Actualité




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Québécois tricotés ailleurs

Michel Venne
Le Devoir mercredi 11 juin 2003

Le discours inaugural du premier ministre Jean Charest comportait une proposition qui suscite beaucoup d'inquiétude. Je cite: «Nous confierons à des organismes communautaires, issus des différentes communautés culturelles, l'accueil des nouveaux arrivants. Nos nouveaux concitoyens auront ainsi pour guides, dans la découverte de notre société, des gens plus sensibles à leur réalité.» Cette affirmation soulève trois problèmes de fond.

Le premier problème tient dans l'idée que cette tâche d'une extrême importance, surtout pour une petite société comme la nôtre, puisse être confiée en sous-traitance. L'État ne peut pas se contenter d'un rôle «d'encadrement, d'orientation générale et d'évaluation», comme le propose le Parti libéral.

L'accueil ne consiste pas seulement à aider un immigrant fraîchement arrivé à se trouver un emploi ou à s'inscrire à des cours de français. L'accueil est le début de l'intégration qui est intimement liée à l'acquisition de la citoyenneté. C'est un processus qui amène l'immigrant à développer une identification et une participation à la communauté politique, à la nation, à la société au sein de laquelle il a choisi de s'établir. L'accueil doit donc être le fait de la société tout entière et dépasse largement les questions logistiques liées à l'installation. Le rôle des institutions nationales et des symboles reste fondamental. M. Charest aurait fait oeuvre utile en ce sens, par exemple, en nommant Christos Sirros à la présidence de l'Assemblée nationale.

Cela n'empêche nullement le gouvernement de requérir la collaboration d'organisations communautaires. Mais il ne peut pas leur «confier l'accueil» des nouveaux arrivants comme s'il s'en lavait les mains. Il semble y avoir ici une incompréhension du rôle d'un État dans une société. L'État inclut les communautés d'appartenance locales ou culturelles. Il les transcende. Il les unit. Il ne peut pas s'effacer d'un processus aussi important dont il doit rester le maître d'oeuvre.

***

Le deuxième problème tient dans l'idée de confier à des organismes «issus des différentes communautés culturelles» cette tâche d'intégration. Cette proposition apparaît d'emblée comme une aberration. Sans doute M. Charest voudra-t-il s'en expliquer plus longuement. Il est impossible qu'il croie que l'intégration à la société d'accueil puisse se réaliser avec la seule participation de personnes issues elles-mêmes de l'immigration récente. Comment l'intégration est-elle possible en excluant du processus ceux et celles qui appartiennent à la majorité ?

L'idée d'associer des organismes des communautés culturelles au processus d'intégration est sans nul doute une bonne idée. Lorsqu'un immigrant débarque à Montréal ou ailleurs au Québec, il cherche spontanément à se regrouper avec des gens qui partagent avec lui des traits culturels, une langue, peut-être une religion. On ne peut pas reprocher ce réflexe aux nouveaux arrivants. Nous avons le même à l'étranger. Ces communautés culturelles deviennent des points de repère essentiels. Le nouvel arrivant y retrouve un lieu de contact avec sa culture d'origine et un soutien matériel.

En ce sens, ces communautés qui disposent parfois d'institutions peuvent, en effet, devenir des alliées. Leurs leaders peuvent être des guides ou des interprètes. Mais ils ne peuvent pas accomplir seuls ce boulot extrêmement difficile, délicat et politiquement chargé. En outre, un Québécois d'origine italienne de troisième génération peut sûrement aider un immigrant fraîchement débarqué d'Italie à comprendre le Québec. Mais qu'en est-il pour un immigrant d'origine pakistanaise arrivé ici depuis quelques années seulement et dont l'intégration est à peine entamée ?

***

Le troisième problème est lié à la conception de la relation entre «eux et nous» implicite dans cette proposition qui accentue différenciation entre les communautés.

Dans les sociétés pluralistes, le républicanisme pur fondé sur la seule égalité juridique entre citoyens ne fonctionne plus. La France des banlieues en est la preuve. L'échec du melting pot états-unien en est une autre illustration. Le communautarisme n'est pas un meilleur gage de succès. C'est à Toronto, ville reine du multiculturalisme, que les incidents racistes sont les plus nombreux au Canada.

Le Québec s'est laissé traverser par tous les courants, jusqu'à ce qu'il adopte, depuis une quinzaine d'années, une politique interculturelle non partisane qui cherche à faire la synthèse entre la reconnaissance de la différence et la nécessaire cohésion sociale. Cette politique n'est pas parfaite. Nous avions cru, par exemple, éviter la constitution de ghettos. Il faut visiter la petite Inde en formation dans le quartier Parc Extension à Montréal pour se détromper. Les accrochages aperçus récemment entre membres de la communauté juive et ressortissants du monde arabe montrent la difficulté des politiques de reconnaissance.

Mais cette politique, dont la vice-première ministre actuelle, Mme Monique Gagnon-Tremblay, fut l'une des fondatrices avec son énoncé de politique et le contrat moral qu'elle proposait en 1990, ne mérite pas d'être reniée comme les libéraux s'apprêtent à le faire, en apparence pour satisfaire une clientèle électorale. Il s'agit de matière fragile, délicate, explosive. À manipuler avec soin. Tout changement doit faire l'objet d'une consultation. M. Charest l'a dit : il est contre le dirigisme d'État. Qu'il le prouve.

vennem@fides.qc.ca

Michel Venne est directeur de L'annuaire du Québec, chez Fides.




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Budget du Québec :
Près de un milliard à retrancher du présumé trou

Ottawa accepte d'étaler l'impact du recensement de 2001 sur les versements de la péréquation

Robert Dutrisac
Le Devoir mercredi 11 juin 2003

Québec - Dans son budget qu'il déposera demain, le ministre des Finances, Yves Séguin, sera en mesure de retrancher facilement près de un milliard au présumé trou de 4,3 milliards identifié dans le rapport de Guy Breton, et ceci, grâce à John Manley et à Statistique Canada.

Le ministre fédéral des Finances, John Manley, vient de confirmer, dans des lettres envoyées à ses homologues provinciaux, dont Yves Séguin, qu'il acceptait d'étaler sur cinq ans l'impact du recensement de 2001 sur les versements de la péréquation comme le gouvernement fédéral l'avait fait en 1998 à la suite du recensement de 1996. C'est ce que l'ex-ministre des Finances, Pauline Marois, réclamait du fédéral et c'est ce que M. Séguin a obtenu.

On se rappellera qu'au coeur de la dernière campagne électorale, les calculs préliminaires de Statistique Canada et du ministère fédéral des Finances avaient montré un écart de 1,1 milliard dans le versement de la péréquation due au Québec en 2003-04.

Mais il ne s'agit même plus d'un écart de 1,1 milliard.

Statistique Canada a reconnu avoir fait une erreur dans le traitement des données du recensement, a indiqué hier un porte-parole de l'agence fédérale, Réjean Lachapelle. Des problèmes de calcul du sous-dénombrement de la population -- le nombre de personnes qui ne répondent pas au questionnaire mais qu'il faut tout de même inclure -- sont apparus.

Selon Yves Séguin, c'est l'Institut de la statistique du Québec qui a identifié le problème. Sans vouloir indiquer quelle part du 1,1 milliard réclamé par Ottawa était effacée, M. Séguin a laissé savoir que cette somme était significative. Il s'agit «d'une marge de manoeuvre intéressante», a-t-il dit. Compte tenu de l'étalement sur cinq ans, l'impact du recensement de 2001 sur le budget de cette année pourrait n'être que de 100 millions si l'écart de 1,1 milliard était réduit de moitié.

Par ailleurs, Yves Séguin a convenu que certaines mesures contenues dans un document intitulé Proposition de trame pour un nouveau budget, qui a fait l'objet de deux articles, hier, dans le quotidien Le Soleil, pourraient se retrouver dans son budget. M. Séguin n'avait toutefois pas lu le document, ne savait pas de quoi il s'agissait, ni de qui il émanait.

Le ministre a cependant affirmé que ce n'était pas un document prébudgétaire préparé par son équipe d'une cinquantaine de fonctionnaires. Ceux-ci, comme toute personne qui a accès aux documents prébudgétaires, sont assermentés et s'engagent à respecter la plus étanche discrétion. «Ce n'est pas une fuite», a soutenu M. Séguin.

Hier, à l'Assemblée nationale, le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a demandé à plusieurs reprises si les mesures décrites dans le document seraient contenues dans le budget. S'il répondait par l'affirmative, M. Séguin devrait déposer immédiatement son budget, a affirmé M. Landry, selon l'usage qui veut qu'un budget, en tout ou en partie, doit demeurer secret jusqu'à sa présentation devant les élus. M. Landry a rappelé qu'en 1987, l'ancien ministre libéral des Finances, Gérard D. Lévesque, avait précipité le dépôt de son budget quand il a appris que le journaliste Ralph Noseworthy s'apprêtait à dévoiler des détails du budget à la radio. De son côté, le leader parlementaire du Parti québécois, André Boisclair, a fait de cette affaire une question de privilège que le président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, a refusé d'entendre hier.

Signalant qu'il n'avait aucune intention de devancer le dépôt de son budget, M. Séguin a qualifié de rumeurs et de spéculations la teneur du document relayé par le quotidien. «Je ne me laisserai pas guider ou influencer par des rumeurs même si certaines sont bonnes», a-t-il toutefois affirmé. Plus tard, au cours d'un point de presse, le ministre des Finances a dit que «ce n'est pas impossible» que des éléments du document puissent faire partie de «réflexions».

À moins qu'il ne s'agisse d'une falsification, le document n'a pas été écrit par un fonctionnaire mais plutôt par un conseiller politique libéral. Selon le résumé qu'en fait Le Soleil, le document se réfère à plusieurs reprises à «notre plan d'action», ce programme élaboré par les libéraux à partir de mars 1982 et dévoilé en septembre de la même année. Au cabinet de Jean Charest, on soutenait hier ne pas savoir qui étaient l'auteur ou les auteurs du document.

Selon Le Soleil, qui a refusé de distribuer le document, cette Proposition de trame pour un nouveau budget prévoit la réduction de 25 % en trois ans des mesures fiscales aux entreprises, dont 227 millions dès cette année, grâce notamment à la réduction de 50 % du programme FAIRE, l'abolition de l'injection de capital à hauteur de un milliard dans la SGF afin d'économiser les intérêts sur cette somme, l'abandon des dernières phases de la Cité du commerce électronique et de la Cité du multimédia et le gel de l'aide aux entreprises. Les libéraux projettent de réduire de 10 % les dépenses de fonctionnement des ministères et de diminuer le nombre de fonctionnaires par attrition.




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Un échec lamentable

Les programmes d'aide aux familles ne font qu'enliser celles-ci dans la pauvreté, selon une étude

Marie Caouette
Le Soleil mercredi 11 juin 2003

Les politiques familiales actuelles, au Canada et dans les provinces, sont un échec lamentable. Les familles sont incapables de sortir de la pauvreté où elles s'enlisent malgré les milliards $ investis par le gouvernement fédéral depuis 1996.

La solution pourrait être dans le retour aux allocations familiales universelles accompagnées d'un supplément de revenu pour les travailleurs à petits salaires et de la mise en place de modes de garde plus flexibles, selon l'âge des enfants.

Le désolant constat de faillite des programmes gouvernementaux est le fruit d'une recherche menée par deux économistes de l'Université du Québec à Montréal pour l'Institut de recherche en politiques publiques, un organisme indépendant financé par des dotations gouvernementales. Rendue publique en début de semaine, l'étude fera l'objet d'une présentation à Ottawa devant des sénateurs, députés et fonctionnaires d'organismes concernés par cette problématique.

Les familles pauvres font du surplace, commente en entrevue l'un des auteurs, Pierre Lefebvre, professeur au département de sciences économiques à l'UQAM et directeur du Centre interuniversitaire en statistiques sociales. L'enquête a étudié l'évolution de la situation entre 1996 et 2000.

Ni les familles sur l'aide sociale ni les familles qui tirent un faible revenu de leur travail (entre 15 et 25 000 $) ne sont arrivées à s'arracher à la pauvreté avec les prestations fiscales pour enfants du fédéral. Il y a à peine moins de familles pauvres depuis qu'Ottawa a haussé les prestations fiscales pour enfants en 1996, rappelle M. Lefebvre. La hausse a été réduite à zéro dans la plupart des provinces, dont le Québec, par une réduction équivalente des montants versés par l'aide sociale. Au Québec, les sommes récupérées par l'État ont été dirigées vers l'établissement du programme de garderies à 5 $.

Les seules familles à avoir tiré un petit bénéfice de ces prestations ont été celles qui gagnaient un petit revenu de travail, note le chercheur. Cet avantage est cependant minime parce que toute hausse de revenu entraîne la réduction d'autres formes d'aides. En bref, on donne d'une main mais on en reprend plus de la moitié de l'autre. "C'est très difficile pour les familles d'améliorer leur sort ou de sortir de la pauvreté", conclut-il.

Parmi les solutions jugées plus efficaces, les chercheurs recommandent de rétablir des allocations familiales universelles, en diminution graduelle à mesure que les enfants vieillissent.

Les gouvernements devraient aussi accorder un supplément de revenu aux travailleurs à petits salaires pour les inciter à demeurer en emploi. Ce pourrait être l'équivalent d'une "récompense" d'un ou deux dollars, explique M. Lefebvre s'ajoutant à des gains de sept, huit ou neuf dollars l'heure. Une formule déjà utilisée au Québec dans un programme compliqué et peu généreux dont les familles sont évincées dès que leur revenu atteigne 20 000 $, souligne-t-il.

Du côté des garderies, les chercheurs proposent qu'un des parents puisse rester un an à la maison avec un nouveau-né et que les allocations soient majorées à 75 % du salaire. On recommande ensuite plus de flexibilité dans les programmes offerts aux bambins de moins de quatre ans afin de permettre aux parents de garder un pied sur le marché du travail mais avec une charge allégée. Les chercheurs ont constaté que 15 % de ces petits se faisaient garder 50 heures par semaine. À quatre ans, l'école devrait les prendre en charge avec des garderies éducatives (deux éducatrices pour 20 enfants). L'étude propose enfin de généraliser partout au Canada la maternelle cinq ans à temps plein, comme cela se fait au Québec et au Nouveau-Brunswick.

L'ensemble de ces mesures devraient coûter 10 milliards $, soit un à deux milliards de plus que ce qui se fait actuellement, selon M. Lefebvre, si un ménage est fait dans les programmes inutiles, inefficaces ou redondants.

MCaouette@lesoleil.com




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Le gouvernement Charest doit accorder priorité à la réforme du mode de scrutin sur celle des institutions

Paul Cliche
l'aut'journal 9 juin 2003

Parmi les rares nouvelles annoncées par le premier ministre Charest lors du discours inaugural de la 37e législature, il a été question de la présentation "au printemps 2004, d'un projet global de réforme des institutions démocratiques". Ce dernier a confirmé du même souffle l'engagement libéral "d'apporter des modifications au mode de scrutin actuel afin que la distribution des sièges parlementaires respecte davantage les votes exprimés".

C'est la première fois que le gouvernement élu le 14 avril indique son intention de donner suite aux travaux des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques qui a mobilisé les énergies de milliers de citoyens l'automne et l'hiver derniers.

On se souvient que cet événement s'est échelonné sur six mois et s'est clôturé par des assises nationales réunissant un millier de personnes de tous milieux et de tous âges représentant les 125 circonscriptions québécoises.

Lancés par l'ex-ministre péquiste Jean-Pierre Charbonneau, la réalisation de ces États généraux avait été confiée à un comité dirigé par l'ex-président du Mouvement Desjardins, Claude Béland.

Cette annonce constitue probablement la seule nouvelle réjouissante pour les esprits progressistes dans ce discours d'orientation marqué au coin de la plus pure idéologie néolibérale.

Le souhait que la démarche initiée par les États généraux se poursuive avait fait l'objet d'un large consensus parmi les citoyens participants dont plusieurs n'espéraient toutefois pas que le nouveau gouvernement exaucerait leur voeux.

Il ne faudrait toutefois pas, qu'à l'instar de M. Charbonneau, le nouveau ministre délégué à la Réforme des institutions démocratiques, M. Jacques Dupuis, soit tenté de noyer le poisson en liant la réforme du mode de scrutin au "projet global de réforme des institutions". Les deux questions sont en effet bien différentes.

La réforme du mode de scrutin alimente le débat politique québécois depuis la décennie soixante. Les sondages et les consultations publiques effectués ces dernières années démontrent que la question, malgré son caractère un peu ésotérique qui rebute certains, intéresse de plus en plus de citoyens et que l'instauration d'un scrutin proportionnel rallie une bonne majorité d'entre eux.

Le sujet s'est naturellement retrouvé au coeur du débat des État généraux où 90% des participants se sont prononcés en faveur de l''instauration d'un scrutin en tout ou en partie proportionnel; 10% seulement appuyant le statu quo.

Dans son rapport rendu public le 10 mars dernier, le comité Béland en a d'ailleurs fait sa première recommandation. Notant "la volonté populaire très ferme de réviser le mode de scrutin actuel", ce dernier a préconisé un mode de scrutin de représentation proportionnelle régionale qu'il voulait voir instaurer avant la fin de la première partie du mandat du gouvernement élu le 14 avril.

Quant au projet de réforme de l'ensemble des institutions démocratiques la discussion publique n'a fait que commencer lors des État généraux. Elle devra certes se poursuivre encore quelques années avant d'aboutir à un consensus aussi probant que celui entourant la réforme du mode de scrutin.

Le ministre Dupuis, qui a su s'entourer de conseillers forts compétents en la matière, devrait donc agir avec célérité et publier, dans les meilleurs délais, un échéancier établissant les diverses étapes devant conduire, d'ici deux ans, à l'adoption de la réforme promise.

Au cours de la dernière campagne électorale, 16 des 25 membres du cabinet Charest dont le premier ministre lui-même se sont d'ailleurs engagés, à la demande du Mouvement pour une démocratie nouvelle, à respecter cet échéancier de 48 mois qui, seul, peut garantir la mise en place du nouveau système électoral par le Directeur général des élections à temps pour la tenue des prochaines élections générales.

Répondant à une question qui lui a été posée durant la campagne, via le site internet de Radio-Canada, le chef du gouvernement avait d'ailleurs noté que "le début d'un nouveau mandat est la période la plus propice pour discuter, consulter et implanter une telle réforme".

Par ailleurs, ce dossier est probablement devenu le mieux documenté de toute l'administration gouvernementale au fil des nombreuses études et commissions dont la question a été l'objet depuis 30 ans. Le gouvernement possède donc toutes les données nécessaires pour faire son lit. Il peut, s'il le veut, présenter un projet pour consultation publique d'ici deux à trois mois. Quant à son projet global de réforme des institutions démocratique il aura tout le temps voulu pou le fignoler.

Paul Cliche, auteur du livre Pour réduire le déficit démocratique: le scrutin proportionnel




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Fêtes du Canada :
Le Québec récolte la manne fédérale

Guy Benjamin
Le Soleil mercredi 11 juin 2003

Le Québec accaparera encore cette année 5 des 8 millions $ que Patrimoine Canada accorde à la Fête du Canada. Cette générosité envers le Québec s'explique par la célébration d'une autre grande fête, la Saint-Jean.

Dans les autres provinces, où la concurrence entre deux fêtes nationales est inexistante, la Fête du Canada est financée par les municipalités, le gouvernement provincial et l'entreprise privée, explique Jean Langlais. La proximité des deux fêtes nationales au Québec ajoute aux comparaisons, dit le directeur général de la Fête du Canada au Québec.

M. Langlais rêve à l'équité entre les deux fêtes en termes de financement, que ce soit par tous les gouvernements et l'entreprise privée. Même si au Québec, le privé est peu impliqué.

Le fait que le fédéral dirige vers le Québec l'essentiel de son budget de la Fête du Canada en agace plusieurs, reconnaît le directeur général. Pour M. Langlais, il s'agit simplement d'une conséquence du mode de financement de la Fête du Canada dans les autres provinces.

Il donne l'exemple des célébrations à Vancouver, dans lesquelles le fédéral n'investit pas un sou. Parce que la Ville, le provincial et le privé paient tout.

Les 5 millions $ du fédéral sont partagés entre les 28 principales villes de la province et 250 autres projets plus locaux, de préciser M. Langlais.

Le comité organisateur de Québec de la Fête du Canada dispose d'un budget de 320 000 $ pour deux jours de festivités. À titre comparatif, la Saint-Jean, financée à presque 100 % par le provincial, coûtera 1 million $. Le grand spectacle sur les Plaines accapare presque toute la somme.

La fête soulignant le 136e anniversaire du Canada débutera le lundi 30 juin, à la Citadelle de Québec à 19h par la retraite de la garde et le traditionnel concert sous les étoiles de la musique du Royal 22e régiment. Un hommage à Gilbert Bécaud et un clin d'oeil à Star Académie sont au programme musical.

Le lendemain, place à la famille sur les Plaines, et spectacles en soirée. Luc de la Rochelière, Stefie Shock et Louis Étienne assureront la première partie du spectacle derrière le Musée du Québec. Le groupe The Tea Party suivra à 21 h 30, et la Fête du Canada se terminera par un feu d'artifice.

GBenjamin@lesoleil.com




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Bush's weapons of mass deception

RICHARD GWYN
The Toronto Star Wed Jun 11, 2003

Only one good reason exists for not describing President George W. Bush and all the officials around him who urged on the invasion of Iraq in order to rid the country of its weapons of mass destruction, as outright liars.

One powerful factor would always have inhibited these leaders, including Britain's Tony Blair, from engaging in an explicit lie when they claimed, at the United Nations and before the world, to be certain that these weapons existed:

They would have known back then that they would be exposed eventually.

As, indeed, has now happened. After two months of intensive searching, not a scrap of evidence has been uncovered of any weapons at all, let alone of any battle-ready ones that might have constituted, as claimed, an "imminent threat."

We are dealing with something less than lying but also something a good deal more than an honest mistake.

At best, Bush and aides such as Defence Secretary Donald Rumsfeld and Secretary of State Colin Powell may have been guilty of believing what they wanted to believe.

They wanted to depose Saddam Hussein and believed, genuinely, that his downfall could lead to a fundamental transformation of the Middle East. It would include the negotiation of a peace settlement between the Israelis and the Palestinians and the development of democracy in Iraq that could function as an alternative regional role model to Islamic militancy and terrorism.

These visionary goals may never be achieved. But that in no way invalidates the ambition and imagination of this vision.

To achieve it, Bush seized on the issue of weapons of mass destruction because it was politically saleable to the U.N. and to the American public. At the same time, officials, in agencies like the CIA, tailored analyses, as bureaucrats often do, to suit the needs of their superiors.

This is the best-case analysis of what has happened.

The worst-case analysis is a lot worse. This is that there has been sustained deception, exaggeration and manipulation.

Moreover — even if one omits those at the top like Bush and Blair — it is clear that quite a few officials in Washington have long been aware that the justification for war was extremely suspect, if not outright spurious.

For instance, it turns out that senior Al Qaeda officials, who were captured in Afghanistan and then interrogated in Guantanamo, Cuba, had long ago stated unequivocally that there were no ties between their organization and Saddam Hussein. Osama bin Laden, they said, wanted to have nothing to do with the Iraqi strongman.

This evidence was suppressed and Powell, in his presentation to the U.N. last February, repeated the allegation of Al Qaeda-Saddam ties.

It turns out, as well, that last year the defence department's own intelligence unit (set up by Rumsfeld and so hawkish in its assessments) concluded that there was no concrete evidence of any continuing weapons of mass destruction programs in Iraq.

Since the war's end, senior Iraqi scientists who have been interrogated insisted that all the programs to develop these weapons and the raw chemical and biological materials were destroyed in the mid-'90s.

Bush keeps insisting the proof will still be found. Scraps of evidence, like two so-called mobile laboratories are paraded excitedly and then quietly dropped. (It appears that these trailers were used for pumping up balloons for scientific experiments.)

The embarrassing and bitter truth is that Saddam was not lying. (Saddam was a monumental fool, perhaps out of pride, not to have welcomed in the U.N. inspectors).

The far more bitter truth is that Bush and many around him were, if not lying exactly, either victims of intelligence written to suit their political needs, or were knowing participants in a huge fraud.

That the casus belli was either fraudulent or substantially erroneous doesn't mean that the war was unjustified. Iraqis have been freed from their jail and their madhouse. Reconstruction is going badly at present, but for the first time ever, a possibility exists of Iraqis living a more or less normal, decent life.

It means, instead, that Bush and his administration have lost their credibility in international affairs. Fool me once, shame on you. Fool me twice, shame on me.

On North Korea, on Iran, on every kind of major international issue.

Bush can no longer claim the benefit of the doubt. He won't always be wrong. He won't always be crying wolf.

But he was party to a massive deception. He didn't trust others — the U.N., world opinion — enough to tell them the full truth. It's going to take him quite a while to win back the trust of others.

Richard Gwyn's column appears Wednesday and Sunday. gwynR@sympatico.ca




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La persistance du chaos

Mario Roy
La Presse mercredi 11 juin 2003

Éditorial - De toutes les mises en garde servies à Washington avant la seconde guerre du Golfe- et, à un moindre degré, avant la campagne afghane-, l'une revient cruellement en mémoire. Pacifier, démocratiser, faire prospérer le Moyen-Orient sera une tâche titanesque, avait-on prévenu. Une tâche bien au-dessus des forces d'un seul pays, fut-il l'unique superpuissance. Et ce, même en supposant que cette nation soit fidèle aux intentions civilisatrices exprimées avant les conflits... ce qui n'est pas encore avéré.

On peut, en effet, faire bien des reproches à l'actuelle administration américaine. Et, à elle seule, la saga des armes irakiennes de destruction massive, promises mais introuvables, suffirait à vouer l'administration Bush aux géhennes éternelles.

Cependant, au regard de l'Histoire, ce ne sera qu'anecdotique.

C'est sur autre chose, en politique extérieure, que le 43e président des États-Unis d'Amérique sera jugé. Et ce sera sur l'effet à long terme de l'actuelle vague d'intervention américaine au Proche (car existe aussi une "feuille de route" afférente au conflit israélo-palestinien) ainsi qu'au Moyen-Orient.

Or, pour l'instant, et même en manifestant la patience indispensable au regard des difficultés affrontées, la situation en Afghanistan et en Irak demeure chaotique. Ces deux pays abruptement "remodelés" par la force de frappe américaine, fussent-ils soulagés de tyrans sortis tout droit du Moyen Âge dans un cas et de l'école stalinienne dans l'autre, ne se relèvent toujours pas. Et rien n'indique, en particulier dans le cas de l'Afghanistan, que leur entrée dans la modernité est pour l'heure une éventualité envisageable, même à long terme.

En Afghanistan, le pouvoir des chefs de guerre s'est à peine amenuisé. Il n'existe toujours pas d'ordre, au sens où on entend ce mot dans un contexte occidental, en dehors de Kaboul. La culture du pavot a repris à grande échelle: elle aura été de 3400 tonnes en 2002. Les cellules terroristes se reconstituent et rentrent en action.

En Irak, les pillages demeurent tels qu'ils mettent en danger l'industrie pétrolière, le sang du pays. Les règlements de compte se poursuivent: un chanteur populaire, sorte de Pierre Lalonde irakien, a même été exécuté! Le marché noir reste en folie: la kalachnikov se détaille à moins de 50 $ pièce... Bref, ce que nous appelions le "western", il y a un mois, ne donne pas signe d'arriver à une fin. Pendant ce temps, les pouvoirs montants sont ceux qui sont suffisamment déterminés pour, armes aux poings, occuper ce vide. C'est-à-dire ceux de l'islamisme radical, foncièrement anti-occidentaux et anti-modernité, profondément répressifs et réactionnaires, à allégeance chiite et souvent liés aux intégristes iraniens.

Le pire, c'est que tout cela était prévisible et, de fait, prévu. Il était illusoire de croire que les chars d'assaut pourraient imposer la Raison et le Bien.

L'affaire est - notamment - culturelle.

Et sans atteindre le stade de la guerre des civilisations annoncée par Samuel Huntington, elle relève certainement d'un gouffre d'incompréhension qui risque de conduire tout le monde à la ruine. Dans ce contexte, estime le philosophe et essayiste Pascal Bruckner, "la vindicte américaine ressemble plus à un symptôme de faiblesse que de force".

mroy@lapresse.ca




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Un appel aux Montréalais anglophones

André Pratte
La Presse mercredi 11 juin 2003

Éditorial - Le débat sur le démantèlement de la nouvelle ville de Montréal prendra, inévitablement, une tournure linguistique. C'est le pire des scénarios, pour Montréal comme pour ses deux principales communautés.

La communauté anglophone a tout à gagner à participer à la construction de cette grande métropole. Ses leaders ne s'en rendent-ils pas compte? Pourquoi laissent-ils la parole aux seuls anciens maires qui, plutôt que de s'impliquer dans le projet le plus emballant, le plus canadien qui soit, s'obstinent à rebâtir leurs royaumes de pacotille?

Aujourd'hui, dans nos pages et dans celles de The Gazette, treize Montréalais d'envergure prennent la défense du Grand Montréal. Ils le font avec un courage et une éloquence remarquables. Il est urgent que les politiciens, gens d'affaires, intellectuels et artistes de langue anglaise s'expriment à leur tour. Il leur faut dire aux gens de Westmount, Baie-d'Urfé, Beaconsfield et autres arrondissements à majorité anglophone que la fusion, si elle a été faite de manière malhabile, est néanmoins dans leur intérêt. Comme l'écrit le "groupe des 13": "Le bon fonctionnement de la nouvelle ville DOIT refléter et alimenter davantage la très grande maturité qui caractérise maintenant les relations entre toutes les communautés linguistiques et culturelles de l'île. À l'inverse, le démantèlement de la nouvelle ville, ou pire, la création d'une enclave municipale dans le West-Island, constituerait un retour en arrière, l'érection d'une nouvelle, nuisible et instable barrière entre anglophones et francophones, alors que c'est justement la disparition de ces barrières qui fait, depuis quelques années, le charme unique, la force et la distinction de Montréal."

Tous les spécialistes le disent, le XXIe siècle sera le siècle des villes. L'administration municipale sera de moins en moins affaire de collecte d'ordures et de voirie, et de plus en plus affaire de haut savoir, de développement économique, de culture et de relations internationales. Et les Montréalais anglophones refuseraient de participer à la fabuleuse aventure d'une métropole unique en Amérique?

Dans son mémoire contestant en cour la loi 170, la ville de Westmount accusait le gouvernement Bouchard de rechercher la "marginalisation" de la minorité anglophone. Mais aujourd'hui, qui oeuvre à cette marginalisation, si ce ne sont les "défusionnistes"?

Il y a, sans doute, des accommodements possibles pour accorder aux arrondissements davantage d'autonomie, de sorte que la minorité anglophone sente qu'elle a une meilleure prise sur les questions qui touchent de plus près sa vie quotidienne. Mais la société des maires disparus leurre les anglo-Montréalais en leur faisant croire que la survie de leur culture nécessite le retour aux municipalités d'antan. Ou que cette survie passe par le droit de taxation des arrondissements, ce qui reviendrait au même.

Les petits politiciens rêvent de leurs petits pouvoirs. Les vrais leaders de la communauté anglophone, une communauté qui a toujours vu grand pour Montréal, leur laisseront-ils le champ libre? Les laisseront-ils reconstruire, défusion par défusion, le mur des deux solitudes? Ce serait une grave erreur, dont Montréal ne se relèverait pas.

Apratte@lapresse.ca




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Unwelcome

Richard Fahey
Vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI)
The Ottawa Citizen Wednesday, June 11, 2003

Éditorial - Former Public Works minister Alfonso Gagliano may not like being ambassador to Denmark, but it seems he'll have to put up with his job in Copenhagen now that he's not welcome in the Vatican.

When word circulated that Mr. Gagliano might be named Canada's envoy to the Holy See, an opposition MP snickered, "He'll need all the confession booths he can get his hands on," alluding to rumours of political wrongdoing that have dogged Mr. Gagliano since he left cabinet last year.

According to news reports, however, the Vatican has told Canada it doesn't want Mr. Gagliano setting up digs. Prime Minister Chrétien now appears to have dropped the idea. So if Ambassador Gagliano still wants to leave Denmark, he'll have to find a country less discriminating about its guests.




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Gagliano restera au Danemark, dit Chrétien

La reine avait pourtant déjà planifié une cérémonie d'adieu à celui que certains envoyaient au Vatican

Larocque Sylvain
PC Le Devoir mercredi 11 juin 2003

Ottawa - La reine du Danemark a beau avoir mis à son horaire une audience d'adieu pour l'ambassadeur canadien Alfonso Gagliano, le premier ministre Jean Chrétien assure que son ancien ministre ne quittera pas Copenhague.

Le curieux malentendu diplomatique fait suite à un article du Toronto Star voulant que le Vatican ait refusé la nomination de M. Gagliano comme ambassadeur au Saint-Siège -- et à de nouvelles révélations sur la conduite de l'ex-ministre.

«Si Alfonso Gagliano n'est plus au Danemark officiellement, qu'il ne peut plus aller se confesser à Rome, est-ce que le premier ministre va lui demander de venir se confesser à Ottawa? On a des questions à lui poser», a lancé le leader du Bloc québécois aux Communes, Michel Gauthier, faisant allusion aux scandales du programme fédéral de commandites, qu'a longtemps supervisé M. Gagliano à titre de ministre des Travaux publics.

Le premier ministre Jean Chrétien a rétorqué que M. Gagliano n'avait été refusé «par personne».

«Il est ambassadeur au Danemark depuis un an et demi et il continuera à faire son travail», a-t-il précisé.

Ces dernières semaines, pourtant, des rumeurs persistantes indiquaient qu'Alfonso Gagliano serait nommé ambassadeur au Vatican, un poste qu'il convoite depuis des années. Preuve que la décision de le muter au Saint-Siège était déjà prise, la reine du Danemark annonce, sur son site Web, la tenue d'une audience d'adieu en l'honneur de M. Gagliano, prévue pour le 17 juin prochain à midi.

«Il va falloir qu'il [M. Gagliano] aille expliquer à la reine qu'il est encore ambassadeur et qu'il ne va plus dîner avec elle», a lancé le chef bloquiste, Gilles Duceppe.

Le directeur des communications du premier ministre, Jim Munson, a assuré ne pas être au courant de la réception danoise. À l'ambassade du Danemark à Ottawa, il a été impossible de parler à quiconque. Des sources diplomatiques ont toutefois indiqué que l'audience visait effectivement à marquer le départ de M. Gagliano. Quant au porte-parole du Saint-Siège au Canada, l'abbé Serge Poitras, il n'a pas voulu commenter l'affaire.

Le gouvernement canadien a un «sérieux trouble diplomatique» s'il ne sait pas que la reine du Danemark «souligne le départ» d'Alfonso Gagliano, a ironisé M. Gauthier en Chambre.

Nouvelles allégations

Outre l'imbroglio diplomatique, les partis d'opposition ont pu s'en donner à coeur joie en dénonçant les nouvelles allégations touchant au comportement de M. Gagliano alors qu'il était ministre des Travaux publics. Le fils de l'ancien lieutenant politique de M. Chrétien au Québec, Vincenzo Gagliano, a admis en début de semaine avoir profité indirectement des décisions de son père en matière d'octroi de contrats.

Ces révélations ont pris de l'ampleur quand le conseiller en éthique fédéral, Howard Wilson, a avoué au National Post avoir disculpé l'ex-ministre de tout soupçon -- sans même avoir vérifié les livres de l'employeur de son fils.

Ces registres montrent pourtant que Vincenzo Gagliano a reçu le «crédit» pour des contrats gouvernementaux accordés à Phipps Graphics Inc. et à Dickson Lithographing Ltée, des sociétés-soeurs retenues pour imprimer des documents fédéraux.

«Les règles d'éthique stipulent clairement qu'un ministre ne devrait pas faire affaire avec des firmes où des membres de sa famille immédiate travaillent, a rappelé le chef conservateur, Peter MacKay, aux Communes. À la lumière de ces nouveaux éléments de preuve qui montrent ce "crédit" interne pour M. Gagliano junior, est-ce que le premier ministre va ordonner à son conseiller en éthique de rouvrir son enquête?»

M. Chrétien a rejeté la demande.

Alfonso Gagliano a été expulsé du cabinet Chrétien en janvier 2002 après avoir été soupçonné de favoritisme dans l'octroi de contrats fédéraux de commandites. Aussitôt nommé ambassadeur du Canada au Danemark, il a toujours soutenu avoir rempli ses fonctions ministérielles avec intégrité.




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Arrivederci Roma


The Globe and Mail Wednesday, June 11, 2003

Éditorial - Some people do the right thing. Others have the right thing thrust upon them. So it is with Prime Minister Jean Chrétien. Vatican officials have let it be known that Alfonso Gagliano would not be welcome as Canada's next ambassador.

Despite strenous denials from the Prime Minister and his communications director that Mr. Chrétien planned to reward Mr. Gagliano yet again for his scandal-ridden, patronage-heavy term as public works minister, the evidence is clear that Mr. Gagliano was all set to hop a jet from his ambassadorial post in Denmark to a new one in the centre of Rome. The Danish Queen even had his farewell lunch marked on her calendar. Then the Vatican demurred.

If we may issue the request without intruding on the Vatican's religious prerogative, can we get a hallelujah here, people?




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COMMANDITES FÉDÉRALES :
Des contrats accordés à une firme de traduction proche de Gagliano

Joël-Denis Bellavance
La Presse mercredi 11 juin 2003

Ottawa - Une entreprise de Montréal dont le propriétaire, Nino Colavecchio, est une vieille connaissance de l'ancien ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, a obtenu une dizaine de contrats dans le cadre du controversé programme de commandites même si cette firme en question se spécialise dans la traduction de documents dans des langues étrangères.

La firme TNC Multicom a en effet décroché des contrats d'une valeur de plus de 115 000 $ entre février 2001 et mai 2002, même si elle détenait peu d'expertise dans la gestion de commandites à grande échelle, selon les normes de l'industrie, avant d'être sélectionnée par le ministère des Travaux publics à la fin de l'an 2000 comme l'une des neuf agences de communication à qui les ministères fédéraux pouvaient accorder des contrats.

L'entreprise montréalaise, qui compte quatre employés et qui offre aussi des services d'adaptation de publicité destinée à des publications multiculturelles, a ainsi touché une commission de 12 % sur l'ensemble de ces contrats, soit quelque 14 000 $ durant cette période de 14 mois, révèlent des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

La sélection de TNC Multicom comme l'un des neuf gestionnaires de commandites du gouvernement fédéral avait fait sourciller plusieurs dirigeants d'agences de communication à l'époque, compte tenu que l'appel d'offres précisait que les soumissionnaires devaient démontrer qu'ils détenaient une vaste expérience dans le domaine des commandites.

Le programme des commandites a été mis sur pied par le gouvernement Chrétien au lendemain du référendum sur la souveraineté au Québec en 1995, afin d'augmenter la visibilité du fédéral dans la province.

M. Gagliano défraie à nouveau la chronique depuis lundi. Le Globe and Mail a révélé que son fils, Vincenzo Gagliano, aurait tiré certains avantages de contrats fédéraux reliés au programme de commandites qui ont été donnés à deux imprimeries soeurs qui l'ont engagé en 1999 à titre de directeur du marketing et responsable du développement, au moment même où l'ancien ministre était responsable du fameux programme.

M. Gagliano a été écarté du cabinet et nommé ambassadeur du Canada au Danemark par le premier ministre Jean Chrétien en février 2002, après que des allégations de favoritisme et de conflit d'intérêts eurent été formulées contre lui.

Selon des sources diplomatiques, M. Gagliano devait être muté au cours des prochaines semaines au poste d'ambassadeur du Canada au Vatican, mais le Saint-Siège aurait manifesté sa vive opposition à une telle nomination, forçant ainsi M. Chrétien à revenir sur sa décision, rapportait hier le quotidien Toronto Star.

Aux Communes, hier, M. Chrétien a nié avoir eu l'intention de procéder à une telle nomination, à laquelle s'opposaient aussi plusieurs députés libéraux du Québec. Mais le premier ministre a été manifestement pris de court lorsque le Bloc québécois a révélé que la reine du Danemark avait à son ordre du jour un dîner officiel de départ pour Alfonso Gagliano, prévu pour le mardi 17 juin.

"Si Alfonso Gagliano n'est plus au Danemark officiellement, qu'il ne peut plus aller se confesser à Rome, est-ce que le premier ministre va lui demander de venir se confesser à Ottawa? On a des questions à lui poser", a lancé le député bloquiste Michel Gauthier.

L'ambassadeur du Danemark au Canada, Svend Roed Nielsen, a confirmé hier que le dîner de la reine visait à souligner le départ de M. Gagliano vers d'autres cieux. Mais un porte-parole du premier ministre, Jim Munson, a affirmé que le départ imminent de Gagliano "est une nouvelle" pour lui.

Les partis de l'opposition aux Communes pressent depuis lundi le gouvernement Chrétien de tenir une enquête publique afin de faire toute la lumière sur le rôle qu'a joué M. Gagliano dans le scandale du programme des commandites. Le Bloc québécois entend renouveler cette demande aujourd'hui à la lumière des contrats obtenus par la firme TNC Multicom. Dans les milieux libéraux à Montréal, il est connu que M. Colavecchio et M. Gagliano se connaissent depuis longtemps. "S'il y avait une personne qui était invitée à regarder les résultats des élections fédérales en compagnie de M. Gagliano le soir du vote, c'était M. Colavecchio", a indiqué une source libérale sous le couvert de l'anonymat.

En entrevue à La Presse, hier, M. Colavecchio a déclaré: "Je connais bien M. Gagliano depuis longtemps." Mais il soutient que ce lien n'a jamais été un facteur lorsque sa firme a été sélectionnée au terme d'un appel d'offres en 2000. L'an dernier, le gouvernement fédéral a décidé de ne plus recourir à des agences pour distribuer des commandites à la suite de la controverse qui a éclaté au sujet des trois rapports quasi identiques produits par la firme Groupaction à un coût de 1,6 million de dollars entre 1997 et 1999.

Hier, M. Colavecchio a précisé que sa firme avait formé un consortium avec BCP et le groupe Columbia avant de répondre à l'appel d'offres. "Nous sommes une firme qui a toujours été impliquée dans la publicité faite pour les communautés multiculturelles. Nous avons toujours fait de la commandite. Nous avons géré tous les contrats que nous avons eus de façon professionnelle. Il n'y a jamais eu de controverse sur les contrats que nous avons gérés", a dit M. Colavecchio. "Nous avons passé par un processus difficile de sélection. Nous sommes allés chercher des partenaires qui nous aidaient à remplir certains des mandats. Il n'y a personne qui nous a fait de cadeaux là-dedans, a-t-il ajouté. En aucun temps la firme TNC Multicom n'a été impliquée dans aucune controverse. Toute la controverse, ce sont des contrats qui ont été accordés avant 2001."

Le président de BCP, John Parisella, a confirmé avoir formé un consortium avec TNC Multicom. Toutefois, il a précisé que son entreprise a mis fin à cette association avant même que des contrats soient octroyés. "C'est réellement TNC Multicom qui menait les commandites. Nous nous sommes retirés du consortium simplement parce qu'on n'avait pas la capacité de répondre à leur demande", a-t-il dit hier. En fait, TNC Multicom est le seul nom qui apparaît sur les contrats qui lui ont été accordés. La valeur totale des contrats en question, y compris la commission, varie d'environ 1000 $ à 57 000 $.

Elle mandatait la firme de s'occuper de la commandite du fédéral à des événements tels que la Soirée Mémoris (960 $), aux Canadian New Media Awards (50 000 $), aux Tournois Passe-Rondelle de Québec (960 $), au Timmins Air Canada Regional Championship (15 000 $), au Challenge des Mushers (2000 $) et au Canadian Women's Basketball Championship (10 000 $), entre autres contrats.




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PQ group wants to drop plebiscite

Young party members suggest declaration of sovereignty if party forms government

RhéAl SéGuin
The Globe and Mail Wednesday, June 11, 2003

Quebec PQ - A group of young Parti Québécois members is proposing that the party seek a mandate for any future PQ government to declare sovereignty without holding a plebiscite.

The bold proposal to campaign on that platform in a "referendum election" is gaining momentum among rank-and-file members, said Sacha-Alexandre Gauthier, who initiated the idea with the support of influential party members whom he did not name.

"In the last election, the PQ received the support of 33 per cent of voters [the lowest since 1973], while support for sovereignty remained in the range of 42 to 45 per cent," Mr. Gauthier said yesterday.

"Many sovereigntists have concluded that the method of achieving sovereignty through a referendum has failed. And that is why a lot of sovereigntists no longer believe the PQ will hold another referendum and refused to go out and vote for the party."

In an article on the pro-sovereignty Web site Vigile.net, Mr. Gauthier, 27, who is vice-president of a cluster of Montréal-Centre regional PQ riding associations, warned that unless a radical new approach is adopted, the party faces extinction.

"If the party does not react to the popular perception [that plebiscites are doomed to failure] . . . we could witness the collapse of the PQ despite a high level of support for the option," he wrote in the article, signed by seven other PQ youth members.

"In other words, it seems that we are faced with the failure of the means [to achieve sovereignty], which is the same thing as saying that the step-by-step approach has failed."

The step-by-step strategy known as l'étapisme was introduced in 1974 by then PQ strategist Claude Morin, who in 1992 admitted being a paid informant for the RCMP.

He locked horns at the time with Jacques Parizeau, later a PQ premier, who was a strong defender of the British parliamentary system, which Mr. Parizeau said would allow a PQ majority government to proceed with political independence without holding a referendum.

Mr. Parizeau and others believed a plebiscite would be an obstacle to achieving sovereignty and one that played into the federal government's hands. At the time they argued that eventually a PQ majority government would be elected and that introducing the notion of a referendum would delay sovereignty indefinitely.

Today, those arguing for a referendum election conclude that opponents of the strategy of 30 years ago have been proven right. But the referendum has become such a fixture of PQ strategy that few have dared to challenge it.

The end of l'étapisme, according to Mr. Gauthier, also means the end of the PQ's long-standing quest to achieve an "association" or "partnership" or a so-called "European type of confederation" with the rest of Canada.

The group of young party members insists that a simple majority in the National Assembly could declare sovereignty and obtain international recognition, which would then force the rest of Canada to negotiate the legal terms of separation.

They use the former Czechoslovakia, which split into two separate republics, as an example of how Quebec and Canada could negotiate a peaceful settlement.

"Quebec entered the Canadian federation with a slim majority of votes in the legislative assembly of Lower Canada, which was part of the colonial parliament of United Canada. It would then be clearly legitimate to use this means to break away" from Canada, the group argues.

Mr. Gauthier said yesterday he would introduce the idea at a PQ meeting on Saturday where members will call for a complete review of the party program and of the strategy for achieving sovereignty.

The defenders of a referendum election acknowledge they have an uphill fight ahead of them. PQ leader Bernard Landry has promoted strong political ties between a sovereign Quebec and Canada, refusing to "take Canada out of Quebec" as he once noted.




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Transferts aux provinces:
Québec et Ottawa pourraient s'entendre

Séguin est dans l'embarras pour le dépôt de son budget

Pascale Breton
La Presse mercredi 11 juin 2003

Québec - Les discussions entre Québec et Ottawa sur le paiement de transferts aux provinces sont sur la bonne voie, assure le ministre des Finances, Yves Séguin, qui parle même d'une "marge de manoeuvre intéressante" dans son budget, qui sera déposé demain.

C'est la première fois depuis son élection que le gouvernement Charest dresse un bilan plus positif des finances publiques, lui qui parlait de l'impasse budgétaire de 4,3 milliards révélée dans le rapport de l'ancien vérificateur général, Guy Breton.

Québec s'attendait à être privé d'un milliard en transferts fédéraux, une évaluation basée sur les calculs de l'ancien gouvernement à partir des données préliminaires de recensement au pays.

Statistique Canada vient cependant de reconnaître qu'elle a commis une erreur dans ses calculs et de nouvelles données seront disponibles cet automne. Les discussions entreprises depuis que les libéraux ont été portés au pouvoir entre le ministre des Finances, Yves Séguin, et son homologue fédéral, John Manley, semblent aussi porter leurs fruits.

"Nous pourrons confirmer dans le budget qui s'en vient dans deux jours (demain) un élément de solution qu'il nous a été possible de faire", a révélé hier M. Séguin.

Séguin sous le feu des critiques

Quelques minutes plus tôt, le ministre des Finances s'était retrouvé dans l'embarras lorsque l'opposition a réclamé le dépôt immédiat de son budget, après avoir pris connaissance de certaines mesures très précises dévoilées dans le quotidien Le Soleil.

Malgré le barrage de questions auquel il a dû faire face de la part du chef de l'opposition, Bernard Landry, le ministre des Finances a refusé de céder, affirmant qu'il ne s'agissait que de rumeurs.

"Je n'ai pas l'intention de me laisser intimider par des rumeurs ou des spéculations formulées par le chef de l'opposition ou par des journalistes ou par qui que ce soit", a répliqué M. Séguin en réaffirmant que le budget sera déposé demain.

"Comme ministre des Finances, je déposerai un budget qui est le fruit du travail et décisions du ministère des Finances et pas autre chose. Je ne me laisserai pas guider ou influencer par des rumeurs même si certaines peuvent être bonnes ou non", a-t-il ajouté.

Dans son numéro d'hier, le quotidien rapportait en manchette une quinzaine de mesures fiscales proposées dans un document de travail intitulé Proposition de trame pour un nouveau budget.

Ces mesures prévoient de remplacer seulement le quart des fonctionnaires qui prendront leur retraite au cours des prochaines années, en plus de proposer des coupes dans les subventions aux entreprises et les crédits d'impôt. La phase 3 de la Cité du commerce électronique de Montréal serait ainsi abandonnée, tandis que la superficie de la phase 8 de la Cité du multimédia, à Montréal, serait réduite.

Autant à l'Assemblée nationale que devant les journalistes, M. Séguin a déclaré qu'il n'avait jamais vu le document qui est en cause. Ce qui est certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'une fuite, a-t-il lancé. "Ce ne sont que des commentaires ou des spéculations ou des rumeurs qui circulent, qui s'alimentent les unes avec les autres."

Devant le refus du gouvernement de céder aux pressions, le chef de l'opposition a menacé d'exiger la démission du ministre des Finances s'il s'avérait que le budget contient des éléments qui ont filtré dans les médias. Une demande qui a aussitôt été raillée par le premier ministre Jean Charest.

"Le premier ministre relativise une chose potentiellement très dommageable pour nos institutions, pour la crédibilité de son gouvernement, et je lui demande encore une fois de s'engager à maintenir les standards d'honneur et de respect des institutions", a lancé M. Landry, mécontent.




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Landry dresse la guillotine pour Séguin

Il doit démissionner si la fuite se confirme, dit-il

Mylène Moisan
Le Soleil mercredi 11 juin 2003

Si les orientations budgétaires rendues publiques hier par LE SOLEIL devaient se retrouver noir sur blanc dans le premier budget du gouvernement libéral, l'opposition réclamera la tête du ministre des Finances, Yves Séguin.

Quarante-huit heures avant le dépôt de son premier exercice financier, M. Séguin a dû répondre hier de la publication des mesures contenues dans la Proposition de trame pour un nouveau budget, un document préparé par le ministère des Finances, contenant des informations précises et chiffrées qui pourraient se retrouver dans le budget qui sera déposé demain après-midi.

En un mot comme en mille, le chef de l'opposition, Bernard Landry, a talonné M. Séguin sur les "faits massifs" rendus publics avant que les élus aient pu en prendre connaissance. Rappelant un épisode survenu il y a 15 ans, alors que Gérard D. Lévesque avait devancé le dépôt de son budget en apprenant qu'un journaliste s'apprêtait à en révéler une partie à la télévision, M. Landry a exigé de l'actuel ministre des Finances qu'il agisse de la même façon, en "homme d'honneur".

Disant ne pas vouloir tomber "dans le piège que (lui tendait) gentiment et avec beaucoup d'estime le chef de l'opposition", M. Séguin a opposé une fin de non-recevoir à toutes ses questions, se gardant de confirmer ou d'infirmer les informations divulguées. "Je ne me laisserai pas guider par des rumeurs, même si certaines peuvent être bonnes, ou non", a-t-il dit, laissant ainsi planer la possibilité que certaines mesures énoncées aient été retenues.

Devant le mutisme du ministre des Finances, M. Landry a demandé à Jean Charest de s'engager à exiger la démission de M. Séguin si des éléments rendus publics hier se retrouvaient dans le budget de demain. Ce à quoi M. Charest a répondu que "si jamais un journaliste devait écrire demain que les libéraux vont prioriser la santé, l'éducation et proposer des baisses d'impôts et que si, par malheur, on le faisait dans le mandat, faudrait-il que je démissionne ?"

Après avoir demandé à M. Landry de lui indiquer l'article auquel il faisait allusion, M. Séguin l'a assuré qu'il ignorait tout de cette proposition de trame budgétaire, jusqu'au rôle qu'elle aurait pu jouer dans la préparation du budget. Une enquête interne menée hier matin n'aurait pas permis de retracer l'origine de cette ébauche. "Personnellement, je ne connais pas ce document. Et, à l'information qui m'a été donnée au ministère des Finances, on ne connaît pas ce document. Pour nous, ça fait partie des pièces dont on ne connaît ni la date, ni l'identité, ni la preuve que ça origine des équipes de travail de chez nous", a répliqué M. Séguin pendant la période des questions, qui a été presque entièrement monopolisée par cette fuite possible du ministère des Finances.

Le document cité hier par LE SOLEIL recommandait notamment une économie immédiate de 227 millions $ dans l'aide aux entreprises et le non-remplacement de 75 % des fonctionnaires à la retraite.

Pendant la période des questions et pendant le point de presse qui a suivi, M. Séguin a soutenu, deux fois plutôt qu'une, que le document aurait pu être produit avant le 14 avril, jour des élections générales. Or, l'annexe accompagnant les propositions budgétaires reprend une à une les mesures annoncées par Pauline Marois le 11 mars, en précisant si elles cadrent ou non avec la "plate-forme du gouvernement".

Ainsi, il est indiqué que la déduction des laissez-passer de transport en commun a un lien avec le programme libéral, qui "a promis une déduction de 1000 $ pour revenus d'emploi". Ce qui n'est pas le cas, entre autres, de l'exemption de taxe sur le biodiesel (condition posée par Rothsay pour construire une nouvelle usine à Sainte-Catherine), de la reconduction de Solidarité jeunesse, du financement du réseau québécois du crédit communautaire, du soutien aux organismes communautaires, de la prolongation du programme Achat-rénovation d'immeubles communautaires, ni de la politique du cinéma et de la production audiovisuelle.

La bonification de l'aide à la retraite passe le test, la mesure faisant d'ailleurs partie des orientations contenues dans la Proposition de trame pour un nouveau budget. Selon cette compilation, seulement le tiers des 400 millions $ promis par Mme Marois pour 2003-2004 est compatible avec les intentions du gouvernement. Des mesures totalisant quelque 217 millions $ sont classées comme étant "non liées à la plate-forme" libérale.

Questionné en point de presse en après-midi, le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, n'a voulu faire "aucun commentaire" sur la réduction suggérée de 50 millions $ du budget du programme FAIRE. "Je ne connais pas les crédits finaux qui ont été mis dans le discours du budget", s'est-il limité à répondre.

MMoisan@lesoleil.com




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Élection d'un gouvernement libéral
- Le droit au changement

Richard Fahey
Vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI)
Le Devoir mercredi 11 juin 2003

Tous les gourous de la gestion des organisations le disent: «La constante, de nos jours, c'est le changement.» Les personnes, comme les organisations, doivent faire face à ce défi de façon positive. Or les débats publics qui font rage depuis l'élection du gouvernement Charest quant à la redéfinition des services de l'État sont préoccupants à plusieurs égards. D'une part, on peut s'étonner devant le holà exprimé par certains commentateurs et porte-parole de groupes corporatistes qui semblent nier le fait que le peuple québécois a préféré la plate-forme des libéraux, avec les orientations qui y étaient proposées.

En exerçant ce choix démocratique, les citoyens n'ont pas donné une carte blanche au gouvernement libéral. Mais il faut reconnaître la volonté de changement des contribuables, qui ont refusé la vision péquiste et adéquiste de la gestion de l'État. À moins de croire que les Québécois aient démontré leur incapacité de faire des choix politiques éclairés, on ne peut que s'inquiéter de la campagne menée par certains habitués de programmes ou de structures. Il faut éviter les dérapages qui associent la révision nécessaire du modèle québécois à une opération de «démantèlement de l'État» ou «de retour possible à la violence des années 70», comme on a pu entendre depuis le 14 avril dernier. Ces critiques, complètement démesurées, sont étrangères au chemin parcouru par les Québécois depuis 30 ans et sont à mille lieues de la volonté majoritaire de l'électorat québécois.

L'enfer du privé

De plus, on semble considérer redéfinition de l'État et virage en faveur de l'entrepreneuriat comme étant les pires fléaux qui aient affligé le Québec contemporain. L'exemple du programme des garderies à 5 $ par jour est évocateur. Programme innovateur s'il en est, celui-ci arrive à ses limites, l'État n'ayant pas les ressources disponibles pour permettre aux parents d'avoir accès à une place dans un centre de la petite enfance (CPE). Dès qu'on a parlé de l'octroi de places administrées par les garderies privées, des gorges chaudes se sont fait entendre, selon lesquelles le gouvernement déconstruisait l'État, que nos enfants ne méritaient pas d'être traités comme du bétail par des entrepreneurs véreux. Tout le monde sait que la réalité est tout autre. Ce n'est pas de démolir les acquis d'un programme que de vouloir l'améliorer ou permettre au secteur privé, qui, en passant, a les mêmes obligations que les CPE, de pouvoir offrir des services de garde.

Au Québec, si vous ne travaillez pas en PME, un de vos voisins le fait. L'année dernière, la création d'emplois exceptionnelle est la résultante, dans une proportion de 90 %, du travail des PME qui ont à coeur la prospérité de leur communauté. Avec le fardeau réglementaire et fiscal qu'ils assument, on pourrait les surprendre de vouloir faire affaire dans une terre plus propice, mais ce n'est pas le cas. Ces gens ont choisi de rester ici, mais ils ont besoin d'oxygène et de respect. En appuyant l'entrepreneuriat, le gouvernement se donne les moyens d'un développement durable.

Nous croyons que l'heure est venue de réviser et d'améliorer le modèle québécois. Il faut regarder la situation en face et s'assurer que les taxes et impôts soient investis dans des services de qualité, à la hauteur de nos capacités collectives de les payer maintenant, mais aussi pour les générations futures. Les citoyens veulent des services et non des structures. Les Québécois ont le droit au changement; le gouvernement a le mandat de l'exécuter.