Actualité





»» PQ - congrès d'orientation

Le Québec a raté ses lendemains référendaires

L'urgence nationale n'est pas tant la réingénierie de Charest que son plan de normalisation du Québec au sein du Canada

Jean-Pierre CHARBONNEAU, député de Borduas,
ancien président de l’Assemblée nationale et ancien ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes

TRIBUNE LIBRE 9.10.2003
(texte également publié dans Le Devoir du jeudi 9 octobre 2003 sous le tire «Le PQ et la question nationale : Des lendemains référendaires ratés»)

Beaucoup ont pensé et continuent de penser que la stratégie des conditions gagnantes était la seule possible après la défaite référendaire de 1995. Le Québec ayant perdu l’initiative de son propre projet collectif, il fallait à nouveau laisser passer du temps et consacrer les énergies à tenter de libérer l’État provincial d’un carcan financier constitué par une gestion gouvernementale constamment déficitaire et un étranglement budgétaire délibéré opéré par le gouvernement central. Il fallait aussi opposer un barrage solide aux autres offensives centralisatrices d’Ottawa en espérant que l’opinion publique se solidariserait derrière son gouvernement national, même si celui-ci lui imposait au même moment des sacrifices énormes et des frustrations considérables.

Certes, le gouvernement du Parti québécois a réussi à gérer beaucoup plus efficacement les finances publiques mais il n’a pas vraiment réussi à mobiliser derrière lui la population pour contrer les nombreux assauts fédéraux. Pourquoi ?

Essentiellement, pour la même raison qu’il n’a pas su empêcher l’offensive de Pierre-Elliott Trudeau après le référendum de 1980. En fait, quand on analyse les stratégies des gouvernements du Parti québécois depuis 1976 en rapport avec la question nationale, on note d’abord qu’il n’y a jamais eu de préparation adéquate impliquant une large et intense participation populaire qui seule aurait permis l’émergence d’un courant d’opinion dominant en faveur du projet de souveraineté. Les seuls moments où l’ensemble du peuple a été invité à s’associer à la démarche gouvernementale, ce fut lors des référendums eux-mêmes. Ces deux jours historiques-là, le peuple s’est exprimé. Avant, il n’avait pas vraiment été mis dans le coup malgré tous les efforts de militantisme et de propagande.

Puis, une fois les verdicts tombés, la même approche élitiste a prévalu. Jamais le peuple n’a été invité à poursuivre son engagement politique des journées référendaires. Pourtant, dans chaque cas, une grande majorité des Québécois ont voté pour du changement, pour un règlement de la question nationale telle qu’envisagée depuis le début de la Révolution tranquille, c’est-à-dire pour une plus grande autonomie, une plus grande indépendance politique.

Parce qu’il a refusé à chaque fois de prévoir la défaite autant que de préparer ses lendemains et parce qu’il a négligé à chaque fois d’associer le peuple à la suite des choses, le gouvernement du Parti québécois s’est retrouvé en position de faiblesse pour défendre les intérêts québécois et l’autonomie déjà trop partielle de l’État national québécois.

En 1982, la seule façon de barrer la route à Pierre-Elliott Trudeau aurait été de faire avaliser par référendum la position de refus de l’Assemblée nationale, laquelle avait donné lieu à un vote majoritaire des libéraux de Claude Ryan en faveur de la motion du Premier ministre René Lévesque. Ce référendum aurait été l’occasion pour le peuple québécois de s’opposer massivement au projet Trudeau qui était la consécration de son mensonge référendaire. Le peuple lui-même aurait répondu à Trudeau et lui aurait dit comment il avait compris sa promesse de changement et dans quelle direction la suite des choses devait aller. Plutôt que cela, on s’est contenté d’organiser une grande marche et un rallye au Forum de Montréal.

En 1996, devant l’offensive Chrétien-Dion-Martin qui consacrait elle aussi leur mensonge référendaire (incidemment de même nature que celui de Trudeau), le gouvernement du Parti québécois aurait dû fournir l’occasion au peuple de reprendre sans délai sa réflexion sur l’avenir du Québec dans la foulée des conclusions de la Commission Bélanger-Campeau de Robert Bourassa et des Commissions nationale et régionales pré-référendaires de Jacques Parizeau. Il aurait dû être inacceptable que quinze ans d’effervescence politique ayant presque conduit les libéraux de Robert Bourassa à opter eux aussi pour la souveraineté se concluent en queue de poisson sans mot dire par le résultat que l’on connaît. L’urgence nationale n’était pas d’atteindre le déficit zéro au plus sacrant, ni de tenter l’impossible au plan des services de santé ou de la gouvernance provinciale. L’urgence nationale était de reprendre dès le lendemain le combat politique en faveur d’un règlement de la question nationale si vitale, disait-on et dit-on toujours à bon droit, pour l’organisation du bien commun dans toutes les sphères de la vie collective. Le gouvernement national du Québec aurait dû dire à son peuple : « la réponse référendaire ne règle pas la question nationale mais celle-ci doit être réglée. Il nous faut donc reprendre ensemble notre réflexion sur la façon d’envisager l’avenir et sur l’attitude à adopter face à Ottawa et au reste du Canada. D’aucune façon, notre réponse doit être utilisée pour nous affaiblir ou nous tromper. Voyons maintenant ensemble ce qui nous unit et ce que nous devons faire. »

Malheureusement, il n’y a pas eu d’appel solennel au peuple ni d’action dans le sens que commandait la nouvelle conjoncture. Et, le même scénario fédéral qui avait prévalu après 1980 a été mis en œuvre à nouveau par Ottawa, avec les mêmes résultats toxiques au plan politique et les mêmes conséquences dépressives au plan de la psyché collective. Pourtant, avec un taux de participation de 94%, jamais auparavant le peuple ne s’était senti si concerné par son avenir collectif. C’est sur cette formidable mobilisation d’un jour que le soir même du référendum, puis dans les semaines, les mois et les années qui ont suivi, il aurait fallu capitaliser et construire. Certes la réponse était ambivalente mais l’intérêt pour la question nationale venait d’atteindre un sommet inégalé. Il aurait fallu unifier cette mobilisation et la canaliser dans la direction souhaitée par une bonne majorité en faveur d’un changement majeur de l’ordre politique en place et une reconnaissance significative de la nature du Québec, la patrie d’un peuple distinct.

Organisons la résistance et libérons le désir

Aujourd’hui, un peu plus de huit ans après la réponse référendaire de 1995, comment doit-on envisager l’avenir avec un gouvernement national qui n’a aucun désir de respecter la tradition autonomiste de son parti et qui n’a aucun goût d’être même un véritable gouvernement national, incapable qu’il est d’affirmer quelque conviction que ce soit sur la nature véritable de son peuple et sur son désir profond de maîtriser son destin de façon distincte?

Au premier chef, tous les hommes et toutes les femmes conscientisés à la question nationale doivent se secouer et organiser un Front commun nationaliste pour empêcher Jean Charest et son équipe d’embarquer dans le train fédéral de l’homogénéisation canadienne et de la marginalisation de la nation québécoise. Les péquistes, les adéquistes, les partisans de l’UFP et tous les autres qui croient que le progrès et l’épanouissement de notre peuple devront toujours primer sur la sauvegarde du système fédéral canadien, doivent faire taire et mettre de côté leurs différends autant que leurs ego pour faire barrage à la politique de la renonciation et de la soumission de Jean Charest.

Il nous faut une coalition nationale responsable d’organiser la résistance politique et d’éveiller le plus possible les consciences plongées dans la déprime et l’abandon politique ou installées dans le confort et l’indifférence.

L’urgence nationale aujourd’hui n’est pas tant l’opération de réingénierie de l’État de Charest, si dangereuse soit-elle, que son plan de normalisation du Québec au sein du Canada. Si d’aventure ce plan réussissait et que le Québec était intégré à l’opération du Nation Building qu’Ottawa et le Canada anglais mènent en accéléré depuis quelques années, il y a fort à parier que jamais plus le peuple québécois ne puisse aspirer à devenir véritablement beaucoup plus maître chez lui, sinon totalement indépendant. On l’aura vendu pieds et poings liés aux intérêts dominants du Canada anglais, alors même que sa minorisation démographique exige déjà depuis un bon moment qu’il accède à une très grande autonomie sinon, à toute l’autonomie, comme les autres souverainistes et moi-même le désirons.

L’action de la Résistance que je propose ne devrait pas se contenter d’être un front du refus. Elle devrait viser aussi à préparer une véritable phase de communication collective où l’on reprendrait, cette fois correctement et avec le temps nécessaire, l’exercice de réflexion populaire sur l’avenir de notre peuple dans le contexte du XXIe siècle. La poursuite du combat québécois doit dorénavant se faire sous le signe de la démocratie participative. On doit convenir que, plus jamais, l’avenir politique du Québec ne doit être envisagé, préparé et joué sans la participation effective du peuple lui-même. L’exercice de la souveraineté populaire, dont l’étape ultime est le vote, doit maintenant devenir l’assise sur laquelle doivent s’appuyer tous les grands changements de société, y compris ceux que le nouveau gouvernement voudra mettre de l’avant. Il ne s’agit pas d’imiter ici la Californie. Il s’agit d’établir un juste équilibre entre la gouvernance autocratique que l’on subit et la dictature du populisme primaire que l’on refuse.

Plus jamais, il ne doit y avoir chez nous des changements fondamentaux sans l’indispensable éducation populaire et la participation citoyenne. Plus jamais, il ne doit y avoir des référendums sans au préalable un exercice significatif de réflexion collective s’appuyant sur l’implication du plus grand nombre de gens possible.

Et cela doit débuter maintenant car Jean Charest, à son tour, n’a pas eu le mandat d’amener le Québec là où il veut le conduire. Pour ce qui est de la façon de présenter le projet souverainiste et de poursuivre le combat politique en sa faveur, la question première à résoudre est celle-ci : comment faire émerger le désir profond et latent de la très grande majorité des membres de notre communauté nationale de voir celle-ci entièrement maître de son destin? Et puis, comment cesser de consolider les résistances et les peurs conscientes et inconscientes de toutes et tous à l’égard de la quête naturelle et instinctive de l’indépendance? À mon avis, il importe peu pour le moment de préparer un budget d’un Québec souverain social-démocrate ou d’envisager des référendums sectoriels. Il serait préférable de se demander pourquoi notre action politique a été un échec jusqu’à ce jour.

Une fois cette analyse complétée adéquatement, il sera alors temps d’élaborer les scénarios d’action.

Chose certaine cependant, la réussite du projet souverainiste passe obligatoirement par un exercice de communication collective qui devra permettre au plus grand nombre possible de femmes et d’hommes de la terre québécoise d’exprimer leurs désirs, leurs espoirs autant que leurs craintes et leurs ambivalences. Les commissions itinérantes sur l’avenir du Québec tenues en 1995 avaient été conçues pour cela par Jean-François Lisée, le conseiller spécial de Jacques Parizeau. Malheureusement, l’exercice a été mal fait et sacrifié à un calendrier référendaire gelé d’avance dans le ciment.

Quoiqu’il en soit, pour la suite des choses, c’est de cette expression qu’apparaîtra la route à suivre par les leaders et les militants politiques. Entre-temps, rien ne les empêche, rien ne nous empêche de valoriser au maximum le désir profond d’indépendance déjà fortement présent dans l’inconscient collectif. Au fait, quand le très fédéraliste Daniel Johnson, fils, déclarait, en mai 1994, que l’idée de l’indépendance « fait partie de notre fibre » collective et « qu’il y aura toujours la totalité des Québécois qui vont un peu sentir que ça peut être la solution », il reconnaissait avec sincérité l’existence et la force de ce désir. Reste à lui permettre d’atteindre une intensité irrésistible. Comme l’a si bien dit l’écrivaine Hélène Pedneault : « Il n’y a pas de conjoncture favorable ou défavorable. Il n’y a que la force et la clarté du désir, qu’il s’agisse d’un individu ou d’un peuple. »



»» RIQ

RIQ - « brassage d’idées »

Marcel Lefebvre, président
TRIBUNE LIBRE jeudi 9 octobre 2003

Info-RIQ Septembre 2003, vol. 4

Mot du Président

Chers membres du RIQ,

Le 29 novembre prochain, le RIQ tiendra, à Montréal, son assemblée générale. Ce sera également l’occasion d’un important colloque qu’animeront Robert Laplante et Jean-Pierre Charbonneau. Ce colloque sera un moment fort de réflexion autour d’un éventuel changement d’approche pour réaliser l’indépendance du Québec. L’idée d’une élection référendaire y sera débattue. Vous aurez l’occasion d’en discuter avec des indépendantistes et des souverainistes de divers horizons. Inscrivez cette date à votre agenda. Vous trouverez au verso des détails supplémentaires.

Le RIQ est très actif en cette période de « brassage d’idées ». Il multiplie les rencontres avec plusieurs acteurs politiques. Lors du dernier bulletin, je vous signalais l’adhésion au RIQ de Jean-Pierre Charbonneau, Hélène Alarie, Suzanne Tremblay, Richard Marceau, Christiane Gagnon, Jean-Yves Rocheleau et Jean-Yves Roy. Plusieurs autres sont actuellement invités à joindre notre rassemblement en faveur de l’indépendance du Québec.

Le RIQ s’approche de plus en plus de son objectif. Les membres du Conseil d’administration (CA) ont comblé le poste vacant en y nommant Jean-Pierre Charbonneau et choisi d’élargir à 15 le nombre de postes au CA pour assurer une meilleure représentation régionale, choix qui sera soumis pour approbation à l’Assemblée générale.

Bref, nous sommes en pleine expansion. Notre assemblée générale, qui sera doublée d’un colloque majeur, devrait nous faire franchir une nouvelle étape. Je compte sur votre participation.

Solidairement pour l’indépendance, Marcel Lefebvre, président

Information

Les écrits des membres du Conseil d’administration (CA)

Le Devoir a publié deux textes de Claude Bariteau les 17 et 18 septembre derniers : « Tuer la mort pour trouver nos repères » et « Chasser l’insupportable et fonder un pays ». Vous les trouverez sur notre site internet (http://riq.info).

Vous y trouverez aussi le texte « Une politique du repli qui nie le devenir québécois » d’André Campeau et de Hugues Leclair, qui est une réplique au ministre Benoît Pelletier (« L'appui du Québec doit être revu » , Le Devoir, 6 et 7 septembre 2003).

Redéfinition du CA et rôle accru des équipes régionales

Sous réserve de l’approbation de l’assemblée générale, le CA a été élargi à 15 membres donnant priorité à des représentants des équipes régionales. Six nouveaux sièges ont donc été ajoutés au CA. Le but principal est d’activer les activités en région et de créer des relations plus efficaces entre le CA et les équipes régionales. Lors de l’assemblée générale annuelle, des représentants seront nommés pour chaque région du Québec. Nous sommes donc à la recherche de représentants. Si vous êtes intéressés à travailler à la mise sur pied d’une équipe du RIQ dans votre région, contactez Natacha Gagné, membre du CA : natacha_gagne@hotmail.com

Des activités en région cet automne

Équipe de Montréal :
- Mme Louise Sarda, professeure au Cégep de St-Hyacinthe, entreprendra la phase 2 de la tournée des départements de philosophie et sciences politiques des cégeps pour faire connaître le mémoire du RIQ sur les institutions démocratiques et le livre Sortir le Canada du Québec.

Équipe de l’Est du Québec (Bas-St-Laurent/Gaspésie) :
- Élaboration d’une structure organisationnelle pour les équipes régionales
- Mise sur pied de causeries trimestrielles. Cet automne, le thème sera « Pourquoi s’intéresser à la politique ? ». Tous sont les bienvenues aux causeries qui se tiendront 1) le 29 octobre, 19h00, à l’Auberge Beauséjour d’Amqui ; 2) le 9 novembre, 10h00, au Café Aux Délices de Matane ; et 3) le 15 ou le 16 novembre à Rimouski (lieu et heure à confirmer).
- Présentation du livre Sortir le Canada du Québec au Salon du livre de Rimouski, fin octobre

Le livre du RIQ Sortir le Canada du Québec

Nous vous rappelons que le livre Sortir le Canada du Québec est un excellent outil de promotion de l’indépendance du Québec. Pour vous le procurer, remplissez le bon de commande sur notre site internet et retournez-le par la poste:

Assemblée générale du RIQ : le 29 novembre à Montréal

À sa réunion du 6 septembre 2003, les membres du Conseil d’administration du RIQ ont choisi de lier la tenue de cette assemblée à deux autres événements : un débat sur le développement d’un cadre neuf pour faire l’indépendance du Québec et une fête.

À l’Assemblée générale du RIQ, un bilan des activités sera présenté. Des modifications au statut seront discutées et les participants seront invités à élire des membres au CA et à donner leur avis sur les activités de l’année qui vient. Ce sera le premier événement. Il se déroulera de 10h00 à 12h00.

Le deuxième événement rejoint les préoccupations de rassemblement propres au RIQ. Pour débattre du thème choisi, des personnes associées à divers organismes et partis politiques se joindront aux membres du RIQ pour discuter d’un changement d’approche (par exemple, une élection référendaire) pour réaliser l’indépendance. Seront invitées des personnes intéressées par ce thème et qui sont actives au PQ, au BQ et à l’UFP, au Conseil de la souveraineté, à la SSJB-Montréal, au MNQ, à L’Action nationale, aux IPSO, etc. Deux membres du RIQ animeront ce débat : Robert Laplante en présentera les contours et Jean-Pierre Charbonneau se chargera de faire la synthèse des travaux. Ce colloque se tiendra de 13h30 à 17h00.

Le troisième événement est un 5 à 7 (17h00 à 19h00) animé par de jeunes chansonniers de l’indépendance du Québec. Pierrik Jasmin sera l’un d’eux. D’autres sont à confirmer.

Ces activités se dérouleront à la maison Ludger Duvernay de la Société-Saint-Jean-Baptiste de Montréal au 82 rue Sherbrooke Ouest.

Vous recevrez l’avis de convocation au début de novembre.



»» le point

LA LIGUE POUR L’INDÉPENDANCE DU QUÉBEC

Hugo Saint-Hilaire
Président de la Ligue pour l’Indépendance du Québec
TRIBUNE LIBRE jeudi 9 octobre 2003

Gatineau, le 8 octobre 2003.

Dernièrement, ont été fondées dans l’Outaouais la Ligue pour l’Indépendance du Québec et la Fondation Québec pour l’Indépendance.

L’idée de fonder la Ligue pour l’indépendance du Québec est étroitement associée à la naissance de L’Académie de l’indépendance, elle-même fondée le 30 décembre 2002, à Montréal. Celle-ci consiste en un forum de discussion pour indépendantistes sur Internet. À cause de la déformation de la notion d’indépendance par les hommes et par les femmes politiques, par l’élite intellectuelle et par les médias, des indépendantistes convaincus souhaitent maintenir à l’ordre du jour le sens véritable de l’indépendance pour agir et faire œuvre d’éducation dans la population. Les membres de L’Académie de l’indépendance échangent donc sur le sujet, tout en l’approfondissant à la lumière de la pensée nationale du grand historien Maurice Séguin (1918-1984).

Si L’Académie de l’indépendance correspond à la nécessité de se regrouper virtuellement sur Internet afin d’étudier et de juger la situation du Québec actuel dans l’optique indépendantiste, encore faut-il que tout cela conduise à la promotion collective de l’indépendance pour qu’advienne enfin le Québec indépendant : là se trouve la mission de la Ligue pour l’Indépendance du Québec. Et pour agir, pour avoir les moyens de ses ambitions, pour affirmer et défendre l’indépendance, la Ligue pour l’Indépendance du Québec s’est dotée de l’outil financier efficace que constitue une fondation : la Fondation Québec pour l’Indépendance.

La Ligue pour l’Indépendance du Québec est un rassemblement d’individus et de groupes qui affirment et défendent l’indépendance du Québec. En conséquence, la LIQ formule ses buts et objectifs dans les termes suivants :

  • 1. Promouvoir l’unité des Québécois-Français comme assise de l’indépendance du Québec;
  • 2. Promouvoir l’unité de tous les Québécois autour de l’idée d’indépendance;
  • 3. Préconiser les principes démocratiques : tous les citoyens du Québec sont égaux devant la loi;
  • 4. Défendre les principes de liberté, de justice et d’égalité entre tous les Québécois dans le respect du Québec-Français marqué par son histoire et ses valeurs de civilisation. Comme le dit si bien Maurice Séguin : « La valeur de la vie individuelle est liée à la valeur de la vie collective »;
  • 5. Appeler les hommes et les femmes du Québec à affirmer et défendre l’idée d’indépendance en les appuyant concrètement dans leurs actions grâce à la Fondation Québec pour l’Indépendance;
  • 6. Faire la promotion de l’indépendance du Québec au moyen de l’éducation populaire, parce que l’indépendance politique est un bien en soi. L’indépendance s’oppose au fédéralisme qui annexe, subordonne, provincialise. L’élite intellectuelle, les hommes et les femmes politiques ainsi que les médias, doivent cesser de dénaturer la notion d’indépendance pour apprendre à la population du Québec que le principe d’indépendance se rapporte directement à la volonté de se réaliser comme peuple, sans collectivité interposée, afin de maîtriser son « agir par soi » et « être présent au monde » (Maurice Séguin);
  • 7. Bâtir un réseau national de sections régionales puis, éventuellement, de sections locales – par ville, arrondissement, quartier, institution d’enseignement, association, municipalité, village ou autre, selon ce qui est le plus simple, le plus pertinent et le plus représentatif.

    Pour devenir membre de la Ligue pour l’Indépendance du Québec, il suffit :
  • 1. de partager les buts et les objectifs de la Ligue;
  • 2. d’en être solidaire;
  • 3. d’être disponible pour la cause;
  • 4. pour la promotion de l’indépendance, payer une cotisation annuelle de $20 pour les individus et de $50 pour les groupes ou associations, le 1er janvier de chaque année;
  • 5. pour couvrir les frais d’administration de la Ligue, payer $60 par année, soit $5 par mois ou plus, selon les moyens financiers de chacun, payable en un seul versement de $60 le 1er janvier de chaque année, ou en trois paiements de $20 à tous les 4 mois, soit $20 le 1er janvier, $20 le 1er mai et $20 le 1er septembre. Les étudiants n’ont pas à payer les frais d’administration.

    La Ligue pour l’Indépendance du Québec étant une organisation pour le Québec entier, tous les Québécois peuvent y souscrire, peu importe la région. Avec le temps, les gens n’auront qu’à se regrouper en sections régionales puis en sections locales, ou vice-versa. Bien que la LIQ et la Fondation Québec aient leur siège social à Gatineau, ces deux organisations ont une vocation nationale et non seulement régionale pour l’Outaouais.

    Si vous êtes en accord avec les buts et objectifs de la Ligue pour l’Indépendance du Québec, tels qu’explicités ci-haut, et souhaitez devenir membre, vous êtes priés de faire parvenir votre chèque libellé à : Ligue pour l’Indépendance du Québec, à cette adresse :

    Ligue pour l’Indépendance du Québec, 388, boul. de la Cité des Jeunes, # 3, Gatineau (Québec), J8Z 1L1. L’adresse courriel de la LIQ est la suivante : liq@videotron.ca



    »» réingénierie

    Rien d'étonnant là-dedans !

    Denys Barbeau
    Le Devoir du jeudi 9 octobre 2003

    Lettres: Saint-Hubert, le 4 octobre 2003

    Plusieurs crient à la surprise depuis que Jean Charest parle de la réduction du rôle de l'État québécois. Leur étonnement vient de ce qu'ils ont la mémoire courte.

    Tout d'abord, on sait tous que Jean Charest est avant tout un conservateur de souche et qu'il a fait partie de la même cuvée de ministres conservateurs que Lucien Bouchard qui, lui aussi, a été premier ministre mais sous les couleurs du Parti québécois. On ne doit donc pas s'étonner de son orientation néolibérale une fois le pouvoir entre ses mains.

    Quant aux insinuations selon lesquelles il n'a pas le droit d'entreprendre cette mise à sac de l'État parce qu'il n'en a pas parlé pendant les élections et qu'il n'a pas été élu d'après cette plate-forme, deux choses sont à clarifier. Premièrement, il est de notoriété publique que les gouvernements se défont eux-mêmes, les partis de l'opposition ne faisant que ramasser ce que le parti au pouvoir laisse glisser de ses mains. Deuxièmement, un parti n'est pas obligé de faire uniquement ce qu'il promet durant la campagne électorale.

    Regardons ce qu'a fait le PQ : a-t-il promis de fusionner des villes contre le gré des citoyens ? A-t-il promis le déficit zéro ? Non, ce n'était pas dans son programme électoral au moment de son élection. Pourquoi alors le PLQ devrait-il s'en tenir à ce qu'il racontait au peuple pendant les élections ? Jean Charest parlait de «l'agenda caché» de Bernard Landry lors de la rencontre des chefs, mais c'est lui qui en avait un. Cependant, cet «agenda» n'était caché que pour ceux qui ne suivent pas la politique de façon régulière.

    Paul Valéry disait : «La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.» Donnons-lui tort et occupons-nous de politique, et pas seulement une fois aux quatre ans. Montons aux barricades contre l'amoindrissement de l'État.

    Nous avons besoin d'un parti qui sera réellement social-démocrate et qui voudra faire le pays du Québec.



    »» Péréquation

    Ottawa ferme la porte à un nouveau mode de calcul

    Manon Cornellier
    Le Devoir du jeudi 9 octobre 2003

    Ottawa - Le gouvernement fédéral a fait comprendre hier, à la veille de la rencontre des ministres des Finances sur la péréquation, qu'il n'était pas très ouvert à une des demandes centrales que formulent les provinces dans ce dossier.

    Ces dernières revendiquent depuis longtemps que la formule de calcul de la péréquation soit modifiée afin de tenir compte de la capacité fiscale des dix provinces. À l'heure actuelle, la formule, qui sert à établir une moyenne des revenus fiscaux par habitant, ne tient compte que de la situation de cinq d'entre elles, soit le Québec, l'Ontario, le Manitoba, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan. Sont exclues l'Alberta, parce qu'elle est trop riche, et les quatre provinces atlantiques, parce qu'elles sont trop pauvres. Les provinces qui ont une capacité fiscale inférieure à la moyenne reçoivent la différence d'Ottawa. Celles qui ont une capacité supérieure ne reçoivent rien.

    «Il en coûterait de trois à quatre milliards de passer de la norme de cinq provinces à dix. Nous sommes aussi préoccupés par la volatilité accrue qui en résulterait à cause du poids que prendrait dans nos calculs le prix des ressources naturelles de l'Alberta», a expliqué hier le ministre fédéral des Finances, John Manley, à sa sortie des Communes. Il se dit prêt à écouter ses homologues, mais il a rappelé que le fédéral transférait d'autres fonds aux provinces, en particulier pour la santé et les services sociaux. «Si on augmente la péréquation, ça laisse moins d'argent pour d'autres choses.»

    Ottawa verse actuellement entre 10 et 11 milliards de dollars par année en péréquation. Huit provinces, dont le Québec, se partagent l'argent. Le Québec devrait recevoir 4,5 milliards en 2003-04, mais le montant pourrait encore changer quand les chiffres seront publiés, le 14 octobre prochain.

    Il faut noter qu'aucune décision ne sera prise, aux dires des fonctionnaires, au cours de la rencontre de demain. Une autre réunion sera nécessaire. Et encore, il ne s'agit pas de négociations à proprement parler. La loi sur la péréquation, d'une durée de cinq ans, est une loi fédérale et Ottawa a le dernier mot. La loi actuelle arrive à échéance le 31 mars prochain. Elle doit absolument être renouvelée pour que les paiements se poursuivent, ce qui signifie son adoption après l'entrée en fonction de Paul Martin en février prochain.

    En rechignant devant le coût de la demande provinciale, le fédéral voit à ses intérêts, mais lorsqu'il parle de stabilité et de prévisibilité des paiements de péréquation, il touche un point sensible. Ces problèmes hantent les provinces depuis un moment. Les fluctuations économiques et démographiques et la modification de certaines des données utilisées peuvent provoquer des changements inattendus qui ont une incidence sur les budgets provinciaux. Et comme les calculs des transferts portent sur deux ou trois années passées et au moins une année à venir, l'effet peut être prononcé.

    Les deux paliers de gouvernement ont décidé il y a plus d'un an, à la reprise des discussions quiquennales sur la formule de péréquation, de donner priorité à ce dossier. Les fonctionnaires s'y sont mis et le fédéral aurait une approche à suggérer, demain, pour atténuer les écarts, a indiqué hier un haut fonctionnaire du ministère fédéral des Finances. Il s'agirait de limiter à trois ans l'effet des corrections apportées et d'établir les paiements ou les remboursements demandés sur la base d'une moyenne de trois ans.

    Les ministres des Finances pourraient aussi profiter de la rencontre de demain pour discuter du déséquilibre fiscal, dont Ottawa nie l'existence, et des deux milliards de dollars pour la santé que les provinces espèrent recevoir en janvier.



    »» Péréquation

    Ottawa rejette le plan des provinces

    Raymond Giroux
    Le Soleil jeudi 9 octobre 2003

    Ottawa - Redessiner la formule de péréquation comme le demandent les provinces coûterait de 3 à 4 milliards $ au gouvernement fédéral, et Ottawa n'a pas cet argent dans ses coffres.

    Le ministre des Finances, John Manley, a ainsi préparé une assiette bien froide à ses homologues des 10 provinces qui se rendent dans la capitale canadienne, demain matin, pour la première de deux rencontres fédérale-provinciales sur le renouvellement des accords de péréquation.

    "Je dis que c'est très cher, a précisé M. Manley en point de presse, hier. Si on augmente la péréquation, il restera moins d'argent pour les autres transferts fiscaux comme la santé, par exemple, mais je vais écouter les provinces."

    Les gouvernements ouvrent ces échanges quatre jours à peine avant la publication des nouvelles données sur la péréquation qui accroîtront le mécontentement de quelques provinces présumées déjà perdantes au change.

    Du côté fédéral, les autorités présentent la rencontre ministérielle comme une "discussion", et non une négociation en bonne et due forme car le résultat final se traduit par une législation exclusivement fédérale.

    Le régime de péréquation qui vise à combler les écarts fiscaux entre les provinces coûte cette année 10,4 milliards $ au fédéral dont environ la moitié revient au Québec.

    Prévues par la Constitution, ses modalités se renégocient à tous les cinq ans et viennent à échéance le 31 mars prochain. Mais s'il n'y a pas de décision finale avant cette date, dit-on à Ottawa, il sera toujours possible de légiférer dans un premier temps avant cette date, quitte à effectuer des modifications rétroactives par la suite.

    M. Manley a rejeté d'entrée de jeu la proposition des provinces selon laquelle le nouveau calcul devrait tenir compte de la moyenne des revenus des 10 provinces, contre seulement 5 en ce moment.

    Le régime actuel exclut du calcul les quatre provinces de l'Est, les moins bien dotées financièrement au pays, et l'Alberta, qui elle dépasse les autres de plusieurs têtes à cause de ses richesses naturelles.

    Le ministre soutient que l'inclusion de cette dernière province, notamment, dans la formule de base de la péréquation augmenterait la volatilité et l'imprévisibilité des paiements, ce dont se plaint justement le ministre des Finances du Québec, Yves Séguin.

    Les prix de ces matières premières varient énormément sur les marchés internationaux, et l'importance primordiale du pétrole et du gaz dans l'économie albertaine ne ferait qu'empirer le problème de l'instabilité des paiements de péréquation, soutient le gouvernement fédéral.

    Formule de "lissage"

    Pour neutraliser le phénomène des "montagnes russes" de ces paiements tel que dénoncé la semaine dernière par M. Séguin, des hauts fonctionnaires fédéraux ont expliqué hier qu'Ottawa mettrait sur la table une formule mathématique de "lissage qui donnerait une moyenne mobile sur trois années". Une telle formule, selon eux, permettrait de corriger les fluctuations qui irritent tant les provinces et les forcent à modifier leur budget au dernier moment année après année. Ottawa est également prêt à réduire de quatre à trois le nombre d'années ouvertes pour réviser le montant des versements, question de limiter l'impact des changements. Les données économiques définitives prennent du temps à venir dans les officines gouvernementales, ce qui retarde par effet de dominos la fermeture officielle des livres comptables. La querelle sur le rôle des impôts fonciers dans ces calculs ne semble cependant pas près de se régler, s'il faut en croire les officiels fédéraux. Les provinces diffèrent d'opinion entre elles sur le sujet, le Québec et d'autres réclamant l'utilisation de la valeur marchande des propriétés alors que la Colombie-Britannique s'y oppose. Ottawa, de son côté, veut se rapprocher de la majorité des provinces mais demeure opposé à un recours aux pures valeurs marchandes, de sorte que le fédéral s'attend à de longs et difficiles débats sur ce volet.

    RGiroux@lesoleil.com



    »» bilinguisme canadian

    DYANE ADAM : UN RAPPORT ANNUEL DÉCONCERTANT !

    Jean-Paul Perreault
    Président Impératif français
    TRIBUNE LIBRE jeudi 9 octobre 2003

    L'assimilation avez-vous dit ? De qui ? Des francophones au Canada ? Mais non ! Cela n'existe plus ! Cela a-t-il d'ailleurs déjà existé ? Lisez le chapitre premier du dernier rapport de la Commissaire aux langues officielles, Mme Dyane Adam, vous allez tout comprendre. C'est écrit en noir sur blanc : «... un membre d'une communauté minoritaire de langue officielle qui utilise une autre langue que sa langue maternelle au foyer, au travail ou ailleurs ne renonce pas pour autant à sa langue maternelle.» (p. 13). Et à la page 12 : «... Outre les milieux familial et scolaire, le lieu de travail est un endroit ou les communautés francophones (hors Québec) s'affirment et vivent en français », ou encore p. 11 « l'apparence d'un transfert linguistique peut cacher, en réalité, une forme de bilinguisme additif », écrit la commissaire Adam. « Quand je vous disais qu'ils en fumaient du bon ! » a ironisé le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, à la lecture du dernier rapport annuel de la Commissaire aux langues officielles.

    Blague à part, M. Perreault s'est dit outré des inepties qu'on trouve dans le chapitre premier du rapport annuel de la Commissaire aux langues officielles et qui est intitulé «Dualité et diversité - l'album photos de nos langues et cultures : comprendre le passé et bâtir l'avenir». Dans ce chapitre, la commissaire fait sienne les analyses des sophistes pour qui la francophonie du Canada se porte bien - à preuve le nombre de francophones a augmenté au Canada hors Québec - alors que l'exode (encore lui) des anglo-québécois se poursuit ! En traçant son bilan du passé, la Commissaire a évidemment omis de parler de toutes les législations qui ont été adoptées par les provinces canadiennes-anglaises afin de limiter, voire interdire, le français sur leur territoire canadien et qui ont eu l'heur de réduire les communautés francophones à leur taille actuelle. Ce chapitre premier fait l'apologie du bilinguisme individuel et passe complètement sous silence les difficultés auxquelles le français est confronté au Canada, selon Impératif français.

    « Le Commissariat fait dorénavant partie des institutions de propagande du gouvernement fédéral, au même titre que Patrimoine Canadien et le Conseil privé, en déplaçant l'objectif de la politique linguistique canadienne qui devait porter sur le développement des communautés francophones (ce sont elles qui en ont le plus besoin) et le bilinguisme institutionnel vers les joies du bilinguisme individuel «canadian». Dans ce chapitre, la Commissaire utilise son expertise pour montrer que l'anglicisation des francophones au Canada n'existe pas ! Ce faisant, elle commet une faute morale grave à l'égard de ceux qui ont le plus besoin d'elle, les francophones hors Québec », a poursuivi M. Perreault.

    « Qui plus est, dans ce chapitre, la Commissaire dénigre ceux qui dénoncent l'assimilation des francophones au Canada en sous-entendant que leur point de vue est celui de passéistes, de nostalgiques «qui se laissent porter par les courants de l'histoire » (p. 18), a commenté M. Perreault.

    Affirmant que cette réécriture de l'histoire et de la réalité actuelle du fait français au Canada ne peut être passée sous silence, le président d'Impératif français invite tous ses lecteurs à relire l'ouvrage de feu le sénateur Jean-Maurice Simard ( « De la coupe aux lèvres un coup de coeur se fait attendre » ) et, présente ici deux de ses citations :

    «Il est indéniable que la continuité linguistique et culturelle des minorités linguistiques francophones du Canada n'est pas acquise.» (p. x)
    ET
    «La dualité n'est pas synonyme de bilinguisme individuel... La dualité linguistique signifie que le citoyen francophone ou anglophone peut se retrouver dans son pays, se reconnaître dans ses symboles et ses rituels, se faire servir, vivre, s'éduquer et travailler dans sa langue. il ne faut pas confondre les deux.»

    Inutile d'ajouter que Mme Dyane Adam est cette année une candidate de choix pour le Prix COCO, a conclu le président d'Impératif français.

    P.-S. Le rapport annuel du Commissariat aux langues officielles est accessible à l'adresse http://www.ocol-clo.gc.ca/publications/ar_ra.asp?Lang=Francais. Il est possible de communiquer ses commentaires à la Commissaire aux langues officielles à l'adresse électronique suivante : message@ocol-clo.gc.ca

    Source : Jean-Paul Perreault
    Président Impératif français
    Recherche et communications

    Imperatif@imperatif-francais.org
    www.imperatif-francais.org



    »» privé/public

    Punir le Québec

    Patrice Boileau
    Carignan
    TRIBUNE LIBRE jeudi 9 octobre 2003

    Ça y est: le premier ministre Jean Charest compte s'attaquer à ce qui reste de la classe moyenne au Québec en modifiant l'article 45 du Code du travail. Il sera ainsi possible à l'appareil d'État de réaliser des économies en ayant recours à la sous-traitance qu'offre le secteur privé. Comme d'habitude, le Parti libéral navigue à vue car il ne voit pas que cela provoquera des pertes d'emplois au profit de nouveaux salariés dont la rémunération sera réduite comme peau de chagrin au nom de la compétitivité. En conséquence, les recettes fiscales du gouvernement diminueront pendant que ses dépenses vouées à aider les chômeurs augmenteront. Est-ce un milliard de dollars en baisse d'impôt qu'a promis l'équipe libérale à la population dès l'an prochain? L'atteinte de cet objectif obligera donc le gouvernement Charest à réduire encore plus les services dispensés par l'État. La nouvelle équipe politique en place à Québec veut à tout prix reproduire le désolant modèle ontarien à la sauce Harris, fusions municipales en moins mais Walkerton en prime, à la demande expresse de la présidente du Conseil du trésor Monique Jérôme-Forget...

    C'est donc à un appauvrissement collectif que nous convient les libéraux de Jean Charest afin de compenser pour le manque à gagner fiscal qu'Ottawa nous impose. Une classe sociale complète risque d'être sacrifiée sur l'autel des principes néo-libéraux qui animent l'actuel gouvernement du Québec. Des élus qui prétendent jouir d'un mandat populaire solide pour démanteler l'appareil étatique québécois, alors qu'il s'agit plutôt d'une victoire imputable à l'absentéisme d'une large tranche de l'électorat ainsi qu'aux votes alloués à l'ADQ. Le ton provocateur qu'utilise le premier ministre Charest, envers les travailleurs du secteur public particulièrement, trahit son mépris face à la différence québécoise qu'il souhaite assimiler au tout canadien. Malmenée par les compressions budgétaires que Québec a décrétées en 1997, parce que lui-même foudroyé par celles d'Ottawa, la classe moyenne ne dispose pas d'une marge de manoeuvre capable d'encaisser les assauts que lui prépare le gouvernement libéral.

    Ce n'est pas en misant sur la précarité d'emploi qu'une société s'épanouit. Elle entraîne au contraire une baisse de la confiance en l'avenir ainsi qu'un ralentissement de la consommation générale afin de mieux parer aux probables coups durs (l'augmentation des frais d'assurance automobile par exemple, gracieuseté du ministre Bellemare).

    L'ancienne administration misait sur les crédits d'impôts pour attirer les investisseurs privés. Certes, ce n'est pas la panacée. Il n'en demeure pas moins que ce modèle de développement a permis au Québec de rattraper l'Ontario au chapitre du taux d'activité, grâce à une création d'emplois sans précédent. Nombreux étaient les économistes persuadés que le taux de chômage du Québec ne descendrait jamais sous la barre des 10%. C'est avec stupéfaction qu'ils l'ont vu baisser à près de 8%...

    Pourquoi ne pas perfectionner cette stratégie de développement qui a fait ses preuves, chiffres à l'appui? Que Jean Charest se rassure: ce n'est pas de l'intervention dans l'économie à laquelle se livrerait son gouvernement mais bien d'une invitation adressée au secteur privé, tout comme cela se fait dans plusieurs États américains. Il n'est pas question ici de multiplier les subventions et les prêts industriels: l'état de santé des finances publiques québécoises ne le permet pas. Par contre, le crédit d'impôt ne sollicite en rien celles-ci. Elles engrangent plutôt plus de recettes fiscales émanant des nouveaux emplois créés. C'est là que le gouvernement Charest doit agir, au lieu de préférer diviser et affaiblir la classe moyenne en espérant curieusement y générer une illusoire prospérité.



    »» PQ

    Landry a les coudées franches, selon Boisclair

    Robert Dutrisac
    Le Devoir jeudi 9 octobre 2003

    Tadoussac - Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, a toute la latitude requise pour décider de lui-même s'il sera celui qui dirigera les troupes péquistes lors des prochaines élections générales au Québec.

    C'est du moins l'appréciation qu'a livrée hier le leader du PQ à l'Assemblée nationale, André Boisclair, lors d'un point de presse à l'occasion du caucus présessionnel des députés du PQ, qui prend fin aujourd'hui. «Il a toutes les marges de manoeuvre pour faire ce qu'il veut au moment où il souhaite le faire», a dit le député de Gouin, soulignant qu'il existe «une possibilité» que M. Landry soit encore le président du PQ lors des prochains élections, dans environ quatre ans.

    «Nous avons dit à M. Landry qu'il avait toute notre confiance et qu'on se fie à son bon jugement. Il est, de l'avis de tous, l'homme de la situation», a poursuivi M. Boisclair. Devant ses députés. M. Landry a réitéré son engagement de rester à la barre du parti au moins jusqu'au congrès de 2005.

    Les quelques députés qui prévoyaient des tiraillements au sein de la députation péquiste si M. Landry décidait de s'accrocher à son poste au delà de 2004 étaient bien silencieux hier. Seul le whip du PQ et député de Nicolet-Yamaska, Michel Morin, a publiquement émis un bémol. Que Bernard Landry demeure chef du parti, «pour la prochaine année, sûrement; pour la prochaine élection, on verra», a-t-il dit.

    Pour l'heure, l'aspirante Pauline Marois met le couvercle sur la marmite de ses ambitions. «Il ne s'agit pas à ce moment-ci d'ambitions», a-t-elle concédé. Mme Marois «respecte» que M. Landry ait décidé d'exercer son leadership. «Je me suis ralliée au congrès pour 2005. Très sincèrement, initialement, j'avoue que je pensais qu'il était peut-être préférable d'aller un peu plus tôt», mais la conjoncture l'a fait changer d'idée.

    Cette conjoncture, ce sont les finances du parti, qui sont mal en point, mais surtout les élections fédérales en 2004, lors desquelles les troupes péquistes devront prêter main-forte au Bloc québécois qui traîne dans les sondages avec la venue de Paul Martin, a-t-elle précisé. Consciente que le PQ pourrait «payer le prix» d'une déconfiture du Bloc, Mme Marois a dit que les péquistes se battront pour que le Bloc reste une force à Ottawa.

    De son côté, François Legault, qui a eu droit à un long tête-à-tête avec le chef la semaine dernière, a réitéré son appui inconditionnel à Bernard Landry même au delà de 2005. Si M. Landry décide de diriger les troupes péquistes lors des prochaines élections, il sera candidat à ses côtés, a-t-il assuré. Quant au Bloc québécois, M. Legault refuse de croire qu'il sera rayé de la carte au terme des prochaines élections fédérales. «La disparition [du Bloc], c'est un grand mot», a-t-il dit. «Il y a encore au moins 40 % de souverainistes au Québec. Pour être cohérents, ils doivent avoir quelqu'un pour qui voter à Ottawa qui reflète leurs idées», raisonne-t-il. Il s'agit de convaincre les électeurs que Paul Martin n'est pas «une solution magique».

    Les députés péquistes avaient de quoi se réjouir avec les résultats du dernier sondage CROP paru dans La Presse hier. M. Landry «est très populaire. Il est reconnu par les Québécois comme étant un homme d'État», pavoisait hier la présidente du caucus des députés du PQ, Agnès Maltais. Dans ce sondage, 55 % des répondants se montrent satisfaits du travail de M. Landry et 33 % se disent insatisfaits. Le premier ministre Jean Charest donne satisfaction à 51 % des répondants. Mais la satisfaction à l'endroit de son gouvernement a chuté sous la barre des 50 %, soit à 46 %, alors que 45 % des gens se disent insatisfaits de la performance des libéraux cinq mois après leur victoire électorale



    »» PQ

    Le caucus péquiste laisse carte blanche à Bernard Landry

    Mario Cloutier
    La Presse jeudi 9 octobre 2003

    Tadoussac - Bernard Landry peut rester chef du Parti québécois jusqu'aux prochaines élections s'il le souhaite. Personne au PQ n'est prêt à le contester publiquement pour l'instant.

    Les candidats éventuels à sa succession, Pauline Marois et François Legault, disent accepter l'idée d'un congrès du parti en 2005, rendez-vous qui ne comporterait pas d'élection à la direction du parti. À l'ouverture d'un caucus de deux jours hier à Tadoussac destiné à préparer la session parlementaire, les élus péquistes ont réitéré leur appui au chef de l'opposition officielle.

    Le leader à l'Assemblée nationale, André Boisclair, résume la situation en soutenant que tous les députés sont "enthousiastes" à l'idée de travailler avec Bernard Landry comme chef.

    "C'est possible que M. Landry soit le président du Parti québécois aux prochaines élections. Nous sommes tous là pour le soutenir", a déclaré M. Boisclair.

    Questionnée sur la possibilité que M. Landry soit chef du PQ aux prochaines élections, Pauline Marois a confirmé son soutien.

    "M. Landry a décidé d'exercer son leadership et de l'assumer. Je respecte cela. C'est légitime. Je vais travailler avec lui", souligne la députée de Taillon.

    Les ambitions personnelles n'ont pas leur place au PQ en ce moment, ajoute-t-elle. Le temps est à la réflexion sur les nombreux projets péquistes face à la société, l'économie et la souveraineté.

    "Je me suis ralliée au congrès pour 2005, ajoute Mme Marois. Je crois que c'est sage."

    Elle souligne que les élections fédérales nécessiteront une attention particulière en 2004. Selon un sondage dévoilé hier par La Presse, le Bloc québécois court des risques de disparaître. Il est donc "essentiel" de s'assurer que le BQ reste une force à Ottawa, croit-elle.

    De son côté, François Legault estime que "les députés appuient M. Landry". Il affirme même qu'il sera candidat aux prochaines élections si l'actuel chef reste en poste jusque-là.

    "Ce n'est pas impossible, dit-il. J'appuierai M. Landry tant qu'il sera là", affirme M. Legault.

    Il se montre également inquiet pour le Bloc québécois en raison de la "perception de nouveauté" qu'apporte le prochain chef libéral Paul Martin à Ottawa. Il ne croit pas toutefois que la formation bloquiste peut être rayée de la carte puisque 40 % des électeurs québécois restent souverainistes.

    De son côté, le député de Charlevoix, Rosaire Bertrand, croit que Bernard Landry "pourrait remporter la victoire" aux prochaines élections. Le whip du PQ en Chambre, Michel Morin, estime, quant à lui, que le chef "est bien en selle".

    La présidente du caucus des députés du Parti québécois, Agnès Maltais, ajoute d'ailleurs que Bernard Landry a "toute la marge de manoeuvre", puisque le parti et le chef sont en santé, dit-elle, surtout à la vue du dernier sondage qui montre le PQ en remontée de quatre points dans les intentions de vote.

    Quant au principal intéressé, Bernard Landry, il a préféré garder le silence, hier, sur son avenir politique. En juin dernier, il avait déjà indiqué qu'il sera chef du Parti québécois aux prochaines élections s'il considère être toujours "l'homme de la situation".

    D'un ton blagueur, il a toutefois laissé entendre qu'il avait tout simplement décidé "d'être heureux, parce que c'est bon pour la santé" avant d'ajouter, se référant à la victoire électorale d'Arnold Schwarzenegger en Californie: "Je regrette d'avoir étudié le droit et l'économie, j'aurais dû insister sur les haltères et le conditionnement physique."



    »» BQ - 2004

    Il faut sauver le soldat Duceppe

    Michel Corbeil
    Le Soleil jeudi 9 octobre 2003

    Tadoussac - Les nouvelles sont mauvaises sur le front fédéral pour le Bloc québécois. Le Parti québécois se prépare à voler au secours de la formation de Gilles Duceppe lorsque l'heure du test électoral sonnera à Ottawa. Hier, les députés péquistes, réunis à Tadoussac pour préparer la prochaine session parlementaire, ont pris connaissance d'un sondage catastrophique pour le Bloc. Aucun n'a nié que les temps sont difficiles pour le parti défendant les souverainistes au Parlement canadien.

    Selon le coup de sonde réalisé pour La Presse, si des élections avaient lieu maintenant au fédéral, les bloquistes auraient été balayés. Après répartition des indécis, le Parti libéral du Canada aurait obtenu 50 % des suffrages, en laissant 35 % au Bloc. La précédente enquête d'opinion donnait 44 % des voix au PLQ et 40 % au Bloc.

    Personne ne panique chez les péquistes. Mais des proches du chef Bernard Landry ont mentionné que la situation est assez sérieuse pour que M. Duceppe, le leader du Bloc, soit invité à s'adresser aux militants péquistes qui prendront part à un conseil national, le 18 octobre, à Québec.

    L'influente députée Pauline Marois n'a pas caché les difficultés qui attendent le parti frère. En point de presse, elle a affirmé que "la vraie raison fondamentale" pour que le Parti québécois ne tienne son congrès d'orientation qu'en 2005, "c'est aussi l'élection du Bloc. On sait qu'actuellement, ce parti a une pente à remonter. Il ne faut pas se conter d'histoires".

    La représentante de Taillon à l'Assemblée nationale a laissé entendre qu'il existe un danger à ce que des insuccès du Bloc déteignent sur le PQ. "Mais nous travaillons dans l'intérêt des Québécois. En ce sens, nous serons sollicités en 2004."

    Mme Marois a mentionné que tout sera mis en oeuvre pour que le BQ ne disparaisse pas de la scène fédérale. Elle a insisté sur la conjoncture qui fait que les libéraux viennent de prendre le pouvoir coup sur coup à Québec et en Ontario et que rien n'indique qu'ils le perdront sur la scène fédérale. "Dans les circonstances actuelles, c'est d'autant plus important que le Bloc occupe une place significative."

    La vice-présidente du PQ, Marie Malavoy, a fait valoir qu'il est normal que le conseil national accueille M. Duceppe puisqu'il "y a des élections dans l'air. La vigueur des troupes nous montre qu'ils sont prêts à se battre pour le Bloc".

    Elle a cependant admis qu'il y a des "difficultés de taille" à vaincre pour faire élire des souverainistes à Ottawa. Des difficultés "qui augmentent à chaque élection. On ne peut cacher que ce parti devait avoir une certaine longévité".

    Mme Malavoy a indiqué que des contacts sont établis pour préparer une campagne électorale. "Nous n'en sommes pas à l'étape de l'articulation d'une stratégie fine."

    La vice-présidente du PQ a soumis que les trois gouvernements libéraux ne sont pas un atout qui joue contre les bloquistes. Avec le gouvernement Charest, élu à Québec en promettant de réduire les impôts, et celui de Dalton McGuinty, élu en Ontario en promettant de ne pas les baisser, les Québécois "réaliseront que l'étiquette libérale ne veut pas dire grand-chose".

    Le remplacement de Jean Chrétien, que les souverainistes aiment détester, par Paul Martin ne dérange pas le directeur général du PQ, Martin Dubé. À l'image de ce qui est arrivé à Mario Dumont et à l'Action démocratique du Québec, les électeurs québécois seront moins tentés de voter pour Paul Martin "lorsqu'ils le connaîtront".

    Le député Legault, aspirant potentiel avec Pauline Marois à la direction du PQ lorsque Bernard Landry partira, a refusé net de croire que le Bloc sera balayé du paysage électoral. "C'est un trop gros mot. Le Bloc peut-il être en danger au moment où il y a encore au moins 40 % de souverainistes ?"

    MCorbeil@lesoleil.com



    »» PLQ - déficit

    L'urgence d'un grand dégel

    André Pratte
    La Presse jeudi 9 octobre 2003

    Voici le dernier de trois textes sur l'impasse budgétaire à Québec.

    En 1999-2000, l'impôt sur le revenu des particuliers rapportait 16 milliards au gouvernement du Québec. Trois années de prospérité plus tard, alors que les Québécois sont plus nombreux que jamais sur le marché du travail, l'impôt sur le revenu des particuliers rapporte... 16 milliards!

    Tandis que ses dépenses augmentaient rapidement, la plupart des sources de revenus du gouvernement n'ont pas produit un cent de plus. Pas besoin d'être ministre des Finances pour constater qu'une telle situation ne peut pas durer.

    Des 5,5 milliards de dépenses supplémentaires faites par Québec au cours des trois dernières années, plus de la moitié ont été payées grâce à une augmentation des transferts fédéraux. L'argent qui reste est venu de la TVQ et des profits accrus d'Hydro-Québec. De toute évidence, si le gouvernement veut se donner une marge de manoeuvre, il ne pourra se contenter de mieux contrôler ses dépenses. À court terme, les libéraux de Jean Charest devront reporter les baisses d'impôt promises. À moyen terme, il devra trouver des moyens d'augmenter ses revenus sans nuire à la compétitivité de notre régime fiscal.

    Si l'impôt sur le revenu des particuliers n'a pas produit d'argent supplémentaire au cours des trois dernières années, c'est parce que le gouvernement du Parti québécois a profité de cette période de croissance pour diminuer les taux. On ne peut que s'en réjouir. Cependant, lorsque l'économie ralentira, le gouvernement se trouvera pris dans un étau: des revenus en baisse, des dépenses à la hausse. C'est pour éviter ce scénario cauchemardesque que Québec devrait dores et déjà entreprendre un grand dégel des tarifs qu'il impose pour ses services, de même que de certaines taxes spécifiques (carburants, alcool...). Pensons aux droits de scolarité- deux fois moins élevés que la moyenne canadienne-, aux tarifs d'électricité, aux frais de garde, aux droits d'immatriculation: il y a là des sources non négligeables de revenus. On ne parle pas de milliards, mais tout de même de dizaines, et à long terme de centaines de millions. Surtout, on parle de casser une culture malsaine.

    Les gels ont coûté très cher aux finances publiques du Québec. Geler un tarif est politiquement populaire; du point de vue financier, c'est carrément irresponsable. Chaque année, le manque à gagner augmente, tandis que le gel se transforme en permafrost.

    À tout le moins, tous les droits et tarifs imposés par le gouvernement du Québec devraient être indexés. Dans certains cas où ils sont de toute évidence trop bas, ils devraient être graduellement augmentés, dans la mesure où cela peut contribuer à financer des services essentiels. Enfin, de nouveaux tarifs pourraient être introduits, suivant le principe de l'utilisateur-payeur.

    Plusieurs diront que diminuer les impôts pour augmenter les tarifs est un tour de passe-passe hypocrite. C'est ignorer quelques différences fondamentales entre l'impôt sur le revenu et plusieurs de ces tarifs et taxes.

    Prenons, à titre d'exemple, les tarifs d'électricité. Si d'aventure on les augmentait de 6 %, comme le souhaite Hydro-Québec, les consommateurs ne seraient pas démunis. Contrairement à ce qui se produit avec l'impôt sur le revenu, ils auraient des solutions de rechange, notamment une diminution de leur consommation. C'est encore plus vrai pour l'essence et l'alcool.

    Il est vrai que ces taxes et tarifs sont régressifs, c'est-à-dire qu'une augmentation ferait plus mal aux personnes pauvres. C'est pourquoi le gouvernement devrait trouver, dans chaque cas, une façon de protéger les démunis.

    Le maintien des tarifs à un niveau très bas est parfois associé à un "choix de société", ce qui fait de toute hausse une sorte de crime culturel. Si l'utilité sociale de tel tarif peut vraiment être démontrée, soit. Cependant, le "choix de société" dont il est question consiste souvent à exiger une multitude de services de l'État... sans vouloir en assumer le coût. Cela doit changer.

    apratte@lapresse.ca



    »» PLQ - réingénierie

    Le dégraissage de la fonction publique

    Claude Picher
    La Presse jeudi 9 octobre 2003

    Àl'heure où il n'est question que de la réingénierie de l'État québécois, il serait peut-être bon de rappeler que le Québec, depuis 10 ans et principalement sous l'administration péquiste, a considérablement réduit la taille de sa fonction publique.

    En fait, toutes proportions gardées, l'effort de dégraissage effectué au Québec est même supérieur à la moyenne canadienne.

    Selon des chiffres publiés récemment par l'Institut Fraser 1, toutes les provinces canadiennes ont réduit la taille de leur fonction publique entre 1992 et 2002.

    L'expression "fonction publique", ici, doit être prise dans sa définition la plus large. Elle désigne tous les emplois dépendant des administrations publiques, à tous les niveaux. Cette définition englobe donc les employés municipaux (incluant les pompiers et les policiers lorsqu'il y a lieu); les fonctionnaires provinciaux (ce qui comprend le vaste secteur parapublic, c'est-à dire, surtout, l'enseignement et la santé); les fonctionnaires fédéraux (incluant les militaires), ainsi que les employés des sociétés d'État fédérales et provinciales.

    En 1992, 3,1 millions de Canadiens travaillaient dans le secteur public; ensemble, ils représentaient 24 % de la main-d'oeuvre canadienne. Les compressions budgétaires et les privatisations qui ont marqué les années 90 ont considérablement réduit ces chiffres. En 2002, les fonctionnaires (toujours selon la définition élargie que l'on vient de voir) n'étaient plus que 2,8 millions, ou 18,4 % de la main-d'oeuvre. Pendant cette période, plus de 122 000 emplois ont ainsi été supprimés dans la fonction publique. Cela ne signifie pas que les compressions ont fait 122 000 chômeurs de plus. D'une part, un bon nombre d'emplois ont été supprimés par attrition ou par des retraites anticipées, souvent à des conditions très avantageuses. D'autre part, dans le cas des privatisations, les emplois supprimés dans le secteur public ont simplement été transférés au secteur privé. À tout prendre, pendant cette période de 10 années, le secteur privé canadien a créé quelque deux millions d'emplois.

    L'ampleur des suppressions d'emplois varie considérablement d'un secteur à l'autre. Le secteur de la Défense est certainement le plus touché, le nombre d'emplois y passant de 117 000 à 82 000, une chute de 30 %; le nombre d'emplois dans les sociétés d'État a diminué de 22 %, principalement à cause des privatisations; toujours entre 1992 et 2002, le recul a atteint 13 % dans la fonction publique fédérale, 12 % dans la fonction publique provinciale, 7 % dans les municipalités, et 1,6 % dans le secteur parapublic (santé et éducation).

    Un des aspects les plus intéressants de l'étude consiste à examiner dans quelle mesure chaque province a diminué la taille de sa propre fonction publique.

    Les résultats sont présentés dans le tableau ci-contre, qui chiffre la taille de la fonction publique en pourcentage de l'emploi total. Pour mieux mesurer l'effort de chaque gouvernement provincial, les emplois fédéraux sont exclus du calcul. Par contre, on a tenu compte des emplois municipaux (les municipalités étant de juridiction provinciale) et de la fonction parapublique. Les provinces sont classées selon l'importance de l'effort qu'elles ont consenti pour dégraisser leurs fonctions publiques.

    Ainsi, sur la première ligne, on peut voir que qu'en 1992, la fonction publique en Alberta occupait 19,8 % de tous les emplois; en 2002, cette proportion est passée à 13,3 %, ce qui représente une diminution de 32,7 %, de loin le score le plus impressionnant au Canada.

    On ne sera pas surpris de retrouver l'Alberta et l'Ontario aux deux premières places du classement. Cela reflète les politiques menées dans les années 90 par les administrations Klein et Harris.

    Le Québec, contrairement à ce qu'on pourrait penser, a mené une véritable cure d'amaigrissement, ce qui lui assure une solide troisième place au classement. Il devance même la moyenne canadienne. Pendant huit des 10 années couvertes par l'étude, c'est le Parti québécois qui dirigeait le gouvernement, et qui a donc piloté le dégraissage.

    Cela ne veut pas dire que tous les problèmes sont réglés. Un coup d'oeil attentif au tableau montre que, malgré les efforts des récentes années, le poids de la bureaucratie québécoise demeure encore plus lourd que la moyenne canadienne.

    D'autre part, en principe, les administrations publiques des grandes provinces sont mieux placées pour réaliser des économies d'échelle. Il est donc assez normal que les petites provinces, qui ont les mêmes responsabilités que les grandes et qui doivent fonctionner à peu près avec les mêmes agences et les mêmes ministères, aient une fonction publique relativement plus lourde. Dans ces conditions, cela ne sert pas à grand-chose de comparer le poids relatif de la fonction publique entre le Québec et le Nouveau-Brunswick.

    Si on veut comparer des comparables, on verra que, parmi les quatre grandes provinces canadiennes (Ontario, Québec, Colombie-Britannique et Alberta), c'est le Québec qui continue de traîner la plus lourde bureaucratie. En particulier, l'écart avec l'Ontario, voisin immédiat et principal concurrent du Québec sur le marché canadien, atteint des proportions inquiétantes.

    1 On peut avoir plus de détails en consultant la livraison de septembre de la revue Fraser Forum, disponible gratuitement (en anglais seulement) à l'adresse www.fraserinstitute.ca



    »» PLQ - réingénierie

    Let Charest carry out change

    The Montréal Gazette Thursday, October 09, 2003

    Defeated but not vanquished, the forces of big government are doing their utmost to stuff a pillow over the face of Jean Charest's infant plan to "re-invent" government and get it off our backs.

    As the 6-month-old Liberal government industriously prepares to slash government spending, simplify programs, reduce waste and so set the stage for a cut in taxes, the old order is girding for a last fight. In recent days, we've seen a steady drum-beat of opposition to the change Quebecers voted for last April:

    - Careful leaks from within the civil service turn selected bits of re-examination into sinister plots, even before decisions are actually made.

    - The failed Liberal leader Claude Ryan, now a self-appointed arbiter of "liberal values," murmurs publicly about the evils of moving to "the right."

    - Union leaders claim - one of them did so on our op-ed page yesterday - that all these changes would slash wages in the public sector but, paradoxically, wouldn't save any money. We are left to conclude Charest and his team are either morons or malevolent. Or both.

    It won't do, any of it. The big-government side lost the last Quebec election, in which Charest clearly sought a mandate to reduce the role of government in society. For union leaders - or anyone else - to threaten "a major social confrontation" unless Charest abandons all that is disgraceful.

    At a minimum, critics should give Charest credit for taking time to plan his "re-engineering" of government in detail. Let's give our elected leaders a chance to present their plans, at least, before threatening confrontation. The election is over. The good guys won.



    »» MLNQ

    MLNQ et les moyens d'atteindre ses objectifs

    Pierre-Luc Bégin
    Tribune libre jeudi 9 octobre 2003
    (texte tiré du site du Conseil de la souveraineté)

    Le MLNQ privilégie la voie démocratique pour l'avènement de l'indépendance du Québec et espère qu'elle suffira, qu'on se le tienne pour dit.

    Par ailleurs, en cas d'agression de la part de nos ennemis suite à un OUI majoritaire (envoi de l'armée canadienne, partition du territoire, violences de la part des anglos du Québec, etc.), ce qui doit être sérieusement envisagé, le MLNQ averti nos ennemis qu'il appellera à la résistance par tous les moyens qui seront nécessaires.

    De plus, en cas de blocage démocratique (impossiblité de tenir à jamais un référendum gagnant: à cause de la baisse démographique du poids des francophones au Québec, par exemple), s'il advient que le mouvement indépendantiste n'ait de choix qu'entre la soumission ou le soulèvement, le MLNQ affirme qu'il préférera le soulèvement, par tous les moyens nécessaires, à la soumission.

    Pour l'heure, le MLNQ travaille donc à dissuader nos ennemis d'user de force envers nous et travaille à faire comprendre aux Québécois que s'il advient un blocage démocratique (la chute des francophones étant appellée à se poursuivre tant que l'indépendance ne sera pas faite), notre peuple sera devant un choix dramatique: le soulèvement ou la Louisianne.

    De même, il travaille à redonner un peu de combativité au mouvement indépendantiste et mise sur le travail de terrain (affichage, manifestations, distributions de tracts, assemblées de cuisine, pose d'autocollants, etc.)

    Finalement, le MLNQ comprend la révolte de ceux, plus impatients, qui seraient tentés de passer immédiatement à l'action et les accueille afin de canaliser leurs énergies jusqu'à ce qu'il soit vraiment NÉCESSAIRE, je le répète, de poser des gestes plus radicaux. Et si cela ne devient jamais nécessaire et que le Canada plie devant notre volonté démocratique, tant mieux.

    Je crois que tout est dit.

    Merci.

    Pierre-Luc Bégin
    V.-P. MLNQ



    »» biothechnologie

    Les entreprises québécoises de biothechnologie sont à l'honneur en France

    MICHEL DOLBEC
    PC jeudi 9 octobre 2003

    PARIS (PC) - Le secteur québécois de la biotechnologie suscite un intérêt sans précédent en France.

    Depuis quelques semaines, les entreprises et les centres de recherche spécialisés dans la "biotech" sont en effet présents sur tous les fronts, à commencer par celui des acquisitions. Atrium Biotechnologies, de Québec, vient ainsi d'annoncer l'achat de deux autres sociétés françaises, Interchemical et Chimiray, par le biais de sa filiale Unipex.

    Spécialisée dans les produits destinés aux secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétologique, Atrium peut désormais tabler en Europe sur un chiffre d'affaires de 135 millions d'euros (212 millions $). "Ces acquisitions renforcent la position d'Atrium parmi les leaders européens du secteur", a-t-on indiqué au service économique de la Délégation générale du Québec à Paris.

    A la délégation, on a fait de la "biotech" une priorité. "Notre rôle, c'est de cibler les secteurs porteurs, explique la directrice Suzanne Ethier. Dans le cas des biotechnologies, on cherche à donner de la visibilité au modèle québécois et à susciter des maillages avec la France."

    Dans cet esprit, le Québec a pris part ces dernières semaines à plusieurs grands rendez-vous professionnels, notamment le Carrefour Européen des biotechnologies, à Nantes, et le Symposium international Nutrition-Santé-Mer, à Granville, en Normandie, où les entreprises et les centres de recherche québécois étaient "invités d'honneur".

    "Notre savoir-faire intéresse les Français, note Françoise Gizewski, attachée au service économique de la délégation. Les recherches en biotechnologies marines se développent à grands pas, la biomasse d'un milieu nordique comme le Golfe Saint-Laurent recelant des biomolécules à forte valeur ajoutée."

    Le modèle mis en place par le Québec pour soutenir le secteur des biotechnologies (accès au capital-risque, mesures fiscales, etc.) fait l'objet d'échanges accrus. "Le Québec est en avance", font remarquer Mmes Ethier et Gizewski.

    Le retard français en matière de développement des biotechnologies est important. Avec 270 entreprises employant en moyenne 30 personnes, la France arrive au cinquième rang mondial, loin derrière les Etats-Unis et le Canada (et le Québec, où se trouvent 45 pour cent des 400 entreprises canadiennes du secteur).

    De là à penser que le Québec est le "royaume des biotechnologies", il n'y a qu'un pas que la presse n'hésite pas à franchir. Au printemps dernier, le magazine spécialisé Process avait longuement disséqué la "recette du succès québécois", rappelant que le nombre d'entreprises de biotech chez les "cousins" avait quadruplé en quatre ans.

    Cette semaine, Le Figaro, dans son supplément Entreprises, s'est intéressé à son tour à l'exemple québécois. "La biotech prend l'accent québécois, a clamé le journal. Grâce au capital-risque et malgré la crise, la province se classe au meilleur niveau mondial dans la mise au point de nouveaux médicaments."



    »» Regard sur le monde

    La mondialisation de la corruption

    Gilles Paquin
    La Presse jeudi 9 octobre 2003

    Lorsque l'ancien président du Nicaragua Arnoldo Aleman a été accusé, le printemps dernier, d'un détournement de fonds de plus de 100 millions de dollars, les Nicaraguayens n'en revenaient pas. C'était la première fois de toute l'histoire de ce pays, voire des Amériques, qu'on emprisonnait un ex-président pour corruption.

    L'enrichissement illicite de politiciens, de fonctionnaires et de dirigeants d'entreprises qui traitent avec eux, dans certains pays, est tellement répandu qu'il est considéré inévitable et jusqu'à un certain point, normal.

    Pendant longtemps le sujet est néanmoins demeuré tabou. Les agences de développement refusaient d'en parler, les institutions financières internationales fermaient les yeux, et le secteur privé n'y voyait qu'un obstacle, de plus en plus onéreux, à la conclusion d'une transaction.

    Cette tolérance inavouée des pays riches s'appuyait sur des préjugés bien enracinés et une prétendue supériorité morale. On entend d'ailleurs encore dire que "ces gens-là font les choses autrement" et que ce n'est pas à nous "d'imposer nos critères à l'étranger". Différentes façons de s'accrocher au statu quo.

    Mais de plus en plus de voix se font entendre pour dénoncer cet ordre des choses. Un organisme non gouvernemental a même été créé en Allemagne, en 1993, pour lutter contre la corruption. Transparency International a aujourd'hui essaimé dans plus de 70 pays mais le message est loin d'être entendu dans chacun de ceux-ci et les préjugés toujours aussi vivaces.

    Depuis sa fondation, Transparency demande à une dizaine d'organismes de lui transmettre les résultats des sondages sur la perception de la corruption effectués auprès de leurs membres, généralement des hommes d'affaires. La compilation de ces données lui permet ensuite d'établir sa liste noire de la corruption.

    Lorsque Transparency a publié cette semaine son rapport annuel sur l'indice de perceptions de la corruption, c'est-à-dire la liste des pays les plus corrompus dans le monde, l'organisme avait pris soin de faire la part des choses.

    "Les élites politiques et leurs acolytes continuent de toucher des pots-de-vin chaque fois que l'occasion se présente", écrivait le président de Transparency Peter Eigen.

    "Main dans la main avec des milieux d'affaires corrompus, ils enchaînent des nations entières dans la pauvreté, freinant ainsi leur développement durable. La corruption est extrêmement élevée dans les régions pauvres du monde mais également dans beaucoup de pays dont les sociétés investissent dans les pays en voie de développement", ajoutait-il.

    Malgré cette mise en garde très claire, les manchettes de la presse en Amérique et en Europe affirmaient d'un élan quasi unanime que "la corruption sévissait dans les pays les plus pauvres". Elles citaient ensuite les plus délinquants: Bangladesh, Nigeria, Haïti, Panama, Birmanie, Tadjikistan, Géorgie, Cameroun, Angola, Kenya et Indonésie.

    Ces pays ont en commun un passé colonial plus ou moins lointain et des liens toujours très réels avec les entreprises de l'ancienne puissance occupante. Les intérêts des corrompus et des corrupteurs se rejoignent encore aujourd'hui au delà des océans.

    La publication de cette liste a bien entendu irrité les pays visés et Transparency a senti le besoin, depuis deux ans, de publier également une liste de ceux qui versent des pots-de vin. La dernière comprenait 21 pays, dont la Russie, la Chine, Taiwan, l'Italie, la Corée du Sud et elle reposait sur des sondages réalisés par la firme Gallup.

    La méthode de Transparency est certainement contestable mais elle ouvre enfin la porte à une vision plus globale de la corruption. Elle finira bien par démontrer que la corruption avait entrepris la mondialisation avant que le terme ne soit à la mode.



    »» carte d'identité

    Thumbs up to national ID cards

    GUY IMMEGA
    G&M Thursday, October 9, 2003

    People will happily let governments fingerprint them for a national ID system -- if the cards make themselves invaluable, says biometrics entrepreneur GUY IMMEGA

    Many people are worried by the prospect of a national ID card, and its possible misuse. The keys to making a national ID card a success are to make it voluntary and convenient. No one should be forced to get a card, and it should be so useful that everyone will want it and be willing to pay for it.

    A national ID card could function as a combined Canadian passport, CanPass card (for frequent cross-border travellers), SIN card, health-care card, driver's licence and even as a library card (assuming the co-operation of the provincial and municipal governments).

    All government services could be accessible with the card, and it should serve as high-quality ID for other transactions (such as for withdrawing money from your bank account). The card could reduce airport lineups and speed you through customs on returning to Canada. It could also be compatible with the proposed U.S.-VISIT program which is supposed to allow easy entry into the United States for Canadian permanent residents (landed immigrants), and possibly Canadian citizens -- if the exemption now being discussed between Ottawa and Washington does not materialize or is taken away in the future.

    Of course, not all these functions and features need to be working when the card is issued; they can be added to the protected memory on the card as they become available.

    Immigration Minister Denis Coderre is correct that the biometric information should be stored only in your card and not in a central database. It's less expensive, and more secure, to use only the card to store the identifying features of a fingerprint (not the actual print). Smart-card technology can provide tamper-proof memory for private information, including fingerprint features.

    The ID card should also have a photo (like your driver's licence) and contain hidden anti-forgery features (like printed currency). To use the card, simply slot it in a reader and present a live fingerprint scan to verify that indeed you are the proper person to possess the card. In many instances, automated reading of the card will be sufficient. However, for higher security applications, a human attendant can observe the fingerprint ID verification and also check the photo on the card.

    What about identity theft? A lost or stolen ID card will be very difficult to use, unless the thief can locate the owner and determine which fingerprint has been enrolled (one of 10) and somehow obtain a good copy of the print.

    It is true that fingerprint biometrics are not 100-per-cent secure, but they are vastly better than non-biometric ID. Security comes down to statistics, not absolute guarantees.

    Could criminals or terrorists "steal" fingers, and thereby acquire someone else's ID? This is not so easily done. Which finger -- all 10? The strategy would only work before rigor mortis sets in. Stealing a print from a sensor (which one?) will be difficult (and finger-sweep sensors do not leave a latent print). Once a print is obtained, the thief would have to construct an accurate rubber finger and surreptitiously use it to gain access.

    What about the usability of fingerprints? It is true that a small percentage of people have damaged prints or suffer mental or physical disabilities that make using fingerprints difficult. Learning to scan a fingerprint properly requires only a minute or two of practice. Scarred, worn or callused fingers may not work, but almost everyone has at least one good print that can be enrolled.

    In any case, alternatives to fingerprint ID cards will always be available, such as the ID used today. This is another reason why a national ID card should be voluntary.

    Can a national ID card be forged? Only with great difficulty. The forger must have access to all card-issuing technology, duplicating government facilities. For the government to issue a high-quality national ID card, many personal identity checks must be performed (as is now done for passports or re-issued birth certificates). It would be close to an insurmountable challenge for a forger to replicate the numerous credentials embedded in an ID card.

    I believe that a national ID card with biometric verification will make our lives easier and more secure. This is not an issue of Big Brother or civil liberties being nullified by a state police, but of increased security and convenience. But the card should be voluntary and capable of providing very significant benefits to the user. Administrative and user costs should be partly or completely borne by the applicant.

    Other countries, the U.S. army, and cities such as Hong Kong are adopting ID cards. Sooner or later Canada will do so too. Let's be sure we do a good job.

    Guy Immega is president and CEO of Kinetic Sciences Inc., a Vancouver-based biometrics company which has developed miniature fingerprint sensors for door locks and cell phones.