martin
Laurent Soumis - Journal de Montréal
LCN - mardi 29 avril 2003
Paul Martin a reçu hier une dizaine de journalistes en entrevue individuelle. Ses priorités: la santé, mais aussi les relations fédérales-provinciales et les relations internationales «en rencontrant les besoins sociaux qui existent et en bâtissant une économie forte».
Pour conquérir la direction libérale, Paul Martin entend faire campagne pour réduire les listes d’attente dans les hôpitaux, un thème qui a fort bien réussi à Jean Charest.
M. Martin, qui a reçu hier une dizaine de journalistes en entrevue individuelle, a repris les thèmes qu’il a développés dimanche lors d’une assemblée publique à Montréal.
«Le temps est arrivé de franchir une autre étape», dit-il. «Le gouvernement doit changer sa façon d’opérer et devenir beaucoup plus proactif.»
Ses priorités: la santé, mais aussi les relations fédérales-provinciales et les relations internationales «en rencontrant les besoins sociaux qui existent et en bâtissant une économie forte».
Ses distances de Jean Chrétien
Du bout des lèvres, il prend déjà ses distances du gouvernement Chrétien.
Il prône un meilleur dépistage des maladies aux frontières, une intervention rapide du Canada pour la reconstruction de l’Irak et de meilleures relations entre les élus canadiens, les membres du Congrès et les gouverneurs américains.
Pas nécessaire d’être bilingue pour entrer au conseil des ministres
Plus de 35 ans après l’adoption de la Loi fédérale sur les langues officielles, Paul Martin n’est pas prêt à faire du bilinguisme une condition d’entrée au conseil des ministres.
Récemment, le gouvernement a prévenu ses hauts fonctionnaires qu’ils devront céder leur place s’ils ne maîtrisent pas l’autre langue officielle.
Le candidat premier ministre ne croit pas que l’exemple devrait s’appliquer aussi au cabinet.
Deux langues
«Je pense que c’est mieux de pouvoir parler les deux langues. Pour être un politicien, c’est assez important parce qu’il y a des francophones et des anglophones.
«Mais, dit-il, il y a des francophones qui ont de la difficulté à apprendre l’anglais. Et il y a des anglophones qui ont de la difficulté à parler français. Quand on est plus vieux, c’est beaucoup moins facile. Je pense qu’il faut les aider.»
En entrevue au Journal de Montréal, M. Martin s’est engagé hier à soumettre au Parlement les règles d’éthique qui devront désormais s’appliquer à la conduite des ministres en matière de conflits d’intérêts.
Éclaboussé par l’opposition dans l’affaire de la Canada Steamship Line, M. Martin a réaffirmé hier qu’il a «accepté la règle imposée par le commissaire à l’éthique».
Il n’a toutefois pas voulu dire s’il accepterait qu’un de ses futurs ministres bénéficie d’une fiducie semblable à celle dont il disposait alors qu’il était ministre des Finances.
S’il devient premier ministre, Paul Martin s’engage toutefois à ce que le futur commissaire à l’éthique relève du Parlement. «Il faut que cette personne soit indépendante du premier ministre, que ce soit une personne en qui le Parlement a pleine confiance.»
Paradis fiscaux
Accusé d’avoir géré une partie de sa fortune à partir de la Barbade, M. Martin promet de travailler avec le G-7 et l’Organisation de coopération et de développement international (OCDE) pour la disparition des paradis fiscaux.
«J’ai travaillé longuement là-dessus. Un pays ne peut pas agir seul sur les paradis fiscaux. Il faut que tous les pays coopèrent. Et d’ailleurs, on a fait beaucoup de chemin. Mais depuis que je ne suis pas là, je pense que cela a ralenti un petit peu.»
«L’élection de Jean Charest est une excellente chose pour le Québec» — Paul Martin
Le Québec est une société distincte, reconnaît l’aspirant premier ministre Paul Martin. Mais ce caractère unique ne justifie pas pour autant l’octroi d’un statut particulier.
«Je suis Québécois, explique M. Martin. Je sais fort bien que nous sommes vraiment très distincts, que ce soit dans la langue, dans la culture et dans notre approche.»
Mais cela justifie-t-il un statut distinct? «Je pense qu’il faut être traité… équitablement!»
Au cours d’une entrevue hier au Journal de Montréal, l’ancien ministre des Finances a clairement indiqué qu’il ne fallait pas compter sur lui pour relancer la ronde des conférences constitutionnelles.
«Personne ne veut qu’on aborde des discussions constitutionnelles, assure-t-il. Ce que les Québécois veulent, c’est la même chose que les autres Canadiens: une économie qui marche; un avenir pour leurs enfants; une situation satisfaisante pour ceux qui sont à la retraite.
«L’élection de Jean Charest est une bonne chose, enchaîne-t-il, une excellente chose pour le Québec. C’est un signe très encourageant pour le Québec et le Canada.
«Moi, je suis prêt à m’asseoir avec le premier ministre du Québec, dès demain, pour discuter de nos problèmes et les régler. Nous allons être capables de travailler main dans la main pour le succès du Québec et du Canada.»
S’il refuse de discuter du «déséquilibre fiscal» qu’il a lui-même créé alors qu’il était ministre des Finances, M. Martin n’écarte pas l’idée d’un financement fédéral accru en santé.
«Les listes d’attente, c’est la priorité en santé. C’est dommage qu’on n’en ait pas parlé lors de la dernière rencontre des premiers ministres.
«Si ça prend de l’argent, il va falloir que les deux gouvernements y participent, dit-il. Mais je pense qu’il y a aussi des questions de gestion et de structure.»
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