
»» Jean Chrétien
Le parvenu
Michel Venne
Le Devoir lundi 17 novembre 2003
Dans son discours d'adieux prononcé jeudi soir, les phrases les plus importantes se trouvaient au tout début. Jean Chrétien, nostalgique de l'époque où «un jeune homme issu d'une famille nombreuse de la classe ouvrière de Shawinigan» a pu s'épanouir grâce au Parti libéral qui «m'a ouvert de nouveaux horizons et a mis le monde à la portée de ma main», dit-il, en parlant de lui-même au singulier.
Ce parti qui lui a permis de «rencontrer des gens partout au Canada», de «devenir le premier ministre des Finances francophone». Tout cela, largement grâce à Pierre Elliott Trudeau, son mentor, son gourou, son maître à penser , de qui il fut, à l'époque, l'exécuteur des basses oeuvres jusqu'à devenir son élève le plus zélé.
La réussite de Jean Chrétien se mesure à son parcours personnel. Celui d'un petit Canadien français gravissant les échelons jusqu'à diriger le pays des autres. Mais au prix de s'y assimiler, de se fondre parmi les puissants, de devenir leur pote, leur complice. Dans d'autres contextes, on appelle cela un parvenu.
Chrétien aura exécuté jusqu'à la fin les visions de Pierre Elliott Trudeau, en l'absence de toute critique, de toute distance. Trudeau s'opposait au nationalisme québécois. Il n'était pas plus tendre envers le nationalisme qu'il appelait «canadien-britannique», le nationalisme canadien-anglais qu'il a cru pouvoir combattre, mais dont il a préparé le triomphe absolu.
Trudeau a cru qu'il suffisait que des francophones soient plus malins que les anglophones. Il croyait que la réussite individuelle de Québécois suffirait à rétablir un équilibre entre les nationalités. Il avait tort, bien sûr. Il oubliait, volontairement ou inconsciemment, que les sociétés évoluent en fonction des rapports de force entre les groupes, compte tenu de la puissance économique et du poids démographique des uns contre les autres. Les Anglais étaient plus nombreux et plus riches que les Canadiens français.
Mais Trudeau imagina une politique de reconquête du Canada par les francophones, à raison de l'addition de succès individuels. Chrétien y a cru. Il l'a mise en application pour lui-même. Accomplissement personnel indéniable qui masque son échec sur le plan collectif. Hors Québec et Acadie du Nouveau-Brunswick, il y a, en nombres absolus, moins de francophones parlant leur langue dans l'intimité du foyer au Canada qu'il n'y en avait en 1968 lorsque la Loi sur les langues officielles a été adoptée. Lorsque Chrétien parlait, jeudi, d'un «Canada véritablement bilingue», il donnait envie de pleurer. Pleurer de rage.
Dans un texte fondateur de sa doctrine politique, «La nouvelle trahison des clercs», publié en avril 1962 dans Cité libre, Trudeau dénonçait le «mépris» et la «politique du roi nègre» appliquée par les Canadiens anglais qui poussaient «parfois la magnanimité jusqu'à placer des hommes de paille -- au nom «bien de chez nous» -- dans les boards of directors, ces hommes se ressemblant toujours en ceci : primo, ils ne furent jamais assez compétents et forts pour pouvoir passer en tête, et secundo, ils furent toujours assez «représentatifs» pour solliciter les faveurs du roi nègre et flatter la vanité de la tribu.»
Pour Trudeau, les Canadiens français n'avaient qu'eux à blâmer : «Si l'État canadien a fait si peu de place à la nationalité canadienne-française, c'est surtout parce que nous ne nous sommes pas rendus indispensables à la poursuite de sa destinée.» Pour renverser la vapeur, ils n'avaient qu'à prendre le pouvoir à Ottawa. Vint le French Power.
Jean Chrétien a joué à fond le rôle du roi nègre, celui d'homme de paille qui, certes, a fini par «passer en tête», mais au prix de se mouler dans les habits des puissants, jusqu'à livrer ce discours si personnel, jeudi, essentiellement dans la langue de l'autre. Au prix aussi d'écraser les aspirations des siens, non seulement de ceux qui, chez lui, au Québec, voulaient un pays, mais de tous les autres, nationalistes de toutes obédiences, qui ont voulu être reconnus pour ce qu'ils sont au sein même du Canada.
Chrétien se rappelle avec délectation de son élection à la tête du PLC le 23 juin 1990. Il a bien sûr oublié que ce jour-là, l'Accord du lac Meech qui reconnaissait le Québec comme une société distincte, et qu'il a personnellement combattu en sourdine, devenait caduc. Il triomphait devant les caméras de télévision, donnant l'accolade à Clyde Wells, tandis que des députés de son parti rejoignaient Lucien Bouchard pour fonder le Bloc québécois.
Chrétien fut aussi l'artisan d'une banalisation de la collusion bienveillante entre le pouvoir politique et les puissances financières. Ses amitiés avec les familles Asper, Irving ou Desmarais, sa tolérance à tout ce que l'homme de la rue voyait pourtant comme des scandales. Lorsque, jeudi, Jean Chrétien s'est vanté d'avoir pris «des mesures historiques pour restreindre l'influence des grandes entreprises et des gros syndicats sur les élections» après en avoir profité à l'extrême durant 40 ans, il ne donnait plus envie de pleurer, mais de vomir. Les millions que Paul Martin a amassés et qui seront versés au parti, d'où viennent-ils ? Le taux de participation aux élections n'a jamais été aussi bas que pendant son mandat.
***
Juste avant que Jean Chrétien prononce son discours, jeudi soir, Télé-Québec diffusait le deuxième épisode d'une série sur René Lévesque. Pouvait-il y avoir contraste plus saisissant que celui qui existait entre ces deux hommes. Pendant que Chrétien se félicitait de s'être épanoui individuellement en s'assimilant aux puissants, Lévesque galvanisait ce petit peuple qui est «peut-être quelque chose comme un grand peuple» et à qui, dès 1968, dans Option Québec, il lançait ce défi : celui «d'affronter cette époque exigeante et galopante, et de l'amener à nous prendre tels que nous sommes. D'arriver à nous y faire une place confortable à notre taille, dans notre langue, afin de nous y sentir des égaux et non des inférieurs».
Michel Venne est directeur de L'annuaire du Québec, chez Fides
vennem@fides.qc.ca

»» Jean Chrétien
Lettre à Jean Chrétien au nom de la nation québécoise
Lucien Morin, Pierre-Paul Sénéchal et André Gaulin
Les auteurs ont été respectivement professeur de philosophie à l'Université Laval, haut fonctionnaire et député de Taschereau.
Le Soleil lundi 17 novembre 2003
Quarante ans de vie politique qui se terminent par une gifle au peuple qui vous a vu naître, ce vote à la Chambre des communes qui nie l'existence de la nation québécoise. Comme si un vote suffisait pour faire disparaître tout un peuple ! Quatre rappels, Monsieur Chrétien.
Être une nation ou être soi
Nous ne sommes pas des provinciaux canadiens, mais une nation qui a le droit d'être soi. " Tout individu a droit à une nationalité ", dit la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948). Des Québécois comme vous ont choisi la canadienne. Des Québécois comme nous, la québécoise. C'est qu'on est Québécois ou Canadien. Pas les deux. Ni l'entre-deux, Franco-Canadien. Être soi, c'est être cela d'abord, sa différence - moeurs, humeurs, valeurs ; langue, religion, culture, etc. Non pas pur soi, pur sang, pure laine comme le réclament à tort certains souchistes. Être soi, ce n'est pas être refermé sur soi, fermé à l'autre. Être soi, c'est prendre plaisir à exister tel qu'on est, et à ce que l'autre existe tel qu'il est. C'est prendre plaisir aussi à l'être ensemble, l'un et l'autre, chacun dans la richesse de ses différences, dans la différence de ses richesses. Souverains et associés, a-t-on pu dire. Et pourquoi pas. La leçon vient de haut. Dans la Trinité, il paraît qu'ils sont Un, Dieu, Trois, là-dedans (Prévert). Colocs dans le vivre ensemble, tout en demeurant, chacun, souverain. Et, ce n'est pas peu, depuis au moins toute l'éternité.
Être une nation entre ses propres mains
Nous ne sommes pas des provinciaux canadiens, mais une nation qui a le droit de se prendre en main librement. " Tous les peuples ont le droit de déterminer librement leur statut politique et d'assurer librement leur développement ", dit le Pacte international des Nations unies relatif aux droits civils et politiques (1966). Cela s'appelle la " dignité ", M. Chrétien, qui vient du grec axios et signifie, " ce qui convient ". La dignité première d'une nation, c'est l'obligation qu'elle a de se prendre en main afin de se procurer ce qui lui convient, d'écarter ce qui la diminue. Certes, les besoins qu'il convient de satisfaire pour vivre et pour survivre (nourriture, vêtements, gîte, etc.) ne sont pas identiques à ceux qu'il faut combler pour fleurir et s'épanouir (amour, culture, pardon, etc.). Avec les premiers, on joue sa vie, avec les seconds, le sens de sa vie. Mais dans les deux cas, pour réussir, il faut être capable de se prendre en main, d'avoir sa vie et le sens de sa vie entre ses mains. Sinon, la nation finit toujours par se faire étouffer entre les mains d'une autre, aussi bienveillante soit-elle.
Être une nation dans son pays
Nous ne sommes pas des provinciaux canadiens, M. Chrétien, mais une nation qui a droit à son pays. " Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes ", ajoute le Pacte précité. Être soi, autrement dit, ne suffit pas. Encore faut-il l'être soi. Cela vaut pour tous les peuples. Ceux d'aujourd'hui, comme les Timorais et les Croates. Et ceux d'hier, tout comme ceux de demain. Mais voyez le peuple juif, qui existait déjà bien avant sa géographie, la terre d'Israël. La réclamation de Moïse auprès du roi Pharaon ne concerne pas l'existence de son peuple, le peuple juif est, mais son indépendance, le peuple juif veut être chez soi. Exactement comme la nation québécoise, Monsieur Chrétien, déclinant son principe d'identité, clamant reconnaissance et réclamant pays. Mais avec cette différence majeure que nous autres, Québécois, nous devons nous débrouiller sans l'aide d'un certain Yahvé, qui viendrait changer l'eau de Stéphane Dion en sang et infester ses territoires de grenouilles, de moustiques, de taons, de grêle et de sauterelles.
Être une nation dans sa langue
Nous ne sommes pas des provinciaux canadiens, M. Chrétien, mais une nation qui a droit à sa langue. " Tous les peuples ont le droit de vivre dans leur langue ", déclarent plusieurs conventions internationales. La langue d'abord. C'est notre différence première, condition de respiration de notre coeur comme de notre âme. Elle nous fait être et être tels, Québécois. Mais en même temps qu'elle nous colle à nous-mêmes, elle nous fait être au monde, aux autres et à l'univers. Voilà pourquoi elle ne peut ni parler comme tout le monde, être la langue-à-soi de personne, ni se réduire à ses coups de glotte dialectale, être la langue-au-monde de nulle part. Il lui faut satisfaire les deux registres, comme l'avait compris André Gide. " C'est en se nationalisant qu'une langue prend place et signification dans l'humanité. Qui de plus espagnol que Cervantès, de plus anglais que Shakespeare, de plus français que Montaigne (de plus québécois que Gaston Miron, pourrions-nous ajouter) ; et quoi de plus universellement humain que ceux-là. "
En terminant, sachez que vous avez beau planter tous les pieux que vous voulez au coeur de notre nation et demander à Radio-Propaganda.ca d'inscrire son inexistence en lettres fluo au haut de votre palmarès nécrologique, le jour est proche où un de nos enfants, représentant son pays, le Québec, se tiendra debout dans l'enceinte des Nations unies et parlera au nom de son peuple, la nation québécoise.

»» Médias
La convergence au pouvoir
Paul Cauchon
Le Devoir lundi 17 novembre 2003
Lorsque près de 400 journalistes se réunissent en congrès, leur comportement n'est pas si différent de l'ensemble de la population: le sujet qui les enflamme le plus, c'est celui de la télé-réalité, comme c'est le cas dans de nombreux lieux de travail au Québec autour de la machine à café!
Bien sûr, le congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui se terminait hier à Gatineau, a donné lieu à des débats sur des sujets importants : l'impact du film À hauteur d'homme sur le journalisme politique, la manipulation des médias pendant la guerre en Irak, ou encore l'avenir du Conseil de presse du Québec.
Mais c'est vraiment un atelier sur «la télé-réalité et l'information» qui a fait l'événement, en attisant les passions dans une salle à la porte de laquelle on se bousculait.
Tout le monde a son opinion sur la télé-réalité, évidemment. J'ai donné la mienne récemment dans une chronique qui a suscité de nombreux courriels de lecteurs. Mais l'atelier de la FPJQ n'avait pas nécessairement comme objectif de débattre des mérites de ce nouveau genre télévisuel. Il s'agissait plutôt d'explorer les liens entre les émissions et les médias qui en sont partenaires, pour voir si la couverture journalistique était influencée par le partenariat commercial entre les émissions et les médias.
Tout le monde avait remarqué le délire promotionnel qui s'était emparé des différents médias de Quebecor l'hiver dernier autour de Star Académie. Mais on pouvait conserver un doute ultime : Quebecor se défendait en affirmant que lorsqu'une émission attire autant de téléspectateurs, c'est son devoir d'en parler massivement. Selon ce raisonnement, Star Académie aurait bénéficié du même traitement si elle avait été diffusée ailleurs qu'à TVA.
Depuis cet automne, cet argument ne tient plus. Car Loft Story à TQS attire presque autant de spectateurs qu'Occupation double à TVA et ne bénéficie pas, dans Le Journal de Montréal, d'une couverture journalistique aussi intensive. Le patron de TQS soupçonne même le journal d'être de mauvaise foi quand il publie des articles critiques sur Loft Story.
Le Journal de Montréal publie deux pages quotidiennes sur une émission hebdomadaire, Occupation double, sans accorder le même traitement à Loft Story qui est une émission quotidienne. Le bulletin de nouvelles de TVA suit les auditions de Star Académie. Celui de TQS est accusé de faire la promotion de son loft maison. Même La Presse est maintenant soupçonnée de trop parler de Loft Story, parce que TQS a signé une entente commerciale avec ce quotidien (en principe l'accusation tient mal la route, puisque TQS voudrait bien annoncer son émission partout où elle le pourrait, et La Presse et TQS appartiennent à deux propriétaires totalement différents). Bref, l'atmosphère est devenue malsaine, et on se met à compter le nombre d'articles publiés de part et d'autre.
L'atelier a même été l'occasion d'en apprendre un peu plus sur les coups bas que se livrent en coulisses les médias concurrents. Tout le monde soupçonnait Le Journal de Montréal de ne pas avoir parlé du succès d'écoute de Loft Story dans les premiers jours de diffusion parce que l'émission appartenait à un réseau concurrent.
Erreur, a expliqué candidement samedi un journaliste du Journal de Montréal : si le journal a volontairement passé sous silence la première diffusion du Loft, explique Mathieu Turbide, c'est parce que, la semaine précédente, l'animateur de TQS Jean Lapierre avait interviewé un dirigeant raélien qui s'en prenait à la journaliste du Journal de Montréal qui avait infiltré le mouvement de Raël ! Devant une telle démonstration de vengeance, les participants à l'atelier en sont demeurés pantois, et la présidente de la FPJQ, Anne-Marie Dussault, se disait «consternée».
On peut compter à l'infini le nombre d'articles publiés par l'un et par l'autre, mais il ne faut pas perdre de vue l'essentiel : en permettant à Quebecor de posséder autant de médias écrits et électroniques la société québécoise a engendré un véritable monstre qui contamine maintenant l'ensemble de la couverture journalistique.
La question ici n'est pas de diaboliser Quebecor. Cet atelier a plutôt permis de comprendre à quel point les journalistes eux-mêmes ne savaient pas encore comment faire face à cette nouvelle réalité de la convergence dans un empire médiatique. Après avoir permis à Quebecor de multiplier ses propriétés, le CRTC lui a récemment refusé d'acheter CKAC. C'est un premier pas : nous n'avons pas les moyens, collectivement, d'aggraver encore plus la situation actuelle. À l'intérieur des entreprises, les syndicats peuvent se battre pour établir des balises strictes en matière de couverture journalistique. C'est un autre pas. Et puisque les dirigeants des médias de Quebecor semblent refuser de débattre du sujet, les journalistes eux-mêmes ne doivent pas avoir peur d'en discuter publiquement comme ils l'ont fait ce week-end, pour maintenir auprès du public une crédibilité déjà trop entamée.
pcauchon@ledevoir.com

»» Conseil de la fédération
Amis et concurrents
Gilbert Lavoie
Le Soleil lundi 17 novembre 2003
Éditorial - Jean Charest a beau dire qu'il n'a jamais été aussi heureux en politique et qu'Ottawa ne l'intéresse plus, son rôle sur la scène canadienne risque d'en faire le chef de l'opposition au futur gouvernement de Paul Martin. Malgré la belle harmonie qui a marqué la rencontre des premiers ministres hier à Regina, M. Martin pourrait prendre ombrage des démarches de son homologue québécois pour mobiliser les provinces.
M. Charest était à Terre-Neuve, mardi, pour saluer le nouveau premier ministre, Danny Williams. Jeudi, il était à Calgary pour fraterniser avec le premier ministre Ralph Klein. Il a fait une visite éclair à Toronto le 20 octobre, pour rencontrer le nouveau premier ministre Dalton McGuinty.
Pourtant, Jean Charest n'est pas le président de la Conférence des premiers ministres provinciaux. Et il n'est pas coutume pour un premier ministre provincial de courtiser ses homologues avec autant d'assiduité. Père fondateur du Conseil de la fédération, élevé à l'école du réseautage de Brian Mulroney, M. Charest bâtit son réseau pancanadien. Il prend le leadership du rapport de force que les provinces veulent établir avec le gouvernement central.
Bien sûr, la rencontre amicale qu'ont eue les premiers ministres des provinces, hier, à l'invitation de Paul Martin au match de la coupe Grey, à Regina, n'avait rien d'un affrontement. Mais nous en sommes à l'étape de la lune de miel, des préliminaires... Tout le monde s'entend pour dire que Paul Martin sera plus conciliant que Jean Chrétien, dans la manière. Mais sur le fond, il est illusoire de s'attendre à ce qu'un gouvernement Martin ouvre tout grands ses goussets, d'autant plus que les surplus fédéraux sont moins importants qu'auparavant.
M. Martin a déjà fait savoir qu'il n'entend pas s'empêtrer dans le débat sur le déséquilibre fiscal, si cher au Québec. Et que si argent il y a, ses priorités iront vers la santé et les municipalités, des domaines de juridiction provinciale. Bref, le souci de collaboration qui marquera l'arrivée au pouvoir de Paul Martin sera mis à l'épreuve.
Les démarches de M. Charest ont leur mérite : depuis déjà six mois, les dossiers traînent avec le gouvernement fédéral, parce que les ministres de Jean Chrétien n'ont plus l'autorité nécessaire pour conclure des ententes. Ils attendent leurs ordres de Paul Martin. Dans le meilleur des scénarios, M. Martin ne sera premier ministre qu'à la fin du mois de décembre. Il devra former un cabinet de campagne électorale, préparer un discours du Trône, un budget pour le mois de mars et des élections quelque part en mai. Il se passera une bonne année avant que les membres du vrai cabinet de Paul Martin soient bien en selle.
Dans un tel contexte, seuls les dossiers menés de premier ministre à premier ministre ont des chances d'avancer. Or, M. Martin en aura tellement sur les bras qu'il n'aura guère de temps à consacrer aux préoccupations provinciales sur la péréquation ou la santé. Les premiers ministres des provinces ont tout intérêt à faire leurs devoirs.
Mais dans les officines du Conseil privé, à Ottawa, on prend très facilement ombrage des démarches trop entreprenantes des provinces. Et malgré sa foi fédéraliste, Jean Charest pourrait se heurter rapidement à la méfiance chez Paul Martin. Après tout, il a dirigé le Parti conservateur dans une autre vie et pourrait avoir l'ambition d'y revenir un jour.
Les politiciens fédéraux ont la fâcheuse manie de diviser les provinces quand ils se sentent menacés, et " d'acheter " les moins bien nanties avec des projets routiers ou des programmes spéciaux.
Jean Charest devra manoeuvrer avec doigté pour démontrer qu'il peut mettre plus de pression sur le gouvernement Martin, sans compromettre la collaboration accrue qu'il a promis d'instaurer avec le pouvoir fédéral. Dans ce contexte, son leadership devra se faire sous le sceau de la discrétion, et d'une certaine modestie.
GLavoie@lesoleil.com

»» Guy Bertrand
Bi-political Bertrand
The Montréal Gazette Monday, November 17, 2003
It would be a mistake to succumb to the temptation to laugh at Guy Bertrand, the old-time separatist who converted to federalism just before the 1995 referendum, and who now seems to have switched back again. Is there such a thing as a bi-political?
But beyond all the mockery and beyond his well-developed fondness for media attention, Bertrand is no dope. He's got a fine legal mind, and his court challenge to the Parti Québécois government's whole plan to lead the province out of Canada became a significant spoke in the wheel of the separatist movement.
Now he is apparently promising to flesh out his latest idea, about some kind of "multinational federalism with Canada." Fine, but first he will have to refute his own assertions that the sovereignty process would be not only unconstitutional but also immoral.
As for federalism, we invite Bertrand to take a look at the existing version. It's not perfect, it could be improved, but the current Canadian model has allowed Quebec to become everything it is today - and that includes being a society confident enough to turn away from the sterile arguments of the recent past.

»» PLQ - santé
Des réformes de papier à lettres
J.-Jacques Samson
Le Soleil lundi 17 novembre 2003
Éditorial - Pendant le Rendez-vous des régions, en novembre 2002, l'actuel ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, alors président de la Fédération des chambres de commerce, prenait ouvertement le parti des élus municipaux dans les tiraillements avec les représentants des bras gouvernementaux péquistes qu'étaient les Centres locaux de développement (CLD) ou les Conseils régionaux de développement (CRD). Le ministre Audet et sa collègue Nathalie Normandeau n'ont donc pas perdu de temps pour déposer un projet de loi qui renverse la dynamique du pouvoir dans les régions sur les leviers de développement socio-économique. Les élus municipaux seront dorénavant en forte majorité autour de la table des nouvelles conférences régionales des élus qui remplaceront les CRD. Ils y admettront même qui ils voudront bien.
La réforme Audet-Normandeau n'est encore malheureusement, à la présente étape, qu'une révolution de papier. Les acronymes changeront à la porte des instances régionales et au haut du papier à lettres mais les mêmes personnes resteront vraisemblablement en poste sur le terrain, avec les mêmes outils de travail, et dans les mêmes champs de compétence. Le renversement du pouvoir décisionnel pour le remettre aux citoyens, à travers leurs élus municipaux, répondra à des attentes justifiées en régions. Les élus locaux seront en plus imputables de l'utilisation des fonds publics qui leur seront confiés à des fins de développement régional et ils devront répondre de leurs actions - ou de leur inertie - devant leurs commettants. Le seul aspect négatif est le risque que des rivalités parfois ridicules paralysent leurs efforts ou que s'installe une concurrence malsaine dans les tentatives d'attirer des entreprises et dans l'aide au démarrage. La priorité de tout élu est d'être réélu.
Les ministres Audet et Normandeau n'ont toutefois pas profité de cette première opération pour alléger les appareils existants. Il faudra au contraire veiller à ce que les maires n'alourdissent pas au fil du temps leur propre fonction publique et qu'émergent ainsi d'autres dédoublements inutiles comme nous en avons tant observé au niveau des organismes locaux. Le sort des CLD est aussi encore inconnu. Or ils emploient pas moins de 1200 personnes et disposent de 52 millions $. Il est très hasardeux de la part du gouvernement de se lancer dans pareille restructuration sans avoir fourni aux autorités municipales le modèle d'organisation des services qu'il vise en bout de ligne.
Le Parti libéral du Québec s'est par ailleurs engagé dans son plan d'action de 2002 à entreprendre au plus tôt après son élection des discussions avec les élus locaux " afin de leur déléguer les responsabilités qu'ils désirent exercer et les ressources qui les accompagnent ". Le projet de loi déposé la semaine dernière est en quelque sorte un pré-requis. Mais il n'aura vraiment de sens pour les habitants des régions que s'il est suivi de la régionalisation " à la carte " promise par l'équipe de Jean Charest. Les libéraux se sont également engagés à verser des redevances aux régions sur l'exploitation de leurs ressources. La balle rebondira bientôt. Encore là, sur ces deux derniers plans, tout reste à faire.
Les mêmes constatations valent pour l'abolition des régies régionales de la santé, confirmée par le ministre Philippe Couillard. Le PLQ s'était engagé à le faire ; il tient parole. Mais il les remplace par des pendants, appelés " agences " que les mêmes fonctionnaires feront tourner comme la veille.
Le plan d'action libéral préconisait bien la réunion dans un seul réseau intégré des cliniques médicales, hôpitaux, CLSC, centres hospitaliers de longue durée pour " briser la culture des silos " dans la santé. Cette intégration était d'ailleurs en cours déjà à travers le Québec et les cas de résistance braquée étaient rarissimes. Là où les citoyens n'ont pas eu droit à des services de qualité acceptable, la rareté des ressources humaines et monétaires était en cause et non l'incapacité des professionnels et des institutions à travailler en équipe et en complémentarité. Le remplacement des régies par des agences ne soulagera pas un malade de plus. Fermer ça et repartir sous un autre nom ne leurrera personne.
J'espère que nous ne sommes pas devant deux exemples de ce qu'est une réingénierie !
JJSamson@lesoleil.com

»» bibliothèques scolaires
Bibliothèque cherche livres
Michèle Ouimet
La Presse lundi 17 novembre 2003
Le portrait est déprimant: les bibliothèques scolaires périclitent, le nombre de bibliothécaires est passé de 140 à 40 depuis 1992, 80 % des bibliothèques au secondaire et 67 % au primaire possèdent des ouvrages désuets et il existe encore des livres de référence sur l'URSS, un pays pourtant effacé de la carte du monde depuis 15 ans.
Il existe des tonnes de statistiques plus déprimantes les unes que les autres: en 1998, Québec consacrait 5,29 $ par élève pour l'acquisition de livres; cinq ans plus tard, ce chiffre chutait à 3,75 $. Au secondaire, le prix moyen d'un roman est de 17 $ et celui d'un ouvrage de référence, 29 $, etc.
Ces statistiques-chocs soulignent à quel point les bibliothèques sont à la dérive. Et c'est scandaleux. Pas un gros scandale juteux qui fait des vagues; juste un petit scandale, un vrai, qui traîne dans le décor depuis des années et qui n'émeut que quelques initiés.
Heureusement que le Salon du livre revient chaque année, en novembre, pour nous rappeler que lire, c'est important. S'il fallait attendre le gouvernement, les élèves auraient le temps de se transformer en analphabètes.
Une chose est certaine, le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, n'est guère ému. Au contraire. Il a vite fait une croix sur les 70 millions que les péquistes avaient promis pour rafraîchir les bibliothèques.
Le ministre a sa recette pour sortir les bibliothèques de la dèche: le partenariat avec les bibliothèques publiques. Sauf qu'elles sont mal en point. Deux pauvres ensemble, ça ne fait pas des enfants forts. Le Québec dépense 26 $ par habitant pour ses bibliothèques alors que l'Ontario et la Colombie-Britannique versent 35 $, la Finlande 60 $ et le Danemark 100 $. L'île de Montréal compte 2,48 livres par habitant, Toronto cinq et Vancouver, quatre.
Pendant que nos bibliothèques s'étiolent, les Américains bougent: en 2002, le Congrès a voté une enveloppe de 250 millions pour soutenir les bibliothèques. Une étude reliant le succès scolaire à la richesse des bibliothèques a convaincu nos voisins d'injecter de l'argent dans les livres.
Pourtant, le Québec a investi des sous dans les bibliothèques scolaires: 56 millions entre 1996 et 2001. Mais c'est nettement insuffisant. Et c'est le ministère de l'Éducation qui l'affirme dans un document secret daté de décembre 2001: "La désuétude de la documentation, l'insuffisance des ressources financières (...) et ce, même si les écoles ont reçu des allocations spéciales importantes (...) anéantissent les efforts de redressement." Anéantissent. Le mot est fort mais il décrit bien la réalité.
Ce n'est pas la réforme, qui bouleverse l'école depuis trois ans, qui va inculquer aux enfants le goût de lire. Plonger le nez dans un livre est devenu compliqué. Ce simple geste a été découpé en nombreuses compétences aussi inutiles qu'encombrantes.
Par exemple, un enfant de première année qui lit doit "démontrer son ouverture à l'univers culturel lié à la langue", "porter un jugement esthétique", "intégrer ses acquis culturels dans ses expériences de lecture", "nommer les émotions au cours d'une expérience culturelle", etc.
Les écoles doivent dépoussiérer leurs bibliothèques. Et si le gouvernement se plaint qu'il n'a pas d'argent, qu'il fasse appel au privé. Après tout, les entreprises sont les premières à profiter d'une main-d'oeuvre faite de têtes bien remplies.

»» déséquilibre fiscal
Le cercle vicieux du déséquilibre fiscal
L'ÉTAT DU QUÉBEC (4)
Le Soleil lundi 17 novembre 2003
Régulièrement, depuis près de deux mois, LE SOLEIL présente à ses lecteurs un portrait unique du Québec, un état des lieux qui compare le Québec avec la situation qui prévaut dans d'autres provinces canadiennes ou d'autres pays de l'OCDE. Pour le quatrième de cette série d'articles rédigés par l'Observatoire de l'administration publique de l'ENAP, les chercheurs évaluent le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.
Le ministre fédéral des Finances, John Manley, annonçait récemment qu'Ottawa rembourserait une tranche de 7 milliards $ de sa dette à même l'excédent budgétaire fédéral de 2002-2003 et finissait par se résoudre à confirmer que son gouvernement verserait aux provinces les 2 milliards $ promis lors de la rencontre des premiers ministres en février dernier pour combler leurs besoins criants en santé. Malgré le retour à l'équilibre budgétaire, le gouvernement fédéral et ceux des provinces ne disposent pas de la même latitude en matière de finances publiques. Pour apprécier la réalité de leur marge de manoeuvre respective et mesurer l'ampleur du fossé qui les sépare depuis cinq ans, il suffit d'analyser la répartition de l'assiette fiscale entre les deux ordres de gouvernement, la part des transferts fédéraux dans le calcul des revenus des provinces et la croissance de ces revenus par rapport à celle de leurs dépenses.
Bien qu'elle diminue, la part de l'assiette fiscale occupée par le gouvernement fédéral (52,5 %) dépasse toujours celle des provinces (47,5 %). En 2002, le gouvernement fédéral percevait 173,3 milliards $ en impôts et taxes de toutes sortes, soit 16,7 milliards $ de plus que l'ensemble des prélèvements de toutes les provinces réunies (156,6 milliards $). Cette répartition tient compte uniquement des recettes autonomes des provinces, excluant celles liées aux transferts financiers fédéraux (33 milliards $ en 2002) dont la péréquation. Par ailleurs, entre 1992 et 2002, ces transferts ont vu leur part des revenus budgétaires globaux des provinces chuter de 22,7 % à 17,5 %. Autrement dit, les provinces doivent compter de moins de moins sur la contribution fédérale et davantage sur la croissance de leurs propres recettes fiscales pour faire face à leurs dépenses.
Croissance annuelle
Depuis 1997, année du retour à l'équilibre budgétaire et à la faveur d'une conjoncture économique favorable, les gouvernements, pris dans leur ensemble, ont enregistré une croissance annuelle moyenne de 4,5 % de leurs revenus. La hausse est de 4,4 % pour le gouvernement fédéral, de 4,7 % pour les revenus autonomes des provinces, c'est-à-dire les impôts, taxes et autres recettes dont elles ont la mainmise, et de 4,8 % si l'on y incorpore le montant des transferts fédéraux. Entre les deux ordres de gouvernement, la croissance des revenus est donc comparable. Il en est tout autrement sur le front des dépenses.
Au cours de cette période, les dépenses de programmes du gouvernement fédéral ont augmenté de 3,9 % en moyenne par année. Toutefois, en remboursant plus de 46,6 milliards $ de sa dette à même ses importants surplus budgétaires, le gouvernement fédéral a réduit les coûts de son service de dette de 41 milliards $ en 1997 à 37,7 milliards $ en 2001-2002 soit 3,3 % par année. Considérant cette diminution du coût de la dette, la croissance des dépenses du gouvernement fédéral n'est que de 1,9 % par année à rapprocher de la majoration annuelle moyenne de 4,4 % de ses revenus depuis cinq ans.
Les provinces éprouvent, elles, une augmentation moyenne annuelle de leurs dépenses de 4 %. En croissant au rythme de 6,4 % par année depuis 1997, les dépenses pour la santé rognent non seulement la marge de manoeuvre budgétaire des provinces, mais pèsent aussi négativement sur les autres secteurs d'activité des gouvernements. En outre, à l'exception de l'Alberta qui a remboursé l'essentiel de sa dette grâce à la manne énergétique, les provinces ont vu les coûts de leur service de la dette augmenter de 4,8 % en moyenne par année depuis cinq ans. Contrairement au gouvernement fédéral, les provinces, hormis l'Alberta, supportent ainsi une hausse annuelle des coûts de leur service de la dette supérieure à celle de la totalité de leurs dépenses. Au Québec, les revenus autonomes augmentent de 5,8 % par année, les dépenses globales de 4,5 % et celles consacrées à la santé de 6,1 %.
Prises en tenaille entre la pression grandissante des dépenses de santé et le poids de leur dette, les provinces, sauf l'Alberta, enregistrent, toujours depuis cinq ans, un très faible écart (moins de 1 %) entre les croissances de leurs recettes et de leurs dépenses. Cette absence de latitude budgétaire précarise leur situation financière. L'Ontario se dirige pour l'exercice 2003-2004 vers un déficit de 5 milliards $ pendant que le Québec ferait face à une impasse budgétaire de plus de 3 milliards $.
Confort budgétaire pour le fédéral
À l'inverse, le gouvernement fédéral jouit d'un confort budgétaire appréciable. En puisant dans des excédents de l'ordre de 10 milliards $ par année, il a délesté sa dette, retrouvant du même coup des facultés financières qui lui ont permis d'augmenter les dépenses de fonctionnement des ministères fédéraux et de doter ceux-ci de programmes intervenant, entre autres, dans les domaines de compétence provinciale. Plus vite Ottawa amortit sa dette, plus large est le fossé qui se creuse entre la marge de manoeuvre budgétaire fédérale et celle quasi inexistante des provinces.
C'est là que bat le coeur du déséquilibre fiscal entre le gouvernement fédéral et les provinces : lorsqu'il n'existe plus de concordance entre, respectivement, le niveau des revenus des gouvernements fédéral et provinciaux et le niveau de leurs dépenses attachées à l'exercice de leurs responsabilités. Un déséquilibre qui ira en s'aggravant selon le Conference Board du Canada dans une étude rendue publique en août 2002 lors de la rencontre annuelle des premiers ministres provinciaux qui avait lieu à Halifax.
La prévision de la situation budgétaire du gouvernement fédéral et des provinces au cours des 20 prochaines années, modélisée par le Conference Board, est basée sur une hypothèse de statu quo dans l'impartition des revenus de taxation et des dépenses budgétaires des gouvernements. Ainsi, le surplus budgétaire fédéral serait-il toujours dédié en priorité au remboursement de la dette. Les effets du vieillissement de la population sur les coûts en santé et en éducation sont également anticipés.
Après projection, le Conference Board prévoit que les dépenses de santé des provinces augmenteront de 5,2 % par année, passant de 63,5 milliards $ en 2000 à 166,5 milliards $ en 2020. La santé mobilisera à elle seule 44,8 % des dépenses budgétaires des provinces en 2020 contre 32,4 % en 2000. Dans le même temps, la part de l'éducation diminuera de 19,5 % à 18,8 % en raison du déclin de la population étudiante et en fonction d'une croissance annuelle de 3,2 %. En déficit chronique tout au long de la période examinée, les provinces verront leur dette globale bondir de 251 milliards $ à 386,9 milliards $ (plus 54 %) en moins de 20 ans.
Excédents
À la même époque, le gouvernement fédéral aura accumulé, année après année, des excédents de 85,5 milliards $ suffisants pour lui permettre de rembourser la presque totalité de sa dette. En présence d'un tel scénario, le Conference Board conclut " qu'avec la structure fiscale et budgétaire actuelle, le déséquilibre fiscal vertical s'accentuera dans l'avenir puisque seul le gouvernement fédéral aura la capacité financière de rembourser sa dette ou de mettre en place de nouvelles initiatives telles que des réductions d'impôt ou de nouveaux programmes de dépenses. À l'opposé, les provinces et les territoires ne disposeront pas de la marge de manoeuvre nécessaire pour mettre en place de nouvelles initiatives au cours des deux prochaines décennies. Ils ne pourront pas augmenter leurs dépenses ni réduire les impôts sans voir leur situation financière se détériorer. " (1)
Sur la base de l'analyse du Conference Board du Canada pour le Québec, la Commission sur le déséquilibre fiscal, présidée par Yves Séguin, ministre québécois des Finances, a plaidé pour un nouveau partage des ressources fiscales entre le gouvernement fédéral et les provinces. Afin de rétablir l'équilibre fiscal, la Commission Séguin préconisait que les provinces reçoivent des moyens financiers additionnels qui leur permettent d'assumer leurs responsabilités et d'affronter avant tout " l'explosion " des coûts de la santé. Elle proposait le remplacement du Transfert social canadien (financement des programmes sociaux) par l'ouverture, au bénéfice des provinces, d'un nouvel espace fiscal de même que l'amélioration de la péréquation.
D'un côté, des provinces, dont le Québec, que leurs assises budgétaires fragilisées condamnent à endosser de plus en plus difficilement leurs responsabilités, singulièrement dans le domaine social ; de l'autre, un gouvernement fédéral qui engrange les surplus. Au milieu, le déséquilibre fiscal. Pour les provinces qui doivent planifier le développement des services et prévoir les coûts budgétaires qui y sont associés, la hausse des transferts " à la pièce " et non récurrente ne constitue pas une solution viable à moyen et à long terme en matière de programmes sociaux.
Le déséquilibre fiscal est source de fortes tensions dans les relations fédérales-provinciales. Le corriger sera sans aucun doute le principal défi à relever par le prochain gouvernement canadien dans ses relations avec les provinces. Rappelons que Paul Martin était ministre des Finances au moment des coupures dans les transferts fédéraux pour les programmes sociaux qui ont si durement affecté les provinces. Devenu premier ministre, choisira-t-il d'investir dans de nouvelles initiatives directes ou plutôt d'augmenter les ressources des provinces aux moyens de transferts financiers ou de points d'impôt ?
(1) Conference Board du Canada. Projection des équilibres financiers des gouvernements du Canada et des provinces et des territoires, performance et tendances économiques, juillet 2002, p. 31.
Pour communiquer avec l'Observatoire : Mme Danielle Landry, (418) 641-3000, poste 6574 ; télécopieur : (418) 641-3057 ; courriel : danyelle_landry@enap.ca ; site Internet : http://enap.ca/observatoire

»» réingénierie
Faisons preuve d'imagination
Nous sommes arrivés à un tournant où l'État ne peut plus tout faire tout seul
Jacques Ménard
La Presse lundi 17 novembre 2003
Nous vous présentons en extrait de l'allocution prononcée par M. Ménard président de BMO Groupe financier (Québec) devant le Cercle canadien de Montréal le 10 novembre dernier.
Une évidence s'impose: les problèmes financiers de l'État n'amèneront pas les citoyens à renoncer à leurs ambitions et aux moyens de les réaliser. Si vous me permettez une comparaison, ce n'est pas parce que le solage de la maison familiale se fissure que les parents devraient renoncer à l'éducation de leurs enfants. Ce qu'il faut, c'est trouver l'argent pour remettre le solage en bon état, tout en continuant d'investir dans l'éducation de nos enfants. C'est un peu à ce genre de situation que nous faisons face collectivement. Posons-nous au départ les bonnes questions. Quel est le rôle de l'État dans une société postindustrielle? Quels sont les besoins auxquels l'État doit absolument répondre par lui-même, sans délégation de pouvoirs? Quels sont les domaines où l'État peut mettre à profit l'expertise, l'expérience et les ressources de ses partenaires, tant privés que publics?
Sans tout simplifier de façon outrancière, je crois que l'État a la responsabilité de définir les services à rendre, de s'assurer qu'ils soient rendus et d'en garantir la qualité. Je crois que la façon dont les services seront rendus, leur organisation, leur financement, toutes ces questions doivent être largement discutées, sereinement, en dehors de tout carcan idéologique. Et, j'insiste sur le fait que, si les façons de faire peuvent être négociables, nos valeurs en tant que société ne le sont pas. Et, j'espère bien, ne le seront jamais. Des valeurs de solidarité, de partage et d'équité sociale qui sont au coeur de notre modèle de société. Nous ne devons pas perdre de vue, non plus, que tout ce remue-ménage doit avoir notamment pour objectif de refermer l'écart qui se creuse entre les personnes les plus favorisées dans notre société et les moins nantis.
Modèles lourds et inefficaces
Mais, pourquoi l'État persisterait à taxer toujours davantage et à s'endetter de façon déraisonnable, par exemple pour réparer des infrastructures désuètes ou pour maintenir des modèles organisationnels lourds et inefficaces, alors qu'on peut faire les choses autrement. D'ailleurs, d'autres l'ont fait.
Quelques exemples. En Angleterre seulement, plus de 500 projets importants de partenariats public-privé sont déjà en cours. Les discussions dans 300 autres projets sont très avancées. À ce jour, le secteur privé britannique a déjà investi plus de 43 milliards $ dans ces partenariats. Différentes formules sont utilisées dans un grand nombre de secteurs, les écoles, les hôpitaux, les routes, les prisons, les bureaux et même la défense. Au cours des cinq prochaines années, le réseau souterrain de Londres nécessitera, à lui seul, des investissements de l'ordre de 30 milliards $. Des projets de partenariats public-privé sont en discussion, là aussi.
D'autres pays sont tout aussi intéressants à observer. L'exemple du système français de santé, reconnu comme étant l'un des meilleurs au monde, fait une large place aux partenariats public-privé. L'État conclut des ententes avec des cliniques privées qui sont rémunérées en fonction des services rendus, selon des barèmes préétablis. Ces cliniques constituent approximativement 25 % du réseau, mais sont responsables de 40 % des actes médicaux, dans certains domaines.
Ces systèmes mixtes permettent de désengorger les hôpitaux qui peuvent alors mettre leur coûteuse infrastructure au service des citoyens qui en ont vraiment besoin. Les cliniques traitent un grand nombre de cas, de façon plus efficace et en même temps moins coûteuse. Quel que soit le système, c'est toujours l'État qui finance le système de santé, établit les priorités, fixe les niveaux de qualité requis. Mais, en mettant l'argent là où sont les besoins et là où la performance est la meilleure. Non pas à cause de l'incapacité des employés de l'hôpital de faire aussi bien. Mais plutôt en raison d'une organisation du travail plus souple, plus adéquate. En permettant par exemple aux chirurgiens d'opérer à plein temps et dans de meilleures conditions, avec les équipes requises, plutôt qu'un jour par semaine quand tout va bien. (...)
Multiples domaines
Les domaines auxquels nous pouvons appliquer de nouvelles formules sont légion. D'autres pays ont agi ainsi dans des domaines aussi variés que les bibliothèques, les centres de détention, la distribution de l'eau potable, le traitement des eaux usées, le secteur de l'énergie, le secteur récréotouristique, les ressources informationnelles dont les grands systèmes informatiques, le secteur du transport et les secteurs de l'éducation et de la santé, dont j'ai parlé abondamment. Une expertise existe, parfois même au sein de nos propres entreprises qui oeuvrent déjà dans des partenariats public-privé à l'étranger et ailleurs au pays.
Si les secteurs d'activité qui font l'objet de partenariats sont nombreux, les formules utilisées sont extrêmement diversifiées elles aussi. Souvent, les formules de partenariat sont fondées carrément sur le partage de risques, un concept qu'il ne faut pas hésiter à mettre de l'avant chez nous.
D'autres mettent en concurrence les employés de l'État et l'entreprise privée pour l'obtention de mandats. Chacun soumet son offre de services et la meilleure l'emporte. L'expérience démontre que les employés du secteur public l'emportent plus souvent qu'on pense, mais à des conditions qui les forcent alors à modifier leurs façons habituelles de travailler, pour améliorer leurs performances et leur efficacité.
Faisons preuve d'imagination. Comme nous avons toujours su le faire dans les grandes occasions. Inspirons-nous des succès des autres, allons-y de nos propres idées et bâtissons le Québec moderne en mettant à contribution l'ensemble de nos forces vives. Nous sommes arrivés à un tournant où l'État ne peut plus tout faire tout seul. Des choix cruciaux doivent être faits. Non pas pour bazarder des pans entiers de la société. Mais bien pour améliorer la quantité et la qualité des services offerts à meilleur coût. (...)

»» français au Québec
Landry craint un recul du français au Québec
Paul Cauchon
Le Soleil lundi 17 novembre 2003
PC Montréal - Le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, Bernard Landry, craint un recul de la langue française au Québec. Il réclame du gouvernement libéral qu'il fasse enquête. L'ancien premier ministre a évoqué cette inquiétude, hier, lors d'une table ronde sur l'héritage du père de la loi 101, Camille Laurin, au Salon du livre de Montréal. L'auteur de l'ouvrage Camille Laurin : L'Homme debout, Jean-Claude Picard, était aussi au nombre des participants. Questionné par les médias peu après la discussion, M. Landry a précisé avoir consulté des sociologues qui se disent également inquiets. C'est pourquoi il demande au gouvernement de Jean Charest de préparer une étude sur la question. Le chef du Parti québécois admet qu'on ne parle pour l'instant que d'impressions, soulignant que les questions linguistiques ne sont jamais l'objet d'une science exacte.

»» Course au leadership du PQ
Il n'y a pas le feu, pense Duceppe
Le chef du Bloc ne partage pas l'avis de Paul Bégin
Michel Corbeil
Le Soleil lundi 17 novembre 2003
Il n'y a pas lieu de tenir à la hâte un débat " sur la saison des idées " au Parti québécois - pas plus qu'il n'y en a à précipiter la formation politique de Bernard Landry dans une course à la direction avant 2005 - .
C'est ce qu'affirme Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, le parti frère du PQ sur la scène fédérale. Lors d'une rencontre éditoriale avec LE SOLEIL, M. Duceppe a indiqué qu'il ne partage pas l'opinion de Paul Bégin.
L'ex-ministre péquiste a signé une lettre ouverte où il réclame que Bernard Landry se soumette rapidement à un congrès à l'investiture. M. Bégin en a profité pour reprocher à celui qui était alors premier ministre d'avoir négligé de faire la promotion de la souveraineté du Québec.
En entrevue, Gilles Duceppe a contredit l'interprétation du péquiste qui a été associé à Jacques Parizeau lorsque ce dernier a reconstruit les bases du PQ, au milieu des années 1980. " Toutes les fois que j'ai entendu M. Landry, quel que soit le discours, je l'ai entendu parler de souveraineté. J'en ai peut-être manqué quelques-uns. Il y a peut-être des chicanes internes, mais ça fait partie du débat. "
Ce nécessaire choc des idées, il a cependant besoin de temps pour s'installer, a enchaîné Gilles Duceppe. " Le Conseil national du PQ a décidé que le congrès d'orientation se déroulera en 2005. S'ils (les militants péquistes) veulent avoir un bon congrès, de vrais débats, ils ne doivent pas faire les choses à la hâte.
" Rien ne presse, a renchéri le leader du Bloc. Ils ont le temps. Ils en ont pour trois ans encore dans l'opposition. Peut-être quatre. "
Selon lui, le fait que la " saison des idées " se déroule sur fond de course à la direction qui n'est pas déclarée ne change rien. " Si certains veulent ça, que tout ça se passe autour d'un débat d'idées, non pas de dénonciations d'individus " ou encore, a-t-il ajouté, autour d'un " concours de popularité ".
Gilles Duceppe s'est montré mal à l'aise avec la stratégie des petits pas, faite de référendums sectoriels, que préconise Pauline Marois, la députée péquiste et aspirante à une éventuelle course à la direction. " J'aimerais voir la thèse être étayée un peu plus.
" Mais je ne pense pas qu'on puisse tomber à côté (du fait) qu'à un moment donné, on (les citoyens) devra prendre une décision (sur l'avenir politique du Québec). On ne peut dire aux gens, on va agir, faire les petites choses tranquillement, sans que les gens s'en aperçoivent et, à un moment donné, la décision va être prise . "
Chose certaine, Gilles Duceppe ne se voit nullement comme successeur potentiel à Bernard Landry. " J'ai une tâche à faire (à Ottawa) et c'est ça qui me préoccupe. Ce travail sera nécessaire tant et aussi longtemps que nous ne nous serons pas donnés les moyens d'avoir un pays.
M. Duceppe a insisté pour dire que les péquistes doivent dépasser les querelles intestines. " Moi, j'aimerais qu'on puisse débattre sans chicane ", a-t-il poursuivi.
Le chef bloquiste s'est fait fort d'avancer que cela s'est produit aux belles années de la Révolution tranquille, dans les années 1960. Des ministres influents, comme René Lévesque ou Pierre Laporte, s'affrontaient dans les médias sur le strict plan des idées, a-t-il plaidé.
La tenue d'un nouveau référendum monopolise souvent la réflexion des militants du PQ, a convenu M. Duceppe. Il n'y voit rien de mal en autant " qu'avant de débattre de stratégie, il faut débattre des objectifs... Très souvent, on débat même de la tactique ", a-t-il déploré.
Élections en mai
Pour ce qui est des élections fédérales qu'il croit être lancées à la fin mai, M. Duceppe s'est fixé l'objectif d'obtenir au moins une majorité de députés au sein de la députation québécoise. Cette majorité, il l'a perdue au fil des élections complémentaires de l'actuel mandat de Jean Chrétien.
Le leader bloquiste a de nouveau suggéré que la stratégie sera d'attaquer Paul Martin. Il est revenu à la charge pour dire que les positions de M. Martin ne sont pas connues bien qu'il dirige l'agenda gouvernemental depuis des mois, " en se cachant derrière les rideaux " de la Chambre des communes.
MCorbeil@lesoleil.com

»» immigrants
Québec devra s'ouvrir à la culture de ses immigrants
Pierre-André Normandin
Le Soleil lundi 17 novembre 2003
Pour attirer un plus grand nombre d'immigrants, la Ville de Québec doit laisser les nouveaux venus " marquer le territoire " grâce à leur culture. C'est l'une des propositions avancées hier par une professeure-chercheure à l'Institut national de recherche scientifique, Annick Germain, dans le cadre du colloque sur la régionalisation de l'immigration.
Cette rencontre qui se poursuit aujourd'hui au Musée de la civilisation veut trouver des pistes de solutions au gouffre qui s'est creusé entre la métropole et la capitale de la province. Alors que 30 % de la population de Montréal est née à l'extérieur du Canada, ce ratio tombe à 3,2 % à Québec. Mme Germain, qui étudie l'insertion urbaine des nouveaux venus dans la métropole et les réactions des " natifs " face à leur arrivée, estime qu'une plus grande place doit être accordée aux affiches et à l'architecture d'autres cultures. " Il faut leur laisser la chance de s'approprier l'espace public ", dit-elle en entrevue au SOLEIL.
Annick Germain prévient également qu'il faut cesser de souffrir du " complexe de la ghettoïsation ". " Il faut accepter que les immigrants soient portés à s'installer près d'autres immigrants. " En fait, il serait plus facile de bâtir des liens avec des gens qui sont passés par le même cheminement. " À force de dire " intégrez-vous " , ça peut être perçu de façon négative. "
Cohabitation pacifique
Avec ses collègues, Annick Germain a observé dans les endroits publics de la métropole, comme les centres commerciaux et les parcs, la cohabitation entre les immigrants et les Québécois dits de souche. Elle a été fascinée de découvrir comment les deux groupes se partagent les lieux de façon pacifique sans toutefois se mélanger.
Ville traditionnellement divisée entre francophones et anglophones, Montréal permet aux nouveaux venus de trouver plus facilement un quartier où ils peuvent se développer.
De plus, ce sont surtout des Européens qui se sont implantés avant 1986 dans la métropole, facilitant leur intégration sociale. Mais l'immigration récente pose un nouveau défi puisque les non Européens dominent et amènent avec eux une culture de beaucoup différente.
Les municipalités de la région de Montréal ont d'ailleurs constaté récemment l'apparition d'un nombre impressionnant de mosquées et temples de toutes sortes auxquels la population réagit plus difficilement.
La Ville de Québec devra donc ouvrir non seulement ses portes aux immigrants, mais à leur culture si elle souhaite combler son vide démographique et s'attaquer à la pénurie de main- d'oeuvre qui pointe à l'horizon.

»» Catalogne
Victoire surprise des nationalistes catalans
Le Devoir lundi 17 novembre 2003
AFP Barcelone -- Les nationalistes catalans, au pouvoir depuis 1980, ont créé la surprise hier en arrivant en tête aux élections en Catalogne, marquées par une forte progression de la gauche indépendantiste, appelée à jouer un rôle clé dans la formation du prochain gouvernement.
Les nationalistes démocrates-chrétiens de Convergencia i Unio (CiU), avec 30,93 % des suffrages et 46 députés sur un total de 135, ont finalement devancé de 4 sièges le Parti Socialiste Catalan (PSC). Le PSC, crédité de 31,17 % des voix et 42 sièges, était pourtant donné favori dans les enquêtes d'opinion, les sondages à la sortie des urnes et même au début du dépouillement.
Plus de 5,3 millions de Catalans étaient appelés à renouveler leur parlement régional lors d'un scrutin marqué par une assez forte participation (63,39%) et rendu «historique» par le départ du président catalan sortant Jordi Pujol.
M. Pujol qui, âgé de 73 ans, prend sa retraite après 23 ans passés à la tête de cette riche région du nord-est de l'Espagne, s'est dit «immensément heureux» que son parti CiU ait remporté, à la majorité relative, les élections catalanes pour la septième fois depuis le retour de la démocratie en Espagne.
Même si CiU a remporté une victoire relative, la coalition nationaliste a toutefois perdu 10 sièges par rapport à 1999, tandis que ses adversaires socialistes en ont perdu 8).
Ces reculs des deux grandes formations ont profité aux petits partis et notamment à la gauche républicaine indépendantiste de Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) qui double pratiquement ses voix et se situe en troisième position, avec 16,47 % des suffrages et 23 députés (contre 12 en 1999). Pour sa part, le Parti Populaire (PP, droite) du chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar est crédité de 11,87 % des suffrages et de 15 sièges, soit une progression de 3 sièges par rapport à 1999, la forte hausse de ERC le reléguant toutefois au rang de quatrième force politique en Catalogne.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
TRIBUNE LIBRE Le 14 novembre 2003
COMMUNIQUÉS

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COMMUNIQUÉS Le 14 novembre 2003