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Actualité
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SGF : Blanchet part avec une mauvaise note
Denis Lessard
La Presse vendredi 6 juin 2003
Québec - La Société générale de financement ( SGF ) présente un bilan négatif pour 2002, un rendement de moins 7,9 % presque aussi mauvais que celui de la Caisse de dépôt, qui avait comme excuse les lourdes pertes dans l'achat de Vidéotron et l'éclatement de la bulle des hautes technologies.
Sur une moyenne de cinq ans, les années Blanchet à la barre du bras investisseur du gouvernement du Québec sont à peine positives: un rendement de 1,1 % en moyenne depuis 1998, ont confirmé hier à La Presse deux sources proches de la SGF.
La Caisse de dépôt a atteint moins 9 % pour la dernière année, surtout à cause de la transaction avec Quebecor pour l'acquisition de Videotron. Mais à sa première année de direction, le président, Henri-Paul Rousseau, en a aussi profité pour faire le ménage et radier un maximum d'éléments d'actif douteux, essentiellement dans le secteur des hautes technologies.
Or, rien de tel ne s'est produit à la SGF, a-t-on confié. L'organisme conserve toujours dans son portefeuille plus de 250 millions d'actions de SGF Tech, qui devraient en bonne partie être radiées, parce que la plupart ne valent plus rien.
Un spécialiste de ce secteur qui évaluerait ce portefeuille de hautes technologies, secteur fragile par excellence, radierait rapidement la plupart des investissements.
À la SGF, la porte-parole, Sylvie Brousseau, a refusé de commenter ces chiffres, soulignant que le rapport annuel de l'organisme n'avait pas été déposé à l'Assemblée nationale. Au cabinet du ministre du Développement économique, Michel Audet, on a fait savoir que la SGF n'avait toujours pas transmis ces informations, adoptées pourtant à la réunion du conseil d'administration de l'organisme, deux jours après les élections du 14 avril.
Selon le spécialiste Jean-Marc Suret, directeur de l'École de comptabilité de l'Université Laval et professeur en finances, Claude Blanchet mérite une note bien moyenne: "Les dernières années n'ont pas été très glorieuses." Sur cinq ans toutefois, ce n'est pas catastrophique, à quelques points au-dessous des organismes qui font de la grande capitalisation, "mais le gouvernement aurait fait beaucoup plus en n'empruntant pas pour injecter ces fonds dans la SGF". L'avoir des actionnaires à la SGF était de 2,34 milliards en 2001, alors qu'il était de 1,1 milliard en 1998. M. Suret relève que ces injections ont contribué à augmenter de 11 milliards sur cinq ans la dette cumulée du Québec, dont 2,3 milliards en 2002.
Durant tout le mandat de Claude Blanchet, le coût relatif des fonds- loyer moyen de l'argent sur la période évaluée- était l'étalon avec lequel la SGF devait évaluer son rendement. M. Blanchet se faisait fort de ramener à Québec plus d'argent que n'engouffraient les fonds injectés par le gouvernement à la SGF.
Or, pour les cinq ans où la SGF a ramené 1,1 % sur des injections de plus de un milliard versées par le gouvernement, on aurait épargné des intérêts de 5 ou 6 % par année si Québec n'avait pas eu à emprunter ce milliard destiné à la SGF.
Si on compare le rendement de la SGF au marché boursier, les années Blanchet paraissent plus acceptables- l'indice S&P-TSX a baissé de 1,27 % entre 1998 et 2002. Les deux dernières années ont montré un rendement négatif d'environ 14 % chacune, mais 2000, et surtout 1999, ont offert de costauds rendements de 6 % et de 29 %. La SGF ne s'est jamais elle-même comparée au marché boursier.
À son arrivée à la SGF en 1997, Claude Blanchet a reçu les clés d'une société qui avait réalisé un rendement de 15,7 % les cinq années précédentes. L'année suivante, cette moyenne quinquennale a baissé à 15 %, puis à 7,2 %, à 5,4 % et à 1,1 % de moyenne sur cinq ans en 2002. Les rendements annuels de la SGF sous Claude Blanchet ont aussi constamment diminué. De 13,9 % pour sa première année- à cause de l'administration précédente-, les rendements ont ensuite dégringolé à 6,7 % puis à 8,4 % et à 3 %. Pour 2001 on était à moins 4,1 % et finalement à moins 7,9 % pour 2002.
Les chiffres du rendement pour 2002 ont été soumis au comité de vérification de la SGF avant le départ de Claude Blanchet. Ils n'ont pas encore été transmis au ministre du Développement économique. Pour expliquer ces chiffres, des collaborateurs de M. Blanchet soulignent qu'ils reflètent la radiation de 200 millions à laquelle la SGF a dû procéder quand Noranda a retiré ses billes du projet d'usine de magnésium Magnola, à Asbestos, où la minière était largement majoritaire.
Mais ce sont les ventes d'éléments d'actif dans Alouette, Domtar, Phillips, Fitel, Patrimoine des eaux du Québec, Composts du Québec et Préverco qui auront permis à la SGF d'obtenir l'an dernier 481 millions de recettes.
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Renvoi de Claude Blanchet: Landry a la "mémoire sélective"
Hélène Baril
La Presse vendredi 6 juin 2003
EN SE PORTANT à la défense du président de la Société générale de financement congédié par Jean Charest, l'ancien premier ministre Bernard Landry oublie que son gouvernement a fait la même chose et même pire avec le président de Domtar lorsqu'il a pris le pouvoir en 1994.
"On dirait que M. Landry a la mémoire à la fois courte et sélective", rappelle Richard Le Lay, qui était vice-président aux affaires corporatives chez Domtar en 1994 quand son patron, Pierre Desjardins, a été mis à la porte.
Richard Le Lay s'en souvient très bien. "Les manoeuvres pour congédier Pierre Desjardins et Paul Gobeil, alors président du conseil de Domtar, ont commencé quelques jours seulement après l'élection du gouvernement dirigé par Jacques Parizeau, précise-t-il. Son ministre des Finances était Jean Campeau, et Bernard Landry était ministre de l'Industrie et du Commerce."
Bernard Landry a dénoncé plusieurs fois le traitement "injuste" qui a été réservé à Claude Blanchet. Il a soutenu que lorsqu'il avait pris le pouvoir, son gouvernement avait laissé en poste le président de la SGF de l'époque, Marc Fortier, jusqu'à la fin de son mandat. "Allez demander à M. Fortier si je l'ai traité en vaurien. M. Fortier est resté en place durant trois ans. Je l'ai traité comme un grand gestionnaire public, ce qu'il était", a répété Bernard Landry sur plusieurs tribunes.
L'ancien vice-président de Domtar estime que ces propos doivent être corrigés. "C'est vrai qu'il a laissé Marc Fortier en place, mais c'est parce que son gouvernement en avait besoin pour orchestrer le putsch du conseil d'administration qui a mis Pierre Desjardins à la porte", explique-t-il.
La SGF et la Caisse de dépôt étaient les principaux actionnaires de Domtar. C'est sur les directives de ces deux actionnaires gouvernementaux que le conseil d'administration de Domtar a décidé de mettre à la porte le président de l'entreprise, en même temps que le président du conseil, Paul Gobeil, un autre sympathisant libéral. Trois membres du conseil indépendants du gouvernement, Bernard Roy (Ogilvy Renaud), Gordon Bell (un ex-dirigeant de la Banque Scotia) et Robert Després (actuellement président du conseil de Cinar) s'étaient opposés à ce coup de force, mais en vain.
Le gouvernement péquiste avait même refusé de payer les indemnités de départ prévues au contrat de Pierre Desjardins, rappelle Richard Le Lay, et refusé la démission que Paul Gobeil avait présentée. "Ils aimaient mieux le congédier", soutient-il. Selon lui, la compétence des deux hommes ne pouvait pas être mise en doute, puisque leur intervention a sauvé Domtar de la faillite. Peu avant le départ de ces deux dirigeants, Domtar avait recommencé à faire des profits.
Le contrat du président-directeur général, Pierre Desjardins, prévoyait le paiement de trois années de salaire, soit 1,7 million. Paul Gobeil, pour sa part, avait droit à 450 000 $. Les deux ont poursuivi le gouvernement pour obtenir leur dû. Dans sa poursuite, Paul Gobeil réclamait les 450 000 $ prévus à son contrat, plus 300 000 $ pour atteinte à sa réputation. Pour sa part, Pierre Desjardins voulait les trois années de salaire auxquelles il avait droit en vertu de son contrat, plus les primes de rendement et les options d'achat d'actions qui lui avaient été octroyées. Au total, M. Desjardins réclamait 6,5 millions au gouvernement québécois.
Le tout s'est réglé à l'amiable cinq ans plus tard, à des conditions restées confidentielles. Chose certaine, selon Richard Le Lay, le règlement à l'amiable a coûté beaucoup plus cher au gouvernement québécois que le paiement des sommes prévues aux contrats de Pierre Desjardins et de Paul Gobeil.
Le vice-président aux affaires corporatives de Domtar a été congédié à son tour un an après ses patrons. Richard Le Lay dirige aujourd'hui Gesplani, une petite firme de consultation.
Le président de la SGF, Claude Blanchet, a démissionné et reçu le paiement de l'année de salaire prévue à son contrat, soit 257 000 $, plus une rente bonifiée de 80 000 $ par année pour le reste de sa vie.
Curieux retour des choses, c'est Pierre Desjardins qui est aujourd'hui pressenti par le gouvernement de Jean Charest pour remplacer Claude Blanchet à la tête de la SGF. Après avoir passé quelques années aux États-Unis après l'épisode Domtar, Pierre Desjardins est revenu au Québec. Il a été choisi par Robert Després pour faire partie du nouveau conseil d'administration de Cinar.
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Rapport sur les finances publiques : Guy Breton ne comparaîtra pas devant les parlementaires
Robert Dutrisac
Le Devoir vendredi 6 juin 2003
Québec - Le premier ministre Jean Charest n'était pas sérieux lorsqu'il a affirmé au cours de la période de questions à l'Assemblée nationale que l'ex-vérificateur Guy Breton comparaîtra devant les parlementaires pour expliquer son rapport sur les finances publiques du Québec.
M. Charest répondait à une question du chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, qui avait annoncé son intention d'inscrire au feuilleton une motion pour que M. Breton comparaisse devant la Commission des finances publiques dans quelques jours, avant le dépôt du budget. «Le chef de l'opposition officielle veut de la transparence? Il va en avoir. Et, au moment où on fera comparaître M. Breton, on parlera de tout, toute la situation des finances publiques», a dit M. Charest.
Plus tard cependant, le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, a indiqué que les libéraux refusaient d'accorder leur consentement pour que cette motion puisse être adoptée. Au cabinet de M. Charest, on s'est réfugié derrière le règlement de l'Assemblée nationale qui veut qu'une telle motion ne puisse être débattue lors de la session intensive mais plutôt au cours de la session normale, qui ne commence qu'en octobre. Comme il n'y a pas eu consentement, M. Breton ne sera pas entendu en commission parlementaire puisque l'exercice devient inutile s'il doit se tenir après le dépôt du prochain budget par le ministre des Finances, Yves Séguin.
Selon M. Landry, la comparution de M. Breton aurait permis «d'établir de façon claire et nette la mascarade abusive dont fut l'objet son rapport». Le premier ministre a commis un «abus de langage flagrant» en parlant d'un trou de quatre milliards, a dit le chef péquiste, alors que M. Breton ne parlait que de risques.
De son côté, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a demandé au premier ministre de s'engager à procéder au même exercice qu'a fait M. Breton afin d'évaluer, avant le déclenchement des prochaines élections générales, l'état des finances publiques du Québec. Ce serait là une façon de prouver que l'exercice auquel s'est livré l'ex-vérificateur n'était pas «du théâtre de début de mandat pour dégager de la marge de manoeuvre» mais qu'il traduit plutôt «une volonté sincère, réelle, de transparence». M. Charest a répondu que son gouvernement fera preuve de transparence tous les jours, non pas seulement au début, au milieu ou à la fin de son mandat.
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C'est «mal parti» pour les libéraux, dit Landry
Tommy Chouinard
Le Devoir vendredi 6 juin 2003
Québec - Avec un discours inaugural axé sur l'affrontement, le premier ministre Jean Charest amorce son mandat dans l'inquiétude et permet ainsi au Parti québécois de se rapprocher un peu plus du pouvoir, estime le chef de l'opposition, Bernard Landry.
«Nous sommes assis de ce côté-ci de la chambre, mais je sais que, pour nous, le retour de l'autre côté a commencé. Et il est commencé sous les auspices rassembleurs et non pas de confrontation, de rupture de dialogue, de mesquinerie et de réduction de nos institutions collectives et de notre appareil public», a affirmé Bernard Landry hier lors de sa réplique au discours inaugural prononcé mercredi par Jean Charest devant l'Assemblée nationale. Si le gouvernement dispose de quelques «jours de grâce» à la suite de son élection, Bernard Landry estime que le mandat libéral est «mal parti». «En 50 jours, vous avez écrasé le prestige d'une des belles marques du Québec contemporain: la concertation socioéconomique dans une société avancée, et vous l'avez remplacée par la confrontation socioéconomique dans une société qui porte son regard vers le passé et qui, au lieu de reprendre les espoirs de la Révolution tranquille, veut s'attaquer aux plus belles réalisations de cette période de notre histoire», a-t-il l dit
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Défusions municipales : Fournier déposera deux projets de loi Le ministre des Affaires municipales attend les propositions des maires pour favoriser l'adhésion
Simon Boivin
Le Soleil vendredi 6 juin 2003
Le ministre Jean-Marc Fournier ne présentera pas un seul projet de loi sur les défusions mais bien deux, dont le premier, qui sera déposé ce matin, portera sur les propositions des maires pour favoriser l'adhésion aux nouvelles villes.
Pour que les citoyens connaissent toutes les options qui s'offrent à eux, le ministre des Affaires municipales tient à ce que les villes fassent leurs propositions de réaménagement avant qu'il y ait consultation. Si elles souhaitent suggérer des modifications qui permettraient de contrer le mécontentement de certains défusionnistes, les municipalités doivent commencer à les échafauder dès maintenant.
"Les gens sauront sur quoi ils votent parce qu'il y aura des études qui auront été déposées et que les autorités des nouvelles villes auront été encouragées à produire des propositions de réaménagement, a déclaré M. Fournier. (...) Je compte bien avoir l'appui des péquistes sur ce projet de loi qui permet aux villes de faire des propositions pour aller chercher l'adhésion."
Le message que le ministre Fournier envoie aux villes est de ne pas attendre à la signature des registres demandant un référendum pour faire leurs suggestions. À l'intérieur de la loi sur les propositions de réorganisation administrative des municipalités, des échéances feront en sorte de synchroniser la promotion des diverses options et la tenue des référendums.
Dans cet effort pour mousser le maintien des nouvelles villes, "d'autres mesures" seront aussi mises en place, sans qu'il soit possible d'en savoir plus.
Question "claire"
Le ministre n'a pas voulu dire si la question référendaire fera allusion à un scénario autre qu'à celui de la défusion. Chose certaine, il appartiendra au gouvernement d'élaborer le libellé de la question, laquelle "sera claire", assure M. Fournier.
Quant aux échéances, le député de Châteauguay soutient que les études qui seront commandées se feront avant la fin de 2004.
En ce qui concerne l'autre projet de loi, celui sur le processus pouvant mener aux défusions, il sera déposé "d'ici une à deux semaines". C'est à l'intérieur de celui-ci que l'on apprendra, dans le détail, qui devra défrayer les coûts des études et de l'organisation des référendums. "Dans le cas de bon nombre de ces activités, c'est le gouvernement qui va assumer une partie et dans le cas d'une autre partie, ce sera les citoyens", se limite à dire M. Fournier.
Par ailleurs, le ministre a balayé du revers de la main les propositions du Comité des citoyens de la banlieue de Québec (CCBQ), un regroupement défusionniste qui souhaite qu'un moratoire soit imposé sur "tout engagement ou emprunt" des villes nouvelles.
"Il y a eu consultation par l'élection des nouveaux dirigeants dans les nouvelles villes, a dit M. Fournier. Ils sont là, ils ont un mandat et il est hors de question de paralyser les institutions qui ont une légitimité de par la consultation de l'élection."
Noms de rues
Le ministre se dégage également de toute responsabilité quant aux changements de nom des rues dans les municipalités. À son sens, il est du ressort des élus municipaux de juger si leurs actions cultivent le sentiment d'appartenance des citoyens. "Le gouvernement ne considère pas qu'il est un palier d'appel à la démocratie municipale lorsqu'il y a eu des élections", plaide-t-il.
L'imposition d'un taux de participation minimal pour valider le résultat d'un référendum demeure une certitude. Le ministre a affirmé que "ces consultations devront dégager, de par leur participation, la légitimité qui permettra d'aller de l'avant".
Il n'en demeure pas moins que le ministre a réitéré qu'il allait "donner effet aux consultations", donc que leur résultat sera exécutoire.
Le ministre des Affaires municipales a aussi voulu rassurer le chef de l'opposition, Bernard Landry, qui s'inquiétait de l'éventuelle création d'une grande ville anglophone qui séparerait l'île de Montréal sur une base linguistique. "Il n'a été question d'aucune mesure de regroupement par la suite de tout ça (les défusions), a-t-il dit. Le jeu dans les structures, un moment donné, il va falloir que ça cesse."
SBoivin@lesoleil.com
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Liberals set demerger election promise into motion One bill to keep merger, one to ungroup. If enough residents sign register, it may lead to cost and impact study, then referendum
ALLISON HANES
The Montréal Gazette Friday, June 06, 2003
The Liberal government is set to table not one but two bills to carve out the future of merged municipalities. One, to be presented today, will seek ways to encourage cities to stick together; and another, to be tabled within two weeks, will outline the process for taking them apart.
Municipal Affairs Minister Jean-Marc Fournier also announced for the first time yesterday that the province is willing to pick up the tab for at least part of the consultation process on dismantling big cities, which could cost millions.
"The government is willing to assume part of it," Fournier said in a brief scrum with the media.
The first bill - which will focus on what the Liberals refer to as adhesion - is to be tabled today in the National Assembly.
It gives the green light, or a kick in the pants, to any mayors or municipal officials who want to propose alternatives to the status quo or to demergers.
Montreal Mayor Gérald Tremblay, for example, is already at work on alternatives to demergers, like a decentralization of services and powers to the boroughs. But others might need an impetus to get started.
The omnibus bill will set deadlines for when other ideas must be made public.
The second bill - which will outline the path toward dismantling the cities - is to follow before the end of June, although it will not be passed for some months.
It will adhere to the spirit of a motion the Quebec Liberal Party adopted in October 2000, which paves the way for residents of former municipalities now absorbed in the megacities to reverse the process. If enough residents sign a register, a study on the impact and cost of demerging will be conducted, then a referendum will be held.
Fournier's spokesperson, Stéphane Gosselin, explained that the first law will ensure that all options are on the table by the time consultations permitted by the second law are held.
Much confusion surrounded the Liberals' election promise to allow residents to be consulted on the futures of their municipalities and their simultaneous desire for the big cities to succeed.
Opposition leader Bernard Landry, whose Parti Québécois government completed the controversial merger project in 2001, called the Liberal plan "harmful" and said it is generating anxiety and uncertainty.
"Are you going to allow what, in my opinion, will be an indelible stain on the history of Quebec by redividing the Island of Montreal along lines that are mainly linguistic, creating one city that is mainly anglophone and another that is francophone?" Landry asked.
ahanes@thegazette.canwest.com
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Quebec prepares to undo mergers
RhéAl SéGuin
The Globe and Mail Friday, June 6, 2003
Quebec PQ - The Quebec government says it is willing to live with the consequences of its proposal to allow dismantling the newly amalgamated City of Montreal, even if it means the controversial language divide between anglophones and francophones defines the new boundaries.
Some people are considering the idea of a West Island City, uniting former municipalities on the predominantly anglophone portion of the Island of Montreal, which represent approximately one-third of the current city. Other English-speaking communities simply want to return to running their own muncipalities.
In either case, language is dividing those who support the Montreal merger and those who don't.
"Of course we thought about it, of course we knew that this option could be [chosen]. But this will be based on democracy . . . . When you resort to democracy you cannot make any errors," Liberal Municipal Affairs Minister Jean-Marc Fournier said yesterday.
The fight between opposing forces begins in earnest today as Mr. Fournier tables the first of two bills outlining the process to dismantle recently merged cities across the province.
On Jan. 1, 2002, the Parti Québécois government then in office imposed the mergers.
During this spring's election campaign, the Liberals promised to review the Montreal merger and others, if there was demand.
Yesterday, Mr. Fournier said that although he did not support the dismantling of Montreal along linguistic lines, his government intends to keep its promise.
The PQ insisted the Liberals have no idea what a serious mistake they are making by opening to door to dismantling the mergers.
"There is this absurd possibility that the Island of Montreal will be divided into two municipalities cut along an almost total linguistic line." PQ Opposition Leader Bernard Landry said yesterday.
"I am asking the Premier to give his assurance to the population of Quebec that something as reactionary, that is contrary to the social, linguistic harmony and the integration of Montreal will not take place."
Opponents of the new city resent those who have tried to portray their fight to dismantle Montreal as a confrontation between the French-speaking and English-speaking communities. They contend that opposition to the forced mergers is being organized throughout Quebec, in cities such as Longueuil and Quebec City where anglophones are hardly present.
"The language issue is not applicable at all," said Bill McMurchie, the former mayor of Pointe-Claire, which is now a borough of Montreal. "There is opposition in Longueuil, Saguenay and Quebec City. These are not areas that are anglophone. These are people concerned with what they have lost."
But Mr. Landry argued that Montreal represents a unique situation, where the greatest opposition is rooted in formerly anglophone-majority cities.
Should they succeed in dismantling Montreal, he warned, it could create a backlash, disrupting relations between the two communities.
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Québec n'a pas à consulter Ottawa sur tous les dossiers, dit Benoit Pelletier
Simon Boivin
Le Soleil vendredi 6 juin 2003
Ottawa ne peut pas s'attendre à être toujours consulté avant que le gouvernement du Québec prenne position dans un dossier qui le concerne, a souligné, hier, le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier.
"Il faut que les gens à Ottawa se rendent compte qu'il y a des gens ici, à Québec, qui sont capables de prendre des positions fermes, de les prendre publiquement, des positions qui s'inscrivent dans notre perception de ce qui est l'intérêt des Québécois. (...) Je ne pense pas qu'il faille qu'on appelle nos collègues à Ottawa avant chaque point de presse, pas plus qu'on leur demande de le faire."
Le ministre Pelletier réagissait ainsi à un article publié dans Le Devoir cette semaine. On y apprenait que certaines personnes dans l'entourage du ministre fédéral de la Justice, Martin Cauchon, ont été irrités par la prise de position des ministres québécois Marc Bellemare et Jacques Chagnon dans le dossier de la décriminalisation de la marijuana.
On reprochait à MM. Bellemare et Chagnon de s'être prononcés trop vite contre la décriminalisation du cannabis, ce qui, dit-on, pourrait nuire aux relations fédérales-provinciales.
"Il faut faire en sorte que, quand on s'exprime, on garde ouvertes les portes du dialogue, précise M. Pelletier. (...) Tant qu'on demeure dans la sphère des idées, qu'on ne personnalise pas les dossiers, la prise de position fait partie de la joute politique. Il ne faut pas croire que du seul fait que nous agissions sans avertissement préalable, que nous démontrions des signes d'hostilité."
Le ministre des Affaires intergouvernementales ne croit pas que les relations entre Québec et Ottawa aient pu être entachées par les déclarations des ministres québécois. "À ce que je sache, les communications sont très bonnes entre le ministre Cauchon et nos deux collègues", dit M. Pelletier.
Par ailleurs, le ministre Pelletier a profité de l'occasion pour tracer un parallèle entre le dossier de la décriminalisation de la marijuana et celui des jeunes contrevenants.
À son avis, le ministre Cauchon devrait faire preuve de la même ouverture à la déjudiciarisation dans un cas comme dans l'autre.
"Je vois un lien qui peut être fait dans une certaine mesure, dit-il. Le Québec dit au fédéral : on favorise un processus de déjudiciarisation, de réhabilitation et de réinsertion sociale du jeune contrevenant . Mais, dans le fond, la position de M. Cauchon sur la marijuana, c'est un peu ça. (...) Il y a quand même un lien entre les deux dossiers. Lui adopte une approche dans un dossier qu'à mon avis la cohérence devrait lui commander d'adopter dans l'autre."
SBoivin@lesoleil.com
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Le modèle de l'année
Christiane Saint-Pierre
Le Nouvelliste (Trois-Rivières) vendredi 6 juin 2003
Le gouvernement Charest a été élu pour réinventer le Québec. À ce slogan prétentieux, il a présenté, mercredi, un des programmes politiques les plus ambitieux et audacieux des dernières décennies.
Jusqu'à présent, il a maintenu le cap sur les promesses de réinvestir en santé et en éducation. Il entend toujours réviser les structures de l'État, alléger le fardeau fiscal et soutenir les entreprises. Le Québec roulera dans un modèle de l'année. Ses usagers espèrent retrouver une gouvernance plus performante, plus économique et plus adaptée aux nouvelles conditions d'une société de plus en plus sans frontière.
Dans le but de moderniser l'État québécois, le nouveau modèle libéral doit être efficace et mis en route sans détours ni retards. Mais la politique interventionniste des dernières années multiplie les incertitudes auprès de nombreux prestataires de l'ancien régime. La crainte de ne plus obtenir le soutien financier d'un État omniprésent contribue à des lendemains d'élection difficiles et à un désenchantement certain.
Cette réforme s'impose d'elle-même, mais exigera beaucoup de courage politique pour concrétiser les promesses. La situation économique du Québec s'est nettement améliorée depuis les dernières années au Québec avec une croissance de près de 2 pour cent en moyenne depuis 1981. Cette croissance a permis d'atteindre un meilleur niveau de vie. Mais lorsque l'on regarde le bilan des autres provinces, le Québec accuse du retard. Le PIB du Québec est au 57e rang sur les 61 régions nord-américaines. Entre 1990 et 1999, les emplois ont augmenté de 12 pour cent au Canada et de 6 pour cent du Québec. La croissance du nombre d'entreprises de moins de 50 employés au Québec entre 1998 et 2002 a été de 0,3 pour cent alors que la moyenne canadienne est de 3 pour cent.
Les institutions doivent être allégées et adaptées aux besoins actuels. Il faut pouvoir se défaire des organismes aux structures et aux procédures instaurées dans les années 60 et 70 qui sont devenues contre-productives et trop lourdes. Il est urgent d'alléger les dédoublements dans la fonction publique sans en repousser la charge aux générations futures. La pléiade d'organismes gouvernementaux dont les objectifs se recoupent et confondent les usagers devraient faire partie d'une révision en profondeur.
Le problème est que de multiples structures ont été créées sans remettre en question les anciennes. Une gestion pyramidale qui nécessite un sérieux coup de barre. Les programmes gouvernementaux sont si nombreux qu'il est devenu difficile de savoir exactement où loge l'intérêt général. L'État providence s'est retrouvé devant un foisonnement de demandes d'aide de toutes sortes. Les principes de la social-démocratie ont été dépassés par le cas par cas d'organismes et de groupuscules de toutes sortes.
Si le Québec est distinct par sa langue, il doit aussi se distinguer par une remise en question de ses institutions. La différence culturelle et le déséquilibre fiscal ne peuvent à eux seuls servir de paravent pour protéger des situations acquises et hypertrophiées avec l'usure du temps et du pouvoir politique. La route sera longue mais décisive pour l'avenir du Québec.
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Sacred cows are out Jean Charest's address reflects his neoconservative views, not the Lesage vision that sparked the Quiet Revolution
JOSEE LEGAULT
The Montréal Gazette Friday, June 06, 2003
When the new Liberal government opened its first question period yesterday, Premier Jean Charest drew a line in the sand. Looking Bernard Landry, leader of the opposition, straight in the eye, he said: "Quebecers wanted change. They will get change." And he means business.
Figuring he can afford to spend political capital early in his first mandate, it's a safe bet that Charest will try to implement this change - what he calls the re-engineering of the state - regardless of the strong opposition that's sure to come from unions and social groups galore. With the protests he'll face in coming months, the Charest era could go down in history as the not-so-quiet revolution.
On Wednesday, the premier gave his inaugural address. Commentators and opposition parties duly noted that it faithfully reflected the election platform of the Liberal Party. The problem is that this platform mirrors the neoconservative vision of Charest, not the more liberal outlook of Jean Lesage, Claude Ryan and Robert Bourassa.
Charest's vision is one where the state and the citizen are seen as separate, almost opposite from one another. It's a vision that runs counter to the one that emanated from the Quiet Revolution, where the state became the ultimate tool with which Quebecers have tried to strengthen their collective political, cultural and economic power.
But that was then, and this is now. Sacred cows are out. In his inaugural speech, the premier laid out a five-year plan - no relation to the Soviet type, of course. While Charest refuses to be labeled "right wing," one didn't have to be Karl Marx to hear his list of classic, neoconservative themes: more entrepreneurship, an increased role for the private sector in the delivery of public services, the primacy of individual rights, reduced taxes, more responsibility for the individual and so on.
Even the resemblance between Charest's address and the election platform of Mario Dumont's Action Démocratique du Québec was dizzying. The ADQ's platform mentions unleashing entrepreneurship, reducing regulations, subsidies and taxes, adding the contribution of the private sector to the health-care system and what it calls a "responsibility-based patriotism."
Truth be told, Charest's approach, except for its intended speed and far-reaching range of action, is also a reminder of Lucien Bouchard's own neoconservative vision. When he became premier in 1996, an internal document that outlined the makeup and philosophy of his government talked about "reducing the bureaucratic weight" of the state and "creating a more competitive fiscal environment" to better accompany the business sector in the creation of jobs, etc. That's the philosophy that opened the door to the famed zero-deficit policy, drastic budget cuts across the board, the closing of nine hospitals and a small army of nurses and doctors who were put out to pasture prematurely. If memory serves correctly, Bouchard had himself done quite a bit of "re-engineering" and "deconstruction" of the state. Charest will simply push this vision further and faster.
And Charest is no less an accidental neoconservative than he is an accidental federalist. That's why his inaugural speech contained a small surprise: the introduction of elements of proportional representation as soon as 2004. In fact, for the Liberal Party, this is the right moment in history to make that move. The Parti Québécois's traditional electoral base has never been more fragile. Not only did the PQ garner its lowest popular vote in 30 years - a mere 33 per cent - it also has become vulnerable to the possible creation of new, smaller political parties, be they more left wing, right wing or more clearly sovereignist.
Even small changes to the electoral system could encourage this tendency that is mostly the product of Bouchard's policies that gave way to the slow demobilization of the larger sovereignist movement, both within and outside the PQ. It is no coincidence that the loudest calls for proportional representation emanate mostly from sovereignist circles that can no longer identify with the PQ of today. And should Charest strike early, he gets an added bonus as new parties could be formed before more anger toward his government mounts and provokes even the most dissatisfied of sovereignists to close ranks behind the PQ.
Mostly, if Charest's promise is implemented, it will leave many sovereignists stuck between a rock and a hard place. Either they'll keep splitting between those who no longer go out to vote and those who'll keep supporting the PQ even though it's become a classic party of governance that refuses to commit clearly to achieving sovereignty. Or they'll create new parties that will take years to get off the ground.
In either scenario, Jean Charest and the Liberal Party have little to worry about for some time to come. They can keep re-engineering the state of Quebec until the sacred cows come home.
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What did Quebec activists expect?
Brigitte Pellerin, Ottawa Citizen
National Post Thursday, June 05, 2003
Here's a test for you: Who won the Quebec election on April 14? Jean Charest's Liberals. Excellent. And why did the Liberals win? If you answer "Because Quebecers voted for a change from the previous Parti Québécois government," it means you know your stuff. Your next mission, if you feel up to something of a challenge, would be to explain this to Quebec's civil-society types and other union officials to make them understand that when people vote for a party that promises change, things have a tendency to, er, change.
This week marked the true beginning of the new Liberal government. The National Assembly reconvened, a new Speaker has been elected, and Premier Charest gave his inaugural address, paving the way for Finance Minister Yves Seguin to table his budget later this month. All clear signs that the PQ era of heavy government intervention and wall-to-wall social programs is over, or at least that some effort will be made to reduce them. Yet the province's social activists are crying foul, denouncing the new government for squandering what they see as Péquiste accomplishments. What did they expect?
The Liberals campaigned on a platform that promised to focus on health and education, even at the expense of other programs. They promised to cut taxes and to "re-engineer" the 40-year-old Quebec model. Obviously that meant some services would be cut back, while others would be eliminated in order to reduce spending everywhere but health and education. They won the election, and are proceeding to do more or less exactly what they said they would do.
Some big capital projects are being halted or delayed, such as Highway 50 between Gatineau and Montreal, and the final section of the four-lane highway connecting downtown Ottawa, Gatineau, Gatineau Park and Aylmer. Other projects are being "re-evaluated," such as the extension of the Montreal subway system to the northern suburb of Laval, and the completion of the partly erected Grande bibliotheque du Québec, the province's flagship public library, in downtown Montreal.
Cutbacks are also expected in several departments, most notably culture and family services.
When observers noted the absence of Line Beauchamp, the new Culture Minister, from the Cannes film festival, many began fearing the worst. If she's too busy to attend the festival, it must be that she's preparing a major program overhaul in this extremely sensitive jurisdiction. But nothing made Quebec's progressive set panic like the announcement that the planned expansion of the public $5-a-day daycare system would not go ahead, and that private centres had been given the green light to open about 3,000 new spots. There is also talk of making well-to-do families pay more for the services, thereby jeopardizing universality.
This particular change is causing particular outrage. In a stern rebuke, Opposition leader Bernard Landry warned Mr. Charest not to mess with the program, since the idea behind it was to make it accessible to rich and poor alike, as a way to encourage interaction and understanding and give all children the same chances in life. Michele Asselin, the newly elected president of the Quebec Federation of Women, is also dead set against any changes to the regime, saying that "Losing the universality of the $5 day care is out of the question."
According to La Presse's Claude Picher, when the program was introduced by then-premier Lucien Bouchard in 1997, its cost was $250-million a year. Today, it's $1.2-billion a year (others say $1.6-billion), and there are still 30,000 to 40,000 kids on waiting lists (some estimates put the number between 40,000 and 85,000). Yet social activists are getting organized to fight the government tooth and nail, insisting the Liberals "preserve this unique and envied model of services to early childhood."
Meanwhile, Health Minister Philippe Couillard committed $250-million to relieve congestion in the province's emergency wards and, just this Monday, opened the first ambulatory-care centre at Lakeshore General Hospital in west-end Montreal.
Prioritizing health care, even at the expense of other programs. Where have I heard that before? Oh right, that was in the Liberal platform. The one that got the party elected. And since the election, the Liberals have been busy finding ways to cut spending in most areas, while increasing health-care funding.
Yes, things are changing in la belle province. That's what Quebecers chose last April 14 by voting for Jean Charest. It would be nice if social activists, who are always the first ones to invoke democratic rights, could understand that.
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C'est clair
Pierre Allard
Le Droit vendredi 6 juin 2003
Jean Charest voit grand. Trop grand peut-être ? Tout en convenant qu'un nouveau gouvernement a le droit - le devoir même - de réaliser un programme qui correspond aux promesses faites durant la campagne électorale, qu'on nous permette de manifester une certaine inquiétude quand le nouveau premier ministre nous informe, dans son discours inaugural, qu'il a l'intention de mettre un terme à 40 ans d'histoire parce que le modèle de fonctionnement de l'État issu de la Révolution tranquille sous Jean Lesage et maintenu avec variantes par tous ses successeurs ne nous permet plus de progresser.
Selon la nouvelle doctrine, cet État qui a enfanté Hydro-Québec, la Caisse de dépôt, l'assurance-maladie, l'assurance-automobile et la Charte de la langue française, cet État qui était devenu pour la majorité francophone, tant sous les libéraux que les péquistes, un outil de développement économique et social, serait aujourd'hui à bout de souffle.
Devenu trop dirigiste, alourdi par une bureaucratie souvent inefficace, nourri par des taux d'imposition ruineux, l'État doit donc subir une cure d'amaigrissement et repenser son rôle. Désormais, ce n'est pas l'État qui signera la réussite du Québec, dit le premier ministre, ce sera l'entrepreneurship des Québécois eux-mêmes.
Avouons-le. Cette orientation, accompagnée de mesures et d'orientations que nos voisins ontariens trouveront familières - réductions d'impôt, privatisations, déréglementations - n'est pas dans la tradition libérale. Elle rappelle plutôt l'ancienne allégeance de Jean Charest. S'y profilent les ombres de Brian Mulroney et Mike Harris, bien plus que celles de Robert Bourassa ou Claude Ryan. Qu'à cela ne tienne, l'option conserve toute sa légitimité. En ajoutant aux suffrages obtenus par le PLQ ceux du parti de Mario Dumont, qui doit être ravi du programme libéral, le gouvernement de M. Charest peut fonder sa nouvelle orientation sur 60 pour cent de l'opinion publique.
L'électorat québécois avait certes fait un constat similaire à celui de M. Charest. Outrée par les crises à répétition dans le réseau de la santé, notamment dans les salles d'urgences, agacée par les fusions municipales imposées (surtout dans l'ouest de l'Île de Montréal), excédée par l'incertitude économique et par un manque de transparence, une majorité de Québécois et de Québécoises ont opté pour le changement. Et à cet égard, il est difficile de fauter le nouveau premier ministre, qui promet de s'attaquer sans délai aux dossiers prioritaires : le système de santé, l'éducation, l'économie et l'État.
Ses objectifs d'ajouter 1 500 infirmières et 750 médecins dans le réseau feront l'unanimité. Sa lutte contre le décrochage scolaire, un véritable fléau en Outaouais, fera aussi l'unanimité. Comme son engagement à créer des milliers de nouveaux logements sociaux. Sa promesse d'une plus grande transparence de l'État sera accueillie partout comme un vent d'air frais.
Tout allégement fiscal des citoyens, s'il n'aboutit pas à des coupures de services, sera également le bienvenu. Et sa volonté de resserrer les liens entre le Québec et les communautés francophones hors Québec sera certainement applaudie par les Franco-Ontariens.
D'autres mesures feront moins l'unanimité et risquent de brouiller la feuille de route du gouvernement Charest si l'une seule d'entre elles met le feu aux poudres. S'attaquer aux unités d'accréditation syndicale dans les hôpitaux sans déclencher des conflits nécessitera un doigté remarquable. L'enseignement de l'anglais dès la première année dans les écoles françaises risque de raviver l'ensemble du dossier linguistique scolaire. Et son intention de remettre en question le "no-fault" de l'assurance-automobile soulève déjà des débats.
Compte tenu de la complexité et des défis soulevés par ses dossiers prioritaires, on peut se demander pourquoi il s'aventure ainsi en terrain miné.
Somme toute, le discours inaugural de Jean Charest aura eu le mérite - et c'en est un grand - d'être clair. On y retrouve un constat des principaux problèmes et des grands défis du Québec, tels que perçus par le nouveau gouvernement, et une série d'orientations qui susciteront au cours des prochains mois, voire des prochaines années, un débat de fond au sein de la société québécoise.
Et tout débat démocratique est salutaire.
nouvelles@ledroit.com
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Développement économique: le retour en grâce du privé
Carol Néron
Le Quotidien vendredi 6 juin 2003
Les individus et organismes de pression voués à la protection de l'environnement, dont le discours musclé et quelquefois revanchard n'avait aucune peine à se faire entendre par le Parti québécois, auront sans doute la vie plus difficile avec les libéraux de Jean Charest. Après presque dix ans de règne péquiste, le développement économique, en particulier celui des régions, a été lourdement hypothéqué par le lobby écologiste.
Le moment de ramener les pendules à l'heure sans brimer les droits de la nature semble enfin arrivé.
Le poète Richard Desjardins, accessoirement auteur du contesté brûlot intitulé "L'Erreur boréale", sera le premier à goûter à cette nouvelle médecine. L'hiver dernier, le dénonciateur des compagnies forestières avait réussi, avec l'appui inconditonnel des médias, à convaincre assez facilement Bernard Landry de convoquer une commission d'enquête sur la gestion des forêts et sur la meilleure manière de la protéger, selon ses propres termes, de la voracité des compagnies forestières. Les libéraux ne ferment pas la porte à cette initiative. Toutefois, il est clair que celle-ci ne pourra devenir réalité dans les délais prévus à l'origine et que l'importance de son mandat sera éventuellement réévalué à la baisse...
Mercredi, dans son discours inaugural, Jean Charest a clairement indiqué que l'interventionnisme de l'État dans le développement économique était désormais chose du passé. Le Premier ministre veut redonner aux entrepreneurs la place qui leur revient au sein de "Québec inc".
Cette approche considérée comme une seconde Révolution tranquille et qui met un terme au "modèle québécois" tel que pratiqué depuis près de dix ans par la social-démocratie péquiste, signifie que le privé aura enfin plus que son mot à dire dans la mise en place des projets, grands ou petits, susceptibles d'accélérer l'épanouissement des différentes collectivités éparpillées d'un bout à l'autre de la Belle province. Au sein de cette nouvelle donne, les régions sont ainsi appelées à un jouer un rôle déterminant. Pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, cela signifie fort probablement une gestion plus réaliste et rapprochée des ressources naturelles, en particulier celles touchant à la forêt et à l'hydro-électricité. Les promoteurs locaux des petites centrales devraient notamment y trouver leur compte. Certains dossiers "dormants", ou simplement abandonnés par les péquistes sous la pression des commandos de choc de l'environnement, sont susceptibles d'être réactivés. On pense bien sûr ici à l'Ashuapmoushuan...
Dans son comté de Roberval, le député Karl Blackburn (LIB) n'a pas caché son intention au cours de la dernière campagne électorale de réinscrire ce projet à l'ordre du jour d'un gouvernement Charest si celui-ci venait à être élu.
La possibilité de gérer l'environnement de façon à ce qu'il ne devienne pas un terrain de jeux réservé à l'usage exclusif des compagnies forestières, d'Hydro-Québec ou de promoteurs des petites centrales hydro-électriques, ne relève pas du mirage économique. Pour diverse raisons, les péquistes ont accepté au cours des dernières années de jouer le jeu des environnementalistes sans tenir compte du bien-être et des attentes de plusieurs collectivités espérant tirer avantage d'une saine gestion des bienfaits dispensés chez eux par une nature généreuse. Et qu'il est possible de protéger sans sombrer dans le fanatisme!
À ce chapitre, il m'est pas question bien sûr de donner un chèque en blanc au nouveau gouvernement. Cela dit, le débat relatif à la protection de la nature dans un contexte de développement économique accéléré gagnera certainement à être rééquilibré.
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Deny Gagliano Vatican post
The Montréal Gazette Friday, June 06, 2003
Bloc Québécois leader Gilles Duceppe was joking, we think, when he suggested last week that by naming Alfonso Gagliano to be Canada's ambassador to the Vatican, Prime Minister Jean Chrétien would be giving the former federal public works minister "a chance to confess his sins."
But what is the motive for this strange anticipated new posting? Through its long history, papal diplomacy has seen plenty of assignments more cynical than this, but perhaps not lately. Gagliano left the cabinet in January 2002, at the height of a scandal over cronyism and patronage in his department. He was packed off to be our man in Copenhagen, prompting a slew of "something's rotten in the state of Denmark" jokes, even though he has always denied any wrongdoing.
Gagliano, long one of Chrétien's most loyal supporters, is now reportedly bored by his Danish posting. He has wanted to represent Canada at the Holy See for some time.
Chrétien should resist the temptation to grant this wish. Let Gagliano face the Canadian public first, with a full and frank explanation of what he was up to at the Canada Lands Corp., among other things. Gagliano needs to endure at least a taste of political purgatory before he gets into his diplomatic heaven on earth.
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Le débat (la suite)
J.-Jacques Samson
Le Soleil vendredi 6 juin 2003
Éditorial - Jean Charest et Bernard Landry ont repris hier là où ils avaient laissé, le soir du 31 mars dernier, à la fin du débat des chefs qui a provoqué un spectaculaire revirement dans la campagne électorale. Les chefs des deux grands partis ont seulement échangé leurs fonctions depuis...
La première période des questions à l'Assemblée nationale, à la suite d'un changement de gouvernement, est toujours suivie avec beaucoup de curiosité. Les différences entre les philosophies politiques du Parti libéral et du Parti québécois qui ont nourri le débat au Québec avec plus d'acuité au cours de la dernière année que jamais depuis trente ans, sont maintenant exacerbées. Bernard Landry a lancé les hostilités hier en évoquant les inquiétudes et l'angoisse semées dans toutes les couches de la population, selon lui, des multinationales de haute technologie aux parents d'enfants en garderies, par les premiers gestes posés par l'équipe Charest. Ce dernier réplique en s'appuyant sur la volonté de changement de modèle exprimée par la population, le 14 avril, par rapport à l'interventionnisme péquiste et à sa fiscalité trop lourde.
Le chef du Parti québécois refuse toujours obstinément de prendre acte des résultats des élections générales, ou tout au moins de les interpréter en remettant en question le programme et les moyens d'action du Parti québécois. M. Landry s'est laissé piéger encore hier dans une défense tout azimuts de son administration, sans nuances, encore moins sans quelque mea culpa. Les actes de contrition cadrent mal, de toute façon, avec sa personnalité. Son attitude en réaction à l'installation du gouvernement libéral et au Discours inaugural de Jean Charest revient plutôt à dire : nous avons raison, les libéraux sont dans l'erreur, la population s'est égarée. L'horloge arrêtée aura toujours raison deux fois par jour ; dramatisons alors la "démolition libérale" et attendons.
M. Landry aura d'autre part de constantes difficultés à contrôler ses montées d'agressivité. Après quelques signes d'irritabilité à la période des questions, il a eu l'air d'un adolescent pressé de vérifier ses muscles, à l'étape des motions, lorsqu'il s'est enquis à la ronde si quelqu'un de l'opposition voulait "s'essayer", après avoir entendu des commentaires pendant sa tirade sur la nation québécoise. M. Landry a poursuivi en disant savoir qu'il y avait des provincialistes dans les rangs libéraux mais qu'ils n'avaient pas le courage de le dire. Les insultes de ce type, une variante du partage entre les bons Québécois et les mauvais Québécois, dont il ne réussit pas à se guérir, sont déplaisantes. Elles sont en plus contagieuses venant du chef du parti et sont souvent reprises en écho par des députés ou militants, ce qui empoisonne le climat social.
M. Landry s'est par contre montré habile dans ses questions sur la fracture de l'île de Montréal sur des bases linguistiques par des défusions. Le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, a dû multiplier les esquives pour s'en sortir. Il devra trouver vite des réponses sérieuses à une menace aussi explosive.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, sera coriace. Les questions de sa critique (qu'il appelait sa consoeur !), l'expérimentée Louise Harel, sont revenues sur le nez de celle-ci comme des boomerangs. La technique est valable et justifiée pour quelques semaines encore. M. Couillard doit en profiter pour prendre des leçons d'imputabilité. La ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, a aussi impressionné par son assurance devant le cadet péquiste, Jonathan Valois. Pour une première prestation au Salon bleu, elle a montré de l'aplomb dans le dossier des garderies à 5 $, qui a souvent placé les libéraux sur la défensive depuis deux semaines. Le petit échange entre deux vétérans, le péquiste Normand Jutras et le nouveau ministre des Transports, Yvon Marcoux, sur une révision du no fault, ne nous a rien appris.
Les premières questions à l'Assemblée étaient bien prévisibles et les ministres s'étaient préparés en conséquence. Les premières heures de travaux promettent cependant des échanges vifs quant au style et intéressants quant au contenu, en raison des philosophies aux antipodes qui les inspirent.
JJSamson@lesoleil.com
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Charest's Quebec: Not so distinct anymore
CHANTAL HéBERT
The Toronto Star Friday, June 06, 2003
From a national perspective, the most striking feature of the first federalist throne speech delivered in Quebec in a decade is what it left unsaid.
Except for a pro forma reference to the pursuit of Quebec's interests on the federal and international scenes, the 16-page inaugural speech Premier Jean Charest delivered on Wednesday was silent on the unity issue.
While the Liberal Premier restated his determination to pursue an activist federal-provincial agenda, the topic did not rank as one of his top six priorities. For the first time in decades, other provinces, notably Alberta and Newfoundland, are pursuing constitutional change more aggressively than Quebec.
Charest, for his part, is setting out to transform the province from the inside.
He promises Quebec will boast a more efficient health-care system, better education outcomes, a reduced tax burden and a leaner, less interventionist government within five years.
By Quebec standards, that's an extremely tall order. Over the past four decades, the state has replaced the Church as the central force in the province's social and economic life. Charest's new vision hardly enjoys the same popular momentum as the Quiet Revolution of the '60s.
There will be formidable obstacles in the Premier's path, including the province's powerful union movement, an activist social policy lobby whose influence has been second to none in Canada, and most of the province's chattering classes.
Plans to deny access to the popular $5-a-day child-care program to higher-income families have already triggered the first rattles of a middle-class backlash. These early rumblings will intensify if Charest sets out to end Quebec's long-standing freeze on post-secondary tuition fees.
And then there is the upcoming debate over the shape of Montreal, a battle that could end up being fought in the language trenches, by far the most divisive terrain of Quebec politics.
And so it very much remains to be seen whether Quebec will be as different as Charest hopes within five short years. What is certain, though, is that it will be more like the other provinces.
It has been a long time since the gap between provincial approaches to running government has been so narrow.
Just this week, the NDP's Gary Doer sailed to re-election in Manitoba on the dual promise of more health-care spending and modest tax cuts. The mix might be different but it is the same prescription that brought Charest to victory six weeks ago.
New Brunswick Premier Bernard Lord or Ontario's Ernie Eves could easily have written the speech Charest read out yesterday.
There is an unprecedented commonality of objectives and outlooks among the various provincial players, a reality the possible advent of a Liberal government in Ontario is unlikely to change.
In fact, the federal government should be wary of being misled by the red herring of a Liberal resurgence in Quebec, British Columbia or, eventually, Ontario.
The sum of the political similarities between Charest and Lord, or British Columbia's Gordon Campbell and Alberta's Ralph Klein, is greater than the difference in their partisan affiliations.
The advent of a Quebec government less concerned with pursuing a distinct agenda than with pooling its forces with like-minded provincial counterparts will have profound implications for the federal government.
It will make it more difficult for federal stakeholders to divide and conquer at the federal-provincial table.
No longer will the prime minister of the day be able to count on the unity glue to bind ideologically divergent players, as Brian Mulroney did with Bob Rae, Pierre Trudeau with William Davis or Jean Chrétien — until recently — with Klein.
In time, the political sea change in Quebec will likely bring a cultural revolution to the federal capital.
Keeping the country united has consumed the successive watches of Pierre Trudeau, Brian Mulroney and Chrétien, mobilizing federal energies unto the Quebec-Canada front. Time and again, that is where some of the best and brightest minds in the federal bureaucracy ended up being posted.
But now, reconfigured national and international environments will place new, different demands on Canada's political leadership, its top federal bureaucrats and even the national media.
How Canada handles its relationship with the rest of the world, starting with Washington, already matters more to most Canadians than how it handles Quebec or any other province for that matter.
That includes premiers like Charest, who devoted more time in his inaugural speech to Quebec's international role and long-standing ties to the U.S. than to the province's place in Canada.
Chrétien's successor will face challenges that will be significantly different from those of his three main predecessors. In time, that change will reshape the national agenda in ways it has not in decades.
Chantal Hébert is a national affairs writer. chebert@thestar.ca.
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Quebec leaves its mark Canada-wide
BRIGITTE PELLERIN
The Montréal Gazette Friday, June 06, 2003
It might come as a surprise to you, but a significant number of people in this country believe that Canada has turned into one giant Quebec. That since the late 1960s with the beginning of the Trudeau era, and continuing to this day with Jean Chrétien, the Liberal Party of Canada has transformed a proud and principled nation into a wimpy, waffling and whining bunch. In two official languages to boot.
Inside Quebec, it sounds bizarre. The first time I heard it I thought I had stepped into some kind of parallel dimension. Why, I had spent virtually all my life in francophone Quebec, where opinions on English Canadians range from the nationalist "they despise us no matter what we do" to the slightly mellower "they can't understand why Quebec is so different no matter how hard they try."
Like many Quebecers, I believed my native province was home to a unique cultural minority in North America. I didn't agree with the nationalists who said such a situation called for independence, or at least some kind of official privileged status. But I considered it futile to deny that Quebec was a different place than Ontario, Nova Scotia or British Columbia. Then a few years ago I realized many English Canadians did, in fact, understand Quebec distinctiveness, and resented it at least as much, because it had invaded their lives. It didn't make any sense.
And yet... When the Ottawa Citizen reported on Tuesday that Quebec had received more than 60 per cent, or $5.15 million, of the $8.3-million Celebrate Canada budget last year (dispensed by the ever-generous Department of Canadian Heritage to help celebrate Canada Day throughout the country), I expected a major outcry. Not only did Quebec receive almost three times the amount of money that its share of the Canadian population would warrant (whereas Ontario, with over 40 per cent of the population, got just 10 per cent of the money), but the province used some of this money to fund nationalist St. Jean Baptiste celebrations.
Does this sound unfair? You bet. But to my surprise, it didn't cause the stir I was anticipating. It's almost as if English Canadians outside Quebec were no longer upset by that sort of thing. Or maybe they're just used to it - it's hardly the first time Quebec received more than what seems like its fair share of federal money, be it job-creation subsidies or festival-financing schemes.
It's just one small example of Canada's "Quebecization." The consensus in Quebec on big government and liberal social mores is not exactly widespread, but you'd never know it by watching the federal government. While public opinion in the rest of Canada is divided, Quebec has already passed a law allowing same-sex unions. Decriminalization, or legalization, of marijuana? Most Quebecers are in favour of it - with Quebec Justice Minister Marc Bellemare asking his federal counterpart to recognize a hypothetical Quebec model whereby simple possession would be treated the same as shoplifting. In the rest of Canada, the debate is still raging. Abortion? Find me one Quebec politician who's in favour of restricting access to the procedure. As far as I know, Action Démocratique leader Mario Dumont is the only one who even said that, while he wouldn't challenge a woman's right to choose, abortion is not something he would favour in his personal life. And he was pilloried for it. Unambiguously pro-life politicians are not legion in the rest of Canada, but there are quite a few.
On all three questions, Quebec has won. Abortion is legal and the Liberals are not even thinking about revisiting this issue. All signs point to the decriminalization of marijuana. And as to same-sex marriages, they will become legal in Canada within a month if the federal government doesn't appeal a court ruling allowing them, which Justice Minister Martin Cauchon doesn't seem willing to do.
Want to talk about the war in Iraq? Or the federal government's long-time neglect of the Canadian Forces, which are no longer allowed to fight wars but are sent on United Nations-sanctioned peace missions? While those policies (or, in the case of Iraq, lack thereof) reflect the Quebec consensus on how a country should handle foreign affairs, they face strong opposition in some parts of English Canada.
There are many people in the rest of Canada who understand extremely well how Quebecers differ from them. And they resent the fact that, as they see it, over the last three decades, their federal government, with its string of powerful Quebec politicians, has turned their country into one giant Quebec.
Things look so weird here in the Anglo dimension.
Brigitte Pellerin is a freelance writer, based in Ottawa.
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Les nouveaux mondialistes
Christian Rioux
Le Devoir vendredi 6 juin 2003
Il est toujours fascinant d'assister à une naissance. On est comme au premier jour du monde. Enfin, quelque chose du genre...
Toujours est-il que, de passage à Évian cette semaine pour le sommet du G8, j'ai eu la surprise de voir éclore une nouvelle faune dont je n'avais jamais entendu parler.
Il y en avait partout. Ça pullulait dans tous les coins. On les reconnaissait facilement à leurs pancartes qui parlaient de la guerre, du Tiers-Monde, de la Palestine, de l'agriculture, des retraites et même des OGM. Ne me demandez pas ce que tout cela a en commun. Je n'en sais fichtre rien. On me dit que quelques-uns auraient même cassé des vitrines dans la paisible ville de Genève.
Mais le plus déroutant n'est pas ce folklore auquel nous ont habitués les sommets du G8. Non, je veux plutôt vous parler d'une nouvelle variété de manifestants, née cette semaine à Évian.
***
Savez-vous ce que c'est, vous, un «altermondialiste»?
Moi, je ne le savais pas! Mes bons maîtres ont dû oublier de me l'apprendre à l'école. Qu'importe, le néologisme a envahi la presse et les écrans du monde entier. Je dirais presque dans le temps de faire... bêêêêê.
J'ai d'abord cru à un nouveau virus. Un ami médecin m'assure pourtant que si l'«altermondialisme» est en progression fulgurante, il ne s'attrape pas. C'est toujours ça de gagné. Aucun académicien n'ayant daigné expliquer aux 3000 journalistes présents à Évian ce que signifie ce néologisme, j'ai dû me débrouiller par mes propres moyens. J'ai vite vu que le mot est divisé en trois parties distinctes: le préfixe «alter», le suffixe «iste» et la racine «mondial». C'est qu'on ne me la fait pas!
Au bout de quelques minutes, j'en ai déduit que les «altermondialistes» n'ont finalement rien, mais absolument rien à voir avec les «antimondialistes» auxquels ces sommets nous avaient naguère habitués. L'«altermondialiste» est même tout le contraire.
Si on veut bien écouter ce que dit cette nouvelle construction, on comprendra facilement que l'«altermondialiste» est avant tout «mondialiste», comme d'autres sont communistes, syndicalistes ou féministes. Qu'il s'ignore ne change rien à l'affaire.
S'il faut en croire notre chère langue française, l'«altermondialiste» serait d'abord et avant tout un partisan de la mondialisation. Le suffixe «iste» ne laisse aucun doute là-dessus. Il dit bien que l'«altermondialiste» n'est pas quelqu'un qui se résigne à la mondialisation ou qui s'en accommode -- comme on supporte la pluie ou les froids de -30 °C. Non, l'«altermondialiste» est un chaud partisan de la «globalisation», comme disent nos amis anglo-saxons. Bien sûr, le préfixe «alter» nous indique qu'il en souhaite une autre. Mais ne nous y trompons pas: l'objectif essentiel de l'«altermondialiste» est avant tout la mondialisation. L'«altermondialiste» appartient à la famille des mondialistes de la même façon que l'«alterféministe» appartiendrait à celle des féministes et l'«altercommuniste» à celle des communistes. L'«altermondialisme» n'est donc qu'une variante du mondialisme, comme le trotskisme et le stalinisme furent à leur époque des variantes du communisme.
Vous me direz que le lecteur moyen y perd son latin. C'est vrai. Et moi aussi!
Mais cela a le mérite de nous faire enfin comprendre pourquoi des organisations comme Greenpeace sont finalement, dans leur mode d'organisation comme dans leurs moyens d'action, encore plus mondialisées que les chefs d'État réunis à Évian. Voilà aussi pourquoi il était impossible de trouver dans les manifestations d'Évian une seule pancarte se réclamant de l'exception culturelle ou de la diversité culturelle. «Hors sujet!», comme disait mon vieux prof. Les «altermondialistes» ont d'ailleurs passé la semaine à dénoncer une rencontre «illégitime». Entendez par là que nos «altermondialistes» sont contre le G8 non pas parce qu'ils s'opposent à la mondialisation ou à ses effets mais parce qu'ils souhaitent une mondialisation plus légitime. Une mondialisation qui ne serait pas le résultat d'une négociation entre pays mais le fruit d'un véritable gouvernement mondial. Si les mots ont encore un sens, c'est ce qu'il faut comprendre de la nouvelle étiquette que se sont donnée nos nouveaux mondialistes. D'ailleurs, je propose qu'on les appelle plutôt ainsi: «nouveaux mondialistes». Cela a au moins le mérite de la clarté.
Jean Chrétien aussi est un mondialiste. À la nuance près qu'il voudrait que le monde entier ressemble... au Canada! Je ne dirai pas que notre premier ministre nous a fait honte à Évian, mais certains aspects de son message étaient pour le moins désolants.
Essayez d'imaginer la scène. Pendant que Bush parlait de la Palestine, Chirac de l'eau potable, Poutine de la Corée, Blair des armes de destruction massive, Koizumi du dollar, Berlusconi des «déficits vertueux» et que Schröder ne disait rien, de quoi croyez-vous que parlait Jean Chrétien? Du Canada, bien sûr! Personne ne sait ce qu'il a dit à huis clos, mais le premier ministre a bien consacré la moitié du temps précieux de ses conférences de presse à expliquer à la presse internationale que le Canada peut donner des leçons au monde entier. À en croire le premier ministre, il faut venir de Shawinigan ou de Prince Albert pour savoir faire des réformes, susciter la croissance économique, respecter l'environnement, accueillir les immigrants, aider les Africains et se faire réélire à deux reprises. Le tableau était parfois pathétique.
Quelle mouche a piqué le premier ministre pour qu'il soit atteint d'une telle poussée de chauvinisme? Est-ce parce qu'il s'agissait de son dernier G8? Quel besoin avait-il de vanter un pays qui est déjà admiré dans le monde sans qu'on ait besoin d'en ajouter? Quel besoin avait-il de faire croire que les Canadiens ont inventé le bouton à quatre trous? Cela reste pour moi un mystère.
Enfin, pas tout à fait. J'ai bien peur que ce chauvinisme de mauvais goût ne soit le reflet du peu d'intérêt que porte le premier ministre à la politique internationale en dehors des G8. Ce pourrait même être la marque d'un premier ministre qui ne se sent pas à l'aise à propos des grands problèmes de ce monde. Les poussées de chauvinisme sont généralement la marque des peuples mal dans leur peau et qui se croient «nés pour un petit pain». Les Québécois en savent quelque chose.
Peut-être Jean Chrétien voulait-il aussi faire oublier qu'il est un des rares chefs de gouvernement à rentrer d'Évian sans une invitation à la Maison-Blanche.
crioux@ledevoir.com
Christian Rioux est correspondant du Devoir à Paris.
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Bush promet la vérité sur les armes alors que la polémique s'amplifie
Reuters - Le Devoir vendredi 6 juin 2003
Doha - George W. Bush a promis hier la vérité au sujet de l'arsenal irakien présumé, dossier qui, faute de preuve, s'avère de plus en plus embarrassant pour la Maison-Blanche et davantage encore pour son allié britannique.
Au Qatar, où il s'est rendu à l'issue de sa mission de paix au Proche-Orient, le président américain a admis que la recherche d'éventuelles armes de destruction massive serait longue et difficile. L'administration Bush s'est jusqu'à présent contentée de la découverte de deux présumés laboratoires mobiles d'armement biologique pour faire valoir le bien-fondé de ses allégations.
«Il s'agit d'un homme qui a passé des décennies à dissimuler des outils de meurtre à grande échelle, a lancé Bush à ses soldats. Il savait que les inspecteurs [de l'ONU] les cherchaient. Vous savez mieux que moi qu'il dispose d'un grand pays pour les cacher.» «Nous cherchons. Nous découvrirons la vérité», a-t-il ajouté.
Par un appel diffusé à l'antenne de la radio américaine de Bagdad, les États-Unis ont invité hier tous les Irakiens disposant d'informations à ce sujet à les communiquer.
Mais la polémique enfle aux États-Unis.
Des experts du renseignement cités hier par le Washington Post avouent avoir ressenti une pression permanente de la part du vice-président Dick Cheney et du secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz pour confirmer les accusations de l'administration Bush contre Saddam Hussein.
La veille, le sous-secrétaire d'État John Bolton s'était efforcé de couper court aux critiques en affirmant devant la commission des relations internationales de la Chambre des représentants n'avoir «jamais demandé à quiconque au sein de la communauté du renseignement de modifier quoi que ce soit» ni n'avoir eu «connaissance de quelque autre responsable, au sein de cette administration, qui ait fait ça».
Le sous-secrétaire à la Défense Douglas Feith a de son côté convoqué la presse au Pentagone pour réfuter ce qu'il considère comme une «salade d'inexactitudes» dans les médias concernant l'attitude du département de la Défense. La Commission des forces armées du Sénat a fait savoir lundi qu'elle allait ouvrir une enquête au sujet des renseignements fournis sur l'Irak avant le déclenchement du conflit.
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La tempête sur les armes de Saddam s'intensifie
Jooneed Khan BBC; Washington Post; The Independent; CNN; AFP; AP
La Presse vendredi 6 juin 2003
Affirmant que "quiconque fonctionne sous une armée d'occupation ne saurait avoir la crédibilité d'un enquêteur indépendant", Hans Blix, chef des inspecteurs en armements de l'ONU, a mis en doute hier l'autorité des 1400 experts américains, britanniques et australiens que les puissances occupantes vont déployer en Irak à la recherche d'armes de destruction massive ( ADM ).
Son 13e rapport soumis hier au Conseil de sécurité de l'ONU ne permet pas de trancher si l'Irak avait ou non des ADM avant le déclenchement de l'invasion des États-Unis le 19 mars. "Nous voulons tous savoir la vérité sur l'Irak et nous souhaitons bonne chance aux gens sur place", même si "jusqu'à présent, ils n'ont pas trouvé grand-chose", a dit Blix, dont le mandat expire à la fin du mois.
Il a répété que son équipe, la COCOVINU, n'avait rien trouvé et que ses inspecteurs sont prêts à retourner en Irak. "Le travail n'a pas été fini" et "quelques mois de plus nous auraient permis de progresser encore", a-t-il dit, ajoutant: "On ne peut pas conclure que quelque chose existe uniquement parce qu'on ne le trouve pas."
Sa dernière intervention devant le Conseil de sécurité de l'ONU se produit alors que la polémique sur l'existence des ADM irakiennes, présentées comme la justification d'une "guerre préventive" contre l'Irak, atteint des proportions orageuses à Londres, mais aussi à Washington.
Le régime d'occupation s'oppose au retour des inspecteurs de l'ONU en Irak. Il a permis à l'AIEA ( Agence internationale de l'énergie atomique ) d'y envoyer des experts, mais ceux-ci, attendus aujourd'hui à Bagdad, ne pourront inspecter qu'un seul site nucléaire, celui de Tuwaitha, près de la capitale irakienne- cela sous escorte militaire américaine. Le Pentagone compte sur l'AIEA pour établir si du matériel radioactif a été pillé à cet endroit. Le complexe recelait plus de 500 tonnes d'uranium naturel, 1,8 tonne d'uranium faiblement enrichi, et des quantités de césium, de cobalt et de strontium hautement radioactifs. Il a été pillé et les forces américaines disent avoir retrouvé 500 tonnes d'uranium et "une substance jaune par terre à l'extérieur du bâtiment".
Selon The Independent, de Londres, le comité des Relations étrangères du Congrès a été informé en secret, en septembre dernier, que le Niger avait livré à l'Irak 500 tonnes d'oxyde d'uranium. Le même jour, le premier ministre Tony Blair a présenté aux Communes son "livre noir" sur les ADM irakiennes. Il a repris à son compte cette information, ajoutant que l'Irak avait la capacité, en 45 minutes, de lancer une attaque aux armes chimiques et biologiques.
L'AIEA a démontré en mars que cette filière nigérienne était une fabrication. Des lettres soi-disant échangées entre agents nigériens et l'Irak étaient des faux. L'une d'entre elles était signée d'un ministre nigérien qui n'était plus en poste depuis 10 ans. Robin Cook, ancien ministre qui a démissionné en opposition à la guerre contre l'Irak, a offert hier à Blair l'occasion de s'excuser d'avoir lui-même été induit en erreur.
Blair a carrément refusé, réitérant que ses propos se fondaient sur des données des services de renseignement. Melissa Fleming, porte-parole de l'AIEA, s'est dite surprise hier soir que Blair n'ait pas profité de la perche tendue. "Ces données étaient des fabrications et nous avons pu l'établir rapidement", a-t-elle dit.
Réagissant au démenti de Blair d'avoir jamais demandé la réécriture du "livre noir" pour le rendre plus percutant, la BBC a rapporté hier, citant "une source proche des renseignements britanniques", que le texte préliminaire du dossier "a été renvoyé de six à huit fois" au Joint Intelligence Committee pour qu'il soit formulé avec plus de mordant. Blair lui-même y a été impliqué à un certain moment, a ajouté cette source.
Deux enquêtes parlementaires vont s'ouvrir sur cette question. Les libéraux démocrates continuent de réclamer une enquête indépendante et exhaustive. Les conservateurs ont soumis leur propre motion, qui réclame une enquête judiciaire. S'il s'avère qu'il s'est trompé, Tony Blair devra partir, a estimé hier Denis Healey, ancien ministre travailliste.
Côté américain, Paul Wolfowitz, épinglé la semaine dernière par la revue Vanity Fair, est à nouveau au centre de la polémique irakienne pour des propos tenus à Singapour, publiés en Allemagne, et repris à Londres. "Le pétrole était la raison principale de la guerre contre l'Irak", lui fait dire le Guardian de mercredi.
Le texte d'une conférence de presse tenue à l'issue d'un Sommet sur la sécurité en Asie le week-end dernier, diffusé dans le cadre du débat sur le Web, montre que Wolfowitz, secrétaire adjoint la Défense, répondait à une question sur la différence d'attitude de Washington face à l'Irak ( guerre préventive ) et à la Corée du Nord ( diplomatie ).
"Nous n'avions pas d'options économiques contre l'Irak, qui flotte sur une mer de pétrole. La Corée du Nord est pauvre et chancelle au bord de l'effondrement économique, cela nous donne un point d'appui majeur", a-t-il répondu.
Mais au lieu d'en rester là, le faucon de l'administration Bush a relancé la polémique en insistant sur les ADM de l'Irak et son soutien au terrorisme. "Ce régime menaçait notre sécurité et on ne pouvait pas vivre avec ça", a-t-il ajouté. À Vanity Fair, il avait dit, entre autres, que l'argument des ADM était "le seul sur lequel tout le monde était d'accord".
Bush, qui a survolé Bagdad hier à 30 000 pieds avant de se rendre au Qatar, est accusé entre-temps par le Washington Post de vouloir justifier la guerre contre l'Irak en citant la découverte de deux semi-remorques dotés de cuves de fermentation et susceptibles de servir de laboratoires mobiles pour fabriquer des armes chimiques et biologiques comme les ADM tant recherchées.
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"Pas bon pour nous" - Un député bloquiste démolit la proposition de Landry
Raymond Giroux
Le Soleil 16.12.2002
Le modèle de l'Union européenne régulièrement proposé par Bernard Landry pour régler la question nationale ne peut se transposer dans la future relation entre le Québec et le Canada, soutient le député bloquiste de Charlesbourg, Richard Marceau. " Ce n'est pas un bon modèle pour nous ", dit-il en entrevue au SOLEIL.
Le type d'intégration en vigueur à Bruxelles et plus encore dans le contexte de son élargissement vers l'est, selon lui, ne permettrait même pas au Québec d'occuper un siège comme nation souveraine au prochain Sommet des Amériques, ce qui est justement l'un des objectifs du premier ministre.
La Commission européenne négocie les accords commerciaux au nom des pays membres, dit-il, même si elle tient ses mandats des différents gouvernements. " Sa signature lie tous les pays, et ce serait la même chose pour les négociations de l'Organisation mondiale du commerce. "
LE SOLEIL rencontrait M. Marceau dans le contexte du Sommet européen de Copenhague, qui s'est tenu la semaine dernière, pour étudier le dossier de l'élargissement de l'Union de 15 à 25 membres.
Invité par l'Union européenne le printemps dernier, M. Marceau en a étudié attentivement le fonctionnement actuel et ses orientations nouvelles et suit de très près les événements.
Il compte maintenant répandre son message aux souverainistes dans le cadre d'un futur Forum sur les partenariats entre États souverains que pourrait mettre sur pied le Parti québécois lors de son congrès d'orientation de mars prochain.
" J'invite les gens à étudier l'ensemble des modèles possibles, dit-il, et dans ce débat, je pense que le modèle européen ne fonctionnera pas pour nous. "
Comme première étape de ce processus révisionniste, la propre association de comté du député a déjà voté une résolution selon laquelle l'Europe ne peut servir de modèle pour une relation entre le Québec souverain et le Canada. Cette résolution se retrouvera sur le parquet du congrès du Bloc québécois, en avril prochain.
Ce ne sera pas la première réflexion de fond que provoque M. Marceau dans le clan souverainiste, sa proposition de laisser tomber le dollar canadien pour une future monnaie commune des Amériques ayant finalement été acceptée par les militants du Bloc québécois et soutenue activement par Jacques Parizeau.
M. Marceau est revenu de son stage convaincu que ce modèle ne peut fonctionner avec seulement deux partenaires car le rapport de force y serait disproportionné, à moins d'accorder un droit de veto au plus petit des deux.
Le modèle européen est de plus " compliqué, lourd et jusqu'à maintenant assez peu démocratique ", selon lui.
Le député de Charlesbourg tient à préciser qu'il n'a absolument aucun problème avec le principe de partenariat entre pays souverains. " J'ai appuyé le libre-échange dès le départ, et M. Landry également ", souligne-t-il.
Sa proposition n'attaque personne, dit-il, pas plus M. Landry qu'un autre : " Nous sommes tous souverainistes. " Les deux hommes n'ont d'ailleurs pas encore discuté directement de la question.
" Le modèle pourrait peut-être fonctionner à 10, dit le député, mais je ne redessinerai pas le Canada d'après l'indépendance du Québec. Ils feront ce qu'ils voudront, mais nous sommes mal placés pour leur dire quoi faire. Je ne vois personne au Canada anglais qui soit prêt à accepter " une telle proposition.
Le Bloc québécois a d'ailleurs déjà inscrit à son programme l'idée que le partenariat va se négocier après la souveraineté. " Nous ne pouvons déterminer d'avance le résultat de la négociation, dit-il. Nous sommes tout à fait ouverts, et ma proposition ne contredit celle de personne au Bloc ", assure M. Marceau.
De plus, croit-il, " la mondialisation fait en sorte que la nécessité du partenariat avec le Canada devient moins importante qu'auparavant ".
M. Marceau travaille plutôt en direction de la Zone de libre-échange des Amériques, à la condition qu'elle comprenne le respect des droits des travailleurs, une charte sociale et des droits environnementaux. Il ne veut pas d'une simple zone de commerce.
RGiroux@lesoleil.com
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Les fruits pourris du bouchardisme
Pierre De Bellefeuille
LE COUAC NOVEMBRE 2001
Pauvre Bernard Landry, qui récolte les fruits pourris du bouchardisme: le rapport Larose et les élections partielles! Comble de malheur, les grands projets économiques du premier ministre s’effondrent comme les tours jumelles de New York. Le ralentissement, pour ne pas dire la récession, bloque l’essor technologique de Montréal.
D’abord le rapport Larose, qui avait été commandé par Lucien Bouchard. Ce document est une honte. Verbeux, mal pensé, il suinte la prétention et l’aveuglement de son – ou ses – auteurs. Avec une suffisance sans pareille, on écarte du revers de la main l’apport essentiel de la démographie au débat sur la langue. Cela permet de ne tenir aucun compte de la très inquiétante tendance à la minorisation des francophones à Montréal. Pour toute explication, une pirouette: Larose, reprenant un des thèmes préférés des antiquébécois, affirme que la société québécoise est «frileuse».
Délirant de «political correctness», le rapport affirme que les Anglo-Québécois acceptent maintenant le français comme langue commune au Québec. C’est à croire que les commissaires des états généraux de la langue française – quel titre ridicule! – ne vont jamais à l’ouest de la rue University, et surtout pas à Westmount où le boulevard René-Lévesque s’appelle encore Dorchester, ni à Côte-Saint-Luc où plusieurs des rares francophones s’anglicisent pour survivre.
Cette prétendue évolution des attitudes angloquébécoises a été contredite le 27 août lorsque Jack Jedwab, professeur à McGill, a divulgué une étude de l’Institut Missisquoi montrant qu’il n’y a pas eu une «évolution significative des attitudes et des opinions des Québécois anglophones».
Bible bonne-ententiste, le rapport Larose compte 285 pages et contient 149 recommandations. Le gouvernement, devant ce fouillis, pourra n’en faire qu’à sa tête. Or rien n’indique que dans les hautes sphères du pouvoir, on aborde avec l’indispensable rigueur la question linguistique. Cette rigueur est plutôt le fait des militants de Montréal-Centre, dont le «bunker» tient à se démarquer.
Faisant diversion, le rapport Larose nous entraîne sur deux voies d’évitement: le fastidieux débat sur la citoyenneté, qui apparaît ici comme un succédané de la souveraineté, et la question de la qualité de la langue, question importante mais qui a peu à voir avec celle qui avait été confiée aux «états généraux», c’est-à-dire le statut du français.
Les partielles
La perte de Jonquière et Laviolette. L’effondrement du vote péquiste dans Blainville – malgré la brillante candidature de Richard Legendre – et dans Labelle. Les faux souverainistes comme l’ancien ministre Claude Charron se sont empressés de proclamer que la perspective d’un référendum sur la souveraineté était «un boulet aux pieds» de Bernard Landry. Celui-ci a d’abord hésité, comme s’il oubliait que le parti québécois n’a pas d’autre raison d’être que la souveraineté, puis il a semblé se raviser. On peut souhaiter qu’il se remette du choc et redouble ses efforts de promotion de l’émancipation nationale, plutôt que d’imiter Lucien Bouchard et d’attendre que le salut tombe du ciel.
La mise en veilleuse de l’option serait une solution de facilité. Elle ne tiendrait pas compte du devoir de ténacité et de détermination qui est le lot des souverainistes. Après les autres mesures de temporisation qui ont marqué les vingt-cinq dernières années, elle ferait reculer la cause dans l’opinion.
Un remaniement?
Selon les journaux, le premier ministre souhaitait remanier le conseil des ministres. Or, disent les chroniqueurs, les cinq ministres destinés à redevenir simples députés ont menacé de démissionner, ce qui, à défaut d’élections générales, provoquerait des partielles. De quoi semer la panique au «bunker»!
J’ai peine à croire que Louise Beaudoin, Paul Bégin, Jacques Brassard, Guy Chevrette et David Cliche aient sombré si bas dans le carriérisme. Pareil chantage révélerait que le goût du pouvoir a supplanté la volonté de servir. Le député, élu du peuple, est le garant de notre démocratie.
Le ministre n’est l’élu que d’un seul homme, selon son bon plaisir. Céder devant cette menace, si menace il y a, serait, pour le premier ministre, un déplorable aveu de faiblesse.
Les temps sont durs. L’heure n’est pas à la mollesse.
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En attendant Godot
Pierre De Bellefeuille
LE COUAC juin 2003
Les bricoleurs de partenariats et autres associations n'apprendront donc jamais! Dans la conquête de l'indépendance nationale nous voilà renvoyés à la case départ. Les plaidoyers pour l'union future et conditionnelle avec le CHQ (Canada hors Québec) - comme celui de Michel Seymour dans Le Devoir du 16 mai - n'ont aucune pertinence. C'est nous inviter à attendre Godot.
Bien sûr, on peut y trouver un certain plaisir intellectuel. Ou un réconfort si l'on craint que le Québec libre ne sache pas naviguer dans des eaux internationales agitées. Mais pour le moment, deux questions infiniment plus pertinentes se posent aux indépendantistes
- comment convaincre les Québécois de transformer leur «province» en un pays souverain, et - quelles seront les institutions de ce pays libre?
Ces deux questions sont en réalité liées étroitement. Pour beaucoup de Québécois, l'indépendance, c'est le saut dans l'inconnu. Il faut les munir d'un parachute. Cela peut prendre la forme d'une constitution du Québec souverain. Peut-on espérer que l'ex-juge Marc Brière, jadis compagnon d'armes de René Lévesque, qui a lancé récemment le Mouvement pour une nouvelle constitution québécoise (MONOCOQ), corrigera le tir et s'intéressera à la constitution du Québec souverain plutôt qu'à la mise sur papier de la constitution actuelle de notre province sous domination monarchique?
Ce projet ne doit pas être noyé dans des avocasseries. Il ne s'agit pas de fendre les cheveux en quatre, mais plutôt de tracer le portrait précis de ce que sera le Québec souverain, une république, bien sûr, mais quelle sorte de république? Quelles valeurs fondamentales? Quelle sorte de parlement? Comment sera réalisée la séparation des pouvoirs? De quoi l'exécutif sera-t-il constitué? Quel mode de scrutin?
Les souverainistes mous prétendent que l'introduction du partenariat dans la question référendaire de 1995 a mené à une quasi-victoire. Cela est douteux. Il paraît plutôt certain que ce qui a provoqué un progrès marqué de l'appui à l'indépendance c'est le fait que trois chefs politiques se soient unis pour la soutenir, Parizeau, Bouchard et Dumont, alors que la campagne du non n'avait pas de figures de même importance à sa tête.
Notons à cet égard que beaucoup de commentateurs ont été très injustes envers Jacques Parizeau chez qui ils voient les petits défauts mais pas les grandes qualités, Cela prenait de la grandeur d'âme pour céder la vedette à Lucien Bouchard dont le magnétisme, peu après, allait malheureusement faire long feu.
On ne peut évidemment pas s'opposer à l'idée qu'une fois devenu souverain, le Québec voudra négocier avec le CHQ des ententes mutuellement avantageuses. Coupé en deux, le CHQ aura lui aussi besoin d'ententes, mais avant de négocier, il devra d'abord calmer sa colère. Il y a donc fausse représentation, pour ne pas dire tricherie, à décrire dès maintenant une association qui sera non pas
la traduction de nos seules volontés mais le résultat de négociations serrées.
Et insister sur le partenariat, dans une éventuelle campagne référendaire, aurait pour effet de pousser les tenants du non à jurer leurs grands dieux qu'il n'y aura jamais de partenariat. Comme en 1980 et en 1995. Commençons donc par le commencement: nous munir des instruments voulus, partis politiques et autres, pour convaincre les Québécois de la valeur de l'émancipation nationale.
Cela prendra le temps qu'il faudra.
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