élection 2003
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La sagesse populaire
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir mardi 8 avril 2003
Auteur de Souverainistes, que faire? (Vlb éditeur, 2002)
Éditorial - Les chefs de parti n'ont plus que quelques jours pour convaincre les électeurs indécis de leur accorder leur confiance, lundi prochain. Pour y parvenir, ils ne manqueront pas d'utiliser tous les outils d'information et de propagande à leur disposition. C'est de bonne guerre! Mais ce qu'il leur faut surtout se rappeler, c'est que, le jour du scrutin, les raisons de voter pour l'un ou l'autre candidat se résument à quelques grandes questions fondamentales, toujours les mêmes, pour lesquelles on attend des réponses cohérentes.
Les gens sont plus sages qu'on ne l'imagine. S'il leur arrive de manifester collectivement leur impatience, voire leur cynisme, en votant pour chasser un gouvernement du pouvoir au lieu d'appuyer une équipe et son programme, il n'en reste pas moins que la personnalité des chefs et les orientations qu'ils défendent influencent toujours la décision finale. N'est-ce pas ce qui explique que Mario Dumont, dont le charme séduit pourtant toujours, ait piqué du nez une fois les grandes lignes de son programme connues ?
Au chapitre des idées, le même phénomène de profondeur influence le choix de l'électeur. Le Parti québécois, par exemple, a choisi de se lancer dans une envolée lyrique sur la conciliation travail-famille en promettant la semaine de quatre jours pour les jeunes parents, des crédits vacances et quoi encore. Or, à la lecture du sondage Léger Marketing que nous avons publié hier, on constate que ce thème n'influencera qu'une faible minorité de gens le jour du vote. Non pas que l'idée ne soit pas bonne, il s'agit même d'un très bon coup publicitaire. Mais pour l'électeur, la lutte contre la pauvreté, l'augmentation du pouvoir d'achat par la réduction des impôts et l'accessibilité aux soins de santé sont vus comme étant, de loin, plus susceptibles d'influencer leur décision.
De même, si la menace de défusion dans les nouvelles villes a pu se retrouver en haut de la liste des sujets de campagne, pour les électeurs, voilà une affaire de fonctionnaires et de politiciens. Seule une poignée d'entre eux y voient un motif susceptible d'influencer leur vote de façon déterminante.
Pour cette raison, les chefs et leurs équipes de conseillers doivent concentrer les efforts des prochains jours sur ce qui constitue l'essentiel de leur programme. Ce n'est pas parce que l'ADQ est devenue moins menaçante qu'il faut cesser de parler de santé et d'éducation ! Si tel était le cas, cela donnerait raison à Mario Dumont et à toutes les formations plus marginales qui affirment que les vieux partis sont comme larrons en foire et n'offrent que du spectacle, sans vraies solutions.
Depuis le début de la campagne qui a coïncidé avec le décrochage de l'ADQ, on a très peu parlé de santé, d'emploi, d'éducation, non plus que de niveau de vie ou de pauvreté et pas du tout de la question nationale... Des thèmes usés, diront certains. Au contraire ! Avec la personnalité des chefs que l'on perçoit comme étant capables ou pas de gouverner le Québec, ce sont là les seules vraies préoccupations des électeurs dont bon nombre pourraient fort bien choisir de ne pas aller voter lundi prochain si ces thèmes importants ne sont toujours pas abordés entre-temps.
jrsansfacon@ledevoir.ca
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Élection 2003
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Un manque d'intérêt désolant
Paule Des Rivières
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Éditorial - Il y eut bien quelques envolées lyriques sur l'importance de l'éducation, mais force est de reconnaître que ce secteur-clé de notre vie n'aura d'aucune manière constitué un enjeu de la présente campagne électorale. Les deux principaux partis ont tout de même formulé des engagements qui méritent plus ample attention.
En matière d'éducation, le Parti québécois et le Parti libéral ne sont pas très éloignés, si l'on fait exception de la proposition libérale, intéressante, de faire débuter l'enseignement de l'anglais dès la première année, soit deux ans plus tôt qu'à l'heure actuelle. Le courage politique manque à l'un et à l'autre pour inscrire une hausse, même minime, des droits de scolarité à l'université. L'ADQ a manifesté un plus grand réalisme à cet égard en s'engageant à adopter une loi inscrivant une hausse des droits de scolarité équivalent à l'indexation.
Cependant, le parti de Mario Dumont s'est rapidement disqualifié en favorisant, contre toute logique, un système de bons d'éducation. Ce projet de bons interchangeables distribués aux parents ne correspondant pas aux besoins du système scolaire québécois, il a rapidement été rejeté. Mais au-delà de cette mise au rancart, les bons d'éducation en sont venus à symboliser le manque de réalisme de L'ADQ.
Pour sa part, Jean Charest a indiqué à maintes reprises que l'éducation -- comme la santé -- échapperait au gel des dépenses qui serait décrété dans tous les autres secteurs d'activité gouvernementale. Le PLQ et le PQ privilégient tous deux un allongement du temps passé en classe et le gouvernement a déjà pris son adversaire de vitesse en annonçant une mesure en ce sens. L'un et l'autre partis souhaitent davantage d'éducation physique. Pour le reste, le PQ fait la part belle aux arts, le PLQ préfère l'anglais langue seconde. S'il est élu, Jean Charest aura à affronter l'habituel concert d'opposition à l'enseignement précoce de l'anglais. Son projet n'en reste pas moins hautement défendable.
Le secteur universitaire fait également l'objet d'un certain consensus, les deux principaux partis se disant prêts à réinvestir pour renforcer le réseau de l'enseignement supérieur. Le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, partage la conviction des recteurs, voulant qu'il manque 375 millions de dollars au réseau. Le premier ministre a d'ailleurs annoncé une injection de 200 millions, mais répartis sur quatre ans. Les libéraux de leur côté promettent une commission parlementaire afin de planifier le financement à long terme des universités. Il s'engage en outre à faire un effort initial de 60 millions.
Par ailleurs, les libéraux ont fait grand cas de l'aide aux devoirs. D'abord, ils n'inventent rien : depuis plusieurs années, le gouvernement actuel encourage les écoles primaires à organiser le soutien aux devoirs après la classe. La pratique n'est ni généralisée ni partout adéquate, mais les directions d'écoles savent qu'elles doivent agir. Cette aide ne saurait par ailleurs remplacer le soutien des parents au travail de leurs enfants.
Enfin, faut-il rappeler que les écoles secondaires du Québec entrent dans une étape cruciale avec l'entrée en vigueur, à l'automne 2004, d'une réforme majeure, touchant à la fois les programmes d'études et l'organisation de la vie scolaire ? La réforme, associée au gouvernement actuel, ne soulève pas les passions au PLQ, qui veut en retarder l'entrée en vigueur. Il serait plus productif d'envoyer un message clair, en appui à ces changements majeurs et nécessaires.
pdesrivieres@ledevoir.ca
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Élection 2003
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Poll has Liberals, PQ in dead heat Half those surveyed believe Péquistes will stay in power
The Montréal Gazette April 8, 2003
With less than a week to go before Monday's general election, the Parti Québécois and Liberals remain locked in a statistical tie in voter preference, a Léger Marketing poll suggests.
But the same survey also found that nearly half of the respondents think the PQ will win the April 14 vote. The poll was conducted for The Gazette, TVA and the Journal de Montréal between Thursday and Sunday.
Asked "In your opinion, which party will win the election," 47 per cent of those surveyed replied the PQ compared with 38 per cent for the Quebec Liberal Party and only two per cent for the Action démocratique du Québec.
A breakdown of responses on linguistic lines found the perception of a PQ win on Monday even greater among francophones, 53 per cent of respondents thinking they'll wake up to a PQ government on Tuesday compared with 33 per cent who felt a Liberal victory would occur next week.
Perhaps even more depressing for Liberal and ADQ organizers, the perception of a PQ victory seems to have taken hold within the rank of their own supporters - 23 per cent of respondents describing themselves as Liberal supporters and 46 per cent of ADQ supporters told pollsters they believe their parties will be defeated by the PQ on Monday.
When the same question was last posed in February, 56 per cent of those surveyed foresaw a PQ victory compared with 27 per cent who predicted a Liberal win and nine per cent who felt the ADQ would form a government.
The question was posed Sunday to 300 respondents as part of a larger "rolling" poll compiling the opinions of 1,203 people representative of Quebec's population.
The margin of error on the results of this smaller part of the poll is plus or minus 5.6 per cent, 19 times out of 20.
The survey showed the Liberals maintain a two-percentage-point lead over the PQ in voter intentions, polling 43 per cent. Because the margin of error on this larger sampling is plus or minus three percentage points, however, they are, in fact, in a statistical dead heat with the PQ.
The ADQ drew 16 per cent support, a one-point drop from its standing on Friday.
But the Liberals' popularity with francophone voters stands at 35 per cent, trailing the PQ by 12 percentage points. While the Liberals continue to enjoy towering support among non-francophones, polling at 78 per cent, that support is concentrated within a relatively small number of ridings in the Montreal area, making it essential for the Liberals to connect with off-island francophones if they wish to form a government.
Premier Bernard Landry continues to be perceived as the best candidate to head the next government, polling 38 per cent compared with 33 per cent for Liberal leader Jean Charest and 15 per cent for ADQ leader Mario Dumont.
The survey also contains bad news for ADQ strategists who had hoped to portray their party as an alternative for younger voters. Asked "Which party offers the most interesting platform to young people," 26 per cent of the 300 respondents queried chose the ADQ, one percentage point more than the PQ and six points more than the Liberals.
jmennie@thegazette.canwest.com
Which political party offers the most interesting platform to young people?
Party 18-24 25-34 35-44 45-54 55-64 65+
ADQ 36% 34% 14% 32% 35% 15%
PQ 34% 33% 32% 27% 18% 16%
PLQ 8% 17% 17% 23% 16% 29%
Other party - - - 2% - 2%
None - 2% 7% 4% 12% 10%
Don't know 22% 14% 29% 14% 19% 28%
SOURCE: leger marketing
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Élection 2003
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Landry courtise Québec
Moisan, Mylène; Paquet, Stéphane
Le Soleil - mardi 8 avril 2003
Parce que le gouvernement du Parti québécois a " aussi bien servi " la capitale, Bernard Landry affirme que la logique commande ses habitants de le reconduire au pouvoir.
" Quand on a un bon gouvernement, on le garde ", répète Bernard Landry depuis quatre semaines. Pour cette raison, le premier ministre a demandé hier, " très logiquement et bien humblement, à nos compatriotes de la ville de Québec de garder le bon gouvernement qui les a aussi bien servis ".
Vingt-quatre heures après avoir tenu un discours similaire en Gaspésie, M. Landry a fait le tour des réalisations de son parti à l'endroit de la capitale, comme autant de raisons de voter pour le Parti québécois. " À nos compatriotes de la ville de Québec et de la région, je demande de réfléchir à ceci : il n'y a pas de gouvernement national du Québec qui ait fait tant pour notre capitale nationale que le nôtre. Dans tous les domaines ", a-t-il affirmé hier matin en conférence de presse au Château Frontenac.
Estimant que, désormais, " Québec est au même niveau économique qu'esthétique ", il a rappelé la croissance économique de 4,4 % de la ville l'an dernier, " le plus haut au Canada ". il a même réveillé la vieille rivalité " Canadiens-Nordiques " en précisant que Montréal arrivait deuxième avec 4,3 %.
M. Landry a longuement dressé un bilan des réalisations des deux derniers mandats. " D'abord, on l'a nommée comme elle doit l'être, de Vieille Capitale à capitale nationale. Ensuite, on l'a dotée d'un instrument unique, la Commission de la capitale nationale. C'est une des plus belles villes de notre continent et c'est une des capitales de technologie de notre continent. Extrêmement spécialisée dans l'optique et la photonique on le sait, non seulement pour la recherche mais pour l'industrie, mais aussi en pharmacie, en pharmacologie et en neutracetique. "
Soulignant " l'essor touristique sans précédent ", le premier ministre a déclaré que Québec était maintenant " du calibre de Paris, de Prague et de Rome ". Pour toutes ces raisons, M. Landry estime que les gens de Québec comprendront que " notre bilan est garant de l'avenir ".
Interpellé sur la question, le chef libéral Jean Charest a questionné cette approche donnant-donnant. " Les gouvernements livrent aux populations les services auxquels elles ont droit et pour lesquels elles paient. Cette notion autoritaire du gouvernement paternaliste qui vous rend des services, c'est, il me semble, un peu alarmant. "
Avec la collaboration de Stéphane Paquet
MMoisan@lesoleil.com
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Élection 2003
| Sondage Crop - Le Soleil
Chaude lutte à trois à Québec Le PQ en avance d'un point seulement sur le PLQ
Gilbert Leduc
Le Soleil - mardi 8 avril 2003
La poussée du Parti libéral dans les intentions de vote rend la fin de la course électorale serrée à souhait dans les 11 circonscriptions de la région de Québec. Pas deux, mais trois partis politiques livreront âprement bataille jusqu'à la fermeture des bureaux de vote lundi prochain à 20 h 30.
Avant la répartition des 13 % d'indécis et de discrets, l'avance du Parti québécois n'est plus que d'un maigre point, révèle un sondage CROP réalisé pour le compte du SOLEIL et de Radio-Canada auprès de 602 personnes.
L'enquête montre que le PQ récolte 30 % des intentions de vote dans la région métropolitaine de Québec contre 29 % pour le PLQ, 26 % pour l'ADQ et 2 % pour les autres partis.
Le coup de sonde a été donné du 1er au 6 avril, soit au lendemain de la confrontation télévisée des chefs du 31 mars dernier.
Depuis le dernier sondage régional CROP - LE SOLEIL - Radio-Canada, mené du 14 au 18 mars, le PLQ a fait un bond de cinq points - de 24 % à 29 % - dans les intentions de vote alors que le PQ a chuté de 35 % à 30 %. L'ADQ a gagné deux points - de 24 % à 26 % - alors que le pourcentage d'indécis et de discrets est passé de 15 % à 13 %.
Si l'on se reporte à un autre sondage régional CROP, réalisé du 13 au 24 février auprès d'un plus petit échantillon (200 personnes), le PLQ augmente ses intentions de 16 % à 29 %. Le PQ passe de 32 % à 30 % et l'ADQ voit sa cote de popularité auprès de l'électorat baisser de 32 % à 26 %. Le taux d'indécis et de discrets dans ce sondage plaçant, à l'époque, le PQ et l'ADQ sur un pied d'égalité était de 19 %.
" Le sondage montre que la lutte va être serrée dans les 11 circonscriptions entre le PQ et le PLQ et que l'ADQ va les talonner de très près. Ce parti pourrait même causer des surprises ", affirme le vice-président de CROP, Claude Gauthier, qui se dit " étonné " de la performance de la formation de Mario Dumont dans la région de Québec. Dans le sondage national CRO - LE SOLEIL - La Presse - The Globe & Mail du 13 au 23 mars, l'ADQ ne récoltait que 17 % des intentions de vote (avant la répartition des indécis et des discrets).
Le sondeur constate que la force relative de l'ADQ dans la région de Québec et le désir de changement clairement exprimé par les personnes interrogées - 61 % d'entre elles sont favorables à un changement alors que 30 % veulent continuer avec le gouvernement de Bernard Landry - risquent, en bout de course, de faire plus mal aux libéraux qu'aux péquistes.
" La bataille entre le PLQ et l'ADQ pour attirer dans son camp les électeurs favorables au changement va diviser le vote et permettre, du même coup, aux candidats péquistes de se faufiler. L'ADQ est donc assez fort, à Québec, pour nuire au parti de Jean Charest. "
Toutefois, selon M. Gauthier, le PQ aura de la difficulté à faire élire, comme en 1998, neuf députés sur une possibilité de 11 et d'amasser 45 % des suffrages.
Deux méthodes, deux gagnants
Les deux méthodes de répartition des indécis et des discrets utilisées par CROP couronnent un meneur différent.
En distribuant les indécis et les discrets sur la base des intentions de vote déclarées par ceux et celles qui se sont prononcés (méthode proportionnelle), le PQ récolte 35 % des voix contre 33 % pour le PLQ, 30 % pour l'ADQ et 2 % pour les autres partis.
Par contre, en adoptant la méthode développée par CROP et le professeur Maurice Pinard de l'Université McGill, c'est le PLQ, avec 36 % des intentions de vote, qui devient le premier choix des sondés, suivi du PQ (33 %), de l'ADQ (29 %) et des autres partis (2 %).
Cette nouvelle démarche mathématique tend à corriger la sous-représentation chronique du vote libéral dénotée dans la méthode proportionnelle. En effet, les sympathisants libéraux ont moins tendance à afficher ouvertement leurs préférences que les péquistes. Pour atténuer cette réalité, CROP distribue 50 % des indécis et des discrets au PLQ, 25 % au PQ et 25 % à l'ADQ.
Par ailleurs, pour 67 % des sympathisants péquistes et pour 66 % des libéraux, leur choix en prévision des élections est définitif. Un peu plus de quatre sympathisants adéquistes sur 10 - 42 % - admettent que leur vote pourrait changer. Pour 50 % des adéquistes, leur deuxième choix est le PLQ et 33 % opte pour le PQ.
Enfin, le pourcentage de sondés qui croient que le PQ va remporter les élections est à la baisse depuis le sondage réalisé par CROP du 14 au 18 mars. Il y a un peu moins d'un mois, 55 % des sondés auraient parié un " vieux deux " sur les chances du PQ. Ce pourcentage n'est plus que de 45 %. La proportion de ceux et celles qui pensent que le PLQ l'emportera grimpe de 23 % à 31 %. Seulement 4 % des sondés disent que l'ADQ remportera les prochaines élections.
Le taux de satisfaction à l'égard du gouvernement se maintient. Il était de 49 % à la mi-mars. Il passe à 46 %.
Landry le préféré
Bernard Landry demeure le chef auquel les sondés font le plus confiance pour diriger le Québec même s'il perd cinq points par rapport au dernier CROP. Ces cinq points échappés sont récupérés par Jean Charest. " Il peut s'agir ici d'une retombée directe du débat des chefs ", note M. Gauthier. Ainsi, le choix des sondés se lit comme suit : Landry 32 %, Charest 26 % et Dumont 20 %.
Finalement, les personnes interrogées font plus confiance au PLQ (32 %) qu'au PQ (23 %) et à l'ADQ (16 %) pour résoudre les problèmes du réseau de la santé. " C'est très révélateur, compte tenu que les libéraux ont fait de la santé leur principal cheval de bataille électoral ", signale le vice-président de CROP.
GLeduc@lesoleil.com
SONDAGE LE SOLEIL-LA SOCIÉTÉ RADIO-CANADA
Région de Québec
Avant répartition / Après répartition*
PLQ 29 % / 36 %
PQ 30 % / 33 %
ADQ 26 % / 29 %
Autres 2 % / 2 %
Ne sait pas / Refus 13 % / -
* Répartition où l'on accorde 50 % des électeurs discrets au PLQ, 25 % au PQ et 25 % à l'ADQ.
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Élection 2003
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PQ refuses to respond to English debate request Premier out of touch with English-speaking Quebecers
The Montréal Gazette April 8, 2003
Last week, more than 2 million Quebecers tuned in to one of the four main French-language television networks to watch the leaders' debate. Designed to help Quebecers make an informed choice when they vote on April 14, the two-hour debate touched on themes that affect all Quebecers.
No matter which network they chose to watch, viewers all heard the debate in the same language: French.
In itself, there is nothing wrong with that. French is the language of the majority of Quebecers and by law it is the province's official language.
The debate was not broadcast in translation on any of the three English language stations based in the province.
At Global Television, we decided not to broadcast the debate in translation because we were still hoping that there would be an English-language debate.
There will not be an English-language debate and it's not because the leaders of the three main parties don't speak English. Global Television, along with the other two English broadcasters, sent a letter of interest requesting an English debate. Global followed up with several phone calls. While the ADQ and Liberals replied with curiosity, the Parti Québécois never responded.
Perhaps I shouldn't be surprised. There has never been an English-language television debate in the province. But then, there have not been very many debates in Quebec's political history - only four.
PQ political advisers probably argue that an English-language debate is not worth the energy - the dividends in terms of votes are so small that there is not much point in devoting the time and effort. Perhaps, in their view, the potential losses far outweigh any potential gain.
Not only is the PQ position undemocratic, it makes the party appear out of touch with the English-speaking community.
The English-speaking community is not what it used to be. It has become a reflection of Montreal and other parts of the province: multicultural, fluent in several languages, open to new ideas and new politics. People could easily take their multi-lingual talents elsewhere.
I am not sure why the premier didn't respond to the request for an English-language debate. Or why he often turns down Global TV's requests for one-on-one interviews. But I think he's making a mistake by ignoring hundreds of thousands of Quebecers.
Maureen Rogers is general manager of Global Quebec.
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Élection 2003
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Monsieur Canada
Samson, J. -Jacques
Le Soleil - mardi 8 avril 2003
Éditorial - Si Bernard Landry l'emporte lundi, il cherchera à réunir les conditions gagnantes pour la tenue d'un référendum sur la souveraineté en 2005. M. Landry s'est donné pour mission depuis 30 ans de travailler à " faire entrer le Québec dans le concert des nations." Il s'agit d'un idéal certainement noble, que nous le partagions ou pas ; son militantisme constant est admirable et M. Landry ne cherche pas à finasser avec ses concitoyens sur la démarche qu'il poursuit.
L'objectif de Jean Charest est certes plus modeste mais le chef du Parti libéral du Québec ne se voit pas pour autant comme un simple petit premier ministre " provincial ". M. Charest s'est animé samedi, à la fin de l'entrevue éditoriale qu'il donnait au SOLEIL, lorsqu'il a entrepris de dessiner le Conseil de la fédération, prévu dans la politique constitutionnelle de son parti. Sans le claironner trop fort sur toutes les tribunes, Jean Charest se projette dans un rôle d'animateur, de catalyseur de nouveaux rapports entre les provinces et le gouvernement central, dictés par les premiers ministres des provinces. Il se donne ainsi un statut " national ", le mot étant compris dans son cas à l'échelle du Canada et non seulement du Québec.
Jean Charest a conservé une conception du fédéralisme bien différente de celle de Jean Chrétien. C'est en somme dans son bagage génétique conservateur. Ce parti préconise davantage un fédéralisme décentralisé, un " Canada des régions ", selon la formule de Joe Clark, le premier mentor de Jean Charest au PC. Il croit d'ailleurs à ce point à l'importance de la concertation des premiers ministres provinciaux que dans les heures avant d'annoncer en 1998 qu'il faisait le saut au niveau québécois, il avait eu la déférence de prévenir chacun d'eux. Les politiciens sont très sensibles à cette forme de courtoisie, au-dessus de toute partisanerie. Ce Conseil de la fédération s'inscrit donc bien dans des convictions personnelles, ce qui explique sa ferveur chaque fois qu'il aborde le sujet. M. Charest table aussi sur son expérience de ministre fédéral et sur la connaissance exceptionnelle du Canada qu'il a acquise comme chef de parti fédéral, pour imposer son leadership parmi les premiers ministres provinciaux.
Jean Charest se veut alors convaincant dans son exposé. Les Québécois sous-estiment à quel point leur leadership est important pour l'évolution du Canada, et à quel point ils pèsent lourd. Il n'y a pas un changement important qui puisse se faire dans la fédération, ajoute-t-il même, sans que le Québec soit à la table. (Il fait bon marché du rapatriement de la Constitution et plus récemment de l'entente sur l'union sociale, conclus sans le Québec et dénoncés par le Parti libéral du Québec !)
D'autre part, les premiers ministres des autres provinces seraient maintenant conscients que la méthode des consensus ou des fronts communs ad hoc avant une rencontre fédérale-provinciale ne suffit pas. Il faut aller plus loin ; se donner une instance permanente. Dans un premier temps, Jean Charest dit vouloir organiser sa partie, c'est-à-dire rallier les premiers ministres des autres provinces autour d'un agenda commun et ensuite convier le gouvernement fédéral à les rejoindre. Son expérience au palier fédéral lui a appris que le gouvernement fédéral a toujours des projets dans ses cartons qu'il souhaite mettre en place... " On va jouer dans les deux sens de la rue ! " Le chef du PLQ se garde bien d'imputer à Jean Chrétien l'actuel caractère unidirectionnel du fédéralisme canadien. Les rapports ne doivent pas être tributaires de la personne qui occupe le fauteuil du chef du gouvernement à Ottawa, Jean Chrétien ou Paul Martin. Il faut inventer et installer une nouvelle structure et une nouvelle dynamique.
Les Québécois aiment les chefs de parti politique qui visent haut et loin pour le Québec. Les sociologues répètent souvent que cela est même indispensable pour un leader politique québécois. Les chefs du Parti québécois, de René Lévesque à aujourd'hui, ont eu un grand projet collectif à offrir à leurs concitoyens, la souveraineté. Robert Bourassa opposait à cela qu'il ferait de nous les cheiks du nord par le développement des ressources hydroélectriques. Jean Charest a maintenant développé un discours pour valoriser le Québec - et un premier ministre fédéraliste- en lui réservant la conception et le parrainage d'un nouveau fédéralisme.
Un renversement du pouvoir en faveur des provinces à l'intérieur du régime fédéral ne serait certainement pas aussi aisé que Jean Charest l'explique. Mais nul ne peut mettre en doute ses convictions sur la nécessité d'y arriver. Elles ont inspiré toute sa carrière politique, au même titre que la cause de la souveraineté est le leitmotiv de celle de Bernard Landry. À défaut d'avoir pu mettre en place cette nouvelle dynamique en tant que premier ministre du Canada, son ambition avant 1998, il chercherait à y parvenir à partir d'un rôle de leader des premiers ministres provinciaux.
JJSamson@lesoleil.com
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Élection 2003
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Élections: trois questions sur le patrimoine
Dinu Bumbaru Directeur des programmes - Héritage Montréal Pour le Comité Patrimoine et Aménagement
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Au pays du «Je me souviens», la campagne électorale 2003 rappelle le peu d'attention accordée à ce patrimoine qui apporte identité à nos lieux de vie et de création, et reste l'expression première et durable de la diversité culturelle. Faute de politique nationale ou de vision cohérente de son développement, le Québec démolit ses églises, se banalise, perd la mémoire et disparaît. Pourra-t-il compter sur le futur gouvernement pour assumer, dans toutes les régions comme à Montréal, sa responsabilité de protection et mise en valeur?
Trois rappels :
La politique québécoise du patrimoine ?
Depuis près de 30 ans, les ministres promettent de doter le Québec d'une politique du patrimoine à l'instar de tant d'autres gouvernements modernes. Alors que le gouvernement du Canada en retard sur ses devoirs internationaux, réfléchit à la sienne et que la Ville de Montréal, suite au Sommet de Montréal qui reconnut la Déclaration québécoise du patrimoine, s'y engage, le Québec, après sa Politique culturelle de 1992 centrée sur la production culturelle, renvoie constamment le patrimoine en file d'attente.
Bien sûr, les gouvernements québécois continuent d'effectuer des gestes significatifs : programme pour le patrimoine religieux; proposition de protection du mont Royal; rétablissement d'une Direction du patrimoine au ministère de la Culture; lois reconnaissant d'anciennes races bovines ou protégeant les paysages naturels humanisés.
Ces actions ponctuelles ne remplacent pas une politique nationale qui affirme l'engagement gouvernemental d'assumer son rôle constitutionnel de protecteur du patrimoine lors de ses activités et d'appuyer l'engagement de citoyens, d'associations, de propriétaires ou d'acteurs publics ou privés qui participent à cette oeuvre contre l'indifférence et l'oubli.
Après moult réflexions et consultations dont la dernière par le groupe Arpin en 1999-2000, donna plusieurs propositions intéressantes, on attend en 2003 une proposition concrète de politique du patrimoine pour tout le Québec.
Sans accentuer l'antagonisme entre Montréal et les régions qui naît d'une indigence que tous vivent, elle devra jeter les bases d'une action cohérente et conséquente de l'État et des organismes qui en dépendent comme les municipalités et les sociétés d'État, en matière de connaissance, reconnaissance, protection et valorisation de ce patrimoine bâti, paysager, historique ou culturel.
La vision métropolitaine ?
En juin 2001, le gouvernement adoptait un cadre d'aménagement pour le territoire métropolitain et des orientations gouvernementales dont celle de « protéger et mettre en valeur le patrimoine naturel, historique et architectural, et les paysages». Outre le transport et les poubelles, ce document traite de protection du mont Royal et des montérégiennes, d'amélioration du patrimoine urbain ou de l'accès à l'eau, de reconnaissance du centre et de la culture.
Il s'inscrit dans une démarche constante à laquelle les gouvernements successifs et nos organismes ont contribué pour doter la Métropole d'une vision plus cohérente qui valorise ce territoire et ses qualités au lieu de les gaspiller par indifférence ou par intérêt particulier.
En 2003, cet outil moderne reste nécessaire pour éviter que des projets ne dénaturent pour toujours le territoire et sa mémoire. Par leur mission, par leur architecture et par leur respect de processus publics, les interventions gouvernementales ou privées doivent soutenir la personnalité de cette métropole et le sentiment d'appartenance.
Alors que l'assemblage actuel rend peut-être plus évidente une perspective métropolitaine aux yeux de la société civile qu'à ceux des structures qui l'administrent par morceaux, le gouvernement devra encourager l'émergence d'une telle vision et se donner un devoir de cohérence dans ses projets et programmes, au coeur comme en périphérie de la Métropole.
L'avenir du patrimoine montréalais ?
Montréal a un patrimoine unique au Québec et en Amérique par sa densité, sa diversité et sa quantité. L'aventure montréalaise lie le Vieux Montréal au port, au canal de Lachine, au boulevard Saint-Laurent, aux villas du Square Mile, aux carrières du Mile End, à Place Ville-Marie, aux villages d'ici comme aux grandes villes américaines. Le sol, l'architecture, la chanson ou les épitaphes portent les traces des gens et des temps. Dans cette métropole plurielle, édifices, parcs, toponymes, machines, monuments, archives, chansons ou traditions sont rarement privés de sens et isolés.
Vivant une problématique unique au Québec, ce trésor historique et culturel est mal connu et vulnérable. L'éclatement des responsabilités suscite une inquiétude qu'accentuent, par exemple, la dispersion des expertises à Montréal ou le régime actuel en matière de démolition.
Qu'il s'agisse de patrimoine bâti, d'archéologie ou d'archives, il faut un plan d'action cohérent et concerté et des moyens conséquents pour donner à nos porteurs de mémoire, un avenir qui leur permette de contribuer au développement culturel et urbain de la métropole.
Outre une reconnaissance spécifique dans la politique nationale et un partenariat bienvenu avec la Ville de Montréal, le gouvernement devra agir pour le patrimoine de Montréal. Par exemple, adopter un cadre préventif pour le patrimoine religieux et institutionnel; confirmer le statut du mont Royal au terme de l'actuel processus; protéger des ensembles menacés comme le paysage industriel du canal de Lachine ou développer les connaissances et l'éducation.
Il faudra aussi modifier la charte de la Ville pour doter le Conseil du patrimoine de compétences et de pouvoirs bien définis, préciser le rôle des arrondissements, mieux encadrer l'autorisation de démolitions et les processus référendaires ou pour y enchâsser le périmètre et les mécanismes de protection du mont Royal.
Alors qu'on sait que Montréal et le Québec devront faire face à de grands défis en patrimoine à court terme, il est grand temps de mettre les gens ensemble et de récolter les fruits des idées et de la patience des organismes en patrimoine, des citoyens et des pouvoirs publics. En 2003, il est urgent de donner un avenir au porteur d'identité, de mémoire et de créativité qu'est notre patrimoine au lieu de reporter à nouveau l'engagement nécessaire. À défaut, nous nous condamnons à voir disparaître cette irremplaçable richesse.
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Élection 2003
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Le vieux cygne«Le vieux cygne n'arrive plus à garder son rang sur l'eau. Il ne lutte plus. Des apparences de lutte seulement.» -- Henri Michaux
Simone Landry
Professeure retraitée, UQAM
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Souventes fois ce sont les poètes qui nous aident le mieux à comprendre la vie. Et la vieillesse fait partie de la vie. La vieillesse, avec son cortège de renoncements. Dans nos sociétés, le passage est d'autant plus difficile que c'est d'abord leur identité sociale qui fonde la valeur des êtres humains aux yeux des autres, bien sûr, mais à leurs propres yeux aussi, ce qui est plus grave.
Passé le moment de la retraite ou du retrait, ceux et celles qui se sont avant tout définis par leur rôle dans le monde du travail, dans la hiérarchie sociale, sur la place publique, se retrouvent devant un vide, une perte d'identité fort difficile à assumer. Le passage exige un nouveau regard sur soi-même. Il requiert aussi une très grande humilité. Car à ce moment crucial de transition, on joint tout à coup, au sens propre, et souvent sans la moindre préparation, le rang du commun des mortels.
On peut sombrer, alors, dans la dépression. On peut regarder lucidement les choses, reconnaître que l'on est maintenant sur l'autre versant de la montagne, se dessiner de nouveaux projets, préparer son grand et son très grand âge. On peut aussi être tenté de s'accrocher, de faire comme si rien n'avait changé. On peut jouer les vieux cygnes et retourner sur la place publique, en s'imaginant maîtriser encore le centre de l'agora...
Jacques Parizeau a connu ses heures de gloire sur notre scène politique. Il les a assumées avec une faconde et une flamboyance pouvant certes aller jusqu'à l'arrogance. Et puis il a commis, en 1995, cette erreur du soir du référendum, après laquelle la seule issue possible était la démission de son poste de premier ministre du Québec. Depuis lors, il y va de temps en temps d'une sortie fulgurante de partisan «pur et dur» de l'indépendance. D'aucuns s'ébrouent un peu, d'autres font les gorges chaudes, et puis Monsieur Parizeau retourne dans son vignoble et les choses se calment.
Le mauvais soir
Il avait décidé de revenir sur la scène politique pour apporter son appui à Bernard Landry dans l'actuelle campagne électorale. L'auditoire choisi pour lui (par lui ?) fut celui des cégeps. Mais l'os de sa sortie au soir du référendum lui était de toute évidence resté en travers de la gorge : il a voulu s'en expliquer devant les étudiants de Shawinigan, ressasser une fois de plus cette vieille histoire qui n'est pas à sa gloire.
Qui plus est, il a choisi -- mais a-t-il vraiment choisi ? -- le jour même du débat des chefs pour ce faire. Et celui dont tout le monde vante les qualités de debater, Jean Charest, a bondi sur l'os recraché par Monsieur Parizeau pour le jeter tout de suite, en plein débat, entre les pattes de Bernard Landry... Le lendemain, le vieux cygne demandait à Jean Charest de s'excuser pour avoir déformé ses propos. Les propos de Parizeau, Charest les a bel et bien déformés, mais quand on fait feu de tout bois... En guise d'excuses, d'ailleurs, Charest devrait bien envoyer à Parizeau une gerbe de fleurs et une bouteille de vin, avec ses remerciements chaleureux pour cet os enveloppé dans une peau de banane.
Et le vieux cygne, lui... Il a quitté la scène, blessé dans sa vulnérabilité de vieil homme. Il sait pourtant que le jeu politique est sans pitié. Mais sait-il qu'il vient un temps où les vieux cygnes ne peuvent plus garder leur rang sur l'eau ? On se prend à espérer pour lui qu'il saura maintenant le reconnaître, qu'il acceptera de passer le flambeau pour de bon, en toute sérénité. Il faut savoir quitter la table quand les lauriers sont desservis, pourrait lui chanter Aznavour.
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Élection 2003
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Charest comparé à Godbout - C'est du côté de Duplessis que logeait l'aplaventrisme
Bernard Amyot Montréal
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Lors du débat des chefs, Bernard Landry a comparé Jean Charest au premier ministre libéral Adélard Godbout (1939-44), en insinuant tout à fait injustement qu'il représentait la plus basse forme de faiblesse politique dans l'histoire du Québec. Or, de tels propos, prononcés avec le mépris pontificateur dont seul le président du Parti québécois a le secret, dénotent non seulement une hargne qui n'a pas sa place, mais surtout une lecture historique fort inquiétante pour un homme public de son importance.
En effet, on ne profère pas de telles accusations sans réfléchir. C'est difficilement une affirmation qui s'improvise. Or, celle-ci n'a fait l'objet d'aucune question de la part des journalistes dans les jours qui ont suivi. Pourtant, elle est tout à fait injustifiable historiquement à moins de faire l'apologie du rival de Godbout, Maurice Duplessis, à qui les péquistes, René Lévesque en tête, ont érigé une statue sur la colline parlementaire à Québec dans les années 80. Le choix entre Godbout et Duplessis est pourtant très facile.
Période difficile
Godbout gouverna le Québec entre les deux règnes de Duplessis, pendant la période difficile de la Seconde Guerre mondiale. Il est à l'origine de l'octroi du droit de vote aux femmes dans la province de Québec. Il est le fondateur d'Hydro-Québec. On lui doit l'instruction publique obligatoire. Il a favorisé la promotion des Canadiens-français en les encourageant à étudier le commerce et la finance.
Il a permis la création du régime d'assurance chômage canadien alors que les provinces n'avaient ni le désir ni les moyens de le mettre sur pied. Duplessis s'y était opposé non pas tant au nom de l'autonomie provinciale que parce qu'il détestait de telles mesures progressistes. Godbout a également encouragé une Fonction publique propre et au service des citoyens.
Pendant ce temps, Duplessis, le clergé et l'intelligentsia locale prônaient un nationalisme étroit et un isolationnisme redoutable qui, contrairement à ce que laisse entendre Monsieur Landry, ne rendait pas le Québec plus fort, mais le faisait plutôt stagner, si ce n'est reculer, sauf pour la rhétorique creuse évidemment.
Les positions rétrogrades du duplessisme devaient d'ailleurs confiner le Québec à un retard qu'il ne pourra presque jamais vraiment rattraper, en dépit des bonds prodigieux que Georges-Émile Lapalme et Jean Lesage, les successeurs de Godbout à la tête du Parti Libéral du Québec, allaient lui permettre d'effectuer après la mort de Duplessis.
En dépit de ce que semble encore penser Bernard Landry, c'est bel et bien Duplessis, et non Godbout, qui était inféodé. C'est Duplessis qui plaidait le repli sur soi et la soumission à l'Église, faisant en sorte de maintenir les Canadiens-français hors des universités, des affaires et de la culture. C'est Duplessis qui vivait à plat ventre dans le sillon du Famille-travail-patrie pétainiste de l'époque.
En juin 1940, Mackenzie-King et Godbout ont appuyé Churchill, De Gaulle et la France libre avec courage et détermination. L'immense majorité des nationalistes québécois de l'époque n'ont adopté De Gaulle que lors d'un certain jour de juillet 1967.
Aujourd'hui, malheureusement, l'hypothèque duplessiste semble encore peser et l'on continue injustement d'injurier la mémoire de Godbout. Il est consternant de penser que Bernard Landry et ses conseillers semblent toujours, soixante ans plus tard, dénigrer leurs adversaires à la manière de Duplessis. Monsieur Landry ne semble pas non plus avoir oublié certaines des façons de gouverner de ce dernier.
Dans les circonstances, comptons que les Québécois de 2003 ne donneront pas au gouvernement usé de Bernard Landry, toujours obsédé par sa vieille idéologie désuète de pseudo-libération, trois mandats successifs comme Duplessis les aurait aimés. Il est temps que ça change. Le choix est simple.
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Élection 2003
| À chaud
Engendrer le pays, ou...
Louise Vandelac Louise Vandelac est professeur au département de sociologie et à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM.
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Ne nous leurrons pas! Tout tour de vis électoral à droite, lundi prochain nous fera glisser davantage, eau et âme, dans l'engrenage de l'Amérique de Bush et de Klein...
Peu importera alors, qu'on ait été dupé par le populisme néo-conservateur de Mario, ou mû par la méfiance envers un gouvernement dont les oreilles semblent avoir poussé par magie depuis six mois, le résultat sera le même. On aura joué, par dépit ou par cynisme, l'avenir d'un éventuel pays à la roulette russe électorale. À moins de l'avoir fait par impatience critique et par idéalisme, le mieux étant parfois l'ennemi du bien. Or, on se sera alors joué de nous-même... Réussir à tuer l'idée même d'un pays réel avant de l'engendrer tient en effet de la quadrature du cercle. Surtout quand on prétexte que c'est au nom de la Santé !
Alors que les rangs des 60 000 manifestants contre l'AZLEA se sont gonflés à plus de 200 000 contre l'agression américaine en Irak, véritable conscience en marche; alors que la solidarité, le bien commun et la beauté des choses s'opposent à la dilapidation des ressources; alors qu'émerge un autre rapport au monde où l'hyperconsommation n'aveugle plus tout l'horizon, déjà barbouillé de pollution, le temps est désormais trop court pour tourner autour... D'ici à l'échéance, saisira-t-on que les déficits démographiques et démocratiques dépassent de loin les métaphores, et qu'un pays ne s'achète pas, même à coup de bilans économiques, aussi bons soient-ils... Un pays s'engendre ! Il s'engendre au coeur de l'alliance de ceux et celles qui préfèrent parfois, à la langue de bois ou d'argent, la langue déliée des gens de ce pays et l'âme de la langue de l'eau...
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Élection 2003
| Enjeux de campagne
Le PQ a réussi à esquiver un réel débat sur son bilan en santé
Isabelle Paré
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Le Devoir poursuit aujourd'hui une série de bilans qui se succéderont cette semaine et qui aborderont les grands thèmes traités par nos politiciens au cours de la présente campagne életorale. Deuxième volet: la santé.
La santé, qui devait être au coeur de l'actuelle campagne, a joué les seconds couteaux, et ce, malgré l'insistance du PLQ à marteler quotidiennement ce thème. Si le PQ a «excellé» à détourner l'attention de son bilan en santé, l'innovation promise par l'ADQ est quant à elle tombée à plat, estiment des analystes de la scène politique.
On disait pourtant que tout se jouerait sur la santé. Avec la réelle entrée en piste de l'Action démocratique du Québec (ADQ) en 2002, le ton était donné pour la tenue d'un débat de fond sur l'avenir du système de santé, cristallisé autour de la pertinence d'ouvrir ou non la porte au privé. Or, rien de tel ne fut.
De l'avis de Christian Dufour, professeur à l'ENAP, c'est que «le débat sur la santé a eu lieu bien avant les élections».
«L'ADQ avait bien installé le débat sur la santé, mais ils l'ont fait quatre mois trop tôt. Ils ont lancé l'essentiel de leurs munitions à l'automne, et cela a donné à tout le monde le temps de frapper sur leurs idées. Ils ont ensuite été pris à se débattre contre l'image d'un système de santé à deux vitesses», pense aussi Michel Fréchette, communicateur-conseil chez Fréchette & Girard Associés.
Le grand débat sur la santé ne s'est donc pas fait pendant la campagne. L'ADQ, qui voulait se distinguer en permettant aux citoyens de payer de leurs poches pour obtenir des soins plus rapidement dans le privé, a fait chou blanc, estiment aujourd'hui les analystes.
«Le problème avec l'ADQ, c'est qu'ils ont ouvert le feu juste avant le rapport de la Commission Romanow, autour duquel s'est ensuite construit un solide consensus en faveur d'un système public. L'ADQ s'est retrouvé isolée dans ses positions et a dû reculer», croit aussi John Parisella, ex-chef de cabinet de Robert Bourassa, ex-directeur général du PLQ et directeur de la firme de publicité BCP.
«Leur programme en santé est en fait devenu un boulet plutôt qu'un atout», juge même Michel Fréchette.
En partie mise à l'écart par ses propres hésitations, l'ADQ laissait donc le champ libre aux deux autres partis. Reste que les libéraux, qui ont voulu se poser en défenseurs du système en faisant de la santé le fer de lance de leur campagne, ont pourtant peiné à marquer des points sur ce thème, estime-t-on. «Lors du débat, les libéraux ont réussi à sortir leur idée d'un choix entre la santé ou la souveraineté, mais ils n'ont pas totalement dominé la campagne sur ce thème. On doit se rendre compte que la santé est un domaine complexe et que les électeurs savent aujourd'hui qu'il n'y a pas de solutions simples et surtout pas de solutions miracle», estime Christian Dufour.
En effet, les meilleurs coups portés à son principal adversaire, Bernard Landry, par Jean Charest, l'ont plutôt été sur la question nationale. Galvanisé par la sortie malheureuse de Jacques Parizeau, le chef du PLQ a ainsi assené le plus important crochet de la campagne.
Une esquive réussie
Étonnamment, c'est le PQ qui aurait dû être sur la défensive en cherchant à défendre son bilan, qui a très bien tiré son épingle du jeu, pensent plusieurs observateurs. «Les plus mal pris au départ étaient les péquistes, avec un bilan assez désastreux, et les traces laissées par leurs décisions sur les compressions et les départs à la retraite. Mais avec les investissements faits en février, ils ont réussi à évacuer leur bilan et n'ont pas eu à en débattre sur la place publique», insiste Michel Fréchette.
À son avis, la conférence des premiers ministres des provinces de janvier s'est avérée une véritable bénédiction pour le PQ, qui a ainsi pu faire taire les critiques en injectant du coup des centaines de millions dans la santé. Avec ce baume, le PQ coupait l'herbe sous le pied de ces principaux détracteurs et tuait dans l'oeuf l'amorce d'un débat vigoureux sur la santé. «C'est sûr que le bilan péquiste a été moins débattu sur la place publique, parce le PQ avait désormais un meilleur message à passer avec les sommes reçues du fédéral», renchérit John Parisella.
Avec deux programmes hautement similaires en santé, le PQ et PLQ n'avaient pas de quoi s'engager dans un corps-à-corps musclé sur le contenu ou les idées. Tous deux défenseurs d'un système public, et en faveur d'une participation réduite du privé, les deux partis en sont venus à débattre de modalités, souvent considérées trop techniques et de peu d'intérêt pour les électeurs.
«M. Charest a été très patient et a fait de la santé sa priorité depuis longtemps. Mais est-ce que la santé seule peut renverser un gouvernement ? Je ne pense pas, même si c'est ce que les libéraux auraient souhaité», juge Michel Fréchette.
«On ne vit certainement pas un référendum sur la santé, mais ça reste un des éléments principaux du discours sur le changement du PLQ», conclut pour sa part John Parisella.
Bien au-delà de la santé, c'est la capacité des partis à incarner le changement qui fera pencher la balance en leur faveur le 14 avril prochain, affirment en choeur tous ces observateurs. «La grande thématique qui émerge de cette campagne est réellement le choix entre la continuité et le changement», martèle Christian Dufour. Et dans cette mouvance pour le changement, la santé ne constitue qu'un des wagons.
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Coup d'oeil sur les programmes des partis en santé
Services médicaux
PQ : 300 GMF d'ici à 2005 et CLSC ouverts 24 h/24 et 7 j/7 en 2003
PLQ : accès à un service médical 24 h/24 et 7 j/7. Hausse de 750 du nombre d'étudiants en formation en médecine.
ADQ : cliniques privées deviennent la porte d'entrée du réseau avec des heures prolongées.
Urgences
PQ : projets de rénovation de plusieurs urgences
PLQ : réouvrir les lits fermés pour des raisons budgétaires
ADQ : mieux payer les infirmières à l'urgence, création d'unités transitoires
Listes d'attente
PQ : réduire d'ici à 2005 les listes d'attente à trois à six mois par les investissements prévus au plan Legault.
PLQ : ouverture des salles d'opération fermées pour des raisons budgétaires, système standardisé de gestion des listes d'attente et recours aux cliniques privées affiliées.
ADQ : recours aux cliniques privées pour réduire de 20 % les coûts des chirurgies mineures. Ouverture au paiement par le citoyen des services désassurés dans le privé.
Financement
PQ : Hausse promise de 5,2 % par an des dépenses en santé au cours du prochain mandat. Hausse du budget de 19,1 à 26 milliards (sept milliards) entre 2003 et 2008.
PLQ : hausser de 7,5 milliards les budgets de la santé d'ici 2008-09.
ADQ : augmentation de 6,2 milliards entre 2002-03 (17,5 milliards) et 2008-09 (23,8 milliards). Hausse maximale de 4,6 % des dépenses en santé.
Organisation du réseau
PQ : maintien des régies régionales.
PLQ : abolition des régies régionales, gestion locale de la main-d'oeuvre, impartition de services au privé pour les soins et les services de soutien.
ADQ : Réduction de la taille du ministère de la Santé et abolition des régies régionales.
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Élection 2003
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L'ambivalence demeure sur la question d'un référendum - Bernard Landry met la souveraineté en avant
Tommy Chouinard
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Québec -- Le premier ministre Bernard Landry met la souveraineté plus que jamais en avant, mais cultive l'ambivalence sur la tenue d'un référendum au cours d'un éventuel troisième mandat. À un point tel, en fait, qu'il a affirmé hier de façon surprenante que le Québec serait souverain en 2005 dès qu'il aurait «la moindre chance» de tenir un référendum, pour ensuite rectifier le tir quelques heures plus tard en reprenant sa position habituelle, celle d'annoncer un référendum s'il avait «l'assurance morale de le gagner».
«Je vous garantis une chose : si j'ai la moindre chance de gagner un référendum sur notre indépendance nationale d'ici 2005, le Québec sera assis au conseil des nations», a déclaré Bernard Landry hier devant quelque 400 gens d'affaires de la Chambre de commerce de Québec réunis hier au Château Frontenac.
L'ambivalence demeure
Quelques heures plus tard, en conférence de presse à l'Université Laval, le chef péquiste a dû s'expliquer longuement sur la signification de l'expression «la moindre chance» et dire si, oui ou non, il proposerait un référendum lors d'un prochain mandat. «La moindre chance, ça veut dire la moindre chance d'avoir l'assurance morale de gagner [un référendum sur la souveraineté]. Jamais je ne ferai un référendum si je ne suis pas sûr de le gagner. A contrario, si je suis sûr de le gagner, c'est sûr que je vais en faire un», a-t-il expliqué.
Mitraillé de questions pour clarifier ce qu'est cette «assurance morale», expression qu'il répète depuis le début de la campagne, le premier ministre a simplement répondu : «L'assurance morale, c'est un honnête homme qui, en son âme et conscience, après avoir consulté beaucoup de ses concitoyens, la société civile, dit : c'est le temps.»
Bernard Landry est demeuré ambigu sur les moyens pour parvenir à cette assurance morale. «Je vais faire plein de choses. C'est déjà commencé : le Conseil de la souveraineté, la mobilisation du Bloc québécois, de la société civile. Il y a des sondages, des focus groups, ce que pensent divers leaders de la société, la conjoncture. C'est une série de facteurs qui font que la décision politique est une chose très complexe», a-t-il souligné.
Le chef péquiste n'a pas voulu préciser l'échéancier des démarches pour obtenir l'assurance morale, se limitant à dire qu'il s'agissait «d'efforts considérables qui vous seront communiqués quand le temps sera venu». Le premier ministre n'a toutefois pas voulu donner raison au chef libéral Jean Charest qui l'accuse de détenir un «agenda caché» sur la question nationale. «Quand vous m'aurez rapporté d'Ottawa tous les plans qu'ils ont pour contrer la souveraineté, je vous parlerai des miens», a-t-il répondu.
Bernard Landry a commenté le sondage Léger Marketing paru hier dans Le Devoir, qui démontre que près de deux électeurs péquistes sur trois et plus d'un Québécois sur deux ne croient pas que le Parti québécois tiendrait un référendum sur la souveraineté s'il était réélu lundi prochain. Quelque 69 % des Québécois ne souhaitent pas un autre référendum au cours d'un prochain mandat. «Certains de nos compatriotes pensent que nous allons avoir l'assurance morale et que nous aurons un référendum, d'autres pensent que nous ne l'aurons pas. Des souverainistes pensent que nous l'aurons, d'autres pas. C'est à nous de faire ce qu'il faut pour monter le soutien à la souveraineté au point d'avoir l'assurance morale de le gagner. Et on le fera. [...] Ça nous redit qu'on a le fardeau de la preuve. On l'assume», a-t-il indiqué.
Devant 300 étudiants de l'Université Laval, tout comme devant la Chambre de commerce de Québec, Bernard Landry a adressé hier un plaidoyer en faveur de la souveraineté beaucoup plus affirmatif que les discours qu'il a l'habitude de prononcer depuis le début de la campagne électorale.
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Élection 2003
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Landry delivers mixed messages
RhéAl SéGuin
The Globe and Mail Tuesday, April 8, 2003
Quebec PQ - Parti Québécois Premier Bernard Landry headed into the last week of the election campaign yesterday, delivering opposing messages about where he stands on sovereignty.
To an appreciative crowd of business leaders, he stirred nationalist fervour by suggesting he would hold a referendum on sovereignty by 2005 "if I have the slightest chance of winning." He drew a standing ovation.
The PQ Leader then told a crowd of Laval University students that Quebec can no longer rely on the federal government to defend its economic, social and cultural interests in international forums such as the United Nations and the World Trade Organization.
"We are a nation, and it is as a sovereign nation that we can best meet the challenge of globalization," Mr. Landry said. "The struggle for national sovereignty is also a struggle for democracy."
Later yesterday, facing questions from reporters, he repeated earlier messages that he was not seeking a clear mandate from voters to hold another referendum if re-elected.
A referendum "is not in my election platform; it is not my intention," Mr. Landry said at a news conference. From the beginning, his strategy has been to target federalist voters who could count on the PQ to offer good government, he said, and still have the option of voting against a referendum if one was ever held.
"I even told federalists that they could vote for me because when sovereignty comes up, I will try and convince them, and if they still are not convinced they can simply vote against it," he said.
Mr. Landry remained vague when questioned about what would constitute "the slightest chance" of winning that he says he would need before holding a referendum. He said he would measure Quebeckers' desire for sovereignty through public-opinion polls, focus groups and the positions taken by leaders of society.
It was the first time since the election was called March 12 that Premier Landry deliberately focused so much attention on sovereignty.
At the outset of the campaign, rank-and-file members clearly indicated their desire for Mr. Landry to put greater emphasis on sovereignty. "One of the priorities expressed more by rank-and-file members than by the population was the sovereignty of Quebec," states an internal PQ document obtained by The Globe and Mail. The document outlines issues that party members wanted included in the election platform.
While the issue of sovereignty has dogged Mr. Landry throughout the runup to next Monday's vote, he alienated many of the party's strong sovereigntists last week when he asked former premier Jacques Parizeau to leave the PQ campaign.
Mr. Parizeau was dumped after a controversy over remarks he made that examined changing trends among voters in ethnic communities since the last referendum in October 1995.
"My problems -- all sorts of problems -- are behind me," Mr. Landry said yesterday.
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Élection 2003
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Expect a referendum, Landry warns Quebecers
National Post April 8, 2003
QUEBEC - Quebecers can expect a third sovereignty referendum if Bernard Landry thinks he has "the slightest chance of winning," the premier said Monday, in an apparent firming up of his referendum resolve.
"If I have the slightest chance of winning a referendum on national independence between now and the year 2005, Quebec will take its place in the concert of nations in 2005," he said at a chamber of commerce luncheon in the Chateau Frontenac.
Mr. Landry's commitment to a new referendum won a standing ovation from an audience laced with several Parti Quebecois ministers and PQ supporters.
But he insisted there was nothing new in the position.
"My thinking has been clear since Gatineau," he explained, referring to the statement he made in Gatineau last September that he would call a referendum in 1,000 days, if he was sure of winning.
Asked what he meant by "the slightest chance," Mr. Landry explained: "The slightest chance is the slightest chance to have the moral certainty of winning."
Asked how he would know when he has the slightest chance of moral certainty, Mr. Landry explained: "It is an honest man who in his soul and his conscience, after consulting a lot of his fellow citizens, civil society, says 'it's time.'
"Politics is not an exact science," he added.
A Leger Marketing poll for Le Devoir yesterday indicated 69 per cent of Quebecers do not want another sovereignty referendum, while only 52 per cent of PQ backers are in favour of one.
Mr. Landry said he would not comment on the polls, but added: "Certain of our compatriots think we will have the moral certainty and there will be another referendum, others think we will not."
Later at Universite Laval, he told students that once Quebec becomes sovereign, he wants the new country to be a republic. "I don't think Quebecers have a monarchist mentality," he said. "Even in English Canada the monarchy is challenged."
Also yesterday, Mr. Landry defended his government's plan four-day work week for parents with young children, insisting the PQ "wasn't improvising," when they came up with it. He said the PQ government has been studying the plan for parents with children up to the age of 12 for more than a year.
Liberal leader Jean Charest questioned had Mr. Landry about the number of studies done for the plan during last Monday's leaders' debate.
Mr. Landry announced during the first week of the election campaign the PQ would go fully ahead with the four-day work week if re-elected.
The PQ has said the four-day work week, without pay but with paid benefits, would cost businesses $100 million yearly, while a business group has estimated it would cost as much as $300 million a year
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Élection 2003
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Déséquilibre fiscal: le Bloc québécois relève des divergences
Hélène Buzzetti
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Ottawa -- La Chambre des communes n'est pas restée étanche à la campagne électorale québécoise, alors que le Bloc québécois a entrepris hier de relever les divergences de point de vue entre les libéraux à Ottawa et ceux qui aspirent à prendre le pouvoir à Québec en ce qui a trait au déséquilibre fiscal.
Le Bloc québécois poursuit ainsi la stratégie péquiste consistant à établir un lien entre l'équipe de Jean Chrétien et celle de Jean Charest, lien dont ce dernier serait ensuite redevable s'il accédait au pouvoir. Il a été publié ce week-end que quelques députés libéraux fédéraux, dont André Harvey, Georges Farrah, Serge Marcil et la présidente du Conseil du trésor, Lucienne Robillard, avaient donné un coup de main à la campagne provinciale en assistant à certaines activités partisanes.
«Lors des élections québécoises de 1998, le premier ministre, qui appuyait les libéraux du Québec, affirmait qu'en matière constitutionnelle, le magasin général était fermé, a lancé la bloquiste Pauline Picard. Doit-on comprendre qu'en 2003, ce que la présidente du Conseil du trésor est allée dire à Jean Charest, c'est qu'en matière de déséquilibre fiscal, la caisse est fermée ?»
De l'entraide
Dans tout cet échange sur le déséquilibre fiscal, le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, a tout au plus indiqué qu'il serait plus facile de travailler avec un gouvernement libéral. «Qu'on dise qu'il y a un déséquilibre fiscal ou qu'on dise qu'il n'y en a pas, une chose est certaine, c'est que les gouvernements de cette fédération ont pour devoir de s'entraider. On s'entraidera d'autant mieux qu'on croira tous au développement du même pays.»
Les Farrah, Harvey et Marcil font tous font valoir que leur participation s'était faite à titre personnelle, et qu'il ne fallait pas y lire une collaboration officielle entre les deux partis.
«À ce que je sache, je suis encore Québécois. Ce n'est pas parce que je suis élu député fédéral au parlement canadien que j'ai perdu mon droit de parole», a résumé M. Harvey. «Lors de l'élection en 2000, à peu près tous les ministres péquistes sont venus dans ma circonscription et personne ne s'est offusqué de cela», dit de son côté Serge Marcil (Beauharnois-Salaberry). Quand à M. Farrah, il n'est pas question de lier les mains d'un futur gouvernement Charest. «Ça n'amène rien de négatif au niveau du PLQ. S'ils prennent le pouvoir, il n'y a pas de dette.»
Le responsable politique du Québec, Martin Cauchon, abondait dans ce sens. Il ne considère pas que ses collègues fédéraux et lui représentent un passif pour la campagne de M. Charest, au contraire. «C'est de jouer aux épouvantails. M. Charest est capable de bien défendre et représenter les intérêts du Québec.» Il a reconnu que la position de son gouvernement et celle de Jean Charest sur la question du déséquilibre fiscal étaient «totalement différentes».
«Mais nous, on dit que, si on doit discuter de cet élément-là, c'est beaucoup plus agréable de discuter avec quelqu'un qui croit au pays, qui croit au Canada. Qui va venir discuter à Ottawa avec un esprit positif, avec la volonté de faire bénéficier le Québec des avantages du Canada.»
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Élection 2003
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Entre transfuges
Michel David
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
C'était écrit dans le ciel. À partir du moment où Jean Charest agitait l'épouvantail référendaire, il fallait s'attendre à ce que Bernard Landry réplique avec l'évocation d'Adélard Godbout, dont on a fait depuis longtemps le symbole de l'à-plat-ventrisme face à Ottawa.
Les leaders souverainistes ressortent périodiquement ce pauvre Godbout pour illustrer la turpitude de leurs adversaires. Il y a une dizaine d'années, Lucien Bouchard l'avait associé à Robert Bourassa, que M. Landry prend aujourd'hui pour modèle.
Quand est venu le temps de lui ériger une statue sur les pelouses du Parlement, M. Bouchard, devenu à son tour premier ministre, avait reconnu qu'on avait été injuste à son endroit
Pour l'heure, M. Landry n'a cependant pas le loisir de remettre les choses en perspective. Tous les moyens sont bons pour dénoncer un «horizon aussi atroce» que celui proposé par le chef du PLQ.
M. Charest se serait sûrement passé de l'appui de l'appui des ex-députés libéraux qui ont déménagé leurs pénates à Ottawa, mais il n'avait pas vraiment le choix. En principe, les deux partis sont totalement distincts, mais ils partagent les mêmes membres et les mêmes organisateurs. Jusqu'au dernier congrès, le président du PLQ, Jacques Lamoureux, était l'organisateur en chef de Pierre Pettigrew. C'est dire !
Il est vrai que le gouvernement Chrétien a une position diamétralement opposée à celle du PLQ sur la question du déséquilibre fiscal, mais leur entente sur la nécessité de maintenir le lien fédéral transcende cette divergence de vues.
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Il est assez paradoxal que M. Charest soit perçu comme celui des trois chefs de parti qui serait le mieux en mesure de forcer la main d'Ottawa, selon le dernier sondage Léger-Marketing-Le Devoir.
Contrairement à M. Landry, le chef du PLQ ne saurait être soupçonné de préparer une nouvelle astuce, mais le cadre financier dont il est si fier affaiblit sa position, puisqu'il tend à démontrer qu'il serait possible d'abaisser les impôts de cinq milliards en cinq ans, tout en réinvestissant dans la santé, peu importe qu'il y ait un nouveau partage fiscal ou non.
La présidente du Conseil du trésor, Lucienne Robillard, venue prêter main-forte à la candidate libérale dans son ancienne circonscription de Chambly, Diane Legault, a évoqué la nécessité de respecter le principe de la solidarité ministérielle pour justifier sa position sur le déséquilibre fiscal.
Voilà qui est intéressant. Doit-on comprendre que Mme Robillard croit bel et bien à l'existence d'un déséquilibre, mais qu'elle se sent obligée de soutenir le contraire ? Que fait-elle de la solidarité avec le Québec, dont elle est députée et où il y a unanimité sur la question ?
Pour minimiser l'embarras dans lequel leur appui a plongé M. Charest, on a fait valoir que Mme Robillard, de même que ses collègues Georges Farah et Serge Marcil, faisaient jadis partie de l'aile nationaliste du PLQ. C'est bien là le pire. Après qu'ils eurent dénoncé sur tous les tons l'intransigeance de Jean Chrétien, il a suffi qu'on leur propose un siège à la Chambre des Communes pour qu'ils se transforment en parfaits petits soldats de l'unité canadienne. Au moins, Stéphane Dion et Denis Coderre n'ont jamais eu de prétentions nationalistes !
Parions que Liza Frulla serait réapparue, elle aussi, si la réélection de Monique Jérôme-Forget avait posé quelque problème dans son ancienne circonscription de Marguerite-Bourgeoys, mais cette forteresse libérale est suffisamment solide pour l'en dispenser.
On peut mettre dans le même sac de transfuges l'ancien député conservateur André Harvey, qui a soudainement découvert à M. Chrétien des vertus qu'il ne lui avait jamais soupçonnées, quand il est apparu qu'un passage au PLC était le seul moyen de conserver son siège de Chicoutimi.
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Remarquez, je ne doute pas un seul instant que Mme Robillard et ses collègues puissent éventuellement changer d'opinion, que ce soit à propos du déséquilibre fiscal ou de toute autre question, si leur prochain chef devait penser autrement que l'actuel. Malheureusement, Paul Martin nie aussi l'existence d'un déséquilibre au sein de la fédération et on sait le prix qu'il attache à la solidarité ministérielle.
La réaction de M. Charest, qui promettait, hier, une lutte de tous les instants, quitte à s'allier au Bloc québécois, démontre qu'il a bien a bien vu le danger d'être associé aux libéraux fédéraux. Le débat de la semaine dernière a levé des doutes sur sa capacité de gouverner, mais il sait à quel point son allégeance première demeure suspecte aux yeux de nombreux Québécois, qui ne sont pas nécessairement des souverainistes. Il doit se demander avec anxiété ce que Stéphane Dion dira demain.
Soit, M. Charest est lui aussi un transfuge d'Ottawa. Connaissant son talon d'Achille, il est tout de même étonnant que des gens qui disent souhaiter sa victoire lui rendent un aussi mauvais service. Se pourrait-il qu'à Ottawa, certains préféreraient que le PQ soit réélu ?
Du point de vue de Jean Chrétien, la meilleure garantie que l'héritage de Pierre Elliott Trudeau survive à son départ serait que Bernard Landry soit réélu, mais qu'il soit menotté par un résultat trop faible pour être en mesure de tenir un autre référendum sur la souveraineté, comme Lucien Bouchard l'a été en 1998.
Le scénario le plus inquiétant pour les tenants du statu quo est certainement un tandem Martin-Charest. Soit, ils ne s'entendent pas sur le déséquilibre fiscal, mais ils étaient tous les deux en faveur de l'accord du lac Meech. On ne sait jamais, ils seraient bien capables de changer une ou deux virgules !
mdavid@ledevoir.com
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Élection 2003
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Landry shows his old exclusionist self
The Montréal Gazette April 8, 2003
"The federal Liberals have landed," Premier Bernard Landry declared Sunday on the campaign trail in Cabano, after a weekend that saw three federal Liberal members of Parliament turn up at campaign appearances by provincial Liberal leader Jean Charest. Here we see the image of paratroopers being evoked, of interlopers slipping into Quebec. Here we see more of the same exclusionary mindset, of us vs them, of "nous" and "les autres,'' that Landry denounced last week in the case of Jacques Parizeau.
The hypocrisy of the Parti Québécois on federal Liberal involvement in the current election campaigns is, to use a gallicism, insupportable. The weekend began, after all, with the premier of Quebec docking up like a spaceship with the federal Bloc Québécois satellite last Friday night as keynote speaker at the Bloc's weekend convention in Montreal, held not by coincidence during the campaign. (We wonder if the Bloc staffers working for the PQ turn up in PQ spending reports.) Landry exhorted the assorted MPs and other faithful to get involved in the provincial campaign. But after three Liberal MPs appeared Saturday and Sunday at Charest campaign stops, Landry insinuated an invasion was under way.
The connection between the federal and provincial Liberals is nothing compared with the incestuous ties between the BQ and PQ. These two parties are one electoral machine, which is quite a departure from the phenomenon of increasing distance between federal and provincial parties of the same name over the past generation. Robert Bourassa, let's not forget, put the provincial Liberal organization at the service of the Mulroney Conservatives, and after the death of the Meech Lake Accord helped encourage Lucien Bouchard to create the Bloc.
We don't see anything wrong with individual MPs helping elect provincial candidates in their own ridings. That's what Georges Farrah, a former provincial Liberal, and André Harvey, an old federal Conservative colleague of Charest's, did Saturday when they greeted the Liberal leader in their respective regions. As a cabinet minister, however, Treasury Board President Lucienne Robillard might have shown more prudence. Robillard foolishly let herself get roped into answering questions about the so-called fiscal imbalance when reporters spotted her at a Charest news conference in Chambly. Robillard could well have stayed away from the mike, and stuck to shaking hands at local malls. But a paratrooper she is not.
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Élection 2003
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Jean Charest promet «une bataille en règle» contre le déséquilibre fiscalLe chef du PLQ n'exclut pas une alliance avec le Bloc québécois
Robert Dutrisac
LE DEVOIR - mardi 8 avril 2003
Laval -- Jean Charest a promis, hier, de se lancer dans «une bataille en règle» contre le gouvernement fédéral dès l'accession de son parti au pouvoir afin de corriger le déséquilibre fiscal. Pour mener cette bataille, le chef libéral n'hésitera pas à s'allier au Bloc québécois.
«Ce que je dis aux Québécois, c'est que le lendemain de l'élection, il va y avoir une bataille en règle sur cette question [du déséquilibre fiscal] et ça va être la première de nos priorités dans nos relations avec le reste du pays», a déclaré Jean Charest au cours d'un point de presse quotidien qui a suivi son discours devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Laval.
Dans cette bataille, M. Charest s'alliera à tous ceux qui partagent la position du Québec sur le déséquilibre fiscal, y compris le Bloc québécois. «Sur cette question-là, je vais m'allier avec tous ceux et celles qui partagent notre point de vue même si, sur d'autres questions, on n'est pas d'accord avec eux», a-t-il indiqué. «Et c'est des élus, et on ne choisit pas qui sont les élus du Québec.»
S'il dit qu'il veut s'allier au Bloc québécois sur la question du déséquilibre fiscal, M. Charest rejette l'idée d'une alliance concrète. «Vous allez bien loin», a-t-il répondu à un journaliste. «S'ils veulent, eux, enfoncer ce clou-là, tant mieux», a-t-il dit.
Des semaines
Cette bataille, elle commencera dans les semaines qui suivront l'élection d'un gouvernement libéral. «Je pèse mes mots : je ne parle pas de mois, je parle de semaines», a-t-il insisté. Dès son arrivée au pouvoir, Jean Charest créera un Bureau de négociation sur le déséquilibre fiscal qui cherchera à former «une coalition» avec les autres provinces. «Je me prépare à une bataille en règle et c'est une bataille que j'ai l'intention de gagner», a-t-il dit. Cette bataille culminera en 2004 lors de la négociation sur les arrangements fiscaux, dont la péréquation, entre le gouvernement fédéral et les provinces.
Déjà, Jean Charest s'adresse aux premiers ministres des autres provinces. «Il y a des gens qui n'ont pas encore apprécié une réalité : c'est qu'il faut refaire le rapport de force.» Les conférences fédérales-provinciales «rejouent le même film tous les ans avec des résultats mitigés.»
Pour obtenir des changements dans la fédération canadienne, il faut se battre. «C'est le propre de notre histoire», a-t-il dit, évoquant les batailles qu'a menées Jean Lesage pour créer la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Régie des rentes du Québec. «Faisons aussi preuve de lucidité», a prévenu M. Charest : le gouvernement fédéral ne cédera pas facilement aux revendications des provinces. «Il va falloir se battre comme Jean Lesage a été obligé de se battre», a-t-il martelé.
Tandis que le Parti libéral promet des baisses d'impôt de cinq milliards, le gouvernement fédéral n'a-t-il pas là un argument massue pour nier le déséquilibre fiscal ? Les baisses d'impôt au Québec, «franchement, ce n'est pas de leurs affaires», a-t-il tranché, rappelant que c'est là le vieil argument qu'Ottawa a opposé à l'Ontario.
Le fédéralisme revendicateur que Jean Charest semble maintenant épouser et l'esprit bagarreur qui l'anime, alors qu'il lui est permis d'espérer de devenir premier ministre dans une semaine, contrastent avec la position qu'il avait adoptée en janvier 2000, lors de l'étude en commission parlementaire du projet de loi 99 sur les prérogatives de l'État québécois, la réplique de l'Assemblée nationale au projet de loi fédéral C-20 sur la «clarté». Reconnaissant alors qu'il se dissociait du fédéralisme revendicateur pratiqué par ses prédécesseurs depuis la Révolution tranquille, M. Charest préconisait une version douce du fédéralisme, un «fédéralisme différent» mû par la «cogestion et la codécision», comme l'énonçait d'ailleurs le rapport du député libéral Benoît Pelletier.
Pendant la présente campagne, des députés libéraux fédéraux, qui nient l'existence du déséquilibre fiscal, prêtent main-forte à des candidats du PLQ. Mais ils le font à titre individuel, et on retrouve aussi des conservateurs, comme Benoît Bouchard, dans Roberval, Charles Langlois, dans Duplessis, et Charles-Eugène Morin, dans Matane, a tenu à préciser M. Charest. Il est dans l'ordre des choses que les positions des deux partis libéraux à Ottawa et à Québec puissent différer, a-t-il soutenu. Quant à Bernard Landry qui voit en Jean Charest un nouvel Adélard Godbout, le chef libéral estime que «M. Landry perd son temps avec ce discours qui, franchement, est daté, passé dû [sic]. On est en 2003.»
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Élection 2003
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Le jour, la nuit et Jean Charest
Yves Boisvert
La Presse - mardi 8 avril 2003
Élections 2003 - Au fond, Jean Charest a passé sa carrière politique à se préparer... après. À relire cinq ans plus tard la biographie que lui a consacrée André Pratte (1), et à voir la tournure des événements depuis 1998, on a l'impression d'un homme qui a vécu l'essentiel de sa carrière politique avec sur les épaules le fardeau de la preuve.
La preuve qu'il serait capable, contre toute attente.
Il y a cinq ans, quand il est arrivé à la tête du Parti libéral du Québec, il ne marchait pas, il ne courait pas, il volait. Six mois plus tard, la loi de la gravité l'a ramené au tapis. Les 20 points d'avance que les sondages lui concédaient au printemps avaient disparu. Et en bout de ligne, son parti a perdu les élections: 47 libéraux ont été élus contre 77 péquistes et un adéquiste.
Le PLQ de Jean Charest a récolté 27 618 voix de plus que le PQ de Lucien Bouchard aux dernières élections générales, mais ce n'est pas un prix de consolation qu'on lui promettait quand il est devenu le chef du PLQ. C'était le pouvoir, et facilement.
Or, la facilité a fait ressortir son manque de préparation et de profondeur sur la plupart des sujets. Et finalement, l'illustration d'une certaine paresse intellectuelle.
Il est arrivé sous la lumière (artificielle) des médias. Il a fini l'année 1998 dans l'ombre de la défaite. Le jour. Puis la nuit.
Quand on lui a demandé, hier, quelle était la différence entre le Jean Charest des dernières élections et celui de 2003, il a tranché immédiatement: "Le jour et la nuit." Il s'est mis à l'étude (forcée), il a fait le tour du Québec "plus souvent que (ses) deux adversaires ensemble", dit-il. D'où cette affirmation: il est prêt.
Il ne lui suffit pas d'être prêt. Il est nécessaire que cela se sache. "Je suis prêt": un slogan qui est autant une promesse qu'un aveu. Il ne l'était pas du tout il y a cinq ans. Il ne faisait pas le poids.
Était-ce un concours de circonstances? En partie. Il semblait que tout l'avenir du fédéralisme canadien reposait sur ses épaules. Il semblait aussi que plusieurs ne lui auraient pas pardonné de refuser le rôle de sauveur qu'on lui avait fabriqué.
Mais la vie politique de Jean Charest commence par une plongée dans l'inconnue. Il a 26 ans, à peine trois ans d'expérience d'une petite pratique de droit criminel à Sherbrooke, sa ville natale, aucune grande réalisation personnelle, peu d'idées très étoffées et, finalement, beaucoup de chance de s'être présenté pour le parti de Brian Mulroney.
Est-il prêt, à 26 ans? Non, il ne l'est pas, comme un grand nombre des nouveaux députés du Parti conservateur au Québec, emportés par la vague bleue de 1984. Il n'était pas davantage prêt en 1986, à l'âge de 28 ans, à devenir le plus jeune ministre fédéral de l'histoire. Ministre d'État à la Jeunesse, donc sans portefeuille, mais ministre tout de même.
Il ne s'en tire pas mal, et se fait réélire en 1988. Mais en 1990, alors qu'il est en Nouvelle-Zélande aux Jeux du Commonwealth, il commet une gaffe qui lui fera perdre pendant un an son titre de ministre. Une gaffe qu'en juriste le moindrement averti, il aurait dû éviter: alors que la Cour supérieure entend la requête de l'entraîneur Daniel Saint-Hilaire, le ministre Charest appelle le bureau du juge, apparemment pour donner des informations. Il avait cru que le juge avait demandé à lui parler, a-t-il dit plus tard.
De toute manière, le juge n'a jamais pris l'appel, mais a déclaré publiquement que le ministre venait de tenter de l'appeler directement. Ce qui, évidemment, ne se fait pas: le pouvoir exécutif n'a pas à s'immiscer, ou même paraître s'immiscer dans le travail du judiciaire.
Il doit démissionner. Jean Charest redevient le député de Sherbrooke en janvier 1990.
Le lac Meech
Mais dès le mois de mars, Brian Mulroney lui confie une tâche encore plus périlleuse: présider un comité constitutionnel pour sauver du naufrage l'accord du lac Meech, censé permettre au Québec de signer la Constitution de 1982 "dans l'honneur et l'enthousiasme", selon le célèbre discours de Brian Mulroney écrit par Lucien Bouchard, alors qu'il conseillait le premier ministre conservateur. Le rapport du comité a été répudié par Lucien Bouchard comme une dilution de l'accord constitutionnel, et il a servi de prétexte à sa démission du cabinet. Quel qu'ait été son mérite, on ne peut pas dire que ce fut un triomphe.
Mais l'année suivante, Charest revient au cabinet "par la grande porte". Il devient ministre de l'Environnement... poste qu'occupait jusqu'à sa démission Lucien Bouchard.
Cette fois, il ne ratera pas son coup. Le personnel du ministère, et même certains militants lui accordent une forte note comme ministre de l'Environnement. Il se montre studieux et, surtout, réussit à créer un esprit d'équipe au Sommet de la Terre à Rio. Selon l'avis général, il a montré à ce titre beaucoup plus que des talents de beau parleur: une connaissance approfondie de son sujet (il pouvait discuter des heures avec les spécialistes sans avoir l'air fou) et un talent pour faire converger les énergies. De l'envergure politique, en somme...
Vient ensuite la descente aux enfers du Parti conservateur, la démission de Brian Mulroney et la course au leadership. Il n'a aucune chance, dit-on, devant Kim Campbell. Or, c'est quand il a tout à prouver qu'il est à son mieux, et il chauffe la favorite étonnamment. On connaît la suite: de la plus grosse majorité parlementaire de l'histoire canadienne... les conservateurs ne retiendront que deux sièges en 1993. Dont celui de Jean Charest à Sherbrooke.
C'est lui qui deviendra le chef du parti. À ce titre, il jouera un rôle plus important que prévu dans la campagne référendaire de 1995, où encore une fois son talent d'orateur est mis en évidence. Il doit affronter Lucien Bouchard, l'homme qui a démissionné "à cause" de son rapport, trop compromettant pour le Québec selon lui. Il devrait être sur la défensive, mais réussit à s'en tirer plus qu'honorablement et vole même la vedette aux vrais chefs du Non pendant la campagne.
La victoire fédéraliste est archi-mince, et plusieurs, notamment au Canada anglais, font reproche à Jean Chrétien de n'avoir pas fait son travail. Inversement, le prestige de Charest croît, au Québec comme au Canada anglais.
Aux élections fédérales de 1997, les conservateurs de Jean Charest font élire 20 députés, dont cinq au Québec. L'effet Charest n'a pas donné les dividendes escomptés. N'importe: Charest, chef du cinquième parti à Ottawa, tente de reconstruire le PC. Mais il sera aspiré vers le Québec en 1998 avant d'avoir vraiment commencé.
Qui est Jean Charest? Dans une entrevue donnée à L'actualité l'été dernier, il s'est défini ainsi: "On ne me changera pas: je suis un gars de région, de famille, très loyal, croyant aux valeurs de liberté individuelle propres au PLQ. Je crois au Québec et au rôle de leader qu'il doit jouer dans la fédération canadienne. Je crois aussi que notre avenir se joue au sein du Canada." Il ajoutait qu'il serait, comme premier ministre, comme il était ministre à Ottawa: "collégial", travaillant "loyalement avec la fonction publique" et faisant "avancer tous les dossiers" confiés.
Mais tant face à un père autoritaire qui, souvent, paraissait ne pas le prendre au sérieux que devant l'électorat, Jean Charest semble ne se révéler à son mieux que lorsqu'il doit faire ses preuves. Quand il est attaqué.
Autrement, il arrive qu'on soit en face de ce qu'André Pratte appelait "l'énigme" Charest, et que Brian Mulroney appelait son "petit côté Hamlet". Hier, pendant de longues minutes- était-ce la fatigue?- il était d'un calme frisant l'ennui. Jusqu'à ce qu'il soit suffisamment agacé pour s'animer tout entier.
Le jour après la nuit.
1. L'ÉNIGME CHAREST, Boréal, 1998.
La Presse publiera d'ici le 14 avril les portraits des chefs des trois principaux partis sous la plume du chroniqueur Yves Boisvert. Aujourd'hui, le chef du Parti libéral, Jean Charest.
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Élection 2003
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Plus que jamais 2005 Un mandat du Parti québécois doit être un mandat qui engage à mettre le cap sur la souveraineté
Chantale Turcot
L'auteure est la nouvelle présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ).
La Presse - mardi 8 avril 2003
DANS LA VIE des peuples, la question nationale est toujours fondamentale. Ou bien elle est résolue et les débats qui font la vie de la nation se structurent en référence aux meilleures avenues à suivre pour en assurer le développement; ou bien elle reste en suspens, et alors elle déteint sur tous les débats. Quelle est la maîtrise que nous exerçons sur les choix que nous faisons? Sur quelle majorité repose la légitimité démocratique quand fait défaut la reconnaissance nationale? Puisque rien n'est encore résolu, qu'on le veuille ou non, chaque élection nous ramène à la question nationale.
Fatigués ou pas des débats constitutionnels, la question du Québec va encore une fois charpenter les enjeux de la prochaine élection. Le MNQ tient à redire ici le mot de Gaston Miron: "Tant qu'elle n'est pas faite, l'indépendance reste à faire." La souveraineté est la seule voie de développement pour notre peuple. Il faut souhaiter que l'élection nous fournira l'occasion de réunir les moyens de franchir les derniers obstacles.
La campagne en cours n'est pas tant une lutte à trois qu'un affrontement entre la volonté de poursuivre la marche du Québec et le consentement à lui faire prendre son rang. Les souverainistes sont les seuls à proposer un avenir acceptable pour notre peuple. Les partis dits fédéralistes ne défendent plus désormais qu'une adhésion inconditionnelle au Canada, qu'un ordre politique. Un ordre qui nous condamne au statut de minorité et qui nous enferme dans une logique provinciale nous privant chaque jour davantage des moyens de faire valoir nos intérêts nationaux.
Qu'Ottawa piétine les compétences de l'Assemblée nationale, qu'il détourne les fonds de l'assurance-emploi ou qu'il nie le déséquilibre fiscal, on ne peut jamais compter que sur des dénonciations creuses de la part de ceux et celles qui sont prêts à donner une millième autre chance au Canada. Le dernier budget de John Manley l'a encore illustré. Libéraux et adéquistes ont dénoncé timidement les intrusions annoncées dans les champs de compétence du Québec. Fidèles à eux-mêmes, ils refusent de dire à partir de quel seuil ces abus portent atteinte aux capacités vitales du Québec.
On ne peut accepter que le Québec soit une province comme les autres. Il ne peut pas y avoir de relation de peuple à peuple lorsque ce même Canada refuse de reconnaître notre existence nationale dans sa constitution même. À l'heure où les transformations du monde se font plus pressantes que jamais sur le destin des peuples, il est de la plus urgente nécessité de parler pour soi, d'agir pour soi. Le statut de province dresse un écran de plus en plus opaque entre le Québec et le monde. Le Canada est un intermédiaire, au mieux inutile, au pire, nuisible. Il appartiendra aux partis politiques de proposer à la population des engagements fermes afin de sortir le Québec du marasme politique dans lequel il s'enlise.
Le prochain Sommet des Amériques prévu pour 2005 est-il une échéance de choix? Au MNQ, nous croyons que oui. Il faut qu'à cette occasion le Québec occupe sa place à la table des nations. Le Québec bouillonne comme jamais; son dynamisme économique ne cesse de surprendre; sa créativité et son dynamisme culturels n'ont jamais été aussi remarquables. Il faut que cette énergie collective soit enfin canalisée pour qu'on en finisse avec la politique de l'impuissance et des jérémiades sur l'arrogance d'Ottawa. Le MNQ est trop confiant dans les moyens du Québec pour se contenter d'envisager encore des décennies de travail défensif, de mobilisation pour sauver les meubles. Des urgences immédiates nous imposent de bouger plus rapidement et plus énergiquement pour faire valoir nos intérêts nationaux.
Il faut recouvrer la maîtrise fiscale qui nous donnera les moyens de faire face aux défis de la reconfiguration des services publics; il faut les moyens d'une véritable politique de la population et de l'occupation du territoire; il faut une politique linguistique plus énergique pour contrer les érosions de la loi 101. La liste pourrait s'allonger.
Les engagements électoraux permettront sans doute d'ébaucher quelques réponses. Mais il est clair pour le MNQ que ces réponses sont condamnées à rester partielles et incomplètes tant que le Québec ne maîtrisera pas tous ses moyens. En tant que chef du Parti québécois et leader souverainiste, M. Landry ne doit pas seulement promettre de parler davantage de souveraineté. Il doit prendre l'engagement de mettre en oeuvre des moyens qui permettront d'être à temps au rendez-vous de 2005. La souveraineté n'est pas d'abord qu'une affaire de ferveur, c'est une affaire de politique. Un mandat du Parti québécois doit être un mandat qui engage à mettre le cap sur la souveraineté par des gestes politiques.
Le Mouvement national des Québécoises et Québécois fera tout en son possible pour rappeler à la population du Québec- à celles et ceux qui aspirent à gouverner- que le manque d'audace et les conduites velléitaires sont les pires obstacles qui se dressent devant nous et qui ralentissent notre accession à la pleine maîtrise de notre destin. Le Québec est capable de se présenter à son rendez-vous de 2005 dans la fierté et la confiance de ses moyens.
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Élection 2003
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"Croix" de société Depuis des années, le PQ prépare la table au 3e référendum
Claude Rivard
La Presse - mardi 8 avril 2003
Élections 2003 - IL NE NOUS reste que six jours pour décider où faire notre croix. Geste anodin pour certains, acte de foi pour d'autres. Nous vivons encore dans un état de droit et notre choix décidera lundi prochain de l'orientation de notre société pour les prochaines années. Vous voulez la semaine de 4 jours? Vous acceptez alors les délais d'attente qui seront créés dans le réseau lorsque les travailleurs de la santé décideront de s'en prévaloir.
Au cours de cette campagne, les vrais enjeux et choix de société furent, pour la majorité, traités de façon superficielle. Les apparitions publiques des chefs furent "encadrées" devant des groupes de militants et le débat des chefs s'est déroulé comme un film américain de série "B".
M. Charest ressort un vieux squelette du placard, dont se débarrasse rapidement M. Landry moins de deux jours plus tard. Depuis le débat, M. Landry ne semble avoir que les mots "défusions" et "horizon atroce" sur les lèvres quand il critique le programme libéral. Les défusions... est-ce vraiment un enjeu dans cette campagne?
Les vrais enjeux? Tous les partis sont d'accord pour dire que les prochaines années seront décisives dans les choix que nous devrons prendre. Nous devrons gérer notre richesse d'une façon responsable et parcimonieuse.
Dans ce contexte, je suis passablement gêné d'entendre M. Landry nous présenter son programme dans lequel on parle de "préparer le Québec au prochain référendum". Peut-on se permettre le luxe de gaspiller nos impôts à occuper des ressources gouvernementales pour la préparation d'un troisième référendum? De parler d'avoir une constitution ou une armée alors que nous ne pouvons même pas soigner notre population adéquatement?
Depuis des années le PQ travaille à préparer la table au troisième référendum. Le mot "provincial" est disparu progressivement de tous les comités qui sont devenus "nationaux". On a aussi assisté à la mise en place progressive d'une bureaucratie de plus en plus envahissante et on nous en promet même une pour gérer nos vacances! Est-ce vraiment un besoin? Une priorité?
Pour ce qui est de la semaine de quatre jours, la précipitation avec laquelle fut lancé ce ballon électoral laisse croire que ce programme risque d'être appliqué de façon improvisée et sans vision à court terme de ses effets pervers. Un peu comme fut appliquée la loi 114, permettant d'envoyer des huissiers aux médecins d'urgence du Québec. Un "horizon atroce" selon moi est celui où on devra avoir plus de lois et de contrôles pour gérer les erreurs passées.
Les libéraux veulent se rendre attirants en promettant de dépenser plus en santé. Ils ouvrent plus de lits pour les chroniques, ils lèvent les quotas pour les médecins (mesure simple permettant à ceux-ci de travailler plus sans ajouter de paperasserie) et veulent faire subir un régime minceur aux Régies régionales.
Faire de telles promesses en disant qu'ils vont baisser nos impôts de façon récurrente les rend cependant moins crédibles. De toute façon, il y aura toujours une excuse (conjoncture économique mondiale défavorable, taux de change de notre monnaie, erreur des prévisions, etc.) pour ne pas avoir les baisses d'impôts promises par les libéraux. On est malheureusement habitués à ça.
L'ADQ... se dégonfle tranquillement. Cette formation de jeunes loups aura eu le mérite d'amener des idées nouvelles pour notre société (reprises par les autres partis). M. Dumont est resté seul représentant de son parti pendant des années à l'Assemblée nationale et s'y est endurci. Un homme aguerri ne peut cependant pas gouverner adéquatement seul. Espérons qu'il aura une équipe plus importante à ses côtés durant les prochaines années, donnant à cette formation plus d'expérience aux yeux de l'électorat.
Finalement pour terminer, un voyage dans le futur avec cette manchette de 2007: "Avec les baisses d'impôts, les promesses de construction des superhôpitaux et la construction de l'autoroute 30, tous les partis promettent à la population la même chose: l'accès à un médecin de famille pour tous".
Claude Rivard
L'auteur est médecin chef du département de médecine d'urgence d'un centre hospitalier de Longueuil. Une fois par semaine, tout au long de la campagne électorale, il nous livre ses commentaires sur notre système de santé et sur les solutions pour améliorer la situation.
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Élection 2003
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Pas de budget Marois si Charest devient premier ministre
Michel Hébert - Journal de Montréal
Canoe.com - mardi 8 avril 2003
Un gouvernement libéral n'adoptera pas le budget que la ministre des Finances, Pauline Marois, a déposé à l'Assemblée nationale, le 11 mars, à la veille du déclenchement des élections générales.
Ce budget n'a d'ailleurs pas été adopté et le chef libéral, Jean Charest, ne s'y sent pas lié, d'autant plus qu'il prévoit y apporter une modification majeure: verser au réseau de la santé la réserve de 809 millions de dollars mise de côté par Pauline Marois.
Nouveau budget
«Nous allons forcément déposer un nouveau budget, parce que la campagne aura permis aux gens de choisir une vision du Québec. Dans le cas de Bernard Landry, c'est l'interventionnisme, un État qui s'immisce même dans nos vacances. Nous, notre priorité, c'est la santé», a rappelé M. Charest, dans une longue entrevue au Journal, hier matin.
«Quand le gouvernement fédéral avait conclu une entente avec les provinces, a-t-il ajouté, nous avions prévu ajouter les fonds fédéraux à notre cadre financier. On ne les soustraira pas, on les ajoutera.»
Le Québec a reçu 1,6 milliard de dollars d'Ottawa, en février. Mme Marois en a affecté 838 millions à la santé dans le budget et a reporté le solde, 809 millions, à plus tard.
Ce plan budgétaire ne sera pas respecté si les libéraux prennent le pouvoir le 14 avril, assure M. Charest. «On va le transformer en reflétant nos priorités en santé. On verra des changements en partant. La santé a déjà fait l'objet d'un débat au Québec et (en votant pour nous), les gens feront ce choix-là», a dit M. Charest.
Le cadre financier du PLQ prévoit ajouter 6,2 milliards de dollars en six ans dans la santé, dont 1,8 milliard dans les soins à domicile, les centres d'hébergement, la réduction des listes d'attente, l'embauche de personnel infirmier et médical, etc.
De plus, le budget Marois ne comprend pas de baisses d'impôt, ce que s'empressera de corriger aussi un éventuel gouvernement libéral. «Nous allons baisser les impôts de tout le monde, surtout des familles», a insisté M. Charest.
Cadre financier
Le chef du PLQ soutient que son cadre financier est crédible et prudent. Il sous-estime sciemment la croissance économique du Québec - donc les revenus potentiels du gouvernement - et exclut les augmentations éventuelles des transferts fédéraux ainsi que les économies qui viendront du «ménage» dans les diverses mesures de soutien aux entreprises.
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Élection 2003
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"Une exploitation électorale et cynique" : La semaine de quatre jours promise par le PQ est irréalisable, selon Jean Charest
Pascale Breton
La Presse - mardi 8 avril 2003
À l'occasion de la campagne électorale, La Presse a invité les chefs des trois principaux partis à participer tour à tour à une rencontre. Jean Charest, du Parti libéral, et Mario Dumont, de l'Action démocratique, ont accepté jusqu'à maintenant l'invitation. Nous présentons aujourd'hui un compte rendu de l'entretien avec M. Charest, réalisé hier après-midi. La rencontre avec M. Dumont doit avoir lieu mercredi.
L'IDÉE de la semaine de quatre jours mise de l'avant par le gouvernement Landry est une "exploitation électorale et cynique" qui ne verra pas le jour, croit le chef libéral Jean Charest.
Au cours d'une interview accordée hier à La Presse, M. Charest n'a pas fermé la porte à la conciliation famille-travail, tout en affirmant que la mesure proposée par les péquistes est tout à fait irréalisable.
"Je vois ça comme étant cynique de la part de M. Landry. (...) Je vois ça comme étant une exploitation électoraliste ce qu'il fait, en cherchant à exploiter chez ces gens-là un sentiment qu'ils ont- peut-être une frustration dans leur vie- tout en n'ayant pas de solution réelle à leur offrir, mais plutôt une espèce de mirage", a déclaré M. Charest.
C'est lors de la réunion de son Conseil national à Trois-Rivières, en février, que le Parti québécois a mis pour la première fois sur la table l'idée d'offrir la semaine de quatre jours aux familles qui ont des enfants de moins de 12 ans.
M. Landry a par la suite affirmé à plusieurs reprises que son équipe planchait sur cette question depuis plus d'un an et que des études sur la question étaient prêtes. Une affirmation qui a cependant été contredite par la ministre des Finances, Pauline Marois, au cours des derniers jours, elle qui a indiqué "l'avoir appris en même temps que tout le monde".
Au cours de la présente campagne électorale, M. Landry a aussi fait un pas de plus en promettant l'adoption d'une loi-cadre sur la conciliation famille-travail. Dès le 1er janvier 2004, les travailleurs qui le souhaitent pourront réduire leur temps de travail de 20 %, avec un salaire ajusté en conséquence, a-t-il indiqué.
Les contribuables ne peuvent financièrement se permettre de travailler moins, a rétorqué hier le chef libéral. "Ce n'est pas vrai que c'est un choix qui est facilement disponible pour tout le monde et qu'une famille peut facilement se permettre de perdre un revenu. Ce n'est pas vrai, je ne le crois pas."
Le Parti québécois improvise, croit d'ailleurs M. Charest, d'autant plus qu'aucune étude n'a encore été dévoilée. "Il faut être sérieux là-dessus et ce n'est pas vrai qu'on peut juste lancer ça en l'air. On fait miroiter aux gens des choses qui sont fausses", a-t-il affirmé.
Le chef libéral reconnaît cependant que la présente campagne aura eu le mérite de mettre en lumière ce nouvel enjeu de la réduction du temps de travail. Il s'agit d'une préoccupation importante avec laquelle un prochain gouvernement du Québec devra inévitablement composer, a-t-il indiqué hier.
S'ils sont élus, les libéraux seront disposés à aider les Québécois à mieux concilier le travail et la vie familiale, mais il ne sera pas question de faire adopter de loi en ce sens, a indiqué clairement M. Charest.
"On reconnaît qu'il y a là un enjeu important et on va être prêts à examiner toutes les pistes qui vont nous permettre d'offrir des solutions à ces familles. Mais on ne veut pas le faire de façon mur à mur et on ne veut pas être obligé de légiférer."
Le gouvernement doit offrir des choix aux travailleurs et non pas décider à leur place, a ajouté le chef libéral, en soulignant que la meilleure façon d'aider les familles est de renflouer leur portefeuille. En plus de l'aide aux devoirs, la politique familiale des libéraux prévoit d'ailleurs une réduction des impôts des contribuables de cinq milliards en cinq ans.
Alors qu'une majorité de Québécois ne croient pas que les libéraux pourront à la fois réduire les impôts et réinvestir en santé, M. Charest a une nouvelle fois défendu son cadre financier hier.
Le scepticisme des électeurs n'est pas étonnant, a-t-il d'ailleurs affirmé. "Dans toutes les campagnes où les partis ont décidé de proposer des réductions d'impôts, cela a été reçu avec un certain degré de scepticisme. On le savait et on a choisi de sortir tôt (notre plan) et de le tester", a indiqué M. Charest en rappelant que des experts indépendants l'avaient évalué.
Malgré un contexte économique incertain, surtout avec la guerre en Irak, les libéraux pourront boucler leur budget en respectant le déficit zéro, a aussi promis le chef libéral, en soulignant que le cadre financier du Parti libéral est élaboré selon une tendance sur cinq ans.
La révision du fonctionnement du rôle de l'État et des différents programmes et organismes permettra ensuite de dégager des marges de manoeuvre, a rappelé M. Charest.
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