élection 2003
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Pas de remise en question des valeurs sociales-démocrates
Jean-Paul Gagné Les Affaires samedi 5 avril 2003
Éditorial Les Québécois choisiront leur prochain gouvernement sans remettre en question l'État-providence et les valeurs sociales-démocrates. C'est ce que montre clairement la tendance des opinions exprimées dans les sondages et les débats menés au cours de la campagne électorale en cours.
Les changements les plus radicaux proposés au cours de cette campagne sont évidemment amenés par l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont. C'est le cas du rôle accru que pourrait jouer le secteur privé dans la santé, d'un meilleur choix de l'école (grâce aux bons d'éducation), de la réduction de la taille et de l'interventionnisme de l'État et du remboursement accéléré de la dette publique.
La plupart de ces changements ont été durement attaqués par les adversaires politiques de l'ADQ pour des raisons évidentes, par des leaders syndicaux, qui y ont vu une menace pour leurs affaires, et par plusieurs analystes, pour qui ces idées étaient trop radicales pour être acceptables à la population et par rapport à leurs propres schèmes de référence.
Cela dit, l'ADQ pose d'excellentes questions : comment notre gouvernement se prépare-t-il pour faire face au vieillissement de la population, qui alourdira de façon très importante le coût du système public de santé, qui n'en peut déjà plus ? Dans ce contexte, ne serait-ce pas faire preuve de saine gestion que de commencer maintenant à rembourser la dette publique ? Serait-ce vraiment "injuste sur le plan social" ou "l'anarchie", comme l'a déclaré le chef péquiste Bernard Landry lors de l'excellent débat du 31 mars, que de permettre le choix de l'école publique à des parents avec des bons d'éducation, alors qu'on autorise déjà les écoles publiques internationales et les maisons d'enseignement privé ? Serait-ce vraiment injuste de permettre à des personnes d'avoir accès plus rapidement à des soins et des chirurgies électives (c'est déjà le cas pour les accidentés de la CSST) si celles-ci sont prêtes à payer pour les obtenir et sans retarder les soins aux personnes qui préfèreraient être soignées par le secteur public ? Est-ce vraiment méprisant, comme certains l'insinuent, de suggérer aux employés de l'État une réorganisation qui les amènerait à travailler plus efficacement et davantage en partenariat avec le secteur privé ?
La social-démocratie et l'État-providence que défend le Parti québécois, paraissent plus rassurants aux yeux des électeurs qui partagent cette idéologie, qui n'en voient pas les conséquences à long terme, qui votent pour des bonbons ou qui sont réceptifs à l'agitation des idéologues et des opportunistes qui se sont plu à déformer certaines propositions de l'ADQ. Il est vrai que certaines d'entre elles sont audacieuses (les bons d'éducation), alors que d'autres sont irréalistes (tel le taux unique d'impôt, qui fut retiré de la plateforme électorale).
Le rejet par plusieurs de certaines propositions de l'ADQ, l'interrogation compréhensible d'aucuns sur l'expérience des dirigeants du parti et le vote stratégique de sympatisants naturels du programme de l'ADQ ("un vote pour l'ADQ est un vote pour le PQ", soutient le chef libéral Jean Charest) ne doivent pas être interprétés comme un refus du changement d'une bonne partie de la population. Il y a en effet d'autres raisons de voter pour ou contre l'un ou l'autre des deux autres partis, telle la question de la souveraineté.
M. Charest présente son programme comme en étant un de changement, bien que celui-ci ne tranche pas radicalement avec celui du PQ. M. Charest s'engage à modifier l'article 45 du Code du travail pour favoriser la sous-traitance et propose des baisses d'impôt axées sur les besoins des jeunes familles pour contrer les promesses du PQ sur la conciliation famille-travail : la semaine de quatre jours pour les parents d'enfants de moins de 12 ans, une troisième semaine de vacances payée, un crédit d'impôt vacances pour les familles ayant un revenu de 50 000 $ et moins et des services de garderie étendus (les soirs, les fins de semaine et lors de la semaine de relâche scolaire).
M. Landry marque certainement des points avec ces promesses et d'autres destinées à des clientèles précises, tels les étudiants, les artistes, les agriculteurs, les écologistes, etc.
Le PQ tire aussi profit de la bonne tenue de l'économie (toujours un facteur important dans une élection), du taux de satisfaction élevé envers le gouvernement et de l'image rassurante et posée que projette maintenant son chef, qui tranche radicalement avec son attitude vindicative d'un passé pas si lointain.
Il serait pertinent de débattre davantage des questions fondamentales et de revoir certaines idées reçues, mais les campagnes électorales ne permettent pas les débats de fond.
Éditeur
jean-paul.gagne@transcontinental.ca
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Élection 2003
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" Il faut détruire Carthage "... ou Bagdad !
Michel Vastel
Le Soleil vendredi 4 avril 2003
Élections 2003 - Nous avons une expression pour décrire l'ambiance dans l'autobus d'une tournée électorale qui va mal : " Ça sent le mort ! " Mercredi soir, devant Le Belmont, un bar de la rue Saint-Laurent à Montréal, cela ne sentait peut-être pas le mort, mais il flottait dans l'air comme une odeur de formol.
Bernard Landry visitait les jeunes du Parti québécois. Atmosphère enfumée, foule bruyante, et Daniel Turp, le candidat local, généreux du décibel.
Je me trouvais par hasard au sommet d'un escalier sous lequel passait le premier ministre : un poste d'observation privilégié. Ce que j'ai vu m'a surpris.
Le " test des mains " ne m'a pas semblé très bon. Ces jeunes tout excités présentaient une main plutôt molle à Bernard Landry, généralement en bas de la ceinture, ce qui, dans le cas des jeunes filles, voulait dire vraiment bas ! Il n'y avait pas là de chaleureuses embrassades même si je comprends que la stature du premier ministre - physique autant qu'intellectuelle - peut impressionner des jeunes...
* Il y a de la zizanie dans l'autobus des journalistes. J'ai compris pourquoi Jean Charest me disait en riant, mardi soir, que " la bonne nouvelle de la journée, c'est que Sophie Langlois et Claude Brunet (de Radio-Canada) sont partis avec Bernard Landry ! " C'est vrai que ça picossait pas mal dans l'autobus libéral la semaine dernière. Et comme toutes les équipes de journalistes ont changé d'autobus à mi-campagne, c'est le " Fleur de lys " de Bernard Landry qui a ramassé les chialeurs. Il n'y a rien de terrible à cela, sauf que les employés de la tournée et les journalistes sont à couteaux tirés. Voilà un autre signe que ça ne tourne pas rond dans la campagne des " Restons forts "...
* Et le discours du président du Parti québécois, devant cette foule acquise d'avance, manquait véritablement de tonus. " Il est fatigué ", me confiaient ses proches. J'avoue que ces campagnes provinciales en autobus, sur des routes défoncées par le dégel du printemps, ne sont pas une partie de plaisir. Mais il y a plus. Tel un pugiliste qui n'a pas vu venir l'uppercut, Bernard Landry a été " sonné " par l'affaire Parizeau.
Au-delà des propos de l'ancien premier ministre, cet incident - suivi en direct à la télévision par près de deux millions d'électeurs - a révélé deux choses. Les petits caporaux du war room péquiste se sont fait prendre la garde baissée. Ils nourrissent une telle méfiance pour Cyberpresse et le groupe Gesca - Landry est le seul des trois chefs à avoir refusé, à quatre reprises, de se prêter à un clavardage - qu'ils ne se donnent plus la peine d'aller voir ce qui s'y trouve. C'est ainsi qu'ils ignoraient que Parizeau s'était aventuré sur un terrain glissant. Ils ne connaissaient même pas les allées et venues de Monsieur puisqu'il leur a fallu près de trois heures pour le joindre.
De plus, l'affaire Parizeau est venue rappeler que ce gouvernement du Parti québécois a un passé, un passé qui dure depuis neuf ans que le parti est revenu au pouvoir à Québec. Depuis le début de cette campagne, c'est presque Bernard Landry qui incarnait, sinon le changement, du moins le renouveau. On n'avait pas encore débattu des incidents qui ne manquent pas de marquer l'histoire de tout gouvernement. La référence aux propos de 1995 constituait un rappel saisissant de l'un des pires épisodes des deux mandats de ce gouvernement.
Hier, la journée de Bernard Landry devait se terminer en milieu d'après-midi. À la dernière minute, on a eu la brillante idée de lui faire visiter la circonscription de Viau, celle où Maka Kotto défend les couleurs du Parti québécois. Les cyniques diront que c'est une belle façon d'exorciser une fois pour toutes les dérapages sur " le vote ethnique ". Je préfère penser que c'est un hommage à l'un des meilleurs candidats du PQ... toutes races confondues !
Car Maka Kotto, qui a acheté une carte du Parti libéral à Daniel Johnson, a maintenant " choisi de défendre le meilleur projet de société qui s'offre aux Québécoises et aux Québécois. Ici, maintenant et demain... " Kotto l'acteur à succès - Urgence, Diva - se veut en effet le candidat des exclus. Il ne sera sûrement pas élu, le soir du 14 avril, mais il aura confirmé - comme Jacques Parizeau le suggérait aussi - que les " ethniques " changent eux aussi. Et pour les bonnes raisons.
Cela suffira-t-il pour permettre à Bernard Landry de récupérer ? Le premier grand sondage qui a suivi le débat télévisé de lundi montre des signes inquiétants. Jean Charest a nettement remporté ce débat haut la main - 42 à 31 % -, mais surtout, la cote personnelle de Bernard Landry accuse le coup, retombant à 37 %, en dessous du niveau où elle se situait au moment du lancement de la campagne. Et celle de Jean Charest continue de monter. Seulement sept points de pourcentage - la marge d'erreur en somme - séparent désormais Landry et Charest quand il s'agit de choisir " le meilleur premier ministre du Québec ".
Quand ils regardent la télévision le soir, les amis de Bernard Landry sont plus intéressés par la progression des troupes américaines en Irak que par la couverture de la campagne électorale. Et Bernard Landry, qui a des lettres, doit citer Caton l'Ancien : " Delenda est Cathago " - " Il faut détruire Carthage "... ou Bagdad ! Car il n'y a rien qu'il souhaite davantage que les Québécois cessent de s'intéresser à cette campagne... Du moins jusqu'à ce qu'ils se disent, le 14 avril : " Quand on a un bon gouvernement... "
MVastel@lesoleil.com
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Élection 2003
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60% des médecins formés à McGill quittent le Québec après leurs études
Canoe.com 4 avril 2003
Montréal LCN - Soixante pour cent des médecins formés à l'Université McGill dans les 10 dernières années ne pratiquent plus au Québec.
C'est le constat d'une étude de l'Association des facultés de médecine canadiennes, réalisée de 1989 à 2000.
Plus de la moitié des finissants vont pratiquer à l'extérieur de la province dans les 24 mois qui suivent la fin de leurs études. Certaines années, cette proportion atteint 70%.
Ces chiffres s'expliquent en partie par la réputation de l'université qui attire environ 23% d'étudiants d'autres provinces. Beaucoup d'entre eux retournent chez eux une fois leurs études terminées.
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BQ
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Le Bloc veut parler des vraies choses À la veille du congrès national de son 0parti, Gilles Duceppe se confie à La Presse
Gilles Toupin
La Presse vendredi 4 avril 2003
Ottawa - Le Bloc québécois entame ce soir son congrès national de trois jours à Montréal en pleine campagne électorale provinciale avec certes pour grande priorité le soutien à la réélection du Parti québécois de Bernard Landry, mais aussi avec la détermination, selon le chef Gilles Duceppe, de parler "des vraies affaires."
"Trop souvent, affirme M. Duceppe dans une entrevue à La Presse, les gens disent que les politiciens ne parlent pas des vraies affaires. Ils restent dans leurs batailles de politiciens. Ils n'osent pas aborder les sujets délicats de peur de déplaire aux gens. Nous, nous disons qu'il faut avoir les vrais débats. Prenons le déséquilibre fiscal. Il faut voir comment l'argent rentre à Ottawa et où il va et pourquoi il va à tel endroit. Il faut identifier cela plus précisément. Tout cela sera du travail que nous ferons et à partir duquel nous annoncerons diverses choses."
Les quelque 600 délégués réunis au Palais des congrès aujourd'hui, demain et dimanche débattront non seulement de la fameuse "proposition principale" du parti, la plateforme politique mise au point l'année dernière, mais de sujets aussi délicats et "déchirants" que les sciences du vivant et la reproduction assistée au point de vue responsabilité politique, de l'environnement, de la mondialisation "mal engagée", de la place du Québec sur la scène internationale, de la représentativité des femmes en politique, du développement durable, des autochtones et, évidemment, de la guerre en Irak.
Gilles Duceppe reconnaît qu'au point de vue médiatique le moment est mal choisi pour tenir un congrès d'une telle importance. Mais il avoue qu'il n'y peut rien, que tout cela avait été décidé il y a un an et qu'il ne pouvait prévoir, outre la guerre, que le Québec serait en pleine campagne électorale.
Réflexion sur la souveraineté
Cela lui importe peu, confie-t-il, puisqu'il y voit aussi l'occasion de réfléchir davantage à l'objectif numéro un du Bloc, celui de la souveraineté du Québec. Dès ce soir d'ailleurs, le premier ministre Bernard Landry s'adressera aux délégués avant le discours d'ouverture de Gilles Duceppe. "Nous allons resituer la souveraineté dans le contexte actuel, affirme le chef bloquiste. Les fondements de la souveraineté ne changent pas. Ce sont la capacité pour le Québec de décider de ses propres lois, de voter ses impôts et de signer des traités. Et dans la signature des traités, il y a sans doute une quatrième dimension qui s'ajoute, celle de pays souverains qui s'unissent dans divers organismes transnationaux pour partager certaines compétences, souverainement."
Gilles Duceppe donne les exemples du "lien confédéral" de Bernard Landry, de l'Union européenne, de l'ALENA et de la future ZLEA. "Toutes ces grandes organisations, explique-t-il, ne nient pas l'existence des pays. Le Canada, par exemple, souhaite ces grands rapprochements multinationaux, mais il ne prône pas pour autant de devenir le 51e État américain."
"Sur la question de l'environnement, ajoute M. Duceppe, les frontières n'empêchent pas la circulation de l'eau et de l'air. Cela pose des défis aux pays souverains et cela justifie l'importance de traités comme celui de Kyoto. Nous devrons faire face bientôt au coût de Kyoto pour les provinces. Paierons-nous ce coût en tenant compte, comme nous le défendons à Ottawa, du principe pollueur-payeur ou bien nous devrons aider les grands pollueurs que sont l'Alberta et l'Ontario, qui ont fait beaucoup de profits grâce à l'argent que nous avons investi dans leurs industries?"
Parmi les autres "vraies affaires" dont les bloquistes veulent discuter, figurent la guerre en Irak et les sciences du vivant. Sur la première de ces questions, Gilles Duceppe estime que le Canada devrait retirer ses bateaux et ses hommes de la région. "On ne me fera pas croire que dans le passé, lance-t-il, nous avons participé à des guerres injustifiées. Comment peut-on justifier la présence de soldats canadiens dans une guerre injustifiée?"
Sur les techno-sciences du vivant, le chef bloquiste reconnaît qu'il s'agit là d'un "espace tout à fait nouveau". Le Bloc s'oppose fondamentalement au clonage, mais il n'élude pas pour autant les questions que son chef qualifie de "déchirantes". Certaines de ces techniques, demande-t-il, ne peuvent-elles faire avancer des recherches sur des maladies comme, par exemple, la sclérose en plaque? "Jusqu'où peut-on aller, demande-t-il, quelle est la responsabilité des élus dans ce débat?" Autant de questions qui seront abordées cette fin de semaine.
Le chef bloquiste affrontera demain soir le traditionnel vote de confiance de ses troupes. Il se dit très confiant de recevoir un fort appui des délégués.
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Irak
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Le nouveau Moyen Âge
Mario Roy
La Presse vendredi 4 avril 2003
Opinion - Des hommes instruits de religion détruisent des statues millénaires sous l'oeil de chefs de clans régnant sur des peuples de serfs et de femmes voilées. Certaines sont parfois conduites au stade pour y devenir les victimes d'un sacrifice rituel et sanglant.
Une poignée de fous de Dieu abattent, en se tuant eux-mêmes, les deux tours de Babel s'élevant au coeur de la Sodome impure et impie, symbole païen d'un inextricable mélange des origines, des races et des croyances. Ces tours dans lesquelles on parlait cent langues et adorait le veau d'or.
Un président désormais perçu comme impérial, conseillé par des penseurs que certains appellent ironiquement des "théologiens", porte son pouvoir au-delà des mers pour guerroyer en Mésopotamie. Au nom du Bien et de la civilisation.
Des vaisseaux transatlantiques et leurs passagers sont mis en quarantaine à l'entrée d'un port, par crainte d'une fulgurante et mortelle épidémie. Cette fois, c'est le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), venant après le sida, l'Ebola, le retour à échelle importante de la lèpre, de la malaria et de la tuberculose.
Un appel à la guerre sainte est lancé contre les croisés, contre ce qui est perçu comme une nouvelle invasion mongole venant huit siècles après la première. Le but est de susciter en Orient, et contre l'Occident, des vocations de "martyrs de Dieu".
Apparaît la perspective de Bagdad retranchée derrière des fosses remplies d'huile et formant autour d'elle un cercle de feu. La cité sera d'une heure à l'autre assiégée par des légions tout de même soulagées de n'avoir pas eu à franchir les terres volontairement inondées de la vallée du Tigre et de l'Euphrate...
Contemplant tout cela, peut-on avoir l'impression de vivre, en ce début de XXIe siècle, une sorte de nouveau Moyen Âge?
De novembre 1989 à septembre 2001, se sont écoulées un peu plus de dix années qui, aux yeux de l'Histoire, auront constitué la totalité de la période de l'après-guerre froide. Puisque, visiblement, nous sommes déjà entrés dans une ère nouvelle, différente, plus sombre.
Ce fut pourtant la décennie de l'espoir.
L'holocauste nucléaire ne menaçait plus, l'un des grands protagonistes ayant déclaré forfait. On se préoccupait de la famine et de la maladie dans le monde, en faisant prudemment confiance en la bonne volonté humaine et en la science pour- peut-être- venir à bout de l'une et de l'autre. La mondialisation de l'économie, des communications, de la culture, de la pensée, était, quoi qu'on en dise, pleine de promesses de paix, d'ouverture, d'un minimum de justice et d'une relative prospérité.
La seule superpuissance encore en exercice réduisait de façon draconienne ses budgets militaires- sous Bill Clinton, un épicurien avéré, très post-moderne! Et même une fois celui-ci envoyé au garde-meuble de l'Histoire, la nouvelle administration républicaine semblait se diriger vers une politique extérieure non interventionniste, sans grande ambition planétaire, prudente, presque frileuse.
Puis vint le 11 septembre.
Et nous avons été plongés dans un monde très différent de ce qu'il était la veille. Un monde à nouveau dangereux. Secoué par l'irrationnel. Où, le moral étant atteint, on se rendait compte que bien des certitudes ne tenaient plus... celle, notamment, d'avoir à peu près vaincu les épidémies. Voyager n'était plus si sûr- comme au Moyen Âge, encore, lorsque la peste et les bandits de grand chemin menaçaient les pèlerins!
Certes, les choses ne sont pas si noires. Il existe une possibilité réelle que le monde s'extraie sans trop de dommages de cette sorte d'ornière bloquant la route de ce qui, à long terme, est tout de même celle du progrès.
Néanmoins, ce n'est pas le monde que, entre 1989 et 2001, nous avions cru possible d'envisager pour nos enfants.
mroy@lapresse.ca
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Moyen-Orient
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Why the Arabs are fixated on Israel
Margaret MacMillan
National Post April 4, 2003
Why is it all so complicated in the Middle East? Isn't the war between the coalition forces and Saddam Hussein's regime? Why should the road to lasting peace lie not just in Baghdad or Washington but through Riyadh and Cairo and Damascus? And why through Tel Aviv? How has a struggle in Israel between Palestinians and Jews got tangled up with the war in Iraq?
History provides help with the answers. From the Garden of Eden on, the Middle East has been producing empires and battles and religions. History leaps there from the pages of books to become a living weapon. Phrases such as Sykes-Picot or the Balfour Declaration may not mean much outside the Middle East, but they mean a tremendous amount there. Saddam doesn't talk idly about the crusades or about Napoleon's conquest of Egypt; he is summoning up Arab fears of invaders from the West. In North America we rarely use history in the same way, to obsessively go over ancient hurts, to excuse ourselves for failures in the present, or justify what we are doing.
Geography, trade, religion (one of its great exports), and more recently oil have meant that the Middle East has always attracted outsiders from pilgrims (to the holiest places of Judaism, Christianity), crusaders, looters, traders, oil men. For much of its recent history the area has been under the control of outside powers; until the 19th century the great Ottoman Empire with its capital in Istanbul dominated it, more recently the Western empires and then during the Cold War the Soviet Union and the United States. The recent past has bred feelings of helplessness and resentment among the locals, a resentment that continues to blame not just the West (whatever that may mean) but Israel. Because Israel is seen as a piece of the West, the Jews as surrogates of Western powers who have yet again humiliated the Arabs and taken their land.
It was not always like this. Jewish communities had very deep roots throughout the Middle East and Arabs and Jews and the other peoples of the region lived in relative harmony for centuries. The roots of the great rift were laid a century ago -- a tiny but tragic part of a long history and yet another terrible example, like Bosnia or Rwanda, of how easy it is to turn neighbour against neighbour and peoples against peoples. At the end of the 19th century three very significant changes took place which have helped to shape the modern Middle East.
First, the Ottoman Empire slid rapidly towards its end. And everyone knew it; European powers, Britain and France among them, gathered around the patient, eager to snap up pieces of its territory as they shook loose. There was little question in those colonial days of leaving the Arab territories of the Ottoman Empire which stretched from Turkey to Saudi Arabia and from Iraq to North Africa to look after their own affairs.
Secondly, nationalist ideas took root. They were brought to the Middle East by missionaries who opened colleges; by newspapers printed on new presses; or by young men who had travelled abroad to study. And nationalism found a willing audience. Arabs dreamed of the great glory of the past when an Arab empire had stretched even to Spain. Kurds began to dream of their own homeland. And Turks within the Ottoman Empire began to think of a greater Turkish world (but one which would keep control of its subject peoples). When young army officers seized power in 1908 they tried to reverse the Ottoman decline; that only stimulated resistance and the spread of nationalism among their non-Turkish subjects such as the Arabs.
And third -- and this was also partly the result of nationalism -- the old dream revived among Europe's Jews of a state of their own, where Jews would no longer be a beleaguered minority at the mercy of the Christians, who all too often had turned on them. The Russian pogroms and anti-Semitic outbreaks even in modern cities such as Vienna and Paris were terrifying evidence that anti-Semitism had not vanished with the Middle Ages. The World Zionist Movement dedicated to building a Jewish state decided -- not without much debate over alternatives such as Uganda -- that both religion and history made the Middle East the only choice. Palestine, then a sleepy corner of the Ottoman Empire, was where the holiest places were, where the last Jewish Kingdom had existed before the Romans destroyed it in the first century AD.
Who could have seen then that these three developments would combine to produce a tangle which still causes trouble today?
The real mischief came during the First World War when promises were often made in haste which in the longer term were simply not compatible with each other. Britain and France were the main culprits. True they were desperate; it looked as though they could easily lose the war to Germany and its allies which included the Ottoman Empire. What if the Ottoman sultan -- who was also caliph, the closest thing that Muslims had to a spiritual leader -- called for a jihad against them? That could bring uprisings among millions of Muslims, in the French empire in North Africa, in Egypt which the British had just taken, in British India. A jihad could cut off exports of the important new fuel of oil from Iran; it might sever the Suez Canal; in other words it might bring a German Europe.
And so to distract the Ottomans and weaken them, the British tried to encourage an Arab revolt. They promised a leading family -- the Hashemites, guardians of the Muslims' holiest places in Mecca -- support (in the form of weapons and gold and British officers such as T.E. Lawrence) and a reward -- an independent Arab kingdom. The Arabs thought then and later that the kingdom would include most of the Arab world. The British argued they had not meant that at all.
The British did not intend that the choice bits of the Middle East should fall outside their control. So while they were negotiating with the Arabs, they also had very quiet talks with the French to make sure that the two imperial powers sorted out the residue of the bankrupt Ottoman Empire to suit themselves. The British would get Palestine and the three provinces of the Ottoman Empire over by Iran and the French would get what became Syria and Lebanon. The Arabs got wind of Sykes-Picot, named after the two men who negotiated it, but they were fobbed off with vague reassurances. They were also reassured when, just at the end of the war, Britain and France issued a declaration which echoed the noble promise of self-determination being made by the American president Woodrow Wilson, to promise the Arabs "the complete and definite emancipation of the peoples so long oppressed by the Turks and the establishment of national governments and administrations." This was greeted enthusiastically across the Middle East.
The British and French deals with each other and their promises to the Arabs were tricky enough, but there was a third strand to the tangle. In 1916, also at the low point in the war, the British government decided with support from France that something had to be done to get what it called world Jewry on its side. (In a curious reflection of a common anti-Semitic fable, the Allies also assumed that Jews exercised great power behind the scenes.) Jews could help the Allies by easing loans from U.S. banks; by turning on Germany (which had a significant Jewish population) and by keeping Russia in the war (Jews loathed the Tsarist government -- with good reason).
So it was decided to do what the Zionists had been lobbying for and that is to promise support for a Jewish homeland in Palestine. The promise came in the form of a letter from the British foreign secretary, Arthur Balfour, to Lord Rothschild a leading British Jew. It carefully avoided the words "state" or "nation," but everyone knew that the Balfour declaration gave approval from what was still the most powerful nation in the world to the Zionist dream and that sooner or later that meant a Jewish state.
The Ottoman Empire was polished off by the war. Since the Allies in the end won, their ambitions for the Middle East could be realized. But their various promises now came home to roost like so many unwanted bills. At the Paris peace conference of 1919, the Arabs presented their case, the Zionists theirs and behind the scenes the British and French prime ministers haggled over the boundaries of their respective pieces of the spoils. Because the Americans wouldn't go for outright colonies (and perhaps because even in Europe the idea was starting to seem old-fashioned) the convenience of mandates was adopted. The new League of Nations dominated, after the United States failed to join, by Britain and France, would take territories where the inhabitants weren't yet ready to rule themselves and hand them out to various powers with a mandate to rule them well. The Arabs, or so it seemed from Paris, were not nearly ready for self- government. So Britain took over Palestine (which it then made into Palestine and Transjordan), and the three Ottoman provinces further east (which it made into Iraq) and the French got Syria and Lebanon. In the case of Palestine, the British did remain true to the promise they had given in the Balfour declaration; when the terms of the mandate came to be drawn up they reiterated that it was to be the Jewish homeland. Not much was left for independent Arab kingdoms except the Saudi Arabian peninsula which no one wanted because it didn't seem to have much except sand and some insignificant cities.
The Arabs -- and by now an increasing number were politically aware -- were outraged. The wartime promises were not being kept and now they were to be denied self-determination. There was trouble in Egypt, in Syria, in Iraq -- and in Palestine there were violent riots as much against the presence of the Jews as against the British. A new Palestinian Arab Congress demanded a national government which would represent only Arabs. And elsewhere in the Arab world, Arabs started to see the Palestinian Arabs as their cause too. A rift opened between Jews and Arabs in the Middle East which has never been repaired.
Could it have been different? Many people at the time certainly hoped so. Chaim Weizmann, the great Zionist leader and Faisal, the Hashemite prince who had led the revolt in the desert and was later Britain's choice for king of Iraq, met in the desert near Aqaba just after the war ended and talked of how their two peoples could work together. They were photographed smiling, both wearing Arab headdress. They talked optimistically about how Palestine might be a happy home for both their peoples. It has, as we know, turned out very differently. Right from the start the Arab sense of betrayal at the hands of the British and French has found the Jewish presence in Palestine, and later Israel, both a handy symbol and target. There is much more to the story of course and much has happened since. But we should not forget the bad start.
Can the Middle East ever settle down without solving the trouble in Israel? It seems highly unlikely. Great powers helped to make the present dreadful conflict in Israel. I suspect that only another great power, this time the United States, can do anything to sort it out. And until it is sorted out that conflict will continue to poison relations not just between Arab and Jew, but between the Middle East and the West.
Margaret MacMillan is the author of the award-winning Paris 1919: Six Months that Changed the World, and is the provost of the University of Toronto's Trinity College.
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Élection 2003
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Braderie à la Caisse L'institution vend son mobilier pratiquement neuf
Denis Lessard
La Presse vendredi 4 avril 2003
Élections 2003 - LA CAISSE de dépôt et placement du Québec va brader l'équivalent de 50 semi-remorques de meubles de ses anciens locaux rue McGill, elle qui vient tout juste d'acheter pour 18 millions de meubles neufs, destiné à son nouveau bureau principal dans le quartier international de Montréal.
Douce ironie, la table du conseil d'administration de la Caisse, symbole du pouvoir financier du "modèle québécois", vient d'être récupérée par un nouvel organisme du gouvernement Chrétien qui la jugeait adéquate.
La longue table de bois massif se trouve déjà dans les bureaux montréalais d'Investissement PSP, qui administre, de Montréal, les caisses de retraite des fonctionnaires fédéraux. Les impressionnants fauteuils de cuir des membres du conseil suivront dans les prochaines heures.
Les dépenses de la Caisse pour ses nouveaux bureaux somptueux de Montréal, conjuguées à la dépréciation de 9,5 % de son portefeuille- une perte de 13,5 milliards en 2002-, avaient alimenté de vifs échanges dans le débat des chefs entre Bernard Landry et Jean Charest.
Le chef libéral avait qualifié le bilan de la Caisse de "pire catastrophe économique" de l'histoire du Québec et M. Landry avait répliqué que cette tentative de "destruction" de l'institution québécoise n'avait pas impressionné les agences américaines d'évaluation de crédit.
La Presse a pu participer hier, pendant deux heures, à la visite des anciens bureaux de la Caisse de dépôt, rue McGill, des espaces toujours remplis de meubles laissés sur place lors du déménagement dans les locaux neufs.
L'automne dernier, La Presse a révélé que le coût de cet immeuble luxueux avaient triplé par rapport aux prévisions, passant de 102 à 360 millions. Le président de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, avait dû expliquer que le coût de l'édifice mentionné au début ne comprenait aucun équipement, n'incluait ni les coûts du terrain ni les frais professionnels.
Rue McGill, sur sept étages, les bureaux sont désertés, les classeurs sont vides, les ordinateurs sont déménagés, mais l'ameublement est pratiquement complet, comme si les employés allaient rentrer ce matin. Or il n'en est rien.
Selon les grossistes intéressés à récupérer ces meubles, présents à la visite hier, il faudra environ 50 semi-remorques de 40 pieds pour transporter l'ensemble de ces meubles usagés. La proposition de la Caisse précise qu'il faudra faire sortir tout cet ameublement de nuit, pour ne pas monopoliser les ascenseurs de l'édifice où se trouve la BNP et des bureaux d'avocats.
L'ampleur de la vente de feu surprend. La Caisse vend pas moins de 2000 chaises de bureau et de fauteuils de toutes sortes en parfaite condition, valant approximativement 400 $ pièce à l'état neuf.
"C'est injustifiable, 80 % de ce mobilier est pratiquement neuf. Ce sont des fonds publics après tout", commente un des estimateurs, sous le couvert de l'anonymat.
Neufs, les meubles que la Caisse voulait brader hier vaudraient environ 2,5 millions. La Caisse s'attend à en obtenir 500 000 $, mais de l'avis des acheteurs hier, ce sera marché conclu autour de 100 000 $, compte tenu surtout des contraintes importantes liées au déménagement.
Les grossistes, qui doivent faire leurs soumissions d'ici mardi, étaient étonnés de la qualité de la marchandise offerte.
Sans compter les 800 écrans d'ordinateurs Compaq 17 pouces laissés sur les bureaux. Les nouveaux bureaux comportent tous de nouveaux et coûteux écrans plats. Même dans l'ancien bureau du président Henri-Paul Rousseau, dans ceux de ses vice-présidents, la plupart des meubles sont toujours en place, intacts. Ils seront remplacés dans le nouveau bureau du président.
"Il y a un mandat donné à la vérificatrice générale en ce qui concerne tous les coûts liés à cet édifice. On va laisser la vérificatrice faire son travail, elle est mandatée par l'Assemblée nationale", s'est contentée de dire Suzanne Brochu, porte-parole de la Caisse, précisant que 67 % des meubles en vente étaient vieux de plus de six ans.
"Ce n'est pas un encan public qu'on a fait, je ne vois pas d'intérêt là-dedans. Je lis déjà les manchettes! On est les plus grands gaspilleurs que la terre ait portés. On a vendu des meubles neufs", a-t-elle lancé, irritée quand elle a appris que La Presse avait assisté à la visite.
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USA
| Images du Nouveau Monde
Sale jour pour la démocratie : L'élection de Bush remise en cause dans un troublant documentaire
Gilles Carignan
Le Soleil vendredi 4 avril 2003
Au moment où George W. Bush mène sa guerre en Irak, un saisissant documentaire présenté à Images du nouveau monde vient donner de sérieuses munitions à ceux qui remette en cause sa légitimité de président.
George Bush a-t-il volé son élection ? À cette question, Unprecedented : The 2000 Presidential Election répond un OUI sans appel, qu'il s'emploie à appuyer de façon plutôt convaincante. Convaincant à tout le moins que l'exercice démocratique fut dramatiquement entaché.
Qui s'en préoccupe encore ? Le flamboyant Michael Moore dans son best-seller Mike contre-attaque (Stupid White Man). Quelques autres. Sinon ? C'est ce silence qu'ont voulu briser les cinéastes avec leur film-enquête, pour réveiller les consciences.
Richard Ray Perez et Joan Sekler, deux activistes sur le front démocratique, ont eu l'idée de leur film en voyant les manifestations de protestation un peu partout aux États-Unis le jour de l'investiture de Bush. " Pour comprendre ce qui s'était vraiment passé, pour comprendre comment les Républicains et la famille Bush ont volé l'élection ", mentionne cette dernière en entrevue.
Tous ont en mémoire le traumatisme qui a gagné l'Amérique le soir du scrutin. La course était si serrée que personne n'avait pu proclamé de vainqueur. Sur le plan national, le démocrate Al Gore avait devancé Bush par 250 000 voix. Mais le prétendant à la succession de Clinton devait finalement " perdre " la Floride par 1784 voix. À peine 0,3 % du total.
Pendant des semaines, les yeux de la planète furent rivés sur la Floride, où un bouquet d'irrégularités autour du scrutin ont commencé à poindre. Des bulletins mal conçus (les fameux bulletins papillons), des machines capricieuses qui ont rejetés des milliers de bulletins (175 000 au total !) et des listes électorales purgées qui ont privés des milliers de Floridiens, dont une majorité de Noirs, d'exercer leur droit de vote.
Un joyeux bordel, quoi, que les démocrates ont transporté devant les tribunaux, en réclamant le recomptage dans quatre circonscriptions particulièrement problématiques. Erreur de stratégie monumentale, suggère plusieurs intervenants dans le film. " Ils auraient dû dès le début demander un recomptage dans tout l'État, estime aussi Joan Sekler. Les avocats du camp démocrate qui se sont rendus en Floride le lendemain de l'élection leur avaient dit. Mais l'équipe de Gore a jugé que la marge était si petite, qu'en demandant le recomptage dans quatre circonscriptions très démocrates, ils trouveraient suffisamment de votes pour l'emporter. " On connaît le cafouillis juridique qui a suivi.
Au terme de dizaines d'entrevues avec des spécialistes, des journalistes et des acteurs des événements, Richard Ray Perez et Joan Sekler en arrivent à la conclusion que les nombreuses irrégularités qui ont été relevés dans le processus électoral ne sont pas accidentelles.
Un hasard que dès son élection comme gouverneur en 1998, Jeb Bush, le frère de l'autre, a commandé à une firme privée la confection d'une nouvelle liste électorale expurgée des noms de tous les condamnés (une vieille loi floridienne le permet) ? Un hasard que la majorité des électeurs rayés des listes électorales aient été des Noirs, " qui votent à 93 % démocrate en Floride " ? Que penser du fait qu'après l'élection, il fut révélé que " 95 % des noms retirés de la liste électorale était ceux de citoyens innocents " ? Que penser du fait que la responsable du scrutin floridien, Katherine Harris, travaillait aussi pour l'organisation électorale de Bush ? " Un pur conflit d'intérêts ", estime la cinéaste.
La liste des révélations troublantes est longue. Unprecedented... est un film choquant à maints égards. Car c'est tout le système électoral et judiciaire qu'il place au banc des accusés de ce cafouillis monumental. Mais le plus révoltant, c'est que personne n'ait été emporté dans ce désastre. Que le même système était en place l'automne dernier lors de la réélection du gouverneur Jeb Bush. Aux présidentielles de 2004, " il y aura des bulletins mieux conçus, de nouvelles machines électroniques pour voter, souligne Joan Sekler. Mais ces réformes ne résolvent qu'une partie du problème. Les gens doivent être mieux éduqués à voter. Il faut des interprètes dans les 6000 bureaux de vote de Floride pour ceux qui ne parlent pas si bien anglais. Il faut des gens pour aider les handicapés. Il y a tellement de choses à faire. Mais il n'y a pas d'argent pour cela. "
Après ce qui s'est passé, comment du reste croire encore au système électoral ? " Je n'ai personnellement pas confiance que les changements dont nous avons besoin seront prêts pour l'élection présidentielle de 2004. Ce que les gens doivent faire d'ici là, c'est de s'organiser, d'être vigilant, de prendre connaissance de leurs droits ", conclut l'activiste.
Avec la guerre qui fait rage, qui malheureusement a la tête à ça ? Après tout, à peine un électeur sur deux s'est prévalu de son droit de vote en 2000 au pays de la démocratie.
Unprecedented : The 2000 Presidential Election est projeté demain à 15 h à la Salle Multi de Méduse en version originale anglaise.
GCarignan@lesoleil.com
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