
»» PQ - congrès d'orientation
STRATÉGIE RÉFÉRENDAIRE
Collision frontale entre Legault et Marois
Le PQ est dans le rouge
Denis Lessard
La Presse mercredi 1 octobre 2003
Québec - Sur quoi portera le prochain référendum? Les prétendants à la succession de Bernard Landry - Pauline Marois et François Legault - ont eu une collision frontale hier, à deux semaines du premier conseil national du PQ depuis la défaite du 14 avril.
Avec des finances serrées- le PQ est dans le rouge pour près de 500 000 $, a appris La Presse, et a dû réduire d'une dizaine le nombre de ses employés-, le conseil national du 18 octobre ne durera qu'une journée au lieu des deux habituelles, une économie d'une dizaine de milliers de dollars.
Pour François Legault, une fois reporté au pouvoir, le Parti québécois se devra de présenter un projet "cohérent" à la population. "Il faudra être clair avec la population, leur dire que si notre projet de société leur plaît, ils doivent nous donner les outils, c'est-à-dire avoir 100 % de nos revenus, puis ça s'appelle la souveraineté", a soutenu M. Legault, au lendemain de la publication d'une lettre dans les journaux proposant la publication d'un "budget de l'an 1" dans la stratégie souverainiste.
M. Legault, qui avait appuyé l'idée d'un référendum sur le rapatriement de points d'impôt, ne voit pas de contradiction avec sa position actuelle. À l'époque, on était encore trop proche du référendum de 1995. Aujourd'hui, le prochain rendez-vous référendaire pourrait avoir lieu en 2007 ou 2008; il se sera alors écoulé une douzaine d'années entre les deux consultations, plaide-t-il.
M. Legault a mis le feu aux poudres dans une lettre ouverte hier, en concluant qu'il n'était plus temps de "méditer à d'hypothétiques référendums sectoriels", précisément la solution prônée par sa rivale Pauline Marois.
Coïncidence étrange, Mme Marois s'est pointée hier au parlement dans les secondes suivant le point de presse de M. Legault pour répliquer à son collègue.
Pas question pour elle de perdre de vue l'objectif de la souveraineté du Québec, "mais on ne peut pas attendre le grand soir en regardant reculer le Québec". Selon elle, il faut comprendre que la population, tout en n'étant pas prête à appuyer la souveraineté, approuverait que le gouvernement du Québec défende ses compétences en obtenant l'appui de la population sur certaines questions. "Je veux un déblocage, c'est cela la stratégie", a-t-elle dit.

»» PQ - congrès d'orientation
L'éventuelle course à la direction du Parti québécois
- Accrochage entre ambitieux dans les couloirs de l'Assemblée nationale
François Legault et Pauline Marois ferraillent sur la question des référendums sectoriels
Robert Dutrisac
Le Devoir mercredi 1er octobre 2003
Québec -- Les deux candidats potentiels à la direction du Parti québécois, Pauline Marois et François Legault, ont croisé le fer, hier, sur l'opportunité de tenir ou non des référendums sectoriels en attendant le Grand Soir de l'accession à la souveraineté.
Au cours d'un point de presse, le député de Rousseau et porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, François Legault, a profité du fait qu'il commentait la synthèse des opérations financières du gouvernement présentée hier, pour s'en prendre à l'incohérence des souverainistes qui, comme Mme Marois, proposent que l'on tienne des référendums sur autre chose que la souveraineté.
«La prochaine fois, il faudra être cohérent et clair avec la population», a avancé M. Legault lors d'un point de presse en reprenant les idées qu'il a exposées dans un texte publié hier dans des quotidiens québécois, dont Le Devoir. «Ce n'est pas le temps de faire des compromis, de dire qu'on fera des moitiés, des quarts de référendum», a-t-il ajouté.
Pour M. Legault, il faut dire «la vérité» à la population qui demande au gouvernement du Québec «de faire de la magie». Si le projet de société proposé par le Parti québécois plaît à la population, elle devra donner à un futur gouvernement péquiste les outils pour le réaliser. «Et les outils, c'est d'avoir 100 % de nos revenus. Ça s'appelle la souveraineté du Québec.» Il en va, selon lui, de la pérennité des services publics québécois.
«On a quatre ans; il ne faut pas être défaitistes. J'ai confiance qu'on va convaincre les Québécois pendant ces quatre années de nous donner tous les outils pour répondre à leurs attentes parce que le Québec, comme province, est de plus en plus ingouvernable», a dit M. Legault, qui souhaite que le PQ fasse la démonstration «d'abord financière» des mérites de la souveraineté avec la préparation d'un budget de l'an un d'un Québec souverain. M. Legault propose que le PQ s'engage à tenir un référendum sur la souveraineté dès sa prochaine accession au pouvoir.
Paradoxalement, quand il était au gouvernement, François Legault était un des plus ardents partisans de l'idée de tenir un référendum sur le rapatriement de points d'impôt. En novembre 2001, il avait appuyé une proposition en ce sens présentée par des jeunes péquistes, notamment Sylvain Gendron (le fils du député d'Abitibi-Ouest, François Gendron), Éric Bédard et François Rebello, qui font partie de l'équipe derrière sa candidature à titre de chef du PQ.
Passant comme par hasard aux portes de la salle où M. Legault s'adressait aux journalistes, Pauline Marois a voulu donner la réplique avant même que le député de Rousseau n'ait terminé son point de presse. «Je n'ai pas l'impression d'être incohérente», a-t-elle dit. Les référendums sectoriels -- sur l'instauration d'un congé parental, sur la politique familiale ou sur une constitution du Québec, par exemple -- permettraient au gouvernement québécois de reprendre l'initiative face à Ottawa, grâce à la création de coalitions sur des enjeux majeurs. «On ne peut pas attendre essentiellement le Grand Soir en voyant reculer le Québec sur quelque front que ce soit», estime la députée de Taillon.
«La perspective de référendums sectoriels, ce n'est pas pour mettre de côté la souveraineté, c'est pour mieux amener à vivre des gestes de souveraineté», a poursuivi Mme Marois.

»» PQ - congrès d'orientation
Legault coince Marois
J.-Jacques Samson
Le Soleil mercredi 1er octobre 2003
Éditorial - Ancien ministre de l'Éducation et de la Santé, François Legault, contrairement à Pauline Marois, n'a jamais eu l'opportunité de signer un budget. Sa collègue, encore plus ambitieuse que lui et surtout plus pressée, a exigé le ministère des Finances lorsque Bernard Landry a succédé à Lucien Bouchard, et le nouveau premier ministre n'a jamais osé refuser ce privilège à une ministre aux si longs états de service dans le parti et au gouvernement. M. Legault s'est toutefois porté volontaire cette semaine pour préparer un budget de l'an 1 d'un Québec souverain. Il joue ainsi d'audace. L'exercice, on le sait, est périlleux, mais il s'agit de l'idée la plus mobilisatrice émise depuis le 14 avril dernier pour relancer le Parti québécois, le débat sur la souveraineté et évidemment la campagne à la succession de Bernard Landry.
Les dirigeants du Parti québécois ont forcé Jacques Parizeau en pleine campagne électorale en 1973 à présenter à la population un budget de l'an 1 d'un Québec souverain. Ce dernier s'objectait farouchement à pareille simulation, mais René Lévesque l'y a contraint. Le ministre libéral des Finances de l'époque, Raymond Garneau, et le premier ministre Robert Bourassa avaient découpé le document péquiste en petits morceaux, tellement le travail avait été bâclé. Jacques Parizeau en fut profondément humilié, mais bien pire, la crédibilité du Parti québécois en matière de finances publiques tomba en déficit.
Le contexte n'est plus le même. Le Parti québécois n'avait pas encore exercé le pouvoir en 1973 et si Jacques Parizeau avait personnellement une connaissance poussée de la mécanique budgétaire, l'équipe dirigeante du parti n'avait jamais exercé les arbitrages préparatoires. Les transferts fédéraux se sont par ailleurs énormément complexifiés depuis 30 ans. Ottawa intervient aussi dans beaucoup plus de secteurs, ayant étiré l'élastique de son pouvoir de dépenser à une longueur insoupçonnable même en 1973. Le gouvernement du Québec devrait remplacer ces fonds fédéraux, dans un cadre de souveraineté. Le Parti québécois a en mains une abondante documentation provenant des auditions de la Commission Bélanger-Campeau et les nombreuses études préliminaires réalisées en vue du référendum de 1995. Enfin, il dispose de tout le temps nécessaire pour effectuer un travail sérieux, contrairement à la précipitation de 1973. M. Legault pourrait planifier de présenter son "contre-budget" en mars 2004 et en faire une sorte de pendant à celui du ministre des Finances, Yves Séguin.
M. Legault dit partager le diagnostic du ministre sur la menace d'un déficit de 3 milliards $ en 2004-2005. Le gouvernement Charest aura donc à effectuer des choix d'une portée historique pour respecter l'obligation d'un déficit zéro et son engagement de réduire les impôts de 1 milliard $. Le Parti québécois nous ferait aussi connaître ses priorités sociales et économiques, inscrites en plus dans un cadre financier. Si M. Legault est sérieux dans sa démarche, il doit cependant présenter une collection complète de documents budgétaires, c'est-à-dire discours budgétaire, plan budgétaire, mesures fiscales, pour que les Québécois aient sous les yeux une grille d'imposition des particuliers et des entreprises, et un cahier des dépenses pour chaque ministère, chaque programme, avec les ressources humaines allouées à chacun, ce que les documents des Finances et du Trésor contiennent toujours. Le ministre des Finances, Yves Séguin, devrait même favoriser un tel débat démocratique en autorisant ses hauts fonctionnaires à répondre à toutes les demandes pertinentes d'informations nécessaires au député péquiste pour la préparation d'un budget virtuel d'un Québec souverain.
Le critique du Parti québécois en matière de finances publiques et candidat présumé à la direction du Parti québécois, François Legault, a offert publiquement un apport aussi inattendu qu'alléchant au débat politique. Je vois mal comment son parti ou lui-même pourra maintenant se soustraire à l'exercice. Il serait accusé de pleutrerie. Son adversaire dans la course à la présidence, Pauline Marois, sera par ailleurs forcée de défendre le "budget Legault" face à l'opinion publique. Des réserves trop senties porteraient atteinte à la cause de la souveraineté et à la crédibilité de l'opposition officielle. C'est habile. François Legault sera coriace.
JJSamson@lesoleil.com

»» l'Observatoire québécois de la mondialisation
Comme les feuilles...
JOSEE LEGAULT
Chroniqueure politique à The Gazette
Le Devoir mercredi 1er octobre 2003
Lettres: Dans votre édition du 25 septembre, Daniel Turp, porte-parole du Parti québécois en matière de relations internationales et d'affaires canadiennes, pose la question suivante: «Pourquoi l'Observatoire québécois de la mondialisation a-t-il subi le couperet du gouvernement Charest?»
Osons l'hypothèse suivante : le gouvernement précédent a mis tant de temps à se décider à le mettre sur pied -- geste qu'il a posé en toute fin de mandat -- et y a investi si peu de ressources que cet observatoire, pesant si peu dans notre paysage politique, tombe aujourd'hui aussi aisément que les feuilles en automne.

»» PLQ - déficit zéro
La réingénierie ne viendra pas à bout de l'impasse financière
Yves Séguin est prêt à «casser des choses» pour atteindre le déficit zéro
Robert Dutrisac
Le Devoir mercredi 1er octobre 2003
Québec -- Le ministre des Finances, Yves Séguin, ne compte pas sur la réingénierie de l'État amorcée par le gouvernement Charest pour résorber l'impasse financière qui menace les finances publiques québécoises cette année et l'an prochain.
En présentant hier la synthèse des opérations financières du gouvernement pour le premier trimestre 2003-04, Yves Séguin a laissé savoir qu'il n'attendait pas «énormément de résultats» de cette réingénierie que coordonne la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget. Le ministre n'affectionne guère d'ailleurs ce terme de réingénierie, une démarche qu'il «aime mieux appeler un rafraîchissement dans nos méthodes de travail, dans nos structures, dans nos politiques fiscales et autres.» Il n'y a aucun «lien direct» entre cette réingénierie et la résolution de l'impasse financière avec laquelle le gouvernement est aux prises, a-t-il soutenu.
Réingénierie ou pas, Yves Séguin garde le cap sur le déficit zéro tant pour 2003-04 que pour 2004-05. «Il n'y en aura pas de déficit. On cassera des choses, la porte est tracée et tout ce qui va dépasser ne passera pas», a dit M. Séguin, affirmant que sa «détermination est totale».
Pour l'année, le ministre ne prévoit pas de baisse de revenus même si les revenus autonomes de l'État pour les trois premiers mois ont chuté de 3,7 % par rapport à la même période de 2002-03 en raison du ralentissement économique. Malgré tout, il maintient la prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) contenue dans son budget de juin, soit 2,5 %.
Hausse des dépenses
Le problème, outre le déséquilibre fiscal, se trouve du côté des dépenses : le gouvernement Charest a du mal à contrôler ses dépenses qui voguent vers une hausse de 5 % ou 6 %, a précisé M. Séguin.
Pour l'année en cours, le gouvernement Charest est aux prises avec une impasse financière de 537 millions, dont 137 millions en raison de la perte de la Société générale de financement (SGF) qui est plus importante que prévu et 400 millions liés aux dépassements de dépenses de certains ministères par rapport au budget de juin dernier. Les grands responsables sont l'Aide sociale, qui a coûté 150 millions de plus, la Santé, avec des dépassements de 150 millions, et la Sécurité publique, qui a dû assumer des dépenses supplémentaires de 75 millions reliées principalement aux inondations subies par la région des Bois-Francs cet été. Cet excès de dépenses devra être effacé d'ici la fin de l'année.
Mais le manque à gagner prévu frôlera le milliard si Ottawa ne verse pas à Québec sa part des deux milliards que Jean Chrétien, dans le cadre de l'entente sur le financement de la santé en février, a promis de verser aux provinces si le gouvernement fédéral dégageait un surplus supérieur à cinq milliards. Pour le Québec, il s'agit d'un transfert de 472 millions. Le ministre s'est dit agacé par Ottawa qui laisse entendre qu'il pourrait refuser de verser cette somme. Les évaluations de son ministère indiquent que le gouvernement fédéral est déjà assis sur un surplus de cinq milliards qui pourrait atteindre de huit à 10 milliards à la fin de l'année. «Ce jeu de marguerite est un peu une insulte aux provinces», a dit M. Séguin. Tout comme lui, ses homologues des autres provinces estiment que ce jeu «n'est à la hauteur de l'honneur qui devrait présider à une saine coopération» entre Ottawa et les provinces, a-t-il dit.
Pour l'an prochain, le ministre a dit affronter une impasse financière de trois milliards, à quoi s'ajoute le milliard lié aux baisses d'impôt promises par le premier ministre Jean Charest. Or cette impasse pourrait dépasser les cinq milliards : M. Séguin a révélé que ses prévisions ne comprenaient pas l'effet de la prochaine négociation du secteur public et l'application de l'équité salariale.
La dette augmente
Même si le déficit zéro est maintenu, la dette totale du Québec, qui s'élevait à 108,7 milliards en 2002-03, continuera d'augmenter comme au temps du gouvernement péquiste, soit au rythme annuel de trois milliards. Le gouvernement n'emprunte plus pour payer l'épicerie, mais il augmente sa dette pour financer ses immobilisations. «Le mieux que je puisse faire, c'est de ne pas y ajouter et, certainement, essayer de la contrôler», a-t-il dit. «C'est comme un paquebot qui décide de changer de cap : ça lui prend plus qu'un mille pour virer.» Le ministre annoncera bientôt une série de mesures de contrôle afin de freiner les dépenses d'immobilisations du gouvernement, de ses organismes et des sociétés d'État.
Mais le déficit des hôpitaux, qui atteindra le milliard, sinon dépassera cette marque, à la fin de l'année, en progression d'au moins 300 millions, restera pour l'heure en dehors du périmètre comptable du gouvernement, a précisé le ministre.
Le 10 octobre prochain, les ministres provinciaux des Finances présenteront au ministre fédéral des Finances John Manley leur proposition de réforme de la péréquation prévue pour le printemps 2004. Ils chercheront notamment à mettre un terme aux grandes fluctuations annuelles qui affectent les versements de la péréquation, a mentionné M. Séguin.
Dans la synthèse des opérations financières, on apprend que le gouvernement péquiste a techniquement renoué avec un déficit en 2002-03, une première depuis 1997-98. L'année s'est soldé par un déficit de 221 millions à la suite d'ajustements comptables, «un montant relativement minime», a dit Yves Séguin.

»» PLQ - déficit zéro
Le trou de 500 millions ne change pas les priorités du ministre des Finances
Séguin garde le cap sur le déficit zéro et les baisses d'impôt
Denis Lessard
La Presse mercredi 1er octobre 2003
Québec - Quatre mois après le dépôt de son budget, le ministre des Finances, Yves Séguin, est confronté à un trou imprévu de plus de 500 millions pour l'année en cours. Mais, faisant le point sur la situation économique du Québec, hier, il s'est gardé d'être alarmiste: le gouvernement parviendra à maintenir le déficit à zéro tout en réduisant les impôts de un milliard l'an prochain, a-t-il assuré.
Et, s'il le faut pour y parvenir, "on cassera des choses... La porte est tracée et tout ce qui dépassera ne passera pas", a-t-il lancé, ajoutant "en blague" être prêt à vendre les limousines ministérielles pour garder le cap.
Du même souffle, toutefois, M. Séguin a ramené à bien peu de chose l'opération de réingénierie gouvernementale entreprise par sa collègue du Trésor, Monique Jérôme-Forget. M. Séguin préfère parler de "rafraîchissement de nos méthodes de travail" qui "n'aura pas énormément de résultat" sur les finances publiques l'an prochain.
Comme le jour du dépôt du budget, M. Séguin parle toujours d'une "impasse financière" de trois milliards pour l'équilibre du budget 2003-2004, une somme qu'il n'est pas question de récupérer par "une réorganisation subite et draconienne" de l'appareil public, mais bien par de nouvelles ponctions dans les abris fiscaux et des compressions de dépenses.
Critique de l'opposition aux Finances, l'ancien ministre François Legault s'inquiète du manque de planification du gouvernement face au ralentissement économique. Il s'insurge contre le mutisme de Québec face à la montée du taux de chômage au delà de 10 %. "L'approche dogmatique du gouvernement est responsable de la morosité économique", a lancé M. Legault, selon qui la population verra rapidement que le cadre financier sur lequel s'appuyaient les promesses des libéraux était "irréaliste". "Le Parti libéral a été élu sous de fausses représentations", a renchéri M. Legault, prédisant que la baisse de un milliard des impôts promise par le PLQ ne serait pas au rendez-vous l'an prochain.
SGF et aide sociale
Pour l'année en cours, les pertes de la Société générale de financement, de 181 millions, sont pour l'instant de 137 millions supérieures à ce qu'avait prévu le ministre Séguin dans son budget. Et on devra probablement ajouter 80 millions à l'encre rouge d'ici la fin de l'année financière, a appris La Presse.
En outre, les dépenses d'aide sociale ont été de 150 millions supérieures aux prévisions. La baisse du nombre des ménages prévue lors de la publication des crédits avant l'été n'est toujours pas effective. La Santé a aussi 150 millions de dépassement. De plus, Québec a dû payer une facture imprévue de 75 millions pour les inondations de l'été dernier. Cela fait un total de 400 millions en dépassement de dépenses.
Parce qu'on a dû rayer des mauvaises créances de Revenu Québec, le gouvernement doit afficher un déficit "minime et négligeable" de 221 millions pour l'année financière qui s'est terminée en avril dernier.
Malgré tout, "il n'y aura pas de déficit, ni l'an prochain, ni au cours des autres années", promet M. Séguin, reconnaissant du même souffle qu'à l'approche des négociations dans le secteur public, Québec n'a pas prévu une cagnotte pour les hausses de traitement de ses salariés.
Des 750 millions accumulés depuis trois ans, les déficits des hôpitaux augmenteront aussi d'environ 300 millions, a souligné M. Séguin.
Toutefois, Québec n'a toujours pas comptabilisé une rentrée probable de 472 millions liée à la promesse faite par Ottawa en février dernier de verser deux milliards de ses surplus aux provinces pour la santé. Au cours des derniers mois, Ottawa a tenu les provinces en haleine, laissant entendre que ses surplus ne seraient pas suffisants, mais tout indique que le fédéral ne pourra pas éviter de remplir sa promesse, a indiqué hier M. Séguin.
Bien que les revenus du gouvernement affichent une baisse de 3,7 % pour les trois premiers mois de l'année par rapport au même trimestre il y a un an, M. Séguin reste passablement confiant d'atteindre les cibles fixées dans son budget. Pas question de revoir à la baisse sa prévision de croissance de 2,5 %, même si la plupart des banques ont baissé leur pronostic. "La situation économique demeure solide", a affirmé M. Séguin, précisant que la situation au Québec est meilleure qu'en Ontario et en Colombie-Britannique.

»» biotechnologie
BioChem Pharma: la FTQ fait un autre pas
Denis Arcand
La Presse mercredi 1er octobre 2003
LE FONDS de solidarité du Québec ( FTQ )se positionne pour une offre d'achat à Shire Pharmaceuticals pour le laboratoire BioChem Pharma et les principaux médicaments expérimentaux qui y étaient mis au point avant qu'il soit fermé par la multinationale anglaise, le 5 septembre.
"Nous avons demandé vendredi dernier à Shire la permission de faire une vérification diligente sur les lieux et sur la propriété intellectuelle de BioChem", a dit hier le porte-parole du Fonds, Pierre Leduc. "Notre département des sciences de la vie demande l'accès à l'information et fera un rapport à Pierre Genest" ( PDG du Fonds de solidarité ), a ajouté M. Leduc.
"Il existe plusieurs scénarios sur lesquels on planche et qui pourraient préserver au moins une partie des médicaments expérimentaux et de l'expertise du labo BioChem", a dit hier Jean-Denis Dubois, patron du département des investissements en sciences de la vie du Fonds. "Mais tous se butent contre le fait qu'on ne connaît pas les produits qui sont à l'étude. Tout ce qu'on sait, en réalité, c'est qu'il y a une demi-douzaine de molécules qui ont, apparemment, du bon potentiel, certaines contre le sida, d'autres contre une forme d'hépatite, d'autres contre des cancers."
On ne sait pas où ils sont rendus ni quelle sorte de protection juridique ( brevets ) on peut espérer tirer de ces connaissances."
Et les personnes qui connaissent ces médicaments sont toutes tenues au secret par des ententes de confidentialité avec BioChem, qui sont courantes dans l'industrie.
"Si on obtient la permission de faire notre vérification diligente sur les molécules en développement, et qu'on trouve ça bon, on sera peut-être là pour faire une offre de rachat puis financer leur développement, a dit M. Dubois. Pour l'instant, on en est là. La lettre à Shire est partie ( pour l'Angleterre ) vendredi."
Le Fonds a fait cette mise au point hier soir en réaction à une manchette diffusée électroniquement par une agence de presse, selon laquelle le Fonds avait déposé une offre formelle pour BioChem. La manchette, en provenance d'Ottawa, coïncidait avec l'annonce par le Bloc québécois d'une conférence de presse prévue pour ce matin avec trois chercheurs de BioChem récemment mis à pied par Shire.
Paul Nguyen Bâ, un des codécouvreurs du célèbre médicament anti-sida "3TC", le virologue Jean Bédard et la chimiste Nathalie Turcotte, doivent participer avec le député bloquiste Paul Crête à une rencontre de presse.
Cette conférence du Bloc, a dit une source, vise à "mettre de la pression sur Allan Rock" ( ministre fédéral de l'Industrie ). Le 15 septembre dernier, M. Rock a affirmé qu'il n'hésitera pas à poursuivre Shire pour lui faire respecter ses engagements de maintenir un certain niveau de dépenses en recherche chez BioChem Pharma. Ces engagements contractuels secrets- atteignant environ 27 millions par année et assortis d'un plancher d'emplois, selon une source de La Presse- avaient été pris en 2001 par Shire quand elle a acheté BioChem Pharma, de Laval, le plus grand succès scientifique et commercial de l'histoire de la biotechnologie canadienne.
"M. Rock est le seul qui ait entre les mains l'accord qui définit précisément les engagements pris en 2001 par Shire, a dit la source. Et il est le seul qui ait les outils juridiques pour exercer les droits du Canada dans cette situation. Il est une des clefs importantes de toute solution."
Cela étant, Shire n'a pas formellement verrouillé la porte à des discussions, même si elle ne déroge pas officiellement à son annonce de fermer le labo ( une minorité des 120 personnes dont les postes ont été abolis travaillent encore jusqu'au début de décembre ).
Ainsi, le 29 août, le responsable mondial de la recherche chez Shire et vice-président de la compagnie, Wilson Totten, a reçu dans son bureau en banlieue de Londres deux des principaux chercheurs du labo, Ming-Qiang Zhang et Alex Cimpoia, qui ont fait une proposition de rachat partiel.
Une semaine plus tard, le fondateur de BioChem Pharma, l'entrepreneur scientifique Francesco Bellini, de même que le Fonds de solidarité, avaient nié une information selon laquelle ils travaillaient sur une offre commune d'une cinquantaine de millions pour le labo et une partie de la propriété intellectuelle des médicaments en développement.

»» biotechnologie
Le secteur des biotechs poursuit sa croissance en dépit d'une conjoncture difficile
Denis Arcand
La Presse mercredi 1er octobre 2003
À une époque où l'économie en général hésite et où la croissance des biotechnologies piétine en Amérique du Nord, les firmes biotechs et pharmaceutiques ont créé 2145 emplois dans la région de Montréal en 2002-2003.
"Dans le contexte actuel, ces données illustrent que la grappe industrielle des sciences de la vie à Montréal est très résiliente", a dit l'économiste et vice-président de Montréal International, Michel Leblanc. M. Leblanc a présenté hier au congrès Carrefour des biotechs la deuxième analyse statistique annuelle de Montréal International, organisme d'étude et de prospection économique privé.
"C'est assez encourageant de constater que la croissance du secteur, ici, est de 8 %, tandis que la croissance moyenne en Amérique du Nord est de 0 %", a dit M. Leblanc, économiste qui a été, auparavant, au groupe Sécor, de Montréal, à l'Institut de recherche en politique publique, et au ministère fédéral des Finances.
Le document révèle entre autres que 29 500 personnes travaillent dans les sciences de la vie, dont 70 % dans 274 entreprises du secteur privé. La hausse des effectifs est la plus forte dans les 52 filiales montréalaises de multinationales pharmaceutiques telles Merck Frosst, Wyeth, Aventis Pharma, Abbott, Pfizer, Bristol-Myers Squibb, Schering, et Novartis. En gros, 10 500 personnes travaillent pour des pharmas; les biotechs emploient 7500 personnes; le secteur public et les universités emploient 11 500 personnes.
Le départ de Jacques Girard
Le président démissionnaire de Montréal International, Jacques Girard, proche du Parti québécois, a indiqué que son départ de l'organisme après sept ans est lié au changement de régime à Québec, mais indirectement. "Avec la réingénierie de l'État annoncée par le nouveau gouvernement, il me semble que c'est un bon moment de confier Montréal International à quelqu'un qui soit en position de faire progresser ses objectifs pour Montréal. Pour le gouvernement, ce serait une aussi une bonne occasion pour consolider les pouvoirs de prospection économique dans Montréal International, qui est un organisme financé par le privé (à 15 %) et par les trois niveaux de gouvernement."
Classement
Montréal International a aussi publié son classement annuel des villes-pôles dans le domaine des sciences de la vie. Montréal demeure au huitième rang, derrière Toronto et devant Washington. Pour ceux qui s'intéressent au score Toronto-Montréal, Toronto devance Montréal, mais c'est en grande partie à cause de la forte présence des fabricants de copies "génériques" (des médicaments dont le brevet d'exclusivité est expiré), qui font peu ou pas d'innovation. Presque toutes les entreprises privées de Montréal travaillent sur des médicaments innovateurs, qui impliquent de la recherche, notamment en neurologie, en oncologie, dans le domaine de la recherche sur les maladies cardiovasculaires, de même qu'en virologie, en épidémiologie et en immunologie.
Le principal pôle demeure la ville de New York, en grande partie à cause des nombreux sièges sociaux de multinationales pharmaceutiques (surtout dans le New Jersey voisin, qui est inclut dans la région new-yorkaise).
Mise en garde
Ces bonnes nouvelles sont accompagnées d'une sorte de mise en garde contre toute forme de complaisance, dit M. Leblanc. Deux des grands enjeux devront faire l'objet d'actions concrètes par les gouvernements, note le rapport.
La recherche coûte beaucoup d'argent et "il est urgent de mettre en place un environnement qui favorise la levée de capital privé et l'attraction de capital-risque étranger", dit M. Leblanc. Comment? Dans le contexte de désinvestissement de l'État québécois, M. Leblanc croit qu'une des avenues les plus intéressantes est la mise en place de mesures d'encouragement fiscales qui aideraient à diriger de l'épargne privée (caisses de retraite, grandes fortunes, etc.) vers les entreprises du secteur des sciences de la vie.

»» conflit israélo-palestinien
Media bias and the Middle East
Leonard Asper
National Post
The Montréal Gazette 1.10.2003
Almost as disturbing as the daily diet of death and destruction in the Arab-Israeli conflict, is the unwavering perception among the supporters of Israel, joined by many dispassionate observers, that the world media, and particularly European and state-run media organizations, have an institutionalized bias against Israel. I caution that my comments do not apply to all journalists, and in fact there are many media outlets, especially in North America, that have been quite fair toward Israel and have applied intelligent critical analysis of the events in the Middle East. Unfortunately they are in the minority, both in terms of number and reach.
We must therefore go inside the minds of news journalists to fully explore how their political and philosophical leanings lead them to conclude that Israel is the villain and to then report accordingly.
Many news journalists are either doctrinaire socialists or hold political views left of centre. That leads them to be suspicious of free markets and capitalism, to resent the corporate world and politicians who support the capitalist system. They are generally supportive of anyone who they deem to be oppressed, victimized or otherwise aggrieved by a stronger party.
From 1948 and even earlier, Israel and the Jews were deemed by most major media to be the oppressed party and the Arabs the oppressor. Israel in the 1940s, '50s, and '60s was the darling of the socialist-led media partly due to Holocaust guilt, partly because it fought heroic wars as the outmanned and outgunned David against the Goliath known as the Arab world, and because socialists were enamoured with the kibbutzim as a successful socialist institution. Labour governments dominated the Israeli landscape. Israel fit into journalists' binary world as the "oppressed" party.
But after the 1967 war, in which Israel was attacked and not only came out the victor but also seized land, this began to change. The Marxist journalist has a romanticized need for a cause. Once Israel had turned into a strong entity whose survival was no longer in question, who would no longer wait until the enemy was killing its people in the synagogues but rather whose policy, like that of the United States today, evolved to one of meeting the enemy in the field, the cause for journalists became Palestine, not Israel. The hero was Yasser Arafat.
More than almost anyone I know, I am the first to cast doubt upon people who blame their circumstances on racism. While Jews in particular can be prone to accusing people of anti-Semitism as an excuse for their misfortunes, in this case I believe that charge is warranted. Racism is very difficult to prove, particularly when the accused do not openly state the reason for their attacks or their bias. No reporter screams: "I hate Jews."
I did not lightly come to the conclusion that anti-Semitism is part of the reason for the anti-Israel bias of the media, but the evidence suggests it is indeed a major factor.
One must start by equating anti-Zionism with anti-Semitism. Many journalists believe that Zionism is patently wrong, because there is no need for a Jewish state. They accept that there can and should be a state with Jews in it, but not a Jewish state per se even if a secular one. Why? They do not, or choose not to, understand that after several thousand years of repeated, attempted genocides against Jews who lived in states other than their own Jewish state, Jews see Israel as vital to their very existence. Even Martin Luther King recognized this.
Knowingly or not, the media who cover Israel do not recognize it as a either a homeland or a fortress for the protection of Jews both within Israel and for Jews living everywhere. Therefore to them Zionism is racism, and some reporters condemn all Jews for the existence of what they deem to be a racist state. And latterly, as terrorism has arrived at the West's doorstep, the reversion to the "blame the Jews" solution for terrorism everywhere is prevalent among the intelligentsia, including journalists. The Jews and therefore Israel are to blame for 9/11; they are to blame for the attacks on the United States and UN installations; they are to blame for the war in Iraq, and even economic decline.
Christian Europe still has a wide streak of anti-Semitism, revived by the decline of Holocaust guilt, evidenced by the radical increase in anti-Jewish graffiti, vandalism and editorial comment.
Oriana Fallaci, the well-known Italian journalist and author, and no lover of Israel, has spoken out: "I find it shameful that state-run television stations contribute to the resurgent anti-Semitism by crying only over Palestinian deaths while playing down Israeli deaths." She goes on: "I am disgusted by the anti-Semitism of many Italians and Europeans."
But hints of anti-Semitism are there in the Canadian media too. When Hezbollah, the well-known terrorist group, was finally banned in Canada, Neil Macdonald of the CBC pompously, but dangerously, suggested Hezbollah was a "national liberation movement victimized by unfair smears cast around by supporters of the Jewish state." No reference to Israel, just "the Jewish state."
There are fair-minded journalists who are neither Marxists nor anti-Semites. But they have little help. Israel is unprepared for propaganda wars. Israeli society is unprepared to fight a war against Arab society for the heart and mind of the journalist.
For undecided, but well-intentioned journalists, it is hard work to support Israel because they must dig up pro-Israel information themselves. Journalists, some of whom are even Jewish, complain openly that they generally receive only an official government statement from Israel, often post-deadline, while from the Arabs they are granted interviews with whomever they want -- Hamas, Hezbollah, al-Aqsa or Islamic Jihad. They get instant access to wild funerals, replete with bug-eyed youths chanting "death to Israel and America," and they are given packaged home videos from Arabs. These home video shots are either fabricated or edited to paint Israelis in the worst possible light. Professional ethics have fallen by the wayside in the interests of good raw video and deadlines.
Another societal difference is that the Palestinians can get a mob together for a video shoot in five minutes. It is part of the strategy.
There are no Israeli mobs. There are no staged funerals. It is too civilized a society for this war and there is no strategy.
So deadline-driven reporters must choose. No story, or the Palestinian tale of woe -- mobs, good quotes, death and grief, as against a flat Israeli denial.
Other reporters are fooled by the openness of Israeli society. The raging debate between Labour and Likud; Israeli newspaper Ha'aretz and The Jerusalem Post; and many other factions, confirms in many journalists' minds that Israel does bear at least some blame for the deaths that occur on both sides of the conflict. Often, to find balance when a reporter's editor is calling for an Israeli quote, foreign correspondents get it from Israeli media critical of the government because that's all there is. So Arafat calls Ariel Sharon a war criminal and Ha'aretz does too, and that passes for balance!
Many journalists think they work very hard. Those who cover the Middle East, or any war zone, do indeed work long hours. They are far away from their families. They also risk their lives. For taking these risks, they are to be commended. But working hard is not to be confused with being diligent.
Many reporters sent to the Middle East are unqualified for complex war coverage. They know nothing about the history but worse, they do not bother to make their own inquiries. A few examples are indicative of the gravity of the problem. There are journalists who cover the Middle East who do not know, for example, that when Jordan and Egypt occupied the West Bank and Gaza these territories were never labeled as occupied territories by the Arab world. Most journalists who criticized the Israeli seizure of an ambulance crossing a West Bank checkpoint did not bother to check that several days earlier an ambulance of the same description had been used in a car bombing in Israel, and that ambulance had crossed at the same checkpoint. Most journalists did not know that the terrorist and weapons-infested Jenin refugee camp is run by the United Nations and has been for more than 50 years. Most do not have any clue that the so-called Arab refugees became refugees because they were urged to leave by Arab leaders when they were attacking Israel in 1948.
The fair-minded journalist's bias is the result of laziness, failure of the Israeli government to spoon-feed as the Arabs do, Arab coddling on one hand and threats against journalists on the other, and confusing Israeli society's self-criticism with guilt.
However, there is some hope, as we have found in observing the results of various programs to educate journalists. With fair-minded journalists, who actually do care more about the truth than their own ideologies, there has been a positive response once the hard facts are known. But for some, their work must be done for them. The dozens of pro-Israel Web sites and books are starting to have some effect, and even the Israeli government is becoming more active and proficient on this front in its choice of spokespeople and the immediacy and quality of its dissemination of information.
What else can be done?
The awesome challenge facing the Israeli government is to dramatically improve its public relations and communication strategies. It must lift the fog of war.
Media proprietors and managers must ensure that the people they hire do not bring their ideology into their newsrooms, and that journalists do proper research before filing stories and do not rely on dubious second-hand sources. The media must also scrutinize their use of headlines, pictures and words.
And the public? The media must be held accountable, just as they purport to hold others accountable. Respond to bias when you see it. Demand informed, objective and accurate reporting.
This is excerpted from a speech by Leonard Asper, president and chief executive of CanWest Global Communications Corp., at the Gray Academy of Jewish Education's 'Another Great Debate' evening in Winnipeg last night.