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ACTUALITÉ

L'union avec le Canada
- Une option incontournable pour les indépendantistes

Michel Seymour
Département de philosophie, Université de Montréal
LE DEVOIR vendredi 16 mai 2003


Dans un texte publié récemment, François Legault se demande si «un éventuel partenariat politique avec le reste du Canada est toujours nécessaire». [...] Ce passage m'a quelque peu déconcerté. Je présume que M. Legault est d'accord pour préserver une union économique avec le Canada. Il veut conserver ou améliorer l'union douanière ainsi que la libre circulation des personnes, des capitaux, des services et des travailleurs. Il souhaite en somme que soit maintenu un marché commun avec le Canada.

Il veut aussi sans aucun doute conserver le dollar canadien. Je présume en effet qu'il ne veut pas proposer une monnaie commune avec les États-Unis prenant la forme d'une dollarisation, à moins qu'il estime que les États-Unis «partagent nos valeurs économiques et sociales». Il est alors sans doute d'accord aussi avec le maintien d'une institution comme la Banque du Canada qui prendrait en charge la politique monétaire en tenant compte de la réalité économique des deux pays; d'accord pour qu'un traité vienne consacrer cette union économique après la souveraineté; et d'accord pour qu'un tribunal d'arbitrage soit instauré pour permettre le règlement des différends entre les deux pays.

Coordonner les politiques

Je présume enfin que M. Legault serait d'accord pour qu'un conseil des ministres se réunisse régulièrement afin de coordonner les politiques économiques des deux pays. Et pour qu'il n'y ait pas de déficit démocratique, il faudrait sans doute que les décisions prises au sein de ce conseil des ministres soient ratifiées par les assemblées nationales des deux pays. Or cette structure politique ressemble beaucoup à la proposition de partenariat économique et politique faite en 1995. La principale différence est que dans la proposition de 1995, on proposait aussi la création d'une assemblée de députés à l'échelle supranationale. J'estime pour ma part que nous n'avons pas besoin d'un autre palier de gouvernement et que le déficit démocratique ne risque pas de se produire si les deux assemblées nationales doivent ratifier les décisions prises.

M. Legault devrait reconnaître que nous n'avons pas une union économique de ce genre avec les autres pays et que l'ouverture à des partenariats économiques autres ne doit pas nous faire oublier la relation privilégiée que nous avons intérêt à préserver avec le Canada. Or cette relation appelle une union politique minimale comprenant un traité, un conseil des ministres et un tribunal d'arbitrage. Il s'agit d'une version particulière et minimale du projet d'union confédérale de Bernard Landry. Je ne comprends donc pas pourquoi M. Legault remet en question l'idée d'un partenariat politique de ce genre avec le Canada.

Le référendum pourra ne faire référence au partenariat que dans le préambule de la question, et il y a longtemps que nous avons abandonné le trait d'union qui liait le projet de souveraineté avec le partenariat. Mais une fois que nous aurons obtenu l'appui de la population en faveur de la souveraineté, il nous faudra inévitablement transiger avec le Canada.

Il faudra se doter d'une constitution qui tienne compte de certains aspects de la Constitution canadienne. Il faudra transférer les pouvoirs de plusieurs ministères [...]. Il faudra discuter d'une formule permettant au Québec de maintenir la monnaie canadienne et s'entendre sur certains aspects nouveaux ou anciens de l'union économique. Il faudra s'entendre sur un traité qui consacrerait cette union économique et mettre en place des institutions appropriées pour la gérer.

Des négociations devront en outre avoir lieu en ce qui concerne le partage de la dette en tenant compte du déficit d'actif. Il faudra aussi remplacer le gouvernement fédéral dans les secteurs où il occupe le terrain à lui seul : Postes Québec, Environnement Québec, etc. Il faudra mettre en place nos propres ambassades et envisager la possibilité de se doter de notre propre armée tout en se montrant ouverts à l'idée de mettre en commun avec le Canada une partie de nos effectifs militaires. Il faudra discuter de la façon d'assumer nos responsabilités au sein de NORAD et de l'OTAN. Il faudra adopter des politiques communes à l'égard des peuples autochtones vivant sur les deux territoires.

Inéluctables et indispensables

Les liens de partenariat politique avec le Canada sont donc inéluctables et indispensables. Ils sont avantageux autant pour le Canada que pour le Québec. Ils nous permettent de préserver une union économique entre les deux pays. Ils nous permettent de tenir compte du besoin d'unité des Canadiens et répondent aux inquiétudes de ceux qui craignent la désintégration du Canada après le départ du Québec. Ils assurent la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes entre le Canada de l'Ouest et le Canada de l'Est. Ils tiennent compte des identités multiples de certains Québécois. Ils permettent de justifier la protection continue de la minorité canadienne-française au Canada et de tenir compte des besoins de la minorité anglo-québécoise. Ils permettent de rassurer les Américains sur la stabilité de la situation économique au nord du 45e parallèle. Ils nous permettent en même temps de préserver notre autonomie et nos valeurs sociales par rapport aux États-Unis. [...]

Les liens de partenariat politique s'inscrivent en outre dans la conjoncture internationale contemporaine. C'est exactement ce qui se produit en Europe, et il n'y a pas de raison de refuser des liens de ce genre avec le Canada. La proposition de partenariat politique et économique nous permet aussi d'éviter le piège tendu par le gouvernement fédéral avec la loi C-20. L'État canadien souhaiterait bien voir le mouvement souverainiste adopter une position radicale antipartenariale parce qu'il se rend compte que le partenariat est une formule victorieuse permettant de convaincre une majorité de Québécois. [...]

Il faut rompre avec cette idée qui circule depuis quelque temps au sein du mouvement souverainiste et selon laquelle il faudrait couper les ponts avec l'axe canadien. Bien sûr, le dialogue constitutionnel est terminé avec le Canada. [...] Bien entendu, à l'ère de la mondialisation, le Québec entretient des relations avec plusieurs autres pays. Mais nous sommes quand même condamnés à faire affaire avec le Canada, quoi qu'il advienne. Il faut continuer de faire le procès du fédéralisme, rappeler les grandes revendications québécoises traditionnelles et afficher clairement notre ouverture au partenariat tout en développant notre option, l'indépendance nationale du Québec.

Certains souverainistes soutiennent que la souveraineté ne doit pas se faire dans le ressentiment : pour cette raison, il ne faut plus faire le bilan du fédéralisme canadien. Bien au contraire, c'est l'évacuation de notre relation au Canada qui trahit un certain ressentiment. D'autres soutiennent qu'il faut renoncer au nationalisme réactif, mais ils ne se rendent pas compte que la population ne s'engagera dans la souveraineté que s'il existe des motifs identitaires fondamentaux qui l'incitent à le faire. Il faut que la population se rende compte que le Canada n'a pas l'intention de reconnaître l'existence d'un peuple québécois sur son territoire. Mais puisque le Canada cherche à ne pas trop afficher ce refus, il faut que le Québec reprenne lui-même cette initiative. Et puisque les libéraux du Québec ne vont rien entreprendre à cet égard, cette responsabilité échoit désormais au Parti québécois.

La fédération multinationale ou la souveraineté partenariale : telles sont les deux grandes orientations politiques fondamentales du Québec. Il faut que les souverainistes eux-mêmes s'approprient pleinement cet héritage. Or, dans tous les cas, il s'agit de repenser nos rapports avec le Canada. Il est donc futile d'espérer se sortir de l'«axe canadien». Cette suggestion peut avoir un certain succès dans les colloques et auprès de certains militants, mais elle ne nous permet pas de rejoindre la population dans son ensemble.

En plus de manquer de réalisme, cette suggestion nous éloigne de l'objectif concret de la souveraineté. La souveraineté se fera à la suite d'un bilan répété et continu du fédéralisme, puis dans des négociations poursuivies avec nos partenaires canadiens après un vote favorable à la souveraineté et, enfin, dans la mise en place d'une structure partenariale garantissant le maintien de l'union économique et politique après que le Québec sera devenu un État indépendant. Il nous faut repenser les rapports avec le Canada dans les moindres détails et non poursuivre des débats en vase clos.




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Blanchet s'était fait faire un pont d'or par son propre conseil d'administration

Le président de la Société générale de financement négocie aujourd'hui les conditions de sa "démission"

Denis Lessard
La Presse vendredi 16 mai 2003


Québec - Le président de la Société générale de financement, Claude Blanchet, s'était vu octroyer des conditions de retraite par son propre conseil d'administration, qui allaient bien au-delà de ce que lui avait accordé le décret adopté par le Conseil des ministres lors de sa nomination.

C'est avec cette carte dans sa poche que M. Blanchet rencontre aujourd'hui le secrétaire général du gouvernement, André Dicaire, pour discuter des conditions de sa "démission". Mais dans l'entourage de Jean Charest, on veut s'assurer que M. Blanchet ne parte pas avec la caisse.

On fera valoir qu'il est pour le moins inhabituel qu'un président d'organisme fasse améliorer son traitement par un conseil d'administration qu'il préside. À la SGF, Sylvie Brousseau, la porte-parole, précise que ces bonifications avaient été accordées par un "comité à la rémunération" appuyées par des calculs d'une firme privée, Towers Perrin. Au Conseil exécutif, on fait bien peu de cas de ces observations, relevant que le comité- présidé à l'époque par Léon Courville- était composé des mêmes membres du conseil d'administration de la SGF qui avaient accordé un bonus allant jusqu'à 96 % de son salaire à M. Blanchet.

M. Blanchet devait être en place jusqu'en 2007, son mandat ayant été renouvelé l'an dernier pour cinq ans. Normalement les hauts fonctionnaires ne peuvent obtenir plus d'un an de salaire.

Des sources fiables ont indiqué à La Presse que c'est ce qui se dessine pour Claude Blanchet: il obtiendrait un an de salaire, soit 250 000 $, et un bonus, ainsi que 30 000 $ pour son régime de retraite. Hier soir, un proche collaborateur de Jean Charest niait qu'une telle entente soit intervenue.

Les conditions qu'il avait obtenues auprès de son propre conseil d'administration, une situation tout à fait exceptionnelle, étaient beaucoup plus généreuses. Comme tous les hauts fonctionnaires M. Blanchet avait droit à une rente de 2 % de son salaire par année d'ancienneté pour son régime de retraite. En plus, on lui avait accordé une prime au rendement à verser aussi dans son régime de retraite. Finalement, il avait droit à une autre rente supplémentaire allant de 5 % à 15 % de son salaire moyen, selon sa "longévité" à la tête de la SGF.

Le caractère inusité des conditions que le conseil de la SGF avait accordées à son propre président sautent aux yeux quand on se rappelle que dans une situation semblable, l'ancien président de la Caisse de dépôt, Jean-Claude Scraire, avait dû demander au Conseil des ministres une bonification de son régime de retraite avant d'accepter de remettre sa démission comme le lui réclamait le gouvernement Landry.

Pendant ce temps des sources fiables précisaient que les remplaçants par intérim de Claude Blanchet et Maurice Prud'homme, le président d'Investissement Québec, sont déjà choisis. À la SGF on parle d'André Roy ou de Dino Foucault, deux vice-présidents actuels, tandis que pour Investissement Québec, le vice-président Jean Larrivée serait appelé à la rescousse.

Les discussions sur la prime de départ de M. Blanchet surviennent au moment ou le gouvernement du Québec doit faire des contorsions pour comprimer ses dépenses. C'est plus de 1,8 milliard de dépenses de programmes qui devront être comprimées pour garder le cap sur le déficit zéro, a appris La Presse. C'est ce qu'a expliqué la secrétaire du Conseil du Trésor, Diane Jean, aux sous-ministres réunis jusqu'en début de soirée mercredi. Dans certains ministères les compressions frôlent les 10 %.

Le ministre des Finances, Yves Séguin, a laissé entendre hier qu'il comptait déposer son budget "à la mi-juin". La machine du Ministère fonctionne sur un budget devant être présenté le jeudi 12 juin, mais la décision n'est pas encore arrêtée.

Hier, à l'issue d'une rencontre avec son homologue fédéral, John Manley, M. Séguin a souligné que jamais dans le passé un gouvernement n'avait eu à trouver 4,3 milliards pour boucler un budget. La situation est "dramatique", a-t-il dit, soulignant que d'autres dépenses à prévoir devaient être ajoutées à l'impasse financière établie par l'ex-vérificateur Guy Breton dans son récent rapport. M. Manley a refusé de parler de "l'ancien dogme" du déséquilibre fiscal, même si l'un de ses principaux ténors était justement le ministre Séguin, avant qu'il ne fasse un nouveau saut en politique.

M. Manley a "donné un vent d'encouragement" au ministre Séguin qui souhaitait voir étaler la réduction de 300 millions des transferts fédéraux prévue pour 2003, conséquence des réajustements du recensement. Les deux hommes sont convenus de se revoir avant le dépôt du budget québécois.




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Blanchet poursuit ses négociations

Robert Dutrisac
LE DEVOIR vendredi 16 mai 2003


Québec - C'est aujourd'hui que le président de la Société général de financement (SGF), Claude Blanchet, rencontre le secrétaire général du Conseil exécutif, André Dicaire, afin d'arrêter les conditions de son départ de la présidence de la société d'État.

Mais contrairement à ce que certains médias ont rapporté, M. Blanchet était toujours en poste hier. Son remplaçant n'a donc pas été désigné. À sa dernière réunion, mercredi, le conseil des ministres n'a pas abordé la question de la présidence de la SGF ni celle, d'ailleurs, d'Investissement Québec, a-t-on laissé savoir au cabinet de M. Charest. Mais dans ce dernier cas, on sait que les jours de Maurice Prud'homme, un proche de Pauline Marois et de Claude Blanchet, à la tête d'Investissement Québec sont comptés.

«C'est tout à fait normal qu'il y ait des changements quand il y a un changement de gouvernement. Le contraire serait anormal. Mais tout ça se fait dans l'ordre et dans un esprit d'étroite collaboration avec la fonction publique», a dit Jean Charest hier au sujet du départ de M. Blanchet. Aucune décision n'a été prise, a précisé le premier ministre.

En vertu du décret sur ses conditions d'embauche, M. Blanchet touchera un an de salaire lors de son départ, c'est-à-dire 250 000 $, plus un mois de salaire pour chaque année passées à ses fonctions pour la résiliation de son contrat, soit 105 000 $, à quoi s'ajoutent les primes, s'il y a lieu, pour l'année en cours. Mais là où tout se complique, c'est au chapitre du calcul de son régime de retraite, dont une partie dépend de cibles fixées par le conseil d'administration. Bref, la note pourrait être salée.

Contrairement à ce qu'écrivait La Presse hier, la SGF ne sera pas démantelée sous peu. Le comité indépendant, qui sera chargé d'évaluer la mission de la SGF mais aussi, indique-t-on au cabinet de M. Charest, celles de l'ensemble des agences d'État qui viennent soutenir les entreprises, comme Investissement Québec, n'est pas encore formé et son rapport n'est pas attendu avant septembre. «La discussion sur la SGF, elle n'est pas amorcée», a précisé au Devoir le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet.




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" Politique d'adhésion " :
Le dernier mot aux citoyens

Le gouvernement libéral se défend de revenir sur ses promesses

Simon Boivin
Le Soleil vendredi 16 mai 2003


Alors que l'annonce d'une " politique d'adhésion " par Jean Charest a fait frémir plus d'un défusionniste, le gouvernement libéral se défend bien de vouloir revenir sur ses promesses de consultation populaire.

Chez les libéraux, on assure qu'il n'est pas question de faire la promotion des nouvelles villes. On souhaite plutôt, disent-ils, voir si des changements aux structures actuelles ne permettraient pas d'accommoder certains mécontents.

" Le processus qui mène à un référendum ne change en rien, explique Stéphane Gosselin, attaché de presse du ministre des Affaires municipales. Si les gens préfèrent revenir dans leurs anciennes limites, en tenant compte du principe de fiscalité d'agglomération, ils pourront le faire. Mais, présentement, nous tendons la main aux maires et aux gens pour voir si leurs suggestions ne permettraient pas une réingénierie qui satisfasse les défusionnistes. "

De plus, souligne M. Gosselin, une adhésion aux grandes villes ne signifierait pas " qu'on reste les bras croisés et qu'on ferme la porte à tout autre changement ".

Mais la critique en matière d'affaires municipales, Diane Lemieux, croit que le Parti libéral tente de se sortir d'un piège qu'il s'est lui-même tendu. À son sens, bien que le PLQ soit fort conscient de l'importance de la réussite des villes nouvelles, il est lié par son engagement de consultation. " Défusion, adhésion, on pourrait ajouter confusion, a-t-elle dit au SOLEIL. On ne peut pas dire qu'on a un préjugé favorable aux nouvelles villes et, en même temps, mettre sur pied un outil pour les démanteler. Les libéraux entrent dans une longue période de remous qui crée un climat malsain et dysfonctionnel pour les nouvelles villes. Ils se sont placés dans cette situation, et maintenant, ils se cherchent une porte de sortie. "

Pas d'entourloupettes

Les propos du premier ministre Charest sur l'adhésion aux nouvelles villes, mercredi, ont fait sursauté Simon Wilson, de la coalition panquébécoise des citoyens contre les fusions forcées. " Ça nous étonne un peu de voir la notion de fusion diluée au fur et à mesure, souligne-t-il. On espère qu'on ne s'est pas fait passer un sapin. On a sorti le PQ à cause des fusions forcées. Ce qu'on veut, c'est un référendum avec une question claire qui permette une défusion, pas des entourloupettes d'idées. Si on commence à nous trahir, c'est certain que les citoyens vont s'en souvenir dans quatre ans. "

Élue dans La Peltrie, un comté où le sentiment antifusion est palpable, la députée libérale France Hamel ne se sent pas prise entre l'arbre et l'écorce. Elle dit n'avoir reçu aucun commentaire négatif de la part de ses commettants et estime que la politique des libéraux est conforme à leurs engagements électoraux. À son sens, ceux qui s'inquiètent d'éventuelles barrières au succès de l'option défusionniste dans un référendum " paniquent un peu ".

" On avait déjà parlé du 10 % de signatures nécessaires pour les registres en campagne électorale, souligne-t-elle. Et le taux de 50 % de participation n'est qu'un scénario parmi d'autres. Le plus important, c'est que les gens aient leur mot à dire. Je ne suis pas rébarbative à l'idée que d'autres avenues soient évaluées et discutées dans la mesure où les citoyens auront la possibilité de se prononcer. "




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Le candidat Paul Martin veut un Canada plus volontaire et mieux armé


PC vendredi 16 mai 2003


HALIFAX (PC) - Paul Martin a appelé jeudi à une position plus offensive du Canada sur le terrain des affaires étrangères et de la défense, lors d'une réunion à l'hôtel de ville de Halifax.

Devant un parterre d'environ 80 personnes, l'ancien ministre fédéral des Finances et candidat favori à la succession de Jean Chrétien à la tête du Parti libéral, s'est montré frustré de voir le Canada rester parfois en retrait et ne pas prendre plus d'initiatives. "Je crois que parfois nous devons prendre le commandement", a-t-il lancé, faisant notamment référence au génocide rwandais et à son regret de ne pas avoir vu le Canada s'interposer fermement.

"Aujourd'hui au Congo, nous répétons la même chose qu'au Rwanda. Je crois que le Canada devrait avoir la capacité à prendre en main ce genre de projet. C'est une responsabilité qui devrait revenir aux pays développés."

Paul Martin a également abordé la question des équipements militaires, notamment la nécessité de remplacer la flotte vieillissante des hélicoptères de l'armée canadienne. "Il n'y a aucun doute que nous avons besoin d'hélicoptères maintenant, et passer commande aussi vite que possible."

Cette réunion était la cinquième et la dernière d'une série de rencontres qui l'ont emmené jusqu'à présent à Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. Lui permettant de préparer le terrain et mobiliser les forces avant l'élection du successeur de Jean Chrétien prévue le 15 novembre, ces réunions puis les discussions informelles qui suivent ont été l'occasion pour lui de lancer quelques piques au premier ministre.

A Montréal, il a ainsi critiqué Jean Chrétien, accusé d'avoir toléré "relâchement et dérive" au sein de son gouvernement. Il s'est également inscrit à l'encontre de la position gouvernementale sur le dossier du bouclier antimissile américain, arguant qu'il était dans l'intérêt du Canada de s'y rallier.

Paul Martin sera à Charlottetown samedi soir, pour le troisième des six grands débats qui l'oppose aux deux autres candidats à la succession de Jean Chrétien, à savoir l'actuelle ministre du Patrimoine, Sheila Copps, et le vice-premier ministre et ministre des Finances, John Manley.




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Ottawa admet vouloir discuter du bouclier antimissile avec les Etats-Unis

ISABELLE RODRIGUE
PC vendredi 16 mai 2003


OTTAWA (PC) - Le conseil des ministres a peut-être reporté sa décision une fois de plus mardi dernier, mais Ottawa semble déjà avoir fait son lit sur la question du bouclier antimissile et affirme vouloir prendre part aux discussions avec les Etats-Unis.

Prenant la parole lors d'un débat initié par le Bloc québécois à la Chambre des communes, le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, s'est fait très clair sur la position du gouvernement. Si le Canada tourne le dos aux Etats-Unis et refuse de participer au projet, il sera impossible d'en connaître les détails et de soumettre des conditions, a-t-il argumenté.

"Bien sûr, plusieurs questions restent en suspens quant à notre éventuel rôle dans un système de défense antimissile, mais ces questions ne trouveront une réponse que si nous amorçons des discussions formelles avec nos alliés américains", a plaidé le ministre Graham, qui prenait la parole au nom du gouvernement.

"Si nous ne discutons pas de cette question, on peut être sûr d'une chose, c'est que nous céderions notre voix, notre souveraineté, en plus de céder aux Etats-Unis le rôle de décider unilatéralement de la défense de l'Amérique du Nord", a poursuivi M. Graham, qui rappelle qu'avec ou sans le Canada, les Etats-Unis iraient de l'avant. Il en va aussi de l'avenir de NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord) et de la sécurité du pays, a mentionné le ministre.

Mardi, à la sortie de la réunion du conseil des ministres, le premier ministre Jean Chrétien annonçait que la décision était repoussée afin de permettre à son caucus de s'exprimer. Le sujet divise les rangs libéraux, où plusieurs députés s'opposent à l'adhésion du Canada au projet américain.

Pour le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le discours du ministre des Affaires étrangères est rien de moins qu'un aveu qu'Ottawa a pris position, et ce, bien qu'il dise le contraire.

"Quand on s'en va à la table de négociations, c'est qu'on négocie (...) Les Américains présentent leur projet, que le Canada le reçoive et qu'ils en débattent ici à la Chambre des communes en démocratie, c'est comme ça que ça se passe, a martelé M. Duceppe. Par la suite, si on décide d'y participer, on négociera."

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a aussi critiqué cette nouvelle approche du gouvernement, affirmant qu'elle est en contradiction avec la position canadienne en désaccord avec la militarisation de l'espace. D'ici l'automne 2004, les Etats-Unis auront mis en oeuvre la première étape du bouclier, en déployant des fusées d'interception terrestres qui serviraient à contrer des missiles balistiques.

Selon le néodémocrate Bill Blaikie, le projet américain vise ultimement à déployer des armes dans l'espace. "C'est la première étape d'un processus qui, de l'aveu même des Etats-Unis, mènera à la militarisation de l'espace", a-t-il déclaré. Le ministre Graham et son collègue de la Défense, John McCallum, ont réfuté cette interprétation, réitérant l'opposition du Canada à une telle idée.

Reste que les ministres auront à convaincre plusieurs personnes, à commencer par les membres de leur caucus. Le député libéral John Godfrey, qui ne cache pas ses inquiétudes, a d'ailleurs énuméré une vingtaine de questions lors de son intervention en Chambre. A son avis, le Canada doit obtenir plus de renseignements avant même de considérer mener des discussions avec Washington.

Il contredit également l'argument des deux ministres qui avancent que le Canada doit agir puisque les Etats-Unis, avec ou sans le Canada, mettront en place le bouclier.

"Si c'est inévitable, ça ne veut pas dire automatiquement qu'il faut y participer", a noté M. Godfrey, dressant un parallèle avec l'attaque "inévitable" sur l'Irak et la décision canadienne de ne pas se joindre aux frappes américaines.

De leur côté, les députés de l'Alliance canadienne ont enjoint le gouvernement à cesser de réfléchir et à participer au projet américain. Le Parti conservateur a, pour sa part, fait valoir que les informations étaient trop déficientes, à l'heure actuelle, pour pouvoir prendre position.




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Graham défend le bouclier antimissile américain

Le ministre estime que le Canada mettrait sa souveraineté en péril s'il ne participait pas au projet

Joël-Denis Bellavance
La Presse vendredi 16 mai 2003


Ottawa - Le Canada risque de mettre sa propre souveraineté en péril s'il refuse de participer au bouclier antimissile américain que propose l'administration Bush, estime le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham. Dans un vibrant plaidoyer en faveur de la participation canadienne à ce projet militaire controversé des États-Unis, hier, aux Communes, le ministre Graham a soutenu que le Canada ne peut s'en remettre à son puissant voisin pour défendre tout le territoire nord-américain.

Selon M. Graham, le Canada commettrait une erreur stratégique incalculable, d'autant plus que les Américains pourraient déterminer seuls la manière dont le continent doit être défendu contre des attaques nucléaires en provenance d'États voyous. En outre, l'absence du Canada pourrait condamner le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), organisation militaire binationale créée en 1958 par le Canada et les États-Unis pour défendre l'espace aérien du continent, à un rôle insignifiant.

M. Graham a tenu ces propos au cours d'un débat portant sur une motion du Bloc québécois enjoignant au gouvernement Chrétien de refuser de participer au bouclier antimissile américain, un projet que l'administration du président des États-Unis George W. Bush tient à lancer au plus tard à l'automne 2004.

C'est la première fois qu'un ministre du gouvernement Chrétien se prononce aussi clairement en faveur de cette initiative qui divise non seulement le cabinet mais aussi tout le caucus libéral.

"Les Américains ont clairement fait savoir leurs intentions. Voilà pourquoi le gouvernement croit qu'il est de notre responsabilité d'entreprendre des pourparlers avec les États-Unis afin d'assurer la sécurité des Canadiens et l'avenir de NORAD", a déclaré M. Graham.

"Nous savons que si nous ne participons pas aux pourparlers, nous n'aurons aucune voix au chapitre, en fait nous allons céder notre souveraineté et céder aux États-Unis le rôle de déterminer unilatéralement la forme que doit prendre la défense de l'Amérique du Nord et cela pour des générations à venir", a ajouté le ministre.

M. Graham et son collègue de la Défense, le ministre John McCallum, sont responsables de ce dossier au cabinet et au sein du caucus libéral. Au cours des derniers jours, ils ont multiplié les rencontres afin d'expliquer à leurs collègues libéraux réfractaires les avantages que tirera le Canada de sa participation au projet.

Le premier ministre Jean Chrétien, qui a déjà affirmé qu'il est dans l'intérêt du pays de collaborer à ce projet compte tenu que le Canada et les États-Unis partagent une longue frontière, a indiqué que son gouvernement annoncera une décision d'ici trois semaines.

À l'heure actuelle, les plans des Américains prévoient un système limité basé à terre et en mer comprenant six intercepteurs à compter de 2004 et jusqu'à 40 intercepteurs d'ici 2005 capables de détruire des missiles en les frappant à des vitesses extrêmement élevées.

Aux Communes, hier, M. Graham a aussi fait valoir que le Canada pourrait s'assurer, en participant au projet, que les États-Unis s'abstiennent de militariser l'espace aérien de l'Amérique du Nord.

"Nous ne pouvons tenir pour acquis que nous serons ou ne serons pas touchés par une attaque contre le continent que nous partageons. Une attaque contre Seattle sera inévitablement une attaque contre Vancouver, tout comme une attaque contre Buffalo en sera une contre Toronto", a noté M. Graham.

"La meilleure façon de s'assurer que les intérêts des Canadiens seront protégés c'est de continuer le dialogue avec les États-Unis sur toutes les questions qui concernent la sécurité du continent", a ajouté le ministre.

Ces propos du ministre Graham ont fait craindre le pire au Bloc québécois et au NPD qui croient que le gouvernement Chrétien a d'ores et déjà pris sa décision de participer au projet militaire des États-Unis, qui coûtera des milliards de dollars à réaliser.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a d'ailleurs tourné en ridicule l'argument du ministre des Affaires étrangères selon lequel le Canada doit participer au projet s'il veut conserver sa souveraineté.

"C'est aberrant comme raisonnement. Cela ne tient pas la route. Ce serait militariser l'espace. On nous dit que les choses ont changé à cause des attentats du 11 septembre. Écoutez, le 11 septembre, ce n'était pas des missiles, c'était des avions", a soumis M. Duceppe.

Le député néo-démocrate, Bill Blaikie, a soutenu que le Canada cautionnera la militarisation de l'espace s'il participe au bouclier antimissile. Le seul moyen d'éviter une telle situation est d'exiger que les États-Unis signent un traité interdisant la militarisation de l'espace.

Le chef du Parti conservateur, Joe Clark, a aussi contesté le raisonnement du ministre Graham en faisant valoir que le Canada exercera sa souveraineté s'il décide de participer au projet et il l'exercera tout autant s'il refuse de s'y associer.

La motion du Bloc québécois a permis aux simples députés de toutes les allégeances de s'exprimer pour la première fois sur cette question. Toutefois, la motion ne sera pas mise aux voix.




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The MADness of opposing NMD

George Jonas
National Post Wednesday, May 14, 2003


John Godfrey, the Liberal MP for Toronto's Don Valley West, offers good advice in these pages when he writes, as he did on Monday, that we in Canada "should support the war against terror." Nor is he wrong to suggest that when we contemplate Canada's participation in National Missile Defence (NMD) we should "above all, retain our understanding and empathy for this great nation to our south in its hour of trial and temptation." Well, perhaps it's a trifle condescending to put it this way -- after all, America's trial is Canada's trial, too, and it's easier to resist all temptation to defend ourselves when we lack the means -- but let it pass. At least in Canada we never resist the temptation to sound holier-than-thou.

The rest of Mr. Godfrey's advice is bad. This isn't surprising, considering that faulty analysis rarely yields workable conclusions. In fact, while I disagree with Mr. Godfrey's conclusions, I find myself disagreeing with his analysis even more. Perhaps it's possible to reach the same destination as he does -- Canada shouldn't participate in NMD -- but not through the route he takes.

I've only enough space for the most salient landmarks of Mr. Godfrey's journey, but they'll suffice. Mr. Godfrey suggests that the world has seen two nuclear ages. The first was before India and Pakistan tested their weapons in 1998; the second is the current period where nuclear proliferation is "out of control." He writes that it was the "old-fashioned and difficult work of international arms control and disarmament that helped the world avoid catastrophe" in the first nuclear age, the very approach the Bush administration now wishes to abandon for the doctrine of "unilateralism, pre-emption, and military domination." Hence NMD, which would facilitate "American intervention overseas" -- presumably by letting Washington throw missiles at bad guys who couldn't throw any back.

First, one wonders what's wrong with a system that lets good guys throw missiles at bad guys with impunity? It's like objecting to cops wearing bullet-proof vests because it might encourage them to go after criminals. This might worry people who can't tell cops from robbers; it wouldn't worry anyone else. But leaving this aside, here's the key problem with Mr. Godfrey's analysis. Catastrophe wasn't averted by "old-fashioned arms control and disarmament" in the first nuclear age. Arms control was never designed to avert catastrophe. Catastrophe was averted by MAD, mutual assured destruction, much ridiculed by the mushy left at the time. The problem with old-fashioned arms control was that it couldn't prevent proliferation, which it was designed to prevent. Arms control was supposed to be the lock on the barn door. If even a locked barn door couldn't stop the horse from bolting, locking it after the horse has gone would be of limited help.

MAD is no longer a stabilizing force. In a world where Kim Jong-il may sell Osama bin Laden (or his successor) nuclear weapons, stability can only come from Pax Americana -- the very notion that upsets Mr. Godfrey. He suggests North Korea is building bombs in order to get respect, because America's invasion of Iraq showed Kim Jong-il that "if you are weak and non-nuclear, look out." One flaw in this argument is that Mr. Kim started his nuclear program long before Iraq was invaded; another is that most countries in the world are non-nuclear, yet feel no need to "look out" for America. But even if Mr. Godfrey were right, his reasoning would amount to suggesting that while being vulnerable didn't protect Saddam Hussein against President Bush, it would somehow protect us against Mr. Kim. If only we left ourselves defenceless against his nuclear weapons, he wouldn't build them.

People who share Mr. Godfrey's views can never make up their minds whether to oppose NMD because it may not work or because it may work only too well. As Andrew Coyne put it last week: "They rely on two lines of argument that so perfectly contradict one another as to wreak their own kind of mutually assured destruction." Mr. Godfrey seeks to combine the two arguments when he writes: "By creating the illusion that this unproven technology can offer immunity from attack through 100% surety that America and its chosen allies can be defended, the United States would be in a position of taking aggressive, preemptive action against all nations, weak and strong alike." Perhaps Mr. Godfrey should choose one argument and stick to it, for adding up opposites cancels out both. One plus minus one equals zero (I just checked it on my pocket calculator to make sure.) If immunity were an illusion, the U.S. couldn't act against nuclear powers with impunity, and if it could, immunity wouldn't be an illusion.

It seems plain Mr. Godfrey is less worried that NMD might not work than that it might -- or at least that simple folk like Kim Jong-il might think that it works, and so abandon their attempts at nuclear blackmail. This isn't hard to deduce from the way Mr. Godfrey uses quotation marks around the word "rogue" in the phrase " 'rogue' nuclear states like North Korea." Clearly, in his mind there's nothing rogue about a dysfunctional tyranny that, in addition to breaching agreements on nuclear development, blows up airliners, kidnaps civilians, and starves its own people. Bush-style pre-emptive Yankees may describe such states as "rogue," but Canadian parliamentarians of the requisite moral equivalence would never stoop to such vulgarity.

In the end one wonders what is at the root of anti-NMD arguments of this ilk. Whatever Mr. Godfrey lacks, it isn't IQ. When the rational components of an intelligent person's reasoning don't add up, one begins to look for an emotional component. Finding one is easy enough in the case of the British novelist Margaret Drabble, who wrote in last week's Daily Telegraph: "My anti-Americanism has become almost uncontrollable. It has possessed me, like a disease." That seems plain enough for a snap diagnosis -- say, a low pressure system in the left hemisphere, amounting, in the case of the popular novelist, to a tropical depression. Although Mr. Godfrey, unlike Ms. Drabble, isn't barking mad, the murk in his mind is being carried by moist winds from the same quadrant.




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Graham backs missile shield

U.S. defence plan won't weaponize space, so Canada should play part, minister says

Daniel Leblanc
The Globe and Mail Friday, May 16, 2003


Ottawa ONT - Weaponization of space is a far-fetched scenario worthy of science-fiction writer Jules Verne, and it should not deter Canada from participating in the creation of a North-American missile shield, Foreign Affairs Minister Bill Graham said yesterday.

As the federal government clearly indicated it will launch discussions with the United States on the missile-defence project, Mr. Graham said during a debate in the House that playing a role in the defensive scheme would require little of Canada.

He predicted that Canada's long-standing opposition to the placement of weapons in space would win the day, given the astronomical costs and technological challenges it presents.

Mr. Graham compared the plan to the attempts of the "Gun-Club" in Verne's 1865 book From the Earth to the Moon to send a missile to the moon.

"It is very clear that the system that is proposed [by the United States] is far away from anything to do with the weaponization of space. There is speculation in the United States, and I am sure there is speculation in Russia, the U.K. and France and in all sorts of think tanks that have been talking about weaponization of space. They have been talking about it for 50 years. Jules Verne foresaw it 150 years ago," he said.

The United States will install sea- and ground-based missiles by next year to protect itself from enemy missile attacks. However, Washington has so far refused to constrain future plans to put military equipment in space. U.S. officials have said the notion of using space-based weapons for missile defence "hasn't been written off."

At its next cabinet meeting, the Canadian government will complete its negotiation position on talks with the U.S. administration about participating in missile defence.

Defence Minister John McCallum is a key booster of the project, which he said would serve as an "insurance policy" for Canada in the long-term.

Mr. Graham indicated that the costs of missile defence to Canada would be minimal, given that it will go forward with or without Canada.

"It's their money that they will spend," Mr. Graham said.

He added that the United States, if it collaborates with Britain and Denmark, will not need to place radar stations in Canada.

"These two sites will give the United States a full radar coverage of North America," he said.

Mr. Graham added that if Canada is a partner in the project, it will have a stronger voice to influence the outcome.

"An attack on Seattle will inevitably be an attack on Vancouver, as will an attack on Buffalo be one on Toronto," he said. "As we look to the future, Canada must continue to play an integral part in the defence of North America."

But New Democrat MP Bill Blaikie accused the government of "deliberate blindness" on U.S. plans that would "eventually create a world in which . . . Star Wars is a reality."

"The Liberals say 'We are against the weaponization of space but we want to be at that table.' I think that they could be sending a much stronger message by saying, 'We know what [missile defence] is all about and we know that it is going to lead to the weaponization of space.'"

"Do we want to live in a world where there will be weapons in space?" Bloc MP Claude Bachand asked. "Do we want to spend billions on this?"

The Canadian Alliance, on the other hand, chastised the government for waiting so long to talk about joining the project. "The purpose of the system is to defend against a small number of incoming missiles," Alliance MP Leon Benoit said.




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Manley et Séguin se rencontrent pour débattre des finances du Québec

NORMAN DELISLE
PC vendredi 16 mai 2003


QUEBEC (PC) - Le ministre québécois des Finances, Yves Séguin, s'est montré optimiste jeudi soir après avoir rencontré pendant une heure son homologue fédéral John Manley.

"On a convenu de se revoir très prochainement afin de trouver une solution aux problèmes causés par le recensement. On est sur la bonne piste pour trouver un arrangement", a déclaré M. Séguin. Les deux hommes ont qualifié la rencontre de "courtoise".

Quant à John Manley, il a promis de "travailler de façon constructive pour aider le Québec.".

Les dernières données du recensement fédéral montrent que la population du Québec a été surévaluée au cours des récentes années, de sorte que le Québec a trop reçu en montants de péréquation. Ces montants sont établis à partir de la population de chaque province.

M. Séguin a néanmoins convenu que la préparation de son prochain budget, qu'il doit soumettre à l'Assemblée nationale en juin, est "particulièrement difficile".

Une enquête de l'ancien vérificateur général Guy Breton a notamment établi qu'il manquait 4,3 milliards $ pour équilibrer les finances publiques.

Le gouvernement québécois est en train de procéder à une revue de tous les programmes gouvernementaux afin de trouver des endroits où exercer des compressions budgétaires.

M. Séguin examine également toutes les déductions fiscales consenties aux contribuables. Le maintien de certaines de ces déductions est compromis. "On les regarde toutes pour trouver des sous. Le budget va annoncer des choses très difficiles", a expliqué le ministre Séguin.

La date où les deux ministres se rencontreront de nouveau à Ottawa n'a pas encore été fixée, mais ce sera avant la présentation du budget québécois.

M. Manley a signalé pour sa part qu'un nouveau régime de péréquation sera en vigueur en avril 2004.

Par ailleurs, les deux ministres ont évité de parler du déséquilibre fiscal. Une commission présidée par M. Séguin avait établi en 2002 que les provinces en général et le Québec en particulier étaient victimes d'un "déséquilibre fiscal", du fait qu'Ottawa avait d'immenses surplus tandis que les provinces se retrouvaient avec des dépenses croissantes qu'elles étaient incapables d'assumer.

C'est une thèse que le gouvernement fédéral a toujours rejetée. M. Manley a décrit le déséquilibre fiscal comme un "dogme" dont il n'a pas été question dans ses débats avec M. Séguin.




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La Bavière mise toujours sur le rôle économique de l'État

Rudy Le Cours
La Presse vendredi 16 mai 2003


DEVANT L'OPPOSITION populaire au progrès technologique, les politiciens doivent avoir le courage de favoriser des innovations pour créer des emplois.

C'est en tout le cas le credo du Dr Edmund Stoiber, ministre-président de l'État libre de Bavière, le plus riche des lands allemands, qui effectue sa deuxième visite officielle au Québec.

"Il revient à l'État de construire des infrastructures de premier ordre en éducation et en transports par exemple", a-t-il soutenu au cours d'un déjeuner-causerie fort couru par les milieux d'affaires. Il est ici dans le cadre de la semaine de la Bavière au Québec, qui a commencé mercredi.

M. Stoiber a donné l'exemple du train magnétique promu par le géant bavarois Siemens et dont un tronçon vitrine est aménagé en Bavière. Cette nouvelle génération de train, dont un seul modèle a été vendu en Chine, serait bien pratique dans des corridors comme Montréal-Toronto, Toronto-Detroit ou Edmonton-Calgary, a-t-il plaidé.

M. Stoiber a affirmé aussi que son gouvernement n'a pas hésité à investir des centaines de millions d'euros pour mettre sur pied un centre de recherches sur la production de nouveaux matériaux.

Cet argent a été trouvé en liquidant des participations de l'État dans de grandes sociétés tel le transporteur aérien Lufthansa. Ces éléments d'actif, justifiés à une certaine époque, n'ont plus leur raison d'être aujourd'hui.

M. Stoiber s'est fait le défenseur d'initiatives régionales pour favoriser la recherche et freiner l'exode des jeunes vers les grands pôles urbains. "J'ai dit aux régions: créez des coalitions avec les entreprises et les syndicats et développez des concepts régionaux en environnement en agriculture, etc. et l'État vous aidera."

Il a souligné le côté visionnaire de son gouvernement qui, il y a 10 ans, n'avait pas hésité à déménager en banlieue l'aéroport de Munich, malgré le tollé que cette idée même soulevait. Aujourd'hui, l'aérogare Franz-Josef-Strauss compte parmi les rares d'Europe qui peuvent encore croître même après l'ajout d'un deuxième terminal. Un train ultrarapide, autre vitrine, permet de la relier au centre-ville de Munich en une dizaine de minutes.

Marché conclu

La venue de M. Stoiber au Québec a permis la reconduction d'une entente de coopération économique, scientifique et culturelle entre les deux gouvernements. Quatre ententes entre entreprises et institutions ont aussi abouti.

Celle entre AAER Systems et la firme allemande Pfleiderer prévoit un important transfert technologique pour la production d'éoliennes de différents gabarits, dont une de cinq mégawatts pour des parcs offshore. Avant même l'entrée en production de deux usines, AAER Systems dispose d'un carnet de commandes de 140 unités et s'apprête à soumissionner pour le projet de 1000 mégawatts d'Hydro-Québec.

L'Institut international des télécommunications, qui assure une formation pratique postuniversitaire sur l'utilisation du matériel de télécommunications, vient de signer une déclaration commune avec GOTO Bavaria. Une entente semblable est aussi imminente avec Cambridge 3G, au Royaume-Uni, un regroupement de 1300 PME.

FutureCarbonGmbH de Bavière et FuturHydrogen ont réalisé un échange d'actions pour concrétiser leur rapprochement dans la recherche sur le stockage de l'Hydrogène.

Enfin, Estampages ISE a conclu un transfert technologique avec la société bavaroise LWB Steinl pour la réalisation de contrats nord-américains.




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Des finances débraillées

J-Jacques Samson
Le Soleil vendredi 16 mai 2003


Éditorial - Le rapport Breton qui faisait état d'un trou potentiel de 4,3 milliards $ dans les finances du Québec " n'est qu'un pâle reflet de la réalité ", dit le nouveau ministre des Finances, Yves Séguin. Les Québécois doivent donc s'attendre à des changements majeurs par rapport au budget présenté le 11 mars dernier par Pauline Marois. " Je ne crois pas que les finances du Québec aient déjà été dans un état aussi débraillé depuis 1960 ", insiste même M. Séguin.

Le budget en préparation sera donc extrêmement dur, prévient le ministre des Finances. De nombreuses dépenses annoncées par le précédent gouvernement avant les élections seront annulées, d'autres reportées. L'esprit n'est pas d'aller vers la tarification ou des hausses des impôts pour corriger la situation, enchaîne-t-il. Il travaille donc avec son équipe sur les compressions à faire. " On fait le ménage pour ramener la machine à ce qu'elle peut dépenser. Toutes les mesures fiscales seront examinées. Mais nous n'arracherons pas aux petits ce qu'ils ne peuvent pas donner. Au Québec, 85 % de la population gagne moins de 30 000 $ par année. Je pense à eux tous les soirs. Je viens de Val-d'Or ; mon père réparait des machines dans les mines. C'est à lui que je pense dans les choix budgétaires. " Il préfère scruter les dépenses fiscales et les programmes destinés aux entreprises " pour éliminer ce que nous n'avons plus le luxe de donner ".

Yves Séguin promet pour juin une radiographie claire, officielle, sur toutes les dépenses, les emprunts et ce qui est flottant dans le système. " La maladie est profonde. J'aime mieux dans ces circonstances dire clairement ce qui en est. " Il sera donc d'une franchise brutale mais il dit mener cet exercice dans la sérénité et avec la confiance que la population appréciera. Le discours sur le budget sera court et d'une grande clarté. " Il n'y aura pas de poésie là-dedans ! "

Le nouveau ministre raconte avec enthousiasme travailler presque sept jours sur sept depuis le 14 avril. C'est tout juste s'il ne dort pas au bureau. Il réalise un rêve, cela se sent dans sa voix. Au ministère du Revenu, dans le gouvernement Bourassa, il éprouvait de grandes frustrations, m'avait-il alors confié, de n'avoir rien à dire dans les choix fiscaux du gouvernement. Il n'était responsable que de la perception. Cette fois, il est le maître des lieux.

Le ministre des Finances n'a pas voulu mener la même ronde de consultations que ses prédécesseurs Marois et Landry avec les groupes de pression de la " société civile ", compte tenu de l'impasse budgétaire grave dans laquelle se trouve le Québec. " Je ne ferai pas de thérapie publique avec les chefs syndicaux (...). Le budget va parler de lui-même. Je n'ai jamais vu un gouvernement qui s'apprête à faire des compressions consulter avant. C'est un type d'exercice qui ne se prête pas à la consultation... " En somme, il appartient aux élus de faire les choix qui s'imposent, en fonction de leurs priorités. La réingénierie, c'est aussi cela, glisse-t-il.

Yves Séguin se défend de dramatiser à outrance l'état dans lequel il a trouvé les finances publiques. L'impasse est bien réelle et il promet de l'expliquer dans les détails en juin, dans ce qu'il qualifie lui-même de " budget d'intendance " pour stabiliser la situation. Chose certaine, ses propos créent tout un suspense en attendant son budget et ils feront bondir de nouveau Bernard Landry et Pauline Marois. L'accusation est grave. Ces derniers auraient en quelque sorte maquillé la véritable situation financière du Québec et berné ainsi les Québécois. Le ministre des Finances alerte du même coup les institutions prêteuses et les maisons qui fixent la cote de crédit du Québec. En matière de finances publiques, il y a des risques importants à crier au loup et si un ministre des Finances choisit d'y recourir, il faut que la situation soit si grave que les avantages d'une stratégie de la vérité l'emportent sur les possibles dommages collatéraux.

Cela aussi devra être évalué lors du dépôt du premier budget Séguin.




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Movie says much about Quebec today

JOSEE LEGAULT
The Gazette Friday, May 16, 2003


"Mission accomplished." That's how Prime Minister Jean Chrétien summarized his lifelong battle against sovereignists at a $500-a-plate Liberal fundraising dinner in Montreal this week. And it looks like he's right. At least for this moment in history.

Galvanized by the election victory of Jean Charest, Chrétien isn't the only prominent federalist who's celebrating these days. He was joined by Paul Desmarais, wealthy chairman of Power Corporation and member of the Privy Council. Surely the most influential force behind the federalist camp, he has nurtured the likes of Chrétien - whose daughter France is married to Desmarais's son André - Pierre Trudeau, Brian Mulroney, Daniel Johnson Jr., Paul Martin and so on.

On Tuesday, Desmarais was handed an award by the Woodrow Wilson International Centre for Scholars if Washington, D.C. As he congratulated Charest, Desmarais glowingly stated "I sincerely believe we stand at the dawn of a new era in Quebec." In fact, that era has been in gestation since the last referendum with Ottawa constantly on the offensive and the Parti Québécois government sitting idle.

Witness the much publicized Denys Arcand movie Les invasions barbares, the sequel to Le déclin de l'empire américain. Critics have lauded the film's no-holds-barred depiction of the spoiled baby-boom generation. But what is most striking is what it says about politics and how its intellectual, world-travelling baby-boomer characters relate to their identity as Quebecers in these post-referendum times. And what it says is that Quebec is no longer worth identifying with.

In a serious throwback to the past, characters identify themselves not as "Québécois" but as French-Canadians. One character even says he's from "Chicoutimi, Canada." Whoever heard of anyone saying: "Hey, I come from Chicoutimi, Canada"? But Arcand's characters aren't the only baby-boomers confused about their identity. Witness this astounding statement in the Globe and Mail on April 14 by Bernard Landry's companion, Chantal Renaud: "There is nothing frightening about sovereignty because I will always be a Canadian. The French are European, the Spanish are European, and we will always be Canadian." Pinch me, somebody.

But the most telling part of the movie is when all the characters assemble and reminisce about the 1960s and '70s. They make fun of how foolish they were when they believed in Marxism-Leninism, Trotskyism, Communism, Maoism and ... sovereignism. They talk about it as some distant, youthful folly on a par with Maoism. Chrétien, Desmarais and even Bouchard - who attended this week's award ceremony for Desmarais - would certainly get a kick out that scene.

On the other hand, Quebec is represented as something dark and negative. It's shown as a dysfunctional society worth fleeing. The adult children of the main characters embody that rejection. The main character's son lives in London, is "perfectly bilingual" and makes tons of money working in English. In one disturbing rant, he calls Quebec "une province de ti-counes" - a province of two-bit losers - as he throws piles of money at hospital administrators and corrupt union workers to get his dying father a private room on an entire private floor. His sister is happy, sailing far away somewhere. The only adult child who still lives here is a junkie hooked on heroin.

Although the very word "Quebec" isn't uttered much, it's referred to by the image of the fleur-de-lis appearing on fake government posters on health-care services that are depicted as Third World like. All the while, another baby boomer returns from Rome and tells his dying friend, still stuck here, of how wonderful his life is, living comfortably in Italy on generous subsidies from the federal government in a bogus Canadian institute that studies Canadians who live abroad. Ah, federal money.

So this film might be about the baby-boomer generation; that is, those among it who have reaped the financial rewards of the post-war boom. But it's specifically about those francophone, Quebec baby boomers who control most of the levers of political and economic power here. It's about those who used to dream of an independent Quebec but who now look upon it as either a lost battle, a danger to their material well-being, or simply as too much trouble to achieve. That's the impact the Western baby-boomer brand of individualism and narcissism has had on our current elites.

With some notable, rare exceptions, they're the new incarnation of Le confort et l'indifférence, the brilliant documentary that the same Denys Arcand shot after the 1980 referendum. They're the ones who don't mind going back to saying "la province de Québec."

But there is one hope. Even in this brave new Canadian era: there are still 40-45 per cent of Quebecers who support sovereignty. They just need a new generation to pay attention to it once again.