élection 2003
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Nos tabous électoraux Dans le cas présent, dans la rixe qui oppose les partis politiques québécois au sujet du destin problématique d'un peuple, il y a des sujets tabous spectaculaires.
Jean-Pierre Bonhomme Journaliste
VIGILE - TRIBUNE LIBRE 7.4.2003
A l'attention de M. Jean-Robert Sansfacon
6 avril 03
Dans toutes les élections il y a des questions que les combattants n'osent pas poser sur le champ de bataille des débats. Dans le cas présent, dans la rixe qui oppose les partis politiques québécois au sujet du destin problématique d'un peuple, il y a des sujets tabous spectaculaires. Il y a des questions grosses comme des éléphants que les candidats et les participants, pour des motifs de tactiques à ras du sol, font mine de ne pas voir. C'est comme si les dirigeants de notre État, revenu, après un petit détour en piste autonomiste, à son état de province, estimaient que le "peuple" ne peut comprendre; c'est comme s'ils pensaient que la vue du soleil allait aveugler le commun des mortels et déstabiliser la démocratie. Pourtant, les élections ne sont-elles pas faites pour porter les faits à la conscience?
La lumière serait-elle devenue dangereuse?.
Voici quelques unes de ces questions tabous qui dorment dans les caves de la nation:
1- La politique est l'art de gouverner la cité. Or le gouvernement du Québec, souverain en affaires municipales, n'a pas de ministère de l'aménagement, de l'architecture et de l'urbanisme ou l'équivalent. Il n'a pas, comme dans d'autres pays, de ministère de la Ville. Pourquoi.? Ce n'est pas, certes, parce que le Québec urbain est un modèle d'équilibre esthétique; ce n'est pas non plus parce que le Québec est expert en matière de beauté des formes! Est-ce la raison pour laquelle, justement, les excroissances urbaines sont si problématiques? Pourquoi un silence hermétique sur ce sujet? N'y a-t-il pas de projet plus motivant, pour la jeunesse, pourtant, que celui de construire une belle cité?
2- Le Québec, du point de vue culturel, par ailleurs, n'est-il pas en train de se séparer en deux? Il y a, d'une part, un Montréal plus ou moins "multiethnique", - la moitié de la population - dont la culture française commune (de base) est en train d'être mise en minorité et de se diluer à l'américaine à la suite d'une immigration massive et d'une éducation à la carte? et, il y a, d'autre part, un Québec dit "des régions" où la population continue, tant bien que mal d'être elle-même, mais qui attend trop souvent des cadeaux d'en haut pour agir. L'objectif avoué des dirigeants, pourtant, n'a-t-il pas toujours été de favoriser l'épanouissement d'une culture française commune sur tout le territoire? Or la question du caractère français de la métropole, déterminante pour l'avenir national, n'est pas abordée.
3- A cet égard les gouvernements n'ont jamais fixé de seuil (de nombre proportionnel) au delà duquel les Québécois ne sont plus capables d'intégrer leurs invités de l'étranger. Ils se contentent d'avancer le cliché selon lequel les Québécois "ne font plus d'enfants" et qu'il faut de l'aide de l'extérieur. Or ce seuil, au delà duquel le Québec ne peut accueillir des étrangers à demeure sans défaire sa propre culture, existe objectivement. Quel est-il?
Pourquoi ne pas le définir?
4- Pourquoi le gouvernement du Québec permet-il à sa minorité anglaise (qui représente quelque 10 p. cent de la population) de se construire un méga hôpital à technologie de pointe à Montréal, au coût de $1 milliard, pour desservir principalement les immigrants, quand on pense que cette minorité possède déjà plusieurs institutions hospitalières de bon calibre? Et pourquoi le même gouvernement a-t-il tardé, en après-coup et comme un prix de consolation, à "promettre" à la population française de lui donner un semblable hôpital ? Est-ce la meilleure manière de freiner le déclin de la culture française à Montréal?
5- Dans le même ordre d'idées pourquoi le gouvernement du Québec permet-il l'agrandissement fréquent et à grands frais d'une deuxième université anglaise, Concordia, dans le centre-ville de Montréal? Elle qui accueille de très nombreux des immigrants? Est-ce la meilleure manière de freiner le déclin de la culture française à Montréal et de maintenir la structure française du seul État français dans les trois Amériques?
6- La qualité de la langue française, au Québec, selon notre constat auditif, se dégrade. Il suffit d'écouter les conversations dans les corridors du commerce ou les propos des "humoristes", nos experts en farce plate, pour voir jusqu'où descend la contamination par l'approximation et la vulgarité. Les phrases sont de plus en plus parsemées de ces laids jurons d'église, quand elles ne sont pas des insultes à la grammaire. N'importe quel touriste de culture française, qui revient à Montréal après une longue absence, le constate vitement. Pourquoi nos dirigeants soutiennent-ils que tout va bien madame la marquise? Et pourquoi n'offrent-ils pas aux enseignants des programmes de perfectionnement et d'échanges culturels avec d'autres pays? Ne nous faut-il pas tendre à nous faire comprendre dans les instances internationales"?
7- Nous entendons parfois les représentants du peuple se dire "républicains", donc manifester leur désir de donner la souveraineté au peuple - il n'y a pas d'autre sens au mot République! Mais dans le même souffle ils soutiennent que la république doit se faire "dans le respect des institutions monarchiques britanniques" , donc qu'il faut donner la souveraineté - au moins symbolique - à un chef d'État de l'extérieur! Le Québec inventerait une république monarchique! Ces "républicains", du reste, vont bientôt prêter serment d'allégeance à un monarque pour pouvoir siéger dans une "assemblée nationale". Le débat, sur cette question nationale n'est pas entamé. Cela n'est-il pas en train de tourner à la farce? Ne faut-il pas mettre un point sur le i de la République?
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Élection 2003
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C'est mon grand jour ! Finalement, je vais voter Parti Québécois
Yves Sabourin, politologue, indépendantiste
VIGILE - TRIBUNE LIBRE - lundi 7 avril 2003
Et oui, c'est aujourd'hui que je vais faire mon devoir de citoyen. En effet, je vais voter par anticipation. Cet après-midi à 16 heures, mon vote sera dans l'urne, je me serai prononcé. La campagne qui se termine ne sera certes pas celle qui passera à l'histoire pour son originalité, ses débats, son opinâtreté, et j'en passe. En fait, il s'agit d'une campagne terne, sans vie, qui nous apprend peu de chose que l'on ne connaissait pas avant le déclenchement du scrutin. Mon choix tout au long de la campagne était le suivant: BLOC POT, tant qu'à rêver en couleur... allons-y.
Contrairement à certains d'entre nous, il m'est impossible en tant qu'indépendantiste de voter pour le Parti Libéral de Charest. Aussitôt élu, ce dernier signerait la Loi constitutionnelle de 1982. Voter Libéral, c'est faire reculer la cause que je défends depuis maintenant trente (30) ans. C'est nier mon action politique de toutes ces années de militantisme. C'est livrer mains et poings liés le Québec à cet état étranger qu'est le Canada.
Voter Libéral, c'est accepter que le Québec soit né pour un p'tit pain, d'être un éternel locataire de sa propre maison. C'est nier notre originalité, notre spécificité. C'est nier l'essence même de l'âme québécoise. C'est d'accepter d'être un parmi tant d'autres. C'est accepter un statut de minoritaires même au Québec. C'est accepter une vision pan-canadienne au détriment de notre propre différence. Voter Libéral, c'est reconnaitre la suprématie de la Chambre des communes sur l'Assemblée nationale du Québec.
Voter ADQ, c'est accepter un retour aux années soixante-dix, au plan social, économique et politique. C'est accepter le patronnage. L'ADQ, c'est le Parti Républicain des années soixante-dix aux USA. C'est la résolution 13 en Californie qui a fait en sorte que ce sont les grosses compagnies et les grosses fortunes qui se sont enrichies une fois de plus sur le dos des moins nantis.
Voter ADQ, c'est remettre notre système de santé entre les mains des multinationales américaines, un système où seuls les mieux nantis pourront se faire soigner rapidement. C'est accepter une médecine à deux vitesses, une pour les riches, une pour les pauvres.
Voter ADQ, c'est voter pour un parti que n'a aucune conscience sociale. La seule chose qui compte pour cette formation: l'enrichissement des plus fortunés. Un parti qui est le sosie des pires politiques de la droite américaine, celle de Reagan en particulier. Voter ADQ, c'est voter pour un autre parti fédéraliste. Certains de ses éléments sont certes indépendantistes, mais la direction est foncièrement fédéraliste. Elle utilise les indépendantistes qui y oeuvrent comme caution morale, mais dans les faits, dès que la direction le pourra, elle écartera ces derniers, Dumont n'étant qu'un pâle reflet de son maître à penser, Robert Bourassa.
Finalement, je vais voter Parti Québécois. Non pas par emballement pour son programme, par conviction ou habitude, mais simplement par stratégie politique. Qu'on le veuille ou pas, il est le seul parti qui présente un programme crédible au plan de la démocratie sociale. Que ce soit les congés parentaux, la semaine de quatre jours, un programme de soins de santé de loin le plus réaliste de tous ceux proposés jusqu'à maintenant, etc.
Le PQ nous dit d'avance que l'on ne doit pas s'attendre à des baisses d'impôts, et ce, afin de mettre en place un train de mesures sociales, originales et nécessaires. Contrairement à ses adversaires, Landry ne joue pas avec l'électorat à ce niveau. Il a bien ses carances, lui aussi, mais il est foncièrement social-démocrate. Il a dit un jour une vérité de la Palisse qui m'a séduit, et qui demeure encore aujourd'hui une vérité absolue: pour être social-démoctrate, il faut avoir les moyens de l'être. Cette réalité, seul le PQ me l'offre.
Au plan constitutionnel, j'en ai voulu longtemps aux dirigeants péquistes. En effet, comment faire progresser la cause si on n'en parle pas. Je sais, plusieurs me diront qu'au cours de la présente campagne, on n'a très peu entendu parler d'indépendance; c'est vrai, je l'admets, et à ce niveau, j'ai une fois de plus ce reproche à faire à Landry. Mais une chose demeure, je fais confiance à des Louise Harel, Diane Lemieux, Nicole Léger, Makka Kotto, Robert Larose, Denise Laroche, Denis Martel, etc. qui sont de véritables indépendantistes, pour la suite des choses. De plus, Landry est un indépendantiste de la première heure, il ne faut pas l'oublier. D'ailleurs, seul le PQ me permet d'espérer un référendum sur cette question. Je ne veux pas d'un troisième référendum perdu, car cela signifiera la fin de tout projet indépendantiste, Landry a raison sur ce fait. En passant, si on veut que la question demeure d'actualité au sein même du PQ, ne devrait-on pas l'investir massivement?
Je sais, plusieurs me diront: il y a l'UFP, mais je n'ai plus le goût de voter pour me faire plaisir, me flatter la bonne conscience. Mais, au juste, l'UFP est-elle résolument indépendantiste ? Je ne sais toujours pas. De plus, je n'ai pas le goût de jouer à la roulette russe. Un vote UFP est un vote de protestation, certes, mais un vote perdu inutilement dans le présent contexte.
Ainsi donc, à 16 heures aujourd'hui, j'aurai fait mon devoir de citoyen.
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Élection 2003
| Sondage Léger Marketing -- Le Devoir
Une bataille serréeLe PLQ mène la course par deux points. Le PQ maintient son avance chez les francophones. L'ADQ ne remonte pas
Kathleen Lévesque
LE DEVOIR - lundi 7 avril 2003
À une semaine du scrutin, le scénario des élections de 1998 tend à se reproduire. Le Parti libéral du Québec prend la tête dans les intentions de vote, mais le Parti québécois conserve son avance auprès de l'électorat francophone ce qui lui aurait assuré un nombre suffisant de sièges pour former un gouvernement majoritaire si les élections avaient eu lieu dans les jours suivant le débat des chefs.
Comme tend à le démontrer un sondage Léger Marketing effectué pour Le Devoir entre les 2 et 5 avril, les libéraux recueillent 42 % de l'appui populaire après répartition des 8 % d'indécis. Il s'agit d'un gain de quatre points depuis le déclenchement des élections. Le PQ suit de près avec 40 % des intentions de vote alors que l'Action démocratique du Québec n'en récolte plus que 17 %.
Chez les francophones, même si les péquistes dominent avec 46 % des voix, le Parti libéral a progressé de six points par rapport au sondage Léger Marketing que Le Devoir a publié le 15 mars dernier, se situant maintenant à 34 %. Cette montée des libéraux s'est faite au détriment de l'ADQ qui est passée de 26 % des intentions de vote auprès des électeurs francophones à 19 %.
Réalisé auprès de 1003 personnes, avec une marge d'erreur maximale de 3 % 19 fois sur 20, ce sondage a pris en compte l'effet des événements des derniers jours. Ainsi, la performance supérieure de Jean Charest sur ses deux adversaires lors du débat de lundi dernier, combinée à la sortie controversée de l'ancien premier Jacques Parizeau qui a remis sur la table son analyse de l'échec du référendum de 1995, qui serait lié notamment au vote pour le NON des gens issus des communautés culturelles, aura permis aux libéraux de marquer des points, selon le sondeur Jean-Marc Léger.
«Depuis le débat, l'électorat est ébranlé. Il reste donc une marge de manoeuvre suffisante aux libéraux, mais l'effet du débat s'estompe. Si les élections avaient eu lieu maintenant, on aurait eu un gouvernement semblable à 1998», analyse M. Léger.
Il y a cinq ans, les libéraux avaient obtenu la pluralité des voix, mais la concentration de leur vote dans certaines circonscriptions ne leur avait pas permis de faire élire le nombre de députés nécessaire pour accéder au pouvoir.
«Ce sont les électeurs adéquistes qui décideront du prochain gouvernement, considère Jean-Marc Léger. Les libéraux peuvent faire des gains du côté de l'ADQ si le transfert de vote se poursuit. Mais le vote adéquiste est très volatile; il a fluctué entre 23 % et 16 %.»
Confiance à l'égard des chefs
Quant à la confiance exprimée à l'égard des chefs, Jean Charest gagne en popularité avec 33 % d'appui, ce qui est vraisemblablement lié à un soutien accru du côté des électeurs francophones. Malgré cela, Bernard Landry devance toujours son adversaire libéral de six points, récoltant la confiance de 39 % de Québécois. Le chef adéquiste Mario Dumont se classe troisième. Seulement 13 % des répondants estiment que M. Dumont ferait le meilleur premier ministre. Une nuance doit toutefois être apportée, car lorsqu'on évalue strictement le taux de popularité des chefs, Mario Dumont déclasse ses adversaires, souligne Jean-Marc Léger.
Ce dernier constate par ailleurs un rapprochement entre l'appui au Parti libéral (37 % avant répartition) et celui donné à Jean Charest (33 %). «Le PLQ a traîné son chef pendant un long moment, mais ce n'est plus vrai aujourd'hui, fait valoir M. Léger. Et ce n'est pas étranger à la bonne performance de M. Charest au débat.»
Au chapitre des promesses électorales, la lutte contre la pauvreté et la réduction des impôts sont les plus susceptibles d'influencer le vote des électeurs le 14 avril. Près d'un Québécois sur quatre (22 %) se dit influencé par le dossier de la lutte contre la pauvreté.
Or, aucun des trois partis n'a abordé ce dossier de front en cours de campagne. Talonné sur la question, Bernard Landry a refusé à maintes reprises de se prononcer, arguant qu'un plan d'action gouvernemental serait déposé en mai. Pourtant, le choix électoral de 25 % des électeurs péquistes est lié à la lutte contre la pauvreté.
Pour ce qui est de la réduction des impôts de cinq milliards en cinq ans comme le propose le PLQ, cet engagement rejoint 21 % des Québécois. L'ADQ propose également de diminuer le fardeau fiscal des contribuables ,mais dans une moindre mesure.
Par contre, son idée de donner la possibilité de payer pour obtenir certains soins de santé pourrait influencer le vote de 19 % des électeurs. L'autre promesse adéquiste de miser sur le remboursement de la dette est considérée par 14 % des répondants comme pouvant être prise en compte une fois dans l'isoloir.
Si le Parti québécois a beaucoup misé jusqu'à maintenant sur la semaine de quatre jours pour les parents de jeunes enfants, cet engagement central de sa plate-forme électorale n'influencera que 9 % de la population. L'augmentation du temps d'enseignement en classe que les libéraux et péquistes ont promis n'aura d'effet que sur 6 % des électeurs.
Pour ce qui est de l'épineuse question des référendums sur les défusions municipales, sur laquelle Bernard Landry mise pour écorcher Jean Charest, les électeurs ne la prendront en considération que dans une faible proportion de 2 % au moment d'aller voter.
Contre les défusions
Toutefois, 58 % des Québécois affirment être en désaccord avec la proposition du Parti libéral qui permettrait aux citoyens de se prononcer et éventuellement de défaire la fusion de leur municipalité avec une autre. Francophones et non-francophones ont des positions diamétralement opposées sur la question: 62 % des francophones se prononcent contre les défusions alors que 53 % des non-francophones sont d'accord avec la possibilité de défusionner.
Pour ce qui est de l'engagement du Parti libéral de réduire les impôts et de réinvestir en santé tout à la fois, 58 % des électeurs croient que cela est impossible à réaliser. C'est chez les péquistes (80 %) et les adéquistes (69 %) que l'on retrouve le plus de sceptiques.
«Jean Charest a réussi à critiquer le gouvernement. Il a réussi à incarner le changement et à écarter l'ADQ. Mais il n'a pas réussi à convaincre les Québécois qu'il pouvait faire les deux choses en même temps», explique Jean-Marc Léger.
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Élection 2003
| Sondage Léger Marketing - Le Devoir
PQ ne rime plus avec référendum Plus de la moitié des électeurs ne croient pas que le Parti québécois reviendrait à la charge lors d'un troisième mandat
Kathleen Lévesque
LE DEVOIR - lundi 7 avril 2003
Près de deux électeurs péquistes sur trois ne croient pas que le Parti québécois tiendrait un référendum sur la souveraineté s'il était réélu lundi prochain.
Selon un sondage de Léger Marketing réalisé pour le compte du Devoir du 2 au 5 avril auprès de 1003 personnes à travers le Québec, la position ambivalente du président du Parti québécois quant à la tenue d'un référendum, lors d'un éventuel troisième mandat, a permis d'orienter la campagne pour l'élection d'un bon gouvernement. Comme l'analyse le sondeur Jean-Marc Léger, «le message du PQ a porté».
Plus d'un Québécois sur deux (54 %) ne croit pas que le PQ reviendrait à la charge avec un troisième référendum sur la souveraineté du Québec. Et si une majorité d'électeurs ayant l'intention d'appuyer le Parti libéral (51 %) pensent qu'un gouvernement péquiste engagerait le Québec dans une démarche référendaire, 65 % des électeurs péquistes, tout comme 55 % des adéquistes n'y croient tout simplement pas.
«Quand le Parti québécois laisse planer une ambiguïté sur la question nationale, la conséquence c'est que les gens sont moins souverainistes et ne croient pas à la tenue d'un référendum. Le seul effet négatif de cette position, c'est le taux de votation des souverainistes qui risque de chuter», fait valoir Jean-Marc Léger.
En tout début de campagne, Bernard Landry a tenu un discours qu'il est plus habituel d'entendre en fin de campagne, quand le parti cherche à ratisser large, soit en tendant la main aux fédéralistes. Il s'est gardé toutes les portes ouvertes en misant sur le bon gouvernement, tout comme il l'avait fait lors du conseil national de la fin de semaine précédant le déclenchement électoral. «Si une fois que vous avez écouté ce que j'ai dit, vous ne saviez pas s'il y avait un référendum ou s'il n'y en avait pas, vous avez bien compris parce que c'est ça que je voulais dire: je ne le sais pas moi non plus. Ce que je sais, c'est qu'il n'y a qu'un parti souverainiste dans la course», avait alors affirmé le premier ministre Landry qui maintient toutefois son horizon 2005 pour que le Québec accède «au concert des nations».
Un référendum non souhaité
Quant à savoir si les Québécois souhaitent la tenue d'un référendum sur la souveraineté au cours d'un prochain mandat, les résultats du sondage Léger Marketing sont clairs: 69 % des Québécois ne le souhaitent pas. L'allégeance politique influence l'opinion exprimés par les répondants. Ainsi, 92 % des libéraux ne veulent pas d'un référendum et 69 % des Québécois qui appuient l'Action démocratique. Seuls les électeurs péquistes sont majoritairement (52 %) d'accord avec l'idée d'un référendum.
Pour ce qui est des relations provinciales-fédérales, le chef libéral Jean Charest apparaît comme le mieux placé pour obtenir d'Ottawa un meilleur équilibre fiscal. Une proportion de 45 % de la population fait confiance à M. Charest pour qu'il bataille avec Ottawa pour un meilleur partage des revenus au sein du Canada. Bernard Landry suit avec dix points en arrière. Le chef de l'ADQ Mario Dumont ne recueille que 7 % d'appui dans ce dossier.
À une semaine de l'appel aux urnes, quatre Québécois sur cinq se considèrent suffisamment informés pour prendre une décision. À l'inverse, 19 % des électeurs disent ne pas être assez informés pour choisir le parti pour lequel ils voteront lundi prochain. Parmi ce dernier groupe, on retrouve majoritairement (41 %) des répondants âgés de 18 à 24 ans.
Le débat d'idées a été fait dans les mois précédant le déclenchement des élections. «C'est grâce à ce que l'ADQ a provoqué et le fait que les libéraux ont présenté leur plate-forme électorale en septembre dernier», conclut Jean-Marc Léger.
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Élection 2003
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Augmenter le budget de la santé et réduire les impôts : François Legault attaque le cadre financier libéral en matière de santé
Clairandrée Cauchy
LE DEVOIR - lundi 7 avril 2003
À l'amorce de la dernière semaine de campagne électorale, le Parti libéral et le Parti québécois ont tous deux envoyé leurs porte-parole en matière de santé sur le monticule.
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, François Legault a vilipendé le cadre financier libéral: «Mathématiquement, c'est impossible d'augmenter de façon massive les budgets de la santé et de réduire en même temps les impôts. Quand le PLQ propose des baisses d'impôts de cinq milliards par an, c'est cinq milliards de moins dans les services à la population.»
Le ministre péquiste précise que son parti s'abstient de proposer des réductions d'impôts afin «de concentrer les marges de manoeuvre dans la santé, l'éducation et l'aide à la famille».
Il a repris à son compte l'argumentation que Stéphane Dion avait adressée à Bernard Landry l'an dernier sur le déséquilibre fiscal. Selon M. Legault, les libéraux ne peuvent à la fois réclamer des fonds d'Ottawa pour assumer les services publics et «en même temps dire "on a tellement de marge de manoeuvre à Québec, on n'a pas besoin de l'argent d'Ottawa et on va tout de suite faire des baisses d'impôts à Québec". Le PLQ se met dans une position totalement incohérente pour demander de l'argent à Ottawa, ce que Stéphane Dion va probablement se faire un plaisir de dire à Jean Charest», a ironisé le péquiste.
Réplique libérale
De leur côté, les porte-parole libéraux en matière de santé estiment que «M. Landry et le Parti québécois ne sont pas crédibles pour aller à Ottawa».
«Le portrait au Québec, c'est qu'on est la province la plus taxée et celle où l'investissement en santé par habitant est le moins important. Le plan qu'on a, c'est de concentrer nos ressources en santé et en éducation», fait valoir Jean-Marc Fournier, candidat dans Châteauguay. Le PLQ compte investir 7,5 milliards supplémentaires en santé au cours du prochain mandat. Pour financer les investissements en santé, le PLQ réduirait notamment les crédits d'impôts aux entreprises «qui ont été augmentés de 1,3 milliard depuis 1996», souligne M. Fournier.
Au cours de la dernière semaine de campagne, le Parti libéral a l'intention d'insister sur le bilan en santé «que le gouvernement veut cacher». «Au cours des trois dernières années, le pourcentage de personnes qui ont attendu plus de 48 heures aux urgences est passé de 5 % à 20 %. Le PQ ne peut cacher non plus que 117 000 personnes sont en attente de chirurgie au Québec, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux. Pour 40 % d'entre eux, le délai dépasse le temps médicalement recommandé», a insisté Jean-Marc Fournier, candidat dans Châteauguay.
Son collègue, le docteur Philippe Couillard note qu'un gouvernement libéral mettrait en place un poste de Commissaire à la santé, qui ferait rapport à l'Assemblée nationale, notamment en ce qui a trait aux listes d'attente.
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Élection 2003
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Un tempo d'enfer pour un sprint de sept jours
Denis Lessard
La Presse - lundi 7 avril 2003
DE CHEFS politiques, ils deviennent pompiers. Les fins de campagnes électorales forcent toujours les partis à abattre leurs dernières cartes, à jouer le tout pour le tout. C'est encore plus vrai cette fois, où péquistes et libéraux sont pratiquement ex-aequo.
Dans exactement une semaine, les Québécois voteront. Et dans ce dernier sprint, l'itinéraire des trois chefs parle autant que leurs discours. Chacun d'eux voudra colmater les brèches qui, depuis le début de l'engagement, sont apparues dans leurs châteaux forts. Plus rarement, on fera une virée dans l'espoir de ravir un fief à l'adversaire.
Depuis deux jours, le chef péquiste, Bernard Landry, fait son beurre des appuis aussi embarrassants qu'inattendus qu'ont donnés les élus fédéraux André Harvey, Georges Farrah et Lucienne Robillard à la campagne de Jean Charest. Dans les trois cas, il s'agissait d'événements locaux dont l'impact a surpris du côté libéral. Avant M. Charest, il faut dire que Robert Bourassa et Daniel Johnson étaient bien plus soucieux d'éviter ces liaisons dangereuses avec le "grand frère" d'Ottawa.
"Si Stéphane Dion arrive dans la campagne, il sera le bienvenu", d'ironiser hier Martin Dubé, directeur général du PQ.
Le débat des chefs a clairement donné un second souffle à la campagne de Jean Charest, devenu subitement une locomotive pour son parti. Et en haussant singulièrement le ton depuis quelques jours, Bernard Landry paraît confirmer que, subitement, il a senti le tapis glisser sous ses pieds.
L'organisateur Pierre Bibeau aiguillonne les troupes: le PLQ a désormais, dans les sondages internes, les quelques points d'avance dont il avait besoin pour battre le PQ. Pour une fois, ce n'est pas un cliché: pour Pierre Bibeau comme pour Martin Dubé, cette dernière semaine de campagne sera "déterminante".
Jean Charest martèlera d'ici le jour J que son parti représente le véritable changement et qu'un troisième gouvernement péquiste sera préoccupé bien davantage par la souveraineté que par la santé.
À l'ADQ, Mario Dumont doit se battre contre les sondeurs qui, unanimement, disent qu'il est dans le pétrin. Sa fin de campagne sera un concentré de ses attaques "aux vieux partis". Fatigué, Mario Dumont se battra le dos aux câbles; avec un score de moins de 20 %, il risque de voir son caucus réduit à deux ou trois personnes.
Mais bien plus révélateurs que les discours, les itinéraires de Bernard Landry et de Jean Charest montrent qu'ils se transformeront en pompiers, qu'ils courront éteindre les incendies qui s'allumeront d'ici le jour du vote.
Bernard Landry retournera pour une troisième fois dans Laval, histoire d'appuyer son ministre Serge Ménard dans une région susceptible de passer au rouge. Et le dernier rassemblement important du PQ aura lieu à Montréal mercredi soir.
En revanche, pas question de retourner en Abitibi: dans Rouyn-Noranda, le ministre Rémy Trudel paraît désormais en bonne position par rapport à l'adéquiste Pierre Brien.
Sur la Rive-Sud, dans Chambly et Marguerite-d'Youville, les stratèges péquistes admettent être en position bien plus délicate compte tenu des fusions municipales.
Mais au PQ, c'est surtout en observant le thermomètre dans la région de Québec que l'on s'inquiète. Longtemps tentée par l'ADQ, la capitale est en train de virer au rouge. Dans les circonscriptions de banlieue- Chauveau, Charlesbourg, La Peltrie-, le PQ devra redoubler d'efforts.
Jean Charest, de son côté, alternera entre Montréal et Québec tout en faisant une campagne assidue en Mauricie, où il pense gagner quelques sièges- le PLQ aura sa dernière assemblée importante à Trois-Rivières demain soir.
Comme pour M. Landry, fini pour Jean Charest les virées dans l'Est ou au Saguenay, même si Claude Béchard, dans Kamouraska, ou Françoise Gauthier, dans Jonquière, peuvent se trouver en mauvaise posture.
"Dans la dernière semaine, il faut rester plus au centre, c'était prévu comme ça", dit-on chez les libéraux. M. Charest ne retournera pas dans Châteauguay; on estime que Jean-Marc Fournier va survivre au changement de frontières de sa circonscription. Jeudi, vendredi et samedi, Jean Charest fera un dernier blitz "là où les pointages l'appelleront"; aucune escale n'est déterminée actuellement. Il ne retournera à Sherbrooke qu'une seule fois, en principe.
À l'ADQ, Jean-Luc Benoit est catégorique: Mario Dumont ne compte pas repasser par les circonscriptions où l'ADQ l'a emporté aux partielles l'an dernier."On va être dans l'axe de l'autoroute 20 d'ici le jour du vote", a-t-il précisé. M. Dumont sillonnera le "450", puis la Mauricie et la région de Québec avant de retourner à Rivière-du-Loup en fin de semaine prochaine. Pierre Bourque fera campagne à Montréal, où il aura des débats télévisés avec son adversaire Diane Lemieux et avec Louise Harel. Selon l'organisateur Jacques Gauthier, M. Dumont fera davantage de circonscriptions d'ici le jour du vote. L'ADQ tiendra son dernier rassemblement important demain à Québec.
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Élection 2003
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Don't get cocky, Charest warns Grits
Tu Thanh Ha
The Globe and Mail Monday, April 7, 2003
Montreal PQ - With a week left in the Quebec election campaign, Liberal Leader Jean Charest is inching ahead in the polls and warning his followers against complacency.
"We must fight as if all of this depended on one single vote," Mr. Charest told supporters yesterday after visiting a Laurentian sugar shack.
The Liberal campaign machine is famous for its ability to make sure supporters get out and vote. In the last election, higher Liberal turnout at the polls gave the party more votes than the Parti Québécois, though it gained fewer seats because its support is geographically clustered.
Several times in recent days, Mr. Charest told his supporters, "I don't plan to slow down for a single second. We're going right to the end to reach the largest possible number of Quebec citizens."
In the past two days, several federal Liberal MPs -- André Harvey, Georges Farrah, Lucienne Robillard -- have begun appearing on the campaign trail to support Mr. Charest.
PQ Leader Bernard Landry, who met little success in various attacks upon Mr. Charest last week, seized on the arrival of the federal Liberals to portray his rival yesterday as beholden to Ottawa.
On a weekend swing in the Gaspé area, Mr. Landry said that if Mr. Charest makes an attempt to defend Quebec's interests, the federal Liberals will tell him, "We helped get you elected, so please be quiet."
Both leaders will spend this week campaigning in crucial suburban French-speaking ridings. Because Liberal support is bunched in fewer ridings, Mr. Charest needs to be well ahead in the polls and to make inroads among francophones.
Meanwhile, Action Démocratique du Québec Leader Mario Dumont, once a wonder boy touted as the province's next premier, is trying to make sure he doesn't end up again with just one seat in the legislature.
Mr. Dumont has been reduced to grinning stiffly as he insists to skeptical reporters that support for his party is greater than polls indicate. Last fall, the ADQ led other parties with 40-per-cent support. It is now below 20 per cent.
In the last election, after receiving 12 per cent of the votes, the ADQ ended up with only Mr. Dumont's seat.
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Élection 2003
| INSIDE QUEBEC
Mr. Prozac's anxious voters
Lysiane Gagnon
The Globe and Mail Monday, April 7, 2003
The funniest poster of the ongoing Quebec election campaign was done by a fringe group. It shows the leaders of the three major parties, with the captions indicating their drug of choice: Parti Québécois leader Bernard Landry, 66, whose slogan is "Let's stay strong" -- Viagra; Liberal leader Jean Charest, 43, "We're ready" -- Prozac; Action démocratique leader Mario Dumont, 33, "Another sort of future" -- Ritalin.
In Mr. Charest's case, the poster has it right. Since he handily won last week's TV debate, he looks like he's on the "be happy" miracle drug favoured by baby boomers. His victory gave the Liberal campaign -- which was already going quite smoothly -- a huge boost.
The Liberal leader, the most relaxed and self-assured of the three contenders, shrewdly killed a budding controversy about his party's stand on municipal mergers, and embarrassed Mr. Landry by quoting a declaration made the same afternoon by former PQ leader Jacques Parizeau.
Speaking to a group of students, Mr. Parizeau again attributed the defeat of the 1995 referendum on sovereignty to "money and the ethnic vote" -- the same damning analysis that had triggered his resignation as premier the day after the referendum.
Meanwhile, Mr. Landry was on the defensive for the first time since the the writ was issued. The PQ got back on track only after Mr. Parizeau removed himself from the campaign. Still, the controversy left a sour taste for many diehard sovereigntists, who accuse Mr. Landry of letting down the man who embodies their ideal.
But winning a debate is not winning an election. Just ask John Turner, who won the 1988 TV debate against Brian Mulroney. Or Joe Clark, the best debater in the 2000 federal election.
Last Monday's debate raised Mr. Charest's profile, but Mr. Landry survived -- and is still the man seen as the most qualified for the premiership.
A Léger Marketing poll done after the debate showed that the Liberals have surged ahead of the PQ by four points. But considering the PQ's huge lead in the francophone electorate, and the fact that too much of the Quebec Liberal Party vote is concentrated in Montreal's anglophone ridings, the QLP needs more than temporary momentum to win the big prize. It must gain an advance of at least seven percentage points over the PQ.
For the Liberals to be victorious next Monday, three conditions must be met. First, Jean Charest has to win the hearts of many more voters outside Montreal. Secondly, the QLP must attract practically all the undecided voters, a group that has increased to about 17 per cent since the campaign began (this shouldn't be hard, because most undecided voters usually end up with the QLP).
But they might also opt for the ADQ, which leads to the third condition: The QLP must bring back the former Liberal voters who are still parking their vote with the ADQ (this is why Mr. Charest keeps saying that "a vote for the ADQ is a vote for the PQ").
Judging by the polls, there are two conflicting yet equally powerful undercurrents in Quebec. A substantial majority wants a change of government. But an equally substantial majority finds Mr. Landry more trustworthy.
By next Monday, one of the two elements will have tipped the balance. Until then, nervous Liberals should rely on Prozac if they want to feel perfectly confident about the election outcome.
lgagnon@lapresse.ca
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Élection 2003
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Si...
Michel David
LE DEVOIR - lundi 7 avril 2003
Si les résultats des élections du 14 avril prochain étaient les mêmes que ceux du dernier sondage Léger-Marketing, dont Le Devoir publie aujourd'hui les résultats, Bernard Landry se retrouverait à la tête d'un nouveau gouvernement majoritaire. Le problème réside précisément dans ce «si».
Trois semaines de campagne et la bonne performance de Jean Charest au débat de lundi dernier se soldent par un net progrès pour les libéraux et plus encore pour Jean Charest lui-même, mais une avance de deux points dans les intentions de vote demeure largement insuffisante pour assurer une majorité de sièges au PLQ, en raison de la concentration de son vote dans des circonscriptions à forte composante non francophone.
Bien sûr, il y a les indécis et les «discrets», que Léger Marketing a répartis de façon proportionnelle, mais qui sont généralement plus enclins à voter pour le PLQ que ceux qui expriment ouvertement leur préférence. L'ADQ a introduit une inconnue dans l'équation, mais au fur et à mesure que le nombre des indécis ou de discrets baisse, le risque d'erreur dans la répartition diminue d'autant. Or, ils ne seraient plus que 8 %, dont plusieurs n'iront sans doute pas voter.
Le gros point d'interrogation concerne moins les indécis que le taux de participation. Parmi les 1003 personnes qui ont été interrogées, à peine 2 % ont déclaré qu'elles ne voteraient pas. Le 14 avril, ce chiffre sera bien plus élevé. En 1998, seulement 78 % des électeurs ont exercé leur droit de vote.
En comparaison avec d'autres démocraties, il s'agit sans doute d'une participation enviable, mais ces 20 % d'abstentionnistes non déclarés introduisent une distorsion supplémentaire. Là encore, une répartition proportionnelle ne correspondrait pas à la réalité. Le vote libéral «sort» plus facilement que le vote péquiste.
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Les organisations des trois partis feront de leur mieux pour transformer leur pointage en bulletins de vote, mais encore faut-il que leurs électeurs soient suffisamment motivés. À cet égard, c'est Bernard Landry qui fait face au défi le plus important. À défaut d'avoir abordé la question au débat, il semble avoir décidé de terminer sa campagne en tapant sur le clou des défusions, qui prennent maintenant des allures d'apocalypse.
C'est à se demander si cette stratégie est la bonne. À en croire Léger Marketing, seulement 2 % sont susceptibles d'être influencés par cette question, même si une majorité s'oppose aux défusions. C'est comme si on ne croyait pas vraiment à cette éventualité ou qu'elle ne soit pas perçue comme la catastrophe annoncée par M. Landry.
Le cadre financier du PLQ semble un meilleur filon. Un électeur sur cinq affirme que la promesse libérale de diminuer les impôts de cinq milliards en cinq ans pourrait influencer son choix, mais six sur dix ne croient pas qu'un gouvernement libéral puisse tenir cet engagement, tout en réinvestissant dans la santé, comme le promet également M. Charest.
De son côté, le chef libéral a tout intérêt à enfoncer le clou du référendum sur la souveraineté, dont 69 % des Québécois ne veulent pas entendre parler. À première vue, M. Landry semble avoir marqué de points en persuadant une majorité (54 %) que ça n'arriverait pas durant le prochain mandat. Il y a cependant un revers à la médaille: 52 % des électeurs péquistes souhaitent la tenue d'un référendum, mais ils sont également ceux qui y croient le moins (65 %).
Même si la démission de Paul Bégin n'a pas eu d'effet d'entraînement, il reste un noyau important de péquistes pour qui la souveraineté est la principale, sinon l'unique motivation. Se donneront-ils la peine d'aller voter, s'ils ont l'impression que le référendum a été reporté aux calendes grecques? Déjà, plusieurs ont dû mal réagir à la mise à l'écart de Jacques Parizeau.
Dans certaines circonscriptions, le candidat de l'UFP pourrait même récupérer quelques souverainistes de gauche. C'est le thème de la lutte contre la pauvreté que le plus grand nombre d'électeurs, particulièrement les péquistes, ont cité comme le plus susceptible d'influencer leur vote. Or, M. Landry n'en a pratiquement pas parlé, préférant miser sur la semaine de quatre jours.
Aussi bien en 1994 qu'en 1998, le PQ a mal terminé sa campagne, mais il détenait une avance suffisante pour l'emporter de justesse. Cette fois-ci, M. Landry a intérêt à taper sur le bon clou.
mdavid@ledevoir.com
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Élection 2003
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Un appui senti pour le PQLe président de l'Action des patriotes gaspésiens renoue avec le clan péquiste
Mylène Moisan
Le Soleil - lundi 7 avril 2003
Élections 2003 Carleton - Le président de l'Action des patriotes gaspésiens, qui accuse depuis des années les gouvernements de laisser mourir la péninsule, appuie le Parti québécois et son chef, qui ont " vraiment fait un virage à 180 degrés " pour sortir la région du marasme économique.
Samedi après-midi, un quart de siècle après avoir déchiré sa carte de membre du Parti québécois " parce qu'on s'occupait plus du toit du Stade olympique que des 100 000 Gaspésiens ", Gaston Langlais est revenu sur sa décision. " Il faut donner à Bernard Landry de s'être intéressé vraiment aux régions, d'avoir écouté et fait un virage à 180 degrés ", a-t-il dit, hier, en entrevue téléphonique.
Reconnue pour sa croisade contre les gouvernements fédéral et québécois, l'Action des patriotes gaspésiens s'est présentée en 2001 aux Nations unies à Genève, pour accuser Québec et Ottawa de " génocide économique ". Ils ont alors demandé au Haut commissaire aux droits de l'homme de faire enquête sur les deux gouvernements qui, disaient-ils, se seraient livrés au " vidage " de la Gaspésie depuis une trentaine d'années.
En parallèle, le mouvement a entrepris des démarches pour intenter un recours collectif contre les gouvernements au nom des Gaspésiens. Pour ce faire, ils ont embauché une firme d'avocats montréalais, Johnston et Trudel, spécialisée dans ce genre d'actions.
S'il n'en tenait qu'à M. Langlois, le gouvernement du Québec ne serait plus au banc des accusés. " Si la province décide de vouloir réparer ses torts, c'est sûr qu'on va s'asseoir ". Pas question toutefois de changer de cap pour le gouvernement fédéral, " qui est une force d'occupation depuis 30 ans et qui ne fait que collecter notre argent sans jamais rien investir ".
Un communiqué de presse, informant de la poursuite des 20 000 Patriotes contre les deux gouvernements, devait être publié la semaine dernière. Devant les efforts de Bernard Landry pour relancer l'économie gaspésienne à coups de programmes, de subventions et de crédits d'impôt, M. Langlais estime qu'il faudra revoir la stratégie. " La pire des ententes vaut le meilleur des procès. Et là, on a vraiment l'impression qu'on peut s'entendre. "
En point de presse hier matin, M. Landry a été mis au courant de la " conversion " de M. Langlais. Membre des Patriotes, le premier ministre a alors déclaré que " ça fait au moins deux Patriotes qui sont favorables au Parti québécois ! ", a-t-il blagué.
Le premier ministre a bien sûr profité de l'occasion pour rappeler l'intervention de son gouvernement dans le dossier de la Gaspésia, " que l'application du libéralisme des libéraux aurait fait mourir ", les progrès réalisés à Murdochville ainsi que le millier d'emplois créés dans les centres d'appels.
MMoisan@lesoleil.com
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Élection 2003
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Restons... calmes
André Pratte
La Presse - lundi 7 avril 2003
Éditorial - Faire rêver, faire peur: ce sont les deux armes préférées des partis politiques pour s'attirer des votes. En campagne électorale, tous en abusent. C'est notamment le cas du Parti québécois depuis quelques jours.
Faire peur: c'est le sens de la campagne menée par le premier ministre, Bernard Landry, contre le programme des libéraux sur les fusions municipales. L'intention de Jean Charest d'ouvrir la porte au démantèlement des nouvelles villes créera beaucoup de problèmes, nous l'avons souvent déploré, si le PLQ est porté au pouvoir. Nous pensons en particulier au cas de Montréal, où le débat municipal se doublerait, inévitablement, d'un pénible débat linguistique.
Cela dit, les chefs politiques ont tout de même le devoir de mesurer leurs mots. "Est-ce qu'il y a, dans toute l'histoire contemporaine du Québec, un parti qui a osé proposer un horizon aussi atroce?" a demandé M. Landry vendredi. Le président du Parti québécois a parlé d'"explosion", de "catastrophe", de "choses d'une gravité extrême", et soutenu que voter contre les libéraux relevait du "devoir civique". Les péquistes invitent les Québécois à "rester forts"; ils auraient avantage à... rester calmes.
La vie dans les villes du Québec n'était tout de même pas infernale avant les fusions. Revenir aux anciennes structures serait, au moins dans le cas des grandes villes, complexe et improductif. Mais ce ne serait ni d'une "gravité extrême" ni "atroce". Les atrocités, c'est l'Irak, pas les défusions.
Le PQ s'est également surpassé, en fin de semaine, au chapitre du rêve. Dans un encart distribué dans les journaux de samedi, il trace un portrait idyllique de la trouvaille de M. Landry, la semaine de quatre jours pour les travailleurs ayant des enfants de moins de 12 ans.
Cette proposition a le grand mérite d'amener dans le débat public le plus gros problème des familles d'aujourd'hui, le manque de temps. Les employeurs, de toute évidence, devront faire preuve de plus de flexibilité à cet égard. Mais l'idée d'imposer la semaine de quatre jours par loi dans huit mois est absurde et irresponsable.
Elle est aussi... très populaire. À lire l'encart distribué en fin de semaine, on comprend pourquoi. On constate, par exemple, que nulle part il n'est indiqué que le travailleur choisissant cette option... devra sacrifier 20 % de son salaire. Pour ce qui est des difficultés que cette nouvelle obligation pourrait poser aux entreprises, la publicité péquiste évacue le problème par cette affirmation ex cathedra: "La somme des inconvénients n'égalera jamais la somme des avantages positifs sur l'humeur et la santé des employés."
Et les risques pour l'économie québécoise, alors même qu'une récession menace? "24 heures de plus pour les familles, ça n'a pas de prix."
Les partis politiques québécois ont encore une semaine devant eux pour nous faire rêver ou nous faire peur. La lutte étant serrée et l'issue imprévisible, nos politiciens vont mettre toute la gomme. Souhaitons qu'ils sauront tout de même faire preuve d'un peu de modération et de responsabilité.
Apratte@lapresse.ca
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Élection 2003
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Plus ou moins d'État? : Le SFPQ ne se gêne pas pour intervenir dans la campagne électorale
Pierre-Luc Poulin
L'auteur est étudiant à l'Université Laval.
La Presse - lundi 7 avril 2003
Forum - L'AUTRE JOUR, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir, d'un ami fonctionnaire, une brochure distribuée par le Syndicat de la fonction publique du Québec à tous les employés du gouvernement québécois, concernant les enjeux de l'actuelle campagne électorale.
Cette brochure résume à sa façon les grands thèmes des programmes des trois principaux partis. Jusque-là l'exercice n'a rien de mauvais. Là où ça se gâte, c'est lorsque le ton de la brochure devient carrément pamphlétaire. Laissez-moi vous en citer quelques extraits:
"Au SFPQ nous nous opposons vivement à cette conception de la société en vertu de laquelle l'intervention de l'État devrait être minimale." Suit un fatras de lieux communs à propos de la privatisation et autres malheurs qu'apporterait la mondialisation.
Le SFPQ continue en proposant les grandes lignes de ce qu'il considère comme étant un programme valable pour le Québec. Laissez-moi citer simplement quelques formules utilisées:
"Que l'État doit intervenir et réglementer..."
"Qu'il est nécessaire de mettre en place les mesures sociales..."
"Que la distribution de la richesse collective..."
Et tout le texte de se poursuivre sur un ton digne des plans quinquennaux de l'ère soviétique. On se croirait revenu au temps des camarades des années 70 qui, entre deux joints, et une pause dans leur job à vie de la fonction publique ou d'un quelconque organisme hyper-subventionné de l'époque, rêvaient du grand soir où ils pourraient exercer leur droit démocratique à dépouiller les autres des fruits de leur travail afin de construire leurs lubies socialisantes. Bienvenue en Albanie!
En outre, le SPFQ tient des réunions, animées par nos camarades prolétaires, afin de renseigner les membres moins militants sur les vertus du bon exercice du droit de vote, celui-ci devant, bien entendu, s'exercer en faveur de notre bon gouvernement péquiste.
Personnellement, je ne crois pas qu'il soit normal que les cotisations payées par l'ensemble des travailleurs, quelle que soit leur allégeance politique, servent à subventionner de la pure propagande en faveur non seulement d'un concept dépassé de société, mais surtout en faveur d'un parti politique. Est-ce que le Directeur des élections connaît cette situation aberrante et, surtout, entend-il agir afin que cet abus de pouvoir de la part du Syndicat de la fonction publique du Québec cesse le plus rapidement possible.
Cela fait des années que nous, au Québec, nous baignons dans le régime de la pensée unique. Pensée unique quant au concept de société, d'économie que nous désirons. Il n'y a de la place que pour l'État interventionniste, accapareur, qui étouffe l'entreprise et l'individu. Dès que l'on remet en question ce dogme, on est automatiquement catalogué comme un sale réactionnaire fasciste. Personnellement, je préfère cette appellation à celle de bolchevique stalinien.
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Élection 2003
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L'«agenda caché» de Jean Charest
Michel Venne
LE DEVOIR - lundi 7 avril 2003
Le chef libéral, Jean Charest, reproche à Bernard Landry de cacher ses intentions par rapport à la souveraineté du Québec. Ceux qui ne savaient pas encore que M. Landry proposait de faire du Québec un pays et de tenir un référendum s'il a l'assurance morale de le gagner d'ici 800 jours, sont certainement des gens qui arrivent d'un long voyage à l'étranger et qui n'ont pu se tenir informés de nos débats politiques. Mais que propose le Parti libéral, lui, à l'égard de la question nationale, à propos de l'avenir politique et constitutionnel du Québec?
Il propose une rupture radicale avec l'esprit audacieux, indépendant et confiant des Québécois. Depuis toujours, ceux-ci ont revendiqué une plus grande autonomie pour le Québec, soit au sein de la fédération canadienne, soit en fondant un pays souverain. Or, le plan d'action du PLQ affirme que «l'élection d'un gouvernement libéral au Québec devra être interprétée comme l'expression claire de la volonté des Québécois de s'engager désormais dans une ère de coopération constructive, dans un véritable dialogue avec les autres Canadiens».
Les libéraux suggèrent la création d'un Conseil de la fédération, auquel participeraient tous les gouvernements. Ce conseil assurerait la «coordination des politiques économiques» et «l'élaboration de normes et de nouveaux objectifs pancanadiens». Le but est d'assurer «une meilleure cohérence» ce qui rime avec uniformisation et menace la capacité d'innovation du Québec en matière sociale.
En somme, ce que propose Jean Charest, c'est d'intégrer le Québec plus que jamais au sein de la dynamique canadienne et des institutions pancanadiennes, y compris dans le but de déterminer les normes et les objectifs qui s'appliqueront dans les champs de responsabilité exclusifs du Québec.
Cela est le contraire de l'autonomie. Le Québec n'est pas complètement souverain mais le peu de souveraineté dont il jouit, Jean Charest voudrait déjà la partager avec des gens qui auraient, selon le document libéral, les mêmes intérêts et les mêmes idéaux que nous. Songe-t-il à l'Alberta de Ralph Klein?
Le poids démographique du Québec, et donc son poids politique, est en baisse au Canada. Dans ce conseil de la fédération, le Québec aurait une voix sur 14, si on inclut le fédéral, les dix provinces et les trois territoires. Le Québec se jetterait dans la gueule du loup. Jean Charest, du même coup, contribuerait à achever l'oeuvre de Pierre Elliott Trudeau et de Jean Chrétien en banalisant le Québec au sein de la fédération.
L'approche libérale a aussi pour effet d'affaiblir la conscience nationale des Québécois. Le document libéral parle de la «polyidentité» québéco-canadienne. Nulle part évoque-t-il le caractère national du Québec.
Est-ce bien ce que nous voulons? Tous ceux qui continuent de croire que les Québécois forment une nation moderne et de promouvoir l'autonomie du Québec ne peuvent pas voter pour le Parti libéral. Ils ne peuvent pas non plus s'abstenir de voter car l'abstention joue en faveur du PLQ.
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Dans son plan d'action, le Parti libéral aborde la reconnaissance éventuelle, un jour, lorsqu'on aura «dédramatisé» la question, de la «spécificité du Québec». Il propose de réclamer d'Ottawa le transfert de points d'impôts aux provinces. Il s'engage à combattre le déséquilibre fiscal. Il réclame que le gouvernement fédéral restreigne l'usage de son «pouvoir de dépenser». Si la chose n'était pas sérieuse, on serait tous pliés en deux et secoués de rires convulsifs devant autant de voeux pieux qui heurtent la réalité politique du Canada d'aujourd'hui.
D'ailleurs, Jean Charest lui-même nous dit, depuis le début de la campagne électorale, pourquoi ces souhaits ne se réaliseront jamais.
À plusieurs reprises, le chef libéral a dit qu'il avait toujours défendu ces idées-là, autant lorsqu'il était chef du Parti conservateur, à Ottawa, qu'aujourd'hui comme chef libéral à Québec. Et il ajoute, pour montrer à quel point il y croit: «j'en ai payé le prix politique». En effet, chaque fois qu'il a défendu le Québec comme société distincte, chaque fois qu'il a proposé un transfert de points d'impôt aux provinces ou de restreindre le pouvoir fédéral de dépenser, il a été rejeté par le Canada anglais. Pourquoi le reste du Canada adopterait-il aujourd'hui les propositions qu'il a rejetées il y a à peine quelques années?
La participation des députés libéraux fédéraux à la campagne du PLQ a le mérite de nous rappeler que M. Charest et son parti appartiennent à la même famille politique que celle qui détient le pouvoir à Ottawa. Or le Parti libéral fédéral, y compris Paul Martin, a rejeté à plusieurs reprises l'idée de transférer des points d'impôt aux provinces. Jean Chrétien et Paul Martin nient l'existence du déséquilibre fiscal. Les revendications exprimées par M. Charest sont vouées à l'impasse.
Dans une étude récente, le politologue Alain Noël, de l'Université de Montréal, montre que, dans le passé récent (qui est garant de l'avenir), l'action unilatérale d'Ottawa l'emporte toujours sur la collaboration avec les provinces. Lorsqu'il peut en tirer une rentabilité politique, Ottawa annonce de nouvelles mesures dans le discours sur le budget. C'est ce qu'il a fait pour les bourses d'études du millénaire, les chaires de recherche du Canada, la Fondation canadienne de l'innovation, la stratégie pour les sans-abris, les congés parentaux. Et lorsqu'il consent à retourner des fonds aux provinces, comme dans le domaine de la santé, il pose ses conditions.
L'«agenda caché» de Jean Charest consiste à soumettre le Québec à une logique pancanadienne qui ne lui ressemble pas.
Michel Venne est directeur de L'annuaire du Québec, chez Fides.
vennem@fides.qc.ca.
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Élection 2003
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Des appuis gênants pour Charest : Lucienne Robillard entre dans la campagne provinciale
Stéphane Paquet
Le Soleil - lundi 7 avril 2003
Saint-Basile-Le-Grand - Les libéraux fédéraux ont beau appuyer publiquement Jean Charest, ils restent à des années-lumière de sa position sur le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces. La présence de la présidente du Conseil du Trésor, Lucienne Robillard, au côté de Jean Charest, hier, a permis d'en donner une autre illustration.
" Vous savez très bien que je suis membre d'un gouvernement et membre d'un Conseil des ministres et que je suis tenue à la solidarité ministérielle ", a lancé aux journalistes une Lucienne Robillard visiblement mal à l'aise de répondre aux questions sur le déséquilibre fiscal. Jean Charest, le chef du parti qu'elle appuie publiquement, venait de répéter à ses côtés qu'il allait créer un bureau de négociations sur le déséquilibre fiscal " dans les semaines qui vont suivre " son élection.
Hier, Bernard Landry et Mario Dumont ont sauté sur l'occasion pour affirmer que Jean Charest, avec les appuis qu'il reçoit des libéraux fédéraux, aurait les mains liées pour négocier face à Ottawa. Bernard Landry a dit qu'il entendait là "la voix de Stéphane Dion qui entre dans la campagne ". Mario Dumont a adopté un ton similaire, affirmant que la présence des députés libéraux fédéraux " rend le PLQ un peu mou dans la défense des intérêts du Québec ".
Motion
Cette question du déséquilibre fiscal a fait l'objet d'une motion unanime de l'Assemblée nationale, les trois partis réclamant un nouveau partage des recettes fiscales entre Ottawa et les provinces. L'auteur du rapport sur la question, Yves Séguin, est candidat pour le Parti libéral.
Jean Charest soutient que tout le monde est bienvenu dans son parti. " On a l'intention de rallier tous ceux qui veulent un changement au Québec. C'est nous qui sommes porteurs de changement. "
Lucienne Robillard, aujourd'hui députée de Westmount-Ville-Marie aux Communes et dont le nom n'apparaissait pas sur l'horaire de la journée du chef libéral, a précisé qu'elle était " au service de l'organisation de Chambly ", une circonscription qu'elle a représentée avant de faire le saut avec l'équipe de Jean Chrétien. C'est d'ailleurs dans le bureau de la candidate libérale de Chambly qu'elle a rencontré Jean Charest.
Face aux critiques de Bernard Landry et de Mario Dumont, a-t-elle l'impression qu'elle et ses autres collègues fédéraux nuisent ou aident la campagne de Jean Charest ? " C'est assez incroyable que vous me posiez cette question-là, a-t-elle dit, alors que M. Landry au congrès du Bloc, invitait l'ensemble des bloquistes à s'impliquer. Nous sommes toujours des résidants du Québec, nous répondons aux demandes des associations locales de s'impliquer. "
Sur le fond de la question, Jean Charest soutient que dans une fédération, il n'y a pas d'exigence de penser tous de la même façon. " Ma position n'est pas dépendante des positions qui sont définies par d'autres. Elle est dépendante de ce que les Québécoises et les Québécois exprimeront le 14 avril. ". " Tous les deux, ajoutait Mme Robillard, on croit dans la fédération canadienne, c'est ça qui nous réunit. "
Dans cette conférence de presse qui ne tournait de toute évidence pas comme l'avaient prévu les organisateurs libéraux, un collègue a demandé à Jean Charest si la présence des députés fédéraux n'allait pas être au PLQ ce que celle de Jacques Parizeau avait été pour le PQ le soir du débat. " Le minimum de maturité politique nous amène à conclure qu'on ne sera pas toujours d'accord sur les mêmes choses. Ça ne nous empêche pas d'avoir des intérêts communs et d'avoir des points de divergence. "
Défusions
Par ailleurs, sur un autre dossier qui le suit depuis le début de la campagne, Jean Charest a affirmé hier qu'il n'était pas question pour lui de permettre à ses députés de voter librement sur la loi-cadre sur les défusions municipales, une loi qu'il entend faire adopter s'il est porté au pouvoir. " C'est une position de parti que nous défendons, qui est réglée avant l'élection générale ", a-t-il dit. " Mais entendons-nous, après ça, c'est les citoyens qui décident de la suite des choses. Ce n'est pas nous. "
SPaquet@lesoleil.com
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APPORT DES LIBÉRAUX FÉDÉRAUX : Le PLQ aura une dette envers Ottawa, croit Landry
Mario Cloutier
La Presse - lundi 7 avril 2003
Élections 2003 -
Cabano - Bernard Landry a tiré à boulets rouges sur le "débarquement" de députés libéraux fédéraux dans la campagne électorale. En Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent hier, le chef du Parti québécois a laissé entendre que Jean Charest est en train de se créer une dette importante envers le Parti libéral du Canada.
"Tu es notre débiteur. Nous t'avons fait élire, alors veux-tu baisser le ton, s'il te plaît?" a raillé M. Landry en imitant ce que le gouvernement fédéral dirait à Jean Charest, une fois ce dernier au pouvoir, quand il serait question de déséquilibre fiscal entre Ottawa et Québec.
Le chef du PQ, qui conviait 850 militants du Bloc québécois vendredi à donner un coup de main au PQ pour assurer sa réélection, a fait ses choux gras de l'arrivée depuis quelques jours dans la campagne électorale québécoise des députés libéraux fédéraux Serge Marcil, Georges Farrah, André Harvey et, hier, Lucienne Robillard.
"C'est un autre tournant dans la campagne, a expliqué M. Landry à plus de 200 péquistes dans le Témiscouata. Les libéraux fédéraux débarquent dans la campagne." Selon lui, il s'agit d'une preuve de la faiblesse de Jean Charest à la tête du PLQ et du manque de confiance des troupes libérales quant aux résultats du vote dans une semaine.
"Le Parti québécois, a-t-il souligné, n'a pas de dette envers le grand frère d'Ottawa."
M. Landry est aussi revenu sur ses deux cibles de prédilection dans le programme libéral, c'est-à-dire les défusions municipales, "pour démolir l'oeuvre courageuse du Parti québécois dans la construction des grandes villes", et le cadre financier libéral, qui "annonce le retour des rouges et de l'encre rouge".
Le "père des déficits"
Il s'est également moqué du retour du "père des déficits" québécois, Raymond Garneau, dans le giron du PLQ pour assurer la transition si les libéraux prennent le pouvoir le 14 avril.
En région éloignée pour la dernière fois de la campagne, le chef du Parti québécois en a aussi profité pour rappeler les réalisations de son gouvernement avec les CLD (Centres locaux de développement), la politique des régions ressources et de la ruralité, ainsi que les nouveaux crédits d'impôt destinés à garder les jeunes en région.
Avec ses nombreux engagements dans le but de favoriser la conciliation entre le travail et la vie familiale, M. Landry a affirmé qu'il voulait faire du Québec "le meilleur endroit au monde pour élever une famille".
Mais c'est nettement la "faiblesse" de la position du Parti libéral du Québec face au Parti libéral du Canada qui motivait le chef du PQ dans ses discours hier. Il y est allé rondement au point qu'il n'a pas cru bon tenir son deuxième point de presse habituel.
"Les revendications constitutionnelles du Parti libéral de Jean Charest sont plus basses que celle d'Adélard Godbout, brave agronome qui a dirigé le Québec durant la Deuxième Guerre mondiale", a lancé le chef péquiste.
Une alliance "qui affaiblit le Québec"
Aux militants péquistes de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, il a fait valoir que la meilleure formation politique pour défendre les intérêts du Québec demeurait la sienne. "On voit la convergence des libéraux fédéraux et des libéraux du Québec. On voit leur alliance, qui n'est pas bonne pour le Québec, qui affaiblit le Québec", a-t-il déclaré.
À l'opposé, le Parti québécois, soumet-il, continuera de parler de la question nationale en soulignant que la nation québécoise ne devrait plus n'être qu'une province au sein d'une autre nation. "Jean Charest, a-t-il dit, sous-estime nos capacités, notre courage et les efforts qu'on a fait pour bâtir le Québec d'aujourd'hui."
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Charest n'a pas les mains libres, juge Dumont
Raymond Giroux
Le Soleil - lundi 7 avril 2003
Élections 2003 -
Pont-Rouge - Jean Charest n'a pas les mains libres pour défendre les intérêts du Québec et la présence de députés libéraux fédéraux à ses côtés illustre fort bien cette situation aux yeux de Mario Dumont.
Le chef de l'ADQ a critiqué à Pont-Rouge, hier, dans un point de presse, la venue des députés André Harvey et Georges Farrah sur les tribunes libérales, samedi, à Saguenay et aux Îles-de-la-Madeleine.
" C'est ce qui rend le PLQ un peu mou dans la défense des intérêts du Québec, a dit M. Dumont. Ce n'est rien de très nouveau. Quand on a voulu voter des motions unanimes à l'Assemblée nationale pour défendre les intérêts du Québec, a-t-il rappelé, il fallait attendre après Jean Charest des semaines et des semaines ".
" On se demande jusqu'à quel point il a les mains libres, a-t-il surenchéri. Quand on voit en période électorale les retours d'ascenseur des libéraux fédéraux qui viennent les aider, on comprend mieux l'absence de liberté de M. Charest et du Parti libéral pour défendre le Québec fermement, quand cela s'impose ".
Par ailleurs, M. Dumont, sans rendre les armes, s'exprime déjà comme un chef qui admet qu'il ne terminera pas au premier rang. " Nous avons évidemment une stratégie de dernière semaine de campagne qui vise à gagner le maximum de sièges en se promenant dans les régions où les appuis sont positifs ", a-t-il précisé.
" Dans les régions où les choses vont bien, a dit le chef de l'ADQ, nous allons mettre le paquet et nous assurer que le maximum de députés adéquistes entrent à l'Assemblée nationale. Nous avons visité un certain nombre de comtés où l'appui à l'ADQ se sent et nous allons continuer, a-t-il dit. Ultimement, nous n'irons pas arracher le vote des gens qui ne pensent pas comme nous ".
" Nous avons plusieurs raisons de croire que demain matin, dans plusieurs régions, il y a des comtés où l'ADQ l'emporterait ", a-t-il dit. " Dans une lutte à trois, selon lui, cela peut varier assez vite et dans plusieurs régions, on pourrait se retrouver avec aucun des partis au-delà de 40 % du vote ".
M. Dumont a lui-même confirmé que les attentes de son parti se répartissaient dans plusieurs régions comme Québec, Chaudière-Appalaches, Mauricie-Centre-du-Québec et la couronne nord de Montréal. Il se dit aussi confiant de conserver les quatre sièges acquis lors d'élections partielles, les pointages y étant actuellement supérieurs à ce qu'ils étaient alors. Lui-même n'a pas encore visité ces circonscriptions.
La région de Québec lui apparaît particulièrement prometteuse, l'ADQ y ayant connu des succès dès 1994. " Nous sommes convaincus qu'il y aura des députés adéquistes ", a-t-il dit.
Côté programme, l'ADQ a annoncé son intention de rendre accessible aux travailleurs autonomes toute une série de mesures sociales, comme l'accès aux assurances collectives, avec le soutien financier du gouvernement, et leur permettra notamment de remplacer leur contribution au régime d'assurance-médicaments par un régime collectif de leur choix.
Un gouvernement adéquiste aidera également les travailleurs autonomes qui dépendent essentiellement d'un seul employeur à négocier un prix suffisant pour tenir compte des coûts de leurs diverses assurances.
M. Dumont veut de plus étendre le congé parental aux mères travailleuses autonomes, 4000 enfants naissant dans ces conditions chaque année. À ceux qui voient dans ces propositions de nouvelles interventions gouvernementales dans la vie des citoyens, il répond que " le gouvernement sert de bougie d'allumage " pour offrir ces services. " Nous n'avons jamais dit que l'État n'avait plus aucun rôle. "
M. Dumont faisait campagne dans Portneuf et les circonscriptions de Jean-Lesage et Charlesbourg, hier, la zone métropolitaine de Québec s'inscrivant dans les priorités de son parti en ce début du dernier droit électoral. Après un brunch rassemblant 250 personnes à Pont-Rouge, le chef de l'ADQ a donné le signal de départ d'un blitz de porte-à-porte dans le quartier Limoilou, avant de se mêler à une foule familiale réunie pour une partie de sucre intérieure au Patro de Charlesbourg.
RGiroux@lesoleil.com
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Élection 2003
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Dumont promet une opposition "constructive"
Karim Benessaieh
La Presse - lundi 7 avril 2003
Élections 2003 - Pour la première fois de la campagne, Mario Dumont a évoqué hier la possibilité que l'ADQ ne forme pas le prochain gouvernement et doive se contenter de former une opposition qu'il promet cependant "constructive".
Le chef adéquiste a en fait toujours refusé de reconnaître la validité des sondages qui lui accordent entre 16 et 20 % des voix depuis un mois. Hier, lors d'un point de presse à Pont-Rouge, dans la circonscription de Portneuf, il a d'abord reconnu implicitement le verdict des sondeurs quand on lui a demandé s'il croyait que ses adversaires péquistes et libéraux l'avaient déjà écarté de la course. "Ce n'est pas ce que j'ai ressenti des déclarations récentes de M. Charest, qui semblait plutôt obsédé par ce million de personnes qui votent pour l'ADQ", a répondu M. Dumont, reprenant en gros le score que lui accordent les sondages.
Il a de plus confirmé que sa caravane allait se concentrer, dans la dernière semaine de campagne, sur certaines circonscriptions jugées plus prometteuses. "Dans les régions où les choses vont bien, on va mettre le paquet. Chaque parti va avoir une stratégie basée sur certaines régions, certaines circonscriptions qui sont placées en priorité: nous allons faire la même chose."
Ces régions, a-t-il précisé, sont essentiellement Québec, les couronnes Nord et Sud de Montréal, le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches et le Saguenay-Lac-Saint-Jean. "On a des raisons de croire qu'il devrait y avoir des candidats élus dans toutes ces régions-là", a-t-il assuré.
Comme il l'a répété sans cesse depuis une semaine, alors que les journalistes lui ont demandé chaque jour s'il concédait la victoire, M. Dumont a tout de même soutenu que son parti était dans le coup dans chacune des 125 circonscriptions. Il a cependant ajouté que les adéquistes étaient prêts à jouer le rôle, quel qu'il soit, que lui accorderont les Québécois le 14 avril prochain.
"La partie la plus dure d'une élection, c'est que c'est le peuple qui décide de notre avenir... Si le peuple du Québec décide le 14 avril qu'il veut un gouvernement de l'ADQ majoritaire ou minoritaire, nous sommes prêts à jouer ce rôle. Mais si le peuple décide autre chose, nous sommes prêts à jouer un rôle constructif. C'est le privilège du peuple de décider, et c'est notre responsabilité de respecter ça."
Rétroviseur vers l'avant
M. Dumont s'est cependant rebiffé quand on a évoqué les commentaires d'analystes qui annoncent que l'ADQ sera en difficulté même dans les circonscriptions qu'il détient déjà. "Dans les quatre circonscriptions qu'on a gagnées en élections partielles, les pointages sont aujourd'hui un petit plus forts que ce qu'on avait aux élections partielles." Il a réaffirmé qu'il y avait un écart marqué entre ce que ses troupes percevaient sur le terrain "et ce qui est présenté dans certaines méthodes soi-disant scientifiques".
Au sujet des difficultés de l'ADQ dans l'ancienne circonscription de Saguenay, devenue René-Lévesque, M. Dumont a eu cette pointe d'humour lorsqu'on lui a rapporté les propos de ses adversaires: "Ils peuvent bien vous dire n'importe quoi, ils faisaient la même chose dans la circonscription de Saguenay il y a à peu près un an jour pour jour. Ils ne nous voyaient pas dans leur rétroviseur parce qu'ils ne regardaient pas à la bonne place: on était en avant."
Travailleurs autonomes
Le chef de l'ADQ a profité de son passage hier dans la région de Québec pour présenter son programme visant à venir en aide aux travailleurs autonomes. Les adéquistes proposent d'abord de favoriser le regroupement de ces 432 000 personnes pour l'adhésion à des assurances collectives. Pour leur garantir des revenus suffisants, on veut les soutenir en élaborant des contrats-types comme il en existe pour les camionneurs indépendants. Enfin, on note que 4000 enfants naissent chaque année de mères travailleuses autonomes. L'ADQ souhaite offrir à ses femmes un congé parental de 50 semaines grâce à une caisse d'assurance consacrée à ce groupe de travailleuses.
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Élection 2003
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Les défusions n'auront jamais lieu, selon le Parti égalité " Jean Charest est une belette hypocrite ", déclare le chef Keith Henderson
Tristan Péloquin
Le Soleil - lundi 7 avril 2003
Élections 2003 - Quoi qu'en dise Jean Charest, si le Parti libéral est porté au pouvoir, jamais il ne permettra la tenue de référendums sur les défusions municipales, croit le chef du Parti égalité, Keith Henderson.
" Jean Charest est une belette hypocrite. Souvenez-vous de son slogan " Je me souviens des fusions forcées ", qu'il a scandé devant 75 000 personnes il y a deux ans. Il rageait à cette époque contre les fusions. Or aujourd'hui, en pleine campagne électorale, il se dit plutôt favorable aux nouvelles villes. Il nous a menti et nous a manipulés ", a fulminé hier le chef du Parti égalité, devant une soixantaine de militants rassemblés au club de curling de Baie-d'Urfé, dans l'ouest de Montréal.
Selon le leader, la loi-cadre récemment promise par les libéraux, qui permettrait aux anciennes villes de se séparer par voie référendaire, comprend tellement de restrictions qu'elle rend cet exercice démocratique très peu probable.
" Premièrement, les libéraux nous diront qu'il faut d'abord mener à nos frais quantité de longues et coûteuses études, qui nous révéleront forcément que le coût des défusions est beaucoup plus élevé que ce que l'on croyait. Ils nous diront qu'il faut absorber tous les déficits de Montréal, puis ils trouveront toutes sortes de nouvelles dépenses obligatoires. Au bout de deux ans d'études, les coûts anticipés seront tellement élevés que personne n'osera plus se prononcer en faveur des défusions ", a soutenu le chef du Parti égalité, M. Henderson.
Le Parti égalité, qui présentait hier ses 23 candidats, prône plutôt la tenue automatique de référendums sur les défusions et promet d'en faire supporter le coût par tous les contribuables québécois.
Invalider la loi 170
Keith Henderson a également profité du rassemblement d'hier pour demander au premier ministre du Canada, Jean Chrétien, d'utiliser son pouvoir de désaveu afin d'invalider la loi 170 sur les fusions. " Si Mike Harris avait essayé de balayer du revers de la main toutes les villes bilingues de l'Ontario, Jean Chrétien aurait certainement utilisé ce droit, qui lui est accordé par la Constitution. Le pouvoir de désaveu est là pour invalider les lois qui sont antidémocratiques, comme la loi sur les fusions forcées ", a affirmé M. Henderson.
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