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Paul Martin deviendra premier ministre du Canada le 12 décembre
ISABELLE RODRIGUE
PC 19 novembre 2003
OTTAWA (PC) - Le compte à rebours est commencé pour Paul Martin qui n'a qu'à patienter encore 24 jours avant de devenir premier ministre du Canada et présenter son premier conseil des ministres.
M. Martin a appris la nouvelle, mardi matin, lors d'une rencontre de 45 minutes, dans le bureau de Jean Chrétien. Ce premier entretien, que les deux clans ont qualifié de cordial, visait à confirmer la date de départ de M. Chrétien et surtout, de discuter des modalités de la passation du pouvoir.
"Le 12 (décembre), il sera premier ministre, a lancé M. Chrétien lors d'un bref point de presse après la rencontre. Je lui souhaite bonne chance."
Les trois semaines à venir ne seront pas de tout repos pour M. Martin, qui a plusieurs tâches à accomplir, en plus de réfléchir au contenu du prochain discours du Trône et de préparer les élections à venir.
"Nous devons nous préparer pour la passation des pouvoirs, a affirmé M. Martin, lorsque questionné sur ses priorités. La première priorité, c'est évident, est de former un cabinet et de mettre sur pied un bureau du premier ministre."
Cette courte déclaration représente l'essentiel des mots prononcés par le nouveau chef libéral, qui n'a su prendre sa place aux côtés de son ancien chef. M. Chrétien occupait tout l'espace, coupant court au point de presse en entraînant M. Martin par le bras.
Même lors de la séance de photos, dans le bureau du premier ministre, M. Chrétien a fait une démonstration de force. Lorsqu'il reçoit un visiteur dans son bureau, M. Chrétien l'invite habituellement à s'asseoir sur une chaise à ses côtés, comme dans un salon. Mardi, il trônait plutôt fièrement derrière son bureau, forçant son rival de toujours, visiblement mal à l'aise, à s'installer devant lui.
En fin de journée, lors d'un point de presse à la sortie de la réunion du conseil des ministres, le premier ministre a rejeté du revers de la main cette constatation. "Je n'ai pas empêché personne de parler, s'est-il défendu. Vous auriez dû lui poser des questions."
A l'origine, M. Chrétien ne devait partir qu'en février 2004, mais les pressions l'ont fait céder. S'il a choisi le 12 décembre c'est, explique-t-il, qu'il tient à représenter le Canada lors de la réunion des chefs d'Etat des pays du Commonwealth, au Nigéria, au début du mois de décembre.
"Je devais prendre une décision et je veux aller au sommet du Commonwealth pour plusieurs raisons (...) Et, au même moment où le futur premier ministre travaillera à former son cabinet, je ferai cette partie du travail", a indiqué M. Chrétien.
Outre les détails entourant la transition, l'accès aux dossiers préparatoires et aux hauts fonctionnaires, M. Chrétien et M. Martin se sont entendus sur la survie de trois projets de loi. Le projet de loi sur le redécoupage électoral, sur la création d'un conseiller à l'éthique indépendant, et celui sur l'accès aux médicaments à prix abordables pour les pays pauvres seront réintroduits lorsque la Chambre des communes reprendra ses travaux.
Celui sur la réforme des lois sur la marijuana n'a pas été abordé. "J'ai oublié de lui en parler", a noté M. Chrétien.
D'ici la date de son départ, le premier ministre se rendra au Nigéria, puis fera une visite éclair à Paris où il sera l'invité d'honneur d'un dîner offert par le président Jacques Chirac et inaugurera une exposition sur le 400e anniversaire de l'arrivée de Champlain en Amérique.
Les trois semaines qui lui restent lui laisseront aussi le temps de faire des nominations partisanes pour assurer un avenir à ses fidèles supporteurs, et M. Martin ne s'y opposera pas. "Le premier ministre demeure premier ministre jusqu'à son départ. Il n'y a qu'un premier ministre", s'est-il contenté de dire.
Quant à M. Chrétien, il a répété qu'il allait continuer à faire des nominations pour combler les postes vacants, comme par le passé. "Nous faisons 50 nominations par semaine. Ca dû être toute une orgie de nominations au cours des 10 dernières années", a déclaré le premier ministre.

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Chrétien tirera sa révérence le 12 décembre
Manon Cornellier
Le Devoir mercredi 19 novembre 2003
Ottawa - Le premier ministre Jean Chrétien a mis fin aux cachotteries et annoncé hier qu'il cédera sa place à Paul Martin le 12 décembre prochain, à son retour d'un voyage en Afrique et en France.
Il en a informé son successeur au cours d'une brève rencontre de 45 minutes convoquée pour mettre en branle le processus de transition menant à la passation des pouvoirs. Il s'agissait de leur premier tête-à-tête en un an et demi, soit depuis l'éviction de M. Martin du cabinet en juin 2002.
M. Chrétien avait annoncé, en août 2002, qu'il prendrait sa retraite en février 2004, mais il a commencé cet été à ouvrir la porte à un départ plus rapide. La pression pour mettre fin le plus rapidement possible à la cohabitation entre les deux hommes a fait le reste.
Sa sortie aura finalement duré 16 mois. «Je n'ai pas changé d'idée», a-t-il dit hier. Il a expliqué qu'il voulait mettre en branle son programme et qu'il estimait y être parvenu, à part quelques projets de loi morts au feuilleton à la suite de sa propre décision de proroger les travaux parlementaires. «La réalité est que l'appartement est prêt. Le lit est fait», a-t-il ajouté en boutade.
M. Chrétien a offert à M. Martin de choisir le moment approprié pour la passation des pouvoirs, mais ce dernier a indiqué qu'il revenait au premier ministre de trancher. Celui-ci l'a fait avec deux objectifs en tête: participer au sommet du Commonwealth qui se tiendra à Abuja, au Nigeria, du 4 au 8 décembre, et assister le 9 décembre, à Paris, à un dîner donné en son honneur par le président français Jacques Chirac afin de «marquer l'excellence des relations» entre les deux pays, d'expliquer un de ses porte-parole, Stephen Hogue.
«J'ai cru que, pendant que le futur premier ministre formait son cabinet, je pouvais faire cette partie du travail. Alors il pourra être le premier ministre le 12», a indiqué M. Chrétien à la presse. Il a par ailleurs indiqué que M. Martin avait l'intention, quand le Parlement reprendrait ses travaux, de présenter de nouveau les projets de loi sur la nouvelle carte électorale, le commissaire à l'éthique et la vente de médicaments génériques aux pays pauvres aux prises avec des épidémies.
Pour M. Martin, qui a été élu chef du Parti libéral du Canada vendredi, les priorités pour les trois prochaines semaines seront la formation de son cabinet, lequel devra être assermenté le 12 décembre, et la sélection du personnel du bureau du premier ministre. La préparation du discours du Trône prendra plus de temps et a d'ailleurs été confiée une autre équipe.
Le travail de l'équipe de transition a rapidement commencé. Dès hier matin, M. Martin et le greffier du Conseil privé, Alex Himelfarb, se sont rencontrés pendant plus d'une heure pour établir leur plan d'action. Le débrouissaillage des dossiers commencera dès aujourd'hui, l'équipe Martin ayant enfin le droit de consulter les dossiers préparés par les fonctionnaires. Selon un de ses porte-parole, Brian Guest, Paul Martin assistera au plus grand nombre de réunions possible avec les fonctionnaires.
La formation du cabinet sera un défi car nombre de députés espèrent enfin accéder au cabinet alors que plusieurs ministres sortants promettent de se représenter aux prochaines élections, même si tout annonce qu'ils seront éjectés du cabinet le 12 décembre.
Paul Martin veut incarner le changement et prendre ses distances des symboles de l'ère Chrétien. Par conséquent, on accorde peu de chance aux ministres les plus identifiés à son règne. On pense entre autres à Herb Dhaliwal, Sheila Copps, John Manley, Don Boudria, Jane Stewart, David Collenette, Stéphane Dion ou Martin Cauchon.
Plusieurs prévoient malgré tout se représenter. MM. Dion et Boudria l'ont fait savoir récemment. Mme Copps l'a confirmé vendredi, après avoir concédé la victoire à Paul Martin dans la course au leadership. M. Dhaliwal a manifesté son intention d'être candidat hier, juste avant d'assister à une des dernières réunions du cabinet Chrétien.
La rencontre entre MM. Chrétien et Martin, attendue depuis longtemps, a démarré sur une drôle de note. Déterminé à montrer qu'il resterait le patron jusqu'au dernier jour, M. Chrétien a reçu les caméras mais, contrairement à son habitude, il ne les a pas attendues debout, flanqué de son invité. Il est resté assis à son bureau, face à un Paul Martin plus ou moins à l'aise.
Durant le point de presse qui a suivi, même attitude. Son directeur des communications avait eu beau lui faire signe de céder la parole à M. Martin, le premier ministre a pris tout le plancher, ne laissant à son successeur que quelques secondes pour répondre à deux questions.
Un journaliste voulait savoir entre autres si M. Chrétien pourrait profiter des trois prochaines semaines pour faire des nominations. Paul Martin a répliqué que le premier ministre restait premier ministre jusqu'au 12 décembre.

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Le manque de classe du "petit ''bum'' de Shawinigan"
Michel Vastel
Le Soleil mercredi 19 novembre 2003
Après avoir exigé tous les honneurs attribués à son rang de chef de gouvernement, après en avoir abusé à l'occasion, Jean Chrétien disparaît comme il a toujours vécu : animé du plus profond mépris pour ceux qui auront occupé sa haute fonction, avant et après lui.
Le premier ministre avait déjà choqué les observateurs de la scène politique en se conduisant de façon mesquine et revancharde à l'égard de Brian Mulroney. Non seulement avait-il tenté de discréditer la fonction de premier ministre lors de "l'affaire Airbus", il s'était montré d'une mesquinerie sans précédent lors de la visite à Ottawa de Nelson Mandela. Pourtant, s'il est une noble action de M. Mulroney c'est bien sa contribution, dans toutes les instances internationales, au démantèlement du régime de l'apartheid en Afrique du sud.
Voilà qu'hier, celui qu'il faudra désormais appeler le "petit bum de Shawinigan", en a remis encore davantage avec son successeur désigné, Paul Martin. L'interrompant brutalement, ne laissant pas les journalistes lui poser une seule question, l'entraînant presque de force loin des micros, monsieur Chrétien s'est conduit à l'égard de son successeur de façon ignoble. Et prétentieuse de surcroît : "Je suis premier ministre jusqu'à ce que je ne le sois plus [le 12 décembre]", alors que ce n'est même plus tout à fait vrai au plan constitutionnel. Dès hier après-midi, le greffier du conseil privé a mis au service du nouveau premier ministre tout l'appareil fédéral. [En fait, la GRC a même commencé à l'encadrer comme un chef de gouvernement dès la confirmation de son élection à la direction du Parti libéral, vendredi dernier à Toronto.]
Le comportement du premier ministre sortant - ou "sorti" ? - fut tellement embarrassant que ses conseillers ont fait retourner les deux hommes devant le bureau du Parlement où ils se rencontraient pour la poignée de main traditionnelle ! Et alors que, tout naturellement, les journalistes voulaient interroger le nouveau chef de gouvernement sur ses priorités pendant la transition de quatre semaines qui s'amorce, Jean Chrétien mit fin brutalement à la conférence de presse après seulement sept minutes. La solennité du moment - un changement de la garde tout de même... - en aura pris un coup !
C'est dire le mépris que cet homme nourrit à l'égard de toutes les institutions, l'exécutif comme le législatif. Parlant en effet de ses relations avec Paul Martin après son expulsion du cabinet, Jean Chrétien a déclaré : "Nous avons eu quelques rencontres sociales, mais c'était un backbencher - un simple député - et il n'y avait RIEN à transiger avec lui..." Voilà comment un chef de gouvernement devenu despote parle de ses députés qui pourtant, en assez grand nombre pour former une majorité, lui ont permis d'exercer le pouvoir pendant 10 ans !
Il est d'autant plus navrant que Jean Chrétien ait adopté ce comportement disgracieux qu'il a écrit, pour Paul Martin, le meilleur scénario de transition que celui-ci pouvait attendre. Le délai pour laisser le pouvoir à son successeur - trois semaines et demie au lieu de deux - est certes un peu long, mais, tout compte fait, il arrange Martin. Celui-ci n'avait pas intérêt à prendre le pouvoir trop tôt et se retrouver dans l'obligation de convoquer le Parlement pour faire adopter les trois projets de loi qu'il a promis de reprendre à son compte - sur les limites des circonscriptions électorales, sur la vente de médicaments génériques aux pays en développement, et sur la nomination d'un conseiller à l'éthique indépendant. Et il n'avait rien à gagner à participer au Sommet du Commonwealth.
Le calendrier retenu par Jean Chrétien permet plutôt à Paul Martin de former sans hâte son cabinet et son bureau de premier ministre et surtout d'entamer la réforme de l'administration fédérale qu'il envisage. Ainsi, le 12 décembre et probablement pour six ou sept semaines, les nouveaux ministres et leurs sous-ministres auront tout le temps de se préparer à faire face au Parlement. Et Paul Martin aura tout le temps de préparer un discours du Trône qui aura inévitablement des allures de programme électoral.
La première grande sortie du nouveau premier ministre sera donc au Sommet des Amériques, au Mexique, et sa rencontre avec le président George W. Bush : cela ne pouvait mieux tomber alors qu'à Ottawa comme à Washington on veut tourner la page sur les tensions qui existaient avec le gouvernement de M. Chrétien.
Tout est donc bien qui finit bien !
À partir d'aujourd'hui, ce que fera Jean Chrétien importe peu. À défaut de catastrophe, il n'y a plus grand-chose qu'il lui reste à faire puisque le Parlement a voté les crédits pour permettre au gouvernement de fonctionner normalement. Le seul dommage que le premier ministre puisse encore faire, ce serait de se lancer dans une orgie de nominations politiques, à l'exemple de ce que fit Pierre Elliott Trudeau en 1984. Même en de telles circonstances, il aurait l'obligation de consulter son successeur, et le gouverneur général aurait le pouvoir d'empêcher tout excès.
Si c'est la dernière image que Jean Chrétien voulait laisser de son long séjour en politique et de son règne de 10 ans à la tête du gouvernement, c'est vraiment raté ! Souvenez-vous du départ élégant de Pierre Trudeau dans son coupé Mercedes - allant rencontrer une jolie femme pour passer le week-end avec elle ! - , ou de Brian Mulroney dans sa jeep Cherokee - qu'il avait bien du mal à conduire d'ailleurs !
Il y avait, dans ces départs, une image de bonhomie rafraîchissante. Dans le cas de Jean Chrétien, on a l'impression que s'il lui prenait l'idée de faire du pouce pour quitter la résidence du gouverneur général du Canada, aucun automobiliste ne s'arrêterait pour lui proposer un petit bout de conduite...
MVastel@lesoleil.com

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Un seul Canada
Manon Cornellier
Le Devoir mercredi 19 novembre 2003
Au cours des dernières années, il n'était pas rare d'entendre certains commentateurs craindre une éventuelle mollesse de Paul Martin à l'égard du Québec, et en particulier, des fédéralistes nationalistes. Ils citaient son éternel discours en faveur de meilleurs rapports avec les provinces, sa défense passée de l'Accord du lac Meech, ses réticences alléguées à l'endroit de la loi sur la clarté.
Le congrès de la semaine dernière a dû les rassurer. Pas parce que Paul Martin a abandonné ses rêves de bonne entente, loin de là, mais parce que le discours qu'il a tenu vendredi dernier et le document de réflexion qu'il a diffusé samedi ont levé le voile sur une vision canadienne qui fait peu de cas de la différence québécoise.
On ne peut reprocher à un homme qui deviendra premier ministre du Canada d'être un fervent nationaliste canadien. Mais rien ne l'oblige, pour ce faire, à ignorer, comme il l'a fait, le caractère plurinational du Canada. L'ancien chef conservateur Joe Clark a déjà prouvé qu'il est possible de réconcilier ces réalités. Tout au long de sa carrière, il a présenté le Canada comme une «communauté de communautés».
Le nouveau chef libéral, lui, n'a pas cherché à le faire vendredi ou dans le document diffusé samedi. Il n'y parle jamais des autochtones comme de Premières Nations. Il n'évoque jamais le caractère distinct du Québec qu'il avait défendu si farouchement en 1990 quand il se faisait l'apôtre de l'Accord du lac Meech. La notion de peuples fondateurs est tout aussi absente.
En fait, tous les concepts qu'il a utilisés en fin de semaine ont clairement été développés d'un point de vue canadien-anglais. Le vocabulaire employé illustre la différence de charge émotive et symbolique de ses messages anglais et français. Les mots «nation» et «peuple», utilisés en anglais, cèdent le pas au mot «pays» en français. L'expression «projet canadien» sert, en français, de solution de rechange aux mots «canadianness» (canadianité), «nationhood» (nationalité, existence en tant que nation), «national endeavor» (effort national). Ce qui est percutant en anglais prend souvent des allures de formule rhétorique en français.
L'affaire va au-delà d'une question de traduction. Ce qui transpire est une certaine conception du pays. Selon lui, «le vieux problème de l'insécurité de l'identité canadienne» qui forçait les gens à choisir «entre nos diverses origines et le projet canadien [canadianness, en anglais]» s'est beaucoup résorbé. «Aujourd'hui, nous savons qui nous sommes. Une nouvelle attitude s'installe, une attitude plus conforme à notre diversité, notre dualité linguistique, notre société pluraliste, en fait à toute l'expérience que nous avons amenée plus loin que tout autre pays dans le monde», écrit-il.
Les identités nationales québécoise et autochtone, qui cherchent toujours leur pleine reconnaissance, ne sont pas mentionnées. Ces différences sont amalgamées aux autres, linguistiques, culturelles ou régionales. Les «aspirations du Québec», qu'il mentionne à une seule occasion dans son document, n'ont droit à aucune réponse particulière.
En fait, M. Martin se rabat sur ses solutions habituelles, comme la réforme parlementaire. Selon lui, le peu de pouvoirs des députés fédéraux explique le fait que les Canadiens se tournent vers les gouvernements provinciaux pour défendre leurs intérêts. «Les citoyens en viennent à considérer leurs gouvernements provinciaux comme étant les seuls véhicules pour exprimer et répondre aux préoccupations régionales. Malheureusement, cela amène les batailles fédérales-provinciales à être le principal forum dans lequel les régions du pays s'expriment. Une des raisons qui justifient la réforme du Parlement est d'amener les préoccupations et les questions régionales au coeur même du gouvernement national.»
Cette analyse fait fi de la présence à Ottawa des partis régionaux bloquiste et allianciste, mais pire, de la réalité québécoise. L'Assemblée nationale est plus qu'un Parlement régional. Les Québécois s'y identifient parce qu'elle est leur miroir, leur lieu de promotion et de défense de leur caractère distinct, le seul centre de décision où ils sont majoritaires, l'unique assemblée francophone d'Amérique du Nord.
Il est d'ailleurs préoccupant, pour le Québec, d'entendre Paul Martin, non pas vouloir avoir de meilleurs rapports avec les villes, mais de les présenter souvent comme si celles-ci étaient, à bien des égards, sur le même pied que les provinces en matière de relations intergouvernementales.
M. Martin veut, et c'est louable, insuffler confiance et fierté aux Canadiens et tel était le but de son discours de vendredi soir. Mais de là à dire, dans son document, que l'unité du pays sera mieux préservée par une mobilisation des gens autour d'un projet commun que par «l'entremise d'exercices formels de redistribution des pouvoirs», il y a une marge. Il aura besoin des deux. Personne ne rêve d'une nouvelle ronde constitutionnelle dans l'immédiat, mais il reste que le Québec n'a toujours pas signé la Constitution de 1982 et que des problèmes d'empiétement persistent.
Ce n'est pas sa préoccupation pour l'instant. «Il y a des intérêts provinciaux que [les premiers ministres] défendront alors que le gouvernement fédéral doit représenter les intérêts nationaux. Le fait est qu'il n'y a que des priorités nationales, lesquelles doivent englober les priorités provinciales et nationales», a-t-il dit samedi avant de se rendre à Regina.
Une seule nation, un seul projet, celui d'«affirmer la pertinence du gouvernement national, la pertinence et l'intégrité de notre communauté nationale elle-même, par la réussite à l'échelle nationale». La solution de Paul Martin semble s'accorder, pour l'instant du moins, avec la banalisation des différences.
mcornellier@ledevoir.com

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Les parties à trois de Martin
J.-Jacques Samson
Le Soleil mercredi 19 novembre 2003
Éditorial - Paul Martin n'est pas encore installé dans le fauteuil du premier ministre du Canada qu'il sème déjà gauchement la pagaille dans les relations fédérales-provinciales avec ses intentions de créer un nouveau forum réunissant le premier ministre fédéral, les premiers ministres des provinces et les maires des grandes villes du pays.
Au Québec, un ami personnel, ex-ministre libéral fédéral devenu maire de Longueuil, Jacques Olivier, peaufine un projet de conférence tripartite, Ottawa-Québec-municipalités. Le fédéral serait appelé à participer au financement de quatre grands secteurs : le développement économique, l'environnement, les infrastructures et le logement social. Ces têtes de chapitre sont suffisamment larges pour englober aussi bien le transport en commun que les réseaux de distribution de l'eau potable, très mal en point dans plusieurs municipalités. Tout peut y passer ou presque.
La Loi constitutionnelle est pourtant claire : les affaires municipales sont dans la liste des champs de compétence des provinces, au même titre que l'éducation et la santé dans lesquelles Ottawa s'est pourtant allègrement ingéré ces dernières années. Les municipalités sont des créatures des provinces, a d'ailleurs rappelé la Cour d'appel durant le débat sur les fusions municipales. Ottawa violerait l'esprit et la lettre de la Constitution en faisant des maires des grandes villes des interlocuteurs directs ou seulement des partenaires au même titre que les premiers ministres provinciaux.
Mais au-delà des questions de principe en cause, une invitation à certains élus municipaux à une nouvelle table tripartite conduit à un affaiblissement inacceptable du pouvoir des provinces, sinon à court-circuiter tout simplement les gouvernements provinciaux, représentants de l'ensemble des citoyens de leur territoire. Jean Charest, qui orchestre la mise sur pied d'une nouvelle instance interprovinciale, le Conseil de la fédération, dans le but d'établir un meilleur rapport de force entre Ottawa et les provinces, se fait particulièrement tirer le tapis sous les pieds.
Un financement direct d'Ottawa pour des activités municipales pose en plus des problèmes d'équité. Les responsabilités qui leur sont déléguées varient souvent d'une province à l'autre, ce qui fait que leurs besoins et leurs sources de revenus ne sont pas identiques. Seuls les gouvernements des provinces peuvent partager les crédits disponibles équitablement selon les priorités établies et les charges des municipalités. Nous ne souhaitons tout de même pas revenir à des choix discrétionnaires d'Ottawa, selon la couleur politique de chaque maire, le gigot pour Jacques Olivier et les miettes de pain pour un Jean-Paul L'Allier !
Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, marchait sur des oeufs hier matin, lors d'une entrevue. Il cherchait à éviter de prêter des intentions malveillantes à Paul Martin et à Jacques Olivier, dont les projets sont embryonnaires, mais il voulait en même temps être bien compris et suffisamment ferme. Il est hors de question que des maires siègent à quelque conférence tripartite sur un pied d'égalité avec les chefs des gouvernements provinciaux et des territoires. La compétence constitutionnelle du Québec est "claire, incontournable et non négociable."
La tentation pourrait être forte pour un maire de répondre à une invitation de Paul Martin et d'accepter ensuite un gros chèque portant une feuille d'érable. En dernier ressort, il existe une loi québécoise qui interdit aux villes d'encaisser des sommes provenant du fédéral sans l'accord du gouvernement québécois et elle sera utilisée, si besoin est.
Paul Martin n'est peut-être pas animé par la même recherche obsessionnelle de visibilité pour le gouvernement fédéral que Jean Chrétien l'était. Le nouveau chef du PLC a été très actif dans diverses organisations internationales à caractère économique, et on le dit très préoccupé par la qualité de vie des Canadiens, l'un des critères retenus dans le classement des pays, par l'OCDE par exemple. Or cette qualité de vie passe pour beaucoup par des services dispensés par les municipalités. Une fiscalité municipale non appropriée ne permet pas à plusieurs d'améliorer leurs services. Ottawa sent donc le besoin d'intervenir. Si les intentions de Paul Martin sont véritablement plus nobles que celles de Jean Chrétien, il est toutefois bien facile de poursuivre le même objectif, tout en respectant les champs de compétence des provinces. Il suffit que l'argent soit dirigé vers les gouvernements provinciaux qui le redistribuera.
Le ministre Benoît Pelletier a par ailleurs eu un éclair à la fin de notre discussion hier : n'y a-t-il pas là une autre confirmation de l'existence d'un déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces ? Paul Martin, qui a toujours nié cette réalité, devra inventer une nouvelle pirouette pour répondre à sa question.
JJSamson@lesoleil.com

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Financement des infrastructures municipales :
Charest rejette l'idée d'une conférence tripartite
Robert Dutrisac
Le Devoir mercredi 19 novembre 2003
Québec - Craignant l'empiétement du gouvernement fédéral sur les champs de compétence du Québec, le premier ministre Jean Charest a rejeté l'idée de tenir une conférence fédérale-provinciale-municipale sur le financement des infrastructures.
Certains maires souhaitent qu'Ottawa, Québec et les représentants du monde municipal s'assoient à la même table afin de s'entendre sur une formule pour financer les infrastructures des villes comme le voudrait, d'ailleurs, le nouveau chef du Parti libéral du Canada et futur premier ministre, Paul Martin.
Lors d'une rencontre qu'il a eue avec les huit maires des grandes villes fusionnées il y a deux semaines à Québec, Jean Charest leur a dit que son gouvernement n'accepterait pas de participer à une telle conférence tripartite. «J'ai informé [...] les huit maires des municipalités, parce que je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïtés [...], qu'il n'était pas question de conférences fédérales-provinciales-municipales», a-t-il affirmé, hier, lorsque interrogé par le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, à l'Assemblée nationale.
M. Charest préconise plutôt la formule des ententes fédérales-provinciales comme les gouvernements libéraux et péquistes en ont signé dans le passé. «Sur la question des compétences, j'ai l'intention d'être très, très, très vigilant», a dit M. Charest. Fait assez rare, le premier ministre a eu droit aux applaudissements de députés de l'opposition officielle, dont Bernard Landry.
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, un proche de Paul Martin, se montre «très ouvert à une participation à une conférence tripartite», a mentionné hier son attachée de presse, Sylvie Bachand. M. Vaillancourt est d'ailleurs au courant que le maire de Longueuil, Jacques Olivier, travaille sur un rapport qui doit être remis bientôt à Paul Martin, a-t-elle ajouté. Ce rapport recommanderait que les villes participent directement aux négociations avec Ottawa et Québec. Au cabinet de M. Olivier, on ne veut toutefois pas confirmer la venue prochaine de ce rapport.
Selon La Presse, le maire de Longueuil a mis sur pied il y a près de six mois un groupe de travail pour définir une nouvelle collaboration entre Ottawa, Québec et les municipalités. Le rapport recommanderait que le fédéral utilise son pouvoir de dépenser pour investir dans trois champs, outre celui des infrastructures: le développement économique, le logement social et l'environnement, ce qui comprend les transports en commun. Il reprendrait la recommandation de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) que soient versés cinq cents de la taxe sur l'essence pour chaque litre vendu, soit une somme de 625 millions pour l'ensemble des municipalités du Québec.

»» La réforme de la santé et des affaires sociales
L'illusion de la structurite
Jacques Roy
L'auteur est professeur au Cégep de Sainte-Foy. Comme chercheur, il a oeuvré de nombreuses années dans le secteur de la santé et des services sociaux.
Le Soleil mercredi 19 novembre 2003
Le constat posé par le ministre Couillard pour justifier la réforme qu'il propose n'est pas nécessairement erroné. Cependant, il est incomplet en omettant certains préalables et il est porteur de conséquences, notamment sur le plan de la prévention et de l'intégration du volet social et de celui de la santé dans les programmes en CLSC.
Le projet de réforme soumis inscrit le désengorgement des urgences comme la préoccupation centrale du système de santé. Le ministre Couillard n'en fait pas mystère : il estime que le gouvernement sera jugé sur sa capacité à résoudre le problème des urgences. Visibilité politique oblige !
Afin de rendre plus "efficace" le réseau de la santé et des services sociaux, la réforme met de l'avant le projet de fusion des CLSC et des CHSLD avec les hôpitaux (sauf exception, notamment les centres hospitaliers universitaires à vocation spécifique). De cette manière, le ministre entrevoit un arrimage plus fonctionnel entre les divers services de ces établissements où le citoyen en dernière analyse serait "mieux" servi.
Cette perspective occulte un préalable de base : depuis plus de 10 ans déjà, différents rapports et études, de la Commission Rochon (1988) aux récents rapports Clair et Romanow n'ont eu de cesse de souligner l'importance de développer les services de première ligne pour qu'ils puissent générer un impact réel sur l'hébergement institutionnel, l'hospitalisation et les urgences.
Ainsi les services de soutien à domicile, s'adressant principalement aux personnes âgées mais aussi à d'autres clientèles du réseau, devraient voir leurs ressources multipliées par deux ou trois selon les experts pour avoir un effet tangible sur la consommation des services hospitaliers et d'hébergement. L'expérience des services intensifs de maintien à domicile (SIMAD), implantées en 1986 par une autre ministre libérale (Thérèse Lavoie-Roux) pour désengorger les urgences des hôpitaux de courte durée, avait pourtant démontré que des services intensifs de première ligne pouvaient se traduire par une baisse significative de l'achalandage en centre hospitalier ou en centre d'hébergement. Des travaux de recherche ont eu l'occasion de documenter l'impact de ces services de première ligne sur ces dimensions.
Au lieu de fournir une véritable chance aux services de première ligne en leur accordant la priorité sur le plan de l'allocation des ressources, le ministre Couillard s'inscrit plutôt dans la tradition historique que l'on connaît où la transformation des structures (à défaut d'investissements massifs ciblés) n'a généralement que peu d'effet sur la trame de fond qui explique la pression exercée sur les urgences, les centres hospitaliers et les centres d'hébergement.
La fusion interétablissements que propose la réforme, peut compromettre par ailleurs la dimension sociale et préventive qui faisait des CLSC au Québec un réseau unique en Occident où une gamme de services intègre à la fois la dimension sociale et celle de la santé. La dualité sociale/santé est l'une des composantes du système qu'il faudrait plutôt renforcer dans l'avenir au regard des problématiques multiples des clientèles du réseau selon les recherches existantes.
Là, il existe un réel danger que les préoccupations premières que l'on retrouvait en CLSC soient inféodées à des impératifs tenant de la gestion hospitalière, à des problèmes identifiés comme prioritaires par l'hôpital à la faveur des fusions. On pourrait alors assister à un renversement de perspective où, plutôt que de procéder à des analyses et à des interventions plus globales misant sur les causes et les facteurs de risque, on développe progressivement un corridor de services axés prioritairement sur un certain nombre de problèmes (ou d'obsessions) plus immédiats et, surtout, plus visibles, sans voir les ramifications sociales plus larges qui conditionnent la santé.
Un des problèmes tient au fait que le sort des jeunes de la rue, celui des ex-patients psychiatriques qui errent dans la cité ou celui des aidants naturels épuisés de se substituer à l'État auprès de parents affectés par la démence et autres problèmes aigus à domicile, sont en bonne partie "invisibles" pour l'opinion publique. Celle-ci est alertée au contraire par les moindres soubresauts des urgences par les médias. Et ce qui est "visible" meuble l'intérêt du politique au détriment de l'importance de certains enjeux qui, paradoxalement, peuvent expliquer précisément la face visible du système. Car nul ne doute qu'un jeune suicidaire ou toxicomane, qu'un ex-patient psychiatrique en crise ou que des aidants naturels en burn-out aigu, puissent prendre la route de l'urgence éventuellement.
À l'instar du mythe de Sisyphe de Camus, le ministre Couillard s'expose par son projet de réforme à soulever la même pierre qui, invariablement, retournera à la case départ, faute d'avoir opéré un véritable virage en faveur de la première ligne comme le répète l'écho des recherches depuis 20 ans sur le sujet et comme le suggère l'expérience de pays européens en la matière. Le rendez-vous des structures n'est pas le bon !

»» Rencontre des premiers ministres à Regina
Charest n'a pas fait mieux que les Alouettes, dit Landry
Martin Ouellet
PC mercredi 19 novembre 2003
Québec - Comme les Alouettes de Montréal, le premier ministre Jean Charest est revenu les mains vides de Regina dimanche, à l'issue de sa rencontre avec Paul Martin, a soutenu hier le chef péquiste Bernard Landry.
«Il n'a rien gagné, comme les Alouettes. Contrairement aux Alouettes, il n'a pas combattu. Les Alouettes ont été tristes et, lui, il était réjoui», a-t-il dénoncé à l'Assemblée nationale.
M. Landry s'est inspiré de la défaite de l'équipe montréalaise de football au match de la coupe Grey pour critiquer la confiance enthousiaste qu'affiche M. Charest à l'égard de M. Martin, qui deviendra premier ministre du Canada le 12 décembre.
«Pourquoi le premier ministre est-il aussi candidement optimiste? Est-ce que c'est parce que le premier ministre du Canada, dans quelques jours, est un homme qui ne reconnaîtra pas le déséquilibre fiscal?», a demandé M.Landry.
L'arrivée de M. Martin à la tête du pays annonce pourtant des jours sombres pour le Québec, a poursuivi le chef du PQ, dans une attaque tous azimuts contre le prochain premier ministre.
«Voilà un homme, a-t-il rappelé, qui a refusé de remettre au Québec les deux milliards de dollars qu'il lui doit pour compenser la TPS. Un homme qui a réglé son déficit fédéral sur le dos des provinces à hauteur de 80 %.»
À cela s'ajoute la volonté affichée de Paul Martin de conclure un «nouveau pacte» avec les municipalités canadiennes afin qu'elles bénéficient d'un financement plus fiable et prévisible.
M. Landry s'étonne, par conséquent, de ne pas voir Jean Charest monter aux barricades et déchirer sa chemise contre l'intention du chef libéral fédéral d'envahir «les juridictions essentielles des provinces et, ainsi, de notre gouvernement national».
S'il est tout à fait ouvert à des ententes tripartites sur le financement des infrastructures municipales, le gouvernement du Québec n'acceptera jamais de céder un pouce de sa compétence, a assuré M. Charest.
Les municipalités ont beau être des «partenaires», elles demeurent néanmoins «des créatures» du gouvernement.
«J'ai dit au futur premier ministre et à tous les autres premiers ministres qu'il n'était pas question que le Québec participe à des conférences fédérales-provinciales-municipales. Je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïtés sur cette question-là.»
Sommé par le chef de l'opposition de répéter «trois fois» que les transferts fédéraux devront se faire dans le respect absolu des compétences et, par-dessus tout, sans condition, le premier ministre a répondu qu'il n'avait pas l'intention de réciter les éternels «mantras» antifédéralistes des péquistes.
«Ce n'est pas le style du gouvernement. C'est peut-être le style de l'opposition officielle. Ils aiment beaucoup le mot "national", puis le mot "conservateur", puis "Westmount" entre autres, ils pensent qu'il y a un effet magique là-dedans», a sèchement répliqué M. Charest.
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
La communication collective
TRIBUNE LIBRE Le 19 novembre 2003
Québec, le 4 novembre 2003
Chers compagnons et compagnes
du combat national québécois,
Vous trouverez, avec la présente, une fiche informative concernant un nouveau livre qui vient de paraître, La communication collective . Cet ouvrage écrit par les psychosociologues Jean Routhier et Alice Labrèque, explique l’approche qui aurait pu et dû être utilisée avec succès pour permettre la libération du désir collectif d’indépendance de notre peuple.
C’est en s’inspirant de cette méthode, sans la connaître vraiment dans les détails, que l’ancien conseiller spécial de Jacques Parizeau, Jean-François Lisée, avait conçu le projet des Commissions itinérantes sur l’avenir du Québec en prévision du référendum de 1998. Malheureusement, l’ignorance de la méthode et la peur des décideurs d’explorer des avenues innovatrices ont fait en sorte que les fruits escomptés n’ont pas été aussi nombreux et aussi mûrs qu’ils auraient pu l’être.
Faut-il le rappeler, notre combat en est essentiellement un de communication. Les dirigeants du mouvement souverainiste doivent oser sortir des sentiers battus et intégrer les connaissances scientifiques sur les comportements collectifs autant que sur l’inconscient collectif. Nos approches communicationnelles se sont toujours inscrites dans une approche traditionnelle fondée sur une compréhension superficielle de la dynamique psychique de notre collectivité nationale. Sans compter que nous ne devons pas craindre de nous questionner sur nos façons d’aborder et d’exercer le leadership, le pouvoir et l’autorité puisque cela a une énorme influence dans le processus de communication avec la population.
Au moment où nous cherchons le chemin qui pourrait nous conduire vers le pays désiré, ce livre devrait vous intéresser et vous questionner.
Bonne lecture et au plaisir de recevoir vos commentaires.
Amicalement,
Jean-Pierre Charbonneau
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
COMMUNIQUÉS Le 18 novembre 2003