élection 2003
Souveraineté et minorités
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L'affaire Parizeau: Coup monté de La Presse?
Pierre Dubuc l'aut'journal 2 avril 2003
À voir le traitement accordé par La Presse aux propos de Jacques Parizeau sur «l’argent et le vote ethnique», on a l’impression d’être devant un véritable coup monté. Un reportage d’un journaliste de Trois-Rivières mis sur le Cyberpresse tout juste avant le débat des chefs pour que Charest puisse s’y référer. Puis, pendant deux jours, une offensive tous azimuts des journalistes, chroniqueurs et éditorialistes de La Presse. Les libéraux et Charest avaient besoin d’un petit coup de pouce pour relancer une campagne hésitante, ses amis libéraux de Power Corporation sont là pour lui prêter main-forte.
Dans La Presse du 2 avril, la chronique de Lysiane Gagnon, intitulé «Les rires de Monsieur», est catapulté en première page. En éditorial, André Pratte écrit que Bernard Landry «aurait dû condamner ses propos hier» - c’est-à-dire avant d’avoir pris connaissance de la transcription de la déclaration ! – et affirme qu’il «est essentiel pour le Québec, comme pour le mouvement souverainiste, qu’aucun dérapage de ce genre ne soit toléré».
Qui dérape ?
Belle hypocrisie que tout cela ! Depuis quand André Pratte a-t-il à cœur l’avenir du mouvement souverainiste ? Et s’il y a un «dérapage» linguistique en vue, c’est bien celui que provoquerait le débat proposé par Charest sur la défusion des municipalités, un sujet que Pratte évite soigneusement depuis le début de la campagne électorale.
Quant à Lysiane Gagnon – qui pousse des cris d’indignation devant l’analyse des composantes ethniques du vote au référendum de 1995 – elle ne gêne pas d’y aller de ses propres analyses «ethniques» lorsque cela sert son propos. Dans sa chronique du 18 février dernier, elle tente de minimiser l’ampleur de la manifestation pour la paix du 15 février à Montréal par rapport à celle de Toronto en écrivant que cette «disparité tient simplement au fait que Montréal est la ville canadienne qui abrite la plus grosse communauté arabo-musulmane».
«L’éthique capitaliste» à l’oeuvre
Que le Parti québécois soit acculé à la défensive face à cette campagne bien orchestrée des fédéralistes n’a rien d’étonnant. Le PQ a carrément refusé d’aborder la question de la concentration de la presse. Lorsque Paul Desmarais a pris le contrôle des journaux de Conrad Black, Bernard Landry s’est gardé d’intervenir pour bloquer la transaction et a déclaré s’en remettre à «l’éthique capitaliste» du propriétaire de Gesca. Nous voyons aujourd’hui cette «éthique » à l’œuvre.
Libéraux et péquistes, même combat?
Mais il y a plus. N’est-il pas étonnant de retrouver libéraux et péquistes, fédéralistes et souverainistes, tous unis pour condamner Parizeau et sa conception de la nation québécoise ? Que les fédéralistes soient partisans d’une conception «civique» de la nation qui englobe tous les habitants du territoire québécois, peu importe leur origine ethnique, n’a rien pour nous étonner. C’est conforme aux présupposés idéologiques du «nationalisme civique» développés par Pierre Elliott Trudeau.
Mais comment expliquer que les nationalistes québécois soient devenus des partisans d’un tel «nationalisme civique» désincarné qui nie les aspects linguistiques, historiques et culturels de la nation ? Comment peuvent-ils adhérer à une définition de la nation qui intègre, à son corps défendant, un unilingue anglophone dans la nation québécoise?
Que toutes les personnes qui résident au Québec soient citoyens du Québec et aient des droits égaux est une chose différente que l’appartenance à une nation. Pourquoi ne pas reconnaître qu’il y a sur le territoire du Québec 1) une nation québécoise majoritaire d’origine française (80,4% de la population) qui a assimilé au cours des ans des membres d’autres communautés culturelles (plus de 11% selon des études), 2) une minorité anglophone (8,8%) et 3) des minorités ethniques de langues maternelles autres que le français ou l’anglais (9,7%)?
Chaque revers politique est lourd conséquences
Chaque défaite politique est toujours suivie de reculs politiques et de désarroi idéologique. Il n’allait pas en être autrement à la suite de l’échec du référendum de 1995. La confusion a été à la mesure de la défaite. Mue par différentes considérations tactiques – comment aller chercher des «votes ethniques» - l’intelligentsia souverainiste s’est employée à jouer avec la définition de la nation, à l’épurer et à la mettre au «goût du jour», c’est-à-dire de l’idéologie néolibérale et de la globalisation.
Les Michel, Seymour, Gérard Bouchard, Claude Bariteau et autres ont tellement bien fait leur travail que le Parti québécois a adopté en congrès une définition de la nation calquée sur les mêmes prémisses idéologiques que celle dont Pierre Elliott Trudeau a doté le Canada.
Ceci explique la belle unanimité des fédéralistes et des souverainistes pour condamner Jacques Parizeau pour le plus grand plaisir de Lysiane Gagnon, André Pratte… et Jean Charest.
Pierre Dubuc
La critique du nationalisme civique est développée dans un dossier paru dans la revue L’Apostrophe, vol. 1, no. 4, automne 2002, sous le titre : «Sans nous, qui est québécois». La revue est disponible à l’aut’journal au coût de 5$.
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Élection 2003
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The nerve that Jacques Parizeau hit, again Jacques Parizeau had to go. The man's dangerous. He lets too many cats out of too many bags.
William Johnson
The Globe and Mail Friday, April 4, 2003
This week, the former premier withdrew from the current Quebec election campaign. "Parizeau's head cannot become an election issue," he said. "With the kind of role I'm playing, you take part only as long as you're useful. When you no longer are, you drop out."
Premier Bernard Landry obviously breathed a sigh of relief. Mr. Parizeau brought back memories of his 1995 referendum speech in which the then premier spoke as the leader of the Nous, "us," deploring that "three-fifths of Nous, of who we are, voted Yes," only to be beaten "by money and the ethnic vote."
Until Monday's debate of the three party leaders, Mr. Landry was cruising toward an easy victory on April 14. The usually garrulous and gaffe-prone Premier read his lines, seemed stiff, tense, humourless, without spontaneity or self-confidence. But he kept out of trouble until Mr. Parizeau's head appeared.
Jean Charest, accusing the Premier of hiding his separatist intentions, evoked a speech given that very day by Mr. Parizeau. "You remember his famous statement? Did you agree with that statement? . . . Mr. Parizeau judges that, having come so close, it is obvious that the referendum process must be started up again. Are you telling us that you agree with his regrettable statement of referendum night, which he repeats this very day, Mr. Landry?"
It was superb theatre, the debate's defining moment. Caught unawares, the Premier stumbled, tried to avoid answering. But Mr. Charest kept coming back, interrupting him: "You're not answering the question. Do you agree with Jacques Parizeau?"
It's become politically incorrect in Quebec to display tribalism or ethnic nationalism. But it wasn't always so. When Mr. Parizeau launched his referendum campaign in 1995, his opening speech contained the words nous, nos, les nôtres and similar expressions of French Québécois identity 153 times.
To vote Yes, he said then, meant "to decide no longer to be a minority in the country of our anglophone neighbours, but to be a majority in our own country. To affirm once and for all our language and our culture, which is francophone of America. In a word, at last to be ourselves, quite simply."
On election night in 1966, Daniel Johnson and his Union Nationale won a majority of the seats with only 40 per cent of the vote -- fewer votes than were cast for the Liberals. But he declared himself satisfied. "If you subtract the anglophone vote in Montreal, if you take away all that is English, Jewish, I am certain the Union Nationale has a strong majority of the francophone vote."
In 1967, the Parti Québécois's René Lévesque published his separatist manifesto, Option-Québec. The first chapter was titled "Nous autres" -- "us." As Mr. Lévesque defined Nous, it did not include all Quebeckers, only those who shared the same "collective personality" that began with the settlement of New France, continued with the heroes of French-Canadian history and finally encompassed all who had the "obstinacy" to remain French. Nous didn't even include all French-speaking Quebeckers, only those who identified with that collective personality. "Whoever does not feel it, at least on occasion, is not or is no longer one of nous."
In 1973, after his second defeat at the polls, Mr. Lévesque bitterly called the victorious Liberals "the party of les autres," as opposed to the party of nous.
After he won the 1976 election with 42 per cent of the vote, Mr. Lévesque told me in an interview that he had received a "national" mandate. "One of the rather unprecedented aspects is that it is clearly a mandate which came nearly exclusively from the French-speaking majority in Quebec. In that sense, it's a sort of national mandate from our point of view."
Mr. Landry himself, late on referendum night in 1995, checked into a Montreal hotel where a woman from the Philippines served him at the reception desk. He launched into a tirade, upbraiding her because she was an immigrant and the immigrants had voted No. She complained to the Human Rights Commission, and Mr. Landry, after early denials, finally apologized when he realized that the exchange had been caught on a security camera.
The words have changed since 1967. The cover story is rather different. But the underlying reason for wanting to secede is still the same. It is Nous. Just ask Jacques Parizeau.
William Johnson is a Quebec-based writer and former head of Alliance Quebec.
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Élection 2003
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Nous sommes tous Montréalais
Jean-Claude Rivest Jean-Claude Rivest est sénateur.
LE DEVOIR - vendredi 4 avril 2003
Au débat des chefs, pas un seul mot sur Montréal. Même la question du regroupement des municipalités de l'île, évoquée par Jean Charest (!), n'a pas trouvé preneur chez Bernard Landry et Mario Dumont!
Dans cette campagne électorale, il n'y en a, en fait, que pour les régions. L'exode des jeunes, la pénurie des services de santé, le manque de liberté de décision, l'absence de justes retours sur les richesses naturelles, le désarroi des villes mono-industrielles dont la seule usine ferme ses portes, voilà autant de réalités de la vie régionale qui illustrent l'urgence de redonner espoir aux régions du Québec.
Les partis politiques en sont pleinement conscients. L'ADQ veut agir «autrement» (le slogan électoral du socialiste Lionel Jospin !) pour les régions; le PLQ se dit «prêt» à se mettre au service des régions (Jean Charest y a passé le plus clair de son temps); le PQ («fort» du sommet sur les régions) entend continuer d'avoir un très net parti pris pour les régions. Très bien. Et Montréal, dans tout cela ? Est-ce une simple région du Québec ?
Les programmes électoraux n'offrent à peu près rien de substantiel pour Montréal, à l'exception de projets ponctuels véhiculés par les candidats montréalais «locaux». C'est à se demander s'il existe toujours une ville de Montréal dans l'univers politique et électoral.
«Je reviendrai à Montréal dans un Boeing bleu de mer» (Robert Charlebois). Montréal, le fer de lance de l'économie du Québec et de ses régions, se serait perdu dans le bleu de la mer électorale !
Comment les partis politiques peuvent-ils ignorer le rôle clé de Montréal dans le développement du Québec et ne pas voir la nécessité de proposer une politique engagée en vue d'appuyer et de développer les efforts du milieu montréalais pour faire de Montréal la métropole québécoise de l'économie, de la technologie, de l'innovation, du savoir, de la recherche, de la culture et de l'ouverture sur le monde ? Montréal n'est pas en concurrence avec les régions. C'est tout le contraire : son leadership, sa créativité et ses réussites irradient dans toutes les régions. Montréal, en fait, est en concurrence avec Toronto, New York ou Boston. Sa situation à l'échelle du Québec est unique.
Les politiques économiques, fiscales, sociales et culturelles proposées à l'ensemble du Québec auront sans doute un impact significatif sur le mieux-être de la population montréalaise. Le Sommet de Montréal et le contrat de ville qui a suivi renferment bien un certain nombre de projets positifs pour Montréal. Tout cela ne constitue cependant pas une véritable politique pour Montréal et une vision large et élevée de son avenir.
Montréal, c'est une ville de langue et de culture françaises. C'est aussi la ville de la majorité des Québécois de langue anglaise et celle choisie par des milliers de nouveaux arrivants aux horizons culturels diversifiés. L'avenir du français à Montréal (dans le milieu du travail), les préoccupations légitimes de la communauté anglophone et l'intégration des immigrants sont des thèmes quasi absents du présent débat électoral ! N'est-ce pas là, pourtant, l'avenir même de l'identité culturelle québécoise qui se façonne ainsi dans ce creuset pluraliste de Montréal ?
Ce nouveau pluralisme culturel a aussi une dimension proprement politique qui ne devrait pas échapper aux partis. Le projet souverainiste du PQ est, paraît-il, à la recherche de «conditions gagnantes»; l'adhésion d'une majorité significative de Montréalais, et singulièrement du Montréal multiculturel, à l'idée de la souveraineté en est certainement la «condition» la plus impérative. La souveraineté du Québec ne se fera pas sans Montréal et encore moins contre la volonté des Montréalais ! Par contre, le nouveau type de leadership du Québec au sein du Canada proposé par le PLQ (et l'éventuelle réforme du fédéralisme) constitue un effort sérieux pour intégrer le nouveau pluralisme culturel québécois, dont Montréal est l'expression la plus vivante. Les revendications dites traditionnelles du Québec cèdent le pas à une vision libérale plus moderne, plus réaliste et plus inclusive de la défense et de la promotion des intérêts du Québec au sein du Canada.
Quoi qu'il en soit, l'avenir des régions du Québec est certes une priorité électorale incontournable. Cependant, le succès lui-même des projets de relance des régions exige que la locomotive du développement qu'est Montréal tourne à plein régime et à haute vapeur !
Puisque la réussite de Montréal donne ainsi la mesure du succès de toutes les régions du Québec, d'une certaine façon, «nous sommes tous des Montréalais» !
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Irak
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Kagan n'est pas un obscur Américain
Charles Farah, Ottawa
LE DEVOIR - vendredi 4 avril 2003
Libre opinion: Réplique à Christian Rioux - Christian Rioux, dans son article publié le 28 mars, intitulé «Attention aux cactus», livre ses réflexions sur un essai américain, La Puissance et la Faiblesse. Il est surprenant de lire que M. Rioux croit que son auteur est «un obscur Américain». Même si Kagan n'est pas connu du public, il est collaborateur au Washington Post. C'est aussi un membre éminent d'un groupe influent de superfaucons américains qui dictent la politique étrangère des États-Unis depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001.
Parmi les membres les plus en vue des néoconservateurs, on notera Paul Wolfowitz, numéro deux du Pentagone. Certains membres de ce centre d'influence sont William Kristol, éditeur d'un journal de la chaîne Murdoch, Norman Podhoretz, ex-éditeur de l'important magazine Commentary, Elliot Abrams, nommé par le président Bush au Conseil national de sécurité, Richard Perle, membre du Defense Policy Board, comité qui conseille le Pentagone, et Douglas Feith, haut fonctionnaire du Pentagone.
Une association intime a été établie avec des membres de la droite du Parti républicain occupant des postes de commande tels le vice-président Richard Cheney et le numéro un du Pentagone, Donald Rumsfeld.
En livrant ses réflexions, M. Rioux ajoute candidement : «Je ne sais pas comment Kagan a fait pour avoir la prémonition de cette guerre.» Le but recherché de la politique américaine depuis la chute de l'Union soviétique est la suprématie mondiale des États-Unis sur la planète. Au Proche-Orient, elle est articulée par une étroite alliance stratégique avec Israël. Les néoconservateurs s'agitent pour continuer la guerre du golfe Persique de 1991 afin d'abattre le gênant régime irakien de Saddam Hussein. Kagan et compagnie ont eu plus qu'une «prémonition de cette guerre» contre l'Irak, ils l'ont «vendue» habilement de longue date aux centres décisionnels.
Récemment, un haut responsable américain a commis un lapsus linguae en affirmant que la campagne a été planifiée il y a plus d'un an. Mais l'idée même de cette invasion remonte aux années 90, conséquence de l'avènement de la seule hyperpuissance mondiale à la suite de la décomposition de l'URSS.
Ensuite, Christian Rioux prend la position européenne sur la question irakienne pour de «l'angélisme». On est en droit de se demander s'il se rappelle que l'Europe a été mise à feu et à sang lors de deux grandes guerres dévastatrices au siècle dernier. En 1914-18, la France a été saignée à blanc pour arrêter l'offensive allemande du kaiser et a subi une hécatombe avec la perte de 1,5 million de jeunes Français sur les champs de bataille, Verdun, Somme et autres. Les Allemands, les Britanniques et les Russes ont subi des pertes effroyables.
Cette boucherie européenne s'est poursuivie avec encore plus d'acharnement durant les six années de la Deuxième Guerre mondiale, de 1939 à 1945, conflit qui a englouti presque toute l'Europe, causant la mort de dizaines de millions de civils et de soldats ainsi que de vastes destructions de l'infrastructure industrielle. L'ex-URSS, qui a subi des pertes de 17 millions de morts, dont dix millions de civils, a subi l'agression allemande en 1941 et, au bout de furieuses batailles, elle a défait la Wehrmacht sur le front est, ce qui a facilité le débarquement en Normandie en 1944.
À deux reprises, les États-Unis ne se sont joints aux côtés des Alliés que tardivement, la première fois en avril 1917, la deuxième fois en décembre 1941, à la suite de l'agression japonaise à Pearl Harbor. Au début de son engagement, les États-Unis se sont employés à combattre le Japon, et ce n'est qu'en juillet 1943 que les G.I's ont débarqué en Europe pour capturer la Sicile. Cependant, il faut reconnaître le rôle primordial américain sur le plan financier et surtout en tant que fabricant d'armes en quantités phénoménales, tanks, avions et bateaux, qui ont servi à obtenir la victoire en Europe.
Contrairement à l'Europe ruinée, les États-Unis sont sortis indemnes du carnage, ne subissant aucune destruction sur leur territoire et des pertes minimes en vies humaines comparativement à celles des Européens, dans une proportion de 1 à 90.
C'est dans ce passé sanglant et destructeur qu'il faut comprendre la soif de paix des Européens et leur volonté centrée sur la construction d'une Europe unie et solidaire. Le refus de se lancer dans une campagne néocoloniale en Irak, à la remorque des États-Unis, est le résultat de la conclusion bien réfléchie selon laquelle l'Irak ne leur pose pas de danger. Selon leur point de vue, la guerre américaine n'a pas été déclenchée pour protéger l'Europe mais pour réaliser des objectifs prétendument à l'avantage des États-Unis et qui ont été déterminés en coulisses par les néoconservateurs et leurs alliés.
Comme il se doit, le livre de Kagan est nettement pro-néoconservateur, comme les États-Unis d'aujourd'hui. Mais les États-Unis auront-ils les moyens humains, financiers et économiques nécessaires pour poursuivre à long terme une politique de suprématie tous azimuts ?
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Irak
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Attention aux cactus
Christian Rioux
LE DEVOIR - vendredi 28 mars 2003
Quand on ressent un malaise, on cherche le réconfort. On peut le chercher dans l'alcool ou dans le pot. Moi, j'ai souvent le réflexe de le chercher dans les livres. Je sais, c'est moins planant, plus solitaire et, pour tout dire, un peu froid.
Ces jours-ci, j'ai tenté de noyer mon malaise irakien en fermant la télévision quelques heures pour dévorer le livre de Robert Kagan, La Puissance et la Faiblesse (Plon). Non, ce n'est pas un livre sur l'impuissance masculine ni sur la question nationale québécoise. Juste un livre de réflexion politique écrit par un obscur Américain, aujourd'hui de passage à Bruxelles.
Je ne sais pas comment Kagan a fait pour avoir la prémonition de cette guerre. Mais je reste convaincu qu'il n'y a pas d'explication plus pertinente que la sienne de ce qui se déroule sous nos yeux. J'irais même plus loin : il me semble qu'on ne devrait plus avoir le droit d'écrire sur cette guerre sans avoir lu ce petit ouvrage de 160 pages.
***
Kagan nous parle en réalité «du paradis et de la puissance», qui est le titre anglais du livre (Of Paradise And Power). Car le véritable sujet est là. Selon cet Américain qu'on a comparé au grand politologue Raymond Aron, il faut arrêter de laisser croire que les divergences qui se sont exprimées à l'ONU sur l'Irak ne sont que des accidents de parcours. Le débat qui a opposé la France aux États-Unis a exprimé deux conceptions opposées du monde.
D'un côté, la conception européenne d'un monde parfait et prospère, où tout est régis par des lois, la négociation et la coopération. De l'autre, un monde anarchique fait de rapports de force, de guerres, de démocraties et de dictatures. Au paradis, il n'y a évidemment plus de place pour la guerre. La négociation suffit à régler les conflits, l'Union européenne et l'ONU étant devenues les seules institutions légitimes de ce monde idéal. Dans l'univers des rapports de force, la guerre et sa violence demeurent inévitables et l'ONU ne reflétera jamais que les rapports entre les puissances de ce monde.
Les Européens sont évidemment partisans de la première conception, quitte à oublier que leur paradis démocratique ne dépasse guère l'Oural et la Méditerranée. Les Américains sont partisans de la seconde, quitte à bafouer les droits de l'homme à Guantanamo et à commettre des gestes qui révoltent les populations arabes. Les Européens sont d'autant plus portés à voir le monde en rose que depuis 60 ans, ils ont confié leur défense aux États-Unis. Pendant que les Européens déploient des prodiges de diplomatie, les Américains se chargent des basses oeuvres. Ce sont eux qui corrigent Milosevic et démantèlent les réseaux terroristes afghans. Les Européens n'ont qu'à détourner pudiquement les yeux.
Se sachant investis de cette fonction de gendarme (il s'agit bien d'un choix européen confirmé par deux guerres mondiales et toute l'évolution subséquente), les Américains ne peuvent pas se payer le luxe de voir le monde comme un jardin de roses. Ils ne peuvent éviter de se poser la question de l'usage de la force et de l'avenir de leur propre puissance stratégique. En effet, dans le monde réel, ce n'est pas l'empire onusien qui fera peur aux Russes et aux Chinois mais l'empire américain. Si le mot «guerre» a disparu du vocabulaire à Paris et à Berlin, il ne peut donc pas disparaître de celui de Washington. Que le maître des lieux se nomme Bush ou Clinton, qu'il croie en Jésus ou en Vishnou, cela n'y change rien.
La réflexion de Kagan permet de comprendre la brutalité des Américains. C'est ce qu'on nomme l'unilatéralisme. Elle explique aussi l'angélisme européen, qui croit toujours, 12 ans plus tard, pouvoir négocier avec Saddam Hussein, comme au Conseil européen.
Mais Bagdad n'est pas Bruxelles.
***
Je vous laisse deviner à quel monde appartient le Canada. Plus encore que l'Europe, le Canada est le paradis de ce que Kagan nomme la «post-histoire». La position canadienne sur l'Irak est d'ailleurs l'expression parfaite du refus légaliste de toute analyse stratégique.
Car si je comprends bien, le Canada dit implicitement qu'on n'a pas à s'interroger sur les buts de cette guerre et sur ses enjeux stratégiques. Il suffit de savoir si l'ONU est d'accord. Excusez le mot, mais l'argument canadien de la légalité onusienne érigée en principe est celui des poltrons qui vont à la guerre non pas parce qu'ils sont pour ou contre mais seulement parce qu'ils savent qu'ils ne seront pas seuls.
Le Canada est probablement le pays du G8 qui est allé le plus loin dans le refus de la puissance. C'est pourquoi nous avons toujours abdiqué toute défense indépendante pour nous consacrer à panser les plaies du monde, à défaut d'en résoudre les problèmes. Notre analyse de ce conflit est à cette image. Pour parodier quelqu'un de connu, je dirais que le Canada n'a pas de politique sur l'Irak. Il n'a que des sentiments.
Quand on vit dans la post-histoire, on a beau jeu de réduire l'analyse stratégique à un certain nombre de jugements larmoyants. On n'a évidemment pas à s'interroger sur l'avenir de la démocratie dans le monde et au Proche-Orient en particulier. On peut se contenter du jugement de ce lecteur angélique de La Presse selon qui «toute guerre est un crime contre l'humanité».
Quand on vit dans la post-histoire, l'analyse sémiologique peut facilement remplacer la pensée stratégique. Voilà pourquoi on pouvait lire cette semaine plus d'articles sur le traitement médiatique de la guerre que sur la guerre elle-même.
Quand on vit dans la post-histoire, on trouve toujours le temps de s'inquiéter des désastres écologiques. Un communiqué surréaliste de l'Union internationale pour la conservation de la nature nous rappelle en effet que «l'environnement a payé un lourd tribut pour l'expulsion de Saddam Hussein du Koweït». L'organisation pousse le culot jusqu'à lancer un touchant appel aux belligérants pour qu'ils s'interrogent sur les impacts environnementaux de leurs combats.
Bref, que Bush ou Saddam l'emporte, on n'en a rien à foutre, pourvu qu'on fasse attention aux cactus.
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Élection 2003
| Sondage Léger Marketing
Les libéraux en avance
Canoe.com 4 avril, 2003
LCN - Le Parti libéral continue à marquer des points à la suite de débat des chefs de lundi soir.
Le PLQ devance maintenant le Parti québécois par quatre points dans les intentions de vote, après répartition des indécis.
C'est ce qu'indique le plus récent sondage TVA-Léger Marketing.
Le pointage est donc le suivant: 43 points pour le PLQ, 39 pour le PQ et 17 pour l'ADQ.
Le Parti libéral est aussi perçu par le tiers de la population comme celui qui défend le mieux les intérêts des régions.
Le PQ et l'ADQ ont respectivement la faveur de 26 % et de 13 % des répondants à cette question.
Le sondage a été réalisé du 29 mars au 2 avril, auprès de 1715 répondants. Il comporte une marge d'erreur de 3 %, 19 fois sur 20.
En RealVideo, l'analyse du sondage avec Jean-Marc Léger.
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Élection 2003
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Sherbrooke la capricieuse : Rien n'est acquis pour Jean Charest dans son comté
Josée Boileau
LE DEVOIR - vendredi 4 avril 2003
Rarement sondage aura-t-il été aussi attendu: ce soir, Radio-Canada Estrie dévoilera les résultats du sondage CROP mené cette semaine avec le quotidien La Tribune dans le comté de Sherbrooke, celui de Jean Charest.
Les partis, qui ont leurs pointages mais n'en laissent rien filtrer, prennent d'avance leurs distances. C'est le terrain qui compte, disaient-ils en choeur lors du passage du Devoir dans le comté, mercredi. Reste que, pour la première fois de la campagne, cette course que l'on dit si serrée se traduira par des chiffres que même les partis sont anxieux de connaître.
Contrairement à Bernard Landry ou Mario Dumont, le chef libéral ne peut rien tenir pour acquis. Il s'est d'ailleurs présenté hier dans son comté, insistant sur le fait que par le passé, même au fédéral, les sondages l'y avaient souvent compté pour battu. Reste qu'on le voyait pour la troisième fois de la campagne, qu'il reviendra le 11 avril et qu'aux élections de 1998, il était seulement venu deux fois dans Sherbrooke.
Sauf que cette fois-ci, trois forces s'affrontent: celle de l'organisation, pour Jean Charest; celle de la connaissance, pour Marie Malavoy, du Parti québécois; celle de la persuasion, pour l'adéquiste Peter Downey. Et les défauts des autres équipes que chacun souligne sont contredits par les observations sur le terrain.
Jean Charest, bien sûr, est le plus visé par les attaques. On l'a beaucoup dit: il n'a gagné que par 907 voix de majorité en 1998. Ce qu'on sait moins, c'est que le redécoupage du comté ne lui en laisse plus que 723.
À cette fragilité électorale, ses adversaires ajoutent l'absence. «Il n'est jamais là», insiste Peter Downey, et pas seulement en campagne électorale. Heureusement qu'il y a le maire, le recteur de l'université et la Chambre de commerce pour faire bouger Sherbrooke, dit-il. «Il n'a pas de base de fidélité locale, souligne de son côté Marie Malavoy. Sa carte maîtresse, et je dirais que c'est la seule, c'est de laisser entendre aux gens qu'il pourrait être le prochain premier ministre.»
L'électeur, lui, est plus indulgent. Le bureau du député est bien organisé, son bureau de campagne aussi (à 10h mercredi matin, les bénévoles étaient déjà au téléphone et le local bourdonnait), et c'est normal qu'un chef de parti soit appelé à se promener partout au Québec, a-t-on beaucoup souligné au Devoir.
De plus, la performance de M. Charest au débat des chefs de lundi rend plus crédible l'hypothèse voulant que Sherbrooke pourrait élire le futur premier ministre, ce qui n'est pas mauvais pour un comté qualifié de baromètre... sauf en 1998, comme s'amuse à le souligner Daniel Nadeau, de l'équipe de M. Charest. Preuve, n'est-ce pas, que celui-ci est capable de bien des exploits.
Voyons! On nageait en pleine charestmanie!, rétorquent adversaires et observateurs. Jean Charest avait été désigné chef -- sauveur! -- du PLQ en avril et les élections avaient eu lieu en novembre. Les organisateurs libéraux disent plutôt que ça laissait peu de temps pour s'organiser et que le rôle de sauveur est très difficile à porter. Cette fois-ci, les élections répondent à des critères plus réalistes.
Partie gagnée pour Jean Charest, donc? Non, car à Sherbrooke, tout est plus compliqué. Le comté n'a-t-il pas voté NON au référendum de 1980 et OUI à celui de 1995?
Cette donne constitutionnelle n'est pas à négliger car le comté compte un noyau dur souverainiste. On l'associe aux jeunes, au milieu culturel, aux groupes communautaires, à l'université. C'est l'univers de Marie Malavoy, candidate péquiste. Ses adversaires disent même qu'elle n'est connue que dans ces cercles-là.
C'est faux: Marie Malavoy a quand même été députée de Sherbrooke de 1994 à 1998 (obtenant, comme le veut la tradition du comté, seulement 1400 voix de majorité). Ses réseaux se sont donc élargis, notamment dans le milieu des affaires. Elle-même, qui a beaucoup hésité avant de se représenter, le reconnaît: «Je n'aurais pas pu faire une campagne de cette nature en ayant à gagner ma place.»
Et son ancien rôle de députée lui donne une connaissance fine, remarquable, des dossiers du comté. Mercredi, elle a été soumise à un feu roulant de questions sur l'emploi et l'économie par de jeunes travailleurs. Ses réponses ont été claires, précises, sans surenchère mais exprimées avec conviction. Et quand elle ne sait pas, elle le dit.
L'électeur sherbrookois lui reconnaît cette force. On lui reproche toutefois un certain manque de combativité et, surtout, de la réserve. Mme Malavoy sait s'adapter à tous, mais son abord est froid. Ce défaut n'est toutefois que l'équivalent de l'absence de Jean Charest: ça n'a rien d'insurmontable auprès de l'électorat.
Sauf quand une campagne a une épine. Et en 2003, il y en a une. Elle a un nom: Peter Downey; une fonction: candidat adéquiste; et deux qualités: une forte présence et du charme à revendre.
«Mais personne ne le connaît!, proteste le libéral Daniel Nadeau. Dans quels dossiers s'est-il impliqué dans Sherbrooke depuis dix ans?» Marie Malavoy est moins catégorique mais soulève la même objection.
L'électeur, lui, écarquille les yeux: Peter Downey, un nobody? Allons donc! Tout le monde connaît l'histoire du fils de la célèbre famille qui produit des sapins de Noël dans le comté voisin. Un homme qui a commencé par une carrière de criminaliste qui lui a valu une présence constante dans les médias de la région. Un homme dont beau-papa, l'archiconnu homme d'affaires Dennis Wood, est devenu milliardaire. Un homme aujourd'hui propriétaire d'Usinage Nado, une PME prospère dont on a beaucoup parlé.
Bref, un homme identifié à l'establishment financier de Sherbrooke et qu'on avait toujours cru lié à la grande famille libérale. Beau-papa Woods n'a-t-il pas affronté, comme candidat libéral fédéral, Jean Charest en 1988? M. Charest l'avait toutefois battu à plate couture, ce qui laisse grand vent à toutes les rumeurs possibles de vengeance pour la campagne actuelle.
Or ce Peter Downey est à pied d'oeuvre du matin au soir: dans les usines, les salles d'attente, les restaurants, partout. Les gens le reconnaissent -- à cause de l'affiche, de la télé, des sapins ou d'un passé commun d'écoliers --, et il sait leur parler. Ce qui compte auprès d'un électorat indécis ou moins politisé. «Mon concierge va voter pour lui», a résumé un de nos interlocuteurs.
Ce n'est pas un défaut: c'est un irritant majeur dans une campagne serrée. Peter Downey ne l'emportera pas, mais il va fortement nuire, surtout aux libéraux, commente-t-on de tout côté. «M. Downey est sur le terrain et il ne cédera pas sa place. C'est un élément qui a du poids», reconnaît de son côté Marie Malavoy.
Tant d'autres inconnues s'ajoutent: les étudiants, clientèle péquiste, iront-ils voter? Les Sherbrookois ont-ils vraiment suivi le débat des chefs? Et que signifie au juste cette sortie du si réputé maire de Sherbrooke, Jean Perreault, contre les défusions? Fallait-il qu'il soit fâché contre son ami Jean! Mais on n'en saura pas plus puisqu'il est parti en vacances jusque après les élections...
Avec la collaboration de Robert Dutrisac
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Élection 2003
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Charest voit une marge de manoeuvre de 3 milliards $ dans le budget Marois
Stéphane Paquet
Le Soleil vendredi 4 avril 2003
Élections 2003 Sherbrooke - Sortant quelques instants de son propre cadre financier, Jean Charest a cité hier Pauline Marois pour arriver à la conclusion qu'il existe une marge de manoeuvre de trois milliards $ dans les dépenses gouvernementales. Cette marge, dit-il, lui permettrait de mettre son programme en application.
Le dernier budget Marois, présenté la veille du déclenchement des élections, prévoit de nouvelles initiatives de 400 millions $ qui " seront financées par des réaménagements budgétaires d'importance ", peut-on lire dans le discours de la ministre. " 400 millions $, ajoute Jean Charest, multipliez ça par cinq (ans de gouvernement libéral), ça fait 2 milliards $. "
Cette somme est supérieure à ce que le programme libéral prévoit, c'est-à-dire un gel du budget de tous les ministères - sauf la santé et l'éducation. Ce gel équivaut à des compressions d'un peu plus de 1,6 milliard au bout de cinq ans si on tient compte, comme le font les libéraux, d'une inflation annuelle de 2 %.
" Si Bernard Landry, lui, dit qu'il va couper plus que ce que les libéraux ont prévu ou apparemment de ce qu'un gel aurait comme conséquence, c'est parce qu'il doit y avoir des marges de manoeuvre ", lance Jean Charest.
Pour arriver à ses trois milliards $ de marge, Jean Charest ajoute un milliard $ " de dégraissage dans les crédits d'impôt ", une idée mise sur la table par Pauline Marois en décembre dernier.
Mardi, Jean Charest avait refusé d'identifier des ministères qui pourraient tomber sous son couperet. Hier, il ne voulait pas non plus chiffrer le montant qu'il entend récupérer en réduisant les crédits aux entreprises. " Je ne m'avancerai pas sur un chiffre, parce qu'on veut les analyser un à un. " " Nous ne devrions pas être dogmatiques, a-t-il dit un peu plus tard. Nous devrions mettre nos valeurs de l'avant. "
Landry réagit
La réponse de Bernard Landry est venue rapidement, défendant son interventionnisme : " Le Parti libéral aurait condamné la Gaspésia, il aurait condamné la Wayagamac et un certain nombre d'autres entreprises. Les Québécois ont raison de s'inquiéter quand M. Séguin dit vouloir revenir sur les avantages énergétiques consentis à certaines entreprises, des projets qui ont besoin d'une intervention spéciale. "
La semaine dernière, Yves Séguin, l'éventuel ministre des Finances libéral, soulignait qu'un premier budget libéral serait déposé moins d'un mois après une victoire des troupes de Jean Charest. Hier, ce dernier n'a pas voulu s'engager à inscrire ses coupes budgétaires dans ce premier budget. " Il faudra prendre le temps de revoir un certain nombre de choses, mais on prévoit faire ça dans la première année d'un premier mandat. "
Les infirmières
Par ailleurs, de passage en fin d'après-midi à Lévis, Jean Charest a réitéré son engagement " d'enrichir le rôle de l'infirmière ". En clair, cela signifie que le libéraux entendent laisser aux infirmières la possibilité de " poser certains diagnostics " pour les services de première ligne, un peu comme le proposent les adéquistes.
Pour ce qui est de la deuxième et la troisième ligne, sous un gouvernement libéral, l'infirmière travaillerait " en étroite collaboration avec le médecin spécialiste " pour assurer les traitements médicaux de patients souffrant de problèmes de santé dans le domaine des soins critiques, de l'obstétrique, de la pédiatrie et des soins chirurgicaux.
Les libéraux soulignent que les infirmières jouent déjà un rôle semblable dans certaines provinces canadiennes et aux États-Unis.
SPaquet@lesoleil.com
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Élection 2003
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Charest doesn't have it in bag, yet
JOSEE LEGAULT
The Montréal Gazette April 4, 2003
Polls show that Jean Charest came out on top in the leaders' debate on Monday night. So much so that the Liberal Party is now gaining ground among francophone voters. New election posters of a radiant Charest, no longer the unloved leader, have suddenly gone up throughout Quebec.
The Liberal leader feels he finally has a shot at moving into the Bunker and picking out new drapes for the premier's cozy apartment in the famed Price building. While the Parti Québécois still leads among francophones, Charest's performance Monday night made him a serious contender for the premiership.
That's quite a coup considering the leaders' debate wasn't the usual boxing match in which the winner is the one who delivers the knockout punch. This one, a friend observed, felt more like a marriage proposal to the Quebec electorate, where each leader had a radically different but revealing approach.
Charest took nothing for granted. He came calling in his best suit and best form. Confident and rested, he used all the stunts to get voters to consider choosing him, for better or for worse. He prepared hard and dished out all the right lines that pushed aside the other two suitors like they were yesterday's news.
First in the polls, Bernard Landry acted more like he was taking the electorate for granted. Convinced he'll be the one walking down the election aisle on April 14, he made less of an effort. He seemed tired and less prepared than the others as he read from his notes. As for Mario Dumont, he just went through the motions, knowing that whatever he said or did, he would get a resounding no from voters - at least this time around.
Although his performance doesn't guarantee Charest an election victory, it did galvanize his troops and create the beginning of the sort of momentum he needs to increase Liberal support. But to do that, he'll need more than the head of Jacques Parizeau, which Landry readily handed him on a silver platter. He still has a few obstacles of his own to surmount.
Although Charest tried to defuse the demerger timebomb by personally coming out in favour of the megacities, the fact remains that a Liberal government would allow for possible demergers. In an election campaign, what matters is the policy of the party, not the personal preference of its leader. While Landry is now attacking Charest on the demerger issue mainly as a diversion from the Parizeau affair, the premier still makes a strong point when he denounces the instability that even the new, kinder, gentler Liberal position is bound to create.
Charest is also vulnerable on his wait-and-see policy on government spending. While a Liberal government would put most of its financial eggs in the health and education baskets and freeze the budget of other ministries, Charest refuses to specify which services would be cut. Other than the welcome axing of the useless regional health boards and a few other trinkets, voters are left in the dark. Saying that the Liberal Party's "values" would dictate its budgetary priorities is just as fuzzy as Landry's position on a third referendum. Charest's advisers must be aware that this kind of "just trust me" response betrays a bit of post-debate cockiness that their leader would be wise to eliminate, pronto.
Monday night, Charest repeatedly said that those who wanted a change of government would be better off voting Liberal than Action démocratique. But he could kiss the Bunker goodbye if he doesn't define more clearly what kind of change his government would bring.
Values and apple pie are one thing. But if Charest is ready to govern, he must be ready to say clearly whether there will be any demergers as well as which services his government would guarantee the citizens of Quebec.
Campaign note: In the aftermath of the Parizeau affair, the premier implied that he has a more inclusive vision of Québec society than Jacques Parizeau. Landry's "us" is inclusive, he said. But if he keeps pushing away such good soldiers as Parizeau, Paul Bégin or even the Rassemblement pour l'indépendance du Québec, which strongly disagrees with his confederal- union idea, he might find that his "us" includes fewer and fewer strong sovereignists.
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Élection 2003
| À chaud
Faudrait pas exagérer!
Julius Grey
LE DEVOIR - vendredi 4 avril 2003
Le débat remporté par Jean Charest, qui n'a cependant pas écrasé Bernard Landry, laisse subsister deux questions aux yeux du public.
D'une part, on a de nouveau vu la gêne du Parti québécois devant les groupes minoritaires. Non pas que le PQ leur veuille du mal, loin de là. Cependant, force est de constater que malgré plusieurs efforts visant à prendre contact, le PQ demeure essentiellement étranger dans les milieux non francophones et qu'il existe dans ces milieux un manque de confiance à l'endroit du PQ, alimenté par une certaine maladresse chez beaucoup de péquistes.
La deuxième question est beaucoup plus importante. Il s'agit de déterminer si notre système médical est aussi mauvais que le prétendent les partis d'opposition. Tout le monde convient que les listes d'attente et l'absence de certains équipements sont inacceptables. Par contre, la qualité des soins aux patients et celle de la recherche médicale dans les centres universitaires sont incontestables. Les listes d'attente existent partout au Canada, bien que l'Ontario semble mieux se débrouiller que le Québec. On peut légitimement se demander si les nouveaux fonds libérés par Ottawa ne pourront pas pallier nos problèmes indépendamment des restructurations proposées par les critiques du système.
Comparativement au système américain, le nôtre paraît exemplaire. Il n'y a pas d'exclus, les soins dépendent beaucoup moins qu'aux États-Unis de l'état social du patient et l'espérance de vie, un indice important mais souvent négligé, est plus longue. Sans tomber dans une admiration béate devant le système canadien et québécois, il est soutenable que le mécontentement grandissant à ce sujet n'a pas toujours été tout à fait équilibré. C'est pourquoi le débat des chefs sur la santé a été particulièrement intéressant. Nous avons intérêt à continuer cette discussion dans la dernière semaine de la campagne.
Julius Grey est avocat.
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Élection 2003
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Le Jello n'est pas pris
J. -Jacques Samson
Le Soleil vendredi 4 avril 2003
Chronique politique - Le Jello n'est pas pris. Jean Charest a bien brassé le plat pendant le débat de lundi et il a au moins ralenti l'effet de la gélatine. Les experts des sondages avaient observé dans le passé que les plus fiables des enquêtes d'opinion par rapport aux résultats réels des élections étaient celles qui avaient été réalisées dans les derniers jours avant le déclenchement de la campagne. Aucun renversement de l'opinion publique n'est survenu au Québec durant une campagne électorale depuis plus de 30 ans. En vertu de cette théorie, la réélection du Parti québécois était donc assurée avant le coup de départ, le 12 mars. Personne n'ose cependant afficher encore une telle assurance. Grâce aussi à l'ADQ, une campagne sert enfin à quelque chose.
Le sondage CROP publié par LE SOLEIL le lendemain donnait 38 % des votes au Parti québécois, 29 % au PLQ, 21 % à l'ADQ et 11 % de discrets. Deux semaines plus tard, le Parti québécois obtenait encore 36 % des intentions de vote, le Parti libéral 30 % et l'ADQ 15 %, avec un taux de non-réponse qui montait à 17 %. Après répartition des indécis, les différentes maisons de sondages placent péquistes et libéraux au coude à coude quant au résultat global, mais le Parti québécois détient toujours une solide avance parmi l'électorat francophone, ce qui devrait assurer la réélection du parti de Bernard Landry le 14 avril. Les analystes des sondages, indépendants ou liés à des partis politiques, s'entendent toutefois pour dire que cette année, contrairement aux campagnes précédentes, le ciment - ou le Jello - n'est pas pris pour autant.
Jean Charest a profité depuis deux semaines d'un transfert de votes provenant de l'ADQ. Il mise maintenant à fond sur ce phénomène en martelant " qu'un vote pour l'ADQ est un vote pour le PQ ", dans une tentative pour polariser la lutte. Les sondeurs, tout comme les stratèges politiques, ont relevé que la clientèle adéquiste est volatile : plus incertaine de se rendre voter et la moins ferme dans le choix du parti qu'elle appuiera. Les conseillers de Bernard Landry et de Jean Charest multiplient donc les arguments depuis le début de la campagne pour ramener ces électeurs. La manoeuvre a essentiellement profité au Parti libéral.
" J'ai toujours défendu que le sondage le plus sûr était celui fait un mois avant le jour du vote, avance René Pelletier, de Baromètre. Mais cette année, c'est différent. Le ciment n'est pas pris. Peut-être la campagne aura-t-elle servi uniquement à relever le niveau des appuis aux deux vieux partis et finiront-ils au coude à coude, ou encore peut-être le Parti libéral aura-t-il même le temps d'en regagner assez pour renverser le pouvoir. Ce dernier scénario ne peut être exclu aujourd'hui. "
Baromètre effectue des sondages régionaux pour le Parti libéral. M. Pelletier a développé une technique qui consiste à cerner les répondants qui affirment qu'ils iront certainement ou très probablement voter. Il a obtenu des succès retentissants à l'ordre municipal, où le taux de participation est toujours plus bas. Il en applique une variante adaptée aux élections québécoises. " Les deux dernières semaines de la campagne seront plus productives que jamais ", croit-il.
Le vice-président de CROP, la maison qui alimente LE SOLEIL et La Presse, Claude Gauthier, se dit aussi " enclin à penser que ce n'est pas bétonné ". Avant le débat, explique-t-il, le PQ était nettement avantagé. Cela ne se reflétait pas tant sur le résultat global que dans la segmentation des sondages : 20 points d'avance chez les francophones, des avances substantielles autour de l'île de Montréal, à Québec et dans les régions. De plus, le Parti libéral a toujours besoin de six ou sept points de plus que le PQ pour former le gouvernement. Jusqu'à lundi, M. Gauthier croyait donc que le Jello était pris. Il a perdu sa confortable certitude.
" Je doute que le débat, aussi intéressant a-t-il été, provoque un tel revirement, commence-t-il par avancer. M. Charest a sans doute gagné quelques points mais où cela s'arrêtera-t-il ? Reste-t-il aussi assez de temps au Parti libéral pour remonter tous les points nécessaires pour l'emporter ? Par contre, nos sondages montrent qu'à 52 % les électeurs veulent du changement. Un très fort pourcentage en plus ne veut pas de référendum et M. Charest joue cette carte très fort depuis le débat, continue-t-il de supputer. Il y a aussi eu l'affaire Parizeau . Il faut vraiment attendre les prochains sondages. "
Les sondeurs n'allaient tout de même pas scier la branche sur laquelle ils sont assis !
JJSamson@lesoleil.com
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Élection 2003
| En réponse aux critiques du chef libéral
Landry défend les crédits d'impôt et les octrois C'est de «l'interventionnisme intelligent», dit-il
Tommy Chouinard
LE DEVOIR - vendredi 4 avril 2003
Quoi qu'en disent les libéraux, les subventions et crédits d'impôt consentis aux entreprises sont de «l'interventionnisme intelligent et éclairé», estime le premier ministre Bernard Landry.
En voulant éliminer des crédits d'impôt qu'il juge trop généreux, le Parti libéral propose «une absurdité comptable parce que si l'entreprise n'est pas attirée ici par des crédits d'impôt, elle ne paie pas d'impôts, donc on n'a pas l'impôt des salariés et on n'a pas les retombées de la présence des entreprises. Alors, notre stratégie a porté fruits. Et, bien sûr, nous allons la continuer», a plaidé Bernard Landry.
De passage à Laval, à l'Institut Armand-Frappier, qui oeuvre dans l'industrie pharmaceutique, puis à Mirabel, dans une usine de construction de trains d'atterrissage d'avions, le chef péquiste a affirmé que ces lieux ont pu se développer grâce à la stratégie interventionniste du Parti québécois. «C'est dire que nous avons réussi, selon le modèle québécois: l'encouragement de la recherche et du développement est la clé de tout», a dit M. Landry. Québec a consenti un prêt de 1,5 million de dollars à l'usine Messier-Dowty de Mirabel pour qu'elle acquière trois machines permettant de construire ses trains d'atterrissage, prêt qui lui a permis de créer neuf emplois et de maintenir sa compétitivité. «Vous voyez que ce million et demi était un bon placement», a-t-il lancé.
Au Québec, reproche le PLQ, on dépense quatre fois plus que l'Ontario en subventions et en crédits d'impôt alors que le Québec compte 50 % moins d'habitants. «Le Québec reçoit en deçà de 18 % des investissements privés au Canada alors que le Québec compte 24 % de la population canadienne», a déjà affirmé Jean Charest à ce sujet sans vouloir nommer les crédits d'impôt qu'il éliminerait. «Dire que cela n'a pas réussi est une monstruosité, a répondu Bernard Landry. Depuis cinq ans, la croissance économique du Québec dépasse celle de l'Ontario et celles des pays de l'OCDE. Nous allons mettre en avant nos stratégies qui ont porté fruits, qui ont fait passer le chômage de 14 à 8 %, qui ont fait que la ville de Montréal reluit comme un joyau de la haute technologie dans notre continent et dans le monde.»
Bernard Landry a toutefois émis un bémol au sujet de la Cité du commerce électronique, dont les entreprises de haute technologie qui s'y installent ont reçu 76 millions en crédits d'impôt. «Les secteurs qu'on a rendus brillants et qui ont moins besoin verront le tir se rediriger vers les secteurs qui en ont le plus besoin», a-t-il dit.
Depuis le débat des chefs, Bernard Landry réalise des points de presse qui portent pour l'essentiel sur la condamnation de propositions libérales. «Est-ce qu'il faut se sentir menacé pour dénoncer de mauvaises idées? Ce n'est pas une question de menace, c'est une question de devoir d'État», s'est-il défendu.
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Élection 2003
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Charest a décidé seul de larguer la "bombe" Parizeau
La Tribune vendredi 4 avril 2003
Élections 2003 Sherbrooke - Jean Charest lui-même a décidé au beau milieu du débat des chefs de lundi de larguer la "bombe" Parizeau. C'est ce qu'a révélé hier le chef libéral, de passage à La Tribune.
Lors du débat, Jean Charest a déstabilisé Bernard Landry en lui lançant les propos tenus le jour même par Jacques Parizeau. Invité par des étudiants, ce dernier a rappelé, en riant, l'incident qui a marqué le soir du référendum de 1995 où il a attribué la défaite à l'argent et au vote ethnique.
"On avait eu des échos pendant la journée, mais c'est pendant le débat que j'ai pris la décision (d'utiliser les déclarations de Parizeau)", a-t-il relaté au cours d'un entretien d'une heure.
Le député de Sherbrooke n'a pas caché que de tous les débats auxquels il a participé, c'est en préparation de celui de lundi qu'il a ressenti le plus de pression: "La pression était nettement plus forte, a-t-il reconnu. J'essaie toujours de chasser le stress en restant actif le plus longtemps possible avant un débat. J'ai revu mes notes. Même si j'avais probablement lu mon programme au moins 1000 fois, je l'ai relu une autre fois. Ensuite, je me suis concentré sur ce que je voulais dire en faisant abstraction de ce que serait la stratégie des autres. Le reste, je me suis dit, je composerai avec comme ça viendra. C'est ce que j'ai fait."
Avec l'expérience de l'Assemblée nationale et les connaissances acquises lors ses multiples tournées dans tout le Québec, M. Charest se sent armé pour combattre farouchement jusqu'au jour du scrutin.
En terrain connu
"En 1998, le débat n'avait pas été mauvais pour moi, mais je n'avais pas l'assurance que j'ai aujourd'hui. Franchement, c'est ça la différence. Je n'avais pas la connaissance intime du gouvernement du Québec que Lucien Bouchard avait et les citoyens l'ont perçu. Là, par exemple!" Cette courte phrase se terminant par un point d'exclamation est l'occasion de confronter le chef libéral avec un autre scénario, moins optimiste, celui d'une réélection du Parti québécois. Dans sa propre circonscription, en face de sondages qui annonceraient en fin de parcours un second échec d'affilée comme chef du PLQ, serait-il capable de convaincre les électeurs de Sherbrooke de voter pour lui alors que planerait le spectre d'un départ forcé et que le Parti québécois laisserait miroiter que sa vice-présidente, Marie Malavoy, est une future ministre?
"Je vais être député de Sherbrooke et je vais gagner les élections. Les gens pourront compter sur moi", répond-il sans la moindre hésitation.
"Les cinq années passées dans l'opposition n'ont pas été faciles. Mais, lorsque j'ai senti l'appui des militants libéraux après le vote de confiance du congrès d'octobre 2000, ça a été pour moi, et même pour ma famille, un des moments forts de ma carrière. Ce vote de confiance des militants était accordé à la personne avec qui ils venaient de travailler durant deux ans et non à un présumé sauveur venu de l'extérieur. Ce réconfort est encore aujourd'hui très stimulant."
Il ne reste plus qu'une dizaine de jours à Jean Charest pour rallier plus d'électeurs à son parti dans les circonscriptions francophones et pour gruger des votes à l'ADQ.
"À cause de la guerre, la campagne a vraiment été en queue de comète et en abrégé. Alors, le débat a été un moment important.
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Élection 2003
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A good soldier hangs it up
Don MacPherson The Montréal Gazette April 4, 2003
Like water, loyalty in politics flows in only one direction. Unlike water, it flows only upward.
Bernard Landry had already publicly described Jacques Parizeau's 1995 referendum-night remarks as "odious" and threatened to kick him off the Parti Québécois election campaign for reminding everybody of them.
And it had been several hours since Parizeau had taken Landry's hint and quit the campaign. But even then, Landry wasn't quite finished with Parizeau.
Just to put a little more distance between himself and Parizeau before he changed the subject of his campaign for good, Landry got off one last pointed remark in Parizeau's direction.
Landry said that when he referred to "us," he meant not only the descendants of 17th-century French settlers on the Île d'Orléans but also "the men and women who have come from the four corners of the world to help build Quebec."
It was one last allusion on Landry's part to Parizeau's dividing Quebecers into "us" francophones and the rest in his remarks on referendum night in 1995, when Parizeau also blamed the sovereignists' narrow defeat on "money and ethnic votes."
Landry was speaking at an early-evening rally of young sovereignists, held in a bar on The Main, the traditional dividing line between French-and English-speaking Montreal.
Parizeau has always seemed bewildered by the uproar over his 1995 remarks and considered himself a victim of a new political correctness. This is understandable since few in French Quebec had bothered to object when he had previously made partisan comments about the relative weight of francophone and non-francophone votes.
Those remarks were made among family, however. The ones he made on referendum night were made before important visiting guests, namely, the world press. And he made them as premier, or head of the family.
Thus he embarrassed the family before outsiders. And for that, he has never been fully forgiven.
Still, for Parizeau, the cause of Quebec sovereignty comes before all else, even his conviction that he has done nothing wrong. That cause is immediately best served by the re-election of the PQ, even if, as Landry often reminds the party, it has given its leader a free hand where sovereignty is concerned if his government is re-elected. And Landry had made it clear he no longer wanted Parizeau on the campaign.
So, as the "good soldier" Landry had called him, Parizeau loyally sacrificed himself for the good of the cause. And as a good soldier, it is doubtful that Parizeau will say anything before April 14 that he realizes might hurt the PQ's chances.
But while he is gone from the campaign, he is not necessarily forgotten by his hard-line sovereignist followers. And maybe neither is Landry's willingness to sacrifice him.
The PQ's chronic weakness in elections is its failure to get out all of its vote. Now that Parizeau has gone home, some of his followers might imitate him by staying home on voting day.
And his withdrawal might also help the Liberals even though it was Jean Charest who started the controversy by bringing up Parizeau's latest remarks.
Charest was able to use the remarks to his advantage on debate night. But after that, the controversy might have started to work against the Liberals.
Trailing the PQ among the francophones who will decide the election, the Liberals need to keep the voters' attention focused on the campaign more than the PQ does.
Usually, campaign accidents such as the Parizeau controversy are much more interesting to the media than to the voters and don't change many votes. But for nearly three days, this one distracted attention from the points on which the Liberals need to focus attention if they are to sustain the momentum the debate gave them.
One of these points is the question of whether the voters want another four years of PQ government. Another is Charest's debate-night message that those who want change will help re-elect the PQ if they vote for Action démocratique du Québec.
By shutting down the sideshow and re-directing attention to the issues, Parizeau might end up doing more of a favour to the Liberals than to the PQ.
dmacpher@thegazette.canwest.com
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Élection 2003
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Léo-Paul Lauzon à la rescousse de la gauche : Il dénonce le pouvoir des multinationales
Éric Moreault
Le Soleil vendredi 4 avril 2003
Élections 2003 - Il n'y a pas que Jacques Parizeau qui fait la tournée des cégeps pour stimuler les troupes à coups de déclarations enflammées. Léo-Paul Lauzon aussi, qui se porte à la rescousse de la gauche et en profite pour dénoncer " l'appétit destructeur des multinationales des médicaments et des grandes pétrolières et leurs profits indécents ".
Le prof Lauzon dénonce le fait que ces multinationales font " la pluie et le beau temps " en imposant leurs diktats aux gouvernements, au détriment des travailleurs.
En imposant des prix sans cesse à la hausse, " elles doublent et triplent leurs profits à chaque année ". Ce qui mène directement à un " appauvrissement des travailleurs, au détriment d'une infime minorité ".
Le franc-parleur s'insurge contre ces compagnies qui n'ont aucune considération pour leurs employés. " Les banques font des profits records (cette année) et elles flushent des centaines d'employés. "
Le titulaire de la Chaire d'études socio-économique de l'UQAM a profité de son passage hier au cégep de Limoilou pour donner son appui à l'indépendant Jean-Yves Desgagnés (Jean-Lesage) et à l'Union des forces progressistes. " L'UFP est le seul vrai parti de gauche au Québec. Un parti qui s'oppose clairement aux politiques néo-libérales du PQ, du PLQ et de l'ADQ, ainsi qu'à la ZLEA. "
Il en a profité pour casser du sucre sur le dos de l'ADQ, qui " favorise le démantèlement de l'État et la déréglementation du marché du travail ", et dénoncer ceux qui, dans les médias, trouvent " rafraîchissant un parti qui prône l'appauvrissement d'une partie de la population ".
Au chapitre des médicaments, Jean-Yves Desgagnés préconise la mise sur pied d'un régime d'assurance-médicaments public, gratuit et universel pour les pauvres. Dans l'état actuel des choses, il y en a trop " qui ne peuvent se payer des médicaments ou qui trichent sur leur prescription. C'est scandaleux dans une société riche comme le Québec ".
EMoreault@lesoleil.com
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USA
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Yank-ing Quebec's chain
CHANTAL HéBERT TORONTO STAR Apr. 4, 2003
If they were not so distracted by both a provincial election and a war, most Quebecers would be surprised at the anti-American role some would have them play in the ongoing debate on Canada's Iraq policy.
They would wonder if Tory Leader Joe Clark is really talking about the Jean Chrétien who has made a career of being contrary to his fellow Quebecers when Clark claims the Quebec election is the root cause of the Prime Minister's decision to sit out the war.
Upon hearing assertions that Quebec is a hotbed of anti-Americanism, they would note that while the list of those who have offended American sensibilities with over-the-top remarks includes a senior federal minister from British Columbia, a Liberal MP from Ontario, a New Democrat also-ran leadership contender from Manitoba and a former aide to the Prime Minister, it does not boast a single elected Quebec official.
If they turned their attention to The Globe and Mail, they would be amazed, but perhaps not amused, to find that when peewee hockey players from Ontario use some Montreal ice time to throw slurs at their American opponents, the front-page headline reads: "Quebecers hurl abuse at visiting U.S. hockey peewees."
On a larger scale, they would worry that the pundits who have taken to describe Quebec as an obstacle to greater U.S.-Canada co-operation might suffer from early memory loss.
Are such commentators really talking about the province whose entire political and financial establishment lined up behind Brian Mulroney's free-trade agreement in the late 1980s?
As a supplementary question, Quebecers might ask whether the FTA would ever have carried the day in the 1988 federal election if Quebec had not been there to outweigh Ontario's opposition to the Tory deal.
Quebecers might also wonder how many other provinces besides their own boast a government party that openly advocates pursuing a joint U.S.-Canada currency as the PQ does.
Or where else in Canada could — as Bill Clinton did in the 1995 referendum — an American president intervene in a delicate domestic political discussion and do more good than harm?
But then Quebecers are too preoccupied with the war itself and the ongoing election to engage in such a debate.
For a variety of reasons, the passionate national soul-searching triggered by Canada's decision to sit out the war has found no takers in the province.
There is not a Quebec equivalent of the Canadian Alliance's Stephen Harper and no real market for his equation that to be pro-American is to be pro-war.
There is also no Quebec version of the CanWest-Global media conglomerate, no strong francophone editorial voice devoted to the pro-war side of the argument.
The Iraq debate pushes none of the usual Quebec hot buttons. It is neither an English/French issue, nor a left-vs.-right one.
All three Quebec party leaders would have supported a Canadian decision to join a war sanctioned by the United Nations.
In the absence of such a sanction, they all agree with the Prime Minister that the war is not justified.
On Monday night, at the televised leaders' debate, Bernard Landry, Jean Charest and Mario Dumont all sported white anti-war ribbons on their lapels. But the issue was otherwise absent from their heated exchanges.
When U.S. ambassador Paul Cellucci talks about the two countries being family, he strikes no more of a chord in Quebec than French politicians do elsewhere in Canada whenever they embrace francophone Canadians as their so-called cousins from the Americas.
Few Quebecers would seriously argue that the test of the Quebec-France relationship should be a willingness to embark on each other's wars.
No less so than Ontario, Quebec prizes its strong trade ties to the United States.
But Quebecers have historical reasons to be sanguine about economic threats. They have had recent cause to verify that business is driven by self-interest, not reciprocal affection.
Most adult Quebecers remember being hammered with threats that the dollar would fall to ... 75 cents if they voted Yes in the 1980 referendum.
As recently as 1995, the same prophets of gloom were predicting the province would never emerge from the doldrums for as long as the PQ was in power.
At is happens, Quebec has never had it so good economically than over the past few years, under a sovereignist government.
Finally, the sense that a balance sheet is not the only or the best measure of a nation is ingrained in the Quebec psyche.
There is not a francophone Quebecer who is not aware that running a French-language society on a massively English-speaking continent comes at a cost. But none would have it any other way.
More so maybe than most other Canadians, Quebecers are raised on the notion that there sometimes is a price to pay to be who they are.
Chantal Hébert is a national affairs writer. She can be reached at chebert@thestar.ca.
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Élection 2003
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Only the Liberals will miss Parizeau
TORONTO STAR Apr. 4, 2003
Quebec Premier Bernard Landry did the right thing this week when he, in effect, pushed his old boss, Jacques Parizeau, off the Parti Québécois campaign bus. And Parizeau, to his credit, did his party a favour by taking the hint and leaving without a fuss.
Still, it might be premature to start crowing about not having Parizeau to kick around any more. There's no telling what he might get up to after a few private dinners with his pur-et-dur supporters. Quiet departures aren't his forte.
But Landry will just have to deal with that when and if it happens. For now, he has done what he can to make it clear that there's no room in the PQ for the kind of toxic remarks Parizeau made about allophones the night he lost the 1995 referendum on Quebec sovereignty.
Parizeau's repentance for those comments has always seemed less than convincing, and just what he meant when he referred to them in a speech in Trois Rivières this week is unclear. What is clear, however, is that Parizeau can't talk about allophones — or anglophones, for that matter — without poisoning the atmosphere and hurting his party.
And no wonder.
In the long run, divisive comments about ethnic groups turn off voters. They also encourage those retrograde members of the PQ who still cling to an old ethnic nationalism that has no place in a pluralist society — and no future, either.
The premier's quick action in silencing Parizeau lets us all hope that such nationalism is dying out in the PQ — although it might have been more convincing if Landry himself hadn't told a Mexican-born hotel clerk, on referendum night, that it was ``people like you'' who were responsible for the defeat of the Yes forces.
In a way, it's sad to see an old separatist warhorse like Parizeau banned from the battle, even temporarily.
He was always his party's most forthright sovereignist, and his dedication to the cause was absolute and universal. In much the same way as the father in My Big Fat Greek Wedding saw Windex as a cure for everything from fractures to rheumatism, Parizeau saw sovereignty as the solution to every problem. Economy down? Inflation up? Agriculture flagging? Too few babies? Too many high-school dropouts? No problem. Just spray on a little sovereignty, and everything will be fine.
But although this unapologetic nationalism was refreshing, it would be too much to say Parizeau will be missed — except by the Liberals, of course, who could always count on him to do something to sabotage his own party.
This is an edited excerpt from an editorial that appeared in the Montreal Gazette.
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