Actualité





»» La nation québécoise

Être ou ne pas être Canadien...


PC Le Devoir vendredi 31 octobre 2003

Ottawa - Canadien ou Québécois? La question, toujours sensible, a suscité des étincelles aux Communes, hier, lorsque le député bloquiste Yves Rocheleau a déclaré sans détour qu'il n'était pas Canadien.

Cette courte déclaration, lancée dans le vif de la période de questions, a mis le feu aux poudres et déclenché un grand tumulte à l'intérieur et à l'extérieur de la Chambre des communes.

Toujours prêt à se bagarrer avec «les séparatistes», le premier ministre Jean Chrétien n'a pas pris de temps à se lever pour répliquer au député Rocheleau. «Je pense que le député de Trois-Rivières devrait se retirer de cette Chambre parce qu'il a déclaré qu'il n'était pas un citoyen du Canada. Il est Canadien pour recevoir sa paye», s'est exclamé un Jean Chrétien qui cachait mal sa satisfaction.

L'affrontement se déroulait au lendemain d'un vote sur une motion proposée par M. Rocheleau, qui avait pour but de reconnaître que le Québec forme une nation et de lui permettre un droit de retrait avec compensation financière pour tout programme fédéral qui empiéterait sur les compétences provinciales.

La motion a été défaite à 168 voix contre 38, les libéraux votant tous contre, justifiant leur geste par la partie du texte portant sur le droit de retrait. Le débat engendré par la motion a donné lieu, au cours des derniers jours, à des affrontements entre les députés du Bloc et le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion. Ce sont d'ailleurs des commentaires de M. Dion qui ont poussé M. Rocheleau à faire cette déclaration hier.

«Les séparatistes sont un peu "touchy", comme on dit, à ce moment-ci. C'est sûr qu'ils sont dans le trouble au Québec», n'a pu s'empêcher de dire M. Chrétien, faisant allusion aux sondages prédisant une forte victoire de Paul Martin au Québec.

À la sortie des Communes, M. Rocheleau a expliqué qu'il fait une distinction entre la citoyenneté et la nationalité. «Ma citoyenneté est canadienne, c'est évident, on n'a pas le choix. Mais ma nationalité, elle est québécoise, et il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus», a fait valoir le député de Trois-Rivières. Il n'a pas voulu répondre au premier ministre, disant refuser «d'aller si bas» dans ce genre de débat.

La joute verbale a cependant pris de l'ampleur, le ministre de l'Immigration, Denis Coderre, affirmant qu'il faudrait peut-être révoquer la citoyenneté canadienne du député. «À mon avis, c'est une révocation de sa citoyenneté, a souligné M. Coderre. Je me demande ce qu'il fait en Chambre.»

Les bloquistes ont appuyé sans réserve leur collègue. «M. Chrétien a fait de la petite politique sur ça», a noté Gilles Duceppe, chef du Bloc. «M. Chrétien a été un peu "cheap"», a renchéri Louis Plamondon, relevant que tous les députés ont été élus.

Le ministre Dion a refusé de commenter la déclaration de M. Rocheleau. «J'espère que le député de Trois-Rivières, et tous les députés du Bloc, un jour, vont se réconcilier avec la dimension canadienne d'eux-mêmes, car cela fait partie de notre identité de Québécois», a dit le ministre.



»» La nation québécoise

Le Québec est une nation, affirme l'Assemblée nationale

Robert Dutrisac
Le Devoir vendredi 31 octobre 2003

Québec - Vingt-quatre heures après que la Chambre des communes eut défait une motion de reconnaissance de la nation québécoise, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion réaffirmant que le peuple québécois forme une nation.

Proposée conjointement par le premier ministre Jean Charest et le leader parlementaire de l'opposition officielle, André Boisclair, en l'absence de Bernard Landry, ainsi que par le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, et les trois autres députés adéquistes, la motion devait faire l'objet d'échanges en chambre. Mais M. Dumont, qui protestait avec véhémence parce qu'on n'a pas permis à son parti d'augmenter son temps de parole à la période des questions, a refusé d'accorder son consentement.

«C'est important que l'Assemblée nationale puisse de temps à autre parler d'une seule voix sur une question qui touche de près tous les Québécois», a dit Jean Charest au cours d'un point de presse. Le fait que tous les députés aient voté en faveur de la motion, même les élus des circonscriptions anglophones, envoie aux Québécois «un message d'inclusion peu importe l'endroit où ils habitent, leur origine ou la langue qu'ils parlent», a-t-il ajouté.

Le premier ministre n'a pas manqué de décocher une flèche à l'endroit du député de Rousseau, François Legault, qui a dit, mercredi à l'Assemblée nationale, que les députés du West-Island n'applaudissaient guère à cette notion de nation. «Je ne sais pas si M. Legault pense qu'il y a différentes catégories de députés, tout dépendant de l'endroit d'où ils viennent. Je trouve son comportement inquiétant de la part d'une personne qui pense, un jour, être à la tête du Parti québécois», a-t-il dit.

La motion votée hier n'envoie pas un message qui va à l'encontre du rejet de la motion présentée à Ottawa par le Bloc québécois, a soutenu le premier ministre. Reprenant l'argumentaire de Stéphane Dion, M. Charest a souligné que la motion du Bloc portait sur d'autres questions, comme l'Union sociale et le droit de retrait du Québec avec compensation. M. Dion comme Paul Martin reconnaissent l'existence de la nation québécoise, a-t-il ajouté.

Pour André Boisclair, la motion adoptée hier est historique. «Ce que vous voyez, c'est que le Québec et le Canada sont chacun sur leur voie et que chacune de ces voies est bien originale, a souligné le leader. Cette question devra un jour être résolue.» M. Boisclair a dit qu'il n'était pas surpris de l'appui des députés anglophones. «Les Québécois sont formés de gens de différentes communautés. Sur cette question, les anglophones et les francophones sont unis», a-t-il signalé.



»» La nation québécoise

Quebec 'a nation,' National Assembly declares in vote

RhéAl SéGuin
The Globe and Mail Friday, October 31, 2003

Quebec PQ - Quebec's National Assembly voted unanimously yesterday to recognize Quebec as a nation, but not all parties agree on what it means.

The unanimous vote comes a day after a heated debate in the House of Commons in which the Liberal majority defeated a Bloc Québécois motion also calling for the recognition that Quebec constitutes a nation.

The Bloc motion stated that Quebec could withdraw from new federal spending programs with full financial compensation. The National Assembly motion contained no such demands, only a simple declaration: "That the Quebec National Assembly reaffirms that the Quebec people constitute a nation."

The motion was immediately sent to House of Commons, where it will be delivered to all the federal members of Parliament.

Quebec Premier Jean Charest, who tabled the motion, insisted that the motion will not change Quebec's status within Canada. "Quebec is a nation within the Canadian nation," Mr. Charest said. "It contradicts nothing in the fact that we are both Quebeckers and Canadians."

The Liberals felt obliged to act after the Parti Québécois insisted that the National Assembly respond to Ottawa's refusal to recognize Quebec as a nation. Mr. Charest argued that both Paul Martin and Intergovernmental Affairs Minister Stéphane Dion, who voted against the Bloc motion in Ottawa, share his vision of Canada.

Mr. Charest rejected the PQ request to denounce publicly the federal Liberal government's refusal to recognize the existence of Quebec as a nation.

The PQ called the unanimous vote in the National Assembly a "historic" moment because it "rebuffed" the federal government while serving as a reminder that Quebec has never signed the 1982 Canadian Constitution and that its political future within Canada was unresolved.

PQ House Leader André Boisclair said that with a federal election looming, the motion could become a valuable tool in the Bloc campaign.

"When Quebeckers are faced with a choice, because soon there will be a federal election, they will take the time to reflect on the strong message, the historical message, that all the MNAs of the National Assembly are sending today not only to the rest of Canada but to the community of nations," Mr. Boisclair said.

The leader of the Action Démocratrique du Québec party, Mario Dumont, said that while the vote expresses a political reality, it changes nothing for Quebeckers. "We just expressed what we believed," he said.

"It's not up to us to determine whether it was relevant or not whether this question be raised this week."

As the debate over the recognition of Quebec as a nation unfolded, a public opinion poll conducted in Quebec for the Council for Canadian Unity showed support for sovereignty-partnership at 47 per cent in September, an increase of six percentage points since last April. However the same poll also showed that 75 per cent of Quebeckers were favourable "to the [Charest] government playing a very active role to help the Canadian federation work better."



»» La nation québécoise

Le bloquiste Rocheleau affirme aux Communes qu'il n'est pas canadien

Isabelle Rodrigue
Le Soleil vendredi 31 octobre 2003

Ottawa - Canadien ou Québécois ? La question, toujours sensible, a suscité des étincelles aux Communes, hier, lorsque le député bloquiste Yves Rocheleau a déclaré sans détour qu'il n'était pas canadien.

Cette courte déclaration, lancée dans le vif de la période de questions, a mis le feu aux poudres et a déclenché un grand tumulte à l'intérieur et à l'extérieur de la Chambre des communes.

Toujours prêt à se bagarrer avec "les séparatistes", le premier ministre Jean Chrétien n'a pas pris de temps à se lever pour répliquer au député Rocheleau. "Je pense que le député de Trois-Rivières devrait se retirer de cette Chambre parce qu'il a déclaré qu'il n'était pas un citoyen du Canada. Il est canadien pour recevoir sa paye", s'est exclamé un Jean Chrétien qui cachait mal sa satisfaction.

L'affrontement se déroulait au lendemain d'un vote sur une motion proposée par M. Rocheleau, et qui avait pour but de reconnaître que le Québec forme une nation et de lui permettre un droit de retrait avec compensation financière pour tout programme fédéral qui empiéterait sur les compétences provinciales.

La motion a été défaite 168 voix contre 38, les libéraux votant tous contre, justifiant leur geste par la partie du texte portant sur le droit de retrait. Le débat engendré par la motion a donné lieu, au cours des derniers jours, à des confrontations entre les députés du Bloc et le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion. Ce sont d'ailleurs des commentaires de M. Dion qui ont poussé M. Rocheleau à faire cette déclaration, hier.

"Les séparatistes sont un peu touchy, comme on dit, à ce moment-ci. C'est sûr qu'ils sont dans le trouble au Québec", n'a pu s'empêcher de dire M. Chrétien, faisant allusion aux sondages prédisant une forte victoire de Paul Martin au Québec.

À la sortie des Communes, M. Rocheleau a expliqué qu'il fait une distinction entre la citoyenneté et la nationalité. "Ma citoyenneté est canadienne, c'est évident, on n'a pas le choix. Mais ma nationalité, elle est québécoise, et il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus", a fait valoir le député de Trois-Rivières. Il n'a pas voulu répondre au premier ministre, disant refuser "d'aller si bas" dans ce genre de débat.

La joute verbale a cependant pris de l'ampleur, le ministre de l'Immigration, Denis Coderre, affirmant qu'il faudrait peut-être révoquer la citoyenneté canadienne du député. "À mon avis, c'est une révocation de sa citoyenneté, a souligné M. Coderre. Je me demande ce qu'il fait en Chambre."

Les bloquistes ont appuyé sans réserve leur collègue. "M. Chrétien a fait de la petite politique sur ça", a noté Gilles Duceppe, chef du Bloc.

"M. Chrétien a été un peu cheap", a renchéri Louis Plamondon, relevant que tous les députés ont été élus.

Le ministre Dion a refusé de commenter la déclaration de M. Rocheleau. "J'espère que le député de Trois-Rivières, et tous les députés du Bloc, un jour, vont se réconcilier avec la dimension canadienne d'eux-mêmes, car cela fait partie de notre identité de Québécois", a indiqué le ministre.

Il s'agissait de la deuxième journée consécutive où les affrontements entre bloquistes et libéraux, en Chambre, tournaient à l'esclandre. Mercredi, le député Bernard Bigras a dû s'excuser d'avoir présenté un doigt d'honneur au ministre Coderre.



»» La nation québécoise

LES CANYONS OUTAOUAIS ET DÉCARIE

Christian Gagnon
Montréal
TRIBUNE LIBRE vendredi 31 octobre 2003

Ainsi donc, les Libéraux fédéraux ont refusé d’appuyer la motion bloquiste invitant le Parlement d’Ottawa à reconnaître l’existence de la nation québécoise. Le prétexte invoqué par Stéphane Dion était qu’elle «emmêle la question de la nation avec celle du retrait avec compensation financière». Il n’est pas futile de rappeler que ce que la motion du député de Trois-Rivières, Yves Rocheleau, appelait le «droit de retrait avec pleine compensation financière pour toute initiative fédérale faisant intrusion dans les juridictions québécoises» n’était qu’une des cinq conditions jugées minimales par Robert Bourassa pour réintégrer le giron constitutionnel canadien «dans l’honneur et l’enthousiasme».

Ce que le jargon des défunts accords du lac Meech et de Charlottetown appelait l’«opting-out» constitue une revendication qui fait l’unanimité de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale du Québec. L’échange qu’y ont eu Jean Charest et Bernard Landry sur le sujet a néanmoins permis de constater que les députés du West Island n’étaient pas spontanément enclins à se joindre à leurs collègues du caucus du PLQ et à applaudir leur Premier ministre affirmant qu’il n’a «aucune hésitation à dire que le peuple québécois, nous sommes une nation».

Le fossé entre les points de vue souverainiste et fédéraliste n’a rien de nouveau. Mais ce 28 novembre, la rivière Outaouais et l’autoroute Décarie avaient vraiment des allures de canyons. L’embarrassante réserve des députés du West Island à l’égard de la reconnaissance du Québec en tant que nation a certainement inspiré Jean Charest lorsque, deux jours plus tard, l’Opposition péquiste a mis de l’avant sa motion sur le sujet. Il y a fort à parier qu’en coulisse, les spin doctors du PLQ auront estimé qu’il ne fallait pas en rester à cette mauvaise image de députés anglophones de Montréal niant ce qui est une incontestable évidence aux yeux du reste du Québec.

Restent quelques dinosaures, les Stéphane Dion, Jean Chrétien et autres, qui ne se sont prêts à dire que le Québec forme une société distincte qu’en ajoutant immédiatement que la Saskatchewan et l’Île-du-Prince-Édouard en sont elles aussi. C’est de cette façon qu’en 1992, les Libéraux fédéraux avaient malgré eux convaincu les Québécois que le statut de société distincte proposé par l’accord de Charlottetown était une coquille vide qui ne changerait rien à l’ordre constitutionnel actuel. C’est aussi ce qui avait convaincu les électeurs du West Island qu’il n’y avait pas de danger à massivement voter OUI à Charlottetown. Statu quo, quand tu nous tiens …



»» «plan B»
»» Que se passe-t-il après un OUI GAGNANT ? / la transition

Des pressions internationales à l'origine du «plan B»?

Claude Papineau
PC Canoe vendredi 31 octobre 2003

Le premier ministre Jean Chrétien a été soumis à une certaine forme de pression internationale pour radicaliser ses positions face aux indépendantistes québécois à la suite du référendum de 1995.

C'est ce qu'on peut lire dans une nouvelle biographie de Jean Chrétien écrite par le journaliste Michel Vastel qui sera publiée la semaine prochaine aux Éditions de l'homme sous le titre Chrétien, un Canadien pure laine.

Sur la foi des propos de l'ancien président du Conseil privé, Marcel Massé, l'auteur écrit que Jean Chrétien, après un périple de deux semaines à travers le monde au lendemain du référendum, était revenu complètement changé et avait décidé de prendre l'offensive pour répondre aux indépendantistes qui étaient venus à un cheveu de gagner.

Selon M. Massé, c'est notamment le secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros Ghali, qui s'était fait le plus insistant auprès de M. Chrétien.

«Comment pouvez-vous laisser faire cela? Si vous acceptez des sécessions aussi facilement que cela, il va y avoir 500 nouveaux États et le monde sera ingouvernable», aurait-il dit au premier ministre canadien, selon M. Massé.

Après s'être dit prêt à faire des concessions importantes au Québec pour désamorcer la crise, Jean Chrétien réalise que le reste du monde voit la situation différemment. Il décide alors de ne pas céder et de préparer une nouvelle stratégie visant à épargner à jamais au Canada un autre référendum sur la sécession.

C'était le début du «plan B» qu'un nouveau ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, allait être chargé de mettre en place pour stopper le mouvement d'indépendance au Québec, écrit l'auteur.

Michel Vastel rappelle qu'après le référendum du 30 octobre 1995, les événements se sont précipités: le 5 novembre, le premier ministre Chrétien est victime d'une intrusion dans son domicile la veille de son départ pour une tournée internationale qui allait le mener en Israël pour les funérailles du premier ministre Yitzhak Rabin, puis en Nouvelle-Zélande pour un sommet des pays du Commonwealth et au Japon pour un sommet de l'Association des pays d'Asie et du Pacifique.

Selon le chef de cabinet du premier ministre, Jean Pelletier, c'était «un homme sombre, très fatigué, psychologiquement ébranlé».

Tout au long de ce périple de deux semaines, en particulier aux funérailles de Rabin, il parle à une trentaine de chefs d'État et de gouvernement qui n'ont qu'une question pour lui: «ce référendum sur la "séparation du Québec", comment cela a-t-il pu se produire chez vous?».

«Quand il est revenu de son voyage de deux semaines, raconte Marcel Massé, alors responsable du dossier constitutionnel, le premier ministre n'avait plus le même sentiment d'urgence que nous. Il y avait comme un décalage entre lui et nous.»

C'est ainsi, poursuit l'auteur, que les promesses fédérales de la campagne référendaire se sont résumées à deux courts projets de loi, l'un incitant les pouvoirs législatifs à prendre note du caractère distinct du Québec et l'autre obligeant le Parlement fédéral à solliciter la permission des grandes régions du Canada, dont le Québec, pour modifier leurs compétences législatives.

Cela devait être suivi de la loi sur la clarté référendaire, qui devait sévèrement baliser tout recours référendaire touchant des changements constitutionnels.

Michel Vastel, qui est chroniqueur politique au journal Le Soleil, en est à sa cinquième biographie, ayant déjà traité de la carrière de Pierre Trudeau, Robert Bourassa, Lucien Bouchard et Bernard Landry.



»» La saison des idées

SAUVER LE QUÉBEC DU DÉFICIT DÉMOCRATIQUE

Réponse à MM. Landry et Guay

Dominic et Charles Courtois
TRIBUNE LIBRE vendredi 31 octobre 2003

Si les raisins de la colère nous ont poussés à combattre le mal de société qui existait avant l’éveil nationaliste des années 60, le fondement du besoin de souveraineté réside plutôt dans les devoirs démocratiques et dans la légitimité qu’exige l’exercice démocratique. M. Guay nous dit que le Parti québécois est victime de ses acquis, mais il est plus pertinent de dire que la nation québécoise s’est assoupie dans son confort démocratique. La souveraineté ne doit pas se faire par ressentiment mais par dignité, par la volonté d’être libre et responsable.

Une démocratie éclipsée

Depuis les vingt dernières années où, dans le modèle américain qui nous entoure, les « projets politiques souffrent d’une fatigue chronique », les fondements démocratiques ont été érodés d’une façon qui nous est à ce jour étrangère. Le NY Times sonne l’alarme sur les chiffres effrayants de l’exclusion et la violence chez les jeunes pauvres américains qui sont semblables à ceux de la Grande Dépression . Les recensements fédéraux nous indiquent que depuis deux ans, il y a eu une augmentation de 60% du nombre de mères monoparentales sans-abri! Plus de la moitié des enfants aux É-U vivent dans des familles à faible ou très faible revenu.

La démocratie américaine souffre de l’apathie de ses électeurs qui a pour cause le désaveu du projet social par ses gouvernements. Ce désaveu s’appuie sur la supposée fatalité des mécanismes impersonnels tels que le marché, dont les impératifs nous dit-on doivent gouverner la société. Le martèlement de ce fatalisme parvient à convaincre le citoyen qu’il est écarté du processus décisionnel, l’éloignant donc tôt ou tard des urnes.

Le projet société : contre le dérapage de sens

De passage à Montréal, M. Guillebaud nous rappela qu’une démocratie qui fonctionne a besoin de projets de société. Les gouvernements tant fédéralistes que souverainistes du Québec aux cours des 20 dernières années ont été nationalistes. Ils nous ont donné ce tissu nécessaire à toute démocratie dans le monde.

Or, désintéressé par la question nationale, le gouvernement Charest tente de réduire tous les domaines de notre société à une équation comptable. Dans un exemple significatif, M. Aktouf dénonce (LeDevoir ; 8.10.03) la réduction de sens qu’opère notre premier ministre lorsqu’il assimile le rôle de l’éducation à produire « un bon capital humain au marché ». Le rôle du système éducatif n’est-t-il pas plutôt de former des citoyens d’abord et avant tout, si nous aspirons à vivre en démocratie?

Jean Charest semble vouloir guérir les maux du modèle québécois par la soumission idéologique de la société aux impératifs commerciaux. Cependant, M. Guillebaud nous propose de ne pas interpréter le mal comme le contraire du bien, mais comme la perte de sens. En imposant aux institutions de justifier leur existence même sur la seule équation de la profitabilité, le gouvernement Charest opère une réduction de sens socialement inacceptable. En préférant sa « réingénérie » réductrice de sens à la construction de consensus, Jean Charest nous entraîne vers un gouffre social plutôt qu’un meilleur être collectif. Il peut alors devenir vecteur d’intérêts qui ne reflètent plus les valeurs de l’ensemble de notre société, la nation. Mme Jerôme-Forget évoque la fatalité du remplacement du modèle québécois par la nécessité de « prendre acte de notre démographie et de notre géographie » (LeDevoir ; 21.10.03). Serons nous seulement capables de solidarité sociale lorsque nos voisins nous en auront montré le chemin, comme les électeurs de l’Ontario semblent vouloir le faire? Nous devrions plutôt tirer des conclusions basées sur le constat des résultats des politiques qu’ils ont employé et choisir celles que nous voulons. Le gouvernement Charest veut se désister sans plus de cérémonie du modèle québécois. C’est un gouvernement qui se désintéresse des politiques propres au Québec, dans un continent que la démocratie délaisse. Pourtant le modèle québécois que nous avons bâti sur la concertation, gouvernements et peuple québécois, est légitime de par ce fait.

Une légitimité nécessaire à l’exercice démocratique

Historiquement, la démocratie est fondée sur la souveraineté nationale. Il n’existe pas d’autre définition des intérêts collectifs qui ait assuré la pérennité d’une démocratie. Dans le projet nationaliste centralisateur canadien mis en marche par Trudeau, la nation historiquement dominante du Canada tente d’incorporer la nation québécoise en son sein. Or, cet effort est réducteur de sens puisqu’il relègue forcément la nation québécoise au statut de minorité. Il refuse le projet de société de la nation québécoise, l’expression démocratique de la volonté d’être libre et responsable, puisqu’il nie l’existence même de sa nation. Ce projet de société canadien ne correspond pas à la réalité des peuples du Canada mais à un idéal élitiste qui mène à un déficit démocratique où le Québec ne peut tirer son épingle du jeu que s’il parvient à maintenir l’équilibre de force. Exclue de la constitution canadienne, en périphérie de ce processus, la nation québécoise s’est pourtant tranquillement affairée à construire depuis quarante ans les institutions nécessaires à sa vie démocratique.

La démocratie au Québec nécessite encore un projet de société national. En écartant ses projets politiques des intérêts nationaux, le gouvernement Charest ouvre grand la porte aux intérêts égotistes, qui ont mis à mal la démocratie chez nos voisins.

Il existe des exemples de démocraties qui peuvent nous guider, tout comme notre modèle est une source d’inspiration pour d’autres. Des associations saines, fondées sur des États souverains, telles que l’union des pays du conseil nordique, dont la majorité des États ont acquis leur indépendance au XXe siècle, nous indiquent le chemin d’une enviable vitalité sociale. C’est pourquoi le Parti québécois reste pertinent, puisqu’il est le seul parti contemporain d’ici avec un projet national : qui voit que l’épanouissement de chacun passe par la lutte contre les égotismes.

La pertinence du Parti québécois

Puisque la souveraineté nationale est le fondement de la démocratie, lorsque nous arrêtons de la cultiver nous perdrons notre autonomie et les systèmes politiques d’ailleurs pourront être transposés chez nous sans plus d’égard à nos réalités. De la même façon, un État souverain qui s’écarte de sa légitimité démocratique nationale s’expose au servage des intérêts particuliers. Le vide politique créé par le désaveu nationaliste du nouveau gouvernement libéral du Québec offre au Parti québécois l’occasion d’occuper le centre politique en se basant sur les principes de la démocratie nationale. Ceci lui permettrait d’enfin rejoindre les minorités du Québec, si souvent artificiellement écartées du projet souverainiste à la fois par ses adversaires et ses partisans. Tous les citoyens du Québec sont conviés à combler le déficit démocratique.

Éditorial, NYT, 20.10.03



»» l'approche commune

Le fruit mûr

Josée Boileau
Le Devoir vendredi 31 octobre 2003

C'est un beau fruit que les libéraux ont cueilli dans le champ autochtone lorsqu'ils ont été élus: l'entente de principe conclue par les Innus et le gouvernement péquiste ne demande en effet qu'à être ratifiée. Mais sans plus tergiverser.

Le ministre des Affaires autochtones, Benoît Pelletier, l'a enfin annoncé : l'entente avec les Innus, dite de l'approche commune, sera ratifiée d'ici Noël. Ce n'est pas trop tôt, mais il ne faut pas chicaner sur les détails. Le gouvernement de Bernard Landry n'était pas non plus très empressé, l'hiver dernier. Il a préféré l'adoption, le 11 mars (tard en soirée, et à la veille du déclenchement des élections !), d'une motion bien prudente dans laquelle l'Assemblée nationale appuyait «unanimement le gouvernement du Québec à la poursuite de la négociation avec la nation innue». Pas un mot au sujet d'une ratification.

En fait, le coeur de la motion tenait dans sa finale : le gouvernement devait procéder «à des ajustements au processus de négociation afin d'impliquer davantage les populations régionales concernées». Bref, il fallait parler davantage aux «Blancs», plusieurs ayant accueilli l'entente avec hargne ou suspicion sur la Côte-Nord et au Saguenay, là où les Innus auraient plus de pouvoirs.

Guy Chevrette, mandataire du gouvernement péquiste dans le dossier, n'a d'ailleurs de cesse de faire son mea-culpa. «J'aurais dû expliquer beaucoup plus ce qu'était l'approche commune», disait-il encore il y a deux semaines à un colloque du Conseil de presse consacré aux autochtones. Et le rapport qu'il a déposé en janvier dernier sur l'entente de principe est traversé du regret que celle-ci n'ait pas été «suffisamment expliquée ni vulgarisée».

C'est dire si l'accent que les libéraux mettent sur la participation des non-autochtones pour peaufiner le traité final qui, après l'entente, viendra encadrer l'exercice des droits ancestraux des Innus n'a rien de nouveau. L'étonnement, c'est qu'on ne sache toujours rien des modalités de cette participation. Le ministre Pelletier dit pourtant depuis des mois que c'est là sa grande préoccupation.

Dans les faits, on en est donc au même point que lors du dépôt du rapport Chevrette, qui proposait, lui, un processus précis de négociations élargies. Le traité final doit pourtant voir le jour d'ici deux ans. Il faudrait donc se mettre rapidement à la tâche, surtout s'il s'agit de calmer les esprits en vue d'une transformation de fond des rapports entre les communautés.

Le risque, en fait, c'est de laisser croire que le gouvernement, par cet appel flou aux «Blancs», cherche toujours une manière de contourner l'entente, pourtant saluée par ceux qui croient à l'impérieuse nécessité d'améliorer le sort des autochtones. Le ministre Pelletier n'a-t-il pas envisagé à l'été de la rouvrir, inquiet notamment de ses impacts sur l'intégrité du territoire du Québec ? Il en a abandonné l'idée, mais peut-être en reste-t-il des relents. De ceux qui peuvent faire pourrir les plus beaux fruits.

jboileau@ledevoir.ca



»» autochtone

Conseil conjoint des élus
- Un sommet socioéconomique autochtone est en préparation

Tommy Chouinard
Le Devoir vendredi 31 octobre 2003

Québec - La création d'un sommet socioéconomique sur la situation des communautés autochtones du Québec est l'un des tout premiers mandats du nouveau Conseil conjoint des élus, qui regroupe des chefs autochtones et des ministres du gouvernement Charest.

«On s'est entendus pour élaborer un plan à cet égard, pour voir qui serait invité, quels sont les objectifs et les attentes. On a mandaté le conseil pour faire un plan que je soumettrai par la suite à mes collègues qui sont responsables des dossiers économiques», a affirmé hier le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, à l'issue de la première réunion de ce conseil créé en juin dernier pour assurer des liens permanents entre le gouvernement et les chefs autochtones.

Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, compte beaucoup sur la tenue de ce sommet. «On ne peut pas se doter d'un plan d'action économique et sociale pour nos communautés si on n'a pas d'abord fait le bilan de ce que sont les communautés aujourd'hui. Je pense qu'il faut présenter un portrait qui soit sérieux et accompagné d'une analyse tout aussi sérieuse si on veut se doter d'un plan d'action qui va offrir des mesures concrètes», a-t-il dit.

La situation économique des communautés autochtones a été le thème principal de la rencontre d'hier. Les ressources naturelles, le développement économique et la fiscalité ont notamment été abordés. «C'est une question incontournable à nos yeux. On ne peut pas parler d'autonomie sans moyens. On n'a pas à faire le dessin pour démontrer le fossé entre les communautés autochtones et celles qui les entourent au niveau économique et social. Il y a un effort immense à faire à ce chapitre-là pour essayer de trouver l'équilibre nécessaire», a expliqué M. Picard.

«Pour nous, il est clair que le développement économique des autochtones est un facteur clé pour leur permettre d'assumer pleinement leur autonomie et leur permettre d'avoir un plus grand contrôle sur les leviers mêmes de leur affirmation en tant que nation», a ajouté Benoît Pelletier.

La ministre déléguée au Développement régional et au Tourisme, Nathalie Normandeau, le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, le chef de Betsiamites, Raphaël Picard, et le chef de Kahnawake, Lloyd Phillips, participaient à la réunion. Benoît Pelletier n'a pas hésité à qualifier celle-ci d'«historique» puisque les chefs autochtones attendaient la création d'un tel conseil depuis une dizaine d'années.



»» l'Approche commune

Signature de l'Approche commune :
La décision revient au Conseil des ministres

Mylène Moisan
Le Soleil vendredi 31 octobre 2003

L'explosif dossier de l'Approche commune avec les Innus sera bientôt soumis au Conseil des ministres, qui doit donner sa bénédiction avant que le gouvernement n'y appose sa signature. "Une formalité", assure le ministre Benoît Pelletier, qui devrait être remplie d'ici Noël.

Au sortir d'une réunion en fin de journée mercredi, Jean Charest a donné, comme l'avait fait son ministre des Affaires autochtones quelques semaines plus tôt, l'assurance qu'il souhaitait la signature de l'Approche commune conclue en juin 2002 entre Québec, Ottawa et quatre nations innues. Outre M. Pelletier et M. Charest, les quatre chefs concernés par l'entente de principe étaient à la rencontre, soit Raphaël Picard, chef de Betsiamites, Denis Ross, chef d'Essipit, Richard Malec, chef de Nutashkuan, et Gilbert Dominique, chef de Mashteuiash.

Hier, M. Charest a réitéré son intention de passer à la prochaine étape, soit la négociation d'un traité entre les nations québécoise et innue. Mais, avant que M. Pelletier puisse signer la controversée entente de principe, le Conseil des ministres doit donner son aval. "La réalité, explique M. Pelletier, c'est que c'est le Conseil des ministres qui doit m'autoriser à signer. Il y a tout un processus. Il faut soumettre un mémoire, les ministères font leurs différents commentaires et ainsi de suite."

Le ministre Pelletier est confiant que la page de l'Approche commune pourra être tournée avant Noël ou peu de temps après, "si les démarches au Conseil devaient être plus longues". Ce dont il doute. "J'ai déjà fait un certain nombre de démarches. Le terrain est très bien préparé", relate-t-il, précisant que le passage obligé devant les ministres était "une formalité".

Et, le jour où il apposera finalement sa signature, M. Pelletier en profitera pour "annoncer tout un processus pour la consultation des non-autochtones". En point de presse hier matin, il a insisté longuement sur l'importance que "le point de vue se reflète à la table de négociation, sans changer sa composition. La faille qu'il y avait dans le processus, on va tout faire pour la corriger".

Ambitieux, M. Pelletier mettra tout en oeuvre pour "concilier les intérêts des autochtones et des non-autochtones". À la lumière du bilan déjà lourd en tensions et en accrochages dans les régions concernées, au Saguenay et sur la Côte-Nord, force est d'admettre que la tâche est colossale. Le député de Chapleau veut aussi convaincre les autres communautés innues de se joindre aux discussions. "Il en manque cinq. Les discussions vont bon train avec trois, il y en a deux qui restent à gagner", a-t-il admis.

Conseil conjoint des élus

Dans sa volonté d'"investir des efforts pour maintenir de bonnes relations avec les autochtones", le premier ministre a participé hier à la première rencontre du Conseil conjoint des élus, un nouveau forum où trois ministres et trois représentants des Premières Nations se parleront dans le blanc des yeux tous les mois.

Jusqu'au printemps, le Conseil réunira chaque fois des représentants différents de chacune des parties, selon les sujets qui seront à l'ordre du jour. "On espère que ce forum va pouvoir établir un contact permanent et faciliter les relations pas juste avec les Innus, mais avec les Cris et les Inuits aussi", a souhaité M. Charest.

Au sortir de la rencontre, M. Pelletier et Ghyslain Picard, chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, étaient tout sourire. Les deux hommes s'entendaient sur l'urgence de s'attaquer au développement économique des autochtones, "le facteur clé pour un plus grand contrôle des leviers de leur affirmation", dixit le ministre.

Quant à M. Picard, il a insisté sur la nécessité d'un Sommet socio-économique sur la question, un projet auquel M. Pelletier veut "sensibiliser" ses collègues. M. Picard compte bien se présenter à la réunion, le mois prochain, avec une ébauche de ce qu'il a en tête.

MMoisan@lesoleil.com



»» Immigration

Objectif: 44 000 immigrants


PC Le Devoir vendredi 31 octobre 2003

Québec - Le gouvernement du Québec souhaite accueillir jusqu'à 44 000 immigrants en 2004, soit 4000 de plus qu'en 2003, a annoncé hier la ministre de l'Immigration, Michelle Courchesne.

Le Plan d'immigration du Québec pour 2004 prévoit maintenir à plus de 50 % la proportion des nouveaux arrivants connaissant le français lors de leur admission.

Quant à l'immigration à caractère économique, l'objectif d'admission est fixé entre 24 400 et 26 400.

De plus, la part des immigrants sélectionnés par le Québec devrait être de l'ordre d'environ 65 %, a assuré la ministre Courchesne.

Après avoir enregistré une hausse de son immigration au début des années 90, avec 48 000 admissions en moyenne de 1991 à 1993, le Québec a vu sa moyenne annuelle d'immigration chuter à 28 000 entre 1994 et 1999, a relaté Mme Courchesne.

De surcroît, les nouveaux arrivants, même ceux qui sont des travailleurs qualifiés, peinent souvent à se trouver du travail et vivent, dans certains cas, dans des conditions misérables de pauvreté.



»» Immigration

Michelle Courchesne veut 4000 immigrants de plus par année

La ministre cherche à rétablir les "ponts coupés par le PQ"


PC Le Soleil vendredi 31 octobre 2003

Cherchant à rétablir "les ponts coupés par le gouvernement du Parti québécois", Michelle Courchesne, ministre des Relations avec les citoyens, compte recruter 44 000 nouveaux venus l'an prochain, soit 4000 de plus que cette année. "Nous ferons de l'immigration un élément moteur du développement économique du Québec", a-t-elle promis.

Dans son Plan d'immigration du Québec déposé hier devant l'Assemblée nationale, Mme Courchesne annonce que les objectifs qui y figurent ne tiennent que pour l'année 2004, alors que l'exercice couvre habituellement une période de trois ans. L'exception découle de sa volonté de procéder à une consultation publique au cours de l'année, à l'issue de laquelle elle présentera une planification pour 2005-2007.

Accusant le gouvernement précédent d'avoir "coupé les ponts et le dialogue avec les communautés culturelles", Mme Courchesne compte sur cette "vaste tournée de consultations" pour prendre le pouls des principaux intéressés et trouver la meilleure façon de "lever les obstacles à l'emploi".

Mme Courchesne a qualifié de "troublante" la baisse marquée de l'immigration survenue au cours de la dernière moitié des années 90, alors que le Parti québécois venait de reprendre le pouvoir. De 48 000 qu'ils étaient en moyenne entre 1991-1993, les immigrants sont passés à 28 000 entre 1994 et 1999. Depuis le tournant du siècle, a-t-elle précisé, "l'admission annuelle a progressé de façon significative pour atteindre à la fin de 2003, selon nos prévisions, 40 000".

En plus de son objectif d'accueillir 4000 immigrants de plus, la ministre a dit vouloir porter à 65 % la part des immigrants découlant de la sélection québécoise. Elle s'attend également à ce qu'un immigrant sur deux parle français dès son arrivée au Québec. M.M.



»» Baie d'Urfé

Quebec separatist 'militia' under scrutiny: Yeomans

Members setting up training camps, but claim its goals are nonviolent

BRENDA BRANSWELL
The Montréal Gazette Friday, October 31, 2003

The member of the city's executive committee responsible for public security suggested yesterday that authorities will keep a close eye on an alleged Quebec patriotic militia group.

The TVA television network has broadcast stories about the Milice patriotique québécoise. The group claims 50 active members and espouses defence of Quebec and the French language.

However, the television report also said that the militia has been setting up training camps, and some members have talked about using explosives.

"We should take all these statements - whether they sound sensible or not - very seriously," said councillor Peter Yeomans.

"The population can rest assured that the political, police and intelligence gathering will be proactive rather than reactive."

The allegations follow the arrest this week of vandals who sprayed anti-Canada graffiti on Baie d'Urfé's former town hall. During the arrest, police found three homemade pipe bombs, explosives and a police scanner. One of the men arrested is thought to be a member of the militia.

The initial TVA report featured a young man who received a badge and a survival knife from the militia. According to the report, he attended several meetings where they raised the idea of blowing up mail boxes as happened in Quebec during the era of the Front de libération du Québec. They also talked about striking in Baie d'Urfé, Kirkland and Île Perrot.

Yesterday, however, a woman claiming to be the vice-president of the group told TVA that violence was not part of its agenda.

Filmed from behind, the woman with long hair dressed in jeans and a T-shirt, acknowledged that a training camp is being prepared and the militia is interested in combat techniques. She also said that some members have practised shooting.

But she suggested those actions were only undertaken in a preventive way. She did not rule out that certain extremist elements might favour the use of violence.

"My first reaction was to think this was a hoax," said Alliance Quebec president Brent Tyler.

He called it a serious matter if people possess sophisticated weapons and are training.

"But I'm not convinced that it's for real. If it is, it's very serious and should be acted upon by the appropriate authorities."

Raymond Villeneuve, the head of the ultranationalist Mouvement de libération nationale du Québec, acknowledged he knows a few members of the militia. He insisted the group does not have weapons or explosives.

"That's not true. It's a lie," said Villeneuve, who called the militia a non-violent group. He likened it to the Swiss militia, "which is a popular army. It's citizen soldiers. That's the principal objective. To intervene if there is an ice storm. ... But it's true if there is a Canadian army invasion into Quebec, then yes, this militia would defend the Quebec territory."

With weapons? he was asked. Yes, Villeneuve responded.

Yeomans observed: "It seems to be an element in Quebec society that needs to be monitored." He would not say what police are doing on the matter, noting that they must be tight-lipped.

"This will all be monitored extremely closely. We're not dealing with kids but with people who are adult age. And that makes it more disconcerting."

bbranswell@thegazette.scanwest.com



»» défusions

Merger supporters need their own Trent

JOSEE LEGAULT
The Montréal Gazette Friday, October 31, 2003

The games people play. And in politics, the list of games can be endless. One of the most worrisome these days is the merger-demerger Vaudeville act currently being played in Montreal.

According to Premier Jean Charest, this is the price so that citizens can "adhere" to the municipal mergers imposed by the previous Parti Québécois government. We promised you democracy and adhesion, the Liberals say, but demergers is what we might get instead.

Many Montrealers watch helplessly as the web of demerger referendums is being woven before their eyes. Those who support the megacity could be forgiven for thinking that this issue is being handled by political leaders who have been acting irresponsibly.

The list of apprentice sorcerers is short but impressive. First came Lucien Bouchard, who created this mess by proceeding without any mandate. Then came Jean Charest, who saw the mess, stepped into it and made it worse.

Charest chose to ride the wave of anti-merger discontent that was swelling in some areas at the time of the mergers. He ignored the political and linguistic tensions this could awaken, opting instead for the promise of initiating a process that could lead to demerger referendums.

Through it all, Mayor Gérald Tremblay has done little to show true leadership. Here's a man who recruited high-profile anti-merger politicians and relied on them to give him the edge over Pierre Bourque. That did the job, but it opened his administration to a number of demerger Trojan horses. Predictably enough, many of them have been working actively to dismantle the city they were elected to represent.

Which brings us to former mayor Pierre Bourque, the spiritual father of "one island, one city." This week, he invited the mayor to join him in a "Montreal Committee" and unite pro-merger forces to battle the anti-merger activists. Tremblay angrily dismissed Bourque's offer, saying he couldn't let go of his decentralization plan in exchange. So it's back to Square One.

As the anti-merger forces are preparing their own battle - with former Westmount mayor Peter Trent as one of their most determined leaders - Tremblay and Bourque are bickering like two boys in a schoolyard refusing to play with each other.

As for the PQ opposition, it can hardly be heard. So much so that know-it-all activist Gilles Rhéaume and, of all people, Mouvement National de Libération leader Raymond Villeneuve, have moved in to fill the void. The end result is demoralizing as many pro-merger Montrealers are left wondering where their own Peter Trent is.

As demergers loom, the fate of Montreal - the same megacity that has just been identified by Statistics Canada as the most economically diversified city in Canada - hangs in the balance.

So what to do? Tremblay wants to decentralize the megacity to bring about the "adhesion" of its most reluctant citizens. Charest tells the demergerites that if they get their city back, it won't be the same city as before. Heck, they might even pay higher taxes.

Here is where the biggest problem lies: Both the premier and the mayor believe that reason will win out over emotion. They throw around parliamentary commissions, decentralization plans and talk of fiscal equity while the demergerites reject any rational argument that favours a united Montreal so they can get back their little kingdoms.

Here's a reality check: Most demergerites don't care about any of this. They can afford any cost to demerge and no amount of decentralization will ever satisfy them. Trent said as much in August: Tremblay's decentralization plan "will only whet the appetite of those who want their city back." Clear enough?

The emotions run so high that voters didn't bat an eye in Baie d'Urfé when they elected Anne Myles, a unilingual anglophone. But while it is truly amazing that in 2003, people can elect someone who cannot speak the language spoken by 82 per cent of the society she lives in, the irony is that because Bouchard's megacity encompasses a number of predominantly English-speaking boroughs, it is precisely the merger that has reduced the percentage of francophones within what is now the megacity. This, in turn, is fostering a greater bilingualization of services. And that is worth paying attention to, a lot more than the case of one individual representative.

So what is the solution? Many are urging Charest to axe his promise. But Politics 101 teaches that any new premier who reneges on a major commitment will be chopped liver for the opposition on anything else he'll try to implement.

The only hope is that pro-merger leaders finally get their act together and their egos in check. They must do it fast so they can rally enough citizens to come out and vote against the demergers. Because the referendums, they are a-coming.