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Chrétien fait ses adieux au Parlement

Un homme qui en a fait beaucoup «pour son comté, son auberge et son club de golf», signale un député néo-démocrate

Isabelle Rodrigue
Le Devoir vendredi 7 novembre 2003

Ottawa - Après presque 40 ans à user les fauteuils de la Chambre des communes, le premier ministre Jean Chrétien a fait ses adieux officiels au Parlement hier, marquant la fin d'une époque.

Comme le veut la tradition lors du départ d'un chef de parti, la dernière présence de M. Chrétien en Chambre a été soulignée par des discours des partis d'opposition. Mettant de côté la partisanerie et le sérieux qui entoure habituellement les débats, les députés ont rendu hommage à toutes ses années de vie politique, à sa détermination, à son esprit bagarreur et à ses succès électoraux.

En guise de réponse lors de sa dernière intervention en Cham-bre, M. Chrétien a prononcé un plaidoyer en faveur du Canada, défendant sa vision et son travail pour «faire de ce pays le meilleur au monde».

«Quand je suis arrivé ici, en 1963 [...], j'ai rencontré des élus de diverses régions du Canada, et quelques-unes de mes opinions ont changé», a rappelé le premier ministre, ajoutant que c'est au Parlement qu'il a «appris ce que c'est que d'être Canadien».

C'est d'ailleurs ce «patriotisme» et cet «amour de son pays» que les représentants de l'Alliance canadienne, du Parti conservateur et du NPD ont fait ressortir dans leurs éloges respectifs. «C'est un Canadien pure laine, qui aime les Rocheuses autant que les plages du Nouveau-Brunswick», a noté Bill Blaikie, du NPD, qui a rappelé que le premier ministre en avait aussi beaucoup fait pour «son comté, son auberge et son club de golf», une remarque qui a provoqué de grands éclats de rire sur les banquettes.

«Le premier ministre avait tout faux sur certaines questions fondamentales touchant notre pays, et nous avons eu dans cette Chambre des débats historiques, mais jamais je n'ai douté de son engagement passionné envers le Canada», a pour sa part déclaré Joe Clark, ancien chef conservateur.

Détonnant dans ce concert d'éloges, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a prononcé un bref discours où la critique des décisions du premier ministre a prédominé. «Quand il est arrivé ici, à Ottawa, il a immédiatement choisi le Canada», a affirmé M. Duceppe, qui s'est concentré à rappeler la controversée question constitutionnelle.

«La question du Québec ne sera pas réglée tant que le Québec ne sera pas un pays souverain, a poursuivi le chef bloquiste. Il reste que malgré les désaccords très profonds qui nous séparent, le premier ministre et moi, il me faut reconnaître la force de ses convictions canadiennes.»

Ces propos n'ont pas semblé ébranler les opinions du premier ministre, qui s'est lancé dans un long rappel de ses origines québécoises. «Tous mes ancêtres sont de langue française, c'est pure laine, comme on dit, c'est "au coton". Seulement, j'ai toujours cru fondamentalement que si le fait français avait survécu en Amérique, c'est parce qu'il y avait eu un Canada», a-t-il lancé, suscitant les applaudissements nourris de ses députés, dont ceux de celui qui prendra sa place, Paul Martin.

Cette séance d'adieux du député de Saint-Maurice a également été celle de son épouse, Aline. Du haut de la tribune des invités, les députés lui ont offert pas moins de quatre ovations, soulignant son apport et son appui pendant toutes ces années.

«Aline Chrétien a également mené une vie publique, où elle a toujours été gracieuse, forte et courtoise, a déclaré M. Clark. Elle a su nous faire honneur. Elle n'a pas choisi la vie publique comme nous tous l'avons fait, mais elle a incarné les valeurs les plus nobles.»

Dès le début de son discours, Jean Chrétien a aussi remercié publiquement son épouse pour toutes ces années, précisant que «ce qui m'a le plus touché, c'est que tout le monde a fait référence à Aline».

S'il s'agissait du dernier tour de piste de M. Chrétien au Parlement, il n'a pas tout à fait tiré sa révérence. On ne sait toujours pas quand il cédera officiellement sa place de premier ministre à Paul Martin, qui sera élu chef du Parti libéral du Canada lors du congrès au leadership, dans une semaine.



»» réingénierie-partisanerie

«Ça s'apprend, le transport»

Le gouvernement Charest défend la nomination de Joël Gauthier à la tête de l'AMT

Jeanne Corriveau, Tommy Chouinard
Le Devoir vendredi 7 novembre 2003

C'est un «changement de philosophie» souhaité par le gouvernement Charest qui a provoqué le départ forcé de Florence Junca-Adenot de la présidence de l'Agence métropolitaine de transport (AMT). Le premier ministre Jean Charest estime que son gouvernement a agi «de façon correcte» en accordant son poste au directeur général sortant du Parti libéral du Québec, Joël Gauthier. Le chef libéral a en outre assuré qu'il «ne se gênera pas» pour procéder à de telles nominations partisanes à la tête d'organismes d'État «dans le meilleur intérêt de la population du Québec».

Lors d'un débat houleux à l'Assemblée nationale, le gouvernement Charest a dû longuement expliquer hier la décision prise mercredi à la réunion du conseil des ministres. «Il est tout à fait normal que, lorsqu'il arrive des changements de gouvernement, il y ait ce type de changement-là», a souligné Jean Charest en Chambre.

L'opposition péquiste a dénoncé la «nature partisane» de la décision et souligné les compétences de Florence Junca-Adenot. «Elle est une des meilleures gestionnaires du secteur public québécois. Elle a reçu des éloges de toute sa communauté. Quel est le message qu'on envoie à notre fonction publique professionnelle ? Quand le gouvernement change, on a droit de virer le monde ?», a lancé le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry.

Jean Charest a répliqué que le gouvernement précédent «n'a pas de leçons à donner». «Vous en avez viré, des gens, partout, strictement pour des raisons partisanes. Alors, je pense que le gouvernement actuel s'est comporté de façon correcte», a-t-il souligné tout en précisant qu'il est important de nommer à des postes stratégiques des personnalités «qui ont une vision branchée sur celle du gouvernement». «Comment ça pourrait être autrement ?», s'est-il demandé.

La ministre déléguée aux Transports, Julie Boulet, a expliqué en conférence de presse qu'un changement de gouvernement entraîne un changement de philosophie qui, lui, entraîne à son tour un changement de direction dans les organismes d'État et les ministères. «C'est monnaie courante», a-t-elle lancé. «On reconnaît l'excellent travail que [Florence Junca-Adenot] a fait. C'est une femme dévouée et dynamique. Mais il y a un changement de gouvernement», a-t-elle ajouté.

Selon la ministre déléguée aux Transports, le gouvernement entame un processus de réorganisation de l'État, et «la personne la plus parfaite» pour remplir ce mandat à l'AMT est Joël Gauthier.

Or M. Gauthier, 39 ans, n'a aucune véritable compétence professionnelle en matière de transports. Il a notamment été directeur de flotte pour une entreprise de location, vice-président d'un syndicat et avocat dans deux cabinets avant d'être nommé directeur général du PLQ en 1999 et organisateur en chef pour 90 circonscriptions lors des élections du 14 avril dernier.

«Ça s'apprend, le transport», a lancé Julie Boulet lorsque les journalistes l'ont interpellée sur la question. «Il est un excellent gestionnaire, a-t-elle ajouté. Et je pense qu'en matière de transports, il est très conscient des problématiques que vit Montréal.»

Le chef adéquiste Mario Dumont en a conclu que «ce ne sont ni la compétence ni le jugement des actions qui amènent la décision, c'est clairement la nécessité de libérer un siège pour l'ancien directeur général du Parti libéral du Québec». «La mollesse des réponses envoie clairement le message que cette nomination frôle l'indécence et que les récompenses passent devant la compétence», a-t-il ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, a dû intervenir à maintes reprises pour ramener à l'ordre des députés qui s'échangeaient bruyamment des propos peu honorables pendant le débat.

Julie Boulet a précisé n'avoir «rien à reprocher» à Florence Junca-Adenot, nommée par le gouvernement péquiste à la tête de l'AMT lors de la création de cet organisme, il y a plus de sept ans, mais elle n'a pas pu citer les lacunes qui expliquent ce remplacement. «Chacun des deux a des forces [...]. On ne regrette pas notre décision. Quand on veut changer les choses, il y a des changements qui s'imposent, qui n'auront pas nécessairement des bénéfices à court terme mais qui en auront à moyen et long terme», a expliqué Mme Boulet. Ironiquement, Mme Junca-Adenot a reçu hier soir un prix spécial de l'Ordre des urbanistes du Québec pour son excellente contribution au développement de l'urbanisme québécois. Sous son règne, l'utilisation des transports en commun s'est accrue de 13 % dans la région métropolitaine.

L'État accordera une indemnité de départ de 11 mois à Mme Junca-Adenot, c'est-à-dire 142 213 $. À titre de p.-d.g. de l'AMT, son salaire annuel s'élevait à 155 000 $. Le contrat fixe de quatre ans décroché par Joël Gauthier lui rapportera 136 177 $ par année. Il sera notamment appelé à trouver de «nouvelles solutions» en matière de transports en commun à Montréal et à conclure des partenariats public-privé, comme le souhaite le gouvernement Charest. «Ce sera un mandat de réorganisation et de modernisation», a noté Mme Boulet.

La critique péquiste responsable du dossier de la métropole, Rita Dionne-Marsolais, s'est dite inquiète de la nomination de M. Gauthier à l'AMT. Cette décision risque selon elle d'entraîner une augmentation des tarifs, l'abandon des projets de trains de banlieue ou «l'abolition pure et simple» de l'AMT. Déléguer des responsabilités de l'AMT à la Communauté métropolitaine de Montréal fait d'ailleurs partie des projets du gouvernement Charest.

Pour Normand Parisien, de Transport 2000, il ne fait aucun doute que les maires des grandes villes de l'agglomération métropolitaine ont eu un rôle à jouer dans le départ forcé de Mme Junca-Adenot. Les élus de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) demandent depuis des mois que la majeure partie des pouvoirs de l'AMT leur soit transférée, a-t-il rappelé. En octobre 2002, les maires qui composent la CMM s'étaient d'ailleurs prononcés unanimement en faveur de l'intégration de l'AMT dans le giron de la CMM.

Le maire de Longueuil, Jacques Olivier, nie avoir exercé des pressions auprès du gouvernement pour que Mme Junca-Adenot soit démise de ses fonctions. «Je ne vous dis pas que c'était le mariage d'amour, mais il n'y a pas de rapport. Si elle ne partageait pas nos idées, elle doit en subir les conséquences, a-t-il dit. Tout le monde perd sa job un jour.» Mais pour lui, le changement à la barre de l'AMT marque le début d'une «grande réforme».

Claude Dauphin, responsable des transports au comité exécutif de la Ville de Montréal, ne tarit pas d'éloges à l'endroit de Mme Junca-Adenot mais ne s'étonne pas outre mesure du sort qui lui a été réservé. «Moi aussi, j'ai passé par là exactement pour les mêmes raisons, des raisons d'État», a-t-il expliqué en évoquant la fin abrupte de son mandat comme délégué du Québec à Boston lorsque le Parti québécois avait pris le pouvoir en 1994. «Ce n'est pas du tout agréable.» Comme le maire Olivier, il croit que le temps est venu pour Québec de clarifier les rôles respectifs de l'AMT et de la CMM, des créatures du gouvernement qui ont toutes deux reçu pour mandat de planifier les transports en commun. «Tout le monde est assis entre deux chaises», a-t-il dit.

Depuis son élection, le gouvernement Charest a procédé à une série de nominations impliquant des personnalités d'allégeance libérale : l'ancien ministre André Bourbeau à Hydro-Québec, l'ancienne députée France Dionne à la délégation du Québec à Boston, l'ancien candidat Alain Cousineau à Loto-Québec, l'organisateur Raymond Boucher à la SAQ, etc. Quelque 45 nominations du genre ont été faites jusqu'à présent. Le phénomène n'est cependant pas nouveau puisqu'il tend à se répéter avec l'arrivée d'un nouveau gouvernement, comme ce fut le cas par le passé.



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Maudite politique! (1)

André Pratte
La Presse vendredi 7 novembre 2003

Le Parti libéral du Québec promettait, lors de la dernière campagne électorale, "un gouvernement au service des Québécois". À voir la fournée de nominations partisanes depuis le début de l'automne, on se demande si ce gouvernement ne sera pas surtout au service des organisateurs libéraux. La plus récente promotion est celle de l'ex-directeur général du PLQ, Joël Gauthier, à la tête de l'Agence métropolitaine de transport. M. Gauthier prend la place de Florence Junca-Adenot, qui dirigeait l'AMT depuis sa création, il y a sept ans.

M. Gauthier n'a pas d'expérience dans la gestion du transport en commun, mais en soi, cela n'est pas si grave. Mme Junca-Adenot n'en avait pas non plus. Les nominations partisanes font partie de la politique, et jusqu'à un certain point, sont nécessaires. Mais il existe aussi un vieil adage, dont la sagesse ne s'est jamais démentie: "Si quelque chose n'est pas brisé, ne le réparez pas."

Or, l'AMT est à peu près la seule chose qui marche bien à Montréal depuis quelques années. Mme Junca-Adenot s'est battue pour le transport collectif avec énergie, créativité et obstination. Cela a donné, notamment, la relance des trains de banlieue. Alors, pourquoi la remplacer?

Mme Junca-Adenot n'était pas assez docile au goût des libéraux? C'est sa tête dure, justement, qui a fait le succès de l'AMT. Y avait-il quelque chose qui ne tournait pas rond à l'AMT? Si c'est le cas, le gouvernement devrait le dire clairement, et expliquer ensuite les raisons qui l'ont amené à confier cette fonction stratégique à un fidèle organisateur.

En page 41 du programme électoral du PLQ, Jean Charest signait la promesse suivante: "Je m'engage, au nom de tous les députés et candidats du Parti libéral du Québec, à diriger un gouvernement transparent, aux règles éthiques strictes." Le premier ministre a-t-il déjà oublié le sens de cet engagement?



»» réingénierie-partisanerie

La classe moyenne comme paravent
- Priorité santé : les malentendus du programme libéral

Jennie Skene
Présidente de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, qui représente 45 500 infirmières syndiquées au Québec
Le Devoir vendredi 7 novembre 2003

Le recours aux lettres ouvertes pour présenter son point de vue est, de l'avis de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, symptomatique des changements qui affectent les relations de l'État québécois avec sa société civile.

Dans le climat d'inquiétude provoqué par les projets de «réingénierie» de l'État et de restructuration du réseau de la santé et des services sociaux, nous exprimons notre déception à propos de la manière dont le gouvernement a jusqu'ici traité sa promesse électorale d'un réinvestissement massif en santé. Nous voulons aussi faire connaître notre désaccord sur les quelques décisions qu'il a prises depuis le 14 avril en ce qui concerne, entre autres, le statut de travailleur autonome des personnes qui oeuvrent dans les ressources intermédiaires ou encore l'abolition de la subvention de 15 millions qui venait réduire les coûts assumés par les parents à l'occasion de la rentrée scolaire de leurs enfants. Cette lettre se veut finalement une mise en garde à un gouvernement qui semble privilégier la voie de l'affrontement plutôt que celle du dialogue, de la négociation et du débat.

La nécessité du débat démocratique

Sans vouloir donner de leçons à personne, il importe, nous semble-t-il, de rappeler que la démocratie, qui s'exprime formellement par le libre choix à intervalles réguliers des gouvernants par les gouvernés, repose sur trois principes essentiels : la responsabilité des élus de représenter la pluralité de citoyens, la responsabilité des citoyens, qui ne s'arrête pas aux urnes, de défendre le bien commun et la limitation des pouvoirs des gouvernants qui, encadrés par des chartes, des lois, des codes, doivent aussi répondre d'une éthique du pouvoir. Le débat démocratique prend donc ici toute sa place, et qui dit débat dit information, transparence, lieux d'expression et écoute. À cet effet, il ne suffit pas à Jean Charest de répéter qu'il a été élu sur un programme, il importe aussi qu'il écoute non seulement ceux qui ont voté pour lui mais également les autres qui étaient en désaccord (plus de deux millions sur 3,8 millions d'électeurs) et qui sont toujours en désaccord avec son programme ou qui, l'ayant élu, ont une interprétation différente de la sienne.

La classe moyenne

À l'occasion de la rentrée parlementaire, nous avons pu entendre l'ensemble des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale se porter à la défense des intérêts de la classe moyenne, c'est-à-dire autant les intérêts des ouvriers qualifiés que ceux des cadres subalternes, en passant par les ménages à double revenu, les infirmières, les professeurs et bien d'autres. Mais cette préoccupation, qui touche l'ensemble de notre membership, ne devrait pas servir de paravent aux obsessions du gouvernement actuel de répondre aux attentes du patronat et des plus nantis. À cet effet, il est d'ailleurs significatif de voir le gouvernement accepter que les médecins puissent se regrouper en compagnies et vendre des actions pour économiser de l'impôt et en même temps menacer de diminuer les subventions aux garderies pour les obliger à piger dans leur modeste bas de laine qui leur permet de pallier les imprévus. Cette préoccupation de la classe moyenne ne saurait non plus faire oublier les besoins criants des Québécois dont, pour un cinquième d'entre eux, le revenu disponible personnel se situe, selon les dernières statistiques disponibles, à quelque 6000 $ par année. Elle ne saurait non plus justifier des baisses d'impôt qui, dans le contexte actuel des finances publiques, auraient pour seul résultat la réduction des recettes fiscales et, partant, le démantèlement des programmes sociaux ainsi que l'application de compressions dans les services qui seraient maintenus.

Finalement, il serait trompeur d'associer cette classe moyenne à une majorité silencieuse préoccupée par ses seuls intérêts. En effet, 40 % des Québécois au travail sont syndiqués. Alors qu'une partie non négligeable des retraités effectue du bénévolat à la popote roulante du quartier, à l'hôpital ou ailleurs, une autre partie des membres de la classe moyenne, à la retraite, après le travail ou les cours, milite dans des organisations de défense des droits, dans des groupes communautaires ou des groupes de femmes, etc. Ces citoyens se sont donné des porte-parole que le gouvernement actuel a le devoir d'entendre.

Le malentendu du programme libéral

Le gouvernement du Parti libéral peut se targuer de respecter son programme quand il annonce la réduction du nombre d'unités d'accréditation syndicale, l'assouplissement de l'article 45 du Code du travail, la création d'un poste de commissaire à la santé et le remplacement des régies régionales. Ces mesures sont bien théoriques pour une population qui aspire à une réduction des attentes pour consulter un médecin, pour passer un examen diagnostic ou pour se faire opérer. Elles semblent également décrochées des attentes de ceux qui savent que si un bon système de santé peut contribuer à améliorer la santé, d'autres facteurs doivent être pris en compte. En effet, l'étude des inégalités en matière de santé a largement démontré que l'amélioration de la santé passe d'une part par l'accessibilité des services de santé de qualité et, d'autre part, par les conditions de travail, l'environnement physique, l'environnement social, les milieux de vie, le statut socioéconomique, etc. Or, à cet égard, les annonces du gouvernement Charest sont inquiétantes car elles reflètent une définition étroite de la santé qui ne tient pas compte de l'ensemble de ces déterminants.

Vers une détérioration globale ?

Le fait de rechercher la sous-traitance dans le but de privatiser les profits en appauvrissant les travailleurs syndiqués, qui ont su par leurs luttes obtenir des conditions de travail plus décentes, ou de faire obstacle à la syndicalisation ne contribuera en aucun cas à améliorer la santé des personnes touchées ou de leur famille. Et pourtant, le gouvernement persiste dans la voie de la privatisation alors que les exemples de l'Ontario et de la Californie, pour ne parler que de la privatisation de l'électricité ou des compressions dans les services publics, sont éloquents en ce qui concerne les dangers qu'une telle voie représente.

Chambarder les structures d'un réseau déjà fragilisé par les réformes antérieures, et ce, sans savoir si ces changements contribueront à améliorer les services, viendra une fois encore perturber les infirmières et infirmiers ainsi que les autres travailleurs de la santé, si ce n'est les démotiver. En cette période de pénurie, cela est loin de nous apparaître comme la meilleure façon de les retenir. Rappelons-nous la réforme Côté et la définition formelle des missions des établissements, souvenons-nous des experts qui, dans les colloques, suggéraient de mettre les établissements en situation de concurrence comme en Angleterre. Et que dire du virage ambulatoire, des fermetures d'établissements et des fusions ? Aujourd'hui, la solution miracle semble résider dans les groupes de médecine familiale (GMF) et l'intégration des services. Qu'en sera-t-il demain ? Peut-être, et nous nous posons la question, serait-il possible d'améliorer les structures actuelles et de susciter une plus grande collaboration entre les établissements de santé sans recourir à une autre réforme de taille qui requerra des énergies énormes de la part de ceux qui voudront réussir le tour de force de restructurer un réseau tout en tentant d'assurer des services de qualité.

À notre avis, les projets de «réingénierie», de restructuration du réseau et de restructuration syndicale, voire les promesses de baisses d'impôt, n'ont rien à voir avec une amélioration de la santé de la population, tout au contraire. Il n'y a qu'à regarder où cela a mené ailleurs. Alors même que des médecins américains revendiquent la mise en place d'un régime public de santé, alors même que les Ontariens qui ont connu ce type de bouleversement ont décidé de changer de gouvernement, alors même qu'un grand nombre d'organisations de la société civile ont manifesté leurs inquiétudes et leurs désaccords, nous disons au gouvernement qu'il doit écouter cette société civile. Au delà du Conseil du patronat ou des chambres de commerce, il doit permettre à l'ensemble de ses porte-parole de se faire entendre.



»» défusions

Bourque tente de raviver la guerre linguistique, soutient l'Équipe Tremblay

François Cardinal
La Presse vendredi 7 novembre 2003

Pierre Bourque a délibérément attaqué la communauté anglophone afin d'exacerber le sentiment défusionniste, accuse l'Équipe Tremblay. En agissant de la sorte, le chef de l'opposition n'avait qu'un but en tête: contribuer au démantèlement de la ville et ainsi reprendre le pouvoir.

"La tournée de Pierre Bourque est tellement déconnectée de la réalité qu'on pourrait croire qu'il s'agit de sa tournée d'adieu", a raillé, hier, le président par intérim de l'Union des citoyens de l'île de Montréal (UCIM), Michel Archambault, à la suite des propos que M. Bourque a tenus à l'endroit des anglophones dans un journal de l'Ouest-de-l'Île.

Mercredi, La Presse faisait état d'une entrevue accordée par M. Bourque à l'hebdomadaire Cités nouvelles. L'ex-maire y faisait valoir que Montréal est actuellement dirigé par les anglophones et déplorait du coup la méfiance de cette communauté à l'endroit de la nouvelle ville. "J'ai toujours espoir qu'il y ait une nouvelle génération beaucoup plus inclusive", affirmait-il.

Pierre Bourque a encore une fois refusé de s'expliquer, hier, malgré le tollé suscité par ses affirmations.

Pour l'UCIM, il ne fait aucun doute que le chef de l'opposition tente de raviver la guerre linguistique afin de satisfaire ses propres ambitions politiques, soit un retour à la mairie en 2005. "C'est pour cela qu'il s'en prend aux anglophones, a lancé M. Archambault. C'est pour cela aussi qu'il fait le jeu des défusionnistes et qu'il encourage les anciennes villes de l'Ouest-de-l'Île à se séparer de Montréal. Personne n'est dupe, Bourque n'a aucune chance de devenir le maire de Montréal si l'Ouest-de-l'Île demeure une partie intégrante de la nouvelle ville."

Par ailleurs, le Parti québécois de Montréal-Centre s'est dit "étonné" de la réaction du président de l'arrondissement de Dorval, Peter Yeomans, qui a qualifié de "répugnantes" et d'"affreuses", hier dans La Presse, les accusations de M. Bourque.

"En juin dernier, a rappelé le président de cette instance péquiste, Christian Gagnon, son collègue Robert Libman a exprimé en substance la même opinion que M. Bourque et ne mérite sûrement pas les critiques que M. Yeomans a adressées au chef de l'opposition."

Les allégations de M. Gagnon se fondent sur une entrevue accordée par le président de l'arrondissement de Côte-Saint-Luc-Hampstead-Montréal-Ouest, Robert Libman, à l'hebdomadaire de l'Ouest-de-l'Île The Suburban en juin dernier. "Montréal n'a jamais été mieux représentée par des Anglo-Montréalais au conseil de la mégaville, se réjouissait-il. Il y a un pourcentage très élevé des élus de l'administration qui sont anglophones, et sept des onze membres du comité exécutif sont des non-francophones."

Selon M. Gagnon, M. Yeomans n'a pas à réagir aussi fortement aux propos de M. Bourque puisqu'un membre influent de son propre caucus partage cette opinion. En outre, l'ex-maire de Dorval devrait faire attention à ce qu'il dit plutôt que de juger autrui, a-t-il ajouté en faisant référence à ses déclaration selon lesquelles le gouvernement sortant du Parti québécois était "raciste" et "extrêmement répressif".

"M. Yeomans, qui ne s'en est jamais excusé, se contentant d'exprimer des regrets, est bien mal placé pour donner des leçons de respect d'autrui", a fait valoir Christian Gagnon.

Pour sa part, M. Libman a reconnu que ses propos étaient similaires à ceux exprimés par M. Bourque. Cependant, tout est une question de contexte et d'attitude, a-t-il dit. "Pierre Bourque a fait le même constat que moi, mais lui l'a fait avec amertume, a-t-il indiqué. S'il avait été positif en tenant de tels propos, ce ne serait pas la même chose. Mais là, il se plaignait de la présence anglophone dans un journal francophone..."



»» Québec dans le monde

Chapeau aux organismes de coopération internationale!

Monique Gagnon-Tremblay
Vice-première ministre, ministre des Relations internationale et ministre responsable de la Francophonie
La Tribune vendredi 7 novembre 2003

Au nom du gouvernement du Québec, je voudrais joindre ma voix et celles de mes collègues ministres et députés, à la voix des députés de l'opposition pour souligner les 7e Journées québécoises de la solidarité internationale.

Nous jouissons, au Québec, d'un niveau de vie très enviable comparativement à celui des populations des pays du Sud. Nous avons donc les moyens et le devoir de contribuer à la lutte contre la pauvreté et le mieux-être de chaque peuple. Dans un monde d'interdépendances, une meilleure répartition de la richesse devient nécessaire pour garantir notre prospérité et notre sécurité.

Le gouvernement du Québec peut s'appuyer sur une longue tradition dans le domaine de la solidarité internationale. Notre patrimoine solidaire que nous avons construit grâce à l'engagement de centaines de travailleurs et de bénévoles oeuvrant au sein des organismes de coopération internationale mérite toute notre admiration.

Les Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI), organisées annuellement par l'Association québécoise des organismes de coopération internationale et ses membres, nous rappellent notre appartenance au monde et notre responsabilité collective face aux défis de la pauvreté, des exclusions et des inégalités économiques et sociales.

Ce grand rendez-vous annuel de la solidarité vise à sensibiliser les Québécois à la situation des pays en développement et à établir des ponts entre la population québécoise et celle des pays du Sud. La 7e édition des Journées québécoises de la solidarité internationale, qui débute aujourd'hui (hier) même et se poursuivra jusqu'au 16 novembre, portera sur le thème: "Choisissons notre monde - L'eau pour tous, tous pour l'eau". Ce thème est lié à l'Année internationale de l'eau douce, déclarée par l'Organisation des Nations unies, et surtout à l'urgence d'agir pour sauvegarder cette ressource vitale, de plus en plus menacée à l'échelle de la planète.

Dans 13 régions du Québec, les Journées québécoises de solidarité internationale offrent à la population des milieux scolaire, universitaire, syndical et communautaire, une série d'activités permettant de mieux saisir les enjeux du développement. Elles proposent également des formes d'engagement susceptibles de créer des conditions de vie à la mesure des aspirations de chacun.

Ainsi au cours des prochains jours, des acteurs de tous les milieux seront invités à enrichir cette réflexion - des penseurs, des artistes, des pédagogues, des coopérants, des hommes et des femmes d'ici et d'ailleurs. Chacun à sa manière s'appliquera à nous faire prendre conscience des liens et des intérêts que nous partageons avec les sociétés du Sud. De nos responsabilités à leur égard également.

Parmi les nombreuses activités d'éducation et de sensibilisation du public qui se dérouleront, mentionnons: le jeu-questionnaire Solidarité en herbe, destiné aux jeunes de niveau secondaire dans les régions participantes, et un tournoi final qui regroupera les équipes gagnantes pour la clôture des Journées québécoises; une tournée de sensibilisation de Jeunesse du Monde sur la question de l'eau dans les écoles primaires et secondaires du Bas Saint-Laurent; une exposition de photos sur l'eau organisée par le Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke; une soirée poésie sous le thème "La mer à boire" avec Raoûl Duguay en collaboration avec le comité de solidarité tiers monde de Trois-Rivières; une soirée de contes en Montérégie qui permet de vivre le récit merveilleux de l'eau dans les cultures québécoises, haïtiennes et amérindiennes en collaboration avec Terre sans frontières et la Maison des cultures amérindienne; et beaucoup d'autres interventions.

Rappelons que l'engagement du gouvernement du Québec en matière de développement international s'est concrétisé, en 1997, par la création du Secrétariat à l'aide internationale (SAIQ). Les actions du SAIQ se matérialisent dans trois programmes:

* l'appui aux initiatives de développement et de solidarité dans les communautés du Sud, grâce au Programme québécois de développement international (PQDI). Dans le domaine de l'eau, le gouvernement du Québec a accordé son soutien à plusieurs projets visant à favoriser l'accès de la communauté à de l'eau potable, tant en Afrique qu'en Amérique latine. Ces projets ont été réalisés avec l'appui financier du gouvernement du Québec. À titre d'exemple, près de 500 000 $ ont été octroyés à l'organisme Terre sans frontières pour le financement de six projets au Burundi. Grâce à ces projets, plus de 100 000 personnes ont maintenant accès à de l'eau potable. Au Pérou, le Secrétariat à l'aide internationale a contribué à hauteur de 102 000 $ dans un projet d'adduction d'eau potable pour deux communautés rurales de la sierra péruvienne, réalisé par l'organisme Club 2/3;

* le financement de stages en solidarité internationale pour les jeunes de 18 à 35 ans, avec le programme Québec sans frontières;

* le soutien à la mission éducative des organismes de coopération internationale et l'appui aux activités de sensibilisation du public.

C'est d'ailleurs dans ce cadre que le gouvernement du Québec est très fier de soutenir l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) dans la réalisation des Journées québécoises de la solidarité internationale. Je profite aussi du moment pour signaler que cet appui qu'a voulu accorder le gouvernement du Québec aux Journées québécoises de la solidarité internationale constitue également une reconnaissance des forces progressistes que sont les organismes québécois de coopération internationale. À cet égard, j'aimerais rendre un hommage bien senti à l'AQOCI qui, grâce à la ténacité et au dévouement peu communs de ses membres, coordonne avec brio l'ensemble des activités des Journées québécoises de la solidarité internationale depuis leur création, en 1997.

Le ministère des Relations internationales et le gouvernement du Québec veulent une nouvelle fois manifester de façon tangible leur intérêt à l'égard de la solidarité internationale et souligner les efforts de sensibilisation et d'éducation du public au Québec. Par cet appui, nous reconnaissons le rôle essentiel de la société civile et sa contribution au développement solidaire, équitable et durable.



»» Québec dans le monde

Québec veut continuer à rayonner sur la scène internationale

Le Soleil vendredi 7 novembre 2003

PC - Le Québec n'a pas l'intention de réduire son rôle international, soutient la ministre québécoise des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.

"Nous n'avons pas l'intention de réduire notre intervention à l'international. Au contraire, j'ai un mandat qui est très clair à cet égard, et le premier ministre Jean Charest a bien indiqué qu'il veut que le Québec rayonne à l'étranger", a déclaré la ministre, hier, de retour d'une mission à l'étranger qui l'a menée en France, au Vatican et au Japon.

"Avec tout ce qui se passe dans le monde, le Québec doit être présent. Les services qui sont offerts aux entreprises et au milieu culturel par les délégations québécoises doivent être maximisés. C'est un réseau extraordinaire, dont on ne peut se passer", a dit la ministre.

Tous les services offerts par le ministère des Relations internationales sont actuellement en révision dans le cadre de la réingénierie de l'État que le gouvernement Charest est en train d'effectuer. Mais, a expliqué Mme Gagnon-Tremblay, cette réorganisation pourrait laisser place à un renforcement du réseau de délégations québécoises à l'étranger, notamment en Allemagne ou en Chine.

Le réseau des bureaux québécois à l'étranger est "complémentaire" de celui des ambassades canadiennes, croit la ministre. Il constitue "une valeur ajoutée" pour nos entreprises ou nos artistes qui se déploient à l'étranger, notamment grâce à l'embauche dans chaque pays d'employés locaux qui connaissent la langue locale et qui ont beaucoup de contacts.

Les velléités de la ministre pour le développement du réseau du Québec à l'étranger ne se traduisent cependant pas par une hausse de budget, comme l'indiquent les crédits déposés à l'Assemblée nationale au printemps dernier par le ministre des Finances. Le budget du ministère est resté stable à 109 millions $ par rapport à l'année précédente, tout comme le budget de la représentation à l'étranger, qui est resté fixe, à 49 millions $.



»» Québec dans le monde

Le Québec renonce à faire entendre sa voix à Washington

Le gouvernement Charest maintiendra sa présence à l'étranger en dépit des restrictions budgétaires

Robert Dutrisac
Le Devoir vendredi 7 novembre 2003

Québec - Le gouvernement Charest accepte que le Québec ne soit pas représenté à Washington, par l'entremise d'une délégation ou d'un bureau, pour y promouvoir ses intérêts dans ses champs de compétence.

«C'est certain que le fait d'envoyer un message qui est le message d'un gouvernement qui est fédéraliste, ça aide au niveau de la collaboration» avec le gouvernement canadien, a fait valoir la vice-première ministre et ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, au cours de la première conférence qu'elle donnait dans ses nouvelles fonctions.

Mais cette collaboration n'ira pas jusqu'à permettre au Québec d'assurer sa propre représentation à Washington. Ottawa a toujours empêché le Québec d'avoir une délégation, un bureau ou simplement un diplomate à demeure à Washington. Tout au plus, un membre de la délégation de New York, sous le couvert d'une fonction reliée au tourisme, est autorisé à y faire des courts séjours pour y établir des contacts.

Contrairement au gouvernement précédent, Mme Gagnon-Tremblay ne s'en émeut pas. «Il y a des choses qu'on ne peut pas faire parce qu'il y a des choses qui relèvent d'un pays [et] qui ne relèvent pas de nos compétences», a concédé la ministre.

Par ailleurs, la ministre a indiqué qu'en dépit des compressions à venir au sein de l'appareil d'État, le gouvernement n'a pas l'intention de réduire sa présence à l'étranger. «Au contraire, a-t-elle dit. Le premier ministre l'a bien indiqué, il veut que le Québec rayonne à l'étranger.» Dans le dernier budget, les crédits alloués au ministère des Relations internationales sont restés stables à 109 millions, tout comme ceux, de 49 millions, consentis aux délégations, bureaux et antennes.

Mme Gagnon-Tremblay n'a pas pu donner de détails sur l'exercice de réingénierie en cours dans son ministère sinon pour dire que «tout était possible» et que des redéploiements étaient à l'étude. La ministre a reconnu que la délégation générale à Paris draine trop de ressources par rapport à l'importance économique des relations France-Québec. Elle a toutefois souligné que la délégation a un rôle majeur à jouer pour la Francophonie.

«Tout est fonction des besoins de nos entreprises», a cependant dit la ministre. Mais quand on lui demande si elle annonce un virage économique des relations internationales du Québec, Mme Gagnon-Tremblay étire la définition d'économie. «Quand je parle d'économie, ce n'est pas juste le développement économique des industries, c'est les universités, c'est tout le développement culturel. C'est tout là», a-t-elle indiqué.



»» biotechnologie

Les petites biotechs se disent victimes de la réduction des crédits d'impôt

Karine Fortin
Le Soleil vendredi 7 novembre 2003

PC Montréal - La réduction des crédits d'impôt à la recherche annoncée dans le budget du ministre des Finances Yves Séguin a obligé plusieurs petites firmes de biotechnologie à réduire leurs investissements ou à faire des mises à pied, révèle un sondage mené pour le compte de BioQuébec.

Des 43 firmes ayant répondu au questionnaire de l'Association québécoise des biotechnologies, plus de la moitié disent avoir sabré leurs dépenses en R-D au lendemain du premier budget Séguin. En outre, une dizaine de sociétés disent que les coupes les ont forcées à licencier du personnel.

Jusqu'en juin dernier, le gouvernement du Québec remboursait jusqu'à 40 % des frais de recherche encourus par les entreprises admissibles. Cette proportion a été réduite de 12,5 % par le ministre des Finances.

À l'époque, les représentants de l'industrie s'étaient élevés contre la mesure budgétaire qualifiée de "nuisible" par le directeur général de BioQuébec, Perry Niro. À son avis, la diminution des fonds disponibles risquait notamment de fragiliser les petites entreprises dont les produits n'en sont qu'aux premières étapes de développement.

Selon le président et chef de la direction de Thératechnologie, Luc Tanguay, le couperet est tombé à un bien mauvais moment. "Le financement privé s'est contracté, puis il y a eu la réduction des crédits d'impôt. Les deux en même temps, ça fait un effet de levier majeur. C'est une coïncidence malheureuse", a-t-il confié hier.

Les trois quarts des entreprises québécoises de biotechnologie ayant participé à l'étude de BioQuébec ont affirmé être en recherche de financement. Pas surprenant : 51 % d'entre elles soutiennent en effet qu'elles ne disposent pas d'une encaisse suffisante pour tenir plus d'un an !

Le capital de risque local ou étranger demeure la source de fonds préférée des entrepreneurs du secteur, loin devant les subventions (15 %) et le marché boursier (15 %). Dans la plupart des cas, les sommes souhaitées sont inférieures à 5 millions $, mais 39 % des entreprises participantes ont dit chercher plus de 10 millions $.

Le hic, c'est que la plupart des fonds sont destinés à des sociétés dont les produits sont près d'être commercialisés. Dans le sondage, l'accès au capital de risque figure d'ailleurs au premier rang des défis de l'industrie. Viennent ensuite l'embauche de personnel qualifié et les politiques gouvernementales.

À l'occasion de son assemblée annuelle, hier, BioQuébec a une nouvelle fois pressé Québec d'agir. "Depuis 15 ans, le gouvernement a été un acteur clé du développement de l'industrie des biotechnologies. Nous lui proposons aujourd'hui de devenir le catalyseur de notre croissance en initiant la création dès maintenant d'un fonds d'investissement public-privé", a déclaré l'organisme dans un communiqué.

Selon M. Tanguay, la consolidation de l'industrie est néanmoins inévitable. "On est de loin la région au monde où il y a le plus d'entreprises par habitant ou en fonction du PIB. On compétitionne tous pour les même ressources financières, humaines et technologiques. À un moment donné, il faut que les joueurs s'unissent pour en faire des meilleurs, pour pouvoir compétitionner avec les Américains", a-t-il dit.



»» biotechnologie

Le sort de BioChem est entre les mains d'Ottawa

Une entente serait «imminente» entre Shire et les investisseurs québécois voulant racheter les projets de recherche de l'entreprise

Alec Castonguay
Le Devoir vendredi 7 novembre 2003

Le sort de l'entreprise pharmaceutique BioChem sera cristallisé dans les prochaines heures, sinon dans les prochains jours. Selon les informations qui circulent dans le milieu pharmaceutique, il ne manque que l'accord d'Ottawa et BioChem pourra renaître, entraînant le retour au travail d'une trentaine des 120 chercheurs congédiés par la multinationale Shire en juillet dernier.

Une entente serait «imminente» entre Shire et les investisseurs québécois qui veulent racheter les projets de recherche qui étaient en cours chez BioChem au moment où la multinationale britannique a décidé de mettre la clé dans la porte pour se concentrer sur les molécules plus près de la commercialisation. «Il y a une offre sur la table. Si Ottawa accepte les conditions, c'est fait», a expliqué une source proche du dossier.

Le gouvernement du Canada doit décider si cette proposition respecte les conditions précédemment acceptées par Shire lorsque celle-ci a mis la main sur BioChem en 2001. Une rencontre avait d'ailleurs lieu hier après-midi dans la capitale fédérale pour tenter de s'entendre.

Paul Crête, critique du Bloc québécois en matière d'industrie, a talonné Allan Rock, le ministre fédéral de l'Industrie, lors de la période de questions à la Chambre des communes, lui demandant s'il allait encourager ses fonctionnaires à donner leur accord. «Il s'agit d'un dossier très important pour moi, a répondu le ministre. Ma seule préoccupation est de faire en sorte que les intérêts du Canada soient protégés, que les emplois et les investissements au Québec soient protégés et que les engagements de Shire soient respectés. Nous travaillons actuellement pour faire en sorte que les emplois des chercheurs soient conservés ici et je ferai tout ce qui est possible pour que cela soit le cas.»

Le Bloc estime que l'occasion est belle de relancer l'entreprise avant que trop de chercheurs ne se soient trouvé un autre emploi. «La clé est vraiment dans les mains du ministre, a soutenu Paul Crête lors d'un entretien avec Le Devoir. Shire doit respecter ses engagements, mais pas au point de bloquer une relance.»

Locaux partagés

Une source a confirmé certaines informations parues hier dans La Presse, notamment que la bâtisse de BioChem, à Laval, servirait à loger l'entreprise de biotechnologie Neurochem, qui compte Francesco Bellini, l'ex-fondateur de BioChem, parmi ses dirigeants. La compagnie indépendante qui serait créée pour relancer les recherches de BioChem partagerait également les locaux. Le Fonds FTQ est aussi impliqué dans la transaction.

Le coût d'acquisition du bâtiment et des laboratoires serait toutefois inférieur au montant de 75 millions avancé. «Je ne sais pas d'où vient ce chiffre, la bâtisse de BioChem ne vaut plus ce prix aujourd'hui», soutient cette personne près du dossier.

Selon cette source, «il n'est pas trop tard pour rappeler tous les chercheurs dont nous aurons besoin, car une faible minorité a déniché un emploi ailleurs. La plupart sont à la maison et attendent. Si Ottawa accepte, nous pourrons relancer BioChem sans problème.»



»» Caisse de dépot et placement du Québec

Caisse is on the right track

The Montréal Gazette Friday, November 07, 2003

Éditorial - Henri-Paul Rousseau was brought in from the private sector last fall to reform the Caisse de dépot et placement du Québec, which invests Quebecers' pension contributions. He fired seven executives, cut overall staff from 958 to 820, and closed eight of 11 Caisse offices outside Quebec. But none of these moves are as significant as Rousseau's revelation this week he wants to operate the Caisse according to a new business model that will put the interests of own depositors first.

That might seem like the obvious thing for any pension-fund manager to do. But the Caisse is different. For too long, it has been required to operate under the dual mandate of maximizing returns but also contributing to the economic development of Quebec.

These conflicting mandates, while well-intentioned, saw the Caisse run up heavy losses backing Québecor Media's expensive takeover of Groupe Vidéotron in 1999 - just to prevent Vidéotron from falling into the hands of Rogers Communications of Toronto, a consolidation that made far more business sense.

Last year, the value of assets under Caisse management fell 9.6 per cent, one of the worst performances for investors of its class.

Obviously, the Caisse should always be on the outlook for promising investment opportunities in Quebec. But investment decisions that are made primarily for political reasons are rarely good for investors. Rousseau is right to assert the Caisse's contribution to the economic development of Quebec will be a natural corollary of sound investment decisions.

The Charest government should move quickly to amend legislation governing the Caisse so the dual mandate is expired, and Rousseau can move forward with a business plan that doesn't contradict the statute books.



»» Mégahôpital

Megahospitals could lead to mega mess

JOSEE LEGAULT
The Montréal Gazette Friday, November 07, 2003

All this talk about megacities and megahospitals is starting to feel like a mega mess. To address the mess that's been piling up on the hospital front, Jean Charest did what every premier does to play for time: he formed a special committee.

To hand in a final report in four months from now, he chose two mega names: former prime minister Brian Mulroney and former premier Daniel Johnson, respectively his former boss in Ottawa and his predecessor at the head of the Quebec Liberal Party. Friends in need are friends, indeed.

Their mandate is to analyze the two superhospital projects, the French-language CHUM and the English-language MUHC, which were announced but never built by the previous government. The committee's two mega co-chairpersons might be "well versed in the administration of public resources," as the premier's press release says, but they have no expertise in actual medical care or hospital administration.

So why name two men who know so little about what will be one of the most expensive public projects of the next few years, one that concerns the No. 1 priority of the population and allegedly of the Charest government?

Since the premier makes it sound like the building of the superhospitals is a fait accompli, the lack of expertise of these two men is neither here nor there. If anything, they stand to serve as prestigious rubber stamps on the final report.

Like most government reports, this one will be mostly written by senior civil servants.

More importantly, the naming of these two heavyweights, who are also close allies and friends of Charest, will help him keep his own health minister in check. It feels as if the premier went to great lengths to sideline Philippe Couillard by taking this crucial dossier out of his hands to give it to Mulroney and Johnson.

The reason might be Couillard wasn't nearly as enthusiastic about the superhospitals as Charest. Last spring, while the premier was making the television rounds and expressing his full support for the superhospitals, Couillard was much more reserved, even alluding to the possible creation of a committee headed by real experts, including some from other countries where similar projects were undertaken.

Surely, the health minister must have known a number of these experiences have proven to be extremely expensive and not as effective as expected. But now that he's faced with Mulroney and Johnson, two of the most influential men around, Couillard stands to have little to say on the outcome of these hospitals. So it's Charest: 1. Couillard: 0.

This fait accompli isn't all that is disturbing on this issue. One is the number of beds. The plan now is to have 1,000 beds at the CHUM and more than 800 beds at the MUHC.

But the press release from the premier's office states these numbers must now include the beds of one complementary hospital that each side will have to keep open in the downtown area.

Given, for example, the Royal Victoria has 750 beds, what would that leave to the superhospitals? Unless, of course, the press release was wrong.

Also disturbing is what will happen to the buildings that will be closed. Will luxurious condos take their place in many sites that are now prime real estate? Who would benefit from this?

Another major problem is the premier is demanding both superhospitals must be "fully complementary." But the reality is these two linguistically defined university hospital networks, in most cases, have been functioning like parallel systems with a number of similar specialties and departments.

Are we supposed to believe these parallel systems would go gently into an integrated system with all the power struggles that would entail?

Given such power struggles have already been going on within each hospital network ever since Lucien Bouchard announced the creation of the superhospitals, one can bet they would be even more fierce between the two networks.

If it were to be fully complementary, the government would create one hospital network, instead of keeping the two. A system that is probably the only health-care system divided on linguistic lines in the world - a remnant of what Montreal was in the 18th, 19th and first part of the 20th century.

But what is most worrisome is the main focus of the Mulroney-Johnson committee is on budgets, infrastuctures, transport and urban landscape, not on patient care.

With an aging population and ever-growing needs in health care, that kind of attitude is the true mega mess that stands at our doorstep.



»» Paul Martin

Lancement du livre:
L'autre histoire de l'indépendance

L'aut'courriel n° 36, 6 novembre 2003

Lancement du livre de Pierre Dubuc:

L'autre histoire de l'indépendance
La gauche, de Pierre Vallières à Charles Gagnon
La droite, de Claude Morin à Paul Desmarais

1972, c'est l'année de la scission de la gauche québécoise. Pierre Vallières proclame l'urgence de choisir le Parti québécois. Charles Gagnon est pour le parti prolétarien. Mais le débat n'aura pas lieu. Vallières se défile et le mouvement maoïste, avec le groupe En Lutte et le Parti communiste ouvrier, occupera tout le terrain. D'indépendantiste et anti-impérialiste, la gauche deviendra fédéraliste et pro-américaine.

1972, c'est l'année de l'adhésion de Claude Morin au Parti québécois dont il deviendra bientôt le stratège en chef. Pendant que Morin convainc tout d'abord René Lévesque, puis l'ensemble du Parti québécois, d'adopter sa stratégie de "l'étapisme" qui mènera au "beau risque", le financier Paul Desmarais s'emploie à remettre le Québec dans l'orbite d'Ottawa en multipliant les transactions commerciales qui lient les intérêts d'affaires québécois et canadiens.

Les débats qui ont paralysé la gauche québécoise et les crises qui ont secoué le Parti québécois trouvent leurs origines dans ces événements de 1972. Avant d'aborder une nouvelle phase dans la lutte pour l'indépendance du Québec, il importe de faire le bilan de ce rendez-vous manqué avec l'histoire.

Le lancement aura lieu le:
Mercredi, le 12 novembre
5 à 7
au Café Byblos
1499, rue Laurier Est (coin Fabre) Montréal


Pour informations: (514) 843-523

Pour commander un ou des exemplaire(s) du livre, faites parvenir vos coordonées et un chèque de 25$ (20$ pour les AmiEs de l'aut'journal) libellé au nom de l'aut'journal, 3575 Saint-Laurent, bureau 117, Montréal, H2X 2T7



TRIBUNE LIBRE




TRIBUNE LIBRE

L'héritage de Jean Chrétien

Patrice Boileau
TRIBUNE LIBRE Le 7 novembre 2003

Ça y est: c'est parti! Un peu à l'image de Star académie ou de Loft story, nous serons littéralement gavés d'événements consacrés à la gloire des 40 années de vie politique de Jean Chrétien jusqu'à son départ en février 2004. Le coup d'envoi a eu lieu à Ottawa lors d'un souper-bénéfice le 29 avril dernier. Les convives y auraient visionné un court métrage relatant les actions du Premier ministre sur fond musical de Frank Sinatra... L'invité d'honneur a par la suite prononcé un discours où il annoncait la victoire libérale en Ontario: "ce sera la seconde cerise sur le sundae, suite à la victoire de Jean Charest qui a éliminé la menace séparatiste"...

Pauvre Jean Chrétien! Décidément, cet homme aura toujours pensé être en contrôle de la situation politique canadienne. Il quitte avec la conviction du devoir accompli. Mais quel devoir? Ne soyons pas dupes: la ratification bâclée de l'accord de Kyoto à Ottawa ainsi que le refus d'appuyer militairement les États-Unis en Irak sont des décisions qui ne parviennent pas à camoufler l'ensemble des mesures politiques que le p'tit gars de Shawinigan a appuyées afin d'affaiblir le Québec. Ces gestes récents montrent plutôt qu'ils proviennent d'un Premier ministre sortant qui gouverne sans pression. C'est son bon ami Paul Martin qui aura à composer avec une Alberta furieuse à l'idée de diminuer sa production pétrolière. C'est également à ce successeur qu'incombera la tâche de rétablir les liens avec Washington. Un Paul Martin qui l'applaudissait lors du dernier caucus...

En réalité, ces initiatives visent à sauver les meubles. Sans elles, devinez ce que les livres d'histoire auraient retenu de Jean Chrétien? On lirait que cet homme fut un proche collaborateur de la ratification de la loi des mesures de guerre lors de la Crise d'octobre de 1970, autorisant l'arrestation de centaines de civils sans mandat au Québec... Un paragraphe serait consacré au coup de force de 1982 où Jean Chrétien fut l'instigateur de négociations secrètes avec des premiers ministres provinciaux dans le but de renouveler la constitution canadienne de manière à isoler et affaiblir les compétences du Québec. Peut-être qu'il serait aussi question du Bill S-31 adopté par son parti afin de limiter les investissements de la Caisse de dépôt et de placement au Canada anglais. On y apprendrait également que Jean Chrétien a bafoué la loi sur les consultations populaires du Québec en dépensant des fonds publics colossaux pour empêcher les siens d'échapper à l'assimilation en se dotant d'un État national en 1995. Un passage traiterait sûrement de sa loi C-20 qui consacre la mise en tutelle de l'Assemblée nationale du Québec ainsi que de l'appui d'Ottawa aux Anglo-québécois qui souhaitent dépecer le territoire québécois. Peut-être quelques lignes relateraient son immobilisme face aux propos racistes que l'entraîneur anglophone de l'équipe de natation canadienne a tenus parce qu'il a vu une nageuse de son groupe agiter un drapeau fleurdelisé, ou encore au sujet des propos tenus par les prétendants à la Mairie de la Capitale du Canada lors d'un récent débat...

Notre devoir de mémoire nous interdit de taire ces événements auxquels fut associé Jean Chrétien. Il est vrai que l'homme est tellement maladroit qu'un sentiment de culpabilité semble s'être installé dernièrement chez bon nombre de ses adversaires politiques. Plusieurs hésitent maintenant à le condamner parce que le Premier ministre est plutôt considéré comme un bouffon qu'il faut excuser et ne pas prendre au sérieux. Le personnage ressemble à une mascotte; une caricature vivante de Mr. Bean qui s'est retrouvée, on ne sait par quel miracle, au pouvoir. J'en vois d'ailleurs plusieurs sourirent en lisant ces dernières lignes. Mais ne nous y trompons pas: l'Histoire retiendra que cet homme fut l'un des plus grands adversaires du nationalisme québécois.


TRIBUNE LIBRE

Pour un Québec souverain

JEAN-ROCH VILLEMAIRE, Gatineau
TRIBUNE LIBRE Le 7 novembre 2003

Le politicologue Jean-Herman Guay affirmait au dernier Conseil national du Parti Québécois que le mouvement souverainiste devait «faire le deuil de certains rêves». Pourtant, le Conseil pour l’unité canadienne, suite à un sondage effectué en septembre dernier, évalue à 47 % le degré d’appui à la souveraineté du Québec. Il s’agit d’un bond de 6 % depuis avril dernier.

Pendant ce temps, à Ottawa, le Parlement canadien refusait de reconnaître le fait que le Québec représente une nation.

Le soi-disant fédéralisme canadien est atteint d’une maladie grave : le centralisme. Cette stratégie de reconfiguration radicale du régime politique canadien entraîne un déclin de l’esprit du fédéralisme et l’émergence d’un État de plus en plus unitaire.

Le discours du gouvernement canadien qui dit que le Canada est l’une des fédérations les plus décentralisées du monde, est de plus en plus incongru.

Depuis plusieurs années, le gouvernement central tente de réduire la capacité du peuple québécois de maîtriser son destin. Dans des secteurs comme l'éducation, la santé et la culture, Ottawa tente d'imposer ses priorités.

Les preuves sont faites, le fédéralisme est rentable... Pour le fédéral. Le déséquilibre fiscal et la constante ingérence du gouvernement central dans les champs de juridiction du Québec et des provinces en sont des exemples.

La souveraineté nous permettrait d'assister à l'émergence d'une société québécoise où nous pourrions enfin, de façon autonome et responsable, maîtriser les choix qui façonneront notre avenir.

La souveraineté, c’est être libre de voter toutes ses lois, de percevoir tous ses impôts et de signer tous ses traités internationaux. Tout simplement, la souveraineté, c’est voler de ses propres ailes.

Économiquement, socialement et culturellement, le peuple du Québec est prêt à assumer ses responsabilités et à disposer de tous ses outils de développement.

Au Parti Québécois, la souveraineté n’est ni un slogan, ni une stratégie électorale. Aujourd'hui, le Parti Québécois est une des forces politiques les mieux organisées, les plus mobilisées et les plus efficaces. Le Parti Québécois doit donc baliser dès maintenant la voie qui conduira le Québec à la souveraineté. Récemment, le président du Parti Québécois, Bernard Landry, conviait les militants à une «saison des idées»; plusieurs ont déjà engagé le débat qui nous mènera au Congrès national de 2005. Il est cependant hors de tout doute d’abandonner notre rêve collectif de faire du Québec un pays.