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Fête nationale
Vieux refrains et jeunes chanteurs font bouillir la foule
Tristan Péloquin
La Presse mercredi 25 juin 2003
Environ 250 000 personnes survoltées ont envahi le parc Maisonneuve, hier, à l'occasion du 11e grand spectacle de la Fête nationale, où les bons vieux refrains bien de chez nous étaient à l'honneur, entrecoupés d'airs plus récents et d'un vibrant discours patriotique.
Après une brève allocution du président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Jean Dorion, réclamant paix, justice et liberté "pour notre peuple et pour tous les peuples du monde", France D'Amour, Ariane Moffatt et Richard Petit y sont allés d'un Mon pays bien vibrant, mélangeant rock, ska et reggae... rien de trop hivernal.
La foule avait déjà été réchauffée par les rythmes endiablés des musiciens de la Volée d'Castors qui, au son du violon, de l'accordéon, du banjo, de la mandoline et du piano, ont repris bon nombre de grands classiques du folklore québécois.
L'ambiance déjà bien installée, le chanteur Daniel Boucher, transformé en animateur pour l'occasion, a véritablement démarré le party en présentant Marc Déry, "un gars qui a choisi de faire ses affaires à sa manière". Sa chanson Ostie qui s'lève tard, visiblement appréciée par la foule, collait parfaitement à l'atmosphère chaude et humide de la soirée.
"Fait chaud!", a enchaîné l'animateur en guise d'introduction pour un pot-pourri de classiques d'été bien à propos, au cours duquel la jeune chanteuse Ariane Moffatt a bien su mettre sa voix en valeur.
Ce sont toutefois les guitaristes Steve Hill et Michel Cusson, accompagnés de Patrick Normand, qui ont véritablement volé la vedette avec leurs solos électrisants sur fond de rock-and-roll. Après un bref hommage à Félix Leclerc par Claude Gauthier, la foule a chaudement applaudi le Câline de blues de Steve Hill, qui préparait bien le terrain pour un pot-pourri de pièces d'Offenbach et pour l'arrivée de Michel Pagliaro et de son succès Les bombes.
Hommage à Bourgault
Entassés devant la scène, les fêtards ont aussi profité de l'occasion pour rendre hommage à un grand Québécois récemment disparu, Pierre Bourgault. Le défunt "orateur au verbe de feu", qui est apparu sur l'écran géant de la scène le temps d'un discours posthume, a d'ailleurs rendu la pareille aux Québécois. "Si j'ai pu dire tout ce que j'ai dit, et faire tout ce que j'ai fait, c'est parce que j'avais le peuple québécois derrière moi pour m'insuffler ce désir de m'exprimer", a lancé feu Pierre Bourgault, provoquant une longue salve d'applaudissements.
Les organisateurs de l'événement ont également fait vivre aux spectateurs un tout autre genre d'émotion en renouant avec la tradition des discours patriotiques, absents l'année dernière. Les spectateurs suspendus à leurs lèvres, les comédiens Marcel Sabourin, Marie Tifo et Hugo Saint-Cyr, représentant trois générations de Québécois, ont revendiqué "un Québec ouvert sur le monde, juste et accueillant. Un Québec où les drapeaux se battent seulement avec le vent."
Satisfaits dans l'ensemble du déroulement des festivités, les organisateurs de la Fête nationale ont par ailleurs indiqué que le défilé de la Saint-Jean-Baptiste, qui a lieu en soirée depuis quelques années, pourrait avoir lieu en après-midi l'an prochain. Aucune décision définitive n'a cependant encore été prise.
Dernière heure
Au moment de mettre sous presse, la police avait dû mal à contenir un grand nombre de fêtards passablement éméchés qui s'étaient réunis dans le parc du Mont-Royal, près du monument de Georges-Étienne Cartier, y commettant plusieurs actes de vandalisme.

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Fête nationale
Une célébration de plus en plus néo-québécoise
Laura-Julie Perreault
La Presse mercredi 25 juin 2003
LES EFFORTS déployés par la Société Saint-Jean-Baptiste pour faire davantage de place aux communautés culturelles dans les activités de la Fête nationale semblent porter fruits: les Néo-Québécois ont adopté la fête et y participent avec plaisir.
Il suffisait de parcourir à pied le circuit du défilé de nuit de la Fête nationale des Québécois, lundi soir, pour constater que la célébration n'est plus seulement l'affaire des Québécois catholiques d'expression française: les voiles des musulmanes y côtoyaient les camisoles fleur-de-lysées et les accents colorés.
Le couple Benites, originaire du Salvador, ne manque jamais les festivités des 23 et 24 juin. Parents de deux enfants en bas âge, ils ont un petit faible pour le défilé de nuit de la Saint-Jean.
"C'est plus familial que les anciennes parades sur la rue Sherbrooke. On peut aller jouer avec les enfants dans le Vieux-Port et assister à la parade après", soulignait Yuri Benites en jetant un coup d'oeil dans la poussette. Josua Isaac, quatre ans, et Josue Natanael, neuf mois, y attendaient patiemment le début du défilé.
Bon an, mal an, le couple célèbre son anniversaire de mariage en agitant le drapeau du Québec sur les trottoirs montréalais.
Et la fête du Canada? "Nous y allons aussi, tous les ans", ajoute l'épouse de M. Benites, Nuri.
Quelques pas plus loin, Vesma Neifer, arrivée de Tunisie il y a quatre ans, souriait de toutes ses dents en berçant ses deux jumelles, Rania et Rana, qui en étaient à leur première Fête nationale.
Selon elle, la Saint-Jean-Baptiste n'a rien de religieux ou de politique. C'est la fête de tous les Québécois, qu'ils soient nés au Québec ou qu'ils y vivent depuis deux mois.
"Ça fait quatre ans que je vis ici, ça fait quatre ans que je viens", a-t-elle fièrement affirmé à La Presse.
Même fidélité chez les Saibei, une famille originaire de Canton (Chine). Ils n'ont manqué aucun des défilés nocturnes. "Ce défilé représente la joie", notaient les trois membres de la famille, alors qu'ils étaient assis sur les marches du palais de justice.

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Les quartiers célèbrent la nation
Jeunes et vieux, originaires de l'Abitibi ou du Pérou, les Québécois ont sué à grosses gouttes pour saluer le drapeau
Geneviève Otis-Dionne
Le Devoir mercredi 25 juin 2003
Les Montréalais ont célébré hier la Saint-Jean-Baptiste sous un soleil de plomb dans une centaine de fêtes de quartier qui offraient différentes activités aux adultes et aux enfants pour souligner la Fête nationale. La chaleur intense qui pesait sur tout le Québec a découragé certains citoyens à se joindre aux festivités locales, mais de nombreux courageux, armés d'une bouteille d'eau, ont affronté la vague de chaleur pour festoyer en compagnie d'autres Québécois.
Les enfants, moins incommodés par la chaleur que les adultes semble-t-il, couraient d'une activité à l'autre dans les différentes fêtes. Maquillage, sculpture de ballons, concours de dessin, magiciens, clowns et jeux d'adresse divertissaient les petits. Dans de nombreux quartiers, des tuyaux d'arrosage ont été déployés pour rafraîchir les gens.
De la bière froide était également offerte aux adultes pour les aider à supporter la température élevée. Pour les fringales, les traditionnels hot-dogs grillaient sur les barbecues et les épis de maïs bouillaient dans d'immenses chaudrons. Des hommages au drapeau et des discours patriotiques étaient aussi au menu.
Des fêtes qui célèbrent la diversité culturelle
Plusieurs fêtes de quartier ont souligné la diversité culturelle de leurs citoyens. À Côte-des-Neiges, des artistes roumains ont fait vibrer la foule sous des airs typiques de leur pays. L'arrondissement Ville-Marie proposait aux Québécois de la musique latino-américaine et de la danse flamenco. Musique et danse hip-hop étaient à l'honneur à Ahuntsic, ainsi que de la danse africaine et haïtienne.
La fête du quartier Parc-Extension offrait un magnifique tableau de la diversité culturelle de ses résidants. La conseillère municipale Mary Deros participait aux festivités de son quartier. «Parc-Extension est un merveilleux quartier, a-t-elle souligné, et nous sommes très chanceux d'avoir 75 différentes communautés ethniques qui l'habitent. C'est beau de voir tout le monde venir participer à la fête.»
Riffat Khaen, une Québécoise d'origine indienne, était très fière de participer à la Fête nationale. «La Saint-Jean-Baptiste, c'est aussi notre fête. Notre communauté aime beaucoup les Québécois et notre objectif est de nous intégrer dans la communauté québécoise et de partager avec elle nos richesses.» Fanny Sanchez, d'origine péruvienne et Québécoise depuis seulement un an, ajoutait que «la Fête nationale, c'est aussi l'occasion pour les nouveaux arrivants de rencontrer les gens et de connaître davantage la culture québécoise».
Sayema Leez, responsable de la Société internationale du Bangladesh, abonde dans ce sens: «La Saint-Jean, c'est notre fête. Les festivités, c'est une chance pour les nouveaux immigrants de se mélanger avec les différentes cultures et les Québécois.» Assise sous un chapiteau pour se protéger du soleil, Mme Leez et plusieurs femmes de sa communauté offraient aux curieux de se faire peindre de très beaux motifs au henné sur les mains, comme c'est la coutume dans les pays sud-asiatiques lors des jours de fête.
Amir Khadir, candidat de l'Union des forces progressistes (UFP) lors des dernières élections dans Mercier, observe «qu'il y a une grande transformation en ce qui concerne la Fête nationale du Québec et c'est très appréciable. On remarque qu'il y a une plus grande inclusion et une plus importante participation des différentes communautés culturelles. Elles sentent qu'elles font partie d'un peuple, qu'elles sont impliquées dans la Fête nationale. C'est comme ça que l'on devient souverainiste ou attaché à un pays, poursuit M. Khadir. C'est quand, sur le plan affectif, on tisse des liens avec la communauté d'accueil dans des événements comme la Saint-Jean-Baptiste». M. Khadir participait avec d'autres membres de l'UFP à un pique-nique au parc Lafontaine.
Souligner la richesse de la culture québécoise
La musique québécoise était également à l'honneur dans plusieurs fêtes de quartier. Au parc Van Horne, La Grande Virée a fait danser la foule. Rue Saint-Viateur (entre Saint-Urbain et Jeanne-Mance) dans le Mile-End, des groupes québécois se sont succédé sur deux différentes scènes, pour le plus grand plaisir des promeneurs. À Hochelaga-Maisonneuve, un spectacle complet a été consacré à la chanson québécoise. Des audacieux ont également tenté quelques pas de danse québécoise folklorique sous l'oeil amusé de véritables connaisseurs dans différentes fêtes.
Véritable hommage au théâtre québécois, les résidants du Plateau Mont-Royal ont fait hier soir une lecture des Belles-Soeurs nichés sur leurs propres balcons. «Nous voulions rendre hommage à la culture québécoise et prendre possession pour la Fête nationale de ce qui nous appartient: la ruelle», explique l'organisateur de l'événement, André Bernard Guévin.
En soirée, certains résidants ont poursuivi les célébrations dans leur quartier, tandis que d'autres ont envahi le parc Maisonneuve pour le traditionnel spectacle de la Fête nationale à Montréal. La Volée d'Castors a réchauffé la foule avant l'arrivée de Daniel Boucher à 21h. Michel Pagliaro, France D'Amour, Ariane Moffat, Steve Hill, Richard Petit, Diane Tell, Patrick Normand, Michel Cusson, Sao et Claude Gauthier se sont succédé sur la scène en offrant des grands classiques, des succès actuels et des pots-pourris à la foule.
Daniel Boucher et Claude Gauthier ont salué le géant de l'Île, Félix Leclerc, qui est décédé il y a déjà quinze ans. Montréal a également renoué avec la tradition du texte patriotique, qui a été livré par Marcel Sabourin, Marie Tifo et Hugo Saint-Cyr. Les trois comédiens ont tracé l'évolution du Québec selon leur âge et leur regard.

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Une foule record repeint les Plaines en bleu fleurdelisé :
250 000 fêtards célèbrent la Saint-Jean-Baptiste
Violaine Ballivy
Le Soleil mercredi 25 juin 2003
Deux heures. La nuit est électrique. Il y a ce croissant de lune rouge qui se lève au-dessus de la Citadelle. Et il y a la rumeur d'une assistance record : 250 000 Québécois en proie à une douce folie nationaliste sont venus pointer le bout de leur fleurdelisé sur les Plaines. Pas de doute, on pouvait déjà affirmer que c'était l'une des Saint-Jean-Baptiste les plus réussies depuis longtemps.
Puis, aux aurores hier, le bilan on ne peut plus flatteur des autorités a confirmé ce que la foule avait pressenti. Grosso modo, selon les organisateurs et les policiers, un quart de million de personnes sont entrées sur le site de la fête, soit un peu plus du tiers de la population de la capitale. C'est du jamais vu. L'année dernière, pourtant, était mémorable, 160 000 personnes étaient venues, et 60 000 en 2001.
Toutefois, si le réveil a été si doux, c'est parce que cette armée de fêtards n'a pas ou prou fait de dégâts. Quelques escarmouches, quelques disputes ont éclaté, mais les commerçants des environs ont tous retrouvé leurs vitrines en un seul morceau.
Vers 15 h, une population hypnotisée par les Plaines se dirigeait déjà sur le site, son attirail de fête sous le bras : chaises pliantes, drapeaux, provisions et houblon. Des petits frimeurs en profitaient pour parader lentement au volant de leurs voitures étincelantes sur Grande Allée, testant du même coup la puissance de leurs haut-parleurs avec des chansons bien québécoises.
Les dernières inhibitions des fêtards sont tombées avec le soleil. 21 h a sonné l'heure des premières volutes de fumées bleutées, le joint qui circule de bouche en bouche pour finalement se perdre dans la foule. À l'extérieur des Plaines, c'était la cohue dans les rues. Jeunes et moins jeunes se découvraient des aptitudes au sprint contre la montre pour atteindre le réfrigérateur du dépanneur le plus proche avant 23 h.
Les policiers, eux, regardaient la scène, amusés. Pas un passant de plus de 16 ans ne se promenait sans une bouteille ou une canette de bière à la main, mais il ne leur venait même pas à l'esprit de leur coller une amende. Ils souriaient, tout simplement. Une image qu'on ne voit qu'une fois dans l'année. "Il y a tellement de monde. On ne peut pas commencer à avertir tout le monde. Il fait chaud, il y a beaucoup d'électricité dans l'air ce soir. On ne doit pas faire de provocation, il suffit d'une étincelle pour que cela dégénère", raconte un policier.
Au plus fort de la fête, on sentait bien que la ligne était très mince... Les voitures avaient peine à circuler sur le rond-point de la colline parlementaire, tellement la chaussée était encombrée de verre brisé et de canettes de bière écrasées.
"Et vous êtes tous encore là..." À minuit trente, quand Normand Brathwaite et sa bande ont quitté la scène, la foule n'a pas bougé, n'a pas déserté. Même qu'elle gonfle encore un peu avec l'arrivée de milliers de jeunes qui attendaient à l'extérieur du site le passage de leur groupe chéri : Les Cowboys fringants.
Puis les Plastic lite, une bande de joyeux lurons en habit de réparateur de lave-vaisselle des années 70, ont pris le relais. Les fêtards réchauffés, échauffés, suivent illico. Petit à petit, les effets de l'alcool se sont dissipés et, quand ils ont terminé leur dernier numéro, c'était mission accomplie. Ils leur en avaient donné plus qu'assez, et les derniers spectateurs, crevés, ne pensaient qu'à rejoindre leur lit ou la couverture la plus proche. Les policiers avaient évité la casse.
Au petit matin, le tableau est désolant. La lumière crue dévoile le dur combat qui a été mené avec la nature. La terre suinte l'alcool, les brins d'herbe sont durs à dénicher, recouverts par des milliers de détritus, des bouteilles et des canettes qui ont échappé au contrôle des services de sécurité du site.
Quelques badauds s'affairent dans cette petite mine d'or. Ils ramassent précieusement le moindre contenant intact, les corps morts de cette nuitée exceptionnelle. En deux ou trois heures, ils peuvent gagner ainsi "quelques centaines de dollars". D'autres jeunes, encore plus ambitieux, cherchaient leur second soulier égaré "quelque part sur les Plaines" au plus fort de la soirée...

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La nuit des Québécois
Alec Castonguay
Le Devoir mercredi 25 juin 2003
Ça fêtait fort le long de la rue Notre-Dame, lundi soir, à l'occasion du cinquième défilé nocturne de la Saint-Jean-Baptiste. Plus de 200 000 personnes ont envahi le Vieux-Montréal, entre les rues McGill et de Lorimier, soit 25 000 de plus que l'an dernier, selon l'organisation. Pour séduire les fêtards, les créateurs avaient mis l'accent cette année sur le jeu de lumière, question «d'éviter les trous visuels entre les différents tableaux».
À n’en pas douter, ce garçon était heureux d’être de la fête en participant au défilé de nuit.
Patrick Sanfaçon
C'est l'ancienne voix de La Bottine souriante, Yves Lambert, qui a eu l'honneur d'ouvrir le cortège avec le tableau Le Conteur. Assis au sommet de l'un des rares chars allégoriques du défilé, le chanteur semblait en grande forme. Mais, comme pour toutes les autres personnalités chargées de s'adresser à la foule, la piètre qualité du son rendait l'écoute particulièrement ardue. Certains passages étaient carrément cacophoniques, avec une musique qui l'emportait haut la main sur les paroles.
Les autres séquences étaient les suivantes : En marche pour la paix, avec des danseurs tout de blanc vêtus; Urbanité en musique, sur des airs de hip-hop; Images du pays, avec des projections de paysages sur une toile blanche; et Parler d'un pays, avec des discours toujours aussi inaudibles de Marcel Sabourin. Un spectateur a d'ailleurs fait remarquer que les mots pays et Québec se prononçaient toujours plus facilement lors de la fête nationale.
Près de 700 figurants ont pris place dans les différents tableaux, dont 333 danseurs, alors que plus de 350 bénévoles ont assuré le déroulement de l'événement. Des gens comme Marguerite Caron qui trouvent important de participer à la Fête nationale. Cette dernière faisait d'ailleurs partie du défilé pour la cinquième fois. «L'ambiance est géniale, dit-elle, quelques minutes avant le départ. C'est notre fête et je trouve important de mettre mon grain de sel.»
Chacun y a effectivement mis du sien. Comme c'est désormais la coutume dans ce genre de rassemblement, il est permis d'afficher ses couleurs. Les employés du Vieux-Port en lock-out, vêtus de vert, banderoles en main, en ont profité pour faire passer leur message. Un peu plus loin, quelques nostalgiques des Nordiques de Québec arboraient fièrement leurs chandails, alors qu'un optimiste y allait de sa preuve d'amour pour les Expos. Les drapeaux fleurdelisés sont toujours à la mode en ce jour de célébration et les vendeurs s'en donnaient à coeur joie. Particulièrement celui qui avait eu la bonne idée d'offrir l'emblème et une bouteille d'eau pour un seul prix ! La brise rafraîchissante qui soufflait sur le parcours a d'ailleurs fait grand plaisir aux spectateurs, puisque le mercure ne semblait pas vouloir fléchir.
Les danseurs étaient omniprésents lors du défilé qu’ont regardé environ 200 000 personnes.
Patrick Sanfaçon
Parmi la foule bigarrée, typiquement montréalaise, Alexandre Bastien et Geneviève Cantin avaient fait le voyage de Québec pour l'événement. «J'en ai beaucoup entendu parler et je me suis dit que je pouvais bien manquer le party sur les plaines d'Abraham cette année et venir fêter à Montréal», raconte Geneviève Cantin. Et le verdict ? «C'est un bel événement, même si j'aurais aimé plus de chars allégoriques. Les danseurs sont bons, mais ce n'était pas assez grandiose.»
Jonathan Deraspe, de Montréal-Nord, abonde en ce sens, même s'il a bien apprécié les thématiques qui introduisaient le musicien Tomàs Jensen et les groupes Mauvais Sort et Faux-Monnayeurs. Le défilé se terminait d'ailleurs avec des prestations musicales endiablées pour traverser minuit et clore l'événement la journée de la Saint-Jean-Baptiste... En se disant «À tantôt» pour le spectacle au parc Maisonneuve.

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Fête nationale
Charest affirme son nationalisme :
Il veut construire un "Québec d'inclusion"
Martin Croteau
Le Soleil mercredi 25 juin 2003
Le premier ministre Jean Charest a affirmé qu'il est un "nationaliste imbu de l'histoire du Québec", hier, à l'occasion de la Fête nationale. Devant quelque 450 diplomates, notables et membres du Parti libéral réunis au Musée national des beaux-arts, il a souligné le pluralisme véhiculé par la Saint-Jean-Baptiste.
"C'est une fête familiale ( ) qui doit être célébrée dans un esprit de conciliation", a déclaré Jean Charest, dont c'était le 45e anniversaire de naissance. Évoquant ses origines irlandaises, il a aussi fait l'éloge de la diversité de la nation québécoise. "À l'origine, la Saint-Jean-Baptiste était une fête pour les catholiques. Ensuite, elle en est venue à inclure tous les Canadiens français, puis tous les Québécois." Il a aussi dit vouloir construire un "Québec d'inclusion".
C'est la première fois depuis 1994 qu'un gouvernement fédéraliste dirige la province. Alors que la Fête nationale prenait une connotation politique évidente pour l'ancienne administration souverainiste de Bernard Landry, la situation n'a pas semblé embarrasser son successeur. "Je ne crois pas que les drapeaux du Canada et du Québec soient en contradiction", a-t-il souligné.
Fin mai, le premier ministre avait suscité moult réactions chez les nationalistes, alors qu'il s'était abstenu de prendre part aux activités de la Journée nationale des Patriotes. Il avait invoqué des engagements familiaux pour expliquer son absence. Il avait aussi critiqué la "récupération politique et partisane" de l'événement par le mouvement indépendantiste.
L'Allier en coup de vent
Parmi les invités, on trouvait les maires de Québec, Jean-Paul L'Allier, et de Lévis, Jean Garon, tous deux insatisfaits du projet de loi sur les défusions, proposé récemment par le gouvernement Charest. M. L'Allier a serré la main du premier ministre à son arrivée, mais il n'a posé à ses côtés que pour la photographie protocolaire. Il a quitté le cocktail immédiatement après.

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Une politique pour les enfants
Réjean Tessier; Richard Cloutier, Sylvie Drapeau, Simon Larose, Line Nadeau, Daniel Reinharz
Professeur titulaire en psychologie de l'enfant, École de psychologie, Université Laval
Le Devoir mercredi 25 juin 2003
Pour qui n'a pas connu l'histoire de l'organisation des services de garde au Québec, il est difficile de reconnaître la place actuelle des centres de la petite enfance (CPE). Cette lettre s'adresse aux dirigeants politiques qui, pour la plupart, n'ont pu participer à l'émergence des idées et des actions sociales et politiques qui ont donné naissance au réseau actuel des CPE. Notre actuel premier ministre avait à peine 10 ans.
Un combat
Au début des années 70, dans le tourbillon des mutations sociales qui ont abouti à une transformation des idées concernant le rôle de la famille et de l'État, sont nées les garderies. Non pas comme une réalité nouvelle car, déjà, des garderies avaient été mises en place durant la dernière guerre mondiale (début des années 40) pour permettre aux mères de contribuer à l'effort de guerre. Nous parlons plutôt ici des garderies qui sont nées des besoins des parents de travailler, de s'instruire ou de se donner des répits comme famille monoparentale.
À cette époque des projets PIL (projets d'initiatives locales) et des échanges de services de garde entre parents (entre mères principalement), les garderies étaient un combat. Un combat d'abord pour la reconnaissance du besoin de services de garde. À tous les niveaux, les parents (surtout les mères) ont eu à faire la preuve que les enfants «n'en souffraient pas trop». Dans les visions populaires et politiques, les garderies naissantes n'étaient guère mieux que les orphelinats dont le Québec se sortait à peine. Les chercheurs, basant leurs travaux sur les découvertes faites dans les années 50 dans les orphelinats anglais (John Bowlby), suggéraient la possibilité que les enfants, confiés durant leur très jeune âge à des soins non parentaux, souffrent de carence affective marquant le reste de leur vie. Il s'est avéré par la suite que, si c'était vrai dans le contexte des orphelinats de l'époque, ce ne l'était pas pour les garderies. Sur le plan politique, cependant, les garderies étaient encore perçues, il y a 30 ans, comme un service social au bénéfice des familles marginales.
Durant les années 70, les efforts des pionnières ont été graduellement reconnus, ce qui a donné naissance aux «garderies à permis» avec une double approche, soit les garderies sans but lucratif (SBL) et les garderies à but lucratif (BL). Les premières reposaient sur la participation des parents, majoritaires au conseil d'administration et très sollicités pour des travaux divers dans la garderie. C'étaient les garderies des parents qui louaient et, plus rarement, achetaient un local et une cour et y installaient leur équipement. Les garderies BL accueillaient les enfants, la plupart du temps dans la maison des gardiennes elles-mêmes, et étaient gérées par un conseil d'administration dont les parents étaient exclus ou non majoritaires. Dans les deux types de garderie, la formation du personnel n'était soumise à aucune règle et les conditions socio-sanitaires étaient minimalement contrôlées.
La reconnaissance
C'est dans le but de coordonner l'ensemble des divers services de garde qu'est né, au Québec, l'Office des services de garde à l'enfance (OSGE). C'était la première reconnaissance et le premier effort consenti par le gouvernement du Québec d'alors en vue de soutenir et de contrôler l'organisation des services de garde. On y a maintenu la distinction entre le «service de garde en garderie» pour désigner les garderies SBL et les «services de garde à but lucratif» pour désigner les garderies BL. La garde à domicile est toujours restée en dehors du contrôle de l'État.
La question du véritable bénéficiaire des services de garde s'est imposée à la fin des années 70: est-ce un service social à la famille ou un service éducatif pour les enfants? On savait déjà, à cette époque, que la garde partagée entre les parents et des adultes non apparentés ne créait pas de dommage sur le plan du développement social, émotif ou cognitif de l'enfant, à la condition que le service de garde soit de qualité. Mais qu'est-ce qu'un service de garde de qualité? Cette tâche de définir la qualité (et de la maintenir) fut un des principaux mandats de l'OSGE. Ce qui donna lieu à un ensemble de règles concernant la gestion des espaces, de la sécurité et l'ébauche d'un programme éducatif comprenant notamment la formation des personnes qui, de «gardiennes», acquirent le statut d'éducatrices en garderie. En même temps, l'évolution des idées relatives à la place de l'enfant dans la société conféra à ce dernier un statut de «citoyen à part entière» et appuya le principe de la démocratisation des opportunités de développement. Ceci implique une politique éducative cohérente qui favorise les services de garde comme milieu de développement et implique les parents comme partenaires majeurs dans cette entreprise.
L'aboutissement
Les CPE sont issus de cette longue démarche. Ils ont un projet éducatif et s'appuient sur la participation des parents, qui est largement reconnue comme incontournable dans les programmes d'éducation aux jeunes enfants. Les parents, par leur implication, servent à unifier les deux milieux de vie de l'enfant (garderie et maison) et l'aident ainsi à transférer les acquis d'un milieu à l'autre. Pour reprendre l'expression de Urie Bronfenbrenner, le maintien des liens entre la famille et le milieu éducatif favorise la transition écologique, c'est-à-dire le passage d'un milieu à l'autre et le transfert des acquis. Les parents ont déjà une place reconnue et un rôle déterminant dans les conseils d'établissement scolaire et cette place est au moins aussi importante dans les conseils d'établissement en CPE.
Les CPE ont contribué à démocratiser les conditions de travail des éducatrices et, en dépit de revendications non encore terminées concernant certaines mesures comme l'équité salariale, ils ont valorisé les personnes et le rôle déterminant qu'ils jouent dans le développement des enfants. La qualité du milieu éducatif est centrée sur la qualité du personnel éducatif, sur leur formation, leur expérience et leur implication dans le milieu de travail. Ces caractéristiques auront plus de mal à se maintenir dans un environnement qui échapperait au contrôle des parents et de l'État. Si les milieux de garde se développent sans égard à la surveillance de la qualité du personnel. On risque un retour à des conditions de travail négociées à la pièce comme ce fut le cas il y a 30 ans au Québec.
L'organisation des CPE a fortement contribué au développement d'un programme éducatif en milieu de garde. Les garderies ne sont plus qu'un service à la famille; elles combinent un service éducatif aux enfants. Bien que, contrairement aux écoles, même au niveau préscolaire, l'on accorde toujours un rôle prioritaire à la garde par opposition à l'éducation, les centres de la petite enfance sont un milieu d'éducation. Par le programme d'activités, par la structure des groupes d'âge, par le nombre limité d'enfants par groupe, les CPE fonctionnent comme un milieu dédié à l'éducation des jeunes. Les enfants y font des apprentissages qu'ils ne feraient pas en milieu familial, ne serait-ce que l'apprentissage à la vie en société, à la résolution des conflits entre pairs qui ne peuvent se produire ailleurs que dans un groupe social.
Un dernier pas à franchir
Tant que l'on considère les services de garde comme un service pour les familles «qui ne peuvent faire autrement», on ne voudra pas construire une organisation avec une accessibilité universelle. Dans l'état actuel des connaissances, on sait que la fréquentation en jeune âge d'un environnement extra familial pendant une période de la journée ne crée pas de problèmes particuliers aux enfants. On sait aussi que les enfants peuvent tirer profit de cette fréquentation et y acquérir une richesse en matière d'habitudes de vie, de comportement sanitaire et de socialisation qui peuvent avoir des répercussions durant les années futures. La fréquentation d'un service de garde s'assimile davantage à une approche préventive pour les enfants qu'à une approche de pis-aller pour les parents. Mais l'utilisation d'un service éducatif durant la petite enfance ne remplace pas la famille, elle l'accompagne. La contribution des parents reste essentielle.
L'instauration des CPE à 5 $ et l'ouverture d'un grand nombre de places (bien qu'encore insuffisantes) ont facilité l'accès, pour les enfants de toute origine, à ce service. Mais il reste un autre grand pas à faire: celui de l'accessibilité universelle et de la gratuité. Comme les classes de la maternelle à cinq ans, l'accessibilité est universelle sans être obligatoire. Mais la maternelle est «instituée», c'est-à-dire reconnue comme un bien souhaitable et soutenue par l'État. C'est ce qui reste à faire pour parachever le travail entrepris il y a 40 ans au Québec.
Les CPE représentent un acquis social et éducatif qui fait l'envie des autres provinces du Canada et de plusieurs pays occidentaux. Cet acquis résulte des efforts soutenus qu'ont consentis plusieurs gouvernements de partis différents au cours des dernières décennies. Les tergiversations actuelles quant au coût des CPE, à 5 $ ou 6 $, ou plus ou moins selon les conditions des parents, ne font que masquer le véritable enjeu et retarder la mise en place inéluctable d'un service éducatif accessible à tous les plus jeunes. Laissera-t-on passer cette chance d'établir une politique pour les enfants?

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Obstacles en vue
Gilbert Lavoie
Le Soleil mercredi 25 juin 2003
Éditorial - Après la mise en place de son équipe, un discours inaugural et un premier budget, un nouveau défi attend Jean Charest à compter d'aujourd'hui. Les ministres provinciaux des Finances se réunissent ce soir et demain à Ha lifax en vue des grandes manoeuvres que les provinces comptent entreprendre pour convaincre le gouvernement fédéral de délier sa bourse. Et le premier ministre Charest, qui a promis de donner au Québec un leadership fort sur la scène canadienne, n'a pas le droit à l'échec. Il doit démontrer qu'il peut obtenir de meilleurs résultats que le gouvernement précédent.
M. Charest ne sera pas à Halifax. C'est le ministre Yves Séguin, qui y représentera le Québec. Mais la réunion mettra la table à la rencontre que les premiers ministres auront à Charlottetown au début juillet. Or l'agenda des ministres montre à quel point il sera difficile de réconcilier les intérêts de tout le monde.
On connaît bien la dynamique des relations fédérales-provinciales. Aujourd'hui, à Toronto, le ministre des Finances, John Manley, fera une mise à jour de la situation budgétaire du fédéral. Traduction: Ottawa n'est pas aussi riche qu'on le prétend. Le gouvernement fédéral vient de réviser ses prévisions économiques à la baisse et M. Manley a déjà fait savoir aux provinces qu'il ne peut donner la garantie qu'elles toucheront les 2 milliards $ supplémentaires pour la santé, qu'il leur a fait miroiter à la dernière rencontre des premiers ministres en janvier. Cette enveloppe supplémentaire est conditionnelle aux surplus de fin d'année du fédéral.
Or le gouvernement central a la méchante habitude de sous-estimer constamment ses revenus. Et cette année, tout le monde admet que la croissance sera moins forte que l'an dernier, et que les perspectives de relance de l'économie américaine ne sont pas reluisantes.
Dans un tel contexte, le plus grand danger qui guette les provinces est de se quereller sur le partage des quelques milliards $ de surplus que le fédéral voudra bien redistribuer. Déjà, l'Ontario est en demande pour l'aider à combattre le SRAS. Queens Park a rejeté jeudi dernier une offre de 250 millions $ d'Ottawa, et soutient que l'épidémie lui coûte 1 milliard $. L'Alberta est également en demande pour l'aider à contrer la maladie de la vache folle. Un autre 500 millions $. Ces deux provinces demanderont d'amender le programme fédéral d'aide financière dans les situation d'urgence, afin d'y inclure les situations comme celle du SRAS. À l'autre bout du pays, les provinces atlantiques vivent une crise dans les pêcheries et sont dans une situation budgétaire très précaire. Elles aimeraient qu'Ottawa efface la facture qui les guette à cause des nouvelles données sur le recensement ; ces mêmes données qui risquent de priver le Québec de quelques centaines de millions $.
Si le gouvernement fédéral saupoudre ses milliards $ à gauche et à droite, il réduira d'autant sa marge de manoeuvre face aux demandes communes des provinces sur le déséquilibre fiscal ou la santé.
Au fond, la situation qui attend Jean Charest ressemble comme deux gouttes d'eau à celle qu'il a vue de près lors des tentatives du gouvernement Mulroney d'amender la Constitution. Le panier d'épicerie de chaque province devient un tel fardeau qu'il bloque la possibilité d'ententes sur les grands enjeux.
Jean Charest parviendra peut-être à convaincre ses homologues de créer un Conseil de la fédération et un Bureau de la négociation sur le déséquilibre fiscal. Mais les structures ne règlent pas grand-chose si elles ne sont pas animées par un leadership convaincant. M. Charest a promis d'assumer ce leadership. Il aura sous peu l'occasion de faire ses preuves.

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Il ne faut pas jeter le bébé...
Québec doit éviter que d'autres entreprises comme ICT
aillent s'établir au N.-B. plutôt qu'ici
Yvon Cyrenne
La Presse mercredi 25 juin 2003
AVANT DE PARLER des zones de commerce, de la Cité du multimédia et de la Cité du commerce électronique, qui font présentement les manchettes alors que le gouvernement du Québec, par la voie de son budget du 12 juin, vient de mettre un terme aux mesures fiscales incitatives pour ces sites, je crois qu'il est bon de faire l'historique de ces zones et cités afin de bien comprendre dans quel but elles ont été créées.
En 1995-1996, la Ville de Montréal, Montréal International et d'autres intervenants avaient décidé de participer activement et financièrement au processus du choix des 25 meilleures villes d'Amérique du Nord pour relocaliser une entreprise et/ou une partie de ses opérations selon le très influent Fortune Magazine. Soit dit en passant, à ce moment-là, selon cette publication, Toronto faisait partie des 10 meilleures villes en Amérique du Nord. Ce processus de sélection fut effectué sous la gouvernance de Arthur Andersen pour le compte de Fortune Magazine.
Mais les résultats de cette étude, bien que fidèles, furent décevants du fait qu'il manquait à Montréal un programme de soutien ou d'appui dans les secteurs en pleine émergence, comme le multimédia et les technologies de l'information. À la suite de cette étude, la Ville de Montréal et Montréal International décidèrent de présenter un document et des recommandations aux gouvernements fédéral et provincial visant la mise en place d'un programme de soutien dans la région de Montréal pour les secteurs du multimédia et des technologies de l'information.
Ce document, intitulé Centre d'informatique et de technologies de l'information- rapport préliminaire novembre 1996, a été préparé et présenté aux autorités gouvernementales par la Ville de Montréal, Montréal International et certains intervenants du milieu. Le gouvernement du Québec accepta d'introduire une mesure fiscale dans son budget du 25 mars 1997, soit la mesure CDTI (40 % des salaires admissibles sur un maximum de trois ans, maximum 15 000 $ par employé) comme programme de soutien aux secteurs du multimédia et des technologies de l'information, comme notre rapport préliminaire mentionné ci-dessus le recommandait. La Cité du multimédia était née!
Malheureusement, le gouvernement du Québec avait ignoré les recommandations suivantes du groupe d'étude:
Le site du CDTI, renommé la Cité du multimédia, serait situé dans le Technoparc de la Ville de Montréal sur un terrain de trois millions de pieds carrés et comprendrait un stationnement, une cafétéria, un service de transport en commun et d'autres services auxiliaires et non le site actuel situé dans le Vieux-Montréal.
Les emplois admissibles aux crédits d'impôt remboursables devaient être de nouveaux emplois en provenance de l'extérieur du Québec.
Pour conclure sur ce sujet, je suis persuadé que si l'on respecte les critères d'admission originalement établis et énumérés ci-dessus, les abus seront grandement réduits et l'objectif principal de la Cité du multimédia sera rétabli, soit devoir mettre en place des mesures fiscales compétitives pour attirer de nouveaux emplois des secteurs du multimédia et des technologies de l'information au Québec.
Zone de commerce électronique
Cette zone, créée il y a environ un an et qui jouit de crédits d'impôt remboursables, a pour objectif de faire compétition à l'Ontario et au Nouveau-Brunswick dans le secteur des centres d'appels, des centres contacts clients et des centres de commerce électronique. Je suis personnellement impliqué dans le démarchage de nouveaux clients pour cette zone par l'entremise d'une entreprise appelée Techno-Transit dont un des actionnaires est une entreprise américaine d'envergure qui dessert directement ou indirectement la majorité des entreprises du Fortune 500.
La zone couvre une partie importante du centre-ville de Montréal. Les propriétaires d'édifices situés à l'intérieur de cette zone se font compétition afin d'offrir à des clients potentiels les meilleurs termes de location, ce qui rend la zone plus compétitive relativement aux loyers. Plusieurs entreprises y sont localisées et la zone était en voie de devenir un grand succès.
Des critères sévères sont applicables à la zone pour les crédits d'impôt remboursables de 35 %:
Les emplois doivent être nouveaux et provenir de l'extérieur du Québec;
Aucun appel outbound, comme du télémarketing, n'est admissible;
Les emplois administratifs ne sont pas admissibles.
La zone a un excellent potentiel pour la création d'emplois et elle l'a démontré durant la dernière année. Sans le crédit d'impôt remboursable et les autres incitatifs fiscaux abolis lors du dernier budget provincial, la zone cessera d'exister, car elle ne sera plus compétitive avec les programmes du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario.
Enfin, on se doit de parler de la Cité du commerce électronique qui, dès sa création, a baigné dans la controverse, n'ayant jamais pu justifier son existence et dont les coûts pour les contribuables québécois pourraient dans le futur dépasser les 100 millions de dollars (voir les cinq décrets dont a bénéficié cette cité en 2000 et 2001). La Cité du commerce électronique a créé peu de nouveaux emplois en permettant principalement à certaines grandes sociétés de transférer des emplois existants d'un côté de la rue à l'autre ou des emplois qui provenaient de clients de ces entreprises. Cette relocalisation a permis à ces entreprises de jouir de crédits d'impôt remboursables sur ces emplois tout en jouissant de termes de location que l'on peut qualifier de favorables comparés à ceux de la Cité du multimédia, et ce, grâce aux subventions accordées à cette cité pour des raisons qui demeurent inconnues.
Le nouveau gouvernement du Québec, dont le slogan est "Je suis prêt", doit maintenant en faire la preuve et annoncer de nouvelles mesures incitatives afin de rétablir la compétitivité du Québec dans les secteurs du multimédia, les centres d'appels, les centres contacts clients, permettre ainsi la création future d'emplois au Québec et éviter que d'autres entreprises telles que ICT Corporation rejettent le Québec comme emplacement en faveur, dans le cas présent, de Bathurst, au Nouveau-Brunswick et les 300 emplois que ce projet générait et ce, faute de mesures incitatives. En d'autres mots, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau souillée de son bain.

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Museum of political history is a good idea
L. IAN MACDONALD
The Gazette Wednesday, June 25, 2003
Jean Chrétien's decision to convert the federal conference centre in Ottawa into a political museum has been criticized by curators who would rather have the money for their own purposes and dismissed by pundits as just another one of the prime minister's legacy projects.
They're not wrong about museums being underfunded in Canada or the PM being preoccupied with his legacy. But that doesn't make it a bad idea. Rather, it is a good idea, long overdue, in a country that doesn't do nearly enough to encourage the study of our political history and that does virtually nothing to encourage prime ministerial scholarship.
The truth is, Canada does a lousy job of looking after prime ministers when they leave office and nothing to enable serious study of their tenure in office.
Where former American presidents are given generous office space, usually in federal buildings, former Canadian prime ministers are entirely on their own. Thus, when Harry Truman returned to Missouri after leaving the White House 50 years ago, he was given a suite of offices in Kansas City for himself, and an entire floor for his papers. There, he wrote his memoirs and planned his presidential library. It's been the case with every president since - from Dwight Eisenhower to Bill Clinton.
Not in Canada, you say? Pity. When Pierre Trudeau, John Turner and Brian Mulroney left office, they took their own space as partners in Toronto and Montreal law firms.
Trudeau and Mulroney were given a small office at the National Archives of Canada, the help of two assistants and a couple of years to catalogue their papers, which have since been stored in a warehouse in Gatineau. Trudeau never got around to writing a serious memoir of his 15 momentous years in office, partly because he had no help. Mulroney hasn't got around to it yet, either, for the same reason.
But if a scholar or author wanted to look at an important event during the Trudeau or Mulroney years, he couldn't just show up at the archives and ask to see a speech draft or a memo to the prime minister. He'd have to make an appointment, and he would be looking at paper in isolation rather than in context.
By contrast, presidential scholarship is an important branch of public policy in the United States. Presidential scholars, from James MacGregor Burns and Arthur Schlesinger in one generation to Alan Brinkley and Michael Beschloss in the next, are leading authorities on the issues confronting American presidents and the quality of their leadership.
And when someone wants to study the modern American presidency, he has only to visit the libraries of each president, now also available in cyberspace.
From Roosevelt's time, the American tradition has been that former presidents raise the money to build their libraries and then donate them to the nation through the national park service, which runs them.
In Canada, we have nothing of the kind, except for the John Diefenbaker Centre, housing his papers at his alma mater at the University of Saskatchewan in Saskatoon, where he is buried nearby. We've missed an important opportunity to develop our own network of prime ministerial libraries, perhaps based on the Diefenbaker model of basing them at their alma maters. If there were a Trudeau library at Université de Montréal, a Chrétien library at Université Laval, a Mulroney library at St. Francis Xavier University, then we could develop some prime ministerial scholarship worthy of the name.
Chrétien deserves full marks for an important initiative. Now we also need something like a Prime Ministers Act to assure that when they leave office, they have a place to go to write their memoirs and help in writing them.