
»» la souveraineté et rien d'autre
Jean-Pierre Charbonneau passe du côté des purs et durs
Robert Dutrisac
Le Devoir vendredi 28 novembre 2003
Québec - Considéré comme un des députés du Parti québécois les plus confédéralistes, Jean-Pierre Charbonneau est maintenant membre du Rassemblement pour l'indépendance du Québec (RIQ), un mouvement qui fait la promotion de l'indépendance pure et simple sans partenariat avec le Canada.
C'est au printemps dernier, après la défaite électorale du PQ, que M. Charbonneau est devenu le premier élu péquiste à se joindre au RIQ. Le député de Borduas participera demain à une «assemblée citoyenne» organisée par le mouvement à la Maison Duvernay à Montréal. Ardent défenseur de l'Union confédérale de Bernard Landry, M. Charbonneau a changé d'idée. «On tirait souvent dans nos buts en parlant de partenariat et en le mettant à l'avant-scène. On consolidait la résistance inconsciente des gens et l'ambivalence», a expliqué hier M. Charbonneau. «Ça envoyait un message équivoque.»
Le RIQ est né d'un schisme au sein du PQ alors que des militants s'opposaient à l'inclusion dans le programme du parti de la notion de partenariat au Conseil national de mai 2000. Battus en brèche par les fidèles de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, ces militants ont claqué la porte pour former le RIQ en décembre de la même année. Le regroupement, qui préconise de «penser le pays du Québec indépendamment du Canada», compte environ 600 membres.
Le député de Beauharnois, Serge Deslières, songe aussi à rejoindre le RIQ et participera à l'assemblée de demain. Neuf députés du Bloc québécois sont déjà membres du RIQ, soit Christiane Gagnon, Marcel Gagnon, Roger Gaudet, Richard Marceau, Pauline Picard, Louis Plamondon, Yves Rocheleau, Jean-Yves Roy et Suzanne Tremblay, ainsi que la vice-présidente du Bloc, Hélène Alarie. Jacques Parizeau, qui conseille le Bloc, doit être présent à titre d'observateur demain.
À cette occasion, le directeur de l'Action nationale, Robert Laplante, proposera que le prochain référendum sur la souveraineté porte sur l'adoption de la constitution d'un Québec souverain. Si le OUI l'emporte lors de cette consultation, l'indépendance sera promulguée par le gouvernement avec une constitution déjà prête.
M. Charbonneau estime que la tendance dominante au sein de la députation péquiste, c'est que le PQ se présente aux prochaines élections en proposant clairement de faire la souveraineté au cours du mandat sans chercher à gouverner un État provincial.

»» Projet de loi sur la sous-traitance
Amendement au Code du travail :
Le Barreau invite Québec à se donner du temps
Gilles Normand
La Presse vendredi 28 novembre 2003
Québec - Le Barreau du Québec presse le gouvernement Charest de prendre le temps nécessaire pour retravailler le projet de loi 31 amendant le Code du travail de manière à favoriser le recours à la sous-traitance.
Ce projet de loi, qui a provoqué l'ire des syndicats la veille, a donné lieu à des échanges plus sereins en commission parlementaire, hier, alors que les professeurs Noël Mallette et Pierre Fortin, de l'Université du Québec à Montréal, et Fernand Morin, de l'Université Laval, ont attiré l'attention du parrain du projet de loi, le ministre du Travail Michel Després, sur la nécessité de le rendre plus précis pour éviter qu'il ne donne constamment lieu à interprétation.
En soirée, le Barreau du Québec, par la voie de Me Marie-France Bich, présidente du comité sur le droit du travail, et de Me Marc Sauvé, du service de recherche et de législation, abondait dans le même sens, invitant le législateur à "prendre le temps nécessaire pour revoir le libellé de ces dispositions législatives importantes".
"Le Barreau est d'avis que ce projet de loi, s'il est adopté tel quel, sera de nature à faire naître une multitude de contestations et ouvrira la porte à de nombreux litiges inutiles", soutient pour sa part le bâtonnier Pierre Gagnon, dans une lettre au ministre Després.
Précisant qu'il ne lui appartient pas de se prononcer sur les décisions d'opportunité et sur les choix politiques qui ont présidé à la présentation de ce projet de loi à l'Assemblée nationale, Me Gagnon exprime l'avis qu'il comporte des dispositions "dont le libellé soulève de nombreuses questions d'interprétation et d'application".
Si le projet de loi 31 est adopté tel que rédigé, les tribunaux auront à se pencher sur la portée de certains mots et sur la notion de "la plupart des autres éléments caractéristiques de la partie d'entreprise visée".
"Ces mots sont de nature à susciter de nombreux problèmes d'interprétation et d'application, problèmes qui ne pourront être résolus qu'au cas par cas. La jurisprudence sera d'autant plus difficile à établir que chacune des causes reposera essentiellement sur des éléments factuels. Ces expressions trouvent une certaine pertinence dans des secteurs à haute technologie ou comportant de multiples fonctions complexes, mais se comprennent difficilement pour les autres types d'entreprises", estime le bâtonnier.
Il ajoute même que, compte tenu des impacts potentiels que pourront entraîner les dispositions proposées et des importants problèmes d'interprétation ou d'application qu'elles comportent, "on peut raisonnablement s'attendre à ce que la Commission des relations de travail soit très fortement sollicitée sur ces questions".
"La Commission a-t-elle actuellement les ressources suffisantes pour répondre à cette demande et y répondre sans nuire aux nombreuses autres affaires dont elle est par ailleurs saisie", se demande Me Gagnon. Il invite donc le ministre à faire montre d'une plus grande précision et à parfaire le libellé du projet de loi 31.

»» Sondage CROP
Charest sourit, d'autres libéraux froncent les sourcils
Mario Cloutier
La Presse vendredi 28 novembre 2003
Québec - Le dernier sondage CROP n'inquiète pas outre mesure le premier ministre Jean Charest, mais l'insatisfaction des électeurs commence à gruger la confiance des élus libéraux à Québec.
Le dernier coup de sonde CROP-La Presse démontre que le nombre de Québécois insatisfaits du gouvernement Charest (49 %) dépasse désormais celui des satisfaits (45 %). Dans les intentions de vote, le PLQ reçoit l'adhésion de 42 % des électeurs, contre 37 % pour le PQ. Chez les francophones, toutefois, le PQ récolte 39 % d'appuis contre 28 % pour le PLQ.
Dans l'entourage du premier ministre, les stratèges libéraux n'y voient rien pour crier au loup. "Il n'y a pas péril en la demeure, c'est un accident de parcours", souligne-t-on en ajoutant que les sondages sont plutôt analysés sur le long terme au sein de l'équipe gouvernementale.
En arrivant au caucus de son parti hier, le premier ministre Jean Charest a d'ailleurs suggéré, sourire aux lèvres, que "tout va très bien". Sa ministre de l'Agriculture, Françoise Gauthier, croit que son gouvernement démontre "beaucoup de compassion" étant donné le contexte budgétaire actuel.
Plusieurs autres élus libéraux ne se gênent pas pour avouer que le message gouvernemental ne passe pas. Le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, pense d'ailleurs qu'"il faut plus expliquer ce que l'on fait". Le député de Hull, Roch Cholette, est du même avis. "Je sens de l'inquiétude dans la population", a-t-il dit en ajoutant que le gouvernement devait s'expliquer notamment au sujet des défusions municipales et des modifications souhaitées à l'article 45 du Code du travail sur la sous-traitance.
Quant au ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, il croit qu'il s'agit également d'un problème de communication. "Quand les gens voient nos intentions réelles et avec quelle pondération on applique nos décisions, note-t-il, cela les rassure."
L'opposition péquiste estime cependant qu'il est inhabituel de voir un taux de satisfaction envers le gouvernement tomber si vite. "Je n'ai jamais vu un gouvernement, dans tous ceux que j'ai vus dans ma vie, qu'il s'agisse de Robert Bourassa, Jean Lesage ou les nôtres, ameuter et angoisser la population aussi rapidement à la suite d'une élection", affirme le chef du Parti québécois, Bernard Landry.
Le gouvernement Charest est victime de ses "projets néfastes", de ses hésitations et de ses promesses reniées. "Les garderies à 5 $, ça n'a l'air de rien, mais quand on jure sur les grands dieux que ça va être à 5 $ et que ce ne l'est plus, ça jette un discrédit sur l'activité gouvernementale", dit le chef péquiste.

»» Les villes et le partenariat entre les trois ordres de gouvernement
Les municipalités prient Martin de tenir promesse
Gilles Toupin
La Presse vendredi 28 novembre 2003
Ottawa - Les municipalités canadiennes demandent au premier ministre désigné, Paul Martin, de mettre sa promesse de nouveau partenariat fiscal avec les villes à exécution le plus rapidement possible. Elles lui demandent de nommer, dès le 12 décembre, un ministre fédéral de premier plan qui serait responsable des négociations avec les villes et les provinces.
C'est ce qu'a déclaré hier le président de la Fédération des municipalités canadiennes (FCM) et maire de Gatineau, Yves Ducharme, lors d'une conférence de presse dans la capitale fédérale. M. Ducharme a également demandé à Paul Martin d'envoyer dès son premier budget un signal fort aux municipalités en exemptant ces dernières de la totalité de la taxe sur les produits et services (TPS), ce qui leur rapporterait immédiatement 465 millions de dollars supplémentaires.
Il a aussi exhorté M. Martin à faire connaître les détails du nouveau pacte fiscal qu'il entend offrir aux municipalités lors de son premier discours du Trône, dont un plan pour les négociations menant à la nouvelle entente fiscale, un engagement à des consultations à long terme avec les villes et une augmentation des dépenses d'infrastructures.
M. Ducharme a affirmé que l'allocation aux villes, envisagée par Paul Martin, d'une portion de 5 cents le litre de la taxe fédérale actuelle sur l'essence- qui se situe aujourd'hui à environ 10 cents le litre- serait une bonne façon de s'attaquer au déséquilibre fiscal dont souffrent les municipalités. Cette portion de la taxe d'essence permettrait aux municipalités de recueillir quelque 2,5 milliards de plus par année.
"C'est une option réaliste et réalisable, a estimé Yves Ducharme. Nous sommes donc encouragés par l'engagement non équivoque de Paul Martin en faveur d'une nouvelle entente pour les municipalités canadiennes, une nouvelle entente qui, selon les dires du nouveau premier ministre, inclura un nouveau partage de l'assiette fiscale."
L'ancien président de la FCM et aujourd'hui chef du NPD, Jack Layton, a estimé que ce qu'offrait Paul Martin aux municipalités n'avait rien d'un pacte, contrairement à ce que pense Yves Ducharme. "Martin prévoit aider les municipalités, a commenté Jack Layton, en partageant avec les provinces les recettes de la taxe fédérale sur le carburant, mais à la condition que les gouvernements provinciaux affectent des sommes équivalentes." M. Layton affirme que les provinces se démènent déjà pour ne pas faire de déficits et qu'elles n'ont pas les moyens de dépenser plus.
Le président de la FCM a insisté hier pour dire que les municipalités ne voulaient en aucune façon court-circuiter les provinces et faire affaire directement avec le gouvernement fédéral, faisant ainsi écho au premier ministre du Québec, Jean Charest, qui a rejeté récemment toute participation à une éventuelle conférence fédérale-provinciale-municipale.
"Soyons clairs! a lancé Yves Ducharme. Nous ne voulons pas de ministère fédéral des affaires municipales. Un secrétaire d'État ou un ministre des affaires municipales n'aurait pas le pouvoir voulu et créerait à nouveau un conflit constitutionnel entre les provinces et le fédéral." M. Ducharme croit qu'il faut plutôt un ministre puissant au sein du cabinet, un ministre qui pourrait présider un comité ministériel formé des ministres dont les portefeuilles touchent aux questions urbaines. "Celui à qui sera confié ce travail, a ajouté M. Ducharme, devra avoir une très forte relation de travail avec le premier ministre."
Le Bloc québécois s'est élevé hier contre cette idée d'un ministre de premier plan chargé des questions municipales. Le porte-parole du Bloc en matières d'affaires intergouvernementales, Yvan Loubier, a affirmé qu'une telle nomination "représenterait une intrusion encore plus grande dans les champs de compétence du Québec".
En lançant son appel à l'aide hier, Yves Ducharme a rappelé les problèmes chroniques de financement dont souffrent les municipalités partout au pays. "Les revenus municipaux ne suivent pas l'augmentation du coût de la vie, a-t-il dit. Nous devons tous reconnaître que pour chaque dollar d'impôt que payent les Canadiens, seulement 8 cents vont aux municipalités. De 1999 à 2003, les revenus du gouvernement fédéral ont augmenté de 16 % et ceux des provinces et des territoires de 21 %. Les municipalités ont bénéficié d'une augmentation de revenus de seulement 4 %."

»» L'approche commune
Les choses bougent entre Québec et les Premières Nations
Monique Giguère
Le Soleil vendredi 28 novembre 2003
Les choses semblent bouger entre Québec et les Premières Nations. Quatre ministres sur les 24 que comporte le gouvernement Charest se sont transportés, hier, à Wendake et ont discuté pendant quatre heures, d'égal à égal, avec trois chefs autochtones, dont le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard.
La réunion du Conseil conjoint des élus était la deuxième depuis la signature, le 17 juin, par le premier ministre Jean Charest et le chef de l'APNQL, de l'"Engagement politique mutuel" intervenu entre les deux parties pour discuter de sujets globaux comme le territoire, la fiscalité, les services à la population autochtone sur et hors réserve.
La principale question abordée hier touchait cependant la consultation. "La qualité des consultations effectuées jusqu'à maintenant par les gouvernements est inacceptable. Elles ont généralement été menées de façon inadéquate et, dans certains cas, aucune consultation n'a été réalisée avant la prise de décision pouvant affecter les droits, les intérêts et les besoins des Premières Nations", peut-on lire dans un document intitulé Protocole de consultation des Premières Nations du Québec et du Labrador remis par les chefs aux ministres Benoît Pelletier, Sam Hamad et Pierre Corbeil.
La quatrième ministre à se présenter au forum, c'est Nathalie Normandeau, qui a fait une apparition pour présenter son projet de loi sur le ministère du Développement économique et régional qui crée les nouveaux conseils régionaux des élus.
Dans un point de presse qui a suivi la réunion qui s'est déroulée à huis clos, le ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, a qualifié de positifs les échanges avec le chef de l'APNQL, les chefs Raphaël Picard, de Betsiamites, et Jean-Charles Piétacho, d'Ekuanitshit (Mingan).
"Nous avons discuté de ressources naturelles, de territoire, de décentralisation de l'État québécois, de consultations, mais surtout il s'agissait de la deuxième rencontre formelle du Conseil conjoint des élus, ce qui illustre bien notre volonté politique de nous attaquer aux questions qui nous confrontent. Les choses avancent et ça avance rondement", a déclaré Benoît Pelletier.
Le ministre a ensuite parlé d'une rencontre aux quatre à six semaines pour préparer le terrain à un mécanisme plus permanent de consultation, le Conseil conjoint des élus étant une sorte de projet pilote. La prochaine est prévue pour le 5 février 2004.
Le chef Ghislain Picard, qui est également apparu satisfait de la rencontre, a expliqué que le Conseil conjoint des élus était un forum qui ne touchait en rien aux négociations bilatérales entre le gouvernement et des communautés autochtones spécifiques. Qu'on y abordait surtout de sujets d'envergure "dans le but d'avoir un dialogue serré" sur les grands enjeux de l'avenir, comme le développement économique des collectivités autochtones.

»» biotechno
Devant la lenteur d'Ottawa, Bellini se retire du projet de relance de BioChem
Denis Arcand
La Presse vendredi 28 novembre 2003
L'entrepreneur Francesco Bellini a informé hier Industrie Canada et Shire Pharmaceuticals qu'il se retire du projet de lancer une nouvelle firme qui aurait rescapé une quarantaine de chercheurs et les meilleurs médicaments expérimentaux qui étaient à l'étude au labo BioChem, avant que Shire ne le ferme le 5 septembre.
Ulcéré par la lenteur du processus fédéral d'approbation de la transaction, M. Bellini a envoyé hier une lettre dans laquelle il affirme ne plus pouvoir attendre et qu'il n'a plus l'intention de soumettre à son conseil d'administration un investissement dans la nouvelle firme (voir le texte complet de la lettre, en page 2). Le conseil d'administration de Picchio Pharma- le holding pharmaceutique que dirige M. Bellini- doit avoir lieu le 16 décembre.
M. Bellini avait accepté de participer avec la Caisse de dépôt, la Banque fédérale de développement (BFD) et le Fonds de solidarité au financement de la nouvelle firme, qui se serait appelée ViroChem.
"Personnellement, je pense qu'il est trop tard", a déclaré à La Presse M. Bellini hier après-midi, en entrevue.
Gervais Dionne, ancien dirigeant de BioChem qui mène l'effort pour rescaper l'entreprise, a déclaré hier à La Presse que les participations de la Caisse et de la BFD étaient toutes deux conditionnelles à celle de M. Bellini.
En entrevue, M. Bellini a blâmé autant les fonctionnaires d'Industrie Canada, mais il a fait une remarque qui semble adressée au Ministère: "Le problème est des deux côtés. La chose est pourtant si simple. Je ne peux pas comprendre c'est quoi leur problème. Il y en a peut-être qui jouent des jeux politiques, je ne sais pas."
"Ça fait deux mois qu'on a fait notre offre à Shire, et c'était une offre équitable", a dit M. Bellini. "Mais là, ça traîne en longueur entre Shire et Ottawa, on me dit que ça s'en vient, puis que ça va être la semaine prochaine... Mais ça retarde à chaque fois. Le problème, c'est qu'en affaires, dans ce genre dossier, il faut battre le fer quand il est chaud. Et maintenant, ça a pas mal refroidi. Il y a toutes sortes d'autres priorités et d'autres dossiers d'investissements qui nécessitent toute notre attention."
Quand on lui a demandé si le dossier BioChem était bel et bien mort, il a répété: "Je pense qu'il est trop tard", puis a ajouté: "Ça prendrait des miracles."
M. Dionne, pour sa part, a mis plus de blâme sur Industrie Canada.
"Le ministre Allan Rock, ses fonctionnaires prennent trop de temps. Le chef de cabinet Jean-François Thibault m'a dit (hier) qu'il considère que le dossier avance bien et qu'il a espoir que cela pourrait se régler avant janvier 2004. On n'est pas sur la même planète. Je croyais que ce serait à la fin de cette semaine! Il y a une offre globale de Shire sur leur bureau depuis la semaine dernière. Ils sont en train de la faire dérailler."
"Je sais que ce dossier, pour eux, contient plus que le labo de Laval et le projet ViroChem. Ils négocient aussi la question de la division vaccins (Shire Biologique, qui a reçu une subvention de 80 millions pour une usine de vaccins jugée stratégique par le gouvernement canadien). Et le fédéral veut s'assurer qu'une entente globale avec Shire satisfasse les engagements que Shire a pris en 2001, d'investir certains montants en recherche au Canada. Mais ils risquent de tout perdre."
M. Dionne a dit voir une dernière fenêtre d'opportunité dans la lettre de M. Bellini: "Il fait allusion à la réunion du conseil d'administration de Picchio, le 16 septembre."
La goutte qui semble avoir fait déborder le vase pour M. Bellini est la perte de chercheurs du labo BioChem, cette semaine: trois chimistes de l'équipe de chercheurs ont jeté l'éponge et accepté des postes ailleurs.
"Quand on commence à perdre des joueurs de l'équipe, ça augure mal", a dit M. Bellini.
Mais M. Dionne a indiqué qu'"aucun des scientifiques qui ont un rôle central ne sont partis. Mais on commence à jouer avec le feu".
HAUTEMENT CONFIDENTIEL
Par télécopieur
Le 27 novembre 2003
Le ministre Allan Rock Ministre de la Santé Gouvernement du Canada
M. Matthew Emmens Chef de la direction Shire Pharmaceuticals Group plc
Dr. Gervais Dionne PDG Virochem Pharma Inc.
Messieurs,
Nous avons mis tant de notre énergie, de notre enthousiasme et de notre argent pour revitaliser l'ancienne BioChem Pharma et pour tenter d'en faire une fois encore un leader parmi les compagnies de recherches au Canada, mais tous nos efforts et toutes nos solutions se sont butés à des obstacles et à des retards. Comme nous l'avons toujours souligné avec force, le temps est l'élément essentiel si l'on veut que cette transaction réussisse parce que nos actifs les plus importants, les chercheurs, auront accepté d'autres offres.
De plus, notre filiale, Neurochem Inc., a un besoin urgent d'espace pour pouvoir fonctionner efficacement. En fait, elle avait besoin d'espace il y a des mois déjà puisqu'au cours des 12 derniers mois, Neurochem a doublé son effectif et elle le doublera de nouveau au cours des 12 prochains mois. Mais à ce moment-là, j'ai accepté un délai, croyant que la solution envisagée pourrait être mise en oeuvre rapidement et parce que, et c'est encore mon opinion la plus sincère, elle se traduirait par ce qu'il y a de mieux pour nous tous et pour le secteur de la biotechnologie ici à Montréal. Cependant, ces retards, qui dépassent mon entendement, nous ont amenés à un point de non-retour dans notre décision consécutive à cette situation.
En outre, il nous faut laisser les affaires suivre leur cours: Picchio Pharma a dû aussi attendre et elle doit continuer à investir dans d'autres occasions à saisir, sans l'interférence de tiers.
C'est pourquoi j'en suis venu à une difficile et triste conclusion. Et c'est avec regret que je vous informe, après tous les efforts et les propositions qui ont été soumises, que Picchio Pharma n'ira plus de l'avant dans cette affaire et je n'ai pas l'intention de soumettre cette affaire pour approbation finale par le conseil d'administration de Picchio Pharma, qui doit se réunir le 16 décembre prochain.
Vous souhaitant du succès,
Francesco Bellini
Président
Picchio Pharma

»» exploration gazière dans le Golfe
Ottawa dit non à l'exploration gazière dans le Golfe
Charles Côté
La Presse vendredi 28 novembre 2003
Citant entre autres les impacts négatifs inévitables sur baleines, le ministère fédéral des Pêches et Océans a rendu un dernier avis, toujours défavorable, aux projets d'exploration gazière dans le golfe du Saint-Laurent.
Pêches et Océans a rendu cet avis après avoir étudié les mesures d'atténuation proposées par la firme GSI. Cette société de Calgary a un mandat d'Hydro-Québec pour effectuer une série de relevés sismiques au sud et à l'est de l'île d'Anticosti.
L'avis a été transmis à l'Office national de l'énergie (ONE), organisme fédéral qui accorde les permis d'exploration gazière en eaux canadiennes. "L'ONE n'a d'autre choix que de dire non, estime le biologiste Robert Michaud, porte-parole d'une coalition qui s'oppose aux projets d'Hydro-Québec. Les avis sont clairs: on s'avance même à dire qu'il n'y a pas de façon d'atténuer les risques."
Outre les écologistes et les scientifiques, la coalition qui s'oppose à l'exploration gazière comprend des associations de pêcheurs et touristiques.
Le porte-parole de l'ONE, Denis Tremblay, a indiqué qu'il ne savait pas quand la décision serait prise au sujet de la demande de permis de GSI. Il affirme toutefois qu'il est encore possible que l'ONE accorde le permis en dépit de l'avis défavorable de Pêches et Océans.
Le projet de GSI fait partie d'un projet de 330 millions sur 10 ans annoncé l'an dernier par Hydro-Québec, qui a indiqué hier qu'elle ne ferait pas de commentaire avant la décision de l'ONE.
L'avis de Pêches et Océans répond à quatre questions qui subsistaient selon l'ONE quant aux impacts possibles de l'exploration gazière par sondage sismique. Ces sondages émettent de puissants sons avec un canon à air comprimé. Ces sons peuvent, à courte distance- 500 mètres, peut-être plus- endommager l'ouïe des baleines.
Dans un rayon plus étendu de 30 kilomètres, les baleines peuvent être dérangées dans leurs comportements vitaux d'alimentation ou d'accouplement, ce qui mettrait leur survie en péril.
La société GSI se proposait d'utiliser des détecteurs sonores afin de réagir si certaines baleines s'approchaient à moins de 500 mètres. Mais les scientifiques de Pêches et Océans estiment que cette méthode permettrait de détecter seulement une baleine sur trois. "Ces instruments ne peuvent détecter tous les mammifères marins", affirme-t-on dans l'avis.
Pêches et Océans affirme en outre que le territoire marin visé par le projet GSI/Hydro-Québec est fréquenté par "plusieurs espèces en péril pendant la période visée par les travaux". Le Ministère conteste en outre le niveau sonore de 180 décibels choisi par GSI comme une limite à respecter pour éviter de blesser l'ouïe des baleines. Les baleines se servent de leur ouïe non seulement pour communiquer, mais aussi pour se repérer.
"Il est donc probable que les activités d'exploration interfèrent avec les migrations d'un certain nombre d'individus associés à des espèces en péril, en particulier le rorqual bleu, le rorqual commun et, dans une moindre mesure, le marsouin commun", peut-on lire dans l'avis.
Pêches et Océans ne s'est pas contenté de répondre aux quatre questions qui demeuraient en suspens selon l'ONE. Les scientifiques du Ministère ajoutent que les mesures proposées par GSI n'ont pas répondu de façon satisfaisante à plusieurs autres préoccupations. En particulier, les impacts de l'exploration sur le crabe des neiges, l'une des plus importantes pêches dans le Golfe, seraient toujours inconnus.

»» exploration gazière dans le Golfe
L'arrivée de Paul Martin pourrait tout chambarder
Pierre Couture
Le Soleil vendredi 28 novembre 2003
L'arrivée de Paul Martin au 24, promenade Sussex, pourrait finalement faire débloquer l'émission des fameux permis d'exploration gazière demandés par Hydro-Québec dans le golfe du Saint-Laurent.
Au moins deux sources gouvernementales qui suivent de près l'évolution du dossier dans la capitale fédérale ont confirmé au SOLEIL que le changement de garde à Ottawa devrait sourire aux revendications québécoises.
"Ce n'est pas un secret pour personne, a confié l'une d'elles sous le couvert de l'anonymat, les négociations piétinent parce que l'on attend la bénédiction du clan Martin. C'est le joueur-clé dans le dossier."
Jusqu'à présent, Hydro a investi 10 millions $ en exploration gazière dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. D'ici 2010, la société d'État prévoit dépenser 300 millions $ dans cette région. En tout et partout, les investissements totaux dans le golfe pourraient atteindre 5,5 milliards $.
D'une part, Hydro et la firme GSI attendent le feu vert de l'Office national de l'énergie (ONE) pour procéder le plus rapidement possible à des relevés sismiques à l'aide de canons à air comprimé dans l'estuaire et le golfe, près de l'île d'Anticosti.
D'autre part, Hydro espère toujours mettre la main sur un autre permis - celui-là délivré par le fédéral - qui lui donnerait le droit de forer la fameuse structure Old Harry située au large des Îles-de-la-Madeleine. Selon Québec, Old Harry pourrait renfermer entre 4 et 5 billions de pi³ de gaz naturel.
Le hic, c'est que le territoire convoité se situe à la frontière interprovinciale avec Terre-Neuve. Déjà échaudée dans le dossier de Churchill Falls, Terre-Neuve n'est pas disposée à s'asseoir à la même table que Québec et Ottawa pour une bouchée de pain.
D'autant plus que le fédéral a toutes les misères du monde à reconnaître une entente signée entre Hydro et la compagnie Corridor Resources, qui détient les permis québécois d'exploration sur Old Harry.
"Il va falloir que quelqu'un mette de l'eau dans son vin si on veut que le dossier progresse", a confié une autre source fédérale requérant elle aussi l'anonymat.
L'idée de créer un fonds en fiducie indépendant, où les redevances gazières seraient déposées en attendant le dénouement des négociations, a aussi été avancée pour faire bouger les choses.
Il faut dire que depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir à Québec, rien n'a été fait pour accélérer les discussions avec Ottawa.
Une lettre de l'actuel ministre fédéral des Ressources naturelles, Herb Dhaliwal, a bel et bien été envoyée à son vis-à-vis québécois, Sam Hamad, en mai dernier. Mais sans plus.
Dans les coulisses, on raconte que si Québec n'est pas trop pressé de négocier avec Ottawa, c'est en raison du départ du clan Chrétien et, éventuellement, de son ministre des Ressources naturelles, Herb Dhaliwal.
Au bureau de Sam Hamad, on explique que c'est plutôt l'élection d'un nouveau gouvernement à Terre-Neuve qui a ralenti les pourparlers.
"Lorsque Terre-Neuve sera prête à discuter, nous le serons", a confié Pierre Choquette, l'attaché de presse du ministre Hamad.
Au bureau du premier ministre Charest, on avance que les discussions avec le gouvernement de Danny Williams à Terre-Neuve pourraient reprendre prochainement.
Quand ? "Disons que la prochaine rencontre du Conseil de la Fédération qui aura lieu le 5 décembre à Charlottetown pourrait être une bonne occasion", a laissé entendre Christian Barrette, l'attaché de presse du premier ministre Jean Charest.
Officiellement, la question de l'exploration gazière n'est pas à l'ordre du jour de cette réunion. "Mais dans les discussions de corridors, le sujet pourrait être facilement abordé", d'ajouter l'attaché de presse.

»» PLQ
Charest needs the new, gentler Pierre Paradis
JOSEE LEGAULT
The Gazette Friday, November 28, 2003
This week, Jean Charest got his Christmas gift early. After he tried so hard to sideline Pierre Paradis by leaving him out of his cabinet, the veteran Liberal made a surprise return to the National Assembly. The premier now gets to find out if his boomerang MNA plans to be naughty or nice.
Chances are he'll be nice. For one thing, Paradis is no backbencher in his own mind. As he racked up high responsibilities under Robert Bourassa and Daniel Johnson, and even once tried for the leadership, he developed an allergy to the dust that piles up on the benches lined up at the back of the Assembly.
Even in opposition, he sat in the front row, next to Charest, as the formidable house leader of the opposition. If he wants to be named minister any time in the new year, playing ''nice'' will be the price he will gladly play.
Paradis is also smart enough to understand any brand new premier, even one who implements a controversial agenda, is safe in his seat as the leader of both his party and the government. No new premier is ever a lame duck that can be shot down by even the most ambitious of rivals.
If Paradis tries in any way to undermine Charest in the next few months, it is his own skin that will be dangling from the Bunker's windows, not Charest's.
For Charest, Paradis's return might not be what he wants. But it might be what he needs at a time when he finds himself stuck between a rock and a hard place. On one side, the Conseil du Patronat is turning into a political liability for Charest. The right-wing employers' lobby applauds so loudly at his every move it reinforces the premier's image as a diehard conservative - the kind of image that won't pay come next election day.
On the other side, many of his own caucus members are growing anxious over the mounting anger of unions, community groups and day-care centres, which plan massive demonstrations and walkouts. To calm his queasy MNAs and play down the embarrassing support of employers, Charest might soon need Paradis, newly self-appointed Liberal voice for the downtrodden.
Since his ousting, Paradis underwent a stunning metamorphosis. He went from right-wing positions to painting himself as the new Claude Ryan - the ultimate guardian of ''Liberal values.'' It might be a hard sell for a man who's remembered as the minister responsible for the Boubou-macoutes - the welfare police who went around harassing the poor. But if some people can be made to believe François Legault has become a hard-line separatist, anything is possible.
Since politics is often about interests, self-interest in some cases, that kind of discourse might prove profitable for both Charest and Paradis. The premier desperately needs a progressive voice, any voice, to come from within his government and to speak up on its behalf.
At a time when Charest is coming under attack for his attempts to re-engineer the state, his government also needs to project an image of strength and unity. And how better to foster unity, even the begrudging kind, than by welcoming back a 23-year veteran and, eventually, bringing him back to cabinet?
Charest could kill two birds with one stone if he makes Paradis a minister within the next few months. He would further strengthen party unity and quiet Paradis even more by submitting him to the obligation of cabinet solidarity. That's where his stinging criticisms would, by the wave of the cabinet's magic wand, turn into ''constructive contributions.''
As for Paradis, even though chances are he'll be loyal as long as Charest's leadership is solid, his longtime ambition to become leader might resurface the day his boss falters. At a fit and lean 52, Paradis has plenty of time to prepare for Charest's eventual departure, whether it comes at the end of one or two terms in government.
By choosing to return to the Liberal ''family'' after a few months refining his stunning ideological virage, Paradis shows he's willing to prepare for that moment not by stabbing his leader in the back, but by taking a progressive stance that will distinguish him from the more conservative Charest. And he can play that fiddle like a pro without having to go as far as being disloyal.
Knowing he sits firmly in the premier's saddle, Charest can afford to use Paradis's new discourse for his own purpose and interests. Knowing a leadership convention will inevitably take place four or eight years down the road, Paradis can afford to be nice and loyal and still try to establish himself as the voice of the increasingly anxious small-l liberal wing of his party.

»» manuels d'histoire
Poutine veut que les manuels d'histoire inculquent «un sentiment de fierté»
AFP Le Devoir vendredi 28 novembre 2003
Moscou - Le président russe Vladimir Poutine a émis le souhait hier que les manuels d'histoire soient désormais rédigés de manière à ce qu'ils inculquent «un sentiment de fierté» pour le pays, appelant à laisser de côté «les déchets et l'écume» accumulés selon lui dans l'appréhension du passé depuis la chute de l'URSS.
«Dans ces manuels, on doit présenter les faits historiques, ils doivent inculquer aux élèves un sentiment de fierté pour notre histoire et pour notre pays», a dit M. Poutine lors d'une rencontre avec des historiens à la Bibliothèque d'État (ex-bibliothèque Lénine).
«Il n'est certes pas mauvais qu'il y ait eu un foisonnement de la littérature de ce genre, que nous nous soyons éloignés de la présentation à la manière d'un parti unique, idéologisée, de l'histoire de notre pays, c'est un important succès», a dit le président.
«Il n'est pas étonnant que dans les manuels [des années 90], on ait mis l'accent sur les aspects négatifs: il s'agissait de détruire l'ancien système sclérosé qui empêchait le progrès», a-t-il ajouté.
«Cependant, il ne faut pas tomber dans l'autre extrême. Les manuels pour les écoles et les universités ne doivent pas devenir un lieu de lutte idéologique et politique», a-t-il dit.
«Nous vivons maintenant une autre époque, celle de la construction, et les objectifs sont différents. Il faut écarter les déchets et l'écume qui se sont accumulés», a encore dit M. Poutine.
Il a évoqué notamment les critiques des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale sur la manière dont est désormais présentée aux enfants «la Grande Guerre patriotique».
Dans un entretien à la radio Écho de Moscou, l'auteur d'un manuel d'histoire contemporaine de la Russie, destiné aux dernières classes du lycée, Igor Doloutski, a révélé avoir dernièrement essuyé une critique sévère du ministre de l'Éducation, Vladimir Filippov, estimant que son ouvrage avait de fortes chances de perdre l'agrément du ministère.
«Beaucoup de problèmes, soulevés dans le manuel, ont suscité la colère du ministre, mais surtout l'un des exercices», dans lequel il est proposé à l'élève de commenter, en les infirmant ou en les approuvant de manière argumentée, deux citations relatives au régime politique en place, a-t-il dit à la radio.
L'une des citations affirme «qu'un coup d'État a été commis après l'élection de Poutine, dont la conséquence est un régime de pouvoir personnel du président, une dictature autoritaire». L'autre, attribuée au leader du parti d'opposition réformatrice Iabloko, Grigori Iavlinski, «estime qu'un État policier a été formé en Russie dès 2001».
Rompant avec la tradition de «réécriture» de l'histoire à l'époque soviétique mais aussi avec plusieurs manuels concurrents qui ne font pas ou peu mention des purges staliniennes ou du prix humain payé par l'URSS dans sa victoire sur les nazis, le manuel d'Igor Doloutski décrit notamment la «grande terreur» des années 30 et propose à son jeune lecteur de lire L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne.
Exposant la teneur du pacte Molotov-Ribbentrop de 1939 entre l'Allemagne hitlérienne et l'URSS, le livre observe en outre que la victoire ultérieure sur les nazis a coûté la vie à une trentaine de millions de Soviétiques, un coût humain que «pas une seule démocratie n'aurait supporté».
Le manuel relate également la «lutte contre le cosmopolitisme» qui s'exprima au début des années 50 par «une vague antisémite à caractère pratiquement officiel».
TRIBUNE LIBRE

TRIBUNE LIBRE
Réplique à Etienne Boulay
Je vous laisse deviner le reste...
Patrice Boileau
Québec
TRIBUNE LIBRE Le 28 novembre 2003
Il est tout à votre honneur d'avouer "ne pas encore avoir fait votre nid", au sujet de l'emploi d'une élection référendaire comme mécanisme d'accession à l'indépendance politique du Québec. Cette preuve de souplesse démontre votre qualité à écouter et à participer à ce débat. Vous avez également raison d'affirmer que je rédige des textes à une vitesse accélérée. Certains d'entre eux vous ont d'ailleurs assurément échappé puisque vous semblez affirmer que je m'oppose, le temps d'une élection (que je souhaite référendaire!), à une coalition de partis politiques désireux de doter le Québec d'un statut national.
Dans un de mes billets intitulé "Une clarté qui éclipsera C-20" que Vigile a généreusement publié le 14 novembre dernier, j'invite l'UFP, l'ADQ et toutes autres formations politiques à s'associer au Parti québécois afin d'additionner leur votes pour franchir la barre du 50% + 1 lors du prochain rendez-vous électoral. Cette alliance temporaire permettra de garder intact les plates-formes politiques des différentes équipes donc des différences de la mobilisation citoyenne. Je propose aussi dans ce texte que cette coalition souverainiste profite des quatre années à venir pour s'entendre sur un nouveau mode de scrutin qui serait utilisé quelques mois après la victoire et la déclaration d'indépendance. Cette réforme rassurera les partis politiques qui accepteront de se liguer avec le PQ: elle est garante qu'il y aura une nouvelle vie démocratique autour d'un véritable État. Tout un gain non? Supputer que j'ignore qu'il y aura une vie politique pluraliste dans un Québec souverain s'avère donc une critique non-fondée. Rassurez-vous cependant; mon élastique est très flexible!
Je ne tire aucune jouissance de ce déséquilibre que dévoilent les derniers sondages: je collabore depuis peu avec les membre de l'exécutif de la circonscription de Chambly qui ont sollicité mes services après avoir lu certains de mes textes. Des péquistes montréalais comptent me rencontrer pour établir un plan d'action. Je dispose aussi d'une "antenne" dans notre Capitale nationale où se prépare aussi une mobilisation citoyenne. Voulez-vous toujours parler du passage de Lucien Bouchard à la tête du PQ?
Le RIQ tiendra un colloque à la maison Ludger Duvernay de Montréal le samedi 29 novembre prochain. Les souverainistes y discuteront d'un changement d'approche pour réaliser l'indépendance du Québec. Je vous laisse deviner le reste...
Qualifier de simpliste mon argumentation au sujet de l'engouement que suscite l'idée d'une élection référendaire me paraît être le fruit d'une citation que vous avez malheureusement amputée de son essence. En charcutant le passage qui mentionne que la faveur souverainiste oscille autour de 45%, alors que l'appui au Parti québécois est de 35%, explique sûrement pourquoi vous ne voyez pas que les Québécois sont prêts à en finir dans quatre ans. Administrer un État provincial constitut un piège qui ternit l'image du gouvernement: organiser alors un troisième référendum, après une élection, dans un climat d'empoisonnement, est un cul-de-sac politique qui doit cesser.
C'est avec soulagement que j'ai appris que monsieur Bernard Landry compte finalement écouter et participer à ce débat concernant cet autre moyen démocratique d'accéder à la souveraineté. Le chef du Parti québécois, lors du dîner d'honneur à Saint-Denis le dimanche 23 novembre dernier, a démontré qu'il est un homme réceptif, soucieux de refléter la volonté populaire de son parti. Je n'en ai jamais douté, bien que ses sorties musclées contre l'idée devant des souverainistes aux universités francophones à Montréal m'avaient plutôt ébranlé. Au risque de me répéter: ce refus initial du chef péquiste risquait d'empêcher l'arrimage de son parti avec l'ensemble des autres souverainistes qu'est à rassembler le Conseil de la souveraineté. Voilà ce que le dogme référendaire menace. Maintenant que la route est libre, à vous, à l'ensemble des Québécois et à moi de participer à ce moment captivant! On se voit samedi à la maison Ludger Duvernay pour bricoler?

TRIBUNE LIBRE
Souveraineté : dire OUI au vrai changement
Sasha-Alexandre Gauthier
Vice président du Parti Québécois de Montréal-Centre
L’auteur s’exprime à titre personnel.
TRIBUNE LIBRE Le 28 novembre 2003
Lors de son discours inaugural du 14 juin dernier, monsieur Bernard Landry, chef de l’Opposition officielle et du Parti québécois, invitait ses militants à «un brassage d’idées sans précédent». Pour ce faire, il invitait ses militants à «s'inspirer de tous les exemples étrangers réussis». De cette invitation est née la saison des idées.
Au même moment, des jeunes militants ont lancé l’idée renouvelée d’une élection référendaire comme moyen d’accéder à la souveraineté du Québec. Leur constat est clair. À la suite de la saignée subie par le PQ lors de la dernière élection quant au vote populaire – 33%, soit à peine plus que les 31% de l’élection de 1973 - il est clair qu’une partie importante de la base électorale du PQ a boudé ou rejeté celui-ci. Au-delà même de cette base, ou de ce qu’il en reste, de nombreux Québécois appuient l’option souverainiste - jusqu’à hauteur de 47% selon un récent sondage du Conseil pour l’unité canadienne -, mais, paradoxalement, ils sont nombreux à ne pas vouloir de référendum. Derrière ce refus se cache souvent la crainte d’une possible défaite ou pis encore, d’une courte victoire suivie d’un refus du gouvernement d’Ottawa de négocier. Malgré ces réalités incontournables, le Parti québécois n’a rien proposé de neuf à ce sujet.
Offrons alors aux Québécois la possibilité de se prononcer sur la question nationale lors d’une élection référendaire. Le 30 octobre 1996, Monsieur Jacques Parizeau exprimait déjà un intérêt pour la question. Des rumeurs circulaient alors à l’effet que le gouvernement de Jean Chrétien désirait adopter une loi aujourd’hui connue sous le libellé C-20. «Je dois dire cependant que chaque fois que j'entends parler d'un «Plan» destiné à faire interdire un prochain référendum au Québec, je souris. Si on tient absolument à nous imposer une élection référendaire... », écrivait-il alors dans Le Devoir. Cette méthode a pour grand avantage de contourner la loi fédérale C-20 (notamment en rendant caduque la clarté d’un résultat référendaire) et le reste du «Plan B» qui rend, à toute fin pratique, la voie référendaire plus hasardeuse que jamais.
Monsieur Parizeau a défendu cette idée lors du Congrès du PQ en 1974. Lors d’une conférence donnée le 3 novembre dernier, il expliquait qu’à cette époque, ils (lui et les autres militants favorables) « partaient de l’idée que puisque le Québec est rentré dans la Confédération canadienne par un vote de ses députés, il pourrait en sortir par un vote de ses députés. » Il en est d’ailleurs ainsi dans les systèmes parlementaires de type britannique.
En effet, « en termes juridiques, le pouvoir constituant au Canada, comme dans bien d’autres pays, appartient aux représentants du peuple élus démocratiquement » (paragraphe 88, Renvoi relatif à la sécession du Québec - 1998). Cela relègue un référendum, toujours en termes juridiques, à un espèce de gros sondage puisque « [la] Constitution elle-même ne traite pas d’un recours au référendum, et les résultats d’un référendum n’ont aucun rôle direct ni effet juridique dans notre régime constitutionnel, […]» (paragraphe 87).
La légalité de l’approche étant établie dans notre système juridique, qu’en est-il en droit international public ? Le document d’étude intitulé Le processus, rédigé par la Commission d’étude des questions afférentes à l’accession du Québec à la souveraineté (1991-1992), nous éclaire rapidement sur le sujet. Il y est spécifié, d’entrée de jeu, « [ qu'en] droit international public, il n'existe aucune obligation de tenir un référendum avant l'accession à la souveraineté d'un État».
Le cas slovaque est éloquent à ce sujet. Après l’élection d’un gouvernement souverainiste, Bratislava a négocié une nouvelle association avec Prague sans passer par la voie référendaire et dans la paix, ce qui correspond aux aspirations québécoises. C’est un excellent exemple « s'inspirant de tous les exemples étrangers réussis » tel que désiré par monsieur Landry.
De plus, il est à noter que dans l’Avis consultatif sur le Sahara occidental, la Cour internationale de Justice «en est venue à la conclusion que le droit à l'autodétermination des peuples n'était pas assujetti à la tenue d'une consultation populaire».
Bref, l’élection référendaire comme moyen d’accession à la souveraineté est vue, du moins au niveau international, comme une forme légitime et démocratique de consultation populaire ou de plébiscite. Afin de nous réconcilier avec une population qui ne désire plus de référendum, du moins, c’est ce que plusieurs affirment, et considérant que les élections sont des rendez-vous démocratiquement obligés et nécessaires, cette option est définitivement envisageable.
Un vote pour le Parti québécois deviendrait effectivement un vote pour l’indépendance. Qu’un gouvernement du Parti québécois mandaté puisse enfin convoquer l’Assemblée nationale afin qu’elle tranche démocratiquement la question nationale. De cette manière, le PQ pourrait, de manière pro-active, restaurer la confiance de sa base électorale puisqu’il a déjà obtenu quatre mandats populaires à ce jour… sans instaurer le changement désiré.
Pour cela, il faut briser le tabou qu’est devenu au PQ le référendum. On évoque souvent que le débat a été fait. Se sentant toujours lié à la décision de 1974 et trouvant le présent débat «très intéressant», Monsieur Parizeau a néanmoins affirmé clairement qu’on « a quand même pas le droit, à mon âge, d’engager les générations qui vont suivre.»
Il ajoute qu’il « ne sai(t) pas qui va gagner. » Le débat devra donc se faire – un débat qui est ardemment souhaité par de plus en plus de souverainistes, autant à l’intérieur du Parti québécois que dans la société civile.
Réplique à Sasha-Alexandre Gauthier
Des exemples qui en disent long...
Guillaume Ducharme
Militant du Parti Québécois
TRIBUNE LIBRE Le 29 novembre 2003
Dans un article favorable à l’idée de tenir une « élection référendaire » (voir mes précédentes chroniques sur cette question), on avance deux exemples pour appuyer cette thèse. Le premier affirme que la séparation de la Tchéco-Slovaquie s’est opérée après « l’élection d’un gouvernement souverainiste », ce qui a permis de contourner la tenue d’un référendum populaire. Le deuxième exemple fait référence à un Avis consultatif sur le Sahara occidental de la Cour internationale de justice qui affirmerait que le droit à l’autodétermination n’est pas assujetti à une consultation populaire des peuples concernés.
En ce qui concerne la Tchéco-Slovaquie, prétendre qu’il y a eu élection d’un gouvernement souverainiste est faux et malhonnête comme on peut le constater à la lecture de nombreux articles de journaux de cette époque. Citons un article du Monde, publié le 16 janvier 1993, dont le titre Tchéco-Slovaquie : une séparation antidémocratique, illustre bien la nature du projet de tenir au Québec une « élection référendaire » :
Ce ne sont pas les peuples souverains qui ont décidé ce partage en deux Etats indépendants, mais les deux vainqueurs des élections du mois de juin 1992 : la coalition de droite dans les pays tchèques (Parti démocratique civique et Parti chrétien-démocrate); le Mouvement pour une Slovaquie démocratique.
[…]
De surcroît, ces partis vainqueurs sont minoritaires dans les Républiques respectives : dans les pays tchèques, la coalition a recueilli 33,53 % des voix aux élections à l'Assemblée fédérale et 29,73 % au Conseil national tchèque, Parlement de cette République; en Slovaquie, le Mouvement a obtenu 33,65 % des voix à l'Assemblée fédérale et 31,26 % au Conseil national slovaque.
Dans leurs programmes électoraux, en outre, ces deux vainqueurs n'avaient jamais annoncé leur intention de partager le pays en deux Etats. Ils étaient, dans leurs campagnes électorales respectives, plutôt pro-tchécoslovaques; le vocabulaire employé : " fédération fonctionnelle " ou " confédération ", importe peu ici. Les électeurs ne les ont donc pas mandatés pour procéder au partage.
Le seul parti à prôner ouvertement l’indépendance n’a obtenu que 8% du vote populaire!
Citant un historien slovaque, le journaliste raconte, d’une manière humoristique, comment les citoyens perçoivent les événements qui ont entraîné la séparation de la Tchéco-Slovaquie :
" Un jour, Meciar [chef du Mouvement pour une Slovaquie démocratique et actuel premier ministre du gouvernement slovaque] et Klaus [chef du Parti démocratique civique et premier ministre tchèque] s'assoient dans un parc, sous un arbre. Seuls, ils bavardent pendant trois heures [tout cela est authentique, c'est arrivé lors d'une rencontre entre les " représentations politiques " des deux Républiques], puis ils se lèvent et déclarent au public le partage de l'Etat. Et moi, jusqu'à aujourd'hui, je ne sais même pas quel était cet arbre, si c'était un hêtre, un chêne ou un érable canadien... "
Transposé au Québec, pour que le scénario « tchécoslovaque » se réalise, il faudrait que le Parti Québécois se fasse élire sans parler de souveraineté, puis qu’il signe une entente avec le gouvernement fédéral visant la séparation du Canada et du Québec. On a beau avoir des érables canadiens en grand nombre, il faudrait vraiment être con comme un balai pour penser que Landry et Martin vont signer ensemble une entente sur la souveraineté du Québec!
En ce qui concerne le cas du Sahara occidental, quel que soit l’avis des vénérables juges de la Cour internationale de justice, il faut reconnaître que, dans la réalité, le Maroc refuse la séparation et que les Nations Unies ont toujours réclamé la tenue d’un référendum consultatif sur l’avenir du pays, comme en témoigne la dépêche suivante de l’agence de presse de l’ONU :
Présenté en janvier aux deux parties par James Baker, l´Envoyé personnel du Secrétaire général, le plan de paix prévoit la tenue d´un référendum pour déterminer le statut définitif du Sahara occidental. (dépêche du 28 oct. 2003)
Notons que ce plan de paix, qui prévoit la tenue d’un référendum, a été accepté par le mouvement indépendantiste du Sahara occidental, le Front populaire pour la libération de la Saguia et du Rio de Oro (Front POLISARIO)
Il faut donc se réjouir de voir tant d’exemples internationaux confirmer que la voie choisie par le Parti Québécois pour réaliser la souveraineté du Québec, le référendum populaire, soit aussi démocratique, ouverte et transparente. Que des gens soient favorables à l’élection référendaire, soit! Que des gens fassent croire par des exemples faux ou tronqués que la communauté internationale accorde une quelconque légitimité à « l’élection référendaire » [que l’on peut définir comme une déclaration unilatérale d’indépendance sans l’appui majoritaire de la population], là je ne marche plus.
COMMUNIQUÉS

COMMUNIQUÉS
LE PQ DE MONTRÉAL-CENTRE DÉNONCE LE MASSACRE LIBÉRAL
DU TRANSPORT EN COMMUN À MONTRÉAL
Parti Québécois de Montréal-Centre
COMMUNIQUÉS Le 28 novembre 2003
Montréal, le vendredi 28 novembre 2003 – Encore une fois, les Montréalais se sont
fait infliger une nouvelle hausse du coût du transport en commun. Ils méritaient
pourtant un répit puisqu'elle s'ajoute à deux hausses précédentes durant l'année en
cours. « L'augmentation annoncée par la Société de Transport de Montréal (STM) ne
doit cependant pas constituer une surprise pour quiconque », estime Éric Daoust,
conseiller en environnement du Parti Québécois de Montréal-Centre. « Alors que ça
faisait des mois que la ville de Montréal sonnait la sonnette d'alarme sur d'éventuelles
hausses du coût de la carte autobus-métro si le gouvernement Charest ne réagissait
pas, celui-ci manifestait au contraire la plus totale indifférence », rappelle-t-il. Plus tôt
ce mois-ci, l'Association du transport urbain du Québec était sorti dépité d'une
rencontre avec des représentants du Ministère du Transport du Québec (MTQ). M.
Lawrence Cannon, vice-président de ce regroupement des sociétés de transport en
commun avait alors déclaré : « En fait, on vient de se faire dire par le MTQ que le
transport en commun, c'est un problème municipal, point à la ligne ! ».
« Lorsqu'on scrute les agissements du précédent gouvernement libéral, on se rend
compte que cette attitude est loin d'être nouvelle chez eux. Alors que le gouvernement
québécois constituait le principal soutien au transport en commun dans les années
1980, cette situation a complètement basculé en 1992 lorsque la réforme Ryan a mis
fin aux subventions du déficit d'exploitation des sociétés de transport », rappelle Éric
Daoust. Désormais, la part du gouvernement dans le financement de la STM n’est plus
que 15% alors que les municipalités défraient 42% des coûts et les usagers en
assument 38%. Un soutien accru du gouvernement de façon directe ou par
l'intermédiaire des automobilistes (actuellement 3% de la facture) ne semble donc
aucunement déraisonnable.
« Le désengagement de l'état québécois risque de renverser le regain d'achalandage
des dernières années à la STM. Les usagers ne seront pas les seuls perdants dans
l'annonce d'hier. Tous les Montréalais risquent de voir la qualité de l'air qu'ils respirent
se dégrader suite à la hausse probable du nombre de véhicules sur la route », conclut
Éric Daoust.