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Actualité
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Landry reste ... Au moins jusqu'au prochain congrès de 2005
Mario Cloutier
La Presse dimanche 15 juin 2003
Bernard Landry sera chef du Parti québécois aux prochaines élections s'il estime être la «meilleure personne pour le faire», c'est-à-dire pour gagner ce scrutin et amener la population à se prononcer par la suite sur l'«indépendance nationale du Québec et rien d'autre» dans un référendum.
«Le poste de président n'est pas vacant», a-t-il lancé aux militants de sa formation politique réunis en conseil national hier à Québec, mettant fin à la possibilité de tenir une course à la direction du Parti québécois avant deux ans.
Ce sont, dit-il, les membres du parti qui l'ont convaincu de rester, ce qu'il fera jusqu'au prochain congrès, d'ici le printemps 2005, ont voté hier les péquistes, «et rien n'est exclu pour la suite», a ajouté M. Landry.
Il a expliqué que, après les élections du 14 avril dernier, il avait clairement eu l'idée de «rentrer chez lui».
Il avait d'ailleurs déclaré qu'il ne serait pas le chef du PQ à la prochaine bataille électorale, mais les réactions des militants en sa faveur l'ont fait changer d'avis. Se sentant désormais «libre comme l'air et l'eau», il décide donc de rester au moins jusqu'au prochain congrès.
D'ici là, le chef péquiste a clairement repris les rênes du parti. «Les idées avant les hommes et les femmes», a-t-il dit pour souligner la primauté d'un congrès sur une course à la direction. Il a lui-même lancé hier le «brassage d'idées» réclamé par plusieurs membres du parti, dont les éventuels candidats à sa succession.
Les militants ont décidé que leur XVe congrès national visera la «révision de notre programme dans la poursuite du travail entrepris dans le cadre du Congrès d'orientation et de la plate-forme électorale de mars 2003», selon la proposition adoptée par les péquistes. Bernard Landry affirme que tout est sur la table, sauf le caractère souverainiste et progressiste du Parti québécois.
«L'indépendance est la conséquence immédiate d'une réélection du Parti québécois», a-t-il dit aux militants péquistes avant d'expliquer à la presse que le PQ au pouvoir «ce n'est pas pour faire un gouvernement provincial perpétuel. Le plus vite la souveraineté aura lieu, le mieux ce sera».
Il ne favorise toujours pas l'idée d'élections référendaires, comme certains jeunes péquistes en faisaient circuler l'idée hier matin lors de cette première grande rencontre postélectorale. Indiquant qu'il souhaitait «participer au débat sans l'écraser en partant», M. Landry a tout de même tracé les grandes lignes de ce qui devrait mener au PQ nouveau.
Le chef péquiste s'attend à un «programme d'une modernité fulgurante». Il croit qu'il est inutile de redéfinir la souveraineté, qui consiste pour le Québec, résume-t-il, à administrer tous ses impôts et taxes, à écrire toutes ses lois et à signer tous ses traités internationaux. Quant à la social-démocratie péquiste, elle se base, selon lui, sur le succès des collectivités avant celui des individus.
Devant ses militants, le chef du PQ s'en est d'ailleurs pris à «l'idéologie rétrograde» du gouvernement libéral. II a de nouveau dénoncé le «matraquage» de l'économie et de la solidarité sociale du Québec effectué par le budget du ministre des Finances, Yves Séguin, et les crédits de la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget.
En outre, M. Landry a invité les membres de sa formation politique à entreprendre sur-le-champ des chantiers qui devraient permettre de changer la structure du Parti quebécois afin d'y faire adhérer plus de membres en mettant l'accent sur les jeunes, les membres des communautés culturelles et les citoyens des régions.
Marois et Legault
L'une des candidates pressenties à la succession de Bernard Landry, Pauline Marois, a fait visiblement contre mauvaise fortune bon coeur hier en acceptant la décision du député de Verchères de rester à la tête du PQ pour au moins deux ans encore.
«II a été choisi comme chef de parti, a-t-elle convenu. II a l'appui des militantes et des militants. Je crois que cette décision lui appartient.»
En plus d'appuyer l'idée d'un grand débat au Parti québécois, Mme Marois a promis de rester fidèle à son chef. «J'ai toujours été loyale envers mes chefs. Je n'ai jamais tenté d'organiser quelque opposition ou d'organiser des lobbies contre mes chefs. Cela n'a jamais été mon attitude. Ce ne le sera pas plus», a-t-elle dit lors d'une allusion à peine voilée à son adversaire François Legault.
L'autre éventuel candidat à la direction était tout sourire hier. M. Legault a besoin de plus de temps pour organiser son éventuelle campagne, et le chef péquiste vient de lui en offrir sur un plateau d'argent.
«À partir du moment où il dit qu'il reste, il n'a pas à dire jusqu'à quand, a-t-il noté à propos de Bernard Landry. S'il le faisait, il y aurait un risque de se retrouver dans une situation comme M. Chrétien et de perdre l'autorité. M. Landry est l'homme de la situation.»
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Making the old new again
The Gazette Sunday, June 15, 2003
There's a passage in the Bible (Eccl.1:9) that says there's nothing new under the sun. Maybe history doesn't exactly repeat itself, but human nature doesn't change. In order to understand where society is headed, it can help to look back in time. For history is like a rear-view mirror into the future. Our understanding of the present and of what comes next is incomparably richer when we know something about why our world is the way it is today.
Despite the immense importance of history, though, we keep hearing about how people are generally not interested in it, or at least in the study of the subject in schools. In this country, it has become a national cliché to say Canadians don't know enough about their own history. In support of this claim, we get, from time to time, a poll purporting to demonstrate just how ignorant we are.
That was the case last week, when an Environics Research Group/Focus Canada poll showed most Canadians don't know who founded the first permanent European settlement in Canada. Twenty-eight per cent correctly identified Samuel de Champlain, who founded the Port Royal colony in Nova Scotia in 1605, three years before he founded the first Quebec settlement in Quebec City. Forty per cent, the largest number of respondents, thought the right answer was Jacques Cartier.
But can we really make a case for general ignorance of Canadian history solely on the basis of such findings? So much credit - not to mention television publicity, through the CRB Foundation's Heritage Minutes spots - has been given to Cartier as the "discoverer" of Canada that the distinction between discovery and settlement might have been lost on some respondents.
There was, however, a revealing finding elsewhere in the poll, which was commissioned by the Montreal-based Association for Canadian Studies. It's that Canadians are more apt to find Canadian history interesting than people in other countries find their own history.
Whether we're more or less knowledgeable about our own history is difficult to measure. There probably isn't a country in the world that thinks its people know their own history well enough. But if there are knowledge shortcomings in Canada, last week's poll suggests it's not because Canadians don't care. The poll did show immigrants are somewhat less interested in Canadian history than other Canadians, but we know (from history!) that immigrants - especially children - integrate rapidly into the Canadian mainstream. Over time, we can expect the latest immigrants' attitudes toward Canadian history to approach the national norms.
All of this suggests if we want to increase knowledge of Canadian history, we should be looking at how we teach it. If history is taught well, the content is deemed interesting and the audience is relatively motivated, then we have optimum conditions in place. But when you carry out an Internet search about the teaching of history, less turns up than if you were researching new teaching methods in English, second languages, mathematics or science. It turns out that only some history teachers have ever been introduced in any systematic way to the teaching of history.
There's no panacea here, and experts are divided about how to improve the teaching of history. Among all the suggestions, here's one we like: the idea that history teaching should be more biography-focused. If the narrative of Canadian history could be better built around well-developed characterizations of its main players, surely this would increase attention spans.
Graduate students might strike gold in dusty trade ledgers, rural electrification schedules and census data (when they can get them), but for young students, a strong connection with the characters is a better way to start. Good stories revolve around people; people shouldn't revolve around dates and events of history.
Samuel de Champlain, by the way, was 40 years old when he married an 11-year-old girl, Hélène Bouillé, in 1610. No teenage high-school student would forget that sort of detail if history were taught with more attention to such curiosities of a personal nature.
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Le Parti québécois entend moderniser son programme politique
NORMAN DELISLE
PC dimanche 15 juin 2003
Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, écoute sa partenaire, Chantal Renaud, au Conseil national du parti à Québec, samedi. (PC/Clement Allard)
QUEBEC (PC) - Le Parti québécois va procéder d'ici deux ans à une vaste modernisation de son programme politique, a annoncé samedi le président du parti, Bernard Landry.
"Notre programme doit être d'une modernité fulgurante. Il faut que le meilleur de la pensée québécoise converge dans notre programme" a dit M. Landry devant les 400 membres du Conseil national du parti.
Dans le cadre de ce "brassage d'idées", il n'y a que deux bornes à respecter, a averti M. Landry:
- le Parti québécois doit demeurer partisan de l'indépendance du Québec;
- le PQ doit demeurer progressiste et social-démocrate.
Pour M. Landry, il n'est pas question de redéfinir la souveraineté. "Ce serait inutile. Ce serait du temps perdu. Ce serait comme un physicien qui veut redéfinir l'eau", a-t-il dit. La souveraineté a été définie par M. Landry comme le fait que le Québec récupère tous ses impôts, vote toutes ses lois et signe lui-même les traités internationaux auxquels il adhère.
Le Parti québécois doit aussi demeurer progressiste, a averti le président du parti. Contrairement au Parti libéral de Jean Charest, qui ne jure que par l'entreprise privée, le Parti québécois croit "que le succès des individus passe par celui des collectivités", a-t-il fait valoir.
Mais le modèle québécois pourra être revu au cours de la révision du programme du parti. "Ce modèle n'est pas sacro-saint. Il n'est ni sacré, ni saint. Il faut l'examiner", a dit M. Landry.
Par ailleurs, le PQ devra améliorer sa performance auprès des communautés culturelles, a noté M. Landry. Il s'est d'ailleurs adressé brièvement aux délégués en espagnol, comme pour indiquer la voie.
L'accent du parti devra être mis d'autre part sur certaines régions, où les succès électoraux ont été faibles. M. Landry a nommé à cet égard la région de Chaudière-Appalaches, où le PQ n'a fait élire aucun député dans les huit comtés qui la composent. M. Landry s'est d'ailleurs nommé lui-même le parrain politique de cette région.
Selon le chef de l'opposition, avec son dernier budget, le Parti libéral s'est clairement campé à la droite dans l'échiquier politique, du même côté que l'Action démocratique de Mario Dumont.
Il sera donc plus facile pour le PQ d'occuper le centre et la gauche de l'échiquier. "Ce sera notre clientèle cible. Il faut que tous nos compatriotes progressistes se joignent à nous", a-t-il conclu.
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LETTRE À LUCIEN BOUCHARD
Redites-nous, cher Lucien
Guy BOUTHILLIER
La Presse dimanche 15 juin 2003
J’ai bien lu votre lettre parue récemment dans La Presse, intitulée La réconciliation, et suis ravi de vous voir de nouveau vous exprimer sur la place publique, et sur un point de relations internationales : s’il y a, en effet, un aspect qui témoigne de l’aspiration souverainiste, c’est bien que le Québec fasse entendre sa voix dans les affaires du monde . N’est-ce pas, en effet, cet appel du grand large qui distingue les souverainistes de ceux qui ne le sont pas?
Les États-Unis ne sont pas nos seuls voisins
Et s’il est vrai que l’une des premières conditions d’une politique étrangère réussie, c’est de connaître les Etats-Unis et de savoir ce que pensent leurs dirigeants, il ne m’apparaît pas moins important de se rappeler que notre continent comprend aussi le Canada anglais, et qu’ainsi ce n’est pas une simple relation à deux, mais bien à trois dans laquelle nous sommes engagés. C’est ce triangle continental, dont l’origine remonte au XVIIIe siècle, qui nous a façonnés, et marqué nos comportements et notre destin. Et s’il est vrai que les Etats-Unis n’ont cessé, depuis 1945, de monter en importance, il n’est pas moins vrai que le Canada anglais est là, lui aussi, - qu’il est, pour inverser l’une de vos expressions, un «vrai pays» -, et que s’il compte moins dans les affaires du monde, ce grand voisin, qui nous englobe à l’Est, à l’Ouest et au Nord, pèse autrement plus lourd sur notre vie politique, sur nos attitudes, et jusque sur la définition de notre sentiment national, comme en témoigne justement, et j’y reviendrai plus loin, cette habitude qu’ont bien des Québécois, y compris, malheureusement, de trop nombreux souverainistes,de ne se positionner face aux pays étrangers qu’en empruntant l’identité canadienne.
Garder la tête froide
Vous attachez beaucoup d’importance aux sentiments des Américains à notre endroit. Tout de même, ne nous laissons pas subvertir par les sentiments et ne permettons pas que des groupes d’intérêt québécois (ou canadiens) invoquent, contre notre libre arbitre, ou celui d’Ottawa, le «cœur gros» de George Bush ou «la tristesse et la peine» de l’opinion publique américaine. M. Cellucci lui-même est venu nous rassurer sur ce point. Et pour bien jauger la place des sentiments dans la conduite de la politique, rappelez-vous, cher Lucien, vous qui aviez été choisi en 1995 pour négocier le partenariat, quelle place vous leur auriez laissée dans vos rapports avec des dirigeants canadiens qui, eux aussi, à n’en pas douter, en auraient eu «gros sur le cœur».
Dire « non » n’est pas être « anti »
L’un des moindres instruments de puissance dont disposent les États-Unis n’est pas celui d’avoir réussi à forger un mot, à le répandre partout, pour ensuite le coller à tous ceux , honteux et coupables, qui osent s’opposer à leur volonté : «C’est de l’anti-américanisme !». (Heureux pays qui, dans ses rapports avec les autres, dispose d’une arme pareille.)
Certes, il y a, au Québec et au Canada, des gens qui sont «anti-américains». Mais refusons-nous, vous et moi, à nous servir de ce mot, de cette arme redoutable, pour critiquer des positions, par ailleurs fondées, prises au Québec, au Canada -- ou à Paris, Berlin, Moscou… --, simplement parce qu’elles n’agréent pas aux équipes du moment à la Maison Blanche ou au Pentagone. Un gouvernement peut fort bien dire non à un autre sans être hostile au peuple au nom duquel agit ce dernier : dire «non» ne veut pas dire être «anti». Le premier ministre du Québec et le chef de l’opposition peuvent se présenter à la télé avec, à la boutonnière, le ruban blanc de la paix, et nos concitoyens, par dizaines de milliers, descendre dans nos rues pour faire «échec à la guerre», bref, on peut fort bien s’opposer à une guerre sans être hostile au peuple au nom duquel cette guerre est conduite.
Répétons-le : dire «non» ne veut pas dire être «anti». Nous le savons bien, nous les souverainistes, qui n’avons jamais pensé que la position prise par Ottawa en 1980 ou en 1995, et soutenue par de nombreux Canadiens, était inspirée par un sentiment «anti-Québec» (Voyez! Contrairement aux Américains, nous n’avons pas de mot pour cela :antiquébécisme?). Comme nous ne pensons pas non plus, vous et moi, que ceux de nos concitoyens qui, en 1980 et 1995, ont dit NON à notre projet politique l’ont fait parce qu’ils étaient «antiquébécois».
De quel « nous » s’agit-il?
Dans une école, il y a, d’un côté, la cour des petits, de l’autre celle des grands. Dans la première, parmi tous ceux qui s’égayent sans y penser, certains déjà regardent de l’autre côté : ils ont hâte de « monter ».
Le Québec est cette cour des petits. Longtemps, y a-t-on joué sans même regarder plus loin. Mais, aujourd’hui, certains sont impatients d’aller se mesurer aux grands.
Ceux-ci sont comme les souverainistes, impatients de se projeter au delà de nos frontières provinciales et de faire entendre le nom du Québec dans les affaires du monde. Et, en attendant de le faire «pour vrai», ils se préparent, formulent des vœux en Assemblée nationale, manifestent dans les rues, vont à Porto Alegre, demandent à être reçus à Mexico… Bref, ils s’entraînent : «faire comme si», c’est déjà un peu «faire».
Cet entraînement à la vie du grand large, qui vient ébranler dans les esprits le cloisonnement provincial tracé en 1867 -- «à Québec la cour des petits, à Ottawa celle des grands!» --, est porteur de changement. Mais certains ont du mal à s’y mettre, qui n’osent s’aventurer au delà de la ligne de démarcation constitutionnelle sans jeter aux orties leur identité québécoise pour prendre celle du Canada. Certes, ils ne nieront pas le Québec, mais parce qu’ils le passent «sous silence», et le remplacent par un autre, c’est tout comme. Normale et usuelle quand il est question d’hôpitaux, d’écoles ou de routes, l’identité québécoise s’efface devant le Nous canadien quand il est question des choses du monde, et apparaît ainsi disqualifiée pour ces choses.
Cette impression, désagréable pour un souverainiste, je vous avoue l’avoir ressentie en lisant votre texte où il est question du Canada, mais jamais du Québec. Vous qui avez porté si haut et si bien illustré nos aspirations au dépassement, redites-nous, cher Lucien, que, pour les affaires du monde pas moins que celles de l’intérieur, votre NOUS est québécois.
En tout respect,
Guy BOUTHILLIER
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