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Un peu de prudence devant les «Magdalene Sisters»!
Rosemarie Bélisle
Société d'histoire d'Oka
LE DEVOIR jeudi 24 juillet 2003
Libre opinion: Je fais partie de la Société d'histoire d'Oka et, pour des raisons qui sont liées à l'histoire de ma région, j'ai lu dernièrement The Awful Disclosures of Maria Monk, ce texte incendiaire paru en 1835 à New York, qui accuse les religieuses de l'Hôtel-Dieu de Montréal de tenir un bordel pour les prêtres de Saint-Sulpice.
Dans ce texte, Maria Monk accuse notamment le père Phelan, sulpicien d'origine irlandaise, d'être le père de son enfant illégitime. Elle accuse Mgr Lartigue, alors évêque de Montréal et premier Canadien français admis chez les sulpiciens, d'avoir participé au meurtre d'une religieuse et prétend que de nombreuses religieuses de l'Hôtel-Dieu (tenu par les Soeurs de la Charité) disparaissent mystérieusement sans qu'on sache ce qui leur est arrivé, insinuant qu'elles finissent toutes par être assassinées. Elle dit que les religieuses sont au service des bas instincts des prêtres et que lorsque, inévitablement, elles finissent par mettre au monde des enfants, ces bébés sont ondoyés dès la naissance puis étranglés et jetés dans un trou creusé dans le sous-sol de l'Hôtel-Dieu et immédiatement recouvert de chaux vive.
Ce texte, publié par une filiale de la maison Harper Brothers créée exprès (pour le cas où il y aurait eu des poursuites en diffamation), a été un best-seller mondial, s'est vendu à plus de 300 000 exemplaires avant 1860 et n'a jamais cessé d'être réédité... L'édition que je viens de lire date de 1971 et il y a des éditions plus récentes encore.
Dans les années 70, à New York toujours, c'est en s'inspirant de cette histoire que le dramaturge John Pielmeier a écrit la pièce Agnes Of God, qui a connu un franc succès à Broadway avant de devenir, en 1985, un film réalisé par Norman Jewison. Ce dernier, d'origine canadienne comme on sait, a bien reconnu l'origine du récit, de sorte qu'il a situé à Montréal le couvent où réside Agnes (cette jeune religieuse innocente de toute chose sexuelle et qui a accouché d'un bébé qu'elle aurait étranglé dès la naissance) et a embauché toute une brochette d'excellents acteurs québécois, dont Gratien Gélinas et Monique Mercure. Dans la scène où Jane Fonda, qui joue l'avocate chargée d'élucider l'affaire, se présente à la porte du couvent, on voit très clairement l'inscription : Couvent des petites soeurs de la Madeleine.
Entre le vrai et la propagande
Le film The Magdalene Sisters, présentement sur nos écrans, a d'abord été (en 1997) un film pour la télévision britannique intitulé Sinners et mettant en vedette la même comédienne, Anne Marie Duff. Ce film était une coproduction de la BBC et de l'Irlande du Nord, détail non négligeable. Malheureusement, il y a derrière toute cette histoire la triste réalité des lavoirs de la Madeleine (Magdalene Laundries) créés en Irlande par les Sisters of the Magdalene Order (on les appelle aussi les Sisters of Charity), dont le dernier a fermé ses portes en 1996.
[...] Bien que cette lamentable histoire de lavoirs soit vraie (comme l'est celle des orphelins de Duplessis), il ne faut pas perdre de vue que ce film, de même que le film Sinners qui l'a précédé, est un pur produit de propagande orangiste et découle de la haine implacable et absolue que voue l'Angleterre protestante à l'Irlande catholique. Depuis la venue au pouvoir de Guillaume d'Orange, en 1688, les protestants, mais surtout l'Angleterre protestante, a pris le dessus dans la guerre de religion que se livraient, depuis 200 ans en Europe, les catholiques et les protestants.
Les Anglos protestants ont le triomphe tout sauf modeste depuis ce temps et les Irlandais du Nord, plus Anglais que les Anglais et loyalistes à tout crin, se font un malin plaisir d'être leur bras armé. L'Ordre d'Orange (qui tient son nom de Guillaume d'Orange justement) célèbre encore aujourd'hui, par des marches bien peu pacifiques, la victoire de leur héros sur l'Irlande catholique lors de la bataille de la Boyne, le 12 juillet 1690. Je vous fais remarquer que le film The Magdalene Sisters sort sur nos écrans la semaine du 12 juillet et a été présenté le samedi 12 juillet en avant-première. [...]
Le Loyal Orange Order et ses Orangistes ont aussi joué un rôle important dans l'histoire du Canada et leur idéologie est encore bien vivante aujourd'hui. Les Québécois, en tant que francophones et catholiques, sont en quelque sorte les Irlandais du Canada et la haine de l'Orangiste pour l'Irlandais catholique nous a éclaboussés plus souvent qu'à notre tour.
L'exploitation de l'Irlande
La sortie de ce film va déclencher un cortège de «shame on you !» adressé à l'Irlande. J'aimerais simplement rappeler que, pendant la famine de 1847, l'Irlande a exporté en Angleterre du beurre, de la crème, du lait, des oeufs, des poulets, des veaux, des boeufs de boucherie, du blé, de l'orge... bref, de quoi nourrir grassement deux fois sa population. Ces exportations servaient à payer les loyers, rentes et autres redevances dus aux propriétaires anglais des terres irlandaises. La seule culture que les Irlandais avaient la possibilité de faire pour se nourrir était celle de la pomme de terre et lorsque la rouille s'y est attaquée, l'Angleterre n'a pas vacillé et a continué de réclamer son dû avec la plus cruelle indifférence.
Aujourd'hui, ce même modèle d'exploitation éhontée afflige l'Afrique et diverses autres régions du Tiers-Monde, car le modèle irlandais (il ne faut pas oublier que l'Irlande a été la première colonie de ce qui allait devenir l'Empire britannique) est aujourd'hui reproduit à l'échelle mondiale. La misère noire dans laquelle a été plongée l'Irlande pendant des siècles et dont elle commence à peine aujourd'hui à se sortir n'était pas tant due à son adhésion au catholicisme, comme la propagande orangiste voudrait nous le faire croire, qu'à l'oppression sans merci que lui a fait subir l'Angleterre. C'est à elle qu'il faut dire : «Shame on you !»

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Ottawa en guerre contre... une chanson !
Luc Potvin
TRIBUNE LIBRE vendredi 25 juillet 2003
Monsieur Frappier,
Jusqu'où le gouvernement d'Ottawa peut-il délirer dans sa lutte contre les indépendantistes ?
Une petite anecdote nous porte à croire qu'il n'y a vraiment pas de limites.
Dimanche dernier, le 20 juillet 2003, j'écoutais bien distraitement l'émission de Jacques Michel sur les ondes de la radio de Radio-Canada, entre 16 et 19 heures. Cette émission s'intitule Amène-toi chez nous.
Soudain, l'animateur attire mon attention en évoquant la Crise d'octobre.
Comme on sait, Jacques Michel fut un chanteur populaire dans les années 70. Aussi, en octobre 70, il se trouvait à Tokyo où il participait à un concours international de la chanson.
Je n'ai pas le verbatim des propos de Jacques Michel. Mais voici, en substance, ce que les auditeurs ont pu entendre.
Avec sa chanson Un nouveau jour va se lever, Jacques Michel a remporté le deuxième prix à ce concours. Or, après la remise du prix, un juge français lui a confié que sa chanson méritait le premier prix et qu'elle l'aurait obtenu n'eussent été des pressions exercées par l'ambassade canadian au Japon.
En pleine Crise d'octobre, le gouvernement Ottawa s'est soucié d'une chanson présentée à un concours à Tokyo ! Aussi, la jugeant sans doute par trop subversive, il a manoeuvré pour qu'on ne lui décerne surtout pas le premier prix !
Incroyable, mais vrai.
Car il n'y a pas lieu de mettre en doute la parole de Jacques Michel. Plus de 30 ans après l'événement, quel intérêt aurait-il à dire là-dessus autre chose que la vérité ? Et puis, tant d'honnêtes gens ont subi la médecine d'Ottawa en octobre 70, alors pourquoi une pauvre chanson n'y aurait-elle pas goûté, elle aussi ?
Des gens ont peut-être eu vent de cette petite histoire de Tokyo avant aujourd'hui. Ce n'est toutefois pas mon cas. Du reste, je doute que Jacques Michel en ait parlé publiquement avant dimanche dernier.
Sinon, il me semble qu'on aurait dû se servir à profusion de cette affaire. D'abord pour se moquer de la paranoïa qui s'empare parfois du gouvernement fédéral. Mais aussi, plus sérieusement, pour souligner à quel point, face au Québec et au mouvement indépendantiste, Ottawa peut sombrer dans un délire purement totalitaire.
En tout cas, si c'était bien la toute première fois, dimanche dernier, qu'on a parlé publiquement de cette histoire-là, alors il est consternant que la presse en général n'y ait pas fait le moindre écho le lendemain ou dans les jours suivants.
Ottawa en guerre contre... une chanson ! C'est drôle, mais il vaut peut-être mieux ne pas se contenter d'en rire, car, au fond, une affaire comme celle-là révèle toute l'ampleur et toute l'intensité du fanatisme anti-Québec et anti-indépendantiste.
Luc Potvin
Montréal
lpotvin_2000@yahoo.fr
PS : Qu'est-ce qu'Ottawa pouvait bien trouver de si subversif dans la chanson de Jacques Michel ? Pour en avoir une idée, voici donc le texte de cette chanson :
UN NOUVEAU JOUR VA SE LEVER
paroles et musique: Jacques Michel
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son soleil
Brillera pour la majorité qui s'éveille
Comme un enfant
Devenu grand
Avec le temps
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son regard
Se moquera de l'autorité de César
Car les enfants
Défient les grands
Quand vient le temps
Le temps de l'esclavage
Le temps du long dressage
Le temps de subir est passé
C'est assez
Le temps des sacrifices
Se vend à bénéfice
Le temps de prendre est arrivé
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son soleil
Brillera pour la majorité qui s'éveille
Comme un enfant
Devenu grand
Avec le temps
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son regard
Se moquera de l'autorité de César
Car les enfants
Défient les grands
Quand vient le temps
Le temps des révérences
Le temps du long silence
Le temps de se taire est passé
C'est assez
Le temps des muselières
Se meurt dans la fourrière
Le temps de mordre est arrivé
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son soleil
Brillera pour la majorité qui s'éveille
Comme un enfant
Devenu grand
Avec le temps
Viens
Un nouveau jour va se lever
Et son regard
Se moquera de l'autorité de César
Car les enfants
Défient les grands
Quand vient le temps
(figure sur l'album Jacques Michel: rétrospective - Mérite 22-1007)

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Summer blockbuster offers gifts of hope and freedom
JOSEE LEGAULT
The Gazette Friday, July 25, 2003
In this era of growing cynicism, La Grande séduction (Seducing Doctor Lewis) is a veritable gift. This gem of a movie is a ravishingly witty, deliciously funny ode to all the men and women who struggle to keep their dignity afloat in this modern world.
The story is simple enough and rings true at a time when some regions are having trouble just surviving. It takes place in Ste. Marie la Mauderne, a fictitious, close-knit Lower North-Shore fishing village of 125 souls where every man, including the mayor, has been on welfare for years. In order to get a businessman to build a tiny plastics plant so that they can kiss their welfare cheques goodbye, villagers must first attract a doctor from Montreal to sign up as their physician for five years.
The operation is headed by a trio of resourceful villagers who resort to harmless shenanigans to seduce a young doctor into settling in Ste. Marie. Be it tapping the doctor's phone to find out what he likes so they can fulfill his desires, or planting money on the ground to put a smile on his face, the goal is to get the village to come alive again.
Even when they hand a $50,000 bribe to the businessman to choose their village over another, you can't help but think it's a very small amount compared to what is probably offered in real life. (Remember when former minister Guy Chevrette revealed he had once been offered a suitcase with a $500,000 bribe - that he refused?)
But shenanigans or not, this film is all about dignity. Dignity that is lost when economic circumstances stifle entire towns, leaving nothing but exodus or social aid. And dignity that is found when you can get good work or, as one of the characters puts it: "You can finally tell the government to shove its social-assistance cheque where the sun don't shine."
Those who think men and women choose to be on welfare get an earful when the same character adds: "When you get your cheque on the first of the month, it's not only money you get; it's also shame. You get money for a couple of weeks but shame enough to last you through the whole month."
La Grande séduction is also about happiness in the real world. It's about family, friends and being able to make a decent living in the place where you were born and which you love. It's about tradition in an age where discontinuity feels like the only constant.
On a more political and social level, it's about respect for those who work hard, really hard, to make a modest living and for their ancestors. This respect comes alive in the breathtakingly beautiful opening scene where one character, on the eve of getting his welfare cheque, dreams he is a boy again, watching his father and the other villagers leave at dawn for their 14-hour days of fishing.
Though the subject matter is serious, screenwriter Ken Scott and director Jean-François Pouliot still manage to tell the story with laughter, lots of it. But it's laughter with a social conscience. La Grande séduction is a lot like those great Frank Capra classics: a comedy with a heart and a soul, a movie that laughs along with its characters, not at them.
In other words, it's the antithesis of Les Invasions barbares, the Denys Arcand film. Arcand's baby-boomer "intellectual" characters are self-centred, financially spoiled and profoundly cynical, almost hopeless, toward life and people. Those in La Grande séduction are also baby-boomers, but they radiate hope, respect for hard work and selflessness for the common good. That might sound a bit pretentious, but the movie brings it down to a very human scale.
So it's only fitting that in its first weekend running in Quebec, La Grande séduction beat out the Walt Disney blockbuster Pirates of the Caribbean with a record box-office take of $920,000 - the only place in North America where Disney failed to triumph.
But the film's success also has a lot to do with the magic of Harrington Harbour, the village, founded by Newfoundlanders in 1830, where the movie was shot. In a lovely "making-of" documentary by Bruno Blanchet, one of the actors in the movie, he asks a woman who works in Harrington Harbour what it is exactly people find there. "Freedom," she replies. Just freedom.
So at the end of the day, La Grande séduction is really about freedom. The freedom to be real. Not too shabby for a summer blockbuster.

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Provigo va centraliser à Toronto ses achats de fruits et légumes
Laurier Cloutier
La Presse vendredi 25 juillet 2003
PROVIGO a semé l'inquiétude chez plusieurs producteurs maraîchers du Québec par sa décision de centraliser ses achats de fruits et légumes à Toronto, dès le 7 septembre.
Longtemps associée à l'entrepreneuriat du Québec, Provigo n'avait donné aucun indice d'une telle décision et a provoqué d'autant plus la surprise qu'elle investit 23 millions de dollars pour agrandir son centre de distribution de l'arrondissement de Boucherville, à 350 000 pieds carrés.
Pierre Michaud, président du conseil de Provigo, et Bernard J. McDonell, président et chef de la direction, n'étaient pas disponibles et n'ont pas rappelé La Presse Affaires hier.
L'annonce aux producteurs, la semaine dernière, a soulevé tellement de craintes qu'ils ont sonné l'alarme chez leurs dirigeants d'associations, selon l'hebdomadaire La Terre de chez nous. Provigo a toutefois participé à une rencontre de l'Association des jardiniers maraîchers, vendredi dernier, pour mettre fin au "téléphone arabe", selon la porte-parole de la chaîne, Josée Bédard, et dans l'espoir de rassurer ces fournisseurs.
L'achat de Provigo par Loblaw au prix de 1,78 milliard, en décembre 1998, avait déjà provoqué de l'inquiétude, mais avant de signer la transaction, le leader de la distribution alimentaire au Canada a fini par donner la garantie de maintenir les achats de Provigo au Québec durant une période minimale de sept ans, jusqu'en 2005. Provigo a formé un comité indépendant de vigie, pour vérifier ses achats au Québec, qui ont atteint 3,08 milliards en 2002, en hausse de 640 millions, ou 26,3 %, sur ceux de 1998, a précisé Josée Bédard.
La veille de la rencontre de vendredi, Provigo s'est en outre engagée auprès de la Fédération des producteurs maraîchers du Québec à augmenter de 10 % leur part du marché québécois des fruits et légumes.
Durant la rencontre, les représentants de Provigo ont indiqué à leurs 350 fournisseurs que le déménagement à Toronto pourrait leur ouvrir d'autres portes de magasins Loblaws, dans les Maritimes et en Ontario. Ils ont déjà accès à quelques-uns d'entre eux depuis 2000. La langue d'affaires avec les acheteurs de Toronto soulève également de l'inquiétude. De petits producteurs, ayant déjà de la difficulté à joindre les acheteurs de Provigo au Québec, craignent d'être noyés dans la grande entreprise de Toronto.
Daniel Tremblay, vice-président aux approvisionnements et à la mise en marché de Provigo, et André Théroux, directeur principal des achats, ont tout de même rassuré Michel Sauriol, président de la Fédération des producteurs, et Pierre Hubert, président de l'Association des jardiniers maraîchers.
"On a déjà vu ça ailleurs. Costco a déménagé ses achats de Montréal à Ottawa, mais ça se passe bien", déclare Louise Tardif, directrice de la Fédération des producteurs.
"Costco a soulevé la controverse en 2002 quand elle a choisi des maraîchers de l'extérieur pour approvisionner ses magasins du Québec, mais les affaires se sont considérablement améliorées. Un plus grand nombre de maraîchers locaux vendent à Costco depuis un an", renchérit André Turenne, directeur général de l'Association des jardiniers maraîchers.
"C'est clair que les relations acheteurs-vendeurs changent et deviennent moins personnelles, ajoute Louise Tardif. C'est important de se connaître et de voir les produits."
"Les maraîchers ont exprimé franchement leurs inquiétudes, sur l'exploitation journalière, mais Boucherville va continuer de jouer un rôle", ajoute André Turenne.
De six à huit acheteurs de Provigo pourraient accepter de déménager à Toronto, d'ici quelques semaines. Leurs patrons vont travailler à partir de Toronto et de Montréal. Les bons de commande vont venir de Toronto, confirme Josée Bédard. Le directeur principal des achats, André Théroux, va diriger la petite équipe d'acheteurs qui restent à Boucherville.

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Erreur ou mensonge ?
Gilbert Lavoie
Le Soleil vendredi 25 juillet 2003
Éditorial - La frénésie médiatique entourant la mort de l'expert en armement britannique David Kelly ne devrait pas détourner l'attention du véritable enjeu : les gouvernements britannique et américain ont berné la communauté internationale sur la menace présumée de l'Irak. Leurs exagérations ont mené à une intervention militaire qui a certes chassé un tyran du pouvoir, mais qui a également fait des milliers de victimes chez les civils et les militaires.
Quand on pense qu'un président américain, Richard Nixon, a été forcé de démissionner à cause d'une entrée par effraction visant à espionner ses adversaires démocrates, on se demande bien comment l'opinion publique américaine peut tolérer ce qui apparaît de plus en plus évident : une intervention militaire déclenchée sous de fausses représentations, ou à tout le moins sans motifs crédibles.
La question qui se pose dorénavant n'est plus de savoir si on nous a induit en erreur, mais plutôt de déterminer à quel niveau cette mise en scène a été orchestrée. En d'autres mots, le président était-il au courant ? Même question pour le premier ministre britannique Tony Blair.
À cet égard, le décès du docteur David Kelly permettra peut-être de jeter un peu de lumière. Et il faut bien parler de décès pour le moment. Même si la police britannique a conclu au suicide, les circonstances qui ont mené à la mort du scientifique comportent des enjeux tellement énormes qu'il ne faut écarter aucune hypothèse. D'ailleurs, c'est pour dissiper tout doute qu'on a demandé une enquête sur cette affaire.
Le mandat confié au juge, Lord Hutton, est très restreint : mener de façon urgente une enquête sur les circonstances entourant la mort du Dr Kelly. Mais les " circonstances " en question ne se limitent certainement pas à la manière dont le scientifique se serait ouvert les veines. Déjà, le premier ministre Blair a tenté, lundi, de circonscrire ce mandat aux causes du décès. Lord Hutton l'a heureusement rappelé à l'ordre en déclarant que lui seul déterminerait l'ampleur de son enquête.
Mais c'est à Washington et non pas à Londres que la véritable question doit être posée. Les médias américains ont fait un plat en apprenant que le président avait erré en affirmant que l'Irak avait tenté d'acheter de l'uranium d'un pays africain, dans son discours sur l'état de la nation, le 28 janvier. Le président a fait porter le blâme à la CIA, qui l'a accepté... évidemment !
Mais l'administration américaine a fait des déclarations erronées bien plus graves pour justifier la guerre, et dans une enceinte encore plus prestigieuse, celle des Nations unies. Où sont donc les armes chimiques, les convois motorisés et les rampes de lancement que le secrétaire d'État Colin Powell a présentés avec tant d'éloquence lors de son témoignage devant le Conseil de sécurité, au début février ? Plus le temps passe, plus il devient évident que la Maison-Blanche a d'abord décidé de son intervention en Irak, et qu'elle a demandé ensuite à la CIA de trouver des raisons pour justifier sa décision.
Le doute est en train de s'installer dans l'opinion publique américaine, au fur et à mesure que l'après-guerre continue de faire des victimes parmi les troupes d'occupation en Irak. Et ce n'est pas la mort, mardi, des fils de Saddam Hussein qui empêchera la communauté internationale et le peuple américain de demander des comptes à la Maison-Blanche. George Bush croyait avoir gagné la guerre, il n'a remporté qu'une bataille. Tout comme dans le cas du Viêtnam, c'est l'opinion publique qui sera son juge.

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Amnistie internationale et le conflit israélo-palestinien
Norman King
Coordonnateurs du dossier Israël/Territoires occupés/Autorité palestinienne - Amnistie internationale, section canadienne francophone - Montréal, le 20 juillet 2003
Joyce Sahyouni
Coordonnateurs du dossier Israël/Territoires occupés/Autorité palestinienne - Amnistie internationale, section canadienne francophone - Montréal, le 20 juillet 2003
LE DEVOIR vendredi 25 juillet 2003
Lettres: Nous avons lu avec intérêt les opinions émises dans les pages du Devoir depuis quelques semaines au sujet du conflit israélo-palestinien. Les auteurs écrivent des textes éloquents et passionnés pour défendre leur point de vue, mais en même temps il manque dans ces textes des éléments d'analyse critique de la partie qu'ils défendent.
Nous voulons donc présenter la position d'Amnistie internationale devant ce conflit dans le but d'offrir aux lecteurs du Devoir une analyse non partisane ayant comme principal objectif la protection des droits humains des peuples palestinien et israélien.
La philosophie de base qui guide nos interventions dans le cadre du conflit israélo-palestinien et dans tout autre conflit se résume comme suit : quelle que soit la cause au nom de laquelle les gens combattent, il n'existe aucune raison qui puisse justifier des attaques directes contre des civils. En conséquence, Amnistie internationale exhorte les autorités des deux parties au conflit à agir pour mettre fin aux atteintes aux droits humains.
Plus spécifiquement, nous croyons que le gouvernement israélien doit s'assurer que l'armée israélienne cesse d'utiliser la force excessive visant les civils palestiniens non armés, qu'elle mette fin aux exécutions extrajudiciaires et aux attentats ciblés et qu'elle cesse toutes les autres mesures punitives contre le peuple palestinien (bouclages, couvre-feu, destruction de maisons et de terrains, etc.).
Nous croyons aussi que l'Autorité palestinienne doit prendre les mesures nécessaires pour empêcher les groupes armés palestiniens basés dans les territoires sous sa juridiction de perpétrer les attaques contre les civils israéliens et de s'assurer d'une supervision efficace de telles mesures.
Enfin, nous croyons que les dirigeants des deux parties au conflit doivent prendre les mesures nécessaires afin de s'assurer que des enquêtes rapides et impartiales soient effectuées dans tous les cas d'homicide et que les personnes responsables de ces crimes soient traduites en justice par des procès qui respectent des normes internationales d'équité.
Malgré quelques pas timides faits dans le cadre de la feuille de route, nous sommes d'avis que les parties au conflit ne pourront pas arriver seules à implanter les recommandations formulées par Amnistie internationale et d'autres groupes visant à mettre fin à la violence au Proche-Orient. C'est pour cela que nous avons interpellé le gouvernement canadien à plusieurs reprises afin qu'il joue un rôle plus actif visant le déploiement des observateurs internationaux dûment et clairement mandatés pour veiller au respect des droits humains, car selon nous il n'y aura ni paix ni sécurité sans respect des droits humains.
Nous invitons les gens intéressés à faire des gestes concrets visant un plus grand respect des droits humains dans le cadre du conflit au Proche-Orient ou d'autres (ex. : Tchétchénie, République démocratique du Congo, Colombie, etc.) à contacter la section canadienne francophone d'Amnistie internationale à Montréal ou à visiter notre site Internet pour en savoir plus.

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Roy made right moves in trimming SGF
The Gazette Friday, July 25, 2003
Éditorial -
Another well-deserved blow has struck home at the Société générale de financement, the Quebec government's bloated and ill-conceived tool for "investing" taxpayers' money in favoured corporate boondoggles.
The first stroke in the Liberal government's attack on this vast corporate-welfare program came shortly after the April Quebec election, when the Liberals turfed out chairman and CEO Claude Blanchet, who just happened to be married to Pauline Marois, the Parti Québécois finance minister. Blanchet left in a shower of money - an $80,000-a-year pension for life after six years of undistinguished office-holding - but at least he left. The second blow landed in the Liberal budget, when Marois's successor, Yves Séguin, chopped $346 million out of the SGF's annual transfusion of public money, pending a full-scale review of the agency's value to taxpayers and the economy.
The new SGF chief, Henri Roy, showed this week he has, as the pop-psych gurus say, internalized the message: The SGF chopped away five of its 10 divisions, giving five of the 14 top executives their walking papers in the process. Roy doesn't have a mandate to shut down the SGF altogether, but Premier Jean Charest does, and we await with eagerness the first findings, expected by Halloween, of the study group Séguin set up. This review will, we trust, be a sort of show trial, because the verdict is already in: The SGF must go.
The Liberals have made some noises about a much-smaller SGF being of use in "the regions," those vote-rich but job-poor perennial obsessions of Quebec's elected leaders. That's politics for you. As far as we're concerned, however, there's no role for the SGF at all.
Consider: Last year, for example, the SGF took $700 million and "invested" in minority shares - up to 49 per cent - in favoured Quebec companies. Including other holdings amassed over the years, and the stock market being what it was, the Société lost more than $300 million last year. (The balance sheet looked a little better, showing a loss of merely $172 million, because a couple of solid assets were sold off.)
After all, defenders might say, the SGF doesn't exist to make a profit, exactly. (That's just as well. Over five years, covering a considerable stock market run-up as well as the bust, the SGF's rate of return on investment was a mere 1.1 per cent a year.)
Actually, this argument is akin to the software engineer's joking claim "it's not a bug; it's a feature." Taking tax money to subsidize companies that even with the subsidy don't make money is just perverse. Having an intensely political agency (remember Mr. Marois?) pick and choose among corporate supplicants is no way to create efficient firms. It's not a coincidence prominent business groups have spoken clearly and repeatedly against the SGF's version of activism.
Roy's move this week was an appropriate interim measure; it's the government's role to take more drastic steps. The SGF, plus its cousins Investissment Quebec and the various Innovatechs, all belong on the bureaucratic equivalent of death row. Good riddance, we say.