Actualité





»» réingénierie

L'enfer, M. Pagnol

Michel David
Le Devoir mardi 9 décembre 2003

Le miroir de l'étranger est parfois utile pour remettre les choses en perspective. Depuis des mois, les ténors du gouvernement Charest, se tuent à nous expliquer que la «réingénierie» est une urgence nationale. La ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, devrait profiter de sa prochaine visite en France pour mettre nos cousins en garde contre la dangereuse illusion de croire à notre efficacité.

Pas plus tard que dimanche, le correspondant de Radio-Canada à Paris, Guy Gendron, rapportait que le gouvernement français s'inspirait de plus en plus de l'organisation de notre fonction publique pour réformer sa propre administration.

Le ministre de la réforme de l'État français, Henri Pagnol, semble même être notre admirateur le plus enthousiaste. «Très franchement, de tous mes voyages, c'est celui au Canada qui m'a le plus nourri d'exemples.»

En fait, le plus grand service que Mme Gagnon-Tremblay pourrait lui rendre serait de le présenter à sa collègue du Trésor, Monique Jérôme-Forget, qui lui expliquerait à quel point il fait erreur. On peut comprendre que la France, qui accumule les déficits, soit à la recherche de nouvelles avenues, mais n'a-t-il jamais entendu parler des diamants du Canada?

Soit, vu de là-bas, il peut paraître extraordinaire d'avoir accès à tous les services gouvernementaux en composant un numéro de téléphone unique, comme l'a découvert M. Pagnol, mais il faudrait aussi lui parler des contribuables-les-plus-taxés-en-Amérique-du-Nord, du scandale de la SGF, de celui de la Caisse de dépôt... Un véritable enfer! Tiens, il devrait lire le dernier rapport de l'Institut Fraser.

Et je ne parle même pas de l'article 45, qui étouffe nos entreprises. Oui, je sais, vendredi, le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, n'en finissait plus de louer la bonne performance de l'économie québécoise, qui s'est traduite par la création de 54 200 emplois en novembre, de loin la plus forte au pays. Simple hasard, M. Pagnol.

***

Remarquez, dans leur inconscience, les Québécois eux-mêmes ne semblent pas se rendre compte à quel point le poids de l'État est devenu insupportable. Selon un sondage Crop, 70 % estiment qu'il occupe «juste assez» ou même «pas assez» de place. Seulement 22 % sont d'avis qu'il en prend trop. On ne peut certainement pas parler d'une allergie.

M. Pagnol ne serait sans doute pas surpris d'apprendre que 79 % des personnes interrogées trouvent que les contribuables québécois paient trop d'impôt. Ou plutôt si. En France, le chiffre serait probablement de 100 %.

D'ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi les sondeurs s'entêtaient à poser une question dont la réponse est aussi prévisible. Le plus étonnant est de constater que 60 % se disent satisfaits des services qu'ils reçoivent en retour.

Finalement, les libéraux ont peut-être raison de croire qu'ils ont un problème de communication. Ils ont beau déblatérer quotidiennement sur le modèle de gouvernance hérité de la Révolution tranquille, les Québécois semblent refuser de les croire.

À force de compressions budgétaires, le gouvernement réussira peut-être à les convaincre, mais il faudra y mettre le temps. Même avec les hausses de tarifs annoncés, le réseau des garderies demeurera un modèle du genre et l'électricité coûtera toujours moins cher qu'en Ontario.

Le ministre des Finances, Yves Séguin, n'a pas le choix de noircir le portrait, mais il sait très bien qu'une comptabilité rigoureuse de tout ce qui sort de la poche du contribuable québécois, en regard des services qu'il reçoit, démontrerait qu'il n'a rien à envier à son homologue ontarien.

Il est vrai que les résultats des sondages peuvent parfois sembler paradoxaux. Par exemple, comment peut-on penser que le secteur privé est plus efficace dans la livraison de services, tout en reconnaissant que le secteur privé est «moins cher pour livrer un même service aux citoyens»?

Tout dépend de la façon dont on comprend la question. Les personnes interrogées avaient peut-être à l'esprit la «médecine à deux vitesses», que tout le monde accusait l'ADQ de vouloir introduire au Québec. Indéniablement plus rapide. À la condition de pouvoir payer.

***

Les réponses aux questions portant sur la sous-traitance, qui est au coeur de l'épreuve de force qui oppose le gouvernement aux syndicats, sont particulièrement intéressantes.

Que 54 % se disent favorables à ce que certains services soient confiés à un sous-traitant n'a rien de particulièrement étonnant. Si cela doit se traduire par un moindre coût, comme le prétend le gouvernement, ce pourcentage semble même plutôt bas.

Compte tenu du préjugé défavorable dont souffrent généralement les employés de l'État, il est plus surprenant d'apprendre que 55 % s'opposent à une sous-traitance qui se traduirait par une détérioration de leurs conditions de travail.

En annonçant les modifications qu'il entendait apporter à l'article 45 du Code du travail, le ministre du Travail, Michel Després, n'a pas nié que les travailleurs pourraient faire les frais de la sous-traitance, mais il s'en lave les mains. Ce sera à eux de s'assurer que la convention collective les liant à leur nouvel employeur protège leurs acquis.

C'est précisément ce comportement de Ponce Pilate que réprouvent les personnes interrogées par CROP. Pas étonnant que le président de la FTQ s'en réjouisse, y voyant le signe d'un «tissu social plus serré qu'ailleurs». Le problème est que le gouvernement ne semble pas capable de le comprendre. Ou qu'il ne veut pas l'accepter.

mdavid@ledevoir.com



»» réingénierie

Le premier ministre en entrevue à La Presse :

Charest reste inébranlable

Pascale Breton
La Presse mardi 9 décembre 2003

À 48 heures d'une journée de perturbation organisée dans toute la province, rien ne semble faire broncher le premier ministre Jean Charest. Au contraire, il fonce tête baissée et en rajoute sur le dos des syndicats.

Au cours d'une entrevue qu'il a accordée à La Presse hier dans ses bureaux de Montréal, le premier ministre s'est montré inflexible. Il gardera le cap, malgré les leaders syndicaux qu'il a accusés à mots couverts d'immobilisme, affirmant qu'ils se dirigent dans la voie opposée à celle souhaitée par l'ensemble de la population.

"On sent clairement que les gens n'ont pas changé d'idée. Ils veulent un système de soins de santé qui marche, ils veulent que l'État puisse changer ses façons de faire. Maintenant, il y a des leaders syndicaux qui s'y opposent, qui ne veulent pas", a déclaré M. Charest.

Une lettre à la population, signée de la main du premier ministre plus tôt cet automne dans les journaux, a contribué à mettre le feu aux poudres avec les syndicats qui se voyaient accusés de corporatisme. Depuis, on assiste à une escalade de moyens de pression qui atteindra son apogée jeudi.

Après le saccage des bureaux de circonscription de quelques députés la semaine dernière, M. Charest avait pourtant cru bon de lancer deux appels au calme. Mais hier, il a jeté de l'huile sur le feu.

Les centrales syndicales forcent la note pour maintenir la mobilisation de leurs troupes, a laissé entendre le premier ministre. "Il faut un peu relativiser les choses. Il y a un discours du côté syndical qui est assez exagéré, il me semble, quand on parle de démolition. Le mois dernier au Québec, il s'est créé 54 000 emplois, c'est un record de tous les temps. (... ) Ce n'est pas nécessairement une tendance, mais il me semble que pour ceux qui prétendent que les changements qu'on fait sont négatifs au point où ils le disent, il y a une contradiction assez grande."

En prévision de jeudi, il a aussi passé un message clair. "Les leaders syndicaux ont une responsabilité, une très grande responsabilité envers leurs membres. Les citoyens du Québec acceptent évidemment que les gens puissent s'exprimer, mais ils s'attendent à ce que ça se fasse dans le respect, dans le respect des autres et dans l'ordre."

Pourtant, les syndicats affirment qu'ils ne sont pas opposés aux changements. Ils demandent simplement au gouvernement de prendre le temps de les mener à bon port, sans provoquer une tempête, rétorque le président de la FTQ, Henri Massé. "Nous sommes prêts à regarder des solutions, à procéder rapidement, mais on lui demande du temps, d'attendre après Noël.

C'est impossible de trouver des solutions en 15 jours", a-t-il affirmé hier.

L'appel semble vain. Le premier ministre s'est montré déterminé hier à faire adopter ses projets de loi avant l'ajournement des Fêtes, incluant les deux projets de loi controversés sur la réduction du nombre d'accréditations syndicales dans les hôpitaux et la modification de l'article 45 du Code du travail sur la sous-traitance.

"C'est une question de faire fondamentalement ce qu'on s'était engagé à faire lors des élections générales et on est en train de mettre en oeuvre ce changement. Il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec le changement, mais c'est le propre de la démocratie", a-t-il affirmé, imperturbable. En entrevue, il ne parle d'ailleurs pas de projets de loi, mais de lois, comme si tout était passé comme une lettre à la poste à l'Assemblée nationale.

Malgré tout, le premier ministre répète qu'il est disposé à dialoguer avec les chefs syndicaux et qu'il a des entretiens réguliers avec eux. "Je suis très disponible. M. Vaudreuil ( François ) de la CSD est venu au bureau il y a deux semaines et on a eu une bonne discussion. J'ai vu ma petite madame Carbonneau (Claudette) il y a peut-être un mois à Québec. Nous sommes très ouverts à la discussion", a-t-il indiqué.

Contrairement à l'époque du gouvernement de Robert Bourassa qui, dans les moments cruciaux, avait un téléphone rouge à sa disposition avec les syndicats, ces derniers ont maintenant l'impression d'entretenir un dialogue de sourds avec le gouvernement Charest. Pourtant, le premier ministre affirme que son gouvernement est à l'écoute des changements demandés.

Dans le cas du projet de loi 25 sur l'abolition des régies régionales pour les transformer en agences de développement des réseaux locaux de santé, le ministre Philippe Couillard a ainsi annoncé hier des amendements au terme de la commission parlementaire, a fait valoir M. Charest.

Quant au projet de loi 31 modifiant le Code du travail, il est "synonyme de PME", a déclaré le premier ministre en rappelant que le Québec se situe en deçà de la moyenne canadienne en matière de création de petites et moyennes entreprises.

"Pourquoi? En partie parce qu'il y a tellement de restrictions que ça empêche la création de PME. Pourtant, ce sont des emplois qu'il y a derrière ça, c'est une volonté de faire marcher l'économie du Québec et ça, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde. Je comprends qu'il y a des gens qui n'aiment pas ces changements-là, mais nous avons un mandat très clair de le faire", dit-il en désignant une nouvelle fois les syndicats.



»» réingénierie

«[...] ma petite madame Carbonneau»
- Les regrets de Jean Charest suffisent à la présidente de la CSN

Tommy Chouinard
Le Devoir mercredi 10 décembre 2003

Québec -- À l'heure où les centrales syndicales s'unissent pour tenir la «journée nationale de perturbation» du 11 décembre, le premier ministre Jean Charest tente de minimiser des propos controversés qui pourraient alimenter la colère des syndiqués. Le chef libéral estime qu'il n'avait aucune «mauvaise intention» lorsqu'il a qualifié la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, de «petite madame».

Si la Fédération des femmes du Québec condamne les propos du premier ministre, Claudette Carbonneau ne lui en veut pas outre mesure. Cet incident lui a permis d'obtenir une rencontre avec Jean Charest, aujourd'hui à 16h, c'est-à-dire moins de 24 heures avant la «journée nationale de perturbation», à laquelle toutes les centrales syndicales participent d'une façon ou d'une autre.

Dans une entrevue accordée à un quotidien montréalais hier, au cours de laquelle il a voulu manifester son ouverture au dialogue avec les syndicats, le premier ministre a déclaré : «J'ai vu ma petite madame Carbonneau il y a peut-être un mois à Québec. Nous sommes très ouverts à la discussion». Juste avant, le premier ministre a pourtant appelé le président de la CSD «Monsieur Vaudreuil».

«Si j'avais à dire les choses différemment, je l'aurais peut-être dit différemment», a expliqué Jean Charest hier, à l'entrée du caucus des députés libéraux. Le premier ministre a tout de même tenu à donner un coup de fil à Claudette Carbonneau, tôt en matinée hier. «J'ai appelé Mme Carbonneau, car il y avait de l'équivoque dans les mots que j'ai lus. Ça pouvait se prêter à interprétation. Quand ces choses-là m'arrivent, j'aime autant être très clair et dire de vive voix à Mme Carbonneau que je n'avais aucunement l'intention de faire une remarque désobligeante, bien au contraire», a-t-il souligné.

Lors de l'entretien téléphonique, Claudette Carbonneau a saisi l'occasion pour réclamer une rencontre avec le premier ministre. Jean Charest a accepté.

«L'incident est clos», a lancé aux médias Claudette Carbonneau, hier, à l'ouverture du conseil confédéral de la CSN, à Québec.

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) dénonce les propos de Jean Charest. «L'utilisation de diminutif comme M. Charest l'a fait est tout à fait paternaliste et insultante. Aurait-il fait la même chose par rapport à un homme de petite taille ? On peut en douter», a affirmé au Devoir Danielle Hébert, coordonnatrice à la FFQ. La députée péquiste Louise Harel estime que le premier ministre devrait présenter ses excuses publiquement. «Je pense qu'il n'aurait jamais dit une chose semblable si ç'avait été un homme chef syndical. Il n'aurait pas dit : "le grand Henri Massé". Je me suis dit que ça manifestait beaucoup d'irrespect à l'égard d'une représentante de centaines de milliers de syndiqués membres de la CSN», a-t-elle dit.

Dans le cadre de la rencontre, qui aura lieu à 16h aujourd'hui, Claudette Carbonneau souhaite que le premier ministre envoie un «signal d'apaisement» et qu'il propose soit le report ou le retrait de projets de loi, soit des amendements «substantiels» à certains d'entre eux. «Je l'ai entendu dire qu'il était à l'écoute de la population du Québec. Je trouve qu'il y a là un beau test. Voilà ce qu'on compte aller vérifier», a-t-elle souligné. En retour d'un changement de cap du gouvernement, notamment en ce qui concerne le projet de loi visant à faciliter le recours à la sous-traitance, la CSN est prête à faire des concessions au sujet de la réduction des unités d'accréditation dans le réseau de la santé.

Même si Jean Charest se montre inflexible, Claudette Carbonneau dit «donner la chance au coureur». «Pour un gouvernement, attendre, ce n'est pas honteux. Amender, ça n'a rien de honteux», a lancé Claudette Carbonneau.

La rencontre avec le premier ministre ne change aucunement les plans de la CSN concernant la «journée nationale de perturbation» du 11 décembre. Claudette Carbonneau assure que les citoyens ne seront pas pris en otage demain.

En plus de la CSN, la FTQ, la CSQ, les syndicats de la fonction publique et des professionnels du gouvernement, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec et la Fédération indépendante des syndicats autonomes tiendront demain des assemblées syndicales sur les lieux de travail ou prendront part à diverses manifestations. Et c'est sans compter le débrayage des Centres de la petite enfance et l'implication de syndicats locaux et de groupes sociaux.

Jean Charest demande aux leaders syndicaux d'«assumer leurs responsabilités», de prendre «toutes les mesures nécessaires pour que les citoyens du Québec puissent recevoir les services auxquels ils ont droit» et de «s'exprimer dans le respect des autres citoyens».



»» réingénierie

"On va tenir le cap"

Pascale Breton
La Presse mardi 9 décembre 2003

Lors de l'entrevue accordée à La Presse hier, le premier ministre Jean Charest a expliqué sa façon de gouverner, lui qui, en voulant amener de nombreux changements dans la société, inquiète de nombreux syndicats, groupes sociaux et travailleurs. Voici quelques-unes des réponses qu'il a données à nos questions.

Pourquoi tant de changements la première année d'un premier mandat?

On savait qu'on voulait entreprendre ces changements; on est convaincu du bénéfice qu'ils auront, entre autres, sur les gens dans le réseau de la santé et de l'importance de faire des changements qui sont très réfléchis. On veut le plus rapidement possible livrer les meilleurs services de santé, entre autres.

Que répondez-vous aux personnes qui disent- notamment dans le réseau des centres de la petite enfance et le réseau de la santé- que vous n'avez pas été élu pour ça, que tout n'était pas dit dans le programme?

Je regrette. S'il y a une chose sur laquelle tout le monde devrait être très clair, c'est qu'on a été élus exactement pour faire ce qu'on est en train de faire.

Donc tout était clair?

Autant que possible, mais il y aura toujours quelqu'un pour dire que ça ne l'était pas. Je ne connais pas de précédent au Québec où on aura fait autant pour dire à la population exactement le plan avant l'élection générale. On a consulté et on va continuer de consulter et d'écouter. S'il y a des choses qu'on peut changer ou améliorer, on va rester ouvert à ça.

Pourtant, les garderies à 7 $, ce n'était pas dans votre programme. Si les gens se basent sur le plan d'action et sur le programme du parti, il y a des choses qui n'étaient pas dites, des engagements qui commencent à tomber?

On va tenir le cap sur notre programme. Essentiellement, on maintient le programme qu'on avait livré au mois de septembre 2002, à peu de choses près. Il y a peut-être des nuances, des choses qui n'y sont pas, mais il y a longtemps au Québec qu'on n'aura pas vu un gouvernement qui aura dit aussi clairement ses intentions.

Se peut-il que les gens ne sachent pas exactement où vous voulez aller, que vous vous trompiez?

On vit dans une démocratie où on s'oblige à faire un certain nombre de choses. Nous, en tout cas, on a bien fait notre travail. Ce n'est pas une question de se tromper ou de ne pas se tromper. C'est une question de faire fondamentalement ce qu'on s'était engagés à faire lors de l'élection générale et on est en train de mettre en oeuvre des changements. Il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec le changement, mais c'est le propre d'une démocratie.

Ne serait-ce pas le temps, dans ce cas, d'apporter des précisions sur certains points pour que les gens sachent exactement où le gouvernement se dirige?

C'est un devoir constant. On est en plein dans le feu de l'action parce qu'on est dans une fin de session parlementaire et parce que les changements qu'on propose vont se faire, mais on cherche toujours des occasions pour pouvoir dire aux gens où on va et comment on voit la suite des choses. Il y a une question qui demeure préoccupante et c'est celle des finances publiques. On aura l'occasion avant la fin de session d'éclairer les gens sur cette question-là. (...) On garde le cap sur les baisses d'impôts. Il y a des choses qu'on ne peut pas prévoir, on ne pouvait pas prévoir que le PQ allait nous laisser un trou de 4,3 milliards.



»» réingénierie

Le temps presse pour les libéraux

Même en imposant le baîllon, le gouvernement aura du mal à faire adopter tous ses projets de loi

Denis Lessard
La Presse mardi 9 décembre 2003

Québec - La guerre des nerfs débute aujourd'hui entre le gouvernement et l'opposition péquiste.

Avec neuf projets de loi controversés qui ont à peine entamé leur cheminement devant l'Assemblée nationale, le gouvernement Charest se retrouve devant un choix difficile: jeter du lest, reporter des adoptions et subir l'odieux politique d'une retraite humiliante ou forcer l'adoption de réformes importantes en coupant court au débat en Chambre.

L'attitude de M. Charest, qui semble faire peu de cas du concert des critiques venues essentiellement des syndicats, laisse présager qu'il sacrifiera le débat dans plusieurs secteurs, des fusions municipales jusqu'aux garderies.

Les manifestations annoncées pour jeudi n'ébranlent pas le premier ministre. Le couperet forçant l'adoption des projets controversés est en effet attendu pour lundi prochain, date également choisie par Yves Séguin pour une annonce importante sur l'état des finances publiques, un coup de tonnerre vraisemblablement conçu pour détourner l'attention des chicanes parlementaires.

Du côté de l'opposition, on compte se battre bec et ongles pour que le gouvernement remette à plus tard certaines réformes qui auront des conséquences importantes, voire une portée historique sur les relations de travail, notamment l'ouverture de l'article 45 du Code du travail pour permettre la sous-traitance.

Mais la stratégie de Jean Charest, qui a fait déposer cet élément explosif juste à temps pour son adoption avant les Fêtes, paraît prévisible. Il préférera museler l'Assemblée nationale, en réglant dès maintenant la question du Code du travail plutôt que de prolonger la controverse jusqu'au printemps.

Du côté du PQ, le leader parlementaire André Boisclair constate, devant tant de projets de loi si peu avancés en fin de session, que les libéraux agissent "comme s'ils avaient tout le temps devant eux". L'Assemblée nationale doit en effet théoriquement terminer ses travaux dans moins de deux semaines, le 19 décembre, pour les reprendre le 9 mars. Comme s'il avait tout son temps, donc, le gouvernement a décidé de suspendre les travaux une soirée la semaine dernière, le temps d'un cocktail des Fêtes. Et hier, les députés ne siégeaient pas.

Autre problème de logistique pour le gouvernement, on ne paraît pas avoir prévu la formation d'un goulot d'étranglement qui ralentira l'adoption des projets de loi importants. Six projets, portant notamment sur les tarifs des garderies et la syndicalisation des employés, la disparition des régies régionales de la santé et la réorganisation des accréditations syndicales se bousculeront à la porte de la commission des affaires sociales qui devra en faire l'étude.

Le gouvernement n'a même pas encore obtenu l'adoption du principe, soit la première étape, pour quatre projets de loi dont le projet de loi 31 qui doit modifier le Code du travail.

Un pas sera franchi aujourd'hui: les projets de loi 25 et 30 sur la disparition des régies régionales de la santé et la réduction du nombre d'accréditations syndicales devraient faire l'objet d'une adoption en première lecture, les menant à la deuxième étape, l'étude détaillée en commission parlementaire.

Au cours des dernières années, les gouvernements s'étaient imposé une règle non écrite, mais qui paraissait dictée par la raison. Ainsi, un projet de loi déposé n'était adopté qu'à la session suivante. Or, avec une pointe de cynisme- et une cote de popularité en baisse-, le gouvernement Charest sera très tenté de tout emballer et de forcer l'adoption de cette dizaine de projets de loi controversés avant les Fêtes. Tirer un trait sur des débats ardus peut paraître à court terme plus simple que de prolonger durant tout le printemps l'épreuve de force amorcée avec les centrales syndicales. M. Charest aura plusieurs autres occasions de croiser le fer avec les syndicats en 2004, année de négociations dans le secteur public.



»» réingénierie

Il faut des États généraux pour riposter à Charest

Pierre Dubuc
l'aut'journal 8 décembre 2003

« Je pense qu'il faut sérieusement envisager la tenue d'États généraux du mouvement syndical pour riposter à cette offensive du gouvernement Charest», nous déclare Michel Sawyer, le président du Syndicat de la fonction publique du Québec. « J'ai rarement vu un gouvernement aussi anti-syndical. Il y a au feuilleton trois ou quatre projets de loi qui attaquent directement le droit à la syndicalisation. C'est le programme de l'ADQ qu'on nous sert. »

Michel constate, comme plusieurs, que le projet de loi forçant les fusions des accréditations syndicales dans le secteur de la santé risque de diviser profondément le mouvement syndical. Il interprète l'initiative de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) et de six autres organisations syndicales indépendantes du secteur de la santé, représentant 65 000 membres, de créer une nouvelle centrale syndicale comme la volonté de présenter un contrepoids à la CSN qui apparaît comme privilégiée par les fusions.

« Il faudrait un large forum, peut-être au printemps, où nous pourrions mettre en commun nos points d'accord, plutôt que de désaccords. C'est de cette façon qu'on pourra bâtir un front uni solide. Ce n'est pas dans la désunion qu'on va passer à travers la période noire qui s'annonce », lance-t-il à l'intention de ses collègues des grandes centrales et des autres organisations syndicales.

Cette idée d'états généraux du mouvement syndical a été lancée, il y a quatre ans, par la CSQ lors de son congrès. Depuis, elle fait tranquillement son petit bonhomme de chemin. Dernièrement, dans les pages de l'aut'journal, Marc Laviolette la reprenait à son compte.

Michel Sawyer déclare que le SFPQ est prêt à se joindre à un Front commun pour les négociations dans le secteur public, une fois que les grandes centrales se seront entendues entre elles, mais il dit craindre un report par le gouvernement de ces négociations une fois que réalisées les fusions entre les syndicats dans le secteur de la santé.

« À nos tables de négociations, les représentants patronaux font traîner les choses. On voit qu'ils n'ont pas de mandat. De plus, il est évident que, dans le secteur de la santé, les syndicats vont avoir de la difficulté à négocier, tant qu'ils ne sauront pas exactement qui ils représentent », ajoute-t-il.

Par ailleurs, cela n'empêche pas le gouvernement de procéder rapidement dans d'autres domaines, sans trop se préoccuper de l'avis des syndicats. « Le code du travail est amendé en vitesse », s'indigne Michel Sawyer en nous apprenant que son syndicat a dû se préparer en catastrophe pour présenter son mémoire un mercredi soir à 23 heures.

Pourtant, le SFPQ sera inévitablement touché par la réingénierie en préparation. « Pour l'instant, nous confie-t-il, il y a absence totale de transparence. Tout origine du bureau du premier ministre. »

Il dit craindre, par exemple, que le ministère du Revenu soit transformé en agence pour plus de souplesse dans la gestion. « Ma préoccupation, dit-il, c'est que les travailleurs, tout en demeurant assujettis à la convention collective, soient sortis de la fonction publique comme l'ont été les travailleurs d'Hydro-Québec et ceux de la Société immobilière du Québec (SIQ). Cela aurait des effets sur les accréditations reconnues et pourrait se traduire par une plus grande décentralisation des négociations. »

Il y a d'autres exemples de privatisations possibles qui échappent à l'attention du grand public, mais qui peuvent avoir des répercussions importantes pour le Québec. « Par exemple, on parle de céder au privé les pépinières du gouvernement, nous explique-t-il. Il y a vingt pépinières au Québec, dont six sont publiques. C'est dans ces dernières que se fait l'essentiel de la recherche. Si on les ferme, l'expertise sera perdue à jamais. »

« Ces pépinières sont rentables, poursuit-il, et pourraient l'être davantage, mais on les empêche de fonctionner à pleine capacité pour ne pas nuire aux pépinières privées. Si on les cède au privé, ce n'est pas certain qu'elles demeureront ouvertes et trois à quatre cents personnes perdraient leur emploi », poursuit-il en précisant que c'est uniquement par le biais d'un secteur public, dans ce domaine comme dans d'autres, qu'on peut intervenir, orienter les activités et, finalement, définir l'avenir du Québec.

Un autre exemple est celui de la pisciculture de l'Anse-pleureuse en Gaspésie. Il faudrait un investissement d'un demi-million pour la rendre conforme aux normes. « Le gouvernement veut la fermer. On peut dire que ça ne touche que deux emplois permanents et six occasionnels. Mais huit emplois à l'Anse-pleureuse, cela équivaut à 500 emplois à Québec. Comme dans le cas des pépinières, ce sont les régions qui sont touchées par ces mesures. »

Le président du SFPQ craint que le gouvernement Charest, qui s'époumone en parlant d'un déficit budgétaire appréhendé, tout en promettant une réduction d'impôts d'un milliard de dollars, soit en train d'ouvrir toute grande la porte à une intervention accrue du gouvernement fédéral dans les champs de compétence du Québec. « Le fédéral a de l'argent et exprime ouvertement son désir d'intrusion dans la santé, l'éducation et les affaires municipales », note-t-il.

La réingénierie de l'État s'en vient à grands pas. Michel en voit un signe qui ne trompe pas dans le remplacement en cours des hauts fonctionnaires d'expérience par des gens, plus jeunes, venus du privé, avec une culture du privé.

Pour y faire face, le SFPQ s'est doté d'un cadre de mobilisation important. « Nous avons adhéré au réseau Vigilance et nous préparons des actions avec d'autres organisations, nous dit-il. Mais il faut que cette mobilisation soit à la fois décentralisée et basée sur des alliances le plus large possible. Il faut qu'elle soit enracinée dans la population. Ce n'est pas une négociation corporatiste qui se prépare, mais une négociation avec un fort caractère social. Plus largement, c'est la défense des services publics qui est en jeu », conclut-il.



»» réingénierie

Labour set for 'day of disturbance'

Unions represent a million workers. Protest actions planned for Thursday; 'What do we want? Consultation'

KEVIN DOUGHERTY
The Montréal Gazette Tuesday, December 09, 2003

Unions representing more than one million workers are to protest Thursday against a battery of bills introduced by the Liberal government of Premier Jean Charest they say will destroy "social peace."

Only employees of Quebec's public day-care system have announced they will not work on Thursday, leaving the care of close to 200,000 pre-school children to parents, who may have to take the day off as a result.

Others will demonstrate at lunchtime where they work, outside the National Assembly and at the Montreal offices of Charest and Finance Minister Yves Séguin.

"People have a right to demonstrate as long as they respect the rest of the population," Christian Barrette, Charest's spokesperson, said yesterday.

Some union members plan to visit riding offices of Liberal MNAs, while others are to demand meetings with their managers to discuss the government's plans for "re-engineering" Quebec society.

Study sessions will be held to examine the legislative menu the government wants adopted before the assembly adjourns for its Christmas break.

The job actions will not be limited to public-sector employees. Also participating will be private-sector workers who might be affected by proposed changes to the Labour Code allowing more subcontracting of work.

Claudette Carbonneau, president of the 280,000-member Confédération des syndicats nationaux, announced on Nov. 30 - when up to 30,000 CSN members rallied outside the National Assembly - that Dec. 11 would be a "day of disturbance."

Since then, the 170,000-member Centrale des syndicats du Québec has decided to join the action. Members include teachers and other workers in education, health and social affairs.

As well, Télé-Québec employees and the 60,000-member Centrale de syndicats démocratiques are jumping aboard.

"Disturbance is not our word; for us it's a day of mobilization," said Marjolaine Perreault, spokesperson for the CSQ.

Perreault said the CSQ, the CSD and the Quebec Federation of Labour plan protest actions tomorrow and Friday as well as Thursday.

She said Thursday would be a normal school day, with picketing planned for lunch hour and other down times for teachers.

The 45,000 nurses belonging to the Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, plus another 20,000 health professionals who do not belong to a major labour federation, plan to picket hospitals, CLSCs and other health facilities without interrupting service to patients.

The 500,000-member QFL - better known by its French initials, FTQ - has not openly answered Carbonneau's call for protests on Thursday, but a QFL official said yesterday to watch for some "surprises."

QFL members disrupted a planned news conference last week by Charest and Health Minister Philippe Couillard and have been active in raids on MNA's offices.

In Quebec City, two unions representing civil servants - the 45,000-member Syndicat de la fonction publique du Québec and the 18,000 members of the Syndicat de professionnels du gouvernment du Québec - plan to demonstrate in front of the National Assembly.

Carole Roberge, president of the professionals' union, said Charest is asking for trouble by pushing ahead with "re-engineering" without consulting those affected.

"What do we want?" Roberge asked. "Consultation."

kdougherty@thegazette.canwest.com



»» réingénierie

Montreal coalition to press Charest

Rally on Sunday. Premier is urged to delay measures

ANDY RIGA
The Montréal Gazette Tuesday, December 09, 2003

I didn't vote for this!

That's the name of a new coalition of Montreal community groups and unions that claims a series of measures planned by Premier Jean Charest will impoverish many Quebecers.

The coalition, launched yesterday, says it expects several thousands protesters at a rally it is planning for outside Charest's downtown Montreal office on Sunday, beginning at 1 p.m.

"Contrary to what the premier says, it's not true Quebecers on April 14 voted for all the bills on the table," said Denyse Lacelle, spokesperson for the Table régionale des organismes volontaires d'éducation populaire.

The Liberal government has put forward a series of bills that would, among other things, make subcontracting easier for public- and private-sector employers and hike day-care prices.

During the spring election campaign, Charest promised to change the Labour Code in order to "facilitate subcontracting."

"That was not very precise," Lacelle said. "The Liberal election platform also said, 'We will invest in health care.' I don't see the money. It said, 'We will maintain $5-a-day day care.' They're increasing the price. They're not respecting even the most highlighted parts of their platform."

Lacelle's group represents 70 Montreal organizations, including many that work with low-income people, including women, the handicapped and tenants.

By subcontracting, employers will lower wages, thereby cutting the amount the province can collect in taxes - and how much it can spend on social programs, Lacelle said.

"The middle class will be impoverished, they'll pay less in taxes and we'll spend less on health care, social housing and welfare benefits."

Quebecers are open to subcontracting work now done by governments employees, according to the results of a CROP poll made public Saturday. But the same poll showed respondents don't want such moves to result in fewer services or lower wages for workers, Lacelle noted.

"I don't think people realize how many people in their families, in their communities, will actually lose their jobs or see their incomes reduced dramatically" because of subcontracting, Lacelle said. "Why else would employers subcontract?"

The coalition, which includes 11 community organizations and eight unions, called on Charest to go back to the drawing board or at least delay making the bills law until after Christmas.

Among other measures the coalition is fighting: a possible hike in Hydro-Québec rates and plans to reduce welfare rolls.

ariga@thegazette.canwest.com



»» réingénierie

Mobilisation: du jamais vu depuis 30 ans!

Mishell Potvin, président, Conseil régional, (FTQ).
Le Quotidien mardi 9 décembre 2003

M. Rénald Boily

Vous êtes aveuglé par la partisannerie (sic) et le filtre rouge qui vous empêche de voir une image un peu plus objective de la situation. Vous devriez essayer de comprendre plutôt que de lancer la pierre aussi catégoriquement aux syndicats.

Il ne faut pas connaître l'histoire des relations de travail au Québec pour réagir de la sorte. Même l'ancien ministre libéral du Travail dans les années 70, M. Jean Cournoyer, déclarait à Radio-Canada que Jean Charest n'avait pas respecté la façon de faire québécoise en matière de relations de travail. Il disait que M. Charest avait pris les syndicats de front et que c'est pour cette raison qu'il se retrouve dans cette situation de contestation sans précédent.

Contrairement à ce que vous prétendez, les syndicats n'ont pas une histoire de confrontation mais de coopération. Les exemples sont nombreux à cet égard. La création du Fonds de solidarité de la FTQ a créé et sauvegardé beaucoup plus d'emplois au Québec que les fonds de retraite des députés libéraux.

Au coeur du code du travail

Comme le disait M. Cournoyer,, l'"article 45 est le coeur du code du travail". On ne peut s'attaquer au coeur sans que les autres membres réagissent. Ce n'est pas la première fois que le code du travail est modifié. Toutefois, c'est la première fois que la job est faite de façon aussi hégémonique.

Celui-ci fut modifié il y a deux ans, précédé par deux années de consultations et de tractations entre le gouvernement, le patronat et les syndicats. Ces derniers ont obtenu une nouvelle commission sur les relations de travail afin d'accélérer les décisions arbitrales relatives aux demandes d'accréditation, alors que le patronat a obtenu, dans le code du travail, le droit de demander un vote sur les offres patronales après une certaine période de conflit.

Même si cette modification horripilait les syndicats, personne n'a pris la rue pour la contester. Nous avons compris que chacun devait mettre un peu d'eau dans son vin.

C'est là toute la différence. Ces modifications ont été faites dans les règles de l'art. Les partis politiques ont eu la place et le temps pour s'exprimer. Le gouvernement a écouté les partis avant de se positionner définitivement. Ce qui n'est pas le cas actuellement.

Majorité silencieuse syndicale

Justement, cette majorité silencieuse syndicale prend maintenant la rue. Je n'ai jamais vu, en 30 ans de syndicalisme, autant de personnes décidées à garder leurs acquis et à lutter pour défendre rationnellement leurs droits. Croyez-le ou non, mais il faut les retenir. Du jamais vu. Jean Charest a même réussi à réveiller des syndicats historiquement collaborateurs, qui empruntent maintenant la rue.

D'autant plus que d'autres groupes prennent la même direction. Les étudiants, dont le projet de loi 19 modifiant l'aide financière aux études au profit des banques, les parents dont le projet de loi 32 fait passer les garderies de 5 $ à 7 $. Même les juristes du gouvernement se retrouvent dans la rue. Il y a eu pas moins de 11 projets de loi, depuis septembre dernier, modifiant à la baisse les conditions de vie humaines des citoyens et citoyennes du Québec.

Le site du Conseil du patronat, dans son plan d'action 2003-04, en dit long sur l'action destructive du gouvernement libéral, à tel point qu'on pourrait se demander qui, de MM. Charest ou Taillon, est le Premier ministre tellement les deux programmes se ressemblent.



»» réingénierie

L'inaccessible État

André Pratte
La Presse mardi 9 décembre 2003

Pour construire l'État que veulent les Québécois, il faudrait bien plus qu'un ingénieur, plus qu'un "réingénieur" même; il faudrait un génie.

En effet, si l'on en croit les résultats du sondage CROP publié par La Presse samedi dernier, le gouvernement dont nous rêvons augmenterait ses dépenses... mais diminuerait ses revenus... tout en préservant le déficit zéro!

Ainsi, la population est majoritairement satisfaite des services dispensés par le gouvernement du Québec... mais souhaite qu'on réduise la taille de la fonction publique. Les citoyens québécois sont favorables à la sous-traitance de certaines fonctions gouvernementales... mais veulent que les employés des sous-traitants soient aussi bien payés que ceux du gouvernement. Sept Québécois sur dix croient qu'ils paient trop d'impôts... mais ne veulent surtout pas que Québec réduise les services qu'il offre.

Un autre sondage CROP, également réalisé pour La Presse, montre que les Québécois refusent d'envisager toute hausse des impôts même si celle-ci était exclusivement destinée au financement du réseau de la santé. Par ailleurs, il rejettent toute réduction de services dans ce domaine. Alors, où trouver l'argent? Dans d'autres secteurs, disent 60 % des répondants. Le problème, c'est que prendre l'argent ailleurs, cela veut dire forcément, dans un secteur ou dans un autre, une diminution de services de l'État... mesure dont les gens ne veulent pas entendre parler.

Incohérents, les Québécois? Il faut admettre, avant tout, qu'il n'est pas facile de répondre à des questions aussi complexes au téléphone, pendant que la soupe déborde et que le petit court dans la cuisine avec ses bottes mouillées! Cela dit, ces données semblent témoigner d'une résistance profondément ancrée à la nécessité de faire des choix. Les citoyens aimeraient croire qu'il existe des solutions sans douleur aux maux dont est affligée la société québécoise. Cette culture anesthésique a été encouragée par les politiciens, qui ne cessent de nous promettre mer et monde... tant qu'ils sont dans l'opposition. La dépendance est encouragée par la république des lobbies, qui ne cessent de réclamer plus d'argent, et crient au meurtre dès qu'on ose leur demander d'envisager un compromis, un sacrifice.

Il y a une option que les Québécois sont prêts à choisir depuis longtemps. Selon CROP, six Québécois sur dix approuvent l'idée d'un "ticket modérateur" pour l'utilisation de certains services publics. Dans le domaine de la santé, sept Québécois sur dix souhaitent qu'on encourage l'essor de cliniques privées. Autrement dit, même s'ils refusent de payer plus d'impôts, les Québécois sont prêts à payer davantage... en autant que leur argent serve à des services qui leur sont personnellement dispensés.

Ces résultats révèlent une grande méfiance des citoyens à l'égard de l'allocation de fonds faite par l'État. Ils laissent penser, aussi, que le gouvernement Charest trouvera des appuis au sein de la majorité silencieuse s'il choisit de recourir davantage à la tarification. Surtout s'il le fait ouvertement, en expliquant ses motifs, plutôt qu'en cachette.



»» réingénierie

Vers plus de tarification

Paul Daniel Muller
L'auteur est chercheur associé à l'Institut économique de Montréal (www.iedm.org). Ce texte est un condensé d'une Note économique de l'IEDM qui est rendue publique aujourd'hui.

La Presse mardi 9 décembre 2003

La somme des augmentations de tarifs proposées ou décidées à ce jour (636 M$) par Québec représente déjà près des deux tiers du milliard des baisses d'impôt promises

Sans tambour ni trompette, le gouvernement Charest a entrepris un virage serré vers la tarification des services publics. Dès son premier budget, en juin, il a cessé de rembourser aux parents une partie des frais que leur exigent les écoles primaires et secondaires publiques (15 M $). Puis, il a fait appel aux cotisants du régime d'assurance-médicaments (62 M $) et a levé le décret qui imposait le gel des tarifs d'électricité. Hydro-Québec, qui verse la totalité de son dividende au gouvernement, s'est empressée de demander une hausse de ses tarifs (415 M $). En novembre, il a annoncé une augmentation de la contribution des parents dans les centres de la petite enfance (104 M $) et a poussé les sociétés de transport en commun, qu'il subventionne par ailleurs, à hausser leurs tarifs (40 M $) (1).

Et on n'est pas sorti du virage: le ministre de l'Environnement s'est prononcé en faveur d'un recours accru à la tarification de l'eau potable; la Ville de Montréal a décidé d'aller de l'avant. À l'université, l'hypothèse d'une hausse des droits de scolarité revient obstinément sur le tapis, malgré les dénégations officielles.

Le gouvernement se tourne vers la tarification alors qu'il s'est engagé à réduire l'impôt des Québécois de un milliard de dollars par année à partir de 2004. La somme des augmentations de tarifs proposées ou décidées à ce jour (636 M $) représente déjà près des deux tiers de ce milliard. Pourtant, le Parti libéral du Québec avait indiqué, dans son cadre financier préélectoral, qu'il comptait financer la réduction d'impôt en "révisant les programmes des ministères de façon à éliminer le gaspillage et les dépenses non essentielles"; il n'était pas alors question d'un recours accru à la tarification. Devant ce virage, il est temps d'examiner les avantages et les inconvénients de ce mode de financement des services publics.

Meilleure affectation des ressources

Du coté des avantages, un tarif amène les gens à évaluer explicitement le bénéfice que leur apporte un service fourni par l'État. Si ce bénéfice dépasse le tarif, les gens seront prêts à l'acquitter; dans le cas contraire, ils réduiront leur consommation. Quand quelqu'un renonce à un service rationné parce que le bénéfice n'en vaut pas le tarif, alors une place se libère au profit d'une autre personne. Pensons à une famille qui obtient pour son enfant une place en CPE même si l'un des parents est disponible pour en assurer la garde. Si le tarif est trop bas, rien n'incite cette famille à laisser sa place à une autre qui en a vraiment besoin et qui poireaute sur la liste d'attente. Par contre, cette autre famille, pour qui la place a une grande valeur, sera prête à payer un tarif plus élevé.

Comme outil de rationnement, la tarification peut ainsi s'avérer plus respectueuse de la diversité des situations personnelles qu'une liste d'attente. On l'a vu dans le cas des CPE et des services médicaux: le rationnement par liste d'attente engendre des combines et des passe-droits qui minent la confiance des gens dans le système. La tarification- et surtout l'analyse coût-bénéfice personnelle qu'elle entraîne- représente le moyen le plus intègre d'aiguiller les ressources publiques vers les personnes qui bénéficient le plus du service.

Lorsqu'il existe des substituts au service fourni par l'État, un tarif incite les gens à comparer les options. Ainsi, devant une hausse des tarifs d'électricité, investir pour mieux isoler sa maison peut devenir une option rentable. Le meilleur moyen d'inciter les automobilistes à utiliser un service de transport en commun est de leur faire assumer le coût du réseau autoroutier. Et lorsqu'il n'existe pas de substitut au service fourni par l'État, le simple fait de payer directement de leur poche pousse les gens à revendiquer des services moins coûteux et de meilleure qualité.

Enfin, les comportements des usagers en réaction aux changements de tarifs informent les gestionnaires de l'État sur la valeur réelle des services rendus plus objectivement que la clameur des groupes de pression, qui sont le plus souvent formés des producteurs de ces mêmes services. Si le service offert ne répond pas à un besoin pour lequel les gens sont prêts à payer le coût de revient, alors l'instauration d'un tarif se rapprochant de celui-ci fera baisser la fréquentation; pensons à un programme d'enseignement universitaire non contingenté ou à une salle de spectacle subventionnée. S'il y a une liste d'attente par contre, comme dans les CPE, une hausse de tarif n'entraînera pas nécessairement une baisse du volume d'activités. La tarification favorise ainsi la ré-affectation des ressources publiques vers les activités les plus prisées par la population, aux dépens d'autres activités sans doute valables, mais dont les gens seraient prêts à se passer.

Protéger l'accès

Le principal argument contre la tarification est qu'elle peut empêcher les moins nantis d'avoir un accès jugé suffisant à des services jugés essentiels. En principe, il est possible de prévenir ce problème à l'aide de transferts monétaires directs aux personnes. Un recours accru à la tarification accompagné de transferts monétaires plus généreux permet de réaliser les avantages de la tarification sur le plan de l'affectation des ressources tout en protégeant l'accessibilité pour les moins nantis.

Il faut cependant porter une attention particulière à certains travailleurs à faibles et moyens revenus qui gagnent trop pour bénéficier des programmes de soutien au revenu mais pas assez pour payer de l'impôt. Pour ces gens, les baisses d'impôt ne peuvent compenser des augmentations de tarifs. Un recours accru à la tarification accompagné d'un allégement de l'impôt sur le revenu peut donc, au net, appauvrir cette couche de la population.

Les services publics gratuits sont financés par les taxes et les impôts, qui sont progressifs. Les tarifs, par contre, sont généralement indépendants de la capacité de payer. Par conséquent, même s'il existe des moyens d'assurer l'accès des moins nantis aux services publics, il reste que le recours accru à tarification accompagné d'un allégement de la fiscalité réduit le degré de progressivité du système dans son ensemble. On ne peut toutefois généraliser: certaines dépenses publiques, comme l'enseignement universitaire ou les subventions versées à certains organismes culturels, bénéficient davantage aux plus nantis de la société. Dans de tels cas, le financement par la fiscalité redistribue la richesse des moins vers les plus nantis; c'est la tarification qui devient alors la politique la plus progressive.

Un recours accru à la tarification peut améliorer l'affectation de ressources publiques limitées vers les activités les plus prisées par les gens, ainsi que vers les gens qui valorisent le plus ces activités. Cependant, les Québécois pourraient s'objecter aux tarifs s'ils appauvrissent certaines couches de la population ou s'ils sont perçus comme un truc pour financer des baisses d'impôt tout en maintenant la ponction totale du gouvernement dans la poche du contribuable. Pour répondre à ces objections légitimes, le gouvernement peut palier les inconvénients de la tarification à l'aide de transferts monétaires plus généreux, tout en expliquant franchement à la population ses avantages intrinsèques en tant que mode de financement des services publics.

(1): Sources: voir le site Web de l'IEDM à: www.iedm.org



»» réingénierie
»» Centres de la petite enfance

70 000 parents disent NON aux garderies à 7 $

Pascale Breton, Mario Cloutier
La Presse mardi 9 décembre 2003

Les services seront peu perturbés jeudi
Sauf dans les garderies, la colère des syndicats ne devrait pas trop affecter la population


Un vent de perturbation soufflera jeudi sur l'ensemble du Québec, mais ce sont les parents qui risquent d'en souffrir le plus puisque la moitié des 984 centres de la petite enfance fermeront leurs portes.

Les grands syndicats québécois se préparent eux aussi en vue de cette journée de perturbation, mais tous tiennent à rassurer la population: leur action ne touchera pas les citoyens et les services publics.

"Jean Charest n'a pas été élu pour remettre en cause le fonctionnement du réseau. Par les différentes mesures que le gouvernement veut mettre en place, il fragilise les centres de la petite enfance", lance la présidente de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), Hélène Potvin, pour expliquer le coup d'éclat de ses membres.

L'AQCPE dénonce la hausse de tarif à 7 $ par jour, mais également les compressions budgétaires prévues et les nombreuses mesures d'encadrement que le gouvernement veut implanter.

Hier, le réseau a même organisé une manifestation devant les bureaux du premier ministre, à Montréal, pour lui remettre 70 000 "bulletins de vote" recueillis en trois jours auprès des parents dont les enfants fréquentent les CPE et qui disent au gouvernement Charest: "vous n'avez pas été élu pour ça".

Plus de la moitié des CPE - parfois jusqu'à 80 % dans certaines régions - fermeront leurs portes et organiseront des rassemblements jeudi. Une marche, à Montréal, et une manifestation devant le parlement, à Québec, sont notamment prévues.

Le SPGQ (syndicat des professionnels du gouvernement), participera également à ce rassemblement devant l'Assemblée nationale. Les professionnels tiendront aussi des pauses-café animées jeudi pour informer leurs 18 000 membres sur la réingénierie de l'État.

De leur côté, les grandes centrales syndicales annoncent la tenue de plusieurs activités sur les lieux de travail demain et jeudi, tôt le matin, lors des pauses et le midi.

Ces actions de mobilisation viseront les politiques "antisociales et antisyndicales" de l'employeur gouvernemental plutôt que les enfants dans les écoles ou les malades dans les hôpitaux, ont expliqué les porte-parole syndicaux hier.

Le secteur privé sera également touché, particulièrement chez les syndiqués de la FTQ. Plusieurs syndicats de la CSN feront aussi connaître jeudi leur opposition à la loi 31, qui veut faciliter la sous-traitance, en dirigeant des actions envers le Conseil du patronat et son président Gilles Taillon.

La CSD manifestera pour sa part à Sherbrooke demain midi, devant le bureau de circonscription du premier ministre Jean Charest. Plus de 1000 délégués syndicaux y sont attendus.

De nombreux syndiqués prendront part aussi à la guignolée des médias qui a lieu jeudi. En faisant d'une pierre deux coups, les travailleurs diront ainsi au gouvernement Charest qu'il doit mettre fin à ses "visées" sur les plus démunis de la société.

Du côté des hôpitaux, des piquets de grève symboliques seront dressés devant plusieurs établissements demain et, le lendemain, les bénéficiaires ploieront sous les tracts syndicaux.

Dans les écoles, les enseignants diront au premier ministre que "gouverner ce n'est pas dicter". Demain, une pétition de 35 000 noms sera présentée à l'Assemblée nationale pour contester la création d'un ordre professionnel des enseignants.



»» Centres de la petite enfance

Avalanche de pétitions au bureau de Charest

Lia Lévesque
Le Soleil mardi 9 décembre 2003

PC - Le bureau du premier ministre Jean Charest à Montréal a reçu des dizaines de boîtes de Noël, contenant non pas des cadeaux, mais 70 000 signatures de personnes plaidant en faveur des Centres de la petite enfance.

L'Association québécoise des Centres de la petite enfance a remis ces pétitions en main propre, hier matin, à un représentant du bureau du premier ministre, à Montréal.

Des boîtes et des boîtes étaient empilées, certaines illustrées de caricatures de Jean Charest, d'autres marquées du nom d'un Centre de la petite enfance (CPE). Ce sont environ 100 parents, certains accompagnés de bébés, et représentant des CPE qui ont d'abord fait la chaîne pour apporter et empiler ces boîtes, au rez-de-chaussée de l'édifice qui abrite les bureaux du premier ministre.

"On est tanné"

"Par cela, on veut signifier au gouvernement qu'on est tanné d'avoir des coupures, on est aussi tanné des compressions et des hausses de tarifs qui sont mises en place. Ce qu'on veut dire à M. Charest, M. (Claude) Béchard (ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille) et Mme (Carole) Théberge (ministre déléguée à la Famille), c'est qu'ils n'ont pas été élus pour ça. Le mandat qu'on a compris, le 14 avril dernier, c'est de donner au gouvernement le mandat d'améliorer la situation du Québec. Or, ce que je constate, c'est que depuis cette date-là, la situation ne fait que se détériorer", a lancé le parent porte-parole du groupe, Ghislain Cormier.

Des représentants de l'association se sont ensuite rendus à l'étage des bureaux de M. Charest pour remettre à un émissaire quelques boîtes. Ils ont été poliment reçus et n'ont échangé que quelques mots.

Les manifestants tiennent au maintien des places en garderie à 5 $, ne veulent pas que le gouvernement récupère une partie des surplus accumulés dans certains CPE, protestent contre les compressions budgétaires et rejettent l'idée de pénalités lorsqu'un enfant sera absent de sa garderie plus de 26 jours par année.

La présidente de l'Association des CPE, Hélène Potvin, a indiqué que le mot d'ordre aux CPE de fermer leurs portes pour une journée, jeudi, tenait toujours, à moins d'indication contraire. Tout dépendra de la réponse de la ministre responsable du dossier, Carole Théberge. Celle-ci doit répliquer aux revendications des parents et des CPE.

"Va falloir qu'on cesse de couper au niveau des services et des subventions", plaidait M. Cormier, ajoutant aussi la question des tarifs, haussés de 5 $ à 7 $ pour le moment, mais dont on ignore les augmentations futures. "Est-ce qu'on va se ramasser avec une indexation au coût de la vie ? Est-ce qu'on va se ramasser avec des augmentations de 8, 10, 12, 15 $ l'année prochaine, on n'a aucune idée", s'est exclamé M. Cormier.

"Il y a une évaluation qui va être faite (pour la journée de fermeture du 11) en fonction des réponses du gouvernement", a renchéri Mme Potvin, notant que "le projet de loi (sur la hausse des tarifs de 5 à 7 $) ouvre la porte à des augmentations (subséquentes) en tout temps dans l'année et à des tarifs qu'eux décideront, des niveaux d'indexation qu'eux seuls connaissent".

Des manifestations sont également prévues avec les parents, en cette journée de jeudi, pour "demander au gouvernement de rectifier le tir", a précisé Mme Potvin.



»» l'Approche commune

Le ministre Pelletier est bien décidé :
La signature de l'entente se fera bientôt

Yvon Bernier
Le Quotidien mardi 9 décembre 2003

Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales et Affaires autochtones du Québec, Benoit Pelletier, a souligné hier avec fermeté, qu'il ne surseoira pas à la signature prévue de l'Approche commune et que l'alignement que le gouvernement du Québec a pris ne changera pas pour l'essentiel.

Au sortir de la rencontre tenue avec quatre représentants de la Fondation équité territoriale (FET), le ministre a dit partager certaines appréhensions qui ont été portées à sa connaissance notamment celles touchant les "droits ancestraux", "le titre aborigène" et "la territorialité". "Certains droits et titres ne sont pas suffisamment définis mais il devrait être possible de les préciser ultérieurement."

Il a reconnu également que des clarifications vont devoir être apportées et que la nomination prochaine de deux représentants des intérêts et droits des populations de la Haute-Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean, devrait permettre d'intégrer éventuellement dans l'entente de principe intervenue entre les gouvernements supérieurs et les communautés montagnaises concernées certaines des préoccupations soulevées.

"Le processus de consultation et les discussions qui vont se tenir après que l'entente de principe aura été entérinée, d'ici la fête de Noël ou dans la période qui va suivre en janvier 2004, devraient permettre d'aplanir les quelques difficultés qui pourront se présenter", indique le ministre.

Dossiers différents

Appelé à commenter sur l'inclusion éventuelle des Métis et Indiens sans statut du Québec, par le biais de négociations, à un traité similaire à celui qui sera conclu vers 2006 entre les Montagnais, Québec, et Ottawa, le ministre Pelletier a indiqué qu'une telle entente n'est pas pour demain.

"Dans le cas des Métis, l'état de la jurisprudence n'est pas aussi avancé qu'en ce qui concerne les Montagnais (Innus). On n'en est pas encore là au Québec. La présence de communautés de métis et indiens hors réserve est plus marquée dans d'autres provinces du Canada dont l'Ontario par exemple", résume-t-il.

Questionné d'autre part à savoir si l'entente de principe et le traité avec les nations montagnaises respecte l'esprit de l'Acte constitutionnel de 1982, le ministre Pelletier répond par l'affirmative. "Les tribunaux et juges qui se sont prononcés sur la question nous invitent à négocier sur une base qui préconise la cohabitation entre communautés autochtones et non autochtones. Et c'est ce que nous faisons actuellement."



»» l'Action démocratique du Québec (ADQ)

Mario Dumont perd un autre collaborateur important :
Guy Laforest ne sollicitera pas un autre mandat à la présidence

Tommy Chouinard
Le Devoir mardi 9 décembre 2003

Québec - Un autre pilier de l'Action démocratique du Québec (ADQ) annonce son départ. Le président de l'ADQ, Guy Laforest, ne sollicitera pas un nouveau mandat et quittera son poste au congrès du parti, en juin 2004, moins de deux ans après y avoir accédé.

L'ADQ perd l'un des membres les plus influents de son aile progressiste, qui milite pour un recentrage du parti et une nouvelle position constitutionnelle.

Guy Laforest, professeur de science politique à l'Université Laval, dit vouloir consacrer sa vie professionnelle à l'enseignement. «Si on ambitionne l'excellence dans ce qu'on fait, on ne peut pas faire 52 affaires en même temps», a affirmé Guy Laforest au Devoir, lors d'un entretien téléphonique.

La défaite électorale du 14 avril est à l'origine de sa décision. «Avant, j'étais prêt à envisager l'action politique à temps plein pour une bonne tranche de ma vie. Mais le choix des électeurs de Louis-Hébert me met devant l'obligation de choisir: je fais de l'action politique à temps plein ou je fais de la vie universitaire à temps plein. J'ai le droit de faire bénévolement un certain nombre de choses, mais pas dans une structure où, pour être efficace, il faut que je donne un temps que je n'ai pas», a dit le candidat défait.

Guy Laforest estime qu'il ne peut déployer les mêmes efforts qu'au cours de la dernière année, ni concilier son action politique et son travail professionnel. «C'est impossible. Je ne peux pas faire ce que j'ai fait pendant cinq ou six ans de temps», a dit l'homme de 48 ans, tout en rappelant qu'il est le père de trois enfants.

Le professeur Laforest ne quitte toutefois pas le bateau adéquiste, puisqu'il entend demeurer militant. «Je continue à partager les valeurs adéquistes», a-t-il ajouté.

Guy Laforest estime qu'il s'agit d'une décision strictement professionnelle. Aucun différend particulier avec le chef Mario Dumont ou son entourage ne provoque son départ, a-t-il ajouté. «M. Dumont et moi, on n'est pas des intimes, mais on n'a pas eu d'accrochages. On a eu des désaccords, et ça me semble normal. Mais on a une relation tout à fait correcte au point de vue de l'action politique», a-t-il expliqué.

Mario Dumont n'a pas voulu commenter le départ de Guy Laforest, qui est, à certains égards, sa caution intellectuelle. Son attaché de presse, Jean-Nicolas Gagné, a indiqué au Devoir que messieurs Dumont et Laforest entretenaient une «relation de confiance». «Tout le monde est satisfait de son travail», a indiqué M. Gagné au Devoir.

Guy Laforest tient à achever son mandat et quittera son poste en juin 2004 seulement. S'il a tenu à annoncer son départ aussi tôt, c'est «pour être responsable» et favoriser la relève.

Ce nouveau départ dans les rangs adéquistes s'ajoute à ceux du conseiller politique de Mario Dumont, Éric Montigny, et de son attaché de presse, Jean-Luc Benoît, qui sont survenus plus tôt cet automne. Avec Guy Laforest, ce sont trois adéquistes de la première heure qui décident de quitter des fonctions importantes quelques mois après la défaite du 14 avril.

Guy Laforest a été élu à la présidence de l'ADQ lors du congrès d'octobre 2002, au moment où le parti caracolait en tête des sondages. Il a été parmi ceux qui ont ouvert la voie à la création de l'ADQ, puisqu'il a participé au Groupe réflexion Québec, fondé par Jean Allaire en 1993. M. Laforest est toujours demeuré dans l'entourage du jeune parti, avant de s'engager plus activement, entre autres pour prendre part à la rédaction du programme.



»» SGF

Quel avenir pour la SGF?

La tentation est forte de jeter le bébé avec l'eau du bain

Daniel Paillé
L'auteur est un ancien ministre de l'Industrie et du Commerce responsable de la Société générale de financement (SGF) sous Jacques Parizeau. Il a aussi été premier vice-président et chef de la direction financière de la SGF jusqu'en 2001. Nous publions ce texte au moment où Pierre Brunet s'apprête à déposer au gouvernement son rapport sur la révision du mandat des sociétés d'État

La Presse mardi 9 décembre 2003

Un vieil adage aurait dit qu'un bon ministre économique au Québec, laissait derrière lui au moins une (sinon deux) société d'État. À un moment donné, il faut faire le ménage. La tentation est forte cependant de passer la "gratte" et de jeter le "bébé" avec l'eau du bain. Mais le "bébé", c'est souvent un nombre important d'entrepreneurs et de compagnies du Québec. Rarement les politiques ou les fonctionnaires sont tirés par-dessus bord.

Les mandats actuels des sociétés d'État font double emploi. Cet état de fait n'est pas unique aux années 2000, mais il existe. Combien de gestionnaires de ces sociétés d'État croient être investis du mandat (ou de la responsabilité) du développement économique des régions, de l'emploi, ou même de la croissance du PNB (ou PIB)? Tous se croient en mesure de tout faire... mais personne ne peut bien tout faire.

Il faut donc à la fois;

Des mandats clairs (définir la zone d'exercice);
Des mandats restreints (on ne sait pas tout faire...même si on aimerait ça!);
Des mandats exclusifs (si l'un ne couvre pas bien sa zone, ce n'est pas une raison de le dédoubler);
Des mandats mesurables (un taux de rendement ne s'exprime pas en nombre d'emplois);
Des mandatés redevables (une imputabilité transparente et comparable).

Le mandat de la SGF

L'histoire de la SGF et dans une certaine mesure sa réussite lui a toujours réservé une place dans le partenariat industriel international d'envergure en termes de dollars investis. C'est lorsqu'elle est sortie de ce mandat que sa réputation et ses rendements furent questionnés.

La SGF n'a jamais été reconnue comme efficace dans des mandats régionaux, dans des participations frôlant le contrôle, dans des fonds de capitaux, dans des véhicules de placements autres que de l'équité, dans des secteurs de services et de commerces, dans des partenariats nord-américains, ou en concurrence avec des entreprises déjà établies au Québec. Quand elle le fit, elle montra sa méconnaissance des marchés investis et/ou des joueurs de ces secteurs. Avec ses capitaux (qui étaient ceux de l'État) la SGF a été capable de faire des gestes qu'il aurait été préférable d'éviter.

Par contre tout n'est pas sombre. La SGF a réussi à investir minoritairement avec des partenaires étrangers (qui ne se seraient même pas intéressés au Québec) dans des créneaux industriels qu'il fallait soutenir et développer. Son retrait en temps, après avoir exercé l'attrait nécessaire, a (ou aurait) pu satisfaire les exigences de rendements attendus par l'actionnaire.

Ainsi, la SGF devrait avoir le mandat suivant:

Investir en équité seulement avec un ou des partenaires, dont au moins un partenaire stratégique étranger du secteur industriel qui, à l'idéal, serait majoritaire;

Investir avec la vision de réaliser sa mise à la première occasion, laissant ainsi les règles du marché fonctionner;

Attirer des industriels étrangers à investir au Québec;

Attirer des investisseurs étrangers qui voudraient participer à la création de fonds de capitaux de risque privés dédiés à investir au Québec, évitant ainsi un "choc du cash" qui pourrait survenir si tous les tapis glissent en même temps sous les pieds des entrepreneurs.

Bref, garder le volet équité, minoritaire, attrait d'étrangers et quelques secteurs industriels bien définis.

La SGF ne devrait pas être en mesure de:

Investir dans le développement d'une entreprise là où il y a déjà une ou des entreprises déjà établies au Québec;

Investir en titres de dettes;

Investir au capital de sociétés (de propriété québécoise ou non) déjà présentes au Québec (sauf si la SGF, par une première participation, a attiré au Québec un partenaire étranger);

Investir dans un projet en compagnie d'une autre société d'État du gouvernement du Québec, puisque chaque société d'État devrait avoir un créneau spécifique et unique .

Mandats "spéciaux"

Toutes les sociétés d'État doivent vivre avec la perception (qui peut être loin de la réalité) de la "politique" grande ou petite! L'État a un rôle à faire jouer par des "bras séculiers" qui lui appartiennent. C'est son devoir et c'est normal. Cependant, tenant compte que l'idéal d'une séparation parfaite du "politique" et du "financier" n'est pas de ce monde, les mandats spéciaux devraient être centralisés. La SGF n'a jamais eu officiellement ce rôle et ne devrait pas l'avoir. Elle n'a pas ce réflexe... ou si peu!

Le contrôle de la SGF

La SGF a toujours su attirer en son sein des gestionnaires privés de calibre. Il suffit de suivre l'évolution des carrières de certains cadres qui sont passés par la SGF pour en témoigner. La SGF n'a jamais été fonctionnarisée, on devrait continuer ainsi. Cela vaut pour le recrutement et la rémunération de ses cadres. À cela on doit cependant poser la question des barèmes utilisés. Les comparaisons avec le "privé" sont toujours à la mode, mais encore faut-il que la base comparative soit mesurable, comparable et transparente. Avec un mandat de rendement financier, la rémunération et la responsabilité des cadres de la SGF doivent être alignées sur ces éléments simples et mesurables. En d'autres mots, les rémunérations variables devraient être versées en fonction des rendements obtenus... et non prévus.

Présentement le gouvernement, à titre d'actionnaire, choisit les administrateurs de la SGF et son principal gestionnaire, le président, qui agit aussi comme président du conseil d'administration. Il serait utile de séparer la gestion de la décision.

Ainsi, le gouvernement devrait continuer de nommer les administrateurs et indiquer son choix pour le président (ou présidente) du conseil d'administration. Ce dernier devrait être investi de certains pouvoirs d'un chef de direction, comme par exemple, déterminer les agendas des réunions du conseil et de ses comités. Ce pouvoir lui laisserait donc le loisir de décider des dossiers d'investissements qui lui apparaissent prêts à une décision. On éviterait ainsi les bousculades et urgences circonstancielles qui peuvent être justifiées par le management. Le président du conseil devrait aussi assister aux rencontres du ou des comités de placements et y avoir un droit de parole et de questionnement.

Le choix du président (ou présidente) et directeur général (PDG) de la SGF devrait être l'affaire du conseil d'administration et de son comité de ressources humaines. La recommandation du PDG devrait être de la responsabilité du président du conseil. Le mandat du PDG devrait être contractuel et de durée limitée (5 à 7 ans). Les cadres supérieurs de la SGF devraient être engagés par le comité de ressources humaines sur recommandation conjointe du PDG et du président du conseil. Les autres seraient de la juridiction du PDG.

Enfin, la vérification annuelle des livres de la SGF devrait continuer d'être assumée par un vérificateur privé indépendant, qui fait rapport au besoin, au vérificateur général.

La place du privé

La SGF est, depuis son origine, la plus "privée" des sociétés d'État. Son mandat recentré, tel que proposé plus haut, devrait la rendre encore plus "privée".

Puisque son portefeuille est et continuera d'être assez unique, l'attrait de capitaux privés au trésor même de la SGF est superfétatoire. Toute forme d'intéressement du privé, que ce soit des particuliers ou des institutions, sans un incitatif fiscal particulier, est vouée à un échec.

Avec un incitatif fiscal, c'est le gouvernement qui, par une porte arrière revient au capital. La SGF devrait continuer d'être LA société d'État, détenue à 100 % par le gouvernement québécois, la plus "privée" du Québec.

Cependant rien n'empêcherait la SGF d'utiliser la voie du privé pour partager certains placements matures, ou certains portefeuilles qui ne seraient plus stratégiques pour elle. À l'image de la récente transaction entre la Caisse de dépôt et la BDC (société d'État du Canada), la SGF pourrait vendre (ou partager) des placements avec le privé. Après les récentes radiations, il serait probablement important de se concentrer sur le futur et d'accepter des offres raisonnables dans les circonstances, plutôt que de s'entêter.

Mais en toutes circonstances, la SGF devra faire attention à ses partenaires entrepreneurs qui n'ont rien à voir avec l'actuel débat, mais qui subissent déjà les conséquences de la remise en question. C'est ça, le concept de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain.



»» Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau

Peu de Québécois en faveur du nouveau nom

Le Soleil mardi 9 décembre 2003

PC Ottawa - Les Québécois sont grandement divisés quant à la décision d'Ottawa de nommer l'aéroport de Dorval en l'honneur de l'ancien premier ministre fédéral Pierre Elliott Trudeau : tout juste le tiers d'entre eux y sont favorables, indique un sondage commandé par une coalition qui s'oppose au changement de nom.

L'enquête, menée par la firme Léger Marketing du 5 au 10 novembre, révèle que 38 % des personnes interrogées s'opposent au nom Pierre-Elliott-Trudeau, alors que 34 % l'appuient. Chez les francophones, le taux de désaccord est plus élevé : 42 % d'entre eux se disent contre le nouveau nom.

Fait important à noter, plus du quart des sondés (27 %) n'ont pas voulu se prononcer sur la question.

"Ce que je constate, c'est que le sujet est très controversé, qu'il est loin de faire consensus, qu'il divise, même", affirme en entrevue téléphonique Gilles Rhéaume, un militant nationaliste et porte-parole de la Coalition contre l'Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. "Et rien n'indique que cela va s'étioler."

Armé des résultats de ce sondage, M. Rhéaume vient d'écrire à Paul Martin. Il tente ainsi de convaincre le futur premier ministre de renverser la décision de son prédécesseur, Jean Chrétien. "J'espère que (M. Martin) trouvera la meilleure façon de surseoir à cette décision-là, sinon nous allons l'aider à le faire, précise-t-il. (...) Franchement, ce serait une belle occasion de montrer qu'il ne méprise pas l'opinion publique québécoise, qu'il a une sensibilité que son prédécesseur n'avait pas."

"C'est clair que M. Martin n'a pas l'intention de remettre en question des décisions du gouvernement antérieur chaque fois qu'il y a des protestations de gens qui ne seront jamais contents de toute façon, rétorque un porte-parole de Paul Martin, Dennis Dawson. Le choix de renverser une décision du gouvernement antérieur ne sera pas basé sur des protestations artificielles."

Mais M. Rhéaume n'entend pas lâcher prise. S'il n'arrive pas à obtenir gain de cause avant le 1er janvier prochain, date prévue de l'entrée en vigueur du nouveau nom, il promet de maintenir la pression.

"Jamais nous n'accepterons ce nom-là, insiste-t-il. Nous tenterons de sensibiliser les responsables d'associations des droits civiques à travers le monde." Gilles Rhéaume songe notamment à porter plainte devant l'Organisation de l'aviation civile internationale.

"On ne donne pas le nom de quelqu'un qui a agi comme ça à un aéroport international", lance M. Rhéaume, en faisant référence aux "500 personnes emprisonnées de façon injustifiable" lors de la crise d'octobre, en 1970, alors que Pierre Trudeau était premier ministre.

"Ça prendra le temps que ça voudra, mais un jour, une instance internationale conseillera au Canada de ne pas attribuer (à l'aéroport de Dorval) le nom de Pierre Elliott Trudeau, à cause de son action contre les libertés fondamentales et les droits civiques."


TRIBUNE LIBRE





TRIBUNE LIBRE

Comme un outrage à la mémoire

Gilles RHÉAUME
Ancien président de la SSJB-M et du MNQ
Porte-parole de la Coalition contre l’Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau

TRIBUNE LIBRE Le 10 décembre 2003

Gilles RHÉAUME
Ancien président de la SSJB-M et du MNQ
Porte-parole de la Coalition contre l’Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau
59006-6595, rue Saint-Hubert
Montréal État du QUÉBEC H2S 3P5

Le 8 décembre 2003

Monsieur Paul MARTIN
Futur Premier ministre du Canada
Chambre des Communes
Ottawa- Canada

Monsieur le prochain Premier ministre,

Dans quelques jours vous deviendrez Premier ministre du Canada. Je vous félicite de votre désignation à cette fonction qui commande le plus haut sens civique. Paul Martin sera-t-il vraiment différent de Jean Chrétien dans son attitude envers le Québec, sa langue, son État, ses institutions et ses aspirations naturelles vers la liberté? L’opinion publique comptera-t-elle pour le prochain Premier ministre de tous les habitants du Canada et ce, quelles que soient leur opinion politique et autres caractéristiques liées aux libertés fondamentales ? Beaucoup de Québécois estiment que vous voudrez faire preuve de plus d’ouverture et de moins d’arrogance que votre prédécesseur dont les mandats s’apparentaient davantage à un règne souvent imbuvable quand il a été question des droits des Québécois…

Avant de partir, ce dernier a voulu laisser sa marque en changeant le nom de l’Aéroport de Dorval pour celui de l'Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Le gouvernement du Québec n’a même pas été consulté. Unilatéralement, Ottawa, encore une fois, vient d’imposer sa volonté tout en sachant que ce choix ne pouvait que provoquer et diviser notre peuple. S’il est permis de donner ce nom à une institution publique, il est souhaitable que cette désignation se fasse dans le respect de l’histoire…

Suite à ce que nous considérons comme un outrage à la mémoire, une coalition populaire s’est organisée. L’opposition s’est exprimée dans de nombreuses activités : Manifestations; pétitions; lettres ouvertes; vox pop à la radio et à la télé massivement contre le projet d’Ottawa. De plus une forte expression dans le même sens sur le Net et des prises de position de plusieurs personnalités contre cette impertinence n’ont rien changé à l’obstination d’Ottawa. L’argent ramassé lors d’un spectacle-bénéfices nous a permis de sonder les Québécois sur cette triste histoire de nom d’aéroport. Nous vous offrons les résultats de cette consultation et vous invitons sincèrement à réfléchir sur leur signification. Ce projet non seulement ne fait pas consensus, il divise profondément la société québécoise. Si nous voulions en traduire les résultats en termes électoraux, les opposants à l’Aéroport-Trudeau gagneraient haut la main et formeraient un gouvernement majoritaire… L’Aéroport Pierre-Elliott-trudeau ne passe pas la rampe de l’opinion !

Nous vous demandons donc de renverser la décision de Jean Chrétien et d’attribuer le nom de Pierre Elliott-Trudeau plutôt à une autre institution canadienne plus conforme à son action politique que celle de l’activité aéroportuaire québécoise où, de l’avis de tous, son œuvre restera désastreuse si on pense au scandale de Mirabel.

En espérant un bon accueil à cette requête, recevez, Monsieur le futur Premier ministre, l’expression de mes sentiments les plus québécois.



COMMUNIQUÉS




COMMUNIQUÉS


COMMUNIQUÉS Le 3 décembre 2003