que faire?

Jean-Pierre Charbonneau invite les péquistes à faire preuve de lucidité

MARTIN OUELLET
PC 7.5.2003


QUEBEC (PC) - L'ex-ministre Jean-Pierre Charbonneau invite les péquistes à faire preuve de lucidité et à admettre que le Parti québécois n'arrivera jamais, seul, a réaliser la souveraineté du Québec.

"Le PQ ne fait plus le plein de souverainistes. C'est un parti de gauche et beaucoup de gens ne s'y sentent pas à l'aise. Il faut établir une coalition avec des nationalistes de toutes mouvances et adopter un programme politique", a déclaré l'ancien ministre des Affaires intergouvernementales, mardi, en entrevue à La Presse Canadienne.

Jean-Pierre Charbonneau se défend bien de dresser un constat d'échec à l'égard du PQ, mais fait remarquer que "la seule fois où la souveraineté a presque triomphé, au référendum de 1995, c'était grâce à une coalition avec l'ADQ".

La coalition de 1995 proposait la souveraineté-partenariat, un concept d'association que l'ex-ministre, comme son collègue François Legault, juge dépassé sinon nuisible à la cause souverainiste.

"Continuer à mettre l'accent sur le projet d'une nouvelle union canadienne, c'est continuer implicitement à dire qu'il y a un trop gros risque à vouloir s'affranchir complètement de la tutelle de l'autre. C'est accréditer la peur plutôt que renforcer le désir de liberté. C'est consolider les résistances plutôt que de renforcer les motivations", indique-t-il.

Selon lui, le Parti québécois doit prendre tout le temps nécessaire pour contribuer à bâtir la nouvelle coalition, même s'il lui faut prolonger son séjour sur les banquettes de l'opposition.

"En d'autres termes, recherchera-t-on à reprendre le pouvoir pour gouverner à nouveau la province de Québec ou pour faire la souveraineté d'abord et avant tout, quitte à attendre plus longtemps s'il le fallait avant de retourner de l'autre côté de l'Assemblée nationale", écrit M. Charbonneau dans une lettre qu'il vient de rendre publique.

M. Charbonneau souligne que le Conseil de la souveraineté, présidé par Gérald Larose, pourrait incarner la coalition politique à laquelle il rêve, pour autant que l'organisme ne devienne pas "une patente péquiste".

"Le conseil pourrait réunir les militants de gauche fidèles au PQ et les nationalistes de droite qui se reconnaissent davantage au sein de l'ADQ de Mario Dumont", estime-t-il.

Jean-Pierre Charbonneau considère que la défaite électorale du 14 avril a eu au moins le mérite de redonner les coudées franches au Parti québécois, qui ne pouvait plus guère faire avancer l'option souverainiste.

"Le PQ, surtout depuis 1995, s'est placé dans la situation d'un parti provincial autonomiste, qui ne voulait pas renouveler le fédéralisme mais qui n'osait pas non plus mettre de l'avant son option politique estimant que les gens n'en voulaient pas. On a été 'pogné' dans le coin", analyse-t-il.

Maintenant que le pouvoir est aux mains des fédéralistes, Jean-Pierre Charbonneau croit que le premier ministre libéral Jean Charest a le devoir de prouver que le Canada peut répondre aux attentes du Québec.

"A titre de chef de la nation québécoise, Jean Charest doit rouvrir le débat constitutionnel et réclamer un nouveau partage des pouvoirs politiques au sein de la fédération, fondé sur notre caractère national distinct. Jean Charest, qui a été l'un des ténors du Non en 1995, a l'obligation de pousser Ottawa et le Canada anglais à répondre aux aspirations autonomistes" du Québec, affirme-t-il.




PQ

Legault takes sovereignty hard line

Pitch part of PQ leadership race. Declaration by underdog puts favourite Pauline Marois on the spot

KEVIN DOUGHERTY
The Gazette Wednesday, May 07, 2003


Bernard Landry may think he is staying on as Parti Québécois leader.

But the race to succeed him has begun with a public declaration by François Legault, the underdog challenger to Pauline Marois, repudiating Landry's proposal for a Quebec-Canada confederal union.

Last week Landry, who initially said he would step down as PQ leader before the next election, announced he has no immediate plans to resign.

Now, Legault, whose plea to the party executive to hold off on a leadership race until the fall of 2004 fell on deaf ears, has launched a pre-emptive strike, sending a letter to French-language dailies in Quebec calling for "pragmatic sovereignty" without a continuing link with the rest of Canada.

"Is an eventual partnership with the rest of Canada still necessary?" Legault asks, making a direct attack on Landry's proposed confederal union and staking his claim as a sovereignist hard-liner.

The party executive decided at a meeting last week that there should be a PQ leadership race by early 2004 at the latest, and possibly as early as this fall, according to a source in the Marois camp.

Legault was not available for interviews yesterday but Réjean Pelletier, a Université Laval political scientist, said his understanding is that Legault is appealing to the party's hard-liners, while trying to distance himself from his political mentor, Lucien Bouchard, viewed by PQ hard-liners as too soft on the sovereignty issue.

"It could cause him problems," Pelletier said. "But at the same time it could win him supporters among the hard-liners."

Pelletier said that Legault isn't really abandoning the idea of partnership because he also calls for a sovereign Quebec to join the the World Trade Organization and the North American Free Trade Alliance, organizations that Canada already belongs to.

"That is the equivalent of partnership," Pelletier added. "He seems to want to play on both sides at once."

By going public, Legault is putting Marois on the spot, Pelletier said.

Marois did not return calls yesterday but somebody in her entourage questioned why Legault, after asking for more time to prepare his leadership campaign, has now seized the initiative by challenging Landry. "It's a funny message," the Marois operative said. Marois, considered the front-runner, would not change her game plan in reaction to Legault's decision to go public.

"We have a game plan, we have clear orientations, that we will divulge in time," the Marois operative said. "We will not react to the positions of another MNA."

In his letter Legault, who was named by Landry to succeed Marois as the PQ finance critic, also stressed the social values of the party, explaining that Quebec's higher taxes allow it to offer accessible higher education, $5 daycare and, through Hydro-Québec, cheaper electricity than in neighouring states and provinces.

"Obviously, it is a lot easier to promise tax cuts than to explain why a government today needs all these resources," he said, taking a swipe at plans by the new Liberal government to cut taxes by $1 billion a year for five years.

kdougherty@thegazette.canwest.com




PQ

La lettre de François Legault :
L'entourage de Pauline Marois parle d'un «drôle de message»

Robert Dutrisac
LE DEVOIR mercredi 7 mai 2003


Québec - Le clan Marois estime que le candidat déclaré à la succession de Bernard Landry, François Legault, envoie «un drôle de message» en tentant d'attiser la course au leadership du Parti québécois tout en souhaitant que le chef péquiste reste le plus longtemps possible à la tête du parti.

L'entourage de l'ex-vice première ministre Pauline Marois n'a pas apprécié la lettre qui a été publiée hier et que François Legault a envoyée au Devoir et à d'autres quotidiens. Dans ce texte, qu'on peut assimiler au manifeste du futur candidat, M. Legault se fait l'apôtre d'une social-démocratie efficace et de la souveraineté comme une fin en soi, une souveraineté qui ne serait pas nécessairement assortie d'un partenariat avec le reste du Canada. La question référendaire ne devrait pas faire allusion à un quelconque partenariat avec le Canada, a dit au Soleil le député de Rousseau, qui entreprendra une tournée du Québec pour discuter d'une nouvelle façon de concevoir le projet souverainiste du Québec.

Hier, Pauline Marois n'a pas voulu commenter les intentions de François Legault. «Je ferai des commentaires en temps et lieu», a-t-elle indiqué, précisant que viendrait le temps où elle aussi rendrait compte de son idée sur le projet de souveraineté après consultation des militants du parti.

Dans son entourage, on dit qu'«à l'heure actuelle, elle consulte. Elle préfère travailler en équipe. D'autres préfèrent imposer un "agenda" aux militants». Elle possède un plan de match précis auquel elle n'entend pas déroger. Mme Marois «a l'intention de rassembler la plus grande coalition de souverainistes et de péquistes» pour faire le débat au sein du PQ, assure son clan.

Vendredi dernier, l'exécutif national du PQ s'est réuni pour une première fois depuis les élections, réunion à laquelle prenait part Bernard Landry. Selon une source, trois dates pour la tenue du congrès visant à choisir le nouveau chef furent mises sur la table: la fin de l'automne 2003, ce que favorise le clan Marois, janvier ou février 2004 ou encore l'automne 2004, une échéance éloignée qui ne déplairait pas au camp de M. Legault.




PQ

Legault force le jeu

Jean-Robert Sansfaçon
LE DEVOIR mercredi 7 mai 2003


La sortie publique du député François Legault est un signe qui ne trompe pas quant aux intentions de l'ex-ministre de poser sa candidature à la présidence du Parti québécois. En faisant connaître, dès aujourd'hui, ses couleurs sur le projet de souveraineté, M. Legault tire le tapis de sous les pieds de ses collègues Pauline Marois et André Boisclair.

On aurait cru que Mme Marois frapperait la balle en premier, elle qu'on dit en avance dans la course. On aurait aussi pensé qu'elle se situerait d'emblée comme étant la digne héritière d'une certaine orthodoxie péquiste, dans la lignée des Lévesque, Parizeau et Landry. Mme Marois est une militante de longue date, aimée et respectée au sein du PQ. Contrairement à Lucien Bouchard, de la ferveur souverainiste duquel les militants doutaient, personne ne remet en question son attachement au projet d'indépendance nationale. De son côté, François Legault suscite encore l'incertitude. Il a peu parlé de souveraineté depuis son entrée tardive au PQ. Il en va de même du penchant social-démocrate que les militants concèdent plus facilement à Pauline Marois qu'à François Legault, l'homme des contrats de performance et autres mesures d'évaluation, des concepts peu prisés par une certaine gauche.

Or, en publiant, hier, ce qui a toute l'apparence d'un texte d'orientation politique, François Legault s'accapare d'entrée de jeu le rôle de la reine aux échecs. Loin de diluer le projet de souveraineté, M. Legault l'épure en remettant en question l'association politique avec le reste du Canada. «Ne souhaitons-nous pas au fond établir un partenariat nouveau avec toutes les nations qui partagent nos valeurs économiques et sociales?», demande-t-il un peu candidement. Le candidat Legault tient à ce que les militants du PQ sachent qu'il est souverainiste et qu'il ne laissera pas ses adversaires semer le doute à ce propos. Ce faisant, il force donc ces derniers à clarifier leur propre position.

Mme Marois choisira-t-elle la voix de la révision du projet souverainiste deux fois battu lors d'un référendum, un pari risqué au sein du PQ, ou voudra-t-elle combattre sur le même terrain que M. Legault en s'affichant aussi comme souverainiste pure? Revendiquera-t-elle la propriété de la tradition sociale-démocrate du PQ ou voudra-t-elle, là aussi, combattre sur le même terrain que son collègue, celui de la solidarité intergénérationnelle, de la décentralisation et de la priorité accordée aux dépenses en santé et en éducation?

Quant à M. Boisclair, on l'entend peu ces jours-ci. Aurait-il décidé de ne pas se présenter ou attend-il que l'on se rapproche de la date du congrès qui pourrait effectivement se tenir dans presque un an?

En tirant le premier, François Legault force les autres à dévoiler leur jeu plus vite qu'ils ne l'auraient souhaité. Mais la course à la chefferie n'est pas officiellement lancée et tout reste possible. Il vaudrait cependant mieux que cette campagne ne dure pas trop longtemps, car si la lutte se prolonge, il y aura eu débat au sein du parti comme le souhaite Bernard Landry, mais il ne restera plus que des lambeaux ensanglantés dans chaque camp, le soir du couronnement d'un chef.




PQ

Legault brûle les rouges

J. -Jacques Samson
Le Soleil mercredi 7 mai 2003


Éditorial - François Legault a volé le départ hier de la course à la direction du Parti québécois. Une collaboratrice de l'ancien ministre de l'Éducation et de la Santé a orchestré en son nom la publication d'un texte d'opinion le même jour dans les grands quotidiens, dans lequel l'aspirant non déclaré encore à la succession de Bernard Landry mais néanmoins activement en campagne, se campe résolument à gauche, autant dans la démarche d'accession à la souveraineté que sur le plan de la social-démocratie.

M. Legault aurait souhaité une véritable course lorsque Lucien Bouchard a démissionné mais Bernard Landry avait trop de longueurs d'avance. Cette fois-ci, il part le premier, en espérant ainsi couper l'herbe sous le pied de sa rivale Pauline Marois. Au plan de la seule stratégie politique, l'ancien président d'Air Transat montre qu'il a appris vite. Il prétend d'ailleurs dans son spin aux médias pouvoir déjà compter sur 11 députés, Pauline Marois à peu près du même nombre, alors qu'une vingtaine d'élus restent neutres encore et ne se presseront pas pour s'attacher à un candidat. Contrairement à la période qui a précédé le couronnement de Bernard Landry, ceux-ci ont peu à espérer à court terme dans l'opposition pour leur plan de carrière.

Un troisième candidat pressenti, André Boisclair, aurait par ailleurs donné l'assurance qu'il ne serait pas partant, ce qui ramène la campagne pour l'instant à un duel entre deux Formules Un, Marois et Legault. Un ou deux canassons s'ajouteront sans doute mais la partie sera déjà jouée. L'élection se fera, d'autre part, au suffrage universel parmi les militants et il est bien connu que le Parti québécois se radicalise lorsqu'il est dans l'opposition. Les carriéristes, les opportunistes et tous les parasites du pouvoir rentrent alors chez eux, y compris parmi les anciens ministres et députés battus, que les vrais militants n'avaient jamais vus avant l'élection de ceux-ci en 1994 ou 1998 et qu'ils ne revoient jamais après leur défaite. Il reste ceux qui sont étiquetés " purs et durs ". Le ton des conseils nationaux et des congrès change d'ailleurs alors du tout au tout. Cela se vérifiera bientôt.

En rejetant le volet association ou partenariat des modèles de souveraineté proposés par Lévesque, Johnson, Bouchard et Landry, pour revenir à la souveraineté pure, à laquelle il ajoute son plaidoyer pour la social-démocratie, François Legault cherche à engranger immédiatement les votes du bloc de gauche qui constitue le noyau le plus militant du PQ. Il vient ainsi contrer l'image qui lui colle à la peau du capitaliste millionnaire, nationaliste modéré, entraîné au PQ par un autre souverainiste suspect, Lucien Bouchard. Une fois cette base militante séduite, il est toujours plus facile de courtiser les modérés qui gravitent autour du parti.

Au chapitre du débat d'idées par contre, tant souhaité à l'occasion de cette course, la plate-forme choisie par François Legault marque plus un recul, un repli sur l'option du Rassemblement pour l'indépendance de Pierre Bourgault (RIN) durant les années 1960, qu'une recherche de modernisation du programme du PQ. Et ce, autant pour ce qui touche la souveraineté que les programmes sociaux. En se coulant dans le béton aussi tôt, l'aspirant écarte de sa pensée des remises en question aussi fondamentales que celles souhaitées par exemple par son ex-collègue Joseph Facal sur le modèle québécois et le rôle de l'État.

M. Legault n'a pas tiré de leçons du résultat de l'élection. Il l'attribue plutôt à l'absentéisme de partisans habituels, en prenant pour acquis qu'ils auraient voté de façon identique à 1998, si le PQ s'était durci. C'est une analyse simpliste et M. Legault aurait dû retenir son texte quelques semaines, le temps de réfléchir davantage. Les Québécois ont changé depuis 1970 et M. Legault semble refuser d'en prendre acte.

Par ailleurs, il rejette la formule de souveraineté-association des précédents chefs (avec une nuance pour Parizeau) mais il n'a pas précisé ses vues sur la citoyenneté, la monnaie, la défense, les multiples juridictions obligatoirement partagées et tous ces autres sujets qui ont alimenté tant de crises d'identité au Parti québécois et amené les chefs successifs à rejeter un modèle de souveraineté brute, invendable à la population, jugé irréaliste dans notre environnement géopolitique. Cela pourrait faire l'objet d'une prochaine épître.

La décision de Bernard Landry de demeurer un temps à la tête du PQ se révélera sans doute très sage et nécessaire pour une période peut-être un peu plus longue qu'il l'espérait, afin de prévenir des dérapages suicidaires pour son parti, à moyen terme.

JJSamson@lesoleil.com




PLQ

QC-NY

M. Charest à New York

La sécurité à l'ordre du jour

Pascale Breton
La Presse mercredi 7 mai 2003


Québec - La sécurité est le thème majeur de la première visite du premier ministre Jean Charest en sol américain aujourd'hui et demain, alors qu'il se rend dans l'État de New York.

Le pays de l'Oncle Sam représente un important partenaire commercial pour le Québec et parmi les 51 États américains, celui de New York en est le principal. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 cependant, les Américains ont considérablement renforcé leurs mesures de sécurité, notamment aux abords des frontières.

"Dans le cadre de la conjoncture actuelle, il est important pour le nouveau gouvernement d'envoyer un signal clair aux Américains que nous accordons beaucoup d'importance à nos échanges économiques, mais aussi à l'ensemble de nos relations. La sécurité est le véritable leitmotiv aux États-Unis et dans nos relations", explique le délégué général du Québec à New York, Michel Robitaille, en poste depuis septembre 2002.

Les postes frontaliers sont particulièrement importants, d'autant plus que 75 % des exportations québécoises vers les États-Unis s'effectuent par voie terrestre. "Si on parle d'un resserrement de la sécurité aux frontières, il ne faut pas que cela ait des effets sur le flux du commerce", ajoute M. Robitaille.

La valeur totale des échanges commerciaux entre l'État de New York et le Québec s'est élevée l'an dernier à 10,8 milliards canadiens. Ces tractations représentent 12,6 % des exportations totales du Québec. Dans l'ordre, l'aluminium (13 % des exportations), l'industrie du vêtement (7 %), l'électricité (6 %) ainsi que le domaine des nouvelles technologies de l'information (5 %) constituent les principaux champs commerciaux entre le Québec et l'État de New York.

"Avant les accords de libre-échange nord-américains, les États-Unis étaient déjà notre plus important partenaire commercial et le principal débouché de nos exportations. La tendance ne fait que s'accroître depuis la signature des accords il y a 15 ans", note pour sa part Michel Martin, consultant en affaires publiques.

Horaire chargé

La visite du premier ministre dans l'État de New York en est principalement une de courtoisie et de familiarisation, mais la question de la sécurité sera omniprésente dans les événements publics auquel il participera.

Ce soir, M. Charest assiste à un gala prestigieux organisé par la Foreign Policy Association, auquel participent quelque 80 ambassadeurs de partout dans le monde. Le secrétaire d'État américain, Colin Powell, ainsi que le haut représentant pour la politique étrangère et la sécurité commune du Conseil de l'Union européenne, Javier Solana, prononceront une allocution lors de cette soirée.

"Avec la dynamique que l'on connaît depuis quelques mois entre le bloc des Amériques et de l'Europe, il sera certainement question de sécurité", déclare M. Robitaille.

Demain, le programme de M. Charest prévoit un entretien avec le gouverneur de l'État de New York, George E. Pataki, ainsi qu'une visite de la délégation du Québec à New York, implantée depuis 63 ans.

L'arrivée d'un nouveau gouvernement au Québec ne devrait par ailleurs pas modifier les relations québéco-américaines, principalement économiques et commerciales, puisque "les gouverneurs américains ont toujours fait très attention de ne pas se mêler des questions internes au Canada et particulièrement de la question nationale du Québec", indique Michel Martin.

Il croit cependant que le premier ministre et le gouvernement de l'État de New York pourraient partager une communauté d'esprit, une même vision dans plusieurs domaines.

Cette visite éclair aux États-Unis survient cependant dans un climat de crise. Réélu l'automne dernier pour un troisième mandat, M. Pataki, un républicain, a toujours promis de ne pas hausser les taxes.

À la suite des attentats du 11 septembre, de la guerre en Irak et de la situation économique en général, l'État de New York- comme l'ensemble des États-Unis- est confronté à des problèmes majeurs, avec un taux de chômage de 7 % et une diminution importante de l'activité touristique, alors que la région connaissait le plein emploi il y a deux ans.

Le gouverneur Pataki veut continuer de diminuer les taxes, même s'il doit réduire les services publics comme l'éducation et la santé. Les membres du Sénat (à majorité républicain) et de la Chambre (majoritairement démocrate) s'y opposent en faisant front commun, ce qui provoque depuis quelques jours une crise politique importante.




PLQ

QC-NY

Boucher questionne un oubli de Charest

François Gougeon
La Tribune mercredi 7 mai 2003


"J'ose espérer que c'est un oubli de la part de M. Charest... Ce serait dommage qu'il ferme une fenêtre très intéressante dans la consolidation des relations entre le Québec et New York."

Le député de Johnson et critique de l'Opposition officielle en matière de sport et loisir, Claude Boucher, s'est publiquement interrogé hier, à savoir pourquoi le premier ministre Jean Charest n'a pas dans l'ordre du jour de sa rencontre avec le gouverneur George Pataki, aujourd'hui et demain, le projet de candidature conjointe Québec-New York pour les Olympiques de 2014.

"Il faut se rappeler que c'est le gouverneur Pataki, en janvier dernier, qui avait lui-même contacté le premier ministre d'alors, Bernard Landry, pour lui exposer le projet. Et à ce moment, les libéraux s'étaient montrés sympathiques à cette idée... Je peux difficilement imaginer aujourd'hui que les libéraux, maintenant au pouvoir, laissent tomber ce dossier", a dit M. Boucher.

Il espère surtout que le nouveau gouvernement à Québec n'a pas décidé de mettre le dossier de côté pour "éviter de froisser qui que ce soit", faisant ainsi allusion à l'opposition de l'Association olympique canadienne au projet de candidature conjointe.

"Pourtant, a aussi commenté le député de Johnson, la préparation de jeux olympiques se fait longtemps d'avance. Dix ans, ce n'est pas trop tôt. Si nous avions été reporté au pouvoir, la prochaine étape aurait été justement de créer un groupe de travail, sur le financement et la logistique... Mais là, M. Charest n'abordera même pas le sujet", a déploré Claude Boucher.




Acadie

La Nouvelle-Écosse en français

André Désiront
La Presse mercredi 7 mai 2003


SI VOUS VOUS appellez Leblanc, Doucet, Thibodeau, Thériault, Hébert... vous vous retrouverez peut-être à une des 80 rencontres familiales prévues l'an prochain, en Nouvelle-Écosse, dans le cadre du Congrès mondial acadien.

Le premier congrès, qui avait lieu au Nouveau-Brunswick en 1994, avait attiré plus de 100 000 descendants d'Acadiens venus de tous les horizons de la francophonie et de Louisiane. Les organisateurs néo-écossais du troisième congrès, qui aura lieu du 31 juillet au 15 août 2004, en attendent au moins autant. C'est que l'événement coïncidera avec le 400e anniversaire du débarquement de Samuel de Champlain sur une des plages de la baie Sainte-Marie, à l'ouest de la province, où, aujourd'hui encore, quelque 6000 francophones vivent de la pêche, de l'agriculture et du tourisme dans des villages qui ont pour nom Saint-Alphonse, Pointe-de-l'Église, Mavilette, Comeauville...

Mais la Nouvelle-Écosse a déjà commencé son offensive de mise en marché au Québec. Plus on mettra l'accent sur les 40 000 francophones établis dans six régions de la province, croit-on, plus les Québécois seront intéressés à y venir en villégiature. Le Nouveau-Brunswick avait fait ce pari, voici un peu plus de 10 ans. Depuis, cette province a réussi à attirer chaque année plusieurs dizaines de millers de touristes francophones dans la péninsule acadienne ou sur les plages du détroit de Northumberland, comme Bouctouche ou Shediac.

Actuellement, beaucoup de Québécois ignorent que l'on trouve des "poches" de culture francophone en Nouvelle-Écosse. "Généralement, ils viennent pour faire le sentier Cabot (ou la Cabot Trail) et, lorsqu'ils font escale à Chéticamp, à l'entrée du parc national, beaucoup sont surpris de se retrouver dans une communauté francophone", note Vaughne Madden, directrice générale du Congrès mondial acadien de 2004, qui travaille en étroite collaboration avec le ministère du Tourisme provincial.

L'Amérique francophone est née sur les côtes de la baie Sainte-Marie et de la vallée voisine d'Annapolis, où Champlain et son associé, le sieur des Monts, établirent une première colonie- Port-Royal- en 1605, c'est-à-dire trois ans avant la fondation de Québec. La plupart des colons qui avaient prospéré dans la région, notamment à Grand-Pré où la rivière Sainte-Croix se jette dans la baie de Fundy, furent déportés par les Britanniques en 1755. Un épisode de la conquête que le poète américain Henry Longfellow rendit célèbre en composant son célèbre poème Évangéline. Mais ils furent nombreux à y revenir quelques années plus tard. La Nouvelle-Écosse diffuse gratuitement un guide touristique de plus de 400 pages qui permet de préparer un voyage. Le territoire est divisé en sept grandes routes panoramiques. Celle qui traverse les régions francophone de la vaie Sainte-Marie et de la vallée d'Annapolis jusqu'à Grand-Pré a été baptisée "Evangeline Trail".

Un peu plus au Sud, 6400 autres Acadiens francophones prospèrent au bout d'une autre route panoramique, la route des Phares qui, elle, mène de Halifax à Yarmouth, à la pointe ouest de la province. Le centre de cette région, qui regroupe des villages comme Sainte-Anne-du-Ruisseau ou Belleville, est Pubnico. On y visite un musée et un village historique acadien (qui rappelle le village acadien de Caraquet, au Nouveau-Brunswick).

À noter que cette route, qui débute à Halifax, longe une des plus belles portions de littoral de la province, avec des villages comme Peggy's Cove près de la baie où le vol de Swissair s'écrasa en 1998. Attention: arrivez tôt, car c'est un des plus beaux villages du Canada et, après 10h, les autocars de touristes envahissent les lieux. Mahone Bay et Lunenbourg (classée au patrimoine mondial de l'UNESCO) se trouvent également sur cette route. Les autres communautés francophones sont installées dans l'isle Madame, face à l'entrée de l'île du Cap Breton, dans la région de Pomquet (un peu avant l'île du Cap Breton) et autour de Chéticamp, à l'entrée du Sentier Cabot. Sur la côte sud de l'île du Cap Breton, la forteresse de Louisbourg est un des hauts lieux de la colonisation francophone dans l'est du Canada, mais on ne parle plus français dans les environs. On dénombre également 12 000 francophones à Halifax, mais là, ils se fondent dans la masse.

"On estime qu'il y a un peu plus de 10 millions d'Acadiens dispersés dans le monde, dont deux millions au Québec", dit Vaughne Madden. Une occasion, pour ces Comeau, Melanson, Hébert et autres Leblanc d'effectuer un retour aux sources?

On s'informe grâce au site Internet www.novascotia.com. Sinon, il y a le guide "2003 Doers' and dreamers guide" qui répertorie non seulement les attractions touristiques, mais aussi les établissements d'hébergement et les restaurants (1 800 565-0000). Au même numéro on peut demander les fascicules "Voyagez en Nouvelle-Écosse" et le Carnet de planification de voyage du Congrès mondial acadien (tous deux en français).




bilinguisme

Copps ignores advice, vows to change anthem

Leadership hopeful backs gender-neutral, bilingual version

Jack Aubry
The Ottawa Citizen Wednesday, May 07, 2003


Ignoring advice to stay out of the issue, Heritage Minister Sheila Copps has publicly thrown her support behind a bill that would create an official bilingual version of O Canada, making it gender neutral in the process.

In a letter to Senator Noel Kinsella, the author of the bill to amend the National Anthem Act to reflect the linguistic duality of Canada, a policy adviser to the minister says Ms. Copps "feels that this initiative is an excellent way to promote Canadian identity."

The bilingual version, which starts with French lyrics, alternates French and English lines from the current unilingual versions.

Stephane Dallaire, a senior policy adviser to Ms. Copps, wrote to Mr. Kinsella that O Canada is one of the country's "best-known symbols," and it is important for it to further reflect the nation's linguistic duality.

"As indicated in your correspondence, bilingual versions of the anthem are being performed across Canada, including an unofficial version sung at federal government events," said Ms. Copps's adviser.

"An official bilingual version of the anthem is needed."

Ms. Copps enters the anthem debate despite receiving advice only a few months ago to stay out of it since it might become a "political liability" for the outspoken minister. Her officials advised Ms. Copps late last year in a confidential memo obtained by the Citizen that she has little to gain and a lot to lose by supporting the changes to the English version of O Canada.

The memo also said altering the national anthem would cost taxpayers a "considerable" amount because of the changes that would have to be made to leaflets, cards, posters, CD-ROMs, video and audio recordings and other material the government uses to promote O Canada.

Last year, Liberal Senator Vivienne Poy, the sister-in-law of Gov. Gen. Adrienne Clarkson, introduced a bill in the Senate to changing the words "in all thy sons command" to "in all of us command" to make the anthem gender-neutral.

Mr. Kinsella, who supports Ms. Poy's bill, subsequently proposed his bill which would create a bilingual version of the anthem, which would also wipe out the line "in all thy sons command" by using French version when that lyric line comes up.

Tory Senator Terry Stratton has told the Senate that an official bilingual version of the anthem would never fly in the West, calling it a "non-starter."

Mr. Kinsella has explained part of the reason for his bill is that different bilingual versions are being sung, mostly in hockey rinks and stadiums before sporting events. His bill would create an official version.




PLQ

La mince ligne rouge

André Pratte
La Presse mercredi 7 mai 2003


S'adressant lundi à la Conférence de Montréal, l'économiste en chef de l'OCDE, Jean-Philippe Cotis, a insisté sur l'importance pour les gouvernements des pays développés de redresser leurs finances publiques. Vu du Canada, où le gouvernement fédéral enregistre surplus après surplus, ce plaidoyer pouvait paraître incongru. Pourtant, même pour nous, les propos de M. Cotis sont d'une grande pertinence.

Le déficit moyen des gouvernements membres de l'OCDE atteint aujourd'hui 3,5 % du PIB; c'est-à-dire qu'après le grand ménage des années 1990, "nous sommes de retour à la case départ", constate M. Cotis. La situation varie évidemment beaucoup d'un pays à l'autre. Mais il y a une sorte de tendance: alors que récemment encore, le mot déficit était devenu tabou, les gouvernements semblent trouver aujourd'hui toutes sortes de bons arguments pour retomber dans le rouge.

Les États-Unis se retrouvent aujourd'hui dans la situation paradoxale où, bien qu'en position déficitaire, le président prône d'importantes baisses d'impôts. Le budget 2004 déposé par l'administration Bush portera le déficit annuel des opérations courantes du gouvernement américain à plus de 400 milliards, au moins jusqu'en 2008.

Le débat fait rage entre économistes sur l'impact d'un tel déficit. Lundi, à la Conférence de Montréal, l'économiste en chef de la Banque Royale, Craig Wright, ne semblait pas s'en inquiéter. Selon M. Cotis au contraire, si elles perdurent, les situations déficitaires rendront les finances publiques vulnérables aux pressions considérables générées par le vieillissement de la population.

Il est vrai que dans le monde développé, les États-Unis sont sans doute le pays qui peut le mieux se permette de tels excès. Malgré les déficits, la dette du gouvernement reste modeste par rapport à la richesse du pays. Il est vrai aussi qu'en raison du taux de natalité élevé aux États-Unis, le vieillissement de la population y pèsera un peu moins lourd. Tout de même, lorsque les régimes d'assurance-santé et de pensions ne suffiront plus aux besoins, les revenus de l'État ne pourront combler l'écart parce qu'ils auront été sérieusement grevés par... des baisses d'impôts.

Le plus inquiétant, c'est que le relâchement de discipline budgétaire constaté aux États-Unis, de même qu'en Allemagne et en France, se produit à un moment où l'économie mondiale, bien que très hésitante, ne se porte pas au plus mal. S'il fallait que le monde replonge en récession à court terme, les gouvernements se trouveraient rapidement étranglés. Et arriveraient à bout de souffle pour faire face aux augmentations des coûts de santé et de retraite.

Tout cela devrait servir d'avertissement au gouvernement canadien, de même qu'aux provinces. Il n'y a pas d'alternative à la discipline budgétaire; le gouvernement qui traverse la ligne rouge du déficit court mille périls. Comme l'a souligné M. Cotis lundi, "il est facile d'entrer en situation déficitaire, mais beaucoup plus difficile d'en sortir". Ce qui inquiète, c'est qu'il faille encore rappeler une telle évidence!

Apratte@lapresse.ca




PLQ

Le premier budget Séguin sera préparé en vase clos

Le patronat et les syndicats condamnent la décision du ministre des Finances de ne pas les consulter

Robert Dutrisac
LE DEVOIR mercredi 7 mai 2003


Québec - Contrairement à l'usage, le ministre des Finances, Yves Séguin, ne tiendra aucune consultation prébudgétaire en vue de la préparation de son budget pour le début juin.

Dans une démarche en vase clos, Yves Séguin se contentera de travailler avec les hauts fonctionnaires des Finances, a indiqué hier son attaché de presse, Serge Privé.

Pour l'heure, le ministre n'a d'ailleurs pas l'intention de faire table rase de l'équipe de hauts fonctionnaires du ministère des Finances et entend garder le même sous-ministre, Gilles Godbout. «Ce sont des gens très compétents», a souligné le porte-parole.

À leur arrivée au ministère, Yves Séguin et son directeur de cabinet, Jocelin Dumas, ont trouvé les finances publiques québécoises dans un état plus précaire que prévu, indique-t-on, comme l'a confirmé par ailleurs le rapport de l'ex-vérificateur général Guy Breton. «C'est très, très serré», a-t-on confié.

Pas question donc pour M. Séguin de consulter les centrales syndicales, le patronat ou d'autres représentants de la société civile. Rappelons qu'en prévision du dépôt de son budget le 11 mars, l'ex-ministre de l'Économie, des Finances et de la Recherche, Pauline Marois, avait amorcé le 7 février une tournée de consultations prébudgétaires dans tout le Québec afin de rencontrer les leaders socioéconomiques, tant nationaux que régionaux. L'ancienne ministre considérait que ces consultations, plus larges que dans le passé, amélioraient la «transparence» du processus budgétaire.

Au Conseil du patronat du Québec (CPQ), on s'étonnait du refus du ministre de rencontrer les représentants patronaux et syndicaux. «Je suis surpris. Vous me l'apprenez. Les consultations prébudgétaires sont importantes, a indiqué hier le président du CPQ, Gilles Taillon. Elles permettent au ministre de savoir les préoccupations des partenaires. Ça m'apparaît "aidant" pour lui et précieux pour nous.»

Le président du CPQ a rappelé que Mme Marois avait tenu des consultations prébudgétaires très larges il y a deux ans et plus restreintes en vue de son budget 2003-04. «Mais au moins, il y avait eu des consultations minimales.» À Ottawa comme à Québec, ces consultations font maintenant partie «des us et coutumes», a dit M. Taillon.

«C'est un virage tout à fait spectaculaire, estime pour sa part la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau. C'est rompre avec une tradition qui n'est d'ailleurs pas l'apanage du Parti québécois. On retourne aux catacombes.» Mme Carbonneau est d'autant plus étonnée que, lors de la rencontre avec le premier ministre le 1er mai, Jean Charest avait affirmé aux chefs syndicaux sa volonté de travailler avec les représentants de la société civile. «On va revenir à la charge», a-t-elle assuré.




SGF

Guy Breton recommande une enquête en profondeur sur la SGF

Denis Lessard
La Presse mercredi 7 mai 2003


Québec - Le gouvernement Charest ne devrait pas hésiter et ouvrir immédiatement une enquête sur le fonctionnement de la Société générale de financement (SGF), préconise l'ancien vérificateur général du Québec, Guy Breton.

"Avec les milliards qu'on met là-dedans et les rendements que cela donne après cinq ans, il n'y a pas de quoi écrire à sa mère", commente M. Breton.

Dans son rapport publié la semaine dernière, M. Breton "suggérait que le gouvernement procède à un examen systématique des activités de la SGF, des sociétés Innovatech et des engagements financiers découlant du programme FAIRE, (le principal levier d'Investissement Québec)".

"Cet examen devrait comprendre une évaluation du portefeuille des sociétés d'État, aboutir à un réalignement de leur mission ainsi qu'à une révision de leur mode de fonctionnement", poursuivait l'ex-vérificateur.

"Les rendements ne sont pas assez forts pour dire Tout va très bien madame la marquise... le gouvernement ferait bien d'aller voir ce qui se passe là-dedans", estime M. Breton. Le ralentissement économique est réel, mais il n'explique pas tout.

L'équipe de trois comptables qui a eu le mandat de revoir les équilibres financiers présentés par Pauline Marois, au dernier budget le 11 mars, a été surprise par les documents que lui ont fournis les hauts fonctionnaires des Finances. Dans un tableau du plan financier rendu public par Mme Marois, mais qui était resté ignoré au moment de la publication du budget, on voit clairement l'accumulation des fonds injectés dans la SGF et dans les Innovatech, depuis cinq ans.

Au net, la SGF a fait une seule année un tout petit surplus; partout ailleurs on est déficitaire, observe M. Breton.

Pour le comité Breton, le nombre de prises de participation dans des entreprises de toute sorte par la SGF est préoccupant, surtout quand on constate qu'en dépit des fonds publics injectés, la profitabilité est bien rarement au rendez-vous. Depuis quelques années déjà, Claude Blanchet expliquait que les rendements se faisaient attendre parce que son organisme épaulait des projets au stade du développement qui ne produisaient pas encore de profits. Mais les coups durs récents, la radiation de plus de 200 millions de dollars forcée par la décision de Noranda, n'augurent rien de prometteur pour la prochaine année de la SGF.

Ainsi, l'an dernier, selon les documents budgétaires, Québec a pompé 438 millions dans la SGF et les Innovatech, bien que tout le monde ait livré un rendement négatif. Un chèque de 300 millions a été remis à la SGF en 2002-2003, de 550 millions en 2001-2002 et de 350 millions en 2000-2001. Les Innovatech Montréal et Québec ont avalé respectivement 58 et 30 millions de dollars.

"Quand on regarde les chiffres de la SGF et d'Investissement Québec, on dit au gouvernement que c'est le temps d'arrêter et de poser des questions", affirme M. Breton.

La semaine dernière déjà, dans une entrevue à La Presse, le ministre du Développement économique, Michel Audet, avait promis que la barre serait redressée à la SGF, l'organisme dirigé par Claude Blanchet, mari de Pauline Marois. Une rencontre entre MM. Audet et Blanchet était prévue pour lundi, M. Blanchet étant rentré de Madrid vendredi. Mais elle a été reportée. Les "cahiers de briefing" que devaient préparer la SGF pour cette présentation au ministre n'étaient pas prêts, a indiqué à La Presse une source proche de l'organisme.




société

Arabes et Asiatiques champions canadiens du chômage

C'est à Montréal que le tableau est le plus sombre

Karim Benessaieh
La Presse mercredi 7 mai 2003


CHAMPIONS DU chômage au Canada depuis des lustres, les Noirs et les Latino-Américains ne se plaindront sûrement pas des dernières données du recensement 2001. Pour la première fois, cette palme douteuse leur a été ravie par les immigrants d'origine arabe et ouest-asiatique, et c'est à Montréal que le tableau est le plus sombre.

Selon cette recherche effectuée par le directeur général de l'Association des études canadiennes, Jack Jedwab, et que La Presse a obtenue, il s'agit d'un changement démographique "frappant". Les Noirs et les Latino-Américains ont en effet toujours été considérés comme des groupes-témoins quand on évoque le chômage chez les minorités visibles. Deux facteurs sont mis en cause: une immigration récente plus forte et une perception négative.

"Je le dis avec prudence, il y a un lien à faire entre le niveau de perception et le taux de chômage, explique M. Jedwab. Dans un autre sondage, trois personnes sur 10 considèrent que les Arabes ont une image négative. Il faudrait explorer plus attentivement cet aspect."

Noirs et latinos prennent du mieux

En 1996, les Latino-Américains et les Noirs au Canada avaient des taux de chômage de 19,5 % et 19,3 %. Toutes origines confondues, ce taux était de 10,1 % dans la population.

En 2001, on constate une nette amélioration chez ces deux groupes, qui se retrouvent avec des taux de 10,5 % et 11,5 %. Le taux global est alors de 7,4 %. Cette fois, ce sont les Arabes et les Asiatiques de l'Ouest- ils sont regroupés dans la même catégorie- qui tiennent le haut du pavé avec un taux de 14 %.

Constatation pour le moins troublante, à la l'échelle du Canada, c'est encore au Québec, et plus spécifiquement à Montréal, que le tableau est le plus sombre pour ces groupes ethniques. Dans le cadre d'une recherche similaire publiée la semaine dernière, où on comparait les provinces et les États nord-américains entre eux, le directeur de l'AEC avait déjà relevé les mauvaises performances du Québec.

Comparé à sept autres grandes villes canadiennes, Montréal hérite du dernier rang dans la vaste majorité des cas. En 2001, par exemple, le taux de chômage des Arabes immigrants à Montréal était de 11,8 % plus élevé que pour le reste de la population. À Toronto et à Vancouver, cette différence était de 5,8 et 10,9 %.

Ce mauvais score montréalais n'étonne pas Jack Jedwab, qui y voit la confirmation de tendances déjà relevées. Selon Statistique Canada, 19 000 allophones auraient quitté le Québec entre 1996 et 2001, alors que l'afflux d'immigrants variait entre 25 000 et 40 000 personnes par année. "Depuis de nombreuses années, il y a un phénomène important d'immigration secondaire au Québec: des personnes quittent le Québec après avoir décidé d'y vivre. Ça porte à réfléchir."

Comment l'expliquer? Le directeur de l'AEC se montre circonspect et évoque les ressources d'accueil des immigrants, qui seraient déficientes. "À part les facteurs habituels, peut-être qu'il y a un problème de "réseautage" qui explique ça. Je ne sais pas, les données manquent."




jeunes

Le soubresaut historique

Nos jeunes terminent leurs études secondaires sans savoir ce qui s'est passé d'important au Québec en 1980

Alain Beaulieu, Écrivain
LE DEVOIR mercredi 7 mai 2003


Nous avons perdu. Presque tout perdu. Il n'y a plus de morue dans le golfe du Saint-Laurent et les bateaux s'enlisent dans la boue des battures comme autant d'orphelins qu'on fait passer pour fous afin de pouvoir les enfermer. Bientôt, il n'y aura plus d'arbres à bûcher ni de rivière assez vivante ou assez propre pour s'y baigner. Notre arrière-pays se videra de toute vie, sa jeunesse partie s'urbaniser sans peine et sans remords.

Nous nous sommes égarés, quelque part entre 1980 et les festivités du Year 2K. Les rares petits que nous avons engendrés, nous les avons parqués dans des crèches à cinq piastres, et nous laissons nos vieux pourrir dans des mouroirs trop souvent gérés par des avares intéressés.

Pendant que les boutiques ayant pignon sur rue, que l'épicerie du coin et que la quincaillerie du quartier fermaient l'une après l'autre au profit des avaleurs géants pour la plupart états-uniens, nous nous sommes engraissés aux Big Merde et à la chansonnette adolescente.

Depuis 20 ans, nous nous complaisons dans la futilité, nous chérissons des stars patentées et nous faisons de nos humoristes nos maîtres à penser. Nous nous contentons du peu qu'on nous offre, de la violence à la télé, de notre Celine américaine, des gratteux d'Escroc-Québec, de la niaiserie publicitaire, de notre État de sous-peuple et des recettes de Ricardo.

Nous n'avons rien acquis, rien préservé. Oui, nous avons manifesté contre la guerre en Irak, sortie sans risque qui ne coûtait rien et qui, pour un temps, a réchauffé notre ego. À quand une caravane vers Washington pour aller crier à Bush que nous ne voulons pas de sa démocratie ? Et si nous allions bloquer le poste-frontière de Lacolle demain matin ? Des plans pour se faire écraser par tous ces camionneurs québécois qui arborent depuis trois semaines le drapeau Yankee à leur miroir !

Le Québec français est un soubresaut de l'histoire, un hoquet qui se résorbera bientôt. Devant l'inévitable érosion de notre population, confirmée recensement après recensement, nous devrons faire le deuil de notre indépendance. Nous n'aurons jamais de siège aux Nations unies. Pour ce que nous aurions à y dire...

Peut-on imaginer le Québec aux côtés de la France sous la bannière du non à la guerre, prêt à assumer les inévitables conséquences d'une telle opposition à notre tout-puissant voisin ?

Nos jeunes terminent leurs études secondaires sans savoir ce qui s'est passé d'important au Québec en 1980. C'était il y a à peine 20 ans. Pourquoi personne ne leur a parlé des rêves que nous avions de bâtir un pays libre et fier, capable de dire ce qu'il veut... et ce qu'il refuse ? Un pays qui allait civiliser les compagnies, mater les exploiteurs et garantir à son peuple la paix, la justice et la fierté d'être au monde ?

Avec Jean, Bernard et Mario qui ont tous les trois vendu leur âme en contractant une dette auprès de la haute finance et, surtout, avec la très grande majorité de Québécois qui leur a accordé son appui lors des dernières élections, il ne nous reste plus beaucoup de place pour l'espoir. À 1,6 % des voix, la gauche ressemble davantage à un club social où tout le monde se connaît qu'à un parti politique d'envergure nationale.

Nous devons avoir la force de caractère de nous convaincre que la vie est ailleurs, dans les petites actions et les bonheurs modestes, et que rien ne nous permet de croire que cela puisse changer dans un avenir prévisible.




régions

Une région, la vie

Michel Venne
LE DEVOIR mercredi 7 mai 2003


Pour la plupart des citadins, le développement régional est, au mieux, une énigme ou un mythe. Au pire, dans un contexte de désillusion politique, c'est vu comme un système de distribution de cadeaux à des amis du régime avec coupure de ruban et subventions à de grosses entreprises.

On dit pourtant qu'il y a plus de Gaspésiens à Montréal qu'en Gaspésie. Montréal est peuplé de régionaux migrateurs.

On devrait donc comprendre l'importance des programmes et des réseaux de développement, qui comprennent les services de santé, les cégeps, les campus universitaires délocalisés, les commissions scolaires, les chambres de commerce, les syndicats agricoles, les bandes indiennes, les associations communautaires et les salles de spectacle. Bref, toute organisation qui contribue à maintenir, dans tous les recoins du territoire québécois, une vie, à lui donner un sens et un horizon de succès et d'épanouissement.

On devrait d'autant plus le comprendre que les régions du Québec forment notre pays réel. Elles sont notre histoire, notre patrimoine, une garantie de connexion des Québécois à la terre, à l'eau. En plus, bien sûr, d'être un réservoir d'énergie, de matières premières et d'innovation.

Les jeunes qui quittent leur région y reviennent lorsque la possibilité leur est offerte d'y faire leur vie. L'exode n'est pas un choix.

***

Le nouveau gouvernement libéral annonce son intention de modifier les structures du développement dans les régions. Il songe à créer une chambre des élus à l'échelle de chacune des 17 régions administratives du Québec. Celle-ci pourrait remplacer les conseils régionaux de développement qui, déjà, réunissent les maires, préfets et députés de la région mais auxquels sont associés des représentants des divers réseaux qui nourrissent la vie régionale de leur expérience et de leur volonté. Des entrepreneurs, des agriculteurs, des syndicalistes, des travailleurs sociaux, des animateurs, des artistes.

L'organisation des centres locaux de développement, chargés, à l'échelle de chacune des cent municipalités régionales de comté, de planifier le développement économique local, pourrait elle aussi changer. Québec songerait à en déléguer la responsabilité entière aux maires et aux préfets. À l'heure actuelle, le gouvernement national est partenaire dans ces structures. Il s'assure ainsi de la prise en compte d'objectifs nationaux et d'une certaine équité interrégionale.

Avant de modifier l'organisation actuelle, il importe d'en bien faire l'évaluation. Dans les deux cas que je viens d'évoquer, la responsabilité du développement incomberait dorénavant aux seuls élus. L'expérience indique que cette voie ne serait pas la meilleure. Le risque est fort que les objectifs de développement soient inféodés aux impératifs de la politique locale. Les hommes et les femmes politiques ne sont pas forcément les meilleures développeurs.

Les élus ont des responsabilités définies. Ils récoltent les taxes et veillent, en échange, à offrir à leurs concitoyens des services publics. Ils élaborent le plan d'aménagement et les règlements de zonage qui en découlent. Ils s'assurent de la qualité du cadre de vie. D'aucuns ont déjà suggéré qu'ils gèrent aussi les équipements scolaires et, pourquoi pas, les établissements de santé. Pour ces tâches, ils sont responsables devant leurs concitoyens. Ils sont élus et peuvent être défaits aux élections suivantes.

La logique du développement est tout autre.

Celui-ci a longtemps pris la forme de l'implantation, dans un village donné, d'une usine appartenant à une multinationale qui vient exploiter nos ressources pour empocher les profits. Les drames vécus à Murdochville, à Asbestos, à Chandler et ailleurs, où des mines produisent moins ou lorsque la technologie permet de produire plus avec moins de travailleurs, devraient nous faire comprendre que l'avenir ne peut plus être envisagé uniquement par ce biais.

Les nombreux experts qui se sont penchés sur ce sujet ont montré que les capacités de développement naissent de la capacité d'une communauté à mailler les ressources locales, de les voir coopérer, de tirer profit des synergies qui en découlent et de renforcer les réseaux naturels, communautaires, professionnels et commerciaux. Le développement se fait à travers une logique de réseaux. Ceux qui forment ces réseaux constituent ce qu'on appelle aujourd'hui la société civile. Ces personnes ne sont pas élues mais puisent leur légitimité dans leur contribution à la vie locale, dans l'action et la vie réelle.

En outre, le développement passe par l'innovation. Et l'innovation, aujourd'hui, requiert la combinaison de plusieurs formes de connaissances détenues par diverses catégories d'acteurs. C'est souvent le savoir tacite qui permet de transformer une idée en un nouveau produit ou un nouveau service. Le développement passe donc par la concertation, qui est aussi le lieu du compromis et de la coopération, ingrédient essentiel pour combattre l'individualisme.

Le gouvernement peut rechercher des méthodes pour rendre encore plus dynamiques les structures actuelles de concertation et de développement. Il importe toutefois qu'il ne se prive pas et qu'il ne prive pas les régions et le Québec de la contribution de cette société civile, de ces citoyens engagés qui sont certainement ceux qui ont le plus à coeur le développement de leur région. Puisque c'est leur vie.

vennem@fides.qc.ca

Michel Venne est directeur de L'Annuaire du Québec chez Fides.




missiles

La politique de la résignation

Bernard Descôteaux
LE DEVOIR mercredi 7 mai 2003


ÉDITORIAL - Le Canada participera-t-il à la mise en place du bouclier spatial nord-américain aux côtés des États-Unis? Le gouvernement de Jean Chrétien, qui avait d'abord rejeté l'invitation du président Bush, ne dit plus non. Du moins, il avoue être tenté, ce qui est un prélude à une réponse affirmative de sa part d'ici peu.

Les pressions sur le gouvernement canadien sont fortes. Elles viennent tout d'abord de Washington où on ne cache pas qu'une abstention pourrait coûter au Canada sa participation au Traité nord-américain de défense (NORAD). S'ajoutent les pressions de l'industrie de l'armement au Canada alléchée par la perspective d'intéressants contrats et celles de nos militaires. Puis, pour complexifier le tout, il y a la position adoptée par le plus que probable prochain premier ministre canadien, Paul Martin, qui appuie la participation canadienne à cette nouvelle version de la guerre des étoiles.

Fidèle à ses habitudes, le premier ministre Chrétien louvoie. Pour expliquer son attitude, il nous renvoie aux conditions changeantes, notamment au fait que la Chine et la Russie ont atténué leur opposition au projet du président Bush. Puis, il y a la prémisse justifiant ce projet qui se fait un peu plus réel. On ne peut plus rejeter du revers de la main la possibilité que le continent nord-américain soit l'objet d'une attaque d'un missile à tête nucléaire venant de la Corée du Nord.

Il y a, par contre, des enjeux soulevés par ce projet qui ne changent pas. La mise en place de ce bouclier spatial risque ainsi de conduire à une militarisation de l'espace. À Washington, nombreux sont ceux qui estiment que les États-Unis doivent profiter de leur avance technologique pour déployer dans l'espace un bouclier de défense, ce qui invitera d'autres puissances à les imiter. C'est le ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham, qui le faisait remarquer il y a quelques mois, mais qui aujourd'hui nuance sa position. Bien sûr, le projet actuel de bouclier est plus modeste que celui imaginé par le président Reagan. Qui doutera toutefois que ce premier pas ne sera pas suivi par d'autres?

L'objectif de ce projet de bouclier spatial est de rendre le monde plus sûr, cela en donnant aux Américains le moyen de faire respecter «leur» paix. En s'y associant, le Canada infirme le pacifisme qui est l'un des éléments clés de sa politique étrangère.

Plusieurs députés libéraux s'opposent à la participation du Canada à ce projet. Impuissants, ils observent qu'au moment où une décision sera prise, ce qui n'est qu'une question de semaines, cela se fera sans véritables débats. C'est par bribes que nous apprendrons à la sortie du cabinet que le conseil des ministres pose ceci ou cela comme condition à sa participation au bouclier spatial. On signera une entente et on dira que le Canada n'avait pas le choix, qu'il est lié par traité aux États-Unis pour la défense de leur territoire, qu'il en va de la souveraineté du Canada sur son propre territoire, notamment parce qu'un jour il faudra déployer dans l'Arctique radars et missiles antimissiles. On ajoutera, mais pas trop fort, qu'à la clef, ce sont plusieurs milliers d'emplois qui pourraient être créés au Canada.

Au total, ce sont quelques milliards de dollars que le Canada sera obligé d'engloutir dans ce projet qui orientera pour des années la politique de défense canadienne. Pendant ce temps, le ministère de la Défense n'aura toujours pas plus d'argent. On n'arrête pas de dire que l'armée canadienne manque de moyens pour remplir adéquatement sa mission, aussi bien au Canada qu'à l'étranger, mais encore une fois, nous nous laisserons dicter nos priorités par notre voisin. À force de lui dire oui par fatalisme, nous ne saurons plus lui dire non bientôt.

bdescoteaux@ledevoir.ca




missiles

Bouclier antimissile :
Le Canada n'a d'autre choix que de discuter avec les Américains, dit Chrétien

Manon Cornellier
LE DEVOIR mercredi 7 mai 2003


Ottawa - Le cabinet Chrétien a commencé à examiner hier la possibilité d'associer le Canada au projet américain de bouclier antimissile. La discussion doit se poursuivre la semaine prochaine mais l'idée du gouvernement semble déjà faite, à entendre le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham. Selon eux, il faudrait au moins discuter avec Washington.

«Les garanties que les Américains ont données aux Russes et aux Chinois font que la guerre des étoiles d'autrefois n'est pas ce qu'on doit envisager à ce moment-ci. C'est un projet différent qui concerne la protection du territoire nord-américain. Il est géographiquement nécessaire que nous participions au moins à une discussion», a dit Jean Chrétien aux Communes hier.

«La défense antimissile balistique, qui est ce que nous discuterons avec les États-Unis, n'est que ça, une défense antimissile avec fusées d'interception au sol. [...] C'est ce que nous voulons être capables de discuter avec les Américains et nous ne pouvons pas établir des balises si nous ne sommes pas engagés dans des négociations avec les Américains», a ajouté le ministre Graham à sa sortie des Communes.

En matinée, le ministre de la Défense, John McCallum, a, avec M. Graham, fait une présentation au cabinet sur cette question. Vu le grand nombre de ministres qui voulaient intervenir, la discussion se poursuivra la semaine prochaine.

Cela permettra aussi à M. Chrétien de sonder son caucus, qui doit se réunir ce matin. Ses députés sont partagés sur la question, certains y étant opposés, comme Sheila Copps, d'autres y étant favorables, comme Jacques Saada.

Lord Robertson

De passage à Ottawa, le secrétaire général de l'OTAN, Lord Robertson, a dit trouver normal que le Canada s'intéresse à ce bouclier antimissile. «Il n'y a pas de quoi faire tout un plat [It's not a big deal]», a-t-il dit en soulignant que la plupart des pays occidentaux y réfléchissaient, y compris les Russes.

L'élément important à considérer, selon M. Robertson, «est le fait que des missiles antibalistiques sont entre les mains de gens qui ne sont pas dissuadés par les moyens conventionnels. Il faut donc des défenses contre eux».

M. Chrétien opinait du chef à ses côtés. «Il s'agit uniquement de se défendre contre des missiles afin de protéger des nations. Le Canada fait ce que les autres pays font», a-t-il ajouté comme s'il évoquait un fait accompli.

La pression de Washington se fait sentir. Pour la deuxième fois en deux semaines, l'ambassadeur américain Paul Cellucci a profité d'un bref point de presse pour réitérer la volonté de Washington de confier l'opération de ce système à NORAD, le commandement canado-américain de défense aérienne. «Nous pensons que la défense antimissile correspond à la mission de NORAD», a-t-il dit avant d'espérer une réponse positive du Canada «pour que nous puissions ainsi renforcer notre relation déjà excellente au sein de NORAD», a-t-il ajouté.

Le gouvernement Bush espère déployer, dès l'automne 2004, les premiers éléments du système de défense. Ce système a pour objectif d'intercepter, au moyen de fusées terrestres, des missiles antibalistiques lancés contre l'Amérique du Nord.

Le Bloc québécois, le NPD et le Parti conservateur craignent que le système de défense antimissile ne relance une course aux armements. Selon eux, la menace terroriste reste plus importante que la menace posée par des missiles antibalistiques.




missiles

Supporting Star Wars is not rocket science

"If the Americans build it, we will come. And so we should, in the national interest and protection of our sovereignty."

L. IAN MACDONALD
THE GAZETTE Wednesday, May 07, 2003


If the United States decides to build a missile-defence system over North America, what does Canada have to say about it? Apparently, only one word - Yes.

This wouldn't be about the Chrétien government sucking up to the Bush administration, to regain the good graces of the U.S. after falling out with the Americans over the war in Iraq, would it? Of course not.

It wouldn't even be about whether it's a good idea. If the Americans build it, we will come. And so we should, in the national interest, and in the protection of our political sovereignty. It's actually not rocket science - either we participate in the defence of our continent, or the Americans will do it for us.

It's a very different time, and a very different context, from the spring of 1985 when Brian Mulroney said no, politely but firmly, to his friend Ronald Reagan over his cherished Strategic Defence Initiative, known as Star Wars.

Canada's position then was that Star Wars would be in violation of the Anti- Ballistic Missile Treaty of 1972 since SDI would have been based in space.

Mulroney also had just come from meeting the new Soviet leader, Mikhail Gorbachev, at the Kremlin, and thought he personified anything but the "empire of evil" Reagan saw there. Canada's taking a pass on Star Wars made it that much more difficult for the U.S. to sell shares in SDI to its other NATO partners. As always, if the U.S. couldn't even deliver Canada, why would any one else bother to sign on?

Saying no to Star Wars was the right decision then. Saying yes to MDS would be the right decision now. Canada's Star Wars decision was taken in the context of a standoff between two superpowers, preserving the balance of terror and the integrity of the ABM Treaty. Besides, the science was unproven.

There's only one superpower in 2003, that, as it has recently demonstrated in Iraq, is capable of building and delivering precision-guided systems wherever it wants on Earth.

Moreover, since the events of Sept. 11, 2001, the Americans are not only paranoid about homeland security; they think rogue states and terrorists are out to get them.

By rogue states, they mean North Korea, where the local dictator boasts of having a nuclear weapon that can reach North America. By terrorists, they mean Osama and the boys, who thought nothing of flying planes into tall buildings and killing thousands of civilians. George W. Bush can make a much better case for MDS than he ever did for the weapons of mass destruction the U.S. is still looking for in Iraq.

And when the Americans talk about a North American security perimeter, they don't just mean securing the continental coastline and borders, they mean securing the skies above.

This is a very different threat, and a different response, than when John Diefenbaker signed Canada up for the North American Air Defence Command. Yet the opportunity for Canada with MDS is essentially the same as it was in NORAD - either we participate in continental defence as an admittedly junior partner, or we have nothing at all to say about it.

The Americans aren't asking us to pay for it, they're only asking us to approve it. Once again, it goes a long way with the other NATO allies when they have the Canadians on side. Come to think of it, there might be a modest amount of contract work for Canadian aerospace firms.

So what is Canada's position on MDS? Well, Paul Martin, the next prime minister, thinks it's a good thing. So does the defence minister, John McCallum, as does the foreign affairs minister, Bill Graham.

What does the prime minister think? We're not sure. Was cabinet talking about it yesterday? Maybe. When will we talk to the Americans about it? When we talk to them. Seriously, that's essentially what Jean Chrétien told the House in question period yesterday.

That actually is the problem since Chrétien does not appear to be on speaking terms with Bush. Not content to cancel his scheduled visit to Ottawa on Monday, Bush pointedly invited Australian Prime Minister John Howard to his Texas ranch last weekend for two days of barbecue.

The Americans have made their point, but they shouldn't overplay their hand. Canada can play a useful role in the reconstruction of Iraq, from humanitarian relief to institution building in a diverse federation.

As Michael Ignatieff has observed, the Americans are very good at taking over the neighbourhood, not so good at running it. Canada is good at that, without stirring animosities as an American presence does. Not only does no one hate us, we are very good at boring people into peaceful solutions. However, unless SNC-Lavalin merges with Bechtel anytime soon, we should not expect any consulting engineering contracts in Iraq. Truly, to the victor go the spoils.

But it's time to fully re-engage the world's most important bilateral relationship. MDS provides the perfect pretext. Pick up the phone, Prime Minister. Call the president.

imacdonald@irpp.org




missiles

The last thing we need is missile defence

JOHN POLANYI
G&M Wednesday, May 7, 2003


The Canadian government, having held back from President George W. Bush's rush to war in Iraq, appears likely to join his rush to missile defence.

And it is quite evidently a rush. The Pentagon's top evaluator of weapons programs, Thomas Christie, said in a report in February that the anti-missile system to be deployed next year "has yet to demonstrate significant operational capability." Nonetheless, it represents the first component of the Bush administration's projected $1-trillion national missile defence (NMD) system planned as a shield against long-range missiles.

If Canada agrees to participate, it will be for political reasons. Having angered the Americans over Iraq, we must now placate them over missile defence. Neither Prime Minister Jean Chrétien nor his cabinet have troubled to convince Canadians of NMD's worth. Instead, in recent days, Liberal cabinet ministers have lined up to give laconic endorsements. Only Heritage Minister Sheila Copps seems to remember that her party has traditionally opposed Star Wars as a dangerous fantasy.

Why this studied calm? Are her colleagues counting on the new Star Wars to go the way of its predecessors? First there was Nike-Zeus in 1960, and then, when this was cancelled, the Sentinel system. After that, there was Safeguard and, most recently, Ronald Reagan's Strategic Defence Initiative of 1983. Each was the white hope of its time, and each ended up on the scrap heap. Quite likely, this will be NMD's ultimate fate.

But are we to take that as a recommendation? Why has missile defence proved again and again to be a costly and hazardous irrelevance?

First, there is the fact that the defended nation would be foolish to depend on NMD to be more than a half to three-quarters effective. It is, after all, a missile trying to hit another missile, a bullet aimed at a bullet. The ground-based missile defence now being prepared for deployment has yet to prove even that effective.

And this is in recent tests against target missiles of known characteristics, fired from a known place at a known time. The nuclear-armed missile coming from a rogue state (North Korea and Iran being the rather far-fetched candidates) will not be so obliging. Still less, in the distant future, would be a long-range missile were it to be fired by terrorists.

The purpose of this limited defence is stated by the Bush administration to domestic audiences as being the provision of "options" to the President, and to foreign audiences as a "deterrent" against attack. It is neither. Senator Joe Biden, then chair of the U.S. foreign relations committee, said sarcastically in conversation, "How splendid that NMD would give our leaders the option of only losing San Francisco and Chicago."

Nonetheless, NMD will have consequences. China already sees it as a device for reducing the effectiveness of its nuclear deterrent and will correspondingly increase its nuclear weapons arsenal. So, then, will Pakistan and India. Other nations will feel entitled, indeed obligated, to follow the NMD path. The U.S., of course, will welcome the opportunity to sell obsolescent NMD components.

It is evident that NMD points the world down the wrong path; it is the path of fortress-building, which, in the 21st century, is hopelessly anachronistic. Unchecked, weapons and counterweapons lead only to the development of further weapons. In the course of NMD, outer space will be weaponized. Satellites, now the vital eyes and ears of the world, will then become targets. The pursuit of security through unbridled armament will have led to a pandemic of insecurity.

Mr. Bush was closer to the truth when he declared all-out war on weapons of mass destruction, particularly those in irresponsible hands. Rightly pursued, this is a proper quest, leading, as it must, to restrictions on all such weapons, in whatever hands. The international control of armaments offers the only protection for the weak, as for the mighty.

But dare we tell the emperor that he has no clothes? It would be an act of friendship were we to do so.

Nobel laureate John Polanyi is a senior fellow at Massey College, University of Toronto.




missiles

Bottom line: It's weapons in space

JEFFREY SIMPSON
G&M Wednesday, May 7, 2003


Just as the conquest of Iraq was not fundamentally about weapons of mass destruction, so the U.S. anti-ballistic missile system is not about protecting the United States from missiles. It's about placing weapons in space.

If Canada joins the U.S. system -- which it might do for economic reasons or because the Chrétien government feels we have no choice -- it will be approving what it has always opposed.

The U.S. has already militarized space. Satellites are an indispensable part of the U.S. military machine, as the conquest of Iraq again demonstrated. Space provides a remarkable opportunity for U.S. satellites to observe developments and relay information to the other arms of the military.

It will not be long before the U.S. moves to place weapons in space, a policy proposed by Defence Secretary Donald Rumsfeld before he entered the Bush administration.

Mr. Rumsfeld chaired a commission into U.S. defence policy before the last election. His sweeping recommendations included the U.S. domination of space for military purposes. That recommendation made its way inferentially into President George W. Bush's national security policy statement that the U.S. should be without a competitor in any military field.

What link exists between missile defence and weaponizing space? A missile defence system must depend on satellites for surveillance and communications. Any threat to these capabilities would weaken the anti-missile system. Therefore, the logic of an anti-missile system must drive the designers to protect it. This means producing weapons in space that can protect satellites and attack any threat to them.

Anti-missile defence without weaponizing space is like being half-pregnant. Joining the missile defence scheme without understanding where it must lead is to misunderstand the stakes.

Anti-missile defence has been a favourite of U.S. Republicans since Ronald Reagan's infatuation with Star Wars. What is being discussed now, and what will be initially installed, is a system inspired by Star Wars but something smaller and less ambitious.

That the technology might not work is irrelevant. Boosters are convinced it will be a technical success with enough money and brainpower.

The salesmanship for anti-missile defence is almost entirely specious: defence against "rogue states," terrorists and "accidental" launches of intercontinental missiles by China or Russia.

Take the last category first. It's almost inconceivable that such a mistake could be made. But that kind of mistake was possible even in the bad old days of the Soviet Union without the Americans designing an anti-missile system.

As for how terrorists could acquire an intercontinental missile has never been explained, probably because it defies belief. The terrorist attacks of 9/11 and against embassies and ships have shown that "evildoers" have a variety of low-tech means at their disposal.

"Rogue states" -- Korea and Iran are most often mentioned -- don't have the technology to threaten the U.S, notwithstanding their limited missile capabilities. More important, under what conceivable ground would they have the motivation knowing that the destruction of their countries beckoned?

The grounds for anti-missile defence are as dubious as those for conquering Iraq. Remember Saddam Hussein's huge arsenals of weapons of mass destruction? The ones he would give to al-Qaeda despite Iraq's limited contact with it?

The Bush administration's intention to deploy a system does present Canada with a dilemma. Americans are going to build a system. Canadian opposition or non-participation won't stop them. It doesn't matter that the system makes little sense.

A lack of participation would diminish Canada's role in North American aerospace defence, a role Canadian governments cherish for symbolic reasons if nothing else. Participation means retaining a marginal voice, and might provide a few contracts for Canadian firms, although the idea of basing a foreign policy on contracts for a handful of defence companies is repugnant in the extreme.

Obviously, Canada's military wants a role, because it always covets playing ball with the U.S. big boys. Going along also will create fewer headaches with Washington; it's the path of least resistance.

It's also a path toward the weaponization of space. It offers direct Canadian approval to a system that cannot be justified on the arguments now being advanced. It's "a go along to get along" policy, not one based on the system's merits.

jsimpson@globeandmail.ca




missiles

A Canadian role in missile defence


THE TORONTO STAR May. 7, 2003


Editorial: Prime Minister Jean Chrétien is no Star Wars fan. He has always rightly resisted former U.S. president Ronald Reagan's grandiose 1983 scheme to put lasers and other weapons in space as a dangerous, costly folly. We couldn't agree more. It was a 1930s-era Buck Rogers space fantasy.

But Ballistic Missile Defence is not. The 21st century technology, while still not battle-tested and far from perfect, is catching on. U.S. President George Bush is preparing to deploy a limited missile defence in Alaska next year, and Ottawa is under pressure to join the plan, or be sidelined.

Canadians can still say "Count us out," but only if we're prepared to abandon allies and operate almost as a neutral country like Switzerland.

In a bipartisan move some years ago, the U.S. Congress passed a law requiring a system be deployed. Even Bill Clinton was under the gun to comply. The British have now agreed to host a needed radar site; the Danes are considering it.

Moreover the entire North Atlantic Treaty Organization — Canada included — decided in Prague five months ago to "examine options for protecting alliance territory, forces and population centres against the full range of missile threats." And members of the Group of Eight, including Russia and Japan, are exploring defences. Canada belongs to the G-8.

But Star Wars this isn't. Reagan envisaged making North America impervious to Russian missile attack by putting such exotica as nuclear-bomb-pumped X-ray lasers, particle beam weapons, electromagnetic guns and "smart rocks" into orbit to shoot down missiles. It was hugely costly, technologically dubious and hopelessly misguided. It "weaponized" space and invited a new arms race. It also invited the Russians to "shoot first." Star Wars was a dreadful idea from the get-go.

BMD in contrast relies on conventional — non-nuclear — rockets based on the ground or at sea to shoot down enemy missiles. Such rockets, like the Patriot and Arrow systems, are used on modern battlefields. The main hurdle to a bigger BMD system covering North America is developing the computerized radar needed to guide one missile into another at long distances. Current technologies are imperfect, but improving.

Another knock against BMD is that there are few "enemies" who might want to hammer us. North Korea is one. But the threat may grow. Iran and Libya seek long-range missiles. Meanwhile India, Pakistan, Israel and Saudi Arabia have medium-range missiles. And 15 more countries have short-range ones. The technology is spreading. And that could be a problem in the not distant future.

As Chrétien noted this week, while BMD is still a hugely costly, unproved technology, "the situation is changing" both politically and scientifically. Soon after 9/11, Bush tore up the Anti-Ballistic Missile treaty that banned such systems. Russia and China voiced protests, but only muted ones. The feared arms race doesn't seem likely.

While Canada has no credible enemy, and no immediate need for missile defence, there's a case to be made that we should help shape the American system, as a U.S. ally and a member of the North Atlantic alliance.

Of course, any decision Ottawa makes must be in Canada's interests, not out of a misguided desire to placate the U.S. for our stand on Iraq.

But after 9/11, we cannot be blind to American security interests. If the U.S. feels threatened, we ought to help ease that concern.

Canada's sovereignty, too, will be affected by our decision. If we demur, the Americans will go ahead without us, designing and deploying a system that flies over our heads, without our input, knowledge or consent.

Ideally, we should have a Parliamentary debate and public hearings before deciding. And if and when Ottawa does give the go-ahead, our participation — through the long-standing North American Aerospace Defence (NORAD) pact — should be hedged with conditions.

No American rockets should be stationed on Canadian turf. We can tolerate tracking stations. We built the Distant Early Warning (DEW) line in the 1950s to detect missiles and aircraft. But we stopped stationing U.S. interceptor weapons on our soil decades ago. Let's keep it that way.

BMD costs should be borne by the U.S., not us.

Ottawa should seek assurances that the Americans will not place weapons in space. The threat does not justify that.

And Ottawa must continue to lobby strongly for arms control, to limit the spread of nuclear weapons and offensive missile technology.

That said, Canada should be prepared to contribute to North America's security, within limits. Star Wars made no sense. Missile defence may.




missiles

Cabinet to endorse Martin's stand on missile defence

Susan Riley
The Ottawa Citizen Wednesday, May 07, 2003


This is the easy part for Paul Martin. The orchestrated media encounters. Two rivals serious enough to provide a credible challenge, but with no chance of winning. The adoring crowds at every whistle-stop.

Then, of course, last night's impressive show of force at the Nepean Sportsplex, where Martin introduced what looked like a government in waiting -- 104 cabinet ministers, senators and backbench MPs crammed onto a jampacked stage in front of 1,500 applauding area Liberals. Another reminder that the Liberal leadership race isn't a contest, but a performance.

Martin's job becomes immensely more complicated after February when he becomes prime minister and is forced, by simple math, to begin disappointing his supporters. They can't all be in cabinet. And, given the range of opinion on that stage -- from hardline social conservatives, to ardent liberals -- they won't all be happy with their leader's decisions. Martin will not be able to defer forever hard choices -- on gay marriage, on how to elicit financial accountability from native bands over the objections of chiefs, on how to woo Alberta and get serious about containing fossil fuel pollution, too.

But at least the divisive issue of Canada's position on missile defence should be behind him. Cabinet is expected to endorse, as early as next week, an argument Martin has recently made: that Canada has no choice but to accept the Bush plan for continental defence.

What is striking is how cynical, how resigned Martin and almost everyone else sounds about this dramatic turn in Canadian foreign policy. "I don't know if the missile defence system will work or not," Martin said recently. But, he says, the Americans are asking us to participate and, if we don't, we will cede control over our own airspace and our sovereignty. Canada's role would be reduced to, as anonymous defence officials recently reported, "debris acceptance", as enemy missiles bound for Chicago, say, are destroyed over the Canadian north by the U.S. missile interceptors stationed in Alaska.

Historian Jack Granatstein aptly encapsulated the Canadian dilemma last December as a choice between "high morality and great practicality." He concluded that "when morality will only anger the Bush administration and hurt Canadian interests, there is no choice."

Even less choice now, some say, in the wake of our impertinent refusal to join the war on Iraq. The opposition says the Liberals' expected embrace of missile defence is an effort to make amends for Iraq. Nonsense, says the prime minister, who argues that the world has changed since Ronald Reagan first proposed a wide-ranging, space-based missile defence system, so-called Star Wars, in the 1980s. Chrétien says the Bush plan is more limited in scope, exclusively defensive and no longer defies international accords since the Bush administration withdrew from the 1972 anti-ballistic missile treaty last year. Besides, adds Chrétien, even Russia and China no longer object, at least not forcefully, to Bush's high-tech missile shield.

Apart from the promise of possible jobs in the Canadian aerospace industry, the arguments in favour of Canadian involvement are defensive. It won't cost us any money, says Martin. It won't have an impact on our daily lives, say others -- not compared to tighter security controls at our borders. If Canada co-operates on this Bush policy, maybe the Americans will stop goading us about gun control, medicare and marijuana. Most important -- according to Martin, John Manley, and other senior Liberals -- Bush could disband Norad, the joint North American defence command, if we reject missile defence and we would be left "outside the door."

Some politicians, including Sheila Copps, Liberal MP John Godfrey and the New Democrats, continue to argue that missile defence is madness: it is technologically unproven and dangerously provocative; it would embolden the Americans to intervene abroad, thereby inviting reprisals; it abandons disarmament in favour of weaponization of space. And, finally, it defends against the wrong enemy, given that terrorism and disease are more vivid threats these days.

The criticisms are sound, but events have overtaken them. Cabinet's position vis-à-vis Bush appears to be: don't make eye contact, just back carefully toward the exit. It isn't very noble and it probably won't make us safe, but it won't be Martin's problem.

Susan Riley writes Monday, Wednesday and Friday. E-mail: sriley@thecitizen.canwest.com .




salissage

Mes excuses ont dépassé ma pensée

Yves Boisvert
LA PRESSE 7 mai 2003


Commençons par des définitions. Le racisme est une doctrine qui affirme la supériorité d'une race sur une autre. Un gouvernement raciste prône la ségrégation. Comme certains États du Sud américain il n'y a pas si longtemps. Comme le gouvernement de l'Afrique du Sud jusqu'à la fin de l'apartheid. L'oppression est l'utilisation abusive de la force contre une population. Un gouvernement oppressif est un gouvernement violent. Un gouvernement «très oppressif» est un gouvernement très violent. Prenons un exemple au hasard, je ne sais pas, moi, celui de Saddam Hussein, tiens.

Un imbécile est un homme qui ne sait pas ce qu'il fait. Disons un homme qui fait métier d'administrer la chose publique et de parler publiquement et qui ne sait pas ce qu'est un gouvernement raciste. Ou l'oppression.

Peter Yeomans, par exemple, ex-maire de Dorval, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, responsable de la sécurité publique, qui a dit le soir des élections sa joie de voir le gouvernement du PQ quitter le pouvoir. Une joie partagée par des millions de personnes. Sauf que M. Yeomans a dit qu'on avait congédié un gouvernement «raciste» et «très oppressif».

Le Suburban a rapporté ses propos. II ne s'est pas excusé. La Presse a rapporté ses propos. Il a publié un communiqué où il a présenté ses excuses. Ses paroles ont largement dépassé sa pensée, a-t-il dit.

«Je n'avais pas l'intention d'insulter qui que ce soit», a-t-il déclaré, ajoutant regretter sincèrement ses propos. Ben non ! II a seulement comparé un gouvernement démocratique gouverné par la règle de droit à des tortionnaires.

Peter Yeomans est un imbécile.

Oups, excusez-moi, mes paroles ont dépassé ma pensée, je regrette sincèrement mes propos.

Non, ce n'est pas vrai, mes paroles n'ont rien dépassé du tout. Je dois vous demander pardon pour mes excuses, pas pour mes mots. J'ai vraiment pensé que M. Yeomans est un imbécile, pour confondre les racistes sud-africains avec le PQ. C'est très honnêtement le fond de ma pensée. C'est en m'excusant que j'ai été malhonnête. Je retire mes excuses.

Mes excuses ont nettement dépassé ma pensée.

Si vous êtes le responsable de la police dans une grande ville et que vous ne savez pas ce que «raciste» et «oppression» veulent dire, changez de job.

Si vous dites des choses aussi stupides, si vous employez des mots aussi formidablement chargés de sens, des mots aussi graves, et qu'ensuite vous venez dire qu'ils ont dépassé votre pensée, le problème est probablement avec votre pensée plus qu'avec vos mots.

Il y a quelque temps que la mentalité de M. Yeomans m'inquiète, d'ailleurs. N'est-il pas un de ces membres de l'Association des résidants de L'Île-Dorval ? N'est-il pas un fier membre de cette bande de comiques qui s'est acheté une ville (L'Île-Dorval était une municipalité) avant la fusion municipale ?

Mais oui, mais oui, M. Yeomans était là-dedans, je n'ai pas rêvé, lui le grand responsable de la sécurité publique dans l'île de Montréal, lui et d'autres ont commis cet acte grotesque : il s'est payé une municipalité. Une île, une ville version privée.

Ses amis et lui se croyaient extrêmement rusés : hey, les gars, on va acheter la ville, ils ne pourront pas la fusionner !

Fort, très fort.

Et en plus, comme la mairesse de L'Île-Dorval était dans le coup, et les conseillers municipaux aussi, ils se sont vendu l'île à eux-mêmes et aux autres pour une bouchée de pain, 250 000 $ alors que l'évaluation la situe à au moins quatre fois le prix !

Pour ce prix-là, l'association a tout acheté, les rues, l'asphalte, les bâtiments municipaux, les parcs, le réseau d'eau, les lampadaires, les édifices municipaux, même le traversier !

il y a aussi, je le précise, un bateau, une chaloupe, une barge (plus accessoires), trois véhicules à moteur, des outils qui appartenaient à la Ville, l'équipement des pompiers, un tracteur, un stationnement aussi. Mais pas de dictionnaire, de toute évidence.

Totalement illégal, bien entendu, puisqu'une municipalité ne peut pas «se vendre» sans l'accord du gouvernement. Elle ne peut surtout pas se vendre quand, parmi les acheteurs, il y a le conseil municipal. Conflit d'intérêts, genre ?

Cela fait plus d'un an que le procureur général du Québec a déposé une poursuite pour faire annuler cette manoeuvre. Un an, et l'affaire est toujours devant la Cour supérieure. Et M. Yeomans siège toujours au comité exécutif de la Ville de Montréal !

Bravo, M. le maire Tremblay, vous voilà bien entouré. Comme symbole de délinquance, de mépris de la loi, d'ignorance et j'en passe (je ne veux pas passer le reste de ma chronique à faire des excuses qui dépasseraient ma pensée), comme boss de la sécurité publique, fallait le faire.

Il me semble, monsieur le maire, qu'il serait temps de songer à le décentraliser, celui-là, du côté du traversier de L'Île-Dorval, mettons.