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ACTUALITÉ

Un appel en bonne et due forme

Josée Boileau
LE DEVOIR vendredi 23 mai 2003


Éditorial - Donner au Québec la responsabilité de son régime de congés parentaux: la promesse était péquiste, sa réalisation sera peut-être libérale. À condition qu'Ottawa entende formellement le message et qu'il y mette un zeste -- 60 millions -- de bonne volonté.

L'engagement remonte à loin : au Sommet économique de l'automne 1996, organisé par Lucien Bouchard. Pour mieux répondre aux besoins des familles, le gouvernement péquiste promettait de créer les garderies à 5 $ par jour et de rapatrier d'Ottawa un congé parental qui avait grand besoin d'être redessiné. Presque sept années ont passé : sept ans de malheur pour le fameux congé. Faute d'entente avec le fédéral, le régime québécois de congés parentaux n'est toujours que projet.

Mais ce n'est plus un projet péquiste. Le gouvernement de Jean Charest en a repris le flambeau cette semaine, comme le titrait Le Devoir. Pas du bout des doigts mais avec une rafraîchissante vigueur dans le propos. Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, s'étonnait en entrevue de «l'obstination du gouvernement fédéral» et lui lançait un «appel formel» à agir.

Lorsqu'il était chef de l'opposition, Jean Charest a dit maintes fois sa solidarité avec le gouvernement du Parti québécois dans ce dossier, qui avait d'ailleurs l'appui unanime de l'Assemblée nationale. Qu'il tienne le cap, une fois au pouvoir, n'est donc pas en soi une surprise. Mais il eût été facile, dans ce grand ménage du printemps auquel les libéraux se livrent, que le rapatriement des congés parentaux soit quelque peu oublié.

À entendre M. Pelletier, le sujet a désormais rang de priorité. Mais pour qu'on le croie sur parole, son appel ne pourra pas rester que médiatique. L'écho franchit mal les murs des cabinets quand il n'origine que des premières pages des journaux. Les démarches officielles auprès des ministres concernés ont plus de poids. Or, cette semaine, rien de ce genre n'avait encore été entrepris par le nouveau gouvernement libéral auprès d'Ottawa, même pas un appel téléphonique !

À la sincérité de ses convictions, le ministre Pelletier doit donc rapidement ajouter la force du geste. L'affaire est devant la Cour d'appel, mais à la faveur de l'élection d'un gouvernement ami à Québec et des envies de legs historiques du premier ministre Jean Chrétien à Ottawa, le fruit est mûr pour raviver des négociations.

D'autant plus que, sur le plan technique, le dossier est quasi bouclé. Québec souhaite un régime de congés plus souple -- qui inclurait les travailleurs autonomes -- et plus généreux -- de 70 à 75 % d'un salaire maximum de 52 500 $ serait couvert -- que celui qui relève actuellement du régime fédéral d'assurance emploi. Or la loi de l'assurance emploi permet un droit de retrait si une province offre un programme de congés parentaux.

Des négociations ont déjà eu cours, elles ont achoppé en 1997, ont failli reprendre en 2000 et se sont butées à des questions d'argent. La mésentente s'était pourtant réduite à 60 millions sur un transfert de plus de 500 millions. Mais le gouvernement Chrétien s'est impatienté face à ces calculs sans fin, et la porte s'est fermée.

Depuis, le dossier est devenu une affaire de principes. Ottawa fait valoir qu'elle a grandement amélioré son propre régime en 2001, faisant passer le congé de six mois à un an, et que ses 30 ans d'expertise dans le domaine ont fait le bonheur des Canadiennes -- oubliant au passage les multiples lacunes du programme, dont le fait que les travailleuses autonomes n'y aient pas droit. Le gouvernement péquiste a riposté par un recours juridique au printemps 2002, que Jean Charest a appuyé.

L'approche juridique a ses mérites, mais il serait bien plus simple que l'enjeu redevienne financier, donc négociable. Le seul principe qui doit prédominer, c'est qu'il est légitime que le Québec contrôle toutes les facettes de sa politique familiale. Agir sur le taux de natalité et assurer le bien-être des parents exigent des solutions fines auquel le régime fédéral -- rattaché à la stricte notion de chômage -- n'est pas et n'a jamais été adapté.

jboileau@ledevoir.com




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Religion et recensement: il n'y a pas de paradoxe

Geneviève Caillé, Montréal
LE DEVOIR vendredi 23 mai 2003


Décidément, la relation entre la population québécoise et la religion n'en est pas à un paradoxe près. Au menu, cette fois-ci, un nouveau «paradoxe québécois» issu du recensement canadien de 2001 (Le Devoir, 14 mai 2003). .

Alors qu'on retrouve au Québec la plus forte proportion de gens qui s'identifient à l'Église catholique romaine (83,2 %), la province remporte en même temps la palme de la plus faible participation aux services religieux. Un maigre 25 % de la population québécoise aurait assisté à un service religieux ou plus par mois entre 1999 et 2001, dévoile Statistique Canada dans son enquête sociale générale. C'est aussi en sol québécois que la pratique religieuse a connu sa baisse la plus draconienne, plongeant de 13 % entre 1989 et 2001.

L'article propose certaines pistes d'explication de ce «paradoxe» : les spécialistes consultés invoquent la structure centralisée de l'Église catholique romaine et sa très forte visibilité sur la place publique ou encore la place historiquement occupée par la religion dans la société québécoise.

Cependant, loin de m'apparaître paradoxales, ces données me semblent au contraire tout à fait prévisibles. Examinons la question du recensement qui a servi à les recueillir. Posée à chaque recensement décennal depuis 1871, la fameuse question (no 22 dans le questionnaire de 2001) s'énonce comme suit : pour chacune des personnes inscrites, «quelle est la religion de cette personne ?». On précise plus loin : «Indiquez une confession ou une religion précise», prenant soin d'ajouter : «même si cette personne n'est pas pratiquante». Pas surprenant que le décalage constaté entre l'appartenance à une religion et l'accomplissement de ses rites soit aussi marqué.

Loin de se situer dans les statistiques dérivées du recensement, le véritable paradoxe se retrouverait plutôt dans la lecture et l'interprétation de celles-ci. En effet, les journalistes et spécialistes consultés interprètent les chiffres obtenus en termes d'«identité religieuse» et de «sentiment d'appartenance» à l'Église catholique romaine. Or la réponse à la question «quelle est la religion de cette personne ?» n'est pas de l'ordre du sentiment, par définition subjectif et intime, mais plutôt de l'appartenance, objective et démontrable, à une religion ou à une confession. Alors qu'un sentiment est difficile à repérer, une appartenance peut se reconnaître à certaines marques «extérieures» (sacrements, tenue vestimentaire, etc.).

Bien sûr, il existe une étroite correspondance entre ces deux dimensions, et c'est précisément ici que le «paradoxe» prend forme. Alors que, dans les faits, une importante proportion de Québécois ont été baptisés sous les auspices de la religion catholique romaine, un grand nombre d'entre eux en rejettent les rites et les pratiques. Cependant, lorsqu'on les interroge sur leur appartenance religieuse, ces Québécois n'ont d'autre choix que d'écrire dans la petite case : «religion catholique romaine». Voilà une appartenance bien ténue, officialisée par le baptistaire, alors que le coeur n'y est pas, n'y est plus. Lorsqu'on dépouille de telles statistiques, quelle signification peut-on légitimement leur donner ?

Certes, on pourra objecter que ces «baptisés non pratiquants» peuvent à tout moment se retirer de la grande famille catholique romaine au terme d'une démarche d'apostasie (abandon public d'une religion). Au-delà des efforts nécessités par une telle démarche et des inconvénients susceptibles d'être occasionnés par celle-ci (excommunication, perte du droit d'être inhumé dans un cimetière catholique ou d'être parrain de baptême ou de communion), l'apostasie semble susciter de vigoureuses résistances dans une population pourtant majoritairement non pratiquante. Il serait fort intéressant d'étudier l'origine de ces résistances, qui viennent peut-être confirmer, après tout et à rebours, la persistance de l'élément religieux dans la définition de l'identité québécoise.

Si les Québécois ne fréquentent plus les églises, ils manifestent en revanche une sensibilité de plus en plus grande à l'égard de nouvelles spiritualités flottant hors de ces institutions. Voilà qui rejoint les propos de l'anthropologue Robert Crépeau, directeur adjoint du Centre d'étude des religions de l'Université de Montréal : selon lui, les résultats du recensement auraient varié si les questions avaient davantage porté sur la croyance ou la spiritualité. Il observe la quête grandissante de nouvelles formes de pratiques religieuses, particulièrement chez les jeunes. Le dernier recensement semble corroborer cette tendance : près des trois quarts des Canadiens disant n'appartenir à aucune religion ont moins de 44 ans.

Ainsi, les indicateurs par lesquels on mesure la croyance et la pratique religieuses au Canada démontrent une inquiétante désuétude. Si l'insertion d'une question sur la religion dans le recensement vise à dresser le «profil ethnoculturel de la population canadienne», il importe que ce portrait soit le plus juste et le plus raffiné possible. À cette fin, une série de distinctions mériteraient d'être apportées dans le questionnaire : 1- entre le sentiment d'appartenance à une religion et l'appartenance elle-même; 2- entre la religion pratiquée et celle ne l'étant pas; 3- entre religion et spiritualité. Sans ces nuances, il m'apparaît difficile de prêter foi aux résultats du recensement, tout comme à leur interprétation.




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L'Île-Dorval: Peter Yeomans pourrait s'être placé en conflit d'intérêts

Jeanne Corriveau
LE DEVOIR vendredi 23 mai 2003


À quatre reprises au cours des derniers mois, le président de l'arrondissement Dorval-L'Île-Dorval, Peter Yeomans, a participé à l'adoption de résolutions concernant un projet d'approvisionnement en eau potable à L'Île-Dorval lors de séances du conseil d'arrondissement. Propriétaire de deux chalets sur cette île ainsi que des biens publics de l'île qu'il a acquis avec ses 74 voisins en décembre 2001, Peter Yeomans a quitté la salle à une occasion en déclarant son intérêt dans le dossier. Il n'a toutefois pas fait preuve de la même prudence lors des séances subséquentes, donnant son aval aux travaux à être effectués pour le bénéfice des villégiateurs dont il fait partie.

Peter Yeomans pourrait s'être placé en situation de conflit d'intérêts lorsqu'il a participé à ces prises de décision. Selon l'article 361 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, «le membre du conseil d'une municipalité qui est présent à une séance au moment où doit être prise en considération une question dans laquelle il a directement ou indirectement un intérêt pécuniaire particulier doit divulguer la nature générale de cet intérêt avant le début des délibérations sur cette question et s'abstenir de participer à celles-ci et de voter ou de tenter d'influencer le vote sur cette question».

Et un élu qui ne respecte pas cette disposition de la loi risque la destitution si un électeur, une municipalité ou le Procureur général du Québec intente une action en déclaration d'inhabilité et que celle-ci est reçue par un juge.

Selon les juristes consultés par Le Devoir, Peter Yeomans pourrait invoquer le fait qu'il s'agit d'un service habituellement offert par la municipalité à l'ensemble des citoyens ou que ce service est accordé à un groupe de propriétaires et non à lui seul. Mais sa conduite soulève tout de même de sérieuses questions d'éthique, indique l'un de ces juristes qui s'étonne que, dans les circonstances, le président de l'arrondissement n'ait pas pris davantage de précautions pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts.

La notion de conflit d'intérêts n'est pas facile à trancher dans ce cas, conviennent les experts, d'autant plus que l'ensemble de l'île est devenu une propriété privée et que Peter Yeomans fait partie de ce cercle restreint d'acquéreurs.

Une usine de traitement d'eau désuète

À la suite de l'adoption par le ministère québécois de l'Environnement de normes plus sévères en matière de qualité de l'eau en 2001, l'usine de traitement d'eau potable à L'Île-Dorval a dû être condamnée. Pour remédier à la situation, les élus de l'arrondissement Dorval-L'Île-Dorval ont eu recours, l'été dernier, à des mesures temporaires afin de permettre l'acheminement de l'eau à partir de Dorval. Ces opérations, ainsi que les installations permanentes qui sont envisagées, coûteront 418 000 $ et seront financées par la Ville de Montréal dans le cadre de son programme de projets structurants.

Lorsque la question de l'alimentation en eau potable de l'île a été abordée à la séance du conseil de l'arrondissement du 6 mai 2002, Peter Yeomans, qui présidait l'assemblée, s'est retiré sous prétexte qu'il avait un intérêt dans le dossier de L'Île-Dorval, comme en témoigne le procès-verbal de l'assemblée. En son absence, les deux autres conseillers municipaux siégeant au conseil ont autorisé des dépenses initiales estimées à 125 000 $ «pour apporter les correctifs nécessaires et urgents au réseau d'aqueduc temporaire qui alimente l'île Dorval» de manière à assurer la protection contre les incendies et fournir l'eau potable aux insulaires. Le tout «sous réserve que la Ville de Montréal défraie tous les coûts reliés à l'entreprise».

Mais lors de quatre séances du conseil d'arrondissement tenues au cours des mois suivants, Peter Yeomans n'a pas jugé bon de s'abstenir de participer aux débats lorsque le dossier a été abordé. Ainsi, le 7 octobre 2002, les conseillers municipaux ont retenu les services de diverses entreprises pour des travaux d'excavation, d'analyse de sol et d'arpentage dans le cadre du projet d'alimentation en eau potable de l'île. Les élus ont également adopté une résolution afin de demander au comité exécutif de la Ville d'autoriser une dépense de 160 000 $ pour permettre l'installation d'une conduite sous-marine de quatre pouces de diamètre considérée comme une solution permanente pour régler le problème d'approvisionnement en eau potable sur l'île. D'autres travaux ont été autorisés dans ce dossier et les services de firmes ont été retenus lors des séances du 4 novembre 2002, du 3 février 2003 et du 3 mars 2003.

En entrevue au Devoir, Peter Yeomans affirme que, s'il s'était abstenu de participer aux débats lors de la séance du 6 mai 2002, c'est qu'il voulait dissiper tout doute sur un possible conflit d'intérêts. Rappelons que quelques mois auparavant, soit en février 2002, Le Devoir avait révélé qu'il avait, en compagnie de 74 autres personnes, acheté les rues, les parcs et l'ensemble des bâtiments et équipements de l'ancienne municipalité de L'Île-Dorval pour la somme de 25 000 $ alors que la valeur foncière était établie à 664 491 $.

Si Peter Yeomans n'a pas suivi la même ligne de conduite lors de séances subséquentes, c'est qu'il considère qu'il s'agissait du «même projet finalement». «Je voulais enlever tout doute à l'époque parce que c'était nouveau. Là, maintenant, c'est une répétition de ce qui a déjà été fait l'été passé», explique-t-il pour justifier sa position.

Peter Yeomans soutient qu'il n'est pas en conflit d'intérêts et qu'il ne tirera aucun gain du projet d'alimentation en eau potable de L'Île-Dorval. La valeur des terrains qui s'y trouvent n'augmentera pas à la suite de l'installation d'une conduite d'eau en permanence, dit-il, rappelant que l'île disposait d'eau en quantité suffisante lorsque l'usine de traitement d'eau était en activité.

«Je ne suis pas seul non plus sur l'île. Il y a 58 chalets et il faut que l'eau soit approvisionnée. Alors vraiment, il n'y a pas de conflit. Moi, je ne tire pas un avantage autre que tout autre en tire. Autrement dit, l'eau, c'est l'eau, je ne suis pas plus favorisé qu'un autre», dit-il pour se défendre.

Ex-maire de Dorval et membre du comité exécutif de la nouvelle Ville de Montréal, Peter Yeomans avait été maintenu dans ses fonctions par le maire Gérald Tremblay lorsque l'achat des biens publics de l'île avait été révélé sur la place publique en février 2002. Cette transaction, survenue trois jours avant les fusions municipales et sans l'approbation du ministère des Affaires municipales, fait d'ailleurs l'objet d'une poursuite de la part du Procureur général du Québec.




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Mondialisation: L'Observatoire québécois risque d'être tué dans l'oeuf

Robert Dutrisac
LE DEVOIR vendredi 23 mai 2003


L'existence de l'Observatoire québécois de la mondialisation est menacée par les coupes sombres que le gouvernement Charest projette de faire dans le budget de l'État.

«L'observatoire fait l'objet d'un examen par rapport à la situation budgétaire», a confirmé hier François Grenon, l'attaché de presse de la vice-première ministre et ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.

L'inquiétude est grande au sein de ce nouvel organisme qui a officiellement vu le jour le 1er avril dernier. Le ministère des Relations internationales ne lui a pas versé son budget de fonctionnement, fixé à 1,5 million la première année, ni même une portion de ce budget. L'embauche d'un directeur général permanent, poste qui vient de faire l'objet d'un concours, est bloquée. L'observatoire fonctionne avec moins de la moitié du personnel prévu dans son plan stratégique.

Qui plus est, les fonctionnaires du ministère chargés de l'organisme restent cois et ne répondent pas aux appels de la direction, a indiqué une source qui préfère garder l'anonymat. Le ministère n'est pas en mesure de préciser si l'observatoire sera aboli ou non.

L'Observatoire de la mondialisation a fait l'objet d'un projet de loi piloté par l'ex-ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, et adopté en novembre 2002. Rappelons que l'opposition officielle avait voté contre ce projet de loi. En revanche, la porte-parole libérale d'alors en matière de relations internationales, la députée de Jean-Talon, Margaret Delisle, avait accepté de devenir membre du conseil d'administration de l'organisme, occupant l'un des trois sièges réservés à des élus de l'Assemblée nationale. Lors de l'étude du projet de loi en commission, l'observatoire avait reçu un appui unanime de la société civile et même du Conseil du patronat du Québec.

C'est Pierre Lampron, président et chef de la direction de TVA Films, qui préside le conseil d'administration de l'observatoire. M. Lampron, actuellement à Cannes, n'a pu être joint hier. Ce conseil comprend 15 représentants de la société civile issus du monde syndical, du patronat, des milieux associatifs et communautaires, d'organisations concernées par la mondialisation et du milieu de la recherche. Le mandat de l'observatoire consiste à fournir à la société québécoise de l'information fiable sur la mondialisation, de mener des activités de veille et de mesurer les enjeux et les conséquences du phénomène afin «de favoriser une mondialisation maîtrisée et équilibrée, respectueuse des droits humains», peut-on lire dans la loi.

Jusqu'à ce jour, les membres du conseil de l'observatoire ont mené leurs travaux normalement. «Les travaux ont continué jusqu'à maintenant, a indiqué Vincent Dagenais. Je souhaite que ça continue. C'est un organisme qui est d'intérêt public et qui est non partisan.»

Pour le porte-parole péquiste en matière de relations internationales, le député de Mercier, Daniel Turp, le Québec a fait oeuvre de pionnier en créant l'Observatoire de la mondialisation. «Si un des premiers gestes du gouvernement libéral, c'est d'abolir l'observatoire, ce n'est pas une bonne façon de commencer un mandat dans les relations internationales», estime M. Turp.




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"Une amitié vécue" avec le Québec

Le premier ministre français pèse ses mots lors de sa visite dans la Capitale

Mylène Moisan
Le Soleil vendredi 23 mai 2003


Jean-Pierre Raffarin n'aura pas perdu de temps pour officialiser son "amitié vécue" avec le Québec. À peine arrivé dans la capitale, le premier ministre français a promis de "célébrer le partenariat" et de "poursuivre une coopération forte" entre les deux gouvernements.

"Le Québec est dans mon coeur dans une place essentielle qui est immense, qui est beaucoup plus grande que celle d'un pays. C'est une âme", a illustré hier soir M. Raffarin dans un impromptu de presse au sortir de son premier tête-à-tête officiel avec Jean Charest. Les deux hommes s'étaient déjà rencontrés en février à Matignon, alors que le chef libéral dirigeait l'opposition officielle.

Cette fois, la rencontre a lieu dans les règles les plus strictes du protocole, avec les mesures de sécurité et le décorum que cela impose. Bardé de gardes du corps, le cortège officiel s'est arrêté quelques minutes devant les journalistes, dans le hall de l'édifice Price. "Il s'agit d'une occasion de marquer une nouvelle étape dans les relations franco-québécoises", a alors déclaré M. Charest, sans préciser ce qu'il avait en tête.

À savoir s'il était plus facile de collaborer avec un gouvernement québécois fédéraliste, M. Raffarin a répondu que "chaque pays mérite le respect. Je souhaite que, quand on parle de la France, on respecte ses dirigeants et quand on parle des autres pays, on respecte les dirigeants des autres pays. Je n'ai pas à porter de jugement. J'ai à travailler avec quelqu'un qui est très engagé à servir le Québec et pour servir l'amitié entre le Québec et la France".

Déjà ravi de cette première visite officielle, M. Raffarin a dit vouloir faire "beaucoup de choses" avec le Québec. "J'y viens pour la première fois comme premier ministre et, dans mes fonctions, je vais faire tout ce que je peux pour renforcer et développer cette amitié, tant dans le domaine économique et culturel."

Quelques minutes plus tard, les deux premiers ministres étaient attendus à un souper officiel, tenu dans le cadre du forum Futurallia, où ils ont tous deux prononcé une brève allocution. Pour l'occasion, MM. Raffarin et Charest ont insisté sur leur volonté de resserrer les liens économiques, notamment par une vision régionaliste commune et par la conviction que les PME sont la clé de voûte de la création de la richesse d'un État.

Prenant le premier la parole, Jean Charest a insisté sur les liens qui l'unissent à M. Raffarin, notamment sur l'appartenance à un ensemble. "Vous êtes un Européen convaincu. Je crois moi aussi à l'adhésion à un grand ensemble. La décentralisation de l'État et la révision du rôle de l'État sont aussi des thèmes qui nous réunissent."

M. Raffarin était particulièrement en forme hier soir. Lui qui, la veille, avait dit publiquement souhaiter qu'Ottawa soit officiellement bilingue, s'est permis de commencer son discours par un "ladies and gentlemen" bien senti. Passant aux choses sérieuses, le premier ministre français a rappelé à son homologue "qu'il peut compter sur la fidélité, sur la loyauté de la France. Nous sommes engagés dans un partenariat ancien, fondamental, structurant, mais non pas nostalgique", a-t-il dit.

C'est avec les mots d'un poète français qu'il a bouclé son discours, par un dernier hommage à la complicité qu'il entend préserver avec le Québec. "La foi, comme l'amour, commence toujours dans l'élan, dans le feu. Mais l'amitié ne se construit que dans la fidélité."

Puis, un dernier clin d'oeil au bilinguisme canadien : "I remember, je me souviens", accueilli par de généreux éclats de rires des quelque 800 convives.




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Raffarin accorde sa confiance à Chrétien

Le chef de gouvernement français n'a pas hésité à offrir de la viande de boeuf à ses invités et a souligné les bonnes relations entre Paris et Ottawa

Raymond Giroux
Le Soleil vendredi 23 mai 2003


Ottawa - Tout baigne dans l'huile entre Ottawa et Paris, et l'harmonie entre les deux pays s'étend même au dossier de la vache folle.

Le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a en effet accordé sa confiance totale à la fois à son homologue Jean Chrétien et à la viande de boeuf albertaine, qu'il a offerte à ses invités à l'heure du déjeuner "sans aucun problème". M. Raffarin a même répété son message en anglais, pour le bénéfice des médias anglophones.

En retour d'ascenseur, M. Chrétien a dit en conférence de presse que le Canada participerait d'une manière ou d'une autre, si modeste soit-elle, à la force de paix au Congo que dirigera la France à la demande des Nations unies. Une guerre tribale sur fond de diamant y oppose diverses ethnies depuis le départ des troupes d'occupation ougandaises, au début de ce mois, et les organisations humanitaires rapportent même des cas de cannibalisme.

Le premier ministre n'a cependant donné aucun détail sur le rôle des Canadiens dans cette mission, sinon de rappeler que les 2000 militaires déjà planifiés pour l'Afghanistan limitent les possibilités d'intervention du pays.

Lui-même et M. Raffarin ont également rappelé les difficultés techniques de l'opération congolaise, qui serait menée dans une région difficile d'accès. Mais "nous avons une obligation" d'intervenir dans cette "très triste situation", a dit M. Chrétien. Les deux dirigeants ont par ailleurs discuté du prochain Sommet du G8, qui se tiendra en France au début de juin, et insisté sur la nécessité de mener à terme le plan d'action pour l'Afrique mis sur papier lors du dernier Sommet à Kananaskis, en Alberta.

Ils ont également confirmé l'attachement de leurs pays respectifs à l'élaboration par l'UNESCO d'une convention internationale qui fixerait des règles claires et permettrait aux pays de maintenir des politiques favorisant la diversité culturelle.

"Sur l'ensemble des sujets du monde, a dit M. Raffarin, nous avons une grande proximité de vues avec M. Chrétien, et je crois que c'est une des forces de notre entente."

Au plan bilatéral, une déclaration commune des deux chefs de gouvernement note le caractère "dynamique, profond" des relations entre la France et le Canada. "Les relations entre la France et le Canada fonctionnent très bien à ce moment-ci", a dit M. Chrétien.

Fait à souligner, MM. Chrétien et Raffarin ont souligné "la nécessité de stimuler la coopération décentralisée entre régions françaises et provinces canadiennes". Rappelons que le premier ministre français a fait carrière dans la région du Poitou-Charentes avant d'occuper ses fonctions actuelles à la suite des élections de l'an dernier.

Sans prononcer publiquement le mot "hélicoptère", où un profond contentieux divise le Canada et la France depuis l'annulation par M. Chrétien du contrat de renouvellement de la flotte héliportée canadienne, il y a 10 ans, M. Raffarin a évoqué des "grands contrats entre les entreprises des deux pays", importants pour la création d'emplois, à ses yeux. Ce dernier avait mentionné dans une entrevue au SOLEIL, la semaine dernière, les succès de Bombardier en France, et ce aux dépens d'une société française, pour mousser la candidature d'Eurocopter dans le processus de soumissions en cours au Canada.

Les deux dirigeants ont également paraphé un accord cadre sur la mobilité des jeunes entre la France et le Canada, et encouragent dans cette optique "les autorités compétentes" à accélérer le processus de reconnaissance mutuelle des diplômes universitaires.

M. Raffarin a tenu à souligner l'importance de cet accord qui permettra à 20 000 jeunes des deux pays de traverser l'océan "sans formalités excessives et de manière très simple pour venir connaître l'autre pays et y mener des initiatives, travailler et apprendre".

Le gouvernement fédéral de plus a profité de la visite de M. Raffarin pour lancer officiellement le volet international de l'initiative Canada-France 2004-2008, qui veut célébrer dans la mère-patrie les 400 ans de présence française en Amérique du Nord.

Au coût de 18,8 millions de dollars, une série d'expositions et de projets précis chercheront à attirer l'attention des Français sur ces quatre années qui séparent leur premier établissement en Acadie de la fondation de Québec, en 1608.




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Aucun nuage dans les relations entre la France et le Canada

MM. Chrétien et Raffarin sont confiants de pouvoir rétablir le lien avec le président Bush

Gilles Toupin
La Presse vendredi 23 mai 2003


Ottawa - Pas un nuage n'obscurcit les relations entre la France et le Canada au terme de la visite de deux jours du premier ministre de France, Jean-Pierre Raffarin, dans la capitale fédérale.

Le premier ministre Jean Chrétien a d'ailleurs insisté à plusieurs reprises hier sur la bonne santé de l'amitié et de la collaboration entre les deux pays avant d'exprimer, tout comme M. Raffarin, son immense satisfaction à la nouvelle de l'adoption hier par le Conseil de sécurité d'une résolution qui redonne un rôle clé à l'ONU dans ce dossier.

Les deux hommes se sont également engagés à faire du prochain sommet du G8, qui se tiendra du 1er au 3 juin à Évian en France, une réussite sur le plan économique. Les dirigeants du groupe des pays les plus industrialisés profiteront de la rencontre pour envoyer au monde entier un message fort de santé économique. MM. Chrétien et Raffarin se sont aussi dits confiants de pouvoir rétablir avec le président américain George W. Bush le lien transatlantique passablement malmené depuis la guerre contre l'Irak.

"Je suis très content que le Conseil de sécurité ait pu s'entendre sur cette résolution qui va aider à rétablir la situation en Irak, a commenté M. Chrétien au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue français. Nous espérons qu'un gouvernement pourra s'établir dans ce pays et que ce pays pourra éventuellement retrouver son autonomie. Et je suis sûr que le geste fait par le Conseil de sécurité est un geste très important en ce sens."

Un signe fort pour l'avenir"

Le premier ministre français a également fait part de sa joie face au retour de l'ONU sur l'échiquier international. "Comme M. Chrétien, je suis heureux de cette décision. Dès le début, la France a dit que son attitude serait positive et constructive. Nous avions clairement dit que nous voulions la reconstruction économique et sociale de l'Irak très rapidement et la capacité de restaurer la souveraineté de l'Irak."

Pour M. Raffarin, ce vote du Conseil de sécurité est "un signe fort pour l'avenir".

Jean Chrétien a par ailleurs réitéré hier qu'il n'était toujours pas d'accord avec la façon dont les États-Unis ont imposé leur loi dans ce dossier. "Ce n'était pas la façon normale de changer un régime", a-t-il lancé. Mais il a ajouté que les problèmes entre nations étaient chose courante et que le passé demeurait le passé.

"Je suis sûr que les États-Unis veulent qu'Évian soit un succès, a-t-il tempéré. Le G8, c'est d'abord une organisation d'ordre économique et il est très utile que nous ayons ces réunions où nous pouvons comparer nos situations dans chacun des pays et voir où nous allons. Je trouve que cette communication entre ces pays n'est pas étrangère au succès que le monde occidental a connu au cours des 11 dernières années. Nous n'avons pas connu de récession mondiale depuis des années."

Pour la France, la rencontre d'Évian sera l'occasion de rétablir une certaine légalité de l'ordre international. "Nous avions avec les Américains le même adversaire, a rappelé le premier ministre français hier. L'adversaire, c'est le terrorisme, c'est la prolifération. Donc, il était clair de voir un jour la perspective de la démocratie s'installer en Irak. Mais nous ne pensons pas que la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la prolifération se résument au changement de régime en Irak. Nous pensons, surtout après ce que nous venons de vivre à Riyad et au Maroc, que la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la prolifération nécessitent une action concertée et décisive pour l'avenir."




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Jean-Pierre Raffarin évite le débat constitutionnel

SRC vendredi 23 mai 2003


En déplacement à Québec jeudi soir après avoir rencontré Jean Chrétien à Ottawa plus tôt dans la journée, le premier ministre de France, Jean-Pierre Raffarin, n'est pas rentré dans le débat sur le statut du Québec.

Reçu par son homologue québécois Jean Charest, M. Raffarin a répondu que «chaque pays mérite le respect» à un journaliste qui lui demandait si les relations franco-québécoises avaient changé depuis que Jean Charest avait succédé à Bernard Landry à la tête du Québec. «Je n'ai pas à porter de jugement, j'ai à travailler avec quelqu'un qui est très engagé pour servir le Québec et servir l'amitié entre le Québec et la France», a poursuivi diplomatiquement le chef du gouvernement français.

«Quand on aime le Québec, on travaille avec des Québécois», a ajouté le premier ministre français, rappelant qu'il avait déjà rencontré M. Charest en février dernier lorsque le chef libéral, alors chef de l'opposition à l'Assemblée nationale, s'était rendu à Matignon.

Douche froide

Réunis ensemble en soirée à un dîner de gala organisé par Futurallia, la foire commerciale réunissant des petites et moyennes entreprises (PME) majoritairement du Québec et de la France, M. Charest a souligné qu'il partageait avec M. Raffarin des valeurs communes. «Vous êtes un régionaliste, je le suis aussi. Vous êtes un Européen convaincu. Je crois moi aussi à l'adhésion à un grand ensemble. La décentralisation de l'État et la révision du rôle de l'État sont aussi des thèmes qui nous réunissent», a dit M. Charest.

Il a toutefois jeté un certain trouble dans l'assistance de près de 1000 personnes en prononçant une partie de son allocution en anglais devant ses invités français.

Les relations Ottawa-Paris sont au beau fixe

Plus tôt dans la journée, M. Raffarin a rendu visite au premier ministre Jean Chrétien. Pour une première fois depuis belle lurette, la question des tensions entre Paris et Ottawa au sujet du Québec n'a même pas été abordée.

Répondant aux questions des journalistes sur l'alerte à la vache folle au Canada, le premier ministre Chrétien s'est fait une nouvelle fois rassurant, affirmant que les autorités faisaient ce qui est nécessaire. M. Raffarin a quant à lui exprimé sa pleine confiance dans les autorités canadiennes, en déclarant qu'il n'hésiterait pas à manger du boeuf canadien.

Par ailleurs, les discussions entre les deux chefs de gouvernement ont permis de constater la parfaite identité de vues franco-canadienne sur plusieurs sujets. Ainsi, MM. Chrétien et Raffarin se réjouissent tous deux de la levée des sanctions contre l'Irak, votée en matinée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Les deux premiers ministres estiment que la guerre en Irak étant maintenant terminée, il faut se tourner vers l'avenir et chercher à apaiser les tensions créées entre Paris et Ottawa, d'une part, et Washington, d'autre part.

Des forces de la paix au Congo

Sur la question du Congo, où la situation semble se dégrader rapidement, et la France et le Canada ont reçu de l'ONU l'invitation à envoyer des troupes dans une force de paix. M. Chrétien pour sa part a déclaré qu'aucune décision n'avait étré prise du côté canadien, mais qu'Ottawa répondrait sans doute favorablement à l'invitation onusienne, malgré la présence de 2000 militaires canadiens en Afghanistan cet été. La France se prépare également à participer à la mission.

M. Raffarin a fait remarquer que le Canada et la France partageaient une vision du monde commune et une grande coopération dans le domaine économique. Il a souligné l'importance qu'il attache à la signature de la Convention sur la mobilité des jeunes, qui permettra à 10 000 jeunes Français et à autant de jeunes Canadiens de se rendre dans l'autre pays avec un minimum de formalités.

Enfin, MM. Chrétien et Raffarin ont indiqué qu'ils avaient discuté des projets de célébrations pour souligner le 400e anniversaire de l'installation des Français en terre d'Amérique, en 2004. Le Canada devrait fournir 18,8 millions de dollars sur trois ans dans le cadre de cet événement. Le programme prévoit notamment une exposition sur le Canada à la Cité des sciences et de l'industrie de La Villette, à Paris, la réalisation d'un important projet de recherche généalogique à l'université de Caen ainsi que la numérisation des archives communes des deux pays sur la Nouvelle-France.




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Plus qu'un pays, le Québec est une âme, dit Raffarin

Tommy Chouinard
LE DEVOIR vendredi 23 mai 2003


En guise de première déclaration publique dans le cadre de sa visite au Québec, le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a assimilé le Québec à un pays avant de réajuster le tir et de lancer que le Québec constitue plutôt, pour lui, une «âme».

Interrogé à savoir si la coopération entre la France et le Québec allait changer en raison de l'élection d'un fédéraliste, Jean Charest, M. Raffarin a en effet affirmé : «Vous savez, chaque pays mérite le respect. Quand on parle de la France, on respecte les gens. Quand on parle des autres pays, je respecte les gens d'autres pays. Je n'ai pas à porter de jugements. J'ai à travailler avec quelqu'un qui est très engagé pour servir le Québec et l'amitié entre le Québec et la France.»

Interloqués par sa réponse, les journalistes ont ensuite demandé si, pour lui, le Québec constituait un pays. C'est alors que M. Raffarin a réajusté le tir. «Le Québec occupe dans mon coeur une place essentielle, qui est beaucoup plus immense que certains pays. C'est une âme», a-t-il lancé hier soir dans le hall d'entrée de l'édifice Price après avoir été accueilli par le premier ministre Jean Charest dans sa résidence de fonction.

Jean Charest a d'ailleurs indiqué que la visite du premier ministre français représente «l'occasion de marquer une nouvelle étape dans les relations franco-québécoises». Du moins, Jean-Pierre Raffarin souhaite poursuivre une «coopération forte» entre la France et le Québec. «Dans ma fonction de premier ministre, je vais faire tout ce que je peux pour renforcer cette amitié et la développer dans le domaine économique et culturel», a souligné le premier ministre français.

La visite de M. Raffarin est d'ordre davantage économique que culturel. En début de soirée, le premier ministre français s'est en effet rendu au dîner du gala de Futurallia, une foire économique qui rassemble près d'un millier d'entreprises d'une vingtaine de pays et qui se tient au Centre des congrès de Québec. Ce matin, M. Raffarin doit se rendre de nouveau sur place. Une cérémonie d'annonces à caractère économique et de signatures aura lieu. M. Raffarin doit ensuite rencontrer le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, à l'hôtel de ville.

En après-midi, une séance de travail se tiendra au parlement entre les deux premiers ministres et les membres de leur délégation officielle, après quoi M. Raffarin rencontrera le chef de l'opposition et ex-premier ministre Bernard Landry. Un dîner d'État servi au restaurant du parlement clôturera la journée. La visite de quatre jours de M. Raffarin au Canada prendra fin demain à Montréal.

M. Raffarin est accompagné dans son périple par la ministre française de l'Industrie, Nicole Fontaine, du ministre de la Coopération et de la Francophonie, Pierre-André Wiltzer, et du ministre du Commerce extérieur, François Loos, ainsi que de plusieurs gens d'affaires.




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Les Innus détiennent le plus haut taux de suicide au monde

Stéphane Tremblay
Le Soleil vendredi 23 mai 2003


Sept-Îles - La nation innue détient le triste record du plus haut taux de suicide au monde. La communauté de Uashat-Maliotenam, près de Sept-îles, est l'une des plus durement touchées au Québec. Afin de démystifier ce fléau toujours grandissant, un premier forum communautaire sur la question est présenté jusqu'à samedi au musée Shaputuan, sur la Côte-Nord.

C'est le vice-chef de la réserve amérindienne de Uashat-Maliotenam, George-Ernest Grégoire, qui a souhaité la bienvenue, hier, à la cinquantaine d'intervenants venus débattre du sujet.

Il a livré en langue innue un témoignage touchant: "J'ai moi-même été touché par le suicide car mes soeurs et mon frère ont perdu trois enfants qui se sont suicidés. Même mon dernier garçon a tenté de mettre fin à ses jours, mais heureusement sans réussir, sauf qu'il est aujourd'hui handicapé pour le restant de ses jours."

Dans un document, dont LE SOLEIL a obtenu copie, il est indiqué qu'entre 1994 et 1999, 17 Innus se sont enlevés la vie sur une population de 3000 personnes à Uashat-Maliotenam. C'est 10 fois plus élevé que le taux canadien de suicide.

Le rapport mentionne que la moyenne d'âge de ceux qui ont mis fin à leur jour est de 24 ans. Plus du trois quart sont des hommes, la moitié avaient des enfants et 80 % étaient intoxiqués, plus particulièrement par des drogues dures. À première vue, la drogue serait la principale cause de suicide chez les Innus.

Toujours selon ce document, la situation est tout aussi pathologiste dans les dix autres communautés innues au Québec et au Labrador qui regroupe 16 000 individus. Il s'agit de la deuxième nation en importance au Québec après les Mohawks. Le portrait peu reluisant des Innus au Québec ressemble à celui des communautés autochtones ailleurs au Canada.

Selon l'organisation internationale pour la défense des intérêts des peuples autochtones partout dans le monde, les principales raisons évoquées sont la religion catholique qui a été imposée aux Innus, le calendrier scolaire qui ne correspond pas aux activités traditionnelles montagnaises et le peu de scolarisation des autochtones. Moins de 3 % des autochtones au Canada vont poursuivre leur cheminement académique et à peine 1 % termineront avec un diplôme postsecondaire.

La Commission d'enquête sur les autochtones souligne, pour sa part, que les conséquences économiques de ce manque de formation affecte directement leur employabilité. "Ils sont incapables de se trouver un emploi permanent et doivent bénéficier de l'aide sociale. Ils vivent dans la pauvreté, ce qui engendre d'autres problématiques comme le racisme, l'éclatement des familles, le désoeuvrement, l'alcool, la toxicomanie et le suicide", peut-on lire.

Sous le titre Inniun "la vie", le forum présente une programmation bien remplie avec un contenu varié des ateliers et des conférenciers riche en expérience. à l'issu du forum, les intervenants croient qu'ils seront en mesure d'expliquer la tendance, comprendre les causes et donner des pistes de solutions pour éviter ce geste ultime qu'est le suicide.




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Les Atikamekw réclament la "défusion" de La Tuque

Monique Giguère
Le Soleil vendredi 23 mai 2003


La défusion n'est pas le fait des seuls Blancs. Hier, le Conseil de la nation atikamekw en a appelé directement au premier ministre Jean Charest pour qu'il annule le décret de fusion de la ville de La Tuque adopté à la vapeur par l'ex-gouvernement du Parti québécois (PQ) le 12 mars, veille du déclenchement des élections.

Dans une requête déposée en Cour supérieure le 29 avril, le Conseil de la nation atikamekw reproche au gouvernement d'avoir procédé unilatéralement, "au terme d'une consultation galvaudée et tronquée", au regroupement de La Tuque avec les municipalités de La Bostonnais, La Croche, Lac-Édouard, Parent et avec les huit territoires non organisés de la MRC du Haut-Saint-Maurice situés en plein coeur du Nitaskinan, le territoire revendiqué par les Atikamekw qui couvre la presque totalité de la superficie de la MRC.

"Le gouvernement du Québec continue d'envahir notre territoire traditionnel alors même que se poursuivent, depuis la conclusion d'un Protocole politique en 1997, des négociations en vue de la signature d'un traité reconnaissant nos droits ancestraux et le titre aborigène sur ce territoire", a déploré le grand chef de la nation atikamekw, Ernest Awashish, qui estime qu'il n'est pas trop tard pour défusionner la nouvelle ville de La Tuque, la plus grande du Québec avec une superficie de 29 000 km².

"On ne veut pas la fusion municipale. On veut rester bien tranquille chez nous. On veut qu'on cesse de nous envahir", a répété, en conférence de presse à Wendake, le grand chef atikamekw, flanqué des chefs François Neashit, de Wemotaci, et Paul-Émile Ottawa, de Manouane.

Ernest Awashish a expliqué que le Conseil de la nation atikamekw n'en voulait pas tant au regroupement de La Tuque avec La Bostonnais, La Croche, Lac-Édouard et Parent qui ne couvrent ensemble que 8 % du territoire de la MRC du Haut-Saint-Maurice. "Mais comme ça inclut des territoires non organisés (92 % du territoire), on dit que ça va trop loin et qu'on n'est pas d'accord", a martelé le grand chef, ajoutant que la création de la nouvelle ville de La Tuque présentait l'inconvénient d'ajouter une autre instance dans une négociation déjà assez compliquée comme ça. Ernest Awashish a dit craindre plus particulièrement que la fusion donne plus de pouvoirs à La Tuque et que la ville cherche à les exercer de façon plus systématique et envahissante à l'égard de la nation atikamekw et de ses institutions.

Communautés enclavées

Le grand chef de la nation atikamekw a précisé que les deux communautés les plus directement touchées par la fusion sont Opitciwan (Obedjiwan) et Wemotaci qui se retrouvent de la sorte enclavées dans la nouvelle ville de La Tuque.

Ces deux communautés regroupent une population atikamekw d'environ 3400 personnes, soit davantage que la population réunie des municipalités regroupées, autres que La Tuque. Loin d'être contiguës, plusieurs de ces localités sont séparées par de très grandes distances. Ainsi, 57 km et 300 km respectivement séparent La Tuque de Lac-Édouard et de Parent.

C'est le 26 mars que les municipalités de La Tuque, Parent, La Bostonnais, La Croche, Lac-Édouard et la MRC du Haut-Saint-Maurice ont cessé d'exister pour être remplacées par la nouvelle ville de La Tuque, dont la population est passée de 13 000 à 16 000 habitants.

Dans leur requête en défusion, les Atikamekw mettent l'accent sur le "simulacre" de négociation qui a précédé le décret de fusion. Ils reprochent au gouvernement de les avoir bousculés par des délais irréalistes, de ne pas avoir tenu compe de leurs préoccupations et d'avoir brusquement, et sans avertissement, mis fin à la consultation le 5 mars. Cela dit, ils demandent au tribunal de déclarer nul et illégal le décret créant la nouvelle ville de La Tuque.

Dans la poursuite de son objectif, la nation atikamekw n'écarte pas la possibilité de s'associer aux défusionnistes blancs toujours sous le choc des fusions forcées.

MGiguere@lesoleil.com




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Charest feels weird in nationalist mode

His priority is to keep Quebec in Canada by making the fewest constitutional waves possible. That's why the folks in Ottawa sent him here in 1998.

JOSEE LEGAULT
The Montréal Gazette Friday, May 23, 2003


Plus ça change, plus c'est pareil. Try as he may to throw around cute little soundbites such as "I chose Quebec" or "J'ai le Québec dans les tripes," Jean Charest looks as uncomfortable with Quebec nationalism as Jacques Parizeau would singing O Canada.

Hence the premier's no-show at Monday's celebrations of La journée nationale des Patriotes. Yesterday, my colleague Don Macpherson observed that "Charest and his advisers still need to develop nationalist reflexes" - a reminder that the premier has precious little of them to begin with.

In fact, no modern Quebec premier, with the exception of the same Daniel Johnson who is now part of Charest's inner circle, has had to actually work at acquiring nationalist reflexes. They simply had them, whether they espoused sovereignty or federalism.

But Charest is different. This is a straight federalist who holds no knife to the throat of English Canada. His priority is to keep Quebec in Canada by making the fewest constitutional waves possible. That's why the folks in Ottawa, Liberals and Conservatives alike, sent him over here in 1998. They knew that the day he would finally defeat the sovereignist dragon, all would be quiet on the Quebec front.

Nowhere was that made clearer than in a recent Canadian edition of Time magazine, whose cover he graced as the country's "boy wonder." The reporter asked: "How do you ensure that constitutional issues stay off the radar screen?" To which the boy wonder replied: "We're going to have a very different approach, based on addressing issues of common interest with the rest of the country. It's not a Quebec agenda; it's an agenda shared by other governments."

Here's a first worth writing down: a premier who will present no specific Quebec agenda. They must be singing in the streets of beautiful downtown Ottawa and Toronto: "don't worry, be happy." So it's par for the course that Jean Charest chose to stay home on La journée nationale des Patriotes, the first one in a mere 165 years.

And what were the official reasons given for his absence? First, Charest's press attaché responded that "private activities" had kept the premier at home with his family. After all, the weather was fabulous on that day, wasn't it? Still, no such private activities seemed to keep Bernard Landry from attending the unveiling of a monument to Patriote leader Louis-Joseph Papineau. Go figure.

On Tuesday, Charest said that the holiday was still "new" to him and added that he had detected a tone in the celebrations that was a bit too political, even partisan for him. "I would not have recognized myself in some of the speeches that were given." No kidding.

But someone should tell Charest that one of the perks of being premier is that he can actually order his own ceremonies while his advisers write his own speeches that express his own ideas. Of course, he didn't have to attend any event organized by sovereignists. He didn't have to go to Club Soda, where 500 to 600 people of all ages and origins attended a four-hour celebration with prominent sovereignist singers, musicians, comedians and rap artists. But as premier, his duty was to be present at an official ceremony set up by his own government where he could speak in his own words.

If Charest had any sensitivity to the struggles of the Patriotes, if he identified with them in the slightest way, that's exactly what he would have done. Staying home didn't make him a "bad Quebecer." But it did make him a premier who failed to honour those before us who fought and even died for democracy and equality for everyone in Quebec.

It also made him the leader of a government that failed miserably at informing the population of the raison d'être for this new Patriotes day. No wonder there were so few who were even aware of the change, let alone of what it was for or what activities were planned.

The premier ended the whole kerfuffle by wishing next year's celebrations would take on a more apolitical tone. In other words, it will be a neutralized, provincial version that will underline the struggles that also went on in Ontario, or Upper Canada, at the same time as the 1837-38 rebellion of the Patriotes.

But while the premier will surely be free to analyze the rebellion in his own way, which he could have done this year, no doubt there will also be a number of non-government events. And these will surely refrain from ignoring that the Patriotes' battle for democracy was also a very modern and civic nationalist one for the people of Quebec.




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Shaking up Quebec Inc.

The Globe and Mail Friday, May 23, 2003


Editorial - Quebec has evolved enormously since the Quiet Revolution. Quebec Inc. has not. The state apparatus created in the 1960s to modernize the province's economy remains stubbornly dirigiste. Premier Jean Charest wants this to change. Good.

Mr. Charest was elected in April on a promise to reinvent the Quebec state. On Wednesday, he moved to show that he is serious about this. He fired the chief executive officer of the Société générale de financement, Claude Blanchet. The SGF has pumped billions over the years into partnerships with the private sector in a bid to lure industry to the province, with unremarkable results. Henceforth, Mr. Charest said, "government intervention [in the market] will be the exception to the rule."

Under former Parti Québécois premier Bernard Landry, it was often the other way round -- so much so that when the contributions of all state investment agencies were added up, the government's portion of supposedly private-sector projects sometimes attained 90 per cent.

"It's the world on its head," Mr. Charest's Minister of Economic and Regional Development, Michel Audet, marvelled recently. "We have to rethink the way we do things, because we're heading toward a situation where there will be nothing done in the private sector without state aid."

Under Mr. Blanchet, the husband of former PQ finance minister Pauline Marois, the SGF went on a binge unparalleled in its history. In the five years ending in 2002, it contributed about $2-billion to projects which, it maintains, generated $10.6-billion in total investment and created 56,000 jobs.

Yet many of those jobs have already disappeared. The SGF contributed 20 per cent toward the $1.2-billion construction of the Magnola magnesium transformation facility built in 2000 by Noranda Inc. in Asbestos, Que. It created 400 jobs. But the plant had barely opened before it proved uncompetitive. Noranda closed it in April and has written off about $850-million.

There are many similar cases, including a shuttered Montreal high-tech entertainment complex that the SGF backstopped. Yet, in February, an undeterred Mr. Blanchet asked the former government to approve a new $3-billion five-year plan for the agency.

So much for that, thankfully. Mr. Audet has struck a committee to revise the mandates of the SGF and other state investment agencies, including Investissement Québec, whose CEO was also sacked on Wednesday. A similar exercise is under way to modernize the mission of the Caisse de dépôt et placement du Québec, the $130-billion provincial pension fund manager.

It will take more than minor tinkering, such as replacing PQ appointees with Liberal ones, to reform Quebec Inc. Premier Charest must show his mettle by standing firm in the face of the inevitable demands for state aid by business.

Luckily, he has Mr. Audet by his side. The avuncular former bureaucrat and president of the Quebec Chamber of Commerce got it right when he said recently: "It is not abnormal to see companies close. That is part of the [capitalist] system. Sometimes some have to close so that others can take their place. What's important is that more open than close. That's [a market] economy."




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L'industrie des festivals

J- Jacques Samson
Le Soleil vendredi 23 mai 2003


Éditorial - A-t-on déjà oublié le scandale des faramineuses commissions versées à des lobbyistes amis du régime Landry sur les subventions allouées aux événements majeurs internationaux ? Avant de crier à l'assèchement brutal des grands festivals par une revue des subventions gouvernementales qu'ils reçoivent, reconnaissons d'abord qu'il y a une bonne marge de manoeuvre. Quand la Société du parc des Îles, à Montréal, a dirigé 300 000 $ sur une subvention de 1,5 million $ dans les poches du lobbyiste qui la représentait, cet argent n'a pas servi au développement d'activités récréo-touristiques destinées à l'ensemble de la population !

Mais surtout, s'ils sont conséquents avec les critiques qu'ils martelaient lorsqu'ils formaient l'opposition, les libéraux de Jean Charest aboliront vite la Société des événements majeurs internationaux du Québec (SÉMIQ) à qui le tandem Bouchard-Landry avait confié la distribution de 30 millions $ de subventions aux organisations des grands événements, comme le Festival de jazz de Montréal, le Festival d'été de Québec, le Carnaval de Québec, ou autres. Cette formule a été dénoncée comme une pirouette comptable et il est en plus inadmissible de laisser à des tiers, non élus, le partage d'une aussi importante enveloppe de fonds publics.

Il faudra cependant préserver les avantages d'un guichet unique pour le soutien à ce type d'activités. Avant 2000, plus personne ne savait au gouvernement du Québec combien touchait chaque événement ; les expérimentés dirigeants de ces activités ont une grande habileté pour siphonner simultanément plusieurs ministères et sociétés d'État, pour obtenir argent sonnant et une foule de services. Le principe d'une planification de l'aide gouvernementale sur trois ans est aussi une amélioration notable qui sert aussi bien l'administration gouvernementale que celle des événements majeurs.

Du côté de ces derniers, ils devront admettre que le REMI (Regroupement des événements majeurs) n'a pas tenu ses engagements publics sur une meilleure concertation entre les dirigeants des événements. Les chevauchements de calendrier se perpétuent, les mises en commun de personnel, de bureaux, d'équipements restent embryonnaires et une vive concurrence est même entretenue entre Montréal et Québec surtout. À l'intérieur des organisations, du ménage reste aussi à faire. Pendant que l'État subventionne des organisations-mères en apparence toujours miséreuses, des sous-traitants affiliés empochent souvent les revenus provenant de produits dérivés ou de la vente de produits provenant des spectacles réalisés avec des fonds publics. C'est la vieille technique, répandue au Québec, de la socialisation des dépenses et de la privatisation des revenus.

Ces mêmes organisations ont d'autre part toujours fonctionné dans le secret quant aux cachets payés aux artistes, leur sélection, ou quant à l'octroi de divers contrats à des fournisseurs dont le choix laisse souvent leurs concurrents perplexes.

La reprise en main par le gouvernement du guichet des subventions devra être accompagnée de contrôles beaucoup plus serrés de l'administration des événements. L'embauche d'une couple de vérificateurs additionnels est parfois un bon investissement.

Enfin, tout en protégeant le caractère populaire des grandes fêtes comme le Festival d'été de Québec, leurs dirigeants peuvent être amenés à revoir certaines pratiques érigées en dogmes. Des spectacles du Festival de jazz de Montréal sont par exemple présentés au Centre Bell où les billets sont alors vendus à fort prix. Le Festival d'été de Québec ne compte toujours que sur la vente du macaron qui permet l'accès à tous les sites pour la durée du Festival. Cette générosité favorise certes une large participation qui garantit le succès de l'événement. Il s'agit aussi d'une forme de démocratisation de la culture. Mais à l'opposé, c'est aussi une concurrence déloyale pour les artistes qui ne touchent pas les plantureux cachets du Festival et doivent vendre leurs billets pour gagner leur vie. Par ailleurs, les festivals subventionnés de Montréal et de Québec ont pour effet de garder les résidants des grands centres chez eux et de canaliser la clientèle des régions vers la métropole et la capitale. Il faut être conscients que des fonds publics servent ainsi à favoriser l'industrie touristique des deux pôles majeurs au détriment de régions, comme la Gaspésie notamment, pour qui cette industrie est vitale. Le dosage des subventions est donc à surveiller.

Les organisateurs des grands événements plaideront que le gouvernement québécois retire 7 $ pour chaque dollar injecté dans ce type d'entreprises. Bravo. Mais ce rendement peut être facilement amélioré encore en conservant le même niveau d'activités économiques avec des subventions un peu réduites. De toute façon, lorsqu'un gouvernement doit couper dans des services à la population et dans son effectif, il est impensable d'épargner les fêtes populaires. Les promoteurs de ces événements devront se résoudre à faire des choses différemment.

JJSamson@lesoleil.com




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Fêtes de la Nouvelle-France :
Un événement où tout baigne dans l'huile

Marie Caouette
Le Soleil vendredi 23 mai 2003


Les Fêtes de la Nouvelle-France, qui reviennent pour un septième été à Québec, jetteront un peu de lumière sur le système judiciaire en vigueur aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous le régime français. Juges, avocats et bourreaux seront à l'honneur du 6 au 10 août. Mieux valait s'en tenir loin, semble-t-il.

Le thème est riche et il se prête bien à des mises en scène et à du théâtre, soulignait le directeur général de l'événement, Stéphane Desmeules, en entrevue. La justice était souvent bafouée, les procès bâclés et les juges très soudoyables à cette époque. On reconstituera quelques procès et le public pourra visiter l'antre du bourreau et de sa femme ("la bourrelle"). La plupart des animations reliées au thème principal se dérouleront au parc de la Citière, au pied de la Côte de la Montagne.

Les Louisianais seront présents pour une deuxième année consécutive pour raconter leur histoire, faire étalage de leurs talents artistiques et faire goûter leur cuisine. Leur emplacement reste le même au parc Montmorency. Comme par le passé, les rues seront animées et un marché public se tiendra à la Place de Paris.

Tout baigne dans l'huile, ou presque, pour les Fêtes de la Nouvelle-France. Contrairement au concours hippique qui passera son tour ou au festival d'été qui démarrera malgré des subventions non confirmées, l'organisation affiche le bel optimisme de ceux qui ont le vent dans les voiles et qui sont en croissance constante. "Ça va bien", selon M. Desmeules. Il ne reste à confirmer que la subvention de 70 000 $ de la Société des événements majeurs internationaux. sur un budget total de 2,7 millions de dollars. Cela pourrait toutefois faire la différence entre un léger bénéfice ou déficit, concède-t-il.

Comme plusieurs d'autres, les fêtes se plient cette année à l'usage qui veut que le principal commanditaire accole son nom à celui de l'événement. À compter de cette année et pour les six prochaines années, on parlera donc des Fêtes de la Nouvelle-France-SAQ. Le montant de la commandite de la SAQ ne peut être dévoilé. Cela permettra à la fête de croître, disait M. Desmeules selon qui les autres partenaires financiers ne sont pas rejetés dans l'ombre par cette pratique. Le Carnaval, se souvient-il, a explosé à partir du moment où d'importants commanditaires s'y sont associés. "Tout le monde en bénéficie."

On ne peut, à ce moment-ci, quantifier le nombre additionnel de visiteurs qu'apportera cette association avec le monopole gouvernemental de vente au détail de produits alcoolisés. Les deux tiers des visiteurs qui viennent dans la capitale, au début d'août, choisissent ces dates en raison des Fêtes de la Nouvelle-France, selon un sondage Léger Marketing. Les festivaliers costumés sont aussi de plus en plus nombreux. On facilitera la tâche de ceux qui souhaitent joindre ce groupe ; ils pourront puiser des idées à l'exposition de costumes d'époque fabriqués par une quinzaine de créateurs locaux (à Place Laurier dès le 26 mai). Malgré une cote d'amour élevé, il n'est, enfin, pas question d'allonger la fête à court terme. Il faut d'abord bien occuper les cinq jours actuels, selon le directeur général, avant d'y songer. Doubler le nombre de jours des fêtes nécessiterait des investissements importants en termes de contenu et de ressources humaines.

MCaouette@lesoleil.com




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"En dégageant la SGF de certains projets, Charest joue la crédibilité du Québec" - Pauline Marois, ex-ministre des Finances

Gilles Normand
La Presse vendredi 23 mai 2003


Québec - En forçant la Société générale de financement (SGF) à se retirer de certains engagements déjà pris, le premier ministre Jean Charest joue la crédibilité du Québec auprès des milieux financiers étrangers, prévient l'aspirante à la direction du Parti québécois, Pauline Marois.

L'ex-ministre des Finances dans le gouvernement Landry, qui réagissait aux publications selon lesquelles la région de Québec risquait de perdre quelque 500 millions de dollars en investissements de la part de la SGF dans des projets comme l'agrandissement de l'aluminerie Alcoa, à Deschambault, s'en est prise à la manière utilisée par le gouvernement libéral pour remettre en question des projets "déjà signés" et qui se veulent, selon elle, des moteurs économiques de haut niveau.

"Il y a d'abord la manière. La manière est absolument inacceptable. Cela sème l'inquiétude partout dans les milieux économiques. Que vont penser nos partenaires étrangers de l'attitude actuelle du gouvernement et quelle crédibilité aura le gouvernement pour la suite des choses, quand il fera des ententes avec les entreprises?" a-t-elle indiqué entre deux séances d'une réunion de deux jours des membres de l'aile parlementaire du PQ, au Manoir Montmorency, près de la célèbre chute.

"Je n'ai jamais vu un gouvernement renier comme cela sa signature. J'espère qu'il ne s'agit que d'hypothèses (...) Il y a une pérennité dans les institutions, il y a une responsabilité à cet égard. Quelle crédibilité aura ensuite le gouvernement auprès des entreprises et des institutions économiques du monde entier?" se demande la députée de Taillon.

Concernant la démission de son mari, Claude Blanchet, de la direction de la SGF, qui touchera un an de salaire et une prime de rendement, soit 275 000 $, ainsi qu'une rente à vie de 80 000 $ par année à partir du 21 août, Mme Marois n'a pas voulu commenter.

"Vous comprendrez que je ne ferai pas de commentaires sur mon conjoint autrement que pour dire ceci: il lui a été confié un mandat par un gouvernement pour contribuer, par l'intermédiaire d'une société d'État, à la création d'emplois et à la croissance économique du Québec. Et il s'est acquitté de son mandat tel qu'on le lui avait confié, et avec des résultats intéressants. Et moi, ce que je peux vous dire, c'est que je suis très fiere de ce qu'il a accompli à la SGF", s'est-elle limitée à dire.

Passant à autre chose, Mme Marois rappelle que le Québec a connu, l'année dernière, la meilleure croissance économique de tous les États nord-américains et même des pays du G7.

"C'était peut-être dû à certaines politiques du gouvernement, autant au niveau de l'accélération des investissements publics que de certains projets qui avaient été appuyés par des sociétés d'État. Soyons donc un peu prudents. Je trouve qu'actuellement, le gouvernement ne l'est pas. Parce que même lorsqu'il remet en question certains projets, il ne nous dit pas ce qu'il va faire pour la suite des choses", s'inquiète la députée.

Interrogé sur "l'impasse" de 4,3 milliards mise au jour par le rapport de l'ex-vérificateur Guy Breton, Pauline Marois accuse le gouvernement libéral d'avoir utilisé ce moyen pour "se défiler par rapport aux engagements qu'il a pris à l'égard de la population québécoise durant la campagne électorale".

"Ils sont allés beaucoup trop loin", ajoute-t-elle, soutenant que 4,3 milliards, "ce n'est pas un trou, c'est une prévision".

Le caucus du Parti québécois, préparatoire à la session parlementaire qui s'ouvrira le 3 juin, prendra fin aujourd'hui.




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Mont Sainte-Anne

Les déclarations de Charest qualifiées d'incendiaires

L'État doit aider le développement du Mont Sainte-Anne, croit plusieurs acteurs du milieu des affaires

Pierre Pelchat, Simon Boivin
Le Soleil vendredi 23 mai 2003


Le prochain président de la Chambre de commerce de Québec, Patrick Simard, a qualifié d'"incendiaires" les propos du premier ministre Jean Charest concernant le refus du gouvernement d'appuyer, par l'entremise de la Société générale de financement (SGF), le projet de développement de 350 millions $ du Mont Sainte-Anne, et l'industrie touristique.

"Il ne faut pas laisser la place à des déclarations incendiaires comme celles-là. Ça m'apparaît très gros. L'industrie touristique n'est pas plus à haut risque que l'agro-alimentaire avec ce qui se passe avec le boeuf pour l'instant", a-t-il affirmé, hier, au cours d'un entretien.

Mercredi, le nouveau chef du gouvernement québécois avait déclaré que l'expansion du Mont Sainte-Anne n'était pas le genre de projet qui est favorisé. "Nous croyons que le secteur récréo-touristique est déjà un secteur à très haut risque et que l'État québécois doit cibler, avec beaucoup de rigueur, ses interventions. Et de notre point de vue, ce n'est pas le genre d'intervention que devait faire l'État", avait déclaré M. Charest, à la sortie du Conseil des ministres.

D'autre part, M. Simard qui est actuellement le premier vice-président de la Chambre de Commerce de Québec a rappelé que l'industrie touristique est d'une importance non négligeable et qui génère des revenus de 1,2 milliard $ dans la région de Québec.

"Il est important que l'économie de notre région ne repose pas sur un ou deux secteurs et qu'elle soit diversifiée. Le Mont Sainte-Anne attire 1 million de visiteurs par année. Le centre accueille aussi des délégués étrangers. Il faut être très prudent avant de prendre une décision qui affectera le développement d'une région", a-t-il affirmé.

Les dirigeants de la Chambre comptent rencontrer les ministres de la région de Québec pour les sensibiliser aux besoins de la région. "Notre objectif principal demeure le maintien du déficit zéro dans les finances publiques sans négliger le développement économique. Il va falloir faire des choix. Nous espérons que le milieu des affaires sera consulté", a ajouté M. Simard.

Pour sa part, le directeur de la station de ski du Mont Sainte-Anne, Guy Desrosiers, était plus volubile, hier, que la veille, concernant les déclarations du premier ministre. "Je pense que les commentaires de M. Charest étaient davantage liés au mode d'intervention du gouvernement pour appuyer de tels projets. J'espère que ces propos ne voulaient pas dire que l'industrie touristique n'était pas importante au Québec", a-t-il affirmé, hier, au cours d'un entretien téléphonique.

Selon M. Desrosiers, il ne faut pas en conclure pour autant que le projet de développement au Mont Sainte-Anne est mort de sa belle mort. Il a évoqué la possibilité d'impliquer d'autres partenaires financiers dont le Fonds de solidarité de la FTQ. "La réalisation du projet sera ralentie, mais le potentiel de développement du Mont Sainte-Anne demeure", a-t-il dit.

"Je suis persuadé que le nouveau gouvernement va s'apercevoir que l'industrie touristique est un secteur structurant pour l'économie de la province. Quand on regarde ce qui se passe à travers le monde, le tourisme est un secteur d'avenir, en croissance", a poursuivi M. Desrosiers, qui est également président du Centre local de développement de la Côte de Beaupré.

"Il n'y a pas un secteur sans risque. Il y a cinq ans, c'était l'euphorie pour les investissements dans les télécoms et les titres technologiques. On a vu ce qui est arrivé par la suite. Il n'y a pas beaucoup de gens qui avaient prédit que ce secteur deviendrait aussi fragile", a-t-il rappelé.

Par ailleurs, M. Simard estime que les propos du premier ministre risquent de compromettre le développement de bien des régions qui repose en grande partie sur le tourisme.

Le tiers des visiteurs au Mont Sainte-Anne provient de l'extérieur du Québec. "C'est une source de revenus importante pour le Québec", a souligné le directeur du centre de ski.

La première phase du projet d'expansion du Mont Sainte-Anne consiste en la construction d'un millier d'unités d'hébergement, un centre des congrès, des espaces commerciaux, deux terrains de golf, un centre aquatique.

PPelchat@lesoleil.com, SBoivin@lesoleil.com




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Et si Landry restait! …

Je veux que mon chef propose essentiellement de réaliser la souveraineté du Québec

Billet de Roger Paquin, député de Saint-Jean de 1994 à 2003
TRIBUNE LIBRE vendredi 23 mai 2003


Québec, 23 mai 2003 — Bien que le Parti Québécois ait formé un excellent gouvernement, les électeurs ont décidé de le retourner sur les banquettes de l’Opposition officielle. Notre discours sur la souveraineté a été davantage celui de la parole plutôt que celui de l’action et il n’a pas convaincu une part importante des souverainistes de se mobiliser; ne voulant pas voter contre nous, plusieurs se sont abstenus. Les Libéraux ont eu moins de voix qu’en 1998; ce n’est pas tant eux qui ont gagné que nous qui avons perdu l’élection.

Si le Parti québécois avait été porté au pouvoir, j’ai pour ma part l’intime conviction que Bernard Landry aurait foncé vers le pays avec une détermination farouche et que cette lancée aurait été rassembleuse et irrésistible. Néanmoins, un parti moribond il y a quelques mois à peine, forme désormais une solide Opposition officielle.

Au demeurant, il faut constater qu’il n’y a pas de lune de miel pour les Libéraux et la population n’est pas réjouie qu’ils forment le gouvernement, beaucoup de gens regrettant déjà leur vote ou leur abstention. Certains gestes ont entamé la bonne humeur de l’équipe libérale et quelques décisions suscitent des échos négatifs dans la population. Ça ne fait que commencer.

Que doit faire le Parti Québécois maintenant?

La première chose qu’il faut faire maintenant, c’est remplir le mandat populaire : être une solide Opposition officielle. Là-dessus, pas trop d’inquiétude.

La seconde chose qu’il faut faire, c’est un véritable débat sur la suite des choses pour le Parti Québécois et sa raison d’être.

Et la chose qu’il ne faut pas faire, c’est une course à la chefferie. À cet égard, je suis inquiet parce que la course à la succession du chef est déjà commencée de façon larvée et ce n’est pas ce dont nous avons besoin.

La tentation doit être forte pour Bernard Landry de rentrer dans ses foyers. L’équipe a de la profondeur et les successeurs potentiels d’envergure ne manquent pas (à l’intérieur de la députation comme à l’extérieur). Les légitimes ambitions de ces personnes de talent et le rêve de diriger la suite des choses peuvent rendre impatient. Et les députés actuels, et ceux qui comptent le devenir (ou le redevenir), veulent se positionner pour l’avenir, choisir leur camp, ne pas décevoir le ou la futur chef (s’investir pour des “considérations futures”).

Se recentrer sur l’essentiel

Le Québec n’a que faire d’un parti comme les autres de plus, d’une alternative au Parti Libéral qui soit de même nature que lui (i.e. d’un parti essentiellement de gouvernance) de plus. Le Parti Québécois ne peut prétendre être lui-même que s’il porte essentiellement le projet de pays et un gouvernement du PQ n’aura désormais de légitimité que s’il le fait.

Il faut donc réviser notre projet à la lumière des réalités actuelles et de l’avenir prochain. Se parler et s’écouter. Parler à tous les Québécois et les écouter. Pas maquiller le projet, pas le travestir, pas l’édulcorer. L’ajuster, le peaufiner, le proposer, le plaider, le faire aimer. À la prochaine élection, ce que je veux, c’est que nous disions aux Québécoises et aux Québécois : «votez pour nous et nous ferons ensemble ce pays que nous voulons (et de surcroît nous aurons un excellent gouvernement)» et non pas «votez pour un meilleur gouvernement que celui des Libéraux (et nous vous parlerons aussi d’un projet de souveraineté inoffensif à l’occasion)».

Le chef

Ce que je veux, c’est que le chef qui conduira nos troupes à la prochaine élection n’ait rien à prouver de sa capacité de gouverner, que ce soit un acquis. Compétence économique, hors paire. Sensibilité culturelle, profonde. Social-démocratie, évidente. Développement durable, bien sûr. Expérience, exceptionnelle. Rien de cet ordre à prouver.

Je veux que mon chef propose essentiellement de réaliser la souveraineté du Québec (et qu’en conséquence, il consente, évidemment, à assumer la responsabilité de Premier ministre avec tout ce que cela comporte). Je ne veux pas que mon chef ambitionne d’abord d’être Premier ministre (et qu’en conséquence, parce que péquiste, il consente à trimbaler le projet inoffensif – voire embarrassant – d’un éventuel pays du Québec).

Alors, avec ses quelques défauts et avec ses remarquables qualités, je veux que Bernard Landry reste mon chef, qu’il oublie son âge et ses tentations, qu’il fasse face aux pressions compréhensibles de gens éminemment compétents qui pourraient lui succéder, qu’il fasse confiance à sa nature profonde et à ses talents, que, sans orgueil et avec détermination, il sonne le rappel des troupes, qu’il entreprenne le cheminement qui conduit au pays, qu’il nous guide et nous commande, et qu’il se présente au prochain Congrès national du Parti pour obtenir un vote de confiance non équivoque des militantes et des militants.

Quant à nous

Je demande à ceux qui aspirent à lui succéder de surseoir à cette légitime ambition, de nourrir le débat pour raviver notre projet, de le rendre irrésistible pour nos concitoyens, et d’appuyer inconditionnellement Bernard Landry.

Je demande aux députés, ex-députés, aspirants députés, présidents et membres des instances, à tous les fervents souverainistes, de ne pas contaminer le débat nécessaire par des gestes de course à la chefferie. Je demande à tous de se ranger résolument derrière Bernard Landry et d’exiger de lui qu’il aille de l’avant.

Pour ma part, quoi qu’il advienne, je demeure soldat mobilisé parce que tant que le pays n’est pas réalisé, il reste à faire.