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Le bloquiste Robert Lanctôt s'en va rejoindre Paul Martin

Une 7e défection en 18 mois

Bellavance, Joël-Denis; Marissal, Vincent
La Presse mercredi 3 décembre 2003

Ottawa - À quelques mois des prochaines élections fédérales, le Bloc québécois a encaissé un dur coup hier après que le député de Châteauguay, Robert Lanctôt, eut décidé de claquer la porte de cette formation souverainiste afin de joindre les rangs du Parti libéral de Paul Martin.

M. Lanctôt, qui a confirmé sa défection à Montréal, est le septième député bloquiste à quitter le parti en 18 mois. Selon des informations obtenues par La Presse, hier, au moins deux autres députés bloquistes réfléchissent aussi à leur avenir, soit Mario Laframboise (Argenteuil-Papineau-Mirabel) et Odina Desrochers (Lotbinière-L'Érable).

Dans une lettre de cinq paragraphes envoyée au chef bloquiste Gilles Duceppe, M. Lanctôt a expliqué sa décision en affirmant que les intérêts du Québec à Ottawa sont mieux défendus par le Parti libéral que par le Bloc québécois. Il a aussi soutenu que l'arrivée de Paul Martin marque "le début d'une nouvelle ère" dans les relations entre Ottawa et les provinces.

"Après avoir siégé pendant plus de trois ans à la Chambre des communes, ma pensée a beaucoup évolué et j'ai réalisé que les intérêts du Québec à Ottawa sont mieux défendus par le Parti libéral du Canada que par le Bloc québécois. Je suis convaincu qu'il est temps de mettre fin aux vieilles chicanes qui divisent le Canada pour réaliser tout le potentiel du Québec et du Canada. Je suis maintenant prêt à participer à l'édification du Canada du 21e siècle", a écrit M. Lanctôt.

Le député, élu pour la première fois aux Communes en novembre 2000, a pu participer à son premier caucus libéral hier dans la métropole après que les députés libéraux du Québec eurent accepté son transfert.

Dans sa lettre, M. Lanctôt dénonce la campagne publicitaire lancée par le Bloc québécois contre Paul Martin, estimant que "ce négativisme" ne contribue pas à accroître "la confiance des Québécois dans notre système politique".

Paul Martin, s'est entretenu avec M. Lanctôt hier. "Il a confirmé clairement que selon lui l'avenir du Québec reste à l'intérieur du Canada, ce qui est pour moi primordial", a dit M. Martin qui venait de rencontrer la gouverneure générale Adrienne Clarkson afin de discuter de la passation des pouvoirs. Quant au premier ministre Jean Chrétien, qui passera le flambeau le 12 décembre, il s'est réjoui de la nouvelle. "La famille est grande chez nous", a-t-il commenté hier.

Le Bloc québécois a minimisé l'importance du départ de M. Lanctôt en soutenant que le comité exécutif du parti dans la circonscription de Châteauguay a adopté lundi une résolution réclamant sa démission parce qu'il ne faisait pas la promotion de la souveraineté du Québec. Les militants étaient aussi insatisfaits de son travail.

Le leader parlementaire du Bloc, Michel Gauthier, a tout de même admis qu'il s'est senti trahi par la décision de M. Lanctôt de rejoindre le Parti libéral, une décision qui représente selon lui "un changement radical". "Son passage au Parti libéral est un choix qui m'étonne quand on pense que c'est supposé être ses convictions souverainistes qui l'ont conduit à Ottawa. Admettons que c'est assez particulier comme choix", a-t-il déclaré.

Cela dit, M. Gauthier a soutenu que cette défection fait mal au Bloc québécois, qui ne détient plus que 33 des 75 sièges au Québec. Les libéraux ont maintenant 38 sièges, le Parti conservateur un siège, alors que trois députés siègent comme indépendants. "Je pense que M. Lanctôt s'est vu mal pris. Son exécutif exige de lui sa démission. Il a décidé de sauver sa peau", a-t-il déclaré.

D'autres députés pourraient changer de camp au cours des prochaines semaines. Le député conservateur du Québec, André Bachand, attend les résultats du vote sur la fusion avant de décider s'il joint le Parti libéral. Son collègue conservateur du Manitoba, Rick Borotsik, qui est aussi vivement opposé à la fusion de son parti à l'Alliance canadienne, pourrait en faire autant.



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Le Bloc perd un premier député aux mains des libéraux

Hélène Buzzetti
Le Devoir mercredi 3 décembre 2003

Ottawa -- La première recrue de Paul Martin au Québec provient des rangs nationalistes. Le futur premier ministre a en effet attiré dans ses filets hier le député bloquiste de Châteauguay, Robert Lanctôt. M. Lanctôt, un jeune député relativement peu connu, a été élu au scrutin de 2000.

Le transfuge, qui a été accepté par le caucus québécois du Parti libéral hier soir, fait passer à 38 le nombre de députés rouges au Québec, contre seulement 33 pour le Bloc québécois. Le parti de Gilles Duceppe ne pleure pas outre mesure son soldat perdu : il a plutôt distribué à tous les médias une preuve qu'il avait perdu la confiance de ses militants souverainistes depuis quelque temps.

Il s'agit d'une résolution spéciale adoptée d'urgence lundi soir par l'exécutif bloquiste de Châteauguay lui demandant de démissionner en tant que député bloquiste à la Chambre des communes «étant donnée [sic] que celui ci [sic] s'est fait élire sous la banière [sic] d'un parti souverainiste». Selon les informations du Devoir, l'exécutif local savait depuis quelque temps que M. Lanctôt préparait son départ. On a voulu prendre les devants, d'où la rencontre d'urgence. M. Lanctôt avait parlé avec Paul Martin plus tôt dans la journée.

La résolution -- visiblement rédigée à la hâte considérant ses 27 fautes de français -- cite comme motif à cette demande «la réception d'une lettre signé [sic] de plusieurs militants insatisfait [sic] du travail de M. Lanctôt», le «manque d'appuie [sic] a [sic] la cause souverainiste» et le fait que «M. Lanctôt réfléchi [sic] depuis trop longtemps déjà a [sic] son avenir politique sans assumé [sic] son rôle de leader du comté».

Au Bloc, on croit que ces difficultés avec l'exécutif local sont à l'origine du départ de M. Lanctôt. Ce dernier aurait fait des mécontents à cause de sa position sur le tracé éventuel de l'autoroute 30 dans la circonscription. «On réalise maintenant que ça fait longtemps que M. Lanctôt sentait la soupe chaude et qu'il pensait n'avoir aucune chance de gagner sa convention pour le Bloc», a déclaré le député Michel Gauthier. «Au lieu de se battre, il a décidé de passer au Parti libéral. Je dois avouer que ce n'est pas le geste le plus courageux que j'ai vu dans ma vie.» M. Gauthier se dit toutefois triste d'avoir «mal jugé la profondeur de ses convictions».

Il a été impossible de parler avec Robert Lanctôt hier. Il sera aujourd'hui au caucus du Parti libéral. Un responsable du recrutement au Québec pour Paul Martin, Dennis Dawson, a raconté que le caucus libéral québécois avait voulu savoir s'il s'agissait d'une «hémorragie» bloquiste avant d'accepter M. Lanctôt. «On a dit non. C'est un cas très précis où M. Lanctôt avait exprimé son désaccord avec les attaques négatives [du Bloc] contre Paul Martin.»

Le futur premier ministre Paul Martin n'éprouvait d'ailleurs aucun malaise à recruter un ex-souverainiste. «J'ai eu une conversation avec M. Lanctôt, a-t-il déclaré, et il a confirmé clairement que, selon lui, l'avenir du Québec reste à l'intérieur du Canada, ce qui est pour moi primordial.»

Avec Kathleen Lévesque



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L'appel au calme de Jean Charest

"Il n'existe aucune excuse pour débarquer en rugissant dans un hôpital pour enfants"

Jean Charest, Premier ministre du Québec
Le Soleil mercredi 3 décembre 2003

(Extraits d'une conférence de presse donnée hier)

Hier (lundi), il s'est commis des actes condamnables qui n'ont pas leur place dans une société démocratique comme le Québec. Il n'existe aucune raison valable, aucune excuse pour débarquer en rugissant dans un hôpital pour enfants. Il est tout aussi intolérable de saccager les bureaux d'un élu. Ces gestes d'intimidation et de brutalité sont, il faut le dire, indignes du mouvement syndical.

J'attends, aujourd'hui d'ailleurs, des leaders syndicaux qu'ils condamnent ces dérapages aussi fermement que je le fais devant vous.

Quelle que soit la cause que l'on défend, quelles que soient les convictions qui nous animent, l'injure, l'intimidation et le vandalisme sont toujours une disgrâce en démocratie. Le gouvernement n'est pas antisyndical. Mais il y a des organisations syndicales qui sont en train d'agir de façon antidémocratique.

Posons-nous la question suivante : ceux qui ont joué les matamores, hier, ils défendaient quoi, au juste ? Croyez-vous vraiment qu'ils défendaient des services publics ? Croit-on vraiment que ces gens-là défendaient la solidarité dont ils se réclament ? De toute évidence, la réponse est non.

Le gouvernement qui s'est fait élire, le 14 avril dernier, s'est fait élire sur la foi de cinq ans de travail très intense à travers le Québec. On a présenté une vision de l'avenir du Québec qui est fondée sur notre volonté de faire reprendre la place de leadership que les Québécois veulent pour l'ensemble de notre société.

Placés devant des défis qui sont énormes, que ce soit la démographie, l'endettement public, les finances publiques, la prestation des services publics, on a proposé des solutions. Et on est en train de mettre en place les solutions qu'on avait proposées et défendues.

Je pense, entre autres, au réseau de la santé, où on est en train de réduire le nombre d'unités d'accréditation. Encore faut-il rappeler qu'il n'y aura pas un seul syndiqué de moins.

Il s'agit tout simplement, pour nous, d'organiser le travail de façon à ce que toutes nos énergies puissent être consacrées aux soins qu'on livre aux patients et non pas à l'administration publique.

C'est ça, l'objectif qui est poursuivi. C'est clair comme ça.

Pourtant, à écouter le discours de certains représentants syndicaux, même des fois le chef de l'opposition officielle, qui, hier (lundi), émettait un communiqué de presse que je salue, mais qui en même temps doit reconnaître que son propre niveau de langage, celui de certains leaders syndicaux, est complètement contraire à ce que le gouvernement propose, quand on parle, par exemple, du mot "démolition .

De toute évidence, il y a là une enflure qui n'est justifiée en rien, au contraire, alors qu'on est en train de faire des changements qui sont importants pour qu'on puisse donner à l'économie de la société québécoise les outils qu'il lui faut pour pouvoir se développer.

Alors, là-dessus, le gouvernement n'a pas l'intention de céder à de l'intimidation ou du chantage ou du vandalisme.

Au contraire, on va continuer à écouter et on va continuer dans la voie que nous a tracée la population du Québec le 14 avril dernier.



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Du calme, mais encore?

Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir mercredi 3 décembre 2003

ÉDITORIAL- Il était écrit dans le ciel que l'automne serait chaud si le gouvernement Charest allait de l'avant avec ses nombreuses réformes. L'hiver pointe le bout du nez mais les esprits semblent loin de se refroidir. Le premier ministre a raison de lancer un appel au calme, mais il faut faire plus, beaucoup plus.

Depuis le début de l'été, les membres du conseil des ministres du gouvernement Charest ont tour à tour annoncé des réformes dans leurs secteurs respectifs. Garderies, Code du travail, système de santé, défusions... Plus tard, ce sera au tour des universités et des cégeps d'apprendre ce que le gouvernement leur réserve, puis, il y aura l'assurance automobile et l'aide sociale, sans oublier l'énorme dossier du partenariat public-privé. Bref, le gouvernement Charest ne perd pas de temps et seule semble le préoccuper l'urgence de mettre les réformes les plus impopulaires derrière lui longtemps avant les prochaines élections. Or, au rythme où vont les choses, il pourrait bien ne pas se rendre aux prochaines élections tant la manière Charest déplaît à tout le monde, y compris à nombre de libéraux qui ne sont pas en mesure d'expliquer à leurs électeurs de façon simple et intelligible les bons côtés des réformes en cours.

Voilà bien où est le problème: malgré les affirmations répétées du premier ministre voulant que ces changements visent la création de richesse à long terme pour le Québec, bien peu de gens en dehors des milieux d'affaires comprennent en quoi elles sont susceptibles d'améliorer leur sort. On leur avait promis de s'attaquer aux listes d'attente en santé, au débordement des urgences, de diminuer les impôts, d'augmenter le nombre d'heures d'enseignement dans les écoles, mais pour l'heure, rien de cela n'apparaît sur l'écran radar.

Au contraire, depuis quelques mois on ne compte plus les mauvaises nouvelles: hausse des frais de garde, des taxes municipales, des taxes scolaires, des tarifs du transport en commun et bientôt d'électricité, et tout ce qu'on voit poindre à l'horizon, ce sont de nouvelles réformes de structures imposées dans l'affrontement, sans consultation digne de ce nom. Le comble, c'est que, de l'avis de plusieurs intervenants de haut niveau, syndicaux et patronaux, de droite ou de gauche, les membres du gouvernement sont inaccessibles, cloîtrés dans leurs quartiers et entourés de conseillers politiques et d'attachés de presse inexpérimentés.

Lors des dernières élections, les Québécois ont rejeté l'idée d'un gouvernement très à droite en reléguant l'équipe de l'ADQ en queue de liste. Ils ont plutôt choisi l'équipe libérale, perçue comme étant modérée. Le gouvernement de Jean Charest en est un de droite, soit. C'est bien pourquoi il a besoin plus que tout autre d'un large appui populaire, seul moyen de faire face aux groupes de gauche mieux organisés, plus bruyants et qui tiennent un discours très cohérent. Pour l'heure, la précipitation du gouvernement l'empêche de jouer son rôle de pédagogue et d'expliquer comment les réformes proposées apporteront des solutions durables aux maux de notre société.

Si M. Charest ne veut pas passer les quatre prochaines années dans la cale des maisons de sondage, critiqué par tous et renié des siens, il lui faut apprendre à jouer le rôle que les Québécois attendent de leur premier ministre: celui d'un dirigeant de confiance, juste et équitable, et non celui d'un idéologue entêté, décidé à passer outre aux règles de la consultation et de la conciliation. Sans la manifestation d'une ouverture qui n'est pas nécessairement synonyme de compromission, et sans une offensive de communication structurée avec l'ensemble des citoyens, le premier ministre Charest conduit ses troupes à l'abattoir.

jrsansfacon@ledevoir.ca



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De la gueule aux gros bras

Pierre Jury
Le Droit mercredi 3 décembre 2003

Depuis que le gouvernement de Jean Charest a poussé à fond l'accélérateur des réformes au Québec, les syndicats sont sur le pied d'alerte.

"Guerre nucléaire", "menteur", "journée de perturbation", "plus trou-du-cul que Duplessis", la mobilisation des syndicats n'avait été jusqu'ici qu'enflure verbale, bien qu'excessive. Elle appelait à la désobéissance civile, aux excès, à la violence.

C'est exactement ce que nous avons vu depuis deux jours.

Lundi, la région de Montréal était la cible. D'abord le bureau d'un député, Michel Bissonnet, dont les fonctions de président des travaux à l'Assemblée nationale invitent pourtant à la neutralité. Pour des raisons inexpliquées, il a été la cible.

Quelques heures plus tard, c'était l'Hôpital Sainte-Justine, spécialisé aux soins pour les enfants. Le premier ministre Charest et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, devaient y tenir une conférence de presse.

Hier, l'Outaouais s'est illustré aussi.

Un groupe de manifestants de la FTQ a débarqué au bureau du député-ministre Benoît Pelletier, à Gatineau, pour faire du grabuge.

Partout, les tactiques ont été les mêmes, les excès ont été les mêmes, les réactions ont été les mêmes.

Une bande de travailleurs investit les lieux, lance des détritus partout, peint les murs de ses tracts autocollants, scande des slogans et fait peur au monde.

Quand la meute affronte une résistance, ça dérape, ça joue du coude, ça pousse et ça tire. Bref, c'est le début de l'époque des gros bras.

Des terroristes du travail. L'intimidation comme moyen de pression.

(On la voit aussi ailleurs, comme dans cette sordide histoire où des travailleurs auraient posé des gestes de violence envers des dirigeants du CLSC-CHSLD Grande-Rivière, ici en Outaouais.)

Nous comprenons la mobilisation massive qui s'organise dans les rangs des travailleurs. Le projet de loi 31 prévoit, entre autres, des modifications à l'article 45 du Code du travail, qui facilite le recours à la sous-traitance.

Le gouvernement Charest, qui s'est donné comme objectif d'augmenter la compétitivité du Québec au plan industriel, ne s'en cache pas. Il maintient qu'il en a obtenu le mandat lors des élections du 14 avril dernier.

À ce dernier titre, nous sommes généralement d'accord avec lui. Si les électeurs ne se sont pas donné la peine de lire attentivement le programme électoral du Parti libéral, ce n'est pas une raison pour lui en vouloir.

Par contre, nous avons aussi mis en garde le gouvernement Charest que l'ouverture à la sous-traitance mettait en péril le fragile équilibre financier des cols bleus de notre société, sur le dos desquels la sous-traitance se fait.

Les économies d'échelle, les rajustements et les synergies ne sont souvent que d'autres mots pour faire travailler autant... mais pour moins cher qu'avant.

Pas étonnant que ça grogne dans les rangs des travailleurs et qu'on promette "de se battre comme des cochons" !

Cependant, toute lutte collective ne peut s'organiser et réussir sur des bases de violence, de perturbations, d'agitation sociale.

Les syndiqués qui crient des slogans dans des couloirs d'hôpitaux - un hôpital pour enfants, par surcroît ! -, les syndiqués qui se comportent en voyous, ceux-là n'obtiennent aucune sympathie du public.

Ce capital de sympathie est essentiel à une lutte collective car la population n'est pas aussi dupe que certains veulent bien la décrire.

Les gros bras doivent rentrer dans le rang et se faire discrets. S'ils ne peuvent contrôler leurs humeurs, que ces individus entendent l'appel au calme du président de la FTQ, Henri Massé.

Le débat doit en rester un d'idées. Nous sommes plus civilisés que les terroristes que nous déplorons sur la scène internationale, non ?

pjury@ledroit.com



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Avant de tout casser

J.-Jacques Samson
Le Soleil mercredi 3 décembre 2003

Les syndiqués à l'emploi du gouvernement du Québec n'ont jamais eu un aussi bon dossier à la veille d'une ronde de négociations avec leur employeur. L'Institut de la statistique du Québec a publié la semaine dernière son étude annuelle sur la rémunération des salariés en 2003. Celle-ci montre que les employés de l'administration québécoise accusent un retard salarial de 10,3 % sur la moyenne de tous les autres salariés québécois, syndiqués ou non, et de 6,8 % lorsque l'on compare leur rémunération globale, c'est-à-dire en incluant les avantages sociaux et le nombre d'heures travaillées. Cet écart salarial négatif se creuse à 11,6 % par rapport aux autres salariés syndiqués et à 13,9 % à côté des travailleurs syndiqués du secteur privé, pour des emplois comparables. Pour certains groupes, comme pour les ouvriers, le retard salarial moyen est de 38,8 % avec le secteur privé, rien de moins. Un plombier d'entretien à l'emploi du gouvernement gagne même 46,8 % de moins que son collègue de l'entreprise privée, ou une différence de 18 738 $. La sécurité d'emploi ne peut certainement pas justifier pareil décalage.

Le fonctionnaires bashing ou le dénigrement des employés de l'État sous le prétexte qu'ils appartiennent à une classe de travailleurs exagérément payés et choyés n'a donc plus aucun fondement. Quelques petits groupes seulement de salariés du secteur public parmi les employés dits de service jouissent de salaires nettement supérieurs à ce qu'ils toucheraient dans le marché du secteur privé. Il s'agit de cuisiniers (plus 13,7 %) des gardiens (plus 9,8 %) des préposés aux cuisines ou aux cafétérias (plus 23,4 %) et des préposés à l'entretien léger (plus 9,7 %).

Ces données devraient en plus calmer les craintes gonflées artificiellement par les dirigeants syndicaux depuis quelques semaines quant au recours massif à la sous-traitance par le gouvernement Charest. Dans tous les services où le coût de la main-d'oeuvre constitue la plus forte dépense, il constatera vite qu'il ne tirerait aucun avantage à se tourner vers le secteur privé. Ses propres coûts de main-d'oeuvre sont plus bas. Il n'y a à peu près que dans les cuisines des hôpitaux et pour l'entretien ménager des édifices publics qu'il réaliserait des économies. Il serait d'ailleurs bien justifié de s'attaquer à ces deux chasses gardées syndicales : il s'agit d'emplois qui ne requièrent pas de formation ou d'aptitudes particulières pouvant expliquer pareil dépassement. Aussi absurde que cela puisse paraître, ce sont en général les entreprises privées de plus de 200 employés syndiqués qui devraient plutôt confier de nombreux travaux en sous-traitance à des fonctionnaires ! Elles réaliseraient ainsi d'importantes économies.

Le gouvernement Charest ne pourra décemment se soustraire à l'obligation de consentir un certain rattrapage à ses employés au cours des prochaines années. Cela est d'autant plus impératif qu'il devra recruter massivement pour remplacer les employés syndiqués et les gestionnaires qui quitteront pour la retraite. L'administration publique québécoise doit être compétitive en termes de conditions de travail pour attirer une relève de qualité, et non seulement des derniers de classe ou les candidats rejetés par le secteur privé.

Les syndiqués n'ont pas besoin de tout casser. Ils ne doivent surtout pas le faire. Des saccages de bureaux et du terrorisme syndical dans un hôpital pour enfants braquent contre eux une opinion publique qu'il serait au contraire très facile de rallier, avec un peu de pédagogie, à travers d'intelligentes opérations de communications.

D'autre part, un regard sur le passé enseigne que les employés syndiqués du gouvernement ont fait leurs plus importants gains salariaux sous des administrations libérales. En 1976, au terme de six années de régime Bourassa, les employés de l'État avaient une avance salariale de 16 % sur ceux du secteur privé qui occupaient les mêmes types d'emplois. Le Parti québécois a ramené cet écart à +11 % en 1979. Son rude négociateur en chef s'appelait Lucien Bouchard. En 1982, pour se sortir d'une grave crise des finances publiques, René Lévesque a déchiré sa signature et a ordonné une coupure de 19 %. Les syndiqués ont par la suite remonté la côte à compter de 1985, avec Robert Bourassa de nouveau. En 1995, lors du retour au pouvoir du Parti québécois, les secteurs public et privé au Québec étaient à parité dans une majorité d'emplois. En 1998, les employés de l'État étaient toutefois retombés à 7,2 % sous l'ensemble des autres salariés québécois et cinq ans plus tard, en 2003, ils étaient à moins 10,3 % lors du changement de gouvernement.

Entre les mythes et la réalité, il y a des statistiques implacables, on le voit. Elles aident à remettre les pendules à l'heure. Les libéraux ont gavé les syndiqués ; les péquistes ont pour leur part nourri les machines syndicales en grossissant leurs rangs de milliers de nouveaux cotisants au cours de leurs passages au pouvoir (23 % plus de fonctionnaires seulement entre 1998 et 2002 et un réseau de syndiqués de plus notamment dans les garderies) pendant qu'ils appauvrissaient l'ensemble des travailleurs du secteur public.

JJSamson@lesoleil.com



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Labour code changes no excuse for violence


The Montréal Gazette Wednesday, December 03, 2003

EDITORIAL - By vandalizing the office of the speaker of the National Assembly and creating turmoil in a children's hospital, the leaders of the labour movement in Quebec (who cannot truthfully dissociate themselves from the outrages) have made it difficult for thinking citizens to care about their causes or listen to their demands. But why not adopt the defiant spirit of trade unionism and give it a try?

Their main complaint is against proposed changes to Article 45 of the Quebec Labour Code. This article dates from the early 1960s and was intended mainly to protect unionized workers in the event of the sale of the business that employs them. Courts at the time found consistently that collective agreements were strictly between two parties. Thus when the employer sold the business, the contract disappeared.

To protect such contracts will strike most Quebecers today as reasonable. The Charest Liberals are not proposing to change this element of our labour law. They are more interested in the provision that makes it impossible for employers, including governments, to subcontract work without extending union wages and benefits to temporary employees. Quebec is the only province with such legislation. Business leaders argue that it makes them uncompetitive while municipalities deplore the power (and overtime pay) it bestows on blue-collar workers. Unions, of course, regard Article 45 as sacrosanct.

Which they are entitled to do. Even if the proposed amendments include anti-union-busting safeguards, labour leaders have a right to worry about them, just as employers have a right to gripe about the expense of doing business in Quebec. It is worth noting that the controversy over Article 45 did not begin with the election of the Liberals. Even the Parti Québécois proposed making it possible for unions to waive the measure.

The immediate question is whether the amendments - linked with a few other Liberal cost-cutting measures - constitute reasonable incitement for what one officer of the Confederation des syndicats nationaux has called "nuclear war." Labour unions are not responding here to wage rollbacks, as they did in their militant heyday.

To stage a noisy protest in a children's hospital offends public decency. To play the language card, as Quebec Federation of Labour president Henri Massé did at a public rally by mocking Charest in English, is gratuitous and mean. To ransack the office of the Speaker of the National Assembly looks chillingly like an attack on democracy.

This is a critical point. While the more than 20,000 protesters who assembled in Quebec City on Saturday have a perfect right to express their views, they must line up against the 1.7 million Quebecers who voted for the Liberals and Jean Charest. It is a fair bet that twice that number would vote tomorrow for the immediate end to union tactics that do nothing but create an atmosphere of fear.

The premier, for his part, has vowed to stand up to the violence and carry out his reforms. As the head of a government, duly elected on a clear platform, he really has no other option.



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The real purpose of Quebec's labour-law proposals

Original intent of Article 45 has been distorted by the courts

Guy Lemay
The Montréal Gazette Wednesday, December 03, 2003

Labour unions are fighting with increasing vigour against Bill 31, the Quebec government's draft law to modify Article 45 of the Labour Code. To understand the debate and the government's intentions, you have to understand the origins and evolution of the legislation.

In 1958, the Quebec Court of Appeal ruled that a collective agreement that had been negotiated by someone who then sold the business would not apply to the new owner because this individual had not been party to the original collective agreement. This Court of Appeal decision was founded on the civil law principle that a contract affects only the parties to it.

A first change to this aspect of the law was made by the Quebec National Assembly in 1961, granting protection very similar to that of the current Article 45 of the Labour Code. The present wording of Article 45 was adopted in 1964.

It is generally accepted that the original goal of Article 45 was to prevent wage-earners from losing the rights and benefits granted in a contract just because the company is sold, or undergoes changes to its legal structure.

In the first years following the adoption of Article 45, specialized tribunals decided that the article does not apply to out-sourcing or subcontracts. However, two separate currents then developed within the courts.

- According to the first, the fact that operations formerly covered under the contractor's collective agreement are now performed by the sub-contractor is sufficient to result in the application of Article 45.

- According to the second approach, much of the contractor's business - in both tangible and identifiable terms - must also be transferred to the subcontractor for Article 45 to apply. Such tangible and identifiable elements include location, methods, overall commercial equipment, inventory, services offered, suppliers, clients, mission, and so on.

In 1988, the Supreme Court of Canada resolved this debate within the specialized tribunals, preferring the second interpretation.

But tribunals, which are regularly called upon to resolve disputes over the application of Article 45, have applied the Supreme Court criteria in a very unequal fashion.

In fact, little or no transfer of tangible elements is currently required for a tribunal to conclude that a transfer of business has occurred, in which case Article 45 of the Labour Code applies. Given the jurisprudence developed by tribunals, the Supreme Court recently refused to intervene in a case involving the city of Sept-Îles, where a tribunal applied Article 45 in the situation of subcontracting, when operating rights were the only tangible element transferred. The decision did not meet the court's "unreasonable character" criteria.

Thus, a subcontractor with distinct equipment and employees can be declared bound by the client's accreditation and collective agreement. In this frequently occurring situation, the contractor's employees do not have any protection, as it is the subcontractor's employees who are accredited from that point forward. And yet the purpose of Article 45 of the Labour Code was to protect the client's employees.

Other provinces have legislative provisions similar to Article 45 of our Labour Code. But the interpretation by these provinces' respective courts has not resulted in the subcontractor being bound by the client's collective agreement when few or no identifiable and tangible elements are transferred.

It appears that Bill 31 was tabled with this background in mind. Bill 31 aims to renew the original goal of Article 45: to ensure that the sale of a business does not remove employees' protection gained in a collective agreement, while at the same time giving businesses sub-contracting flexibility similar to that seen elsewhere in Canada.

Guy Lemay, a lawyer specializing in labour law, is a research associate with the Montreal Economic Institute www.iedm.org



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Charest v. the workers

Jesse Vorst
Department Of Economics, University Of Manitoba
The Globe and Mail Wednesday, December 3, 2003

Letter to the Editor - Winnipeg MB - The labour "reform" proposed by the Quebec Premier (Charest's Wise Course -- editorial, Dec. 2) simply aims at weakening the position of working people. Two decades of slippery-slope deregulation has lowered the social and economic status of a great many ordinary Canadians. Contracting out and imposing flexible labour conditions do not improve the general economy. These only benefit the propertied classes and managerial elites -- not to speak of the corporate embezzlers whose exploits fill the pages of your paper.

It is time to face the truth: Reform driven by "high finance" hurts the real economy -- that of quality production, sensible consumption and a livable environment.



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Il y a de la rage dans l'air

Vincent Marissal
La Presse mardi 2 décembre 2003

Cela ressemble davantage à une ambiance de fin de règne qu'à une lune de miel entre la population et son nouveau gouvernement.

Les grandes centrales syndicales voudraient aider le gouvernement Charest à convaincre les Québécois de la nécessité de ses réformes qu'elles ne s'y prendraient pas autrement. En jouant les hooligans du syndicalisme, hier, la FTQ aura surtout réussi à minimiser l'impact de la grande manifestation pacifique organisée par la CSN, samedi à Québec.

Saccager le bureau du député libéral (et président de l'Assemblée nationale), Michel Bissonnet, ce n'était déjà pas brillant, mais débarquer comme une horde de Vikings dans un hôpital pour enfants, là vraiment, chapeau, c'est aussi inélégant que contre-productif. Jean Charest n'en demandait pas tant.

Ce sera quoi, la semaine prochaine? Vous allez brûler les sapins de Noël et les cadeaux dans les garderies en guise de protestation aux politiques familiales du gouvernement libéral? À moins que les cols bleus de Montréal, qui font eux aussi beaucoup pour l'image du syndicalisme moderne, ne bloquent systématiquement l'accès aux artères commerciales les jeudis et vendredis soirs d'ici le 25 décembre?

Absurde, dites-vous? Pas plus que de saccager les bureaux de Michel Bissonnet. À la limite, manifester (manifester, pas détruire) dans les bureaux du premier ministre ou ceux de la présidente du Conseil du Trésor ou de son collègue des Finances, ça se comprend. Mais pourquoi s'en prendre au président de l'Assemblée nationale, dont le rôle même impose la neutralité et la discrétion? S'en prendre au président de l'Assemblée nationale, c'est s'en prendre à l'institution elle-même. On n'est pas très loin ici des gros bras armés d'un bélier qui avaient défoncé les portes de l'hôtel de ville il y a quelques années.

Quant à cette édifiante manifestation à l'hôpital Sainte-Justine, ça se passe de commentaire. Tout le monde a compris, à commencer par les dirigeants de la FTQ, que l'on a dépassé les limites du militantisme syndical pour sombrer dans la bêtise juvénile. Tellement que Henri Massé, le bouillant président de la FTQ, a jugé nécessaire hier soir de lancer un appel au calme à ses troupes.

Un appel au calme, mais pas une trêve. Parce que la guerre est bel et bien déclarée entre les grandes centrales et le gouvernement Charest. Si les dirigeants de la FTQ reconnaissent que les deux manifestations d'hier sont des échecs au plan stratégique de l'image, ils affirment néanmoins que ces débordements de rage sont provoqués chez les syndiqués par le gouvernement. Et n'allez surtout pas croire que les choses vont se calmer dans les prochains mois. Au contraire, la FTQ prévoit déjà des actions beaucoup plus importantes dans le secteur privé. Impossible d'en savoir plus pour le moment, stratégie de guerre oblige, mais il suffit de se rappeler que la FTQ est très présente dans les industries aéronautiques, dans les alumineries et autres industries lourdes pour comprendre son potentiel de nuisance.

Ajouter à ça les menaces de la CSN, qui promet elle aussi la guerre (nucléaire, rien de moins) dans la fonction publique, sans oublier le milieu de la santé, les enseignants, les étudiants d'université qui se mobilisent eux aussi, il risque de faire chaud cet hiver au Québec, quoi qu'en dise MétéoMédia.

Le Québec, de toute évidence, est entré dans une ère de confrontation comme on en pas vue depuis longtemps et dont on pourrait franchement se passer. Un touriste qui débarque ici ces jours-ci, pour peu qu'il feuillette les journaux et écoute la radio, doit bien penser que la société québécoise est en pleine crise. Publicités tapageuses des syndicats qui accusent Québec de vouloir démolir les garderies ou de manquer de compassion envers les pauvres, répliques musclées du gouvernement et appel au calme des éditorialistes.

Cela ressemble davantage à une ambiance de fin de règne qu'à une lune de miel entre la population et son nouveau gouvernement. Pourtant, ce gouvernement vient tout juste d'être élu. Il faut dire que l'empressement de Jean Charest de passer le bulldozer sur les syndicats ressemble plus à la méthode de Mike Harris qu'à celles de Robert Bourassa, dont il est pourtant le successeur. Les gestes commis hier sont inexcusables mais pas nécessairement inexpliqués.

Vivement le congé de Noël. L'ambiance généreuse et fraternelle des Fêtes, il n'y a rien comme ça pour rapprocher l'humain de son prochain. Avec un peu de bonne volonté, qui sait, le gouvernement et les grandes centrales syndicales trouveront peut-être la paix voulue pour commencer la prochaine année sur une base plus constructive.

C'est la grâce que l'on se souhaite. Et si quelqu'un, quelque part, finalement, pouvait offrir un plan de communication au gouvernement Charest pour qu'il arrive à nous expliquer où il veut nous emmener sans mettre le feu à la cabane, nous lui en serions très reconnaissant.



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La FTQ de l'Outaouais fait fi de l'appel de Massé :

CHAREST GARDE LE CAP

Cloutier, Mario; Bérubé, Nicolas - Le Droit
La Presse mercredi 3 décembre 2003

Jean Charest a averti hier qu'il ne reculera pas devant les syndicats, tout en lançant un appel au calme. Ce qui n'a pas empêché une quinzaine de syndiqués de la FTQ d'envahir le bureau d'un autre élu libéral, faisant fi de la directive lancée la veille par le président de leur propre centrale, Henri Massé.

Le groupe s'est rué dans les bureaux du ministre responsable de l'Outaouais, Benoît Pelletier, pour protester contre le projet de loi du gouvernement Charest favorisant la sous-traitance. Avec l'amendement à l'article 45, les Québécois vont travailler pour "des peanuts", ont lancé les manifestants en répandant une cinquantaine de kilos d'arachides sur le sol.

Deux employés ont été bousculés, mais rien n'a été déplacé ni brisé. "Il n'y a pas eu une feuille de déchirée, rien de cassé", a dit Dino Lemay, conseiller régional de la FTQ. Il ne serait néanmoins pas surpris que des plaintes soient déposées par le bureau du ministre.

Henri Massé s'est rendu à Gatineau hier soir, où il a pris la parole devant les militants régionaux de la central. "Encore une fois, je vais appeler les syndiqués de la FTQ au calme, a-t-il dit. Je ne suis pas venu pour les pomper, je suis venu pour les calmer." La veille, M. Massé a condamné le vandalisme dont s'étaient rendus responsables 150 membres de la Fédération des travailleurs du Québec à Montréal.

Réagissant à ces incidents, le premier ministre Jean Charest a affirmé qu'il ne pliera pas devant les syndicats.

"Le gouvernement n'a pas l'intention de céder à l'intimidation, au chantage ou au vandalisme, au contraire" a déclaré M. Charest lors d'une rencontre avec la presse hier matin.

Les syndicats ont répondu à son appel en tentant d'apaiser leurs troupes. Mais tant la CSN que la FTQ demandent au gouvernement de mettre également un frein à ses réformes controversées dans le domaine du travail et de la santé.

"Le gouvernement n'est pas antisyndical, a rétorqué M. Charest, mais il y a des organisations syndicales qui sont en train d'agir de façon antidémocratique."

C'est après une intervention musclée à l'hôpital Sainte-Justine qui a causé l'annulation d'une conférence de presse, ainsi que le saccage du bureau de comté du président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, lundi, que des syndiqués ont pris d'assaut hier les bureaux du ministre Benoît Pelletier à Gatineau.

Cet esprit belliqueux n'a pas épargné l'Assemblée nationale elle-même, où libéraux et péquistes se sont chamaillés sur l'adoption d'une motion pour la paix.

Les députés ont finalement voté à l'unanimité pour que "l'Assemblée nationale condamne vigoureusement et sans nuances les actes de vandalisme et d'intimidation survenus le 1er décembre 2003 et rappelle, comme la loi sur l'Assemblée nationale l'édicte, qu'un député doit jouir d'une complète indépendance dans l'exercice de ses fonctions".

Choix de vocabulaire

Le premier ministre Charest s'en est pris hier à plusieurs reprises au "niveau de langage" tant des chefs syndicaux qu'à celui du chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, qui parle depuis un moment déjà de la "démolition" de l'État entreprise par le PLQ.

M. Landry a réfuté le lien que faisait M. Charest entre ses propos et les actes de vandalisme des syndicats. Le chef péquiste maintient que la paix sociale est menacée au Québec en raison des "attitudes confrontationnelles" du gouvernement libéral.

Charest ouvert à l'écoute

Malgré tout, Jean Charest n'a pas du tout l'intention de retarder l'adoption des projets de loi qui soulèvent la colère des syndicats, notamment les modifications à l'article 45 du Code du travail pour faciliter la sous-traitance et les changements dans le réseau de la santé. L'objectif de son gouvernement, soutient-il, reste d'offrir les meilleurs services possibles aux citoyens. Il se dit ouvert à l'écoute et aux critiques, mais pas de la façon "inacceptable" dont se sont exprimés certains syndiqués au cours des derniers jours.

Réagissant à l'appel au calme du premier ministre, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a d'abord tenu à se dissocier des manifestations mouvementées des derniers jours, qui sont l'oeuvre de membres de la

centrale syndicale concurrente et non de la sienne. Mme Carbonneau a cependant souligné que le gouvernement Charest "devrait tenter de trouver un terrain d'entente avec les centrales syndicales au lieu de les ignorer". Elle a invité le premier ministre à retarder l'adoption des projets de loi sur la sous-traitance et la réorganisation syndicale, projets qui doivent normalement être bouclés avant la fin de l'année.



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La tempête ne se calme pas entre Charest et les syndicats

Tommy Chouinard
Le Devoir mercredi 3 décembre 2003

Québec - Le fossé s'élargit toujours un peu plus entre le gouvernement Charest et les syndicats. Le premier ministre Jean Charest a beau lancer un appel au calme et condamner les actes de vandalisme perpétrés lundi par des syndiqués, les centrales syndicales ne cesseront pas leurs moyens de pression pour autant, puisque le chef libéral ne fait place à aucun compromis concernant ses projets de loi controversés.

«Il s'est commis des actes condamnables qui n'ont pas leur place dans une société démocratique comme le Québec. Il n'existe aucune raison valable, aucune excuse, pour débarquer en rugissant dans un hôpital pour enfants. Il est tout aussi intolérable de saccager les bureaux d'un élu», a affirmé Jean Charest, en conférence de presse hier. Selon lui, le saccage commis dans le bureau montréalais du député et président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet, et la manifestation tumultueuse survenue à l'hôpital Sainte-Justine représentent des «gestes d'intimidation et de chantage» qui sont «indignes du mouvement syndical».

Au moment même où Jean Charest lançait, hier, son appel au calme, des syndiqués de la FTQ de Gatineau ont investi le bureau de circonscription du ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier. Ils ont forcé la porte du bureau, bousculé des employés, qui porteront plainte à la police, et répandu des arachides pour signifier qu'ils ne veulent pas «travailler pour des peanuts».

Jean Charest a tout de même insisté pour dire que «la paix sociale n'est pas menacée». «Le gouvernement n'est pas antisyndical, mais il y a des organisations syndicales qui sont en train d'agir de façon antidémocratique. Posons-nous la question suivante: ceux qui ont joué les matamores [lundi], ils défendaient quoi, au juste? Croyez-vous vraiment qu'ils défendaient des services publics? Croit-on vraiment que ces gens-là défendaient la solidarité dont ils se réclament? De toute évidence, la réponse est non», a-t-il souligné.

En dépit de la grogne syndicale, Jean Charest n'entend reculer sur aucun de ses projets. «Le gouvernement n'a pas l'intention de céder à de l'intimidation, du chantage ou du vandalisme, a-t-il noté. Au contraire, on va continuer à écouter et on va continuer dans la voie que nous a tracée la population du Québec le 14 avril dernier.» Les projets de loi que dénoncent les syndiqués, dont ceux visant à faciliter le recours à la sous-traitance et à réduire le nombre d'accréditations syndicales dans le réseau de la santé, seront adoptés d'ici la période des Fêtes, tel que prévu.

Si le premier ministre se défend bien de jeter de l'huile sur le feu par son intransigeance, Jean Charest reconnaît qu'«on peut toujours essayer de faire mieux» et qu'«il n'y a personne qui est parfait». «S'il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec ce que le gouvernement fait, il y a des moyens de s'exprimer, des moyens qui sont légitimes, qui sont à la portée de tous et qui certainement ne justifient en rien les actes qu'on a vus», a-t-il affirmé.

Jean Charest a demandé aux leaders syndicaux de condamner «fermement» les actes de vandalisme commis lundi. À son avis, les propos tenus lundi soir par le président de la FTQ, Henri Massé, ne suffisent pas. «Je suis un peu malheureux des événements qui se sont passés. Si on veut gagner cette bataille-là, il faut être discipliné. Il ne faut pas se discréditer sur la place publique», a déclaré M. Massé, lundi soir, lors d'une assemblée d'information organisée à Montréal. Henri Massé n'a pas voulu, hier, commenter l'appel au calme du premier ministre.

La CSN a tenu pour sa part à se dissocier des actes de violence et de vandalisme perpétrés lundi, mais la centrale a assuré que ses moyens de pression se poursuivront aussi longtemps que le gouvernement ne retirera pas ses projets de loi. «Au moment de lancer son appel au calme, le premier ministre aurait pu saisir l'occasion et démontrer sa bonne volonté de façon à ce que l'on passe d'un modèle d'affrontement à un modèle de concertation. S'il veut préserver la paix sociale, il n'a qu'à retirer ou retarder ses projets de loi controversés et favoriser un véritable débat démocratique», a affirmé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, en conférence de presse hier.

L'opposition bondit

Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, croit quant à lui que «la paix sociale est menacée». «Il y a plusieurs signes à cet effet. Et ça, c'est le gouvernement, par ses politiques, qui a provoqué cette dégradation», a souligné le chef péquiste en conférence de presse.

Lors de la période des questions à l'Assemblée nationale, Jean Charest a associé les paroles prononcées par Bernard Landry ces derniers jours aux actes de vandalisme commis par des syndiqués. «Quand on parle de "démolition", de toute évidence, il y a là une enflure qui dépasse les bornes. Ça ne reflète en aucune façon ce qui est en train de se faire», a affirmé Jean Charest, qui a accusé l'opposition d'alimenter la colère des syndiqués. «Aller lier l'opposition à quelques gestes illégaux parce qu'elle exerce son droit de parole et de défense des intérêts des divers groupes sociaux, c'est une affirmation pour le moins odieuse», a rétorqué M. Landry en conférence de presse.

Les députés ont voté à l'unanimité, hier, une motion stipulant que «l'Assemblée nationale condamne vigoureusement et sans nuance les actes de vandalisme et d'intimidation survenus le 1er décembre 2003 et rappelle, comme la Loi de l'Assemblée nationale l'édicte, qu'un député doit jouir d'une complète indépendance dans l'exercice de ses fonctions». C'est le Parti québécois qui a proposé cette motion, damant ainsi le pion au gouvernement. Les libéraux voulaient adopter une motion plus dure envers les syndicats. Ils ont finalement décidé de la laisser tomber.

La CSN continuera le combat

Claudette Carbonneau a indiqué que «la centrale n'a rien à voir avec les incidents disgracieux et regrettables» de lundi. Soucieuse de se distancer de gestes improductifs, dans un contexte de mobilisation de l'opinion publique pour arrêter la marche du gouvernement, elle ne voit pas pour autant dans sa prise de position ferme une brèche dans le front commun envisagé par les centrales syndicales en vue des négociations à venir dans le secteur public.

«Ce sont deux choses différentes, a-t-elle expliqué. Mais si le gouvernement n'est pas plus à l'écoute, nous allons devoir sans doute unifier nos actions sur le terrain. Mais aujourd'hui, les actions [des différentes centrales] ne s'annulent pas pour autant. Elles s'additionnent.» Et elles continueront de le faire aussi longtemps que le gouvernement Charest restera sur le «terrain de la confrontation», a-t-elle ajouté.

Avec la collaboration de Fabien Deglise



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Charest fustige les "matamores" et appelle au calme

Gilbert Leduc
Le Soleil mercredi 3 décembre 2003

Malgré une condamnation sans ménagement de la part de Jean Charest des "gestes de brutalité indignes du mouvement syndical" posés, lundi, par des "matamores" de la FTQ et malgré une motion adoptée unanimement hier, à l'Assemblée nationale, désapprouvant "vigoureusement et sans nuance les actes de vandalisme et d'intimidation", l'escalade se poursuit entre le gouvernement et les syndicats.

"Le gouvernement n'a pas l'intention de céder à l'intimidation, au chantage et au vandalisme. On va continuer dans la voie qui nous a été tracée par la population le 14 avril", a déclaré, hier, M. Charest.

Au grand dam des syndicats, rien n'arrêtera donc le gouvernement qui veut faire adopter, d'ici une quinzaine de jours, le projet de loi 31 modifiant le Code du travail ainsi que les projets de loi 25 et 30 créant les réseaux locaux de services de santé et des services sociaux et fusionnant les unités syndicales de négociation.

Pour la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, le premier ministre vient de rater une occasion de contribuer à détendre le climat social en annonçant qu'il reportait l'adoption des projets de loi controversés. "Il aurait pu nous annoncer qu'il quittait le terrain de l'affrontement - qu'il a systématiquement provoqué depuis son élection - pour renouer avec un modèle de concertation. M. Charest avait une occasion en or de repartir le compteur à zéro et il ne l'a pas fait", déplorait-elle en ajoutant que le mouvement syndical n'allait pas rendre les armes aussi facilement.

Le premier ministre a tenu à dénoncer les "actes condamnables" commis lundi à Montréal et à lancer un "appel à la raison" aux leaders syndicaux.

Rappelons que des syndiqués de la FTQ ont saccagé le bureau de circonscription du président de l'Assemblée nationale, Michel Bissonnet. Ils ont ensuite provoqué des incidents à l'hôpital Sainte-Justine, un établissement qui soigne les enfants. Hier, ils sont allés déverser 100 livres de pinottes au bureau du ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, à Gatineau.

"Il n'existe aucune raison valable pour débarquer en rugissant dans un hôpital pour enfants. Comme il est tout aussi intolérable de saccager les bureaux d'un élu", a commenté M. Charest qui, à l'instar de ses collègues libéraux, a voté en faveur de la motion présentée par l'opposition péquiste condamnant les gestes de vandalisme et d'intimidation.

"Quelle que soit la cause que l'on défend, quelles que soient les convictions qui nous animent, l'injure, l'intimidation et le vandalisme sont toujours une disgrâce en démocratie", a ajouté Jean Charest en précisant qu'il s'attendait à ce que les leaders syndicaux "condamnent les dérapages commis lundi aussi fermement que je le fais aujourd'hui".

Outre les gestes posés par les syndiqués, le premier ministre en avait long à dire sur le "niveau de langage" de leurs leaders. "Franchement, quand on parle de démolition (des services publics), il y a, de toute évidence, une enflure qui dépasse les bornes."

Il a notamment cité le cas du projet de loi 30 qui propose de réduire de 3671 à 1961 le nombre d'unités de négociation. "Il n'y aura pas un seul syndiqué de moins dans le réseau de la santé après cette opération. Par contre, il y aura une meilleure organisation du travail afin que toutes nos énergies puissent être consacrées aux soins livrés aux patients."

Le premier ministre a affirmé que son gouvernement n'est pas antisyndical et qu'il écoutait attentivement ce que les syndicats ont à lui dire à l'occasion des commissions parlementaires portant sur les projets de loi 25, 30 et 31.

"Jean Charest, c'est comme l'incendiaire qui fait appel au calme après avoir mis le feu partout dans la maison", a commenté le président de la CSQ, Réjean Parent, qui n'a pu s'empêcher de sourire en entendant le premier ministre dire que son gouvernement était à l'écoute. "S'il y a quelqu'un qui n'écoute personne, c'est bien Jean Charest. Il dit qu'il nous écoute, mais il continue de nous provoquer, de nous harceler et de nous écraser."

Le ton ne baissera pas, a-t-il promis. "Habituellement, quand le loup est dans la bergerie, on crie au loup."

Tous les leaders syndicaux ont déploré, hier, les gestes commis lundi par les camarades de la FTQ. La CSN parlait même "d'opérations disgracieuses". À la FTQ, Henri Massé, qui avait déploré lundi soir le comportement d'une poignée de ses membres, a préféré, hier, ne pas faire d'autres commentaires. En soirée, à Gatineau, c'est un appel à la mobilisation mais aussi au calme qu'il a lancé à quelque 400 syndiqués. Lors d'un point de presse, il a fait sentir que son syndicat travaillera dans le calme, mais sur un ton ferme. "Il faut être discipliné et éviter de tout casser", a-t-il ajouté, selon la Presse canadienne.

Pour Michel Sawyer, président du SFPQ, le "rouleau compresseur" libéral inquiète les travailleurs. Leurs réactions peuvent alors être imprévisibles. "Ça ne prend pas grand-chose alors pour crinquer le monde. À l'heure actuelle, c'est sûr que le gouvernement joue avec le feu."

"J'ai peur que la paix sociale soit menacée au Québec", a affirmé, pour sa part, le chef péquiste, Bernard Landry. "L'une des traditions au Québec, c'est la concertation. Hélas, le gouvernement, par son attitude et ses politiques, a pris les syndicats de front. Cette façon de faire menace un équilibre qui s'appelle la paix sociale."

GLeduc@lesoleil.com



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Charest vows no retreat

Blasts tactics. Labour leaders warn of more disruptions

ALLISON HANES, IRWIN BLOCK of the Gazette contributed to this report
The Montréal Gazette Wednesday, December 03, 2003

As union leaders declared no letup in their war on his government and protesters ransacked another Liberal MNA's riding office, Premier Jean Charest vowed yesterday that he will not retreat from his ambitious agenda to modernize Quebec.

"The government has no intention of yielding to intimidation or blackmail," an angry Charest told reporters in a prepared statement delivered on his way into the National Assembly yesterday morning.

"Insults, intimidation and vandalism are always a disgrace to democracy."

The premier appealed for calm in the face of mounting opposition to his 7-month-old administration. He denied any responsibility for disrupting Quebec's fragile social peace by proposing to amend the Labour Code to permit more contracting out and consolidate the number of bargaining units in the health system.

A band of protesters barged in to the Gatineau riding office of Intergovernmental Affairs Minister Benoît Pelletier yesterday, scattering peanuts on the floor and pasting stickers on the windows and walls.

On Monday, vandals trashed the St. Léonard office of Michel Bissonnet, the speaker of the National Assembly. Rowdy protesters also clashed with security guards at St. Justine Hospital, forcing the cancellation of a news conference Charest and Health Minister Philippe Couillard were to attend.

Public Security Minister Jacques Chagnon said police are tightening security around the offices of Liberal MNAs and government personnel are being advised to take extra precautions.

"All riding offices have been advised by the Sûreté du Québec that there could be a risk of this type of thing happening," Chagnon said.

"Security measures have been taken and more will be taken if police judge it appropriate. I can't elaborate because security measures are always more effective when they are discreet."

On the labour side, Claudette Carbonneau, president of the 280,000-member Confédération des syndicats nationaux, warned that major disruptions are coming Dec. 11.

Demonstrations and study sessions will be held and union members are being encouraged to explain to the public what's at stake in this confrontation.

Union officials said they expected the protests next week will affect public services throughout the province.

CLSC workers are planning a "Père Couillard Parade" - targeting Health Minister Philippe Couillard - Dec. 10 to protest the health clinics' impending fate under another controversial bill.

Carbonneau offered a message to Charest: "If he wants to maintain social peace, he has only to withdraw or slow down controversial legislation and encourage true democratic debate. He doesn't have to revolutionize labour relations in three weeks."

Arthur Sanborn, president of the CSN's powerful Montreal Central Council who attended the St. Justine protest, warned a major struggle is ahead.

"We will fight if they don't decide to get out of the zone of confrontation. We didn't start this problem.

"The premier has decided to take on 1.2 million unionized workers in Quebec, 400,000 people on welfare. ... He's the ultimate person responsible for maintaining social peace and he's doing a very bad job of it up till now."

Though union president Henri Massé at the rival Quebec Federation of Labour has urged calm, the word among his associates is that protests will persist.

Charest placed blame for escalating tensions on the inflammatory rhetoric of his government's chief critics: Parti Québécois opposition leader Bernard Landry and Quebec's powerful union leaders.

Landry "must recognize that the tone of his language and that of certain union leaders is completely contrary to what the government is proposing," he said.

"It's unacceptable it's unconscionable and it's not just the acts that are being committed, it's the level of the language. Honestly, when they talk about 'demolition' it's bombastic and it crosses the line."

Charest said his government's plans are being misrepresented and exaggerated by opponents.

"For example, there will not be even one less unionized worker in the health system with what we are trying to do," he said.

But Landry said it is his duty "to be hard on the government - especially one that was supposed to be a Liberal one but in fact is a conservative government."

"It's the government, with its policies and its confrontational attitude ... that is what is threatening the equilibrium that we call social peace."

ahanes@thegazette.canwest.com

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Up in Arms Over Legislation

Union activists are mobilizing because they are concerned about the effects two major pieces of legislation now before the National Assembly will have on Quebec labour and working conditions.

Community groups are also against a third measure, a major overhaul of health-care delivery. All are to be adopted by Christmas.

Bill 31

Bill 31 proposes to amend Section 45 of Quebec's Labour Code, which now limits contracting out of work covered by a collective agreement.

Under the proposed change, a company or government agency will be able to farm out work performed by unionized workers to a subcontractor who may not be obliged to adhere to the salary and working conditions in the union contract.

According to the Confédération des syndicats nationaux, this could mean that all unionized staff at hotels in Montreal, except for the front desk staff, could lose their jobs, unless their contract bars subcontracing. This could also affect part-time public-sector workers.

Bill 30 & Bill 25

Unions are upset about Bill 30, which would cut the number of bargaining units in the health-care system to 1,961 from 3,671.

This is linked to the controversial Bill 25, which would merge CLSC clinics and chronic-care facilities into integrated local health networks headed by hospitals.

In Montreal, this would lead to blending the island's publicly funded health services into six such local health networks.



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Charest appeals for calm - Liberals condemn union vandalism

RhéAl SéGuin
The Globe and Mail Wednesday, December 3, 2003

Quebec PQ - Quebec Premier Jean Charest pleaded for calm yesterday as labour unrest and acts of vandalism rocked the province.

Despite a strong show of force from labour this week, Mr. Charest said his government has a legitimate mandate to pursue its agenda and will not back down in the face of what he called "intimidation, or blackmail or violence" by unions.

"We are very determined [about] what we are doing and I don't think social peace is threatened by that," he said. "There are people with union responsibilities that have gone too far and must be called to order."

On Monday, members of the Quebec Federation of Labour rampaged through Montreal's Sainte-Justine children's hospital, a protest that forced the Premier to cancel a news conference. Earlier in the day, QFL members vandalized the riding offices of the Speaker of the National Assembly, Liberal member Michel Bissonnet. Yesterday in Gatineau, union members trashed Intergovernmental Affairs Minister Benoît Pelletier's riding office.

The labour movement is protesting against proposed legislation that it believes to be anti-labour, including the merging of union organizations in hospitals, changes to the labour code to allow more subcontracting in the private sector and public services, and restrictions on the unionization of daycare workers. Unions also condemn the government's proposed increase in daycare costs and the lack of anti-poverty measures.

"I am urging union leaders today to condemn these incidents as strongly as I am doing now," Mr. Charest said. "The government is not anti-union, but there are union organizations that are conducting themselves in an undemocratic way."

A demonstration was held last night in Gatineau and more are planned throughout Quebec in the coming weeks. Last Saturday, more than 20,000 people, including union members, community organizations, women's rights groups and social activists marched peacefully in front of the National Assembly. A few days earlier, about 7,000 union members held a similar protest.

The governing Liberals and opposition members supported a motion yesterday condemning "the acts of vandalism and intimidation." Mr. Charest accused Parti Québécois Leader Bernard Landry of being partly responsible for the labour unrest.

"The Leader of the Opposition freely uses language in the National Assembly that can be associated with the events that took place yesterday when he speaks of demolition. . . . 'Charest demolished Quebec,' Landry has said," Mr. Charest said during a heated exchange in the National Assembly.

Mr. Landry shot back with an accusation of his own, holding Mr. Charest personally responsible for the suicide last week of the director of a Montreal chronic-care hospital after allegations that patients were mistreated under his care.

The PQ accused the government of disrupting social peace in Quebec with controversial legislation and of breaking election promises on the funding of health-care services and social programs.



»» défusions

Poudre aux yeux

Michèle Ouimet
La Presse mercredi 3 décembre 2003

Les fusions n'ont pas engendré les fameuses économies d'échelle promises par le Parti québécois. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil sur le budget 2004 déposé la semaine dernière par la Ville de Montréal pour s'en rendre compte.

Même si la Ville se tue à répéter qu'elle a réalisé des économies, c'est de la poudre aux yeux. En réalité, elle a tout simplement empêché ses dépenses d'exploser.

Peu importe les sparages sémantiques, la réalité est là, incontournable: l'administration Tremblay a tricoté un budget inflationniste de 3,8 milliards avec des dépenses qui, en 2004, augmenteront de 5,1 % même si l'inflation, elle, ne sera que de 1,8 %.

Le président du comité exécutif, Frank Zampino, insiste: si la Ville n'avait pas travaillé fort pour dénicher des "économies" (lire: freiner la spirale inflationniste), la facture aurait été beaucoup plus salée pour les contribuables. Les élus ont fait un effort pour gratter les fonds de tiroir afin de maintenir la hausse des dépenses autour de 5 %. Parfait, bravo, merci, mais de grâce, cessez d'embrouiller les braves citoyens en parlant d'économies.

En novembre 2000, l'ex-premier ministre Lucien Bouchard affirmait que les fusions allaient engendrer de mirobolantes économies d'échelle. "Nous savons que des économies, il va y en avoir, avait-il déclaré. C'est impossible qu'il n'y en ait pas à partir du moment où il y aura attrition, par exemple, dans l'île de Montréal, de 5 % par année dans le personnel."

L'attrition. Là aussi, les fusions n'ont pas donné les fruits attendus. Non seulement le personnel de la nouvelle Ville n'a pas diminué de 5 % par année, mais il a augmenté en 2003 et diminué très légèrement en 2004.

Autre promesse: la distribution équitable de la richesse entre les arrondissements, c'est-à-dire les riches qui se délestent d'une partie de leur magot au profit des pauvres par le biais de la péréquation.

L'administration Tremblay a mis sur pied le mécanisme de la péréquation. Un bon point. Sauf que les sommes injectées sont ridiculement minimes: un misérable 5 millions par année sur un budget de 3,8 milliards. Des miettes.

Les inégalités entre les arrondissements sont toujours aussi criantes. Pendant que Montréal-Nord reçoit 367 $ par tête de pipe, Pointe-Claire obtient 1085 $ et Westmount 1012 $. Un citoyen de Westmount vaut-il trois fois plus qu'un résidant de Montréal-Nord?

Les fusions devaient amener un meilleur partage de la richesse. On est loin du compte mais au moins, il y a un effort. Minime, c'est vrai.

Le projet de loi sur les défusions, lui, met carrément la péréquation au panier. Si Pointe-Claire défusionne, elle ne donnera plus un sou pour aider Montréal-Nord. Fini le partage. Pourquoi le ministre Fournier a-t-il abandonné un principe aussi fondamental de justice sociale?

Non seulement les défusionnistes recréeront leurs petites enclaves, mais ils pourront vivre en couvant jalousement leurs privilèges. On est loin des nobles idéaux qui ont guidé les fusions.



»» Fonds marins du Saint-Laurent

Hydro-Québec reporte son projet d'exploration gazière

Étude d'impacts et consultation publique sont maintenant au programme

Louis-Gilles Francoeur
Le Devoir mercredi 3 décembre 2003

Hydro-Québec retirera d'ici 48 heures son projet d'exploration des fonds marins du Saint-Laurent à la recherche de pétrole et de gaz naturel à la suite d'une entente intervenue entre le gouvernement et la société d'État, a appris hier Le Devoir de sources bien informées.

La nouvelle sera confirmée au cours des deux prochains jours conjointement par les ministres des Ressources naturelles, Sam Hamad, responsable d'Hydro-Québec, et son collègue de l'Environnement, Thomas Mulcair. Jean Charest avait promis en avril par lettre au milieu environnemental que ce projet n'irait pas de l'avant sans une évaluation publique de ses impacts environnementaux.

Les deux ministres ont convenu avec Hydro-Québec qu'elle procédera à une étude complète des impacts environnementaux de son projet, conformément à la promesse du premier ministre, soit les phases d'exploration et d'une éventuelle exploitation des gisements marins dans ce milieu fréquenté par plusieurs espèces de mammifères marins menacés de disparition. Le projet sera ensuite l'objet d'une consultation publique sous l'égide du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Selon les règles de ce processus, c'est le Conseil des ministres qui statue en dernier ressort sur les recommandations du ministre de l'Environnement, qui s'inspire généralement des recommandations du BAPE, mais qui peut aussi s'en écarter. On se rappellera que le gouvernement québécois est le principal actionnaire d'Hydro-Québec, qui lui verse la moitié de ses profits. Ses derniers incluent aussi les dividendes qu'Hydro retire de sa position de quasi-contrôle dans Gaz Métropolitain.

Il se pourrait que le retrait officiel du projet évite à l'Office national de l'énergie (ONE) de refuser le feu vert au sous-traitant d'Hydro-Québec, la société GSI. L'ONE a requis l'avis de Pêches et Océans Canada avant de statuer sur la demande de permis d'exploration demandé par GSI. Dans un avis officiel, rapporté par Le Devoir la semaine dernière, Pêches et Océans concluaient à la nécessité de refuser ce permis en raison de la présence d'espèces menacées dans le secteur ciblé.


TRIBUNE LIBRE





TRIBUNE LIBRE

Le RIQ a suscité un débat qui doit demeurer ouvert

Claude Bariteau, Claude.Bariteau@ant.ulaval.ca
Président de l’Assemblée citoyenne tenue le 29 novembre 2003.
TRIBUNE LIBRE Le 3 décembre 2003

Patrice Boileau voit une fin de création dans l’assemblée citoyenne tenue à la Maison Duvernay le 29 novembre 2003 pour débattre d’un cadre nouveau favorisant la création du pays du Québec par le peuple québécois. Il avance même que cette assemblée citoyenne était celle du RIQ et que les idées mises de l’avant révèlent que le RIQ serait devenu «étapiste». Enfin, estimant que cet «étapisme» est nuisible, il considère le RIQ dépassé et mise sur le Conseil de la Souveraineté, dont le mandat est tout autre, pour que prenne forme une coalition des forces indépendantistes qui conduirait au pays lors d’une élection référendaire.

Voilà des propos qui surprennent. Le RIQ n’a fait qu’une chose le 29 novembre 2003 : amorcer un débat autour du cadre stratégique devant conduire à l’indépendance du Québec car, avec la loi C-20 dite de la clarté, les cadres antérieurement utilisés ont été fragilisés. Quiconque était présent savait qu’il ne s’agissait pas d’une assemblée du RIQ mais d’une assemblée citoyenne à laquelle ont participé une majorité de personnes qui ne sont pas membres du RIQ.

À cette assemblée citoyenne, le RIQ n’a pas présenté ses vues. Des membres du RIQ ont exposé leurs idées et d’autres ont agi comme présidents et secrétaires d’atelier. La seule position exprimée de façon détaillée fut celle de Robert Laplante qui s’est exprimé en son nom, ce qu’il a signalé d’entrée de jeu. Alors, je ne comprends pas que Patrice Boileau se permette un impair aussi important en avançant que le RIQ s’est peinturé dans le mur. S’est-il permis cet impair pour faire valoir l’idée, qui serait la sienne, d’une nécessaire coalition menant à une élection référendaire ? Si c’est le cas, je dois lui rappeler que le Conseil d’administration du RIQ a déjà indiqué qu’une coalition est une avenue qui présente un potentiel intéressant comme pourrait aussi l’être la transformation du Parti québécois en un parti dont le programme a pour seul objectif la création du pays du Québec. Le CA du RIQ, dont je suis le secrétaire, n’a pas changé d’avis.

Sa position, publiée dans Le Devoir en avril et dans L’Action nationale en mai, paraît sur Vigile. Je me permets de la rappeler.

« Comment nous affranchir du Canada ?

Ici, un rappel est nécessaire avant d’identifier une des avenues prometteuses. Dans le cadre de la lutte entre deux conceptions du Québec au sein du Canada, la prise du pouvoir et la gouvernance de la province de Québec furent retenues. Chez les tenants d’une souveraineté au sein du Canada, le recours à un référendum fut privilégié. Or, avec la loi C-20, les référendums québécois sont désormais sous le contrôle des parlementaires canadiens. Ces derniers peuvent décider de la clarté d’une question, de son support électoral et des suites à donner. En quelque sorte, ils ont assujetti le processus référendaire comme ils ont assujetti, en 1982, la loi 101 en l’intégrant à la constitution du Canada.

Dans ce contexte, le recours à un référendum est piégé. Mieux vaut procéder autrement, ce qui pourrait être une élection référendaire gagnée à la majorité absolue des votes exprimées. Dans un tel cas, si référendum il doit y avoir, cela ne devrait concerner que l’approbation de la constitution du Québec après le dépôt d’un projet de loi qui la définirait.

Cela étant, pour mener à terme la démarche vers l’indépendance, un véhicule politique est nécessaire. Mais un tel véhicule soulève automatiquement la question de la diversité des forces indépendantistes et de leur opposition sur nombre de dossiers. Cette question est incontournable dans tous les pays démocratiques où existent des partis de droite, de centre et de gauche. Aussi, ce véhicule doit-il être temporaire et n’avoir pour mandat que de faire le pays.

Dans un processus d’accession non-violente à l’indépendance, il y a habituellement une entente entre les divers groupes porteurs du pays et un travail en commun. Cette entente débouche sur une coalition stratégique pour promouvoir l’indépendance au-delà des allégeances politiques respectives. Cette coalition, qui se doit d’être temporaire, s’enracine habituellement autour d’un projet de constitution qui définit les principaux paramètres du vivre ensemble recherché, précise les conditions de la légitimité des délégués au pouvoir, fixe les règles préservant la pluralité politique et statue sur la séparation des pouvoirs dans un régime républicain.

Cette coalition pourrait être ce véhicule politique dont le seul et unique mandat serait de réaliser démocratiquement l’indépendance du Québec après avoir proposé un projet de constitution. En cela, cette coalition, qui pourrait prendre la forme d’un parti, se placerait au-dessus des questions de « gouvernance » provinciale, ce à quoi, pensons-nous, oblige l’indépendance puisqu’il s’agit d’un changement fondamental dans la gouverne d’une nation politique. Aussi la coalition devrait avoir pour seul programme de faire l’indépendance, d’instaurer la république démocratique et de mettre en place les institutions qui en découlent.

Le pays créé, cette coalition cesserait d’exister et la « gouvernance » usuelle du pays prendrait place conformément à la nouvelle constitution. Une telle approche présente un triple avantage. Elle favorise le rassemblement des forces indépendantistes, contourne les contraintes de la loi C-20 et évite d’enliser la question de l’indépendance du Québec dans une gestion provinciale en complicité avec l’administration canadienne.

Dans cette optique, si le PQ, qui est en réflexion, se transforme en un parti qui prône l’indépendance constitutionnelle et vise à instaurer la République du Québec, il faudrait qu’il privilégie une élection référendaire et la mise en œuvre du programme de la coalition des forces indépendantistes. Par contre, s’il opte pour une approche liant la gouvernance provinciale et la promotion de l’indépendance constitutionnelle, à notre avis, les chances de voir naître le pays du Québec s’amenuiseront d’autant.

C’est ce qu’ont révélé les prises du pouvoir par le PQ en 1976, en 1980 et en 1998. La seule exception, celle de 1994 qui a conduit au référendum de 1995, est le fruit d’une promotion immédiate de la souveraineté et la mise en place d’une coalition tripartite. Il faut activer une démarche analogue mais, cette fois, selon d’autres modalités. L’environnement politique s’est transformé avec la loi C-20 et l’histoire a démontré l’impasse à laquelle conduit une gouvernance provinciale sous l’égide d’un parti qui fait la promotion de la gouvernance d’un pays.

Il s’agit là d’un passage obligé. Il demande beaucoup d’abnégation, encore plus de concertation et tout autant d’audace. Mais s’agissant de l’entrée d’un peuple, celui du Québec, dans l’histoire, saurait-il en être autrement ?

La position du CA du RIQ, qui dessinait deux avenues, visait à susciter un débat en vue de revoir les cadres stratégiques qui ont prévalu jusqu’à ce jour. Ce débat a été amorcé lors de l’assemblée citoyenne indépendamment des principaux partis politiques qui font la promotion de l’indépendance du Québec. À cette assemblée participaient des Québécois et des Québécoises dont des membres de partis politiques (PQ, BQ et UFP) et d’organismes divers (SSJB-M, AN, MNQ, etc.) qui ont pu faire valoir leur point de vue dans les ateliers.

Robert Laplante a été invité à la seule fin de soulever le débat. Ses idées, parce qu’elles valorisent un passage qu’il estime obligé, soit la mise en place d’institutions québécoises dont l’objectif est d’affirmer que la nation politique québécoise est souveraine et entend le demeurer, privilégiaient une démarche qui, si j’ai bien compris, ne banalisait pas pour autant les avenues identifiées par le RIQ. Son exposé a plutôt développé un scénario autour de l’élection d’un parti souverainiste qui devrait avoir comme programme de faire le pays du Québec et de s’y activer dès son élection. Dans ce scénario, Laplante a insisté principalement sur le fait que le Québec se doit d’être l’autorité responsable des décisions qui le concernent et que le peuple québécois doit s’approprier sa constitution en la ratifiant. Il a peu développé sur le véhicule qui y conduit, soit le parti souverainiste.

Qu’en est-il de ce parti souverainiste ? Difficile à dire. Si Robert Laplante m’a semblé souhaiter que ce soit un PQ revu et transformé, il n’a pas dit que ce ne pourrait pas être un parti nouveau créé à la suite d’un schisme au sein du PQ. Cela étant, l’idée que ce parti souverainiste en soit un de coalition ou un qui met de l’avant un programme approuvé par des forces politiques indépendantistes, n’a pas été rejetée. Elle n’a tout simplement pas été abordée par Laplante de telle sorte qu’elle n’a pas été débattue même si certains participants y ont fait allusion. Ce débat demeure ouvert.

Revenons aux propos de Laplante. Misant sur l’élection d’un parti souverainiste, ce dernier a identifié différentes étapes menant à un référendum sur un projet de constitution après une durée approximative de dix-huit mois de pouvoir. Ces institutions sont l’instauration d’une constitution provisoire, la création d’une citoyenneté québécoise et d’une cour constitutionnelle québécoise. En clair, Laplante vise à asseoir une légitimité québécoise avant de procéder à un référendum sur un projet de constitution. C’est ce qui explique qu’il n’a pas fait écho au concept d’élection référendaire, préférant que le peuple québécois, qu’il ait ou non supporté à plus de 50 % le parti souverainiste, s’approprie sa principale institution : sa constitution.

On peut, comme plusieurs l’ont signalé, estimer un peu longue la période de gestation. On peut même penser qu’un parti souverainiste pourrait identifier les principales assises de la constitution et en faire sa plate-forme électorale, ce qui permettrait d’écourter la période de cogitation. Ce sont là des idées imaginables qui font dorénavant partie des éléments à approfondir. Il est heureux qu’il en soit ainsi. Changer de cadre stratégique demeure une opération délicate. Le fait qu’une Assemblée citoyenne en ait débattu devrait inspirer la tenue d’assemblées analogues pour que le peuple québécois décide de la démarche qu’il entend déployer pour devenir maître de son destin.

J’ai présidé cette assemblée et j’ai clairement signalé qu’il s’agissait d’un débat autour d’un point de vue, celui de Robert Laplante, point de vue qui n’était pas celui du RIQ. Les discussions en ateliers, qui furent résumées en plénière, ont donné lieu à une synthèse, faite par Jean-Pierre Charbonneau, suivie d’une réplique de la part de Robert Laplante. Par la suite, quatre intervenants ont fait valoir leurs points de vue. Au terme de ce débat, il n’y a pas eu de vote sur une quelconque proposition. Seules des idées ont été présentées et débattues. La qualité des propos développés a cependant fait ressortir l’importance d’approfondir chacune des idées maîtresses mises de l’avant, notamment les paramètres et les balises qu’elles véhiculent. C’est ainsi que fut clôturé ce débat.

À mon sens, telle est l’unique conclusion qui se dégage du débat qui a eu cours le 29 novembre 2003. C’est tout à l’honneur de Robert Laplante d’avoir osé relever ce défi et fait valoir des idées à l’aide desquelles nous poursuivrons nos réflexions. Que Patrice Boileau préfère une coalition misant sur une élection référendaire, c’est son choix. Il aurait avantage à l’exposer clairement en montrant, entre autres, comment peut naître une coalition de partis indépendantistes et en quoi une élection référendaire assurerait la ratification par le peuple québécois de sa constitution plutôt que de déformer le sens du débat qui s’est déroulé à la maison Duvernay.



TRIBUNE LIBRE

Trop d'argent pour angliciser l'élite

Jean-François Vallée, Québec
marie-mance@sympatico.ca
TRIBUNE LIBRE Le 3 décembre 2003

Quatorze jeunes « superperformants » venus des quatre coins du monde vivent en ce moment à Montréal une année d'«ébullition intellectuelle», forts des deniers octroyés par la généreuse Fondation Jeanne-Sauvé, créée par celle qui fut gouverneure générale du Canada de 1984 à 1990. L'organisme a débloqué un budget de plusieurs millions de dollars pour permettre à un groupe de jeunes ambitieux triés sur le volets de «s'abreuver aux cours et aux séminaires de l'Université McGill» durant un an. Ne sachant que faire de tout le cash accumulé dans ce fonds, Jean-François Sauvé, le fils de l'autre, a demandé ce qu'il pouvait bien faire de tout ce bel argent à l'architecte Harry Parnass, responsable des bourses Sauvé pour la fondation. Réponse de l'intéressé : dans un premier temps, lui confier gentiment la tâche de refaire l'intérieur d'une «magnifique maison» du centre-ville de Montréal achetée pour la rondelette somme de 2 millions de dollars. Ensuite, allouer 30 000 $ aux quatorze participants pour couvrir les dépenses de leurs neuf mois de séjour. La Fondation, qui «refuse de divulguer la facture totale liée à ce projet» (tiens donc.), s'inspirerait ainsi d'expériences semblables menées à Harvard et à Oxford.

Outre les questions de fiscalité douteuse que soulève ce projet, on peut questionner le choix linguistique de la Fondation. Il faut avoir eu des origines canadiennes-françaises comme Mme Sauvé pour que l'ouvre de votre fondation renforce ainsi uniquement la langue, la culture et la civilisation de langue anglaise, puisque les membres formant cette belle «mosaïque» dorée approfondissent, of course, leur connaissance de l'anglais au coeur même de la province of Quebec. D'origine slovaque, taïwanaise, cambodgienne, péruvienne, chinoise, pakistanaise, vietnamienne, algérienne, anglaise, états-unienne, zambienne et canadienne, ces quatorze élus parmi les élus (les «leaders de demain», semble-t-il) repartiront convaincus de la force et de l'influence de l'anglais, même au Québec. C'est un autre des effets pervers de la fédération canadienne que d'ainsi réussir à drainer les intérêts de la minorité francophone vers ceux de la majorité. Ainsi, les héritiers de Mme Sauvé peuvent-ils continuer à servir les intérêts de l'empire sur lequel, naguère encore, le soleil ne se couchait jamais. Et que fera de concret tout ce beau monde avec tout cet argent ? «Ils seront invités à tout simplement réfléchir toute l'année, n'est-ce pas merveilleux ?», répond M. Parnass. «Merveilleux», ça l'est en effet, pour son portefeuille.



TRIBUNE LIBRE

La libido dominandi

Robert Bastien
robast@arobas.net
TRIBUNE LIBRE Le 3 décembre 2003

Les ravages de la libido dominandi de la droite qui a accédé au pouvoir, en vertu de la plus incroyable imposture politique que le Québec ait connue, n'ont pas fini de se produire. Car sa manifestation témoigne de la bonne conscience de ceux qu'elle habite. Sans parler que, quand ils tiennent un os, ils ne sont pas gens à y renoncer facilement.

Dans le cas du PLQ, où était l'équivalent du livre rouge de son grand frère libéral, qui énumérait de façon claire les éléments du programme qu'il entendait mettre en application une fois au pouvoir ?

Il y a la social-démocratie, il faudra maintenant parler de la social-réaction ou des partis sociaux-réactionnaires -- Ah ! les labels ! le pied !

À cet égard, il semble que le Canada français (Québec et Nouveau-Brunswick) soient bien représentés, alors qu'au palier fédéral, la droite donne l'impression d'être dorénavant reléguée à la marge. Mais avancer en arrière fait partie du paysage québécois.



TRIBUNE LIBRE

Même la loi C-20 ne peut espérer autant de clarté!

Patrice Boileau
patriceboileau@videotron.ca
TRIBUNE LIBRE Le 3 décembre 2003

Mieux vaut subir la réingénierie de Jean Charest et applaudir la défection de tous les députés du Bloc québécois vers le clan Martin plutôt que d'assister à la naissance du pays du Québec sans qu'il ait reçu l'approbation préalable d'une majorité de Québécois. Une élection référendaire qui autoriserait le Parti québécois à déclarer l'indépendance après avoir fait élire plus de députés que le Parti libéral éliminerait toutes chances d'obtenir une quelconque reconnaissance internationale.

Il en va tout autrement si le camp souverainiste déclare maintenant que le rendez-vous électoral dans quatre ans sera décisif s'il obtient l'assentiment de 50%+1 des Québécois. Avec quatre années devant nous, il sera alors bien difficile à quiconque d'être crédible en affirmant ne pas connaître l'enjeu du prochaine scrutin. Pariez d'ailleurs sur les libéraux pour répéter à satiété qu'un vote souverainiste gagnant autorisera l'Assemblée nationale à déclarer l'indépendance du Québec. Même la loi C-20 ne peut espérer autant de clarté!

Certes, les Québécois ne voit pas le développement d'un Québec souverain de façon monolithique. Difficile donc pour le Parti québécois de voir ses idées rallier une majorité d'électeurs. Il y a longtemps d'ailleurs qu'une équipe politique au Québec a réussi ce tour de force. Ce qui est tout à l'honneur du peuple québécois: le pluralisme idéologique est nettement préférable à l'esprit stalinien. Ainsi, des partis politiques persuadés qu'un développement optimal du Québec passe par l'indépendance doivent former une coalition et conjuguer leurs votes pour franchir la barre fatidique du 50%+1. Ceux-ci ont tout le temps voulu pour construire l'alliance souverainiste, fixer les termes de l'entente temporaire et même réformer le mode de scrutin pour rassurer des partenaires effarouchés par la présence du Parti québécois. Voilà une stratégie politique nettement plus noble, pour s'emparer du pouvoir, que de miser bêtement sur l'autodestruction des libéraux pour y arriver... Ce projet, jumelé avec ce qui se passe à Québec actuellement, permettra aux athlètes québécois d'agiter bientôt des drapeaux fleurdelisés sans risquer de rendre leur entraîneur malade...

Une élection référendaire qui exige l'appui de 50% plus une voix afin de doter le Québec d'un statut national respecte "l'expression suprême de la démocratie québécoise", comme le dit si bien le chroniqueur du Devoir. Il ne s'agit donc pas d'un changement radical de stratégie pour permettre au Québec d'éviter sa folklorisation à l'intérieur du Canada. C'est plutôt d'un étapisme désuet dont veulent se départir les Québécois, à la lumière des derniers sondages où l'appui à l'option souverainiste dépasse celui alloué au Parti québécois. Ainsi, refuser de reconnaître la victoire de la coalition souverainiste à 50%+1 constituerait un viol des principes les plus élémentaires de la démocratie, surtout si les enjeux ont été expliqués clairement aux Québécois durant les années précédant la tenue de l'élection... référendaire.



TRIBUNE LIBRE

NON MERCI M. Potvin

François Perrier
francois.perrier@sympatico.ca
TRIBUNE LIBRE Le 3 décembre 2003

Réplique à "Il faut au plus vite faire non pas la fusion de Montréal mais bien l'indépendance du Québec" de M. Luc Potvin dans la TRIBUNE LIBRE du 27 novembre 2003.

À votre tentative de récupération je dis NON MERCI M. Potvin -- comme quoi "Tout commence (vraiment) par une définition" ** François Perrier

J'ai dénoncé (a) 'l'àplatventrisme' de Bernard Landry en 2001, quand ce dernier détenait le pouvoir législatif de faire de Montréal une ville irrémédiablement française, tout en déplorant (b) la tentative de M. Potvin de blâmer les indépendantistes pour la présente débâcle linguistique à Montréal. (Voir sa "Lettre ouverte aux indépendantistes HEUREUX d'avoir perdu Montréal", TRIBUNE LIBRE le 25 novembre 2003).

Monsieur Potvin me signifie alors un nolo contendere, louangeant "le caractère social-démocrate de mon indépendance" tout en s'en prenant à "cette ânerie appelée nationalisme civique". M. Potvin (ou son homonyme) serait du comité de rédaction de la (feue?) ou (moribonde) revue "ACTION (pseudo) INDÉPENDANTISTE".

Établissons tout d'abord que "l'ânerie" qu'est la nation civique d'Ernest Renan, n'a rien à voir avec le SAIN nationalisme ethnique et culturel élaboré par Johann Gottfried Herder (1744-1803), dont la nation de souche française du Québec, devenue peuple intégrateur des autres, est l'incarnation même dans son ouverture proverbiale envers toutes les altérités.

L'ânerie de la "nation civique" témoigne d'une France monarchiste, esclavagiste, puis impériale et faussement républicaine. C'est la France de Voltaire (et ses quelques maudits arpents de neige) et du voleur Bigot. C'est la France mettant à feu et à sac l'Europe jusqu'à ce quelle se fasse mater par ses cousins germains les Allemands en 1870, (puis en 1914-18 et en 1939-45). La nation "civique" c'est la France redéfinissant alors ses règles d'engagement pour verser dans le colonialisme, les barrières tarifaires et le néolibéralisme. Dans l’État-nation CIVIQUE dont la France fut le prototype, où UN État-centralisateur et UNE nation-politique composés toutes deux d’individus d’exception, oppriment la masse des Français, plutôt que d'agir en citoyens responsables : EIN REICH, EIN VOLK, et HEIL ! à quiconque s’emploie à refouler métèques et « indésirables » vers des HLM de banlieues, tout en trucidant force Basques, Corses, Bretons et Catalans. C'est la France de Gobineau et de Pétain. Aujourd'hui c'est la France de Le Pen, des législateurs français s'accommodant de l'anglais comme langue commune de la CEE, des pilotes d'Air France préférant parler anglais entre eux, de MICHELIN s'installant à Toronto plutôt qu'à Montréal, par affairisme, celle de Jean-Marie Messier ex de VIVENDI combattant l'exception culturelle, c'est la France des Chirac et Raffarin copains-clopant avec John Chretien et John Charest en Estrie. Cette nation civique française n'a jamais été l'amie de la Nouvelle-France, ou du Canada-français, NI du bon peuple québécois aujourd'hui. Nous ne partageons avec cette France-là que la très belle langue française universelle.

Re votre point 1) "Le français et sa situation précaire à Montréal". Vous me répondez que ni VOUS ni Jean Charest n'y pouvez rien en 2003 ! Mais Landry LUI -- OUI qu'il pouvait faire beaucoup en 2001, et là était le point de mon intervention. Charest ne fait que ce que font tous les collabos : il soumet le Québec aux diktats d'Ottawa, au plus grand dam de sa nation d'origine française, laquelle il a reniée. Mais que faites-vous dans cette galère en affirmant que "VOUS n'y pouvez rien" ? Bien sûr que vous y pouvez quelque chose !

Re votre point 2) "Le sens du verbe appartenir". Ici M. Potvin a raison et je plaide coupable. C'est que, impitoyable à l'égard de nos zélites collabos, je voulais introduire la notion de ce qu'est le véritable PACIFISME (celui de M.Chouraqui), par rapport à L'ÀPLATVENTRISME de Bernard Landry et Cie. J'aurais donc dû écrire "Quand à votre phrase suintant d'impuissance tardive, elle appelle à LA VIOLENCE, par tout l'àplatventrisme dont elle recèle". Au diable la rectitude politique, M. Potvin.

Quant à L'IRRÉDENTISME de mes propos, il complémente le principe éminemment démocratique de la SUBSIDIARITÉ, où une majorité française finalement encadrée par des élites dignes de ce nom, gouvernerait le Québec en tant que ÉTAT, PAYS, et société française. (Le West Island québécois, ayant une composante allant jusqu'à 30% de francophones dont certains sont privés d'une voix politique, n'appartient PAS NON PLUS aux Anglos pour autant). Le tout agrémenté d'une politique ferme de DISSUASION à l'endroit de franco-fédérastes et d'anglo-québébécois hargneux, exhibant des comportements violents et intimidants.

Re votre point 3). "Le pouvoir des Anglos à Montréal". Ce pouvoir des anglo-irréductibles fond comme neige M. Potvin, face à la nation de souche française dépensant 82% des deniers publics pour réaliser son indépendance. Une nation alliée à ceux parmi les Anglos qui "nous" veulent du bien et acceptent notre nécessaire prédominance au Québec, en tant que primi inter pares, formant tous ensemble, UN PEUPLE. Tous unis, entre 1° indépendantistes tout court, 2° souverainistes retors, 3° des franco-fédérastes québécois ne souhaitant pas pour autant la partition du territoire national dans une guerre civile, 4° des Wasps québécois conscients et heureux de vivre dans une société vraiment transculturelle (plutôt que civique et faussement multiculturelle du melting pot), 5° des immigrants venus au Québec essentiellement pour refaire leur vie -- NON PAS pour y accomplir le travail de sape d'un gouvernement canadiAn centralisateur -- et acceptant comme réaliste de s'associer à une majorité française forte.

TOUS ENSEMBLE M. Potvin, les Québécois sont infiniment plus forts que tous les Brent (la bottine) Tyler, Howard (You bastards!) Galganov, William (Mad dog) Johnson, et tous les Henderson, Dondieri, Libman, E TUTTI QUANTI, y compris le New Doric Club, dont la milice renaît de ses cendres dans le West Island.

-- Merci M. Potvin d'avoir reconnu le caractère social-démocrate de mon discours. L'indépendance du Québec se fera au nom du plus grand nombre de Québécois, plutôt que pour une fraction de gauche OU de droite -- ou elle ne se réalisera pas du tout. Une social-démocratie située à l'épicentre des enjeux politiques, éclectique, pigeant le meilleur du socialisme, du libéralisme et du capitalisme, sans verser dans les excès de l'un ou des autres.

** "Tout commence par une définition" est le titre d'un texte d'une grande acuité, du philosophe Nestor Turcotte de Matane, paru dans la TRIBUNE LIBRE les 22/23 24 et 25 novembre, ce dernier attribuant cette citation à un philosophe du nom de Sertillanges. M. Turcotte explore les mots "nation, nationalité, peuple et pays" et propose l'ébauche d'une définition du mot "INDÉPENDANCE". Dommage qu'il n'ait pas tenté de définir le mot "souveraineté", en ce qu'il est venu à signifier au Québec à travers 35 ans de manipulations et de mystifications pseudo-souverainisantes. Autant de mots galvaudés par des gens comme L'INDÉPENDANTISTE Potvin, accusant d'autres indépendantistes de SE RÉJOUIR d'une situation linguistique intenable à Montréal, une situation pourtant créée de toutes pièces PAR LE SOUVERAINISANT LANDRY !!

Quel baume pour l'indépendance du Québec si toutes nos zélites qui poursuivent des agendas cachés et mesquins, étaient démasquées et tenues de se définir ET de définir clairement et honnêtement les idéologies nébuleuses qu'elles colportent, par mots sibyllins et définitions cryptiques interposés !! Bravo aux philosophes Sertillanges et Turcotte. ET NON MERCI, M. POTVIN, à votre tentative de récupération, tout en brouillant les enjeux politiques.



COMMUNIQUÉS




COMMUNIQUÉS

14 décembre 2000 – 14 décembre 2003


COMMUNIQUÉS Le 3 décembre 2003

 

 

La violation des droits d’un seul
a pour conséquence fatale la violation
des droits de tous.

- Georges Clémenceau

 

14 décembre 2000 – 14 décembre 2003

 

Le 14 décembre 2000, à l’instigation de Lucien Bouchard, Jean Charest, André Boulerice  et Lawrence S. Bergman, 109 députés de l’Assemblée nationale du Québec votaient sur ordre  une motion de blâme à l’endroit du citoyen Yves Michaud. Les députés furent interdits de parole. Ils violèrent les propres règlements de l’Assemblée nationale, les chartes québécoise et canadienne des droits et libertés, la séparation des pouvoirs et les principes de justice naturelle en refusant d’entendre M. Michaud et en le condamnant sans qu’un seul d’entre eux prenne connaissance des propos qui lui furent injustement attribués. À ce jour, ni excuses ni réparation n’ont été faites à l’honneur et à la réputation d’un citoyen qui a consacré sa vie à la patrie québécoise.

 

Trois ans après…

Solidarité Yves Michaud

association sans but lucratif vouée à la défense de la liberté d’expression

vous invite à une réunion qui marquera ce triste  anniversaire pour la démocratie québécoise

le dimanche 14 décembre 2003, de 14 à 17 heures

au siège social de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

82, ouest rue Sherbrooke à Montréal

 

avec la participation de

 

Hélène Pelletier-Baillargeon, Me André Bois, Jean Dorion,

 François Gauthier, Jean-Marc Léger, Gaston  L’Heureux, Yves Michaud,

 Jacques Parizeau, Hélène Pedneault, Guy Rocher

 

Entrée libre

 

Des dons seront acceptés sur place ou par la poste à

Solidarité Yves Michaud, 737 rue Versailles, Montréal  H3C 1Z5

Renseignements : (514) 932-0654 de 9h00 à 17h00