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L'avenir des services de garde au Québec:
des chiffres pour alimenter la consultation publique
Claude Béchard
ministre responsable de la famille
Carole Théberge
ministre responsable de la famille
LE DEVOIR jeudi 14 août 2003
Voici quelques extraits du document de consultation concernant l'avenir des services de garde du Québec, rendu public hier par les deux ministres responsables de la famille, Claude Béchard et Carole Théberge.
Depuis l'instauration des services de garde à contribution parentale réduite, les coûts ont progressé à un rythme annuel moyen de près de 30 %. Quant aux crédits budgétaires, ils augmenteront à un rythme annuel de 11,5 % d'ici 2006. Cette progression est principalement attribuable à la création de places de même qu'au redressement salarial du personnel des services de garde.
En 2003-2004, le ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille prévoit consacrer plus de 1,3 milliard de dollars aux services de garde, soit près de 40 % du total de l'aide que le Québec octroie aux familles. Ces dépenses se répartissent comme suit : 1,1 milliard de dollars pour le fonctionnement des centres de la petite enfance (installation et milieu familial), 204,8 M$ pour le fonctionnement des garderies, 37 M$ pour le régime de retraite du personnel des installations de centres de la petite enfance et des garderies conventionnées et 8,5 M$ pour le service de la dette (immobilisations des centres de la petite enfance). À terme, la part de l'État serait approximativement de 1,7 milliard de dollars si le développement se réalise tel que prévu.
De plus, des subventions de développement et d'investissement sont accordées aux centres de la petite enfance. De 1997-1998 à 2002-2003, elles se sont chiffrées à 82,8 M$.
Pour créer une place en installation de centre de la petite enfance, il en coûte en moyenne 12 000 $ en dépenses d'immobilisations. De 1997 à 2002, le gouvernement assumait près de 40 % du coût total du projet dès la mise sur pied de l'installation; les 60 % restants étaient financés dans les années subséquentes.
Depuis l'instauration en 2002 du nouveau Programme de financement global des immobilisations des centres de la petite enfance, le ministère paie uniquement les intérêts et les remboursements du capital de l'année financière en cours. La dépense est donc amortie sur la durée du prêt à long terme.
Les garderies conventionnées ne sont pas admissibles à ce programme. Toutefois, une partie de la subvention de fonctionnement qui leur est accordée sert à financer leurs immobilisations.
La progression des coûts a modifié de façon importante la contribution moyenne des parents et de l'État au financement des services.
Avant l'instauration des places à contribution réduite, en 1996-1997, la contribution moyenne des parents aux frais de garde était de 18,06 $ par jour dans les garderies et de 16,24 $ en milieu familial. En 2002-2003, leur contribution quotidienne pour une place en service de garde éducatif est de 5 $.
En contrepartie, la part du gouvernement est passée de 10,79 $ par jour dans les garderies à but non lucratif à 37,54 $ en installation de centre de la petite enfance. Pour ce qui est du milieu familial, la contribution, qui était à l'époque de 4,06 $, est maintenant de 21,83 $ par jour. Pour les garderies, la quote-part gouvernementale est passée de 0,97 $ à 28,64 $ par jour.
Le coût d'une place
En 2002-2003, le coût global d'une place en centre de la petite enfance (installation) atteint donc 42,54 $ par jour (11 060 $ par année); en garderie, il est de 33,64 $ (8750 $ par an) et, en milieu familial, de 26,83 $ (7000 $ par an). Ce coût global représente la somme des contributions parentale et gouvernementale.
La part de la contribution financière que les parents assument est environ quatre fois moindre pour l'année 2002-2003. Elle représente 12 % en installation de centre de la petite enfance, 19 % en milieu familial et 15 % en garderie à but lucratif. En contrepartie, la participation relative de l'État est devenue plus importante : en installation, elle atteint 88 % en 2002-2003, alors qu'elle était de 37 % en 1996-1997; en milieu familial, cette participation est passée de 20 % à 81 % et, enfin, en garderie à but lucratif, elle a progressé de 5 % à 85 %.
La part de la contribution gouvernementale au financement des services de garde éducatifs a donc grandement augmenté depuis 1997 pour l'ensemble des types de garde, passant en chiffres absolus de 290 M$ à plus de 1,3 milliard de dollars. Poursuivre à ce rythme impose une forte pression sur les finances publiques. Si la contribution parentale avait suivi le rythme de croissance annuel des coûts, elle s'établirait actuellement à 17,85 $ par jour.
Les effets du régime fiscal fédéral
En ce qui concerne la fiscalité fédérale, l'instauration des places à contribution réduite a produit des effets indirects pour les familles québécoises. En payant 5 $ par jour, les familles qui bénéficient de places à contribution réduite réclament, dans leur déclaration de revenus fédérale, un montant moindre au titre de la déduction fiscale pour frais de garde que si elles payaient un tarif non subventionné.
Dans le régime fiscal fédéral, la déduction pour frais de garde contribue à réduire le revenu net. Comme la valeur de la déduction est moins élevée qu'avec un tarif non subventionné, plusieurs familles disposant de places à 5 $ paient plus d'impôt fédéral. Ce faisant, ces familles peuvent également recevoir un montant moindre au titre de la Prestation nationale pour enfant (PNE) et comme remboursement de la taxe sur les produits et services (TPS). [...]
Plus de 33 000 places à créer
La popularité des services de garde éducatifs repose sur plusieurs facteurs. Outre la contribution de l'État qui a facilité l'accès à ces services, d'autres éléments leur ont donné une grande crédibilité : la qualité du programme éducatif, l'importance accordée à la prévention, à la santé et à la sécurité des enfants de même que la compétence du personnel.
Dans le Discours sur le budget, le gouvernement a réitéré son engagement de rendre accessibles les 200 000 places nécessaires en favorisant une plus grande flexibilité, en assurant un financement adéquat, qui tienne compte de la capacité de payer des contribuables, et en posant comme principe que la formule de financement devrait permettre une hausse des contributions du gouvernement fédéral. [...]
Pour atteindre l'objectif de 200 000 places financées, il reste à créer 33 731 places. De ce nombre, 18 531 ont déjà été autorisées et 3000 ont été annoncées pour les garderies, ce qui réduit le nombre de places à autoriser à 12 200. Les scénarios suivants proposent différentes hypothèses à explorer pour faire en sorte que ces places répondent aux besoins exprimés par les parents et assurent une plus grande flexibilité.
- Scénario 1 : un développement offert exclusivement en milieu familial.
- Scénario 2 : un développement offert exclusivement aux garderies.
- Scénario 3 : un développement partagé entre les garderies et les haltes-garderies communautaires.
Les scénarios de financement
Le gouvernement a clairement exprimé sa volonté d'atteindre l'objectif de 200 000 places en services de garde, d'assurer une plus grande flexibilité pour mieux s'adapter aux choix des parents et de maintenir un haut niveau de qualité. Il s'est également engagé à assurer un financement adéquat qui tiendrait compte de la capacité de payer des Québécois et des Québécoises.
Comme on l'a souligné précédemment, les coûts de fonctionnement, au terme du développement, seront d'environ 1,7 milliard de dollars. Depuis 1997, on a observé une croissance d'environ 30 % par année et on estime qu'elle se poursuivra à un rythme de 11,5 % par année12 d'ici la fin du développement.
Si la contribution parentale avait suivi ce rythme de croissance, elle s'établirait actuellement à 17,85 $ par jour. Proportionnellement, l'écart ne cesse de croître entre la participation financière des parents utilisateurs et celle de l'État, celle des parents diminuant et celle de l'État augmentant de façon notable chaque année.
Assurer la pérennité des services requiert donc de revoir la participation financière à la fois des parents et de l'État et de rechercher un meilleur équilibre.
Trois scénarios de financement
- Scénario 1 : une tarification unique fixe. Relever la contribution parentale pour toutes les familles utilisant ces services, et ce, indépendamment du revenu familial.
À titre d'exemple, la contribution parentale pourrait être augmentée de 2 $ pour passer de 5 $ à 7 $ par jour. Chaque dollar d'augmentation de la contribution parentale représente à terme 52 M$ annuellement.
Pour les familles utilisatrices, ce relèvement se traduirait par une dépense additionnelle de 520 $ par année pour chaque enfant (à raison de 260 jours de fréquentation), soit 1820 $ comparativement à 1300 $ actuellement. Un couple qui a deux revenus et un enfant et dont le revenu familial est de 70 000 $ verrait son impôt fédéral à payer diminuer de 69 $, et sa Prestation nationale pour enfants augmenterait de 10 $. Pour une même famille dont le revenu familial est de 100 000 $, l'impôt fédéral à payer diminuerait de 96 $.
Toutes les familles bénéficiant d'une place à contribution réduite seraient touchées par cette majoration, à l'exception de celles qui reçoivent des prestations d'assistance-emploi.
À la fin du développement, on pourrait prévoir un principe d'indexation.
- Scénario 2 : une tarification modulée en fonction du revenu. Ce scénario implique que certaines familles dont le revenu se situe au-dessus de la moyenne participent davantage au financement des services de garde.
À titre d'exemple, la contribution parentale serait maintenue à 5 $ par jour pour les familles dont le revenu familial est inférieur à 70 000 $. Celles dont le revenu s'échelonne entre 70 000 $ et 100 000 $ verraient leur contribution augmenter graduellement jusqu'à concurrence de 10 $ par jour. La perception de ce supplément se ferait au moyen de la déclaration de revenus.
Les familles gagnant entre 70 000 $ et 100 000 $ subiraient une augmentation annuelle graduelle pouvant atteindre au maximum 1300 $. Un couple qui a deux revenus et un enfant et dont le revenu est de 100 000 $ et plus verrait son impôt fédéral à payer diminuer de 239 $.
- Scénario 3 : une contribution parentale établie en proportion du coût global de fonctionnement des services de garde. Faire en sorte que la participation des parents au financement des services de garde reflète la croissance des coûts globaux. En 1996-1997, avant l'instauration des places à contribution réduite, la contribution parentale moyenne équivalait à environ 70 % du coût global des services de garde. La situation est actuellement inversée, puisqu'en 2002-2003, la contribution parentale (5 $ par jour) représente en moyenne 15 % du coût global des services de garde éducatifs.

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Les garderies resteront à 5$... et grimperont jusqu'à 10$
Pascale Breton
La Presse jeudi 14 août 2003
Québec - Le gouvernement Charest sonne la fin des places à 5 $ pour tous. Les parents devront puiser davantage dans leur poche pour faire garder leurs rejetons et certains verront la note grimper à 7 $ ou 10 $ par jour selon le scénario retenu.
Le gouvernement vient de dévoiler un document de consultation qui prévoit trois scénarios de financement et trois scénarios de développement pour "assurer la pérennité, l'accessibilité et la qualité des services de garde" au Québec.
Le réseau de places à 5 $ coûtait 290 millions lorsqu'il a été mis en place, en 1997. Il compte désormais 166 000 places, ce qui a fait augmenter la facture à 1,3 milliard et le gouvernement prévoit qu'une fois les 200 000 places du réseau complétées, il lui faudra débourser annuellement 1,7 milliard.
"L'ancien gouvernement Landry avait mentionné que ça ne resterait pas à 5 $ jusqu'à la fin des temps (... ). Probablement que la période électorale a donné un moment de répit à tous sauf que maintenant, nous en sommes au même point que tous les gouvernements devraient l'être à ce moment-ci", a déclaré hier le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, en présentant le document.
En suivant l'évolution des coûts de système, chaque place payée 5 $ en 1997 vaudrait aujourd'hui 17,85 $, a-t-il ajouté. "On ne parle pas d'augmenter la contribution des parents à 17,85 $, mais il faut aussi prévoir."
L'un des scénarios prévoit faire grimper la contribution parentale de 5 à 7 $ par jour. L'autre tient plutôt compte des coûts de système et fixe la contribution parentale à 20 % de ces coûts ( au lieu des 15 % actuellement ). Le tarif serait donc de 6 $ par jour dès maintenant et une fois le réseau complété, de 7,50 $. Dans les deux cas, les prestataires de l'assurance-emploi ( sécurité du revenu ) ne sont pas touchés par ces mesures.
Le dernier scénario prévoit de faire payer davantage les plus riches. Les familles dont le revenu s'échelonne entre 70 000 $ et 100 000 $ pourraient donc payer jusqu'à 10 $ par jour tandis que les autres continueraient de débourser 5 $.
Des scénarios de développement sont aussi prévus puisqu'il reste quelque 33 700 places à créer. De ce nombre, 18 500 ont déjà été autorisées, pour la plupart dans les centres de la petite enfance en installation et 3000 autres ont été allouées aux garderies privées. Il reste donc 12 200 places à distribuer.
L'un des scénarios prévoit la création de places uniquement dans les centres de la petite enfance en milieu familial. Un autre donne ces places aux garderies privées, avec la possibilité de compléter en milieu familial si cela s'avère nécessaire.
La troisième option est finalement d'allouer 10 000 places aux garderies privées et 2200 dans les haltes-garderies communautaires qui actuellement ne sont pas partie intégrante du réseau et ne reçoivent pas de financement récurrent.
La ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, a aussi profité de l'annonce d'hier pour réitérer que les 3000 places prévues au privé seront disponibles sous peu. "Nous avons annoncé en juin que les 3000 places seraient disponibles et autorisées en septembre et nous sommes en processus présentement pour le faire. Nous suivons notre plan."
Réactions mitigées
L'abolition de l'universalité du 5 $ a suscité de nombreuses réactions hier. "Le gouvernement veut absolument se donner une marge de manoeuvre d'un milliard pour baisser les impôts l'an prochain et on sait qui commence à en faire les frais, ce sont les parents", a lancé le député de Joliette et porte-parole de l'opposition dans les dossiers Famille et Enfance, Jonathan Valois. Un avis partagé par la présidente de l'Association québécoise des centres de la petite enfance du Québec, Hélène Potvin. "Nous avons toujours une difficulté avec le fait de faire assumer aux parents un service qui, à notre sens, devrait être comme l'école, c'est-à-dire qu'une société paie collectivement pour un service nécessaire à tous", a-t-elle déclaré.
Un peu plus satisfaite, l'Association des garderies privées du Québec se réjouit d'être considérée dans les scénarios de développement, mais en voudrait encore davantage. "C'est décevant, on parle seulement des 12 000 places qui ne sont pas encore développées. Nous avions demandé de revoir le développement des CPE ( 18 500 places ) parce que beaucoup de places traînent depuis deux ou trois ans et ne se sont pas réalisées", a dit le président, Sylvain Lévesque.
À la suite du dépôt de son document hier, le gouvernement Charest organise une consultation les 27, 28 et 29 août prochain. Une recommandation finale sur les scénarios à retenir sera ensuite faite au Conseil des ministres en septembre.
Combien coûteront les garderies?
SCÉNARIO 1
· La facture augmente également pour tous. Exemple: le prix des services de garde passe à 7$ par jour.
· Ce que cela rapporterait: 104 millions
SCÉNARIO 2
· La facture varie selon les revenus. Par exemple, les familles dont le revenu est inférieur à 70 000$ par an continuent à payer 5$ par jour. Le coût augmente jusqu'à un maximum de 10$ par jour pour les familles avec un revenu de 100 000$ et plus.
· Ce que cela rapporterait: 50 millions
SCÉNARIO 3
· La facture suit l'augmentation des coûts globaux des services de garde. Les parents paient une portion pré-établie par exemple 20% de la totalité de ces coûts. Si ce principe était appliqué aujourd'hui, le prix des services de garde passerait immédiatement à 6$ par jour et à 7,50 $ en 2006.
· Ce que cela rapporterait: 130 millions
Où seront offertes les nouvelles places?
SCÉNARIO 1
Les 12 200 nouvelles places seront ouvertes dans des garderies en milieu familial, relevant des centres de la petite enfance.
SCÉNARIO 2
Les 12 200 nouvelles places seront créées dans des garderies privées.
SCÉNARIO 3
Les nouvelles places seront partagées entre les halte-garderies communautaires (2 200 places) et les garderies privées (10 000 places).
Coût du programme des services de garde 1,3 milliard
Coûts prévus lorsque le programme sera complété 1,7 milliard
Nombre de places disponibles actuellement 166 300
Objectif poursuivi 200 000 places en l'an 2006
Places autorisées, mais pas encore disponibles 18 500
Nouvelles places prévues pour septembre 3 000
Places qui n'ont pas encore été autorisées 12 200
Les prochaines étapes
· Les scénarios seront soumis à une consultation publique les 27, 28 et 29 août.
· Recommandations finales soumises au Conseil des ministres en septembre.

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Dépense ou investissement?
Vincent Marissal
La Presse jeudi 14 août 2003
Quiconque connaît un tant soit peu Jean Charest sait que le jeune premier ministre est doté d'un grand sens de l'humour et de la répartie, même sur des sujets très sérieux. Il l'a encore prouvé récemment à Ottawa lors du traditionnel dîner de la tribune parlementaire.
Au cours d'une discussion à bâtons rompus lors du cocktail avant le repas, M. Charest a félicité un jeune collègue journaliste et sa femme pour leur nouveau bébé.-
Elle vient d'entrer à la garderie, M. Charest, une garderie à 5 $ par jour, lui a lancé d'un ton moqueur le collègue.-
C'est bien, profites-en pendant que ça dure, lui a répondu le premier ministre du tac au tac en lui tendant un billet de 5 $ tout juste sorti de son portefeuille.
Des milliers de jeunes parents du Québec ne la trouveront pas très drôle ce matin, mais, vaut mieux s'y faire, le temps béni des garderies à 5 $ par jour tire en effet à sa fin. C'est du moins la première conclusion que l'on tire des documents de consultation dévoilés hier par le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, et de sa collègue, Carole Théberge.
Le document, qui servira de base de discussion pour la consultation de la fin août auprès du milieu et des parents, ne laisse aucun doute sur les intentions du gouvernement libéral. Des trois propositions de financement mises sur la table, aucune n'envisage le maintien de la contribution de 5 $ par jour introduit par le précédent gouvernement péquiste.
Le gouvernement Charest reconnaît d'emblée que l'État doit jouer un rôle dans les services de garde, ce qui est une bonne nouvelle en soi, mais il ajoute à maintes reprises dans son document qu'il n'a plus les moyens de soutenir le développement du réseau aux conditions actuelles. Donc, trois scénarios: tout le monde paye plus, disons 7 $ par jour; les riches payent plus que les pauvres; les parents payent plus en fonction du coût des services de garde.
Tournez ça comme vous voudrez, débattez comme bon vous semble, mais à la fin de l'exercice, on arrive à la même conclusion: adieu les garderies à 5 $ pour tous. C'est tout un symbole qui vient de prendre le bord.
Cela ne devrait d'ailleurs surprendre personne, les libéraux ont à ce chapitre fait un bon travail de conditionnement de l'opinion publique ce printemps à coup de ballons d'essai, de déclarations hésitantes, de chiffres et de statistiques.
Mais il y a plus que le symbole des garderies à 5 $ par jour. Le gouvernement Charest tourne aussi le dos à la formule des centres de la petite enfance (CPE), une institution fondée par les péquistes, et ouvre la porte au secteur privé. Cette nouvelle orientation risque de bouleverser le réseau des garderies encore plus que la hausse de la contribution parentale. Les péquistes croyaient que l'État devait développer et financer des garderies publiques. Les libéraux s'en remettent au privé pour la suite du développement.
À la lecture du dossier monté par le ministère de la Famille, on constate que les ministres Béchard et Théberge ont fait leurs devoirs. Reste à savoir quelle place ils feront vraiment à la consultation des 27, 28 et 29 août et aux suggestions du milieu. À première vue, Québec a déjà fait son lit: les garderies coûtent trop cher, dites-nous seulement quelle solution vous préférez pour payer plus?
Les responsables de CPE, qui ne croyaient déjà pas beaucoup à la consultation du gouvernement Charest, se rendront à la table de reculons après avoir lu les scénarios mis de l'avant. Québec les a déjà avisés qu'il leur coupera 4,5 % de leur budget de fonctionnement dès septembre. Il leur annonce maintenant une hausse de la contribution des parents et le recours au privé. Pour la consultation, c'est mal barré.
Dans un exercice comptable rigoureux, le document du ministère de la Famille tend d'abord à démontrer que les coûts du réseau de garderies ont explosé. On y lit notamment que la contribution moyenne des parents aux frais de garde était de 18,06 $ par jour dans les garderies et de 16,24 $ en milieu familial en 1997 et qu'elle est maintenant de 5 $ pour une place en service de garde éducatif.
On dit aussi que la part de la contribution gouvernementale au financement des services de garde éducatifs est passée de 290 millions à plus de 1,3 milliard de dollars. Ce que l'on oublie de dire, par contre, c'est que les coûts ont grimpé parce que le Québec s'est doté, à partir de presque rien, d'un réseau unique qui faisait des enfants une priorité.
Les ministres Béchard et Théberge affirment être ouverts à la discussion. Leur document soulève d'ailleurs en ce sens de nombreuses questions fort pertinentes. Il en manque une, fondamentale, pourtant: des services de garde éducatifs, sécuritaires et professionnels, c'est une dépense ou un investissement pour une société?

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Fini le gel des tarifs d'Hydro;
les hausses arriveront dès octobre
Hélène Baril
La Presse jeudi 14 août 2003
Les Québécois ne profiteront pas comme prévu d'un dernier hiver sans hausse des tarifs d'électricité. Avec la bénédiction du gouvernement, Hydro-Québec met fin abruptement à la période de gel tarifaire et réclame une augmentation de tarifs de 3 % dès le 1er octobre et une autre de 2,98 % à compter du 1er avril 2004.
C'est l'augmentation des coûts d'approvisionnement qui justifie cette précipitation, a justifié hier le président d'Hydro, André Caillé. "Ça ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable, il y a des augmentations de coûts", a-t-il dit hier lors d'un entretien avec La Presse.
Selon lui, ce ne sont pas les exigences du gouvernement, qui veut 600 millions de plus d'Hydro-Québec cette année, qui ont forcé la société d'État à devancer la hausse de tarifs. L'augmentation aidera à remplir la commande du gouvernement, a-t-il reconnu, mais la raison principale est qu'il faut éviter les chocs tarifaires. "On ne veut pas de chocs tarifaires et pour éviter que ça arrive, il faut le plus tôt possible refléter le coût réel de l'approvisionnement dans les tarifs", a plaidé André Caillé.
Selon lui, si Hydro avait augmenté ses tarifs l'an dernier, la hausse aurait pu être limitée à 2 %.
La dernière hausse de tarifs d'électricité remonte au printemps 1998. Malgré le gel de ses tarifs, Hydro-Québec a engrangé des profits record année après année. Après seulement six mois dans l'année en cours, le profit net atteint 1,3 milliard de dollars.
M. Caillé soutient que les bénéfices nets d'Hydro ont beau être impressionnants, ils sont fragiles parce qu'ils sont liés à des facteurs imprévisibles comme la température hivernale et le prix de l'énergie sur le marché américain.
Si elle est acceptée par la Régie, la hausse de tarifs augmentera les revenus d'Hydro-Québec de près de 500 millions d'ici la fin de 2004. Selon la société d'État, la hausse demandée équivaut au taux d'inflation prévue pour 2003 et 2004, mais selon le consensus des économistes canadiens, le niveau d'inflation sera plus près des 2 % pour l'année en cours et la suivante.
Pour aider la Régie de l'énergie à avaler son augmentation de tarifs, Hydro- Québec s'engage à geler ses dépenses au niveau actuel pour 2004, 2005 et 2006. L'entreprise a aussi promis au gouvernement d'épargner les plus petits clients résidentiels. Le tarif résidentiel sera donc modulé afin que ceux qui consomment moins paient moins cher le kilowattheure.
Faire vite
Dans sa requête déposée hier devant la Régie de l'énergie, Hydro-Québec demande à l'organisme de réglementation d'accélérer les procédures et de rendre une décision provisoire d'ici le 12 septembre, un délai très court pour l'organisme de réglementation.
La Régie de l'énergie a déjà accepté le principe d'une augmentation des tarifs d'électricité, dans la première phase de l'examen de la requête tarifaire d'Hydro-Québec.
Le gel des tarifs d'électricité en vigueur depuis 1998 avait fait l'objet d'une décision gouvernementale et devait durer jusqu'au 30 avril 2004. Pour y mettre fin avant terme, Hydro-Québec a eu besoin d'un décret qui a été adopté par le gouvernement lundi dernier.
Selon Pierre Choquette, porte-parole du ministre Sam Hamad, responsable d'Hydro-Québec, il fallait permettre à Hydro de demander une augmentation de tarifs au moment où elle le jugeait nécessaire, c'est pourquoi il a été décidé d'écourter le gel tarifaire décrété par le gouvernement précédent.
Lui aussi soutient que les revenus supplémentaires exigés par le gouvernement pour boucler son budget n'ont rien à voir avec l'éventuelle hausse des tarifs. "Il revient à la Régie de l'énergie de décider si la hausse est justifiée ou non", a dit M. Choquette.

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Éviter le gâchis
On doit se mobiliser pour empêcher le démantèlement de BioChem
Gervais Dionne
Cofondateur de BioChem Pharma l'auteur est administrateur et consultant de compagnies biophar- maceutiques.
La Presse jeudi 14 août 2003
ALORS QU'IL ne reste que trois semaines avant le démantèlement de BioChem Pharma, j'implore tous les intervenants potentiels pour qu'on empêche que ce gâchis monumental se produise.
L'annonce surprise de fermer les laboratoires de Shire BioChem à Laval continue de soulever de nombreuses questions. Shire est une entreprise qui a connu la croissance grâce à une stratégie d'acquisitions. La dernière en liste, BioChem Pharma, avait pour but une meilleure diversification des sources de revenus de la compagnie mais celle-ci devait également lui permettre de devenir une compagnie mieux intégrée au niveau des opérations en ajoutant le volet recherche à ses activités.
En effet, Shire à l'époque se concentrait uniquement sur des activités de ventes, de marketing et de développement et a reconnu la pertinence d'ajouter la recherche à ses activités. La récente décision de Shire de cesser toutes ses activités de recherche n'était donc pas prévisible et représente une volte-face inusité.
Shire est une compagnie financièrement solide qui a connu, au cours de la dernière année, une croissance des revenus de 22 % lesquels ont excédé un milliard de dollars américains, et au cours du deuxième trimestre 2003, une croissance de 21 % des revenus fut enregistrée.
Les coûts opérationnels du centre de recherche de Shire BioChem à Laval ne représentent que 2 % du total des coûts opérationnels de la compagnie et ces coûts représentent seulement 8 % du total des coûts de Recherche & Développement.
Le 3TC, le médicament antisida le plus prescrit au monde et le Zeffix, le premier médicament antihépatite B disponible par voie orale ont été découverts ici, par des chercheurs d'ici dans les laboratoires de BioChem Pharma. Ces produits ont généré des profits avant taxes de 153,7 millions de dollars américains en 2002, représentant environ 50 % des profits de Shire. Malgré cela, Shire a jugé qu'il n'était pas approprié de maintenir son équipe de chercheurs, un investissement qui lui aurait coûté environ 10 % des profits générés par ces deux produits découverts ici.
Ayant acquis BioChem Pharma, les nouveaux propriétaires ont toute la latitude pour se permettre toute décision en regard de ses activités. Il n'en demeure pas moins très étrange que Shire ait décidé de se départir des laboratoires de BioChem. Il est bien connu que dans l'industrie pharmaceutique, la recherche et la découverte de médicaments novateurs, sont l'une des plus grandes sources de création de valeur. (...)
Pourquoi la compagnie Shire a-t-elle décidé de démanteler cette équipe performante, une équipe qui a eu du succès au fil des ans? En effet, au-delà du 3TC et du Troxatyl, l'équipe a connu des récents succès notamment par la découverte du SPD-754 pour le traitement du sida et dont les récentes données de la phase II chez les humains sont des plus prometteuses. Encore plus récemment, la découverte d'un médicament potentiel contre l'hépatite C qui a progressé à l'étape du développement pré-clinique en vue d'études chez les humains. (...)
Exode des cerveaux Le licenciement et la fermeture rapide des laboratoires de Shire BioChem prévus pour le 5 septembre prochain, rendent très difficile l'exploration et la mise en oeuvre de scénarios pour sauver l'équipe que cela soit dans son intégralité ou même en partie. La vente annoncée des projets et de l'équipement de recherche vient rendre encore plus difficile la mise en place d'un scénario de sauvetage.
Si comme prévu l'équipe est démantelée, le marché local ne pourra définitivement pas absorber une telle disponibilité de chercheurs. Le "timing" est en effet très mauvais, l'industrie biotechnologique et des sciences de la santé connaît actuellement une période de morosité économique et les investissements dans ces secteurs sont timides, pour ne pas dire très difficiles.
Il est donc à prévoir qu'un nombre significatif de ces chercheurs devront explorer des opportunités d'emploi à l'extérieur. Ceci résultera en une perte nette de chercheurs de haut niveau oeuvrant ici et par le fait même, contribuera à accélérer l'exode des cerveaux.
Grâce à ses succès, la compagnie BioChem Pharma s'est rapidement imposée comme le fleuron de l'industrie biopharmaceutique canadienne et est devenue l'entreprise "phare" de l'industrie biotechnologique d'ici contribuant à la création de nombreuses compagnies toujours en servant de modèle de réussite et d'inspiration pour beaucoup de scientifiques entrepreneurs.
Le démantèlement de ce fleuron, projettera un signal contradictoire. En effet, on est sur le point de démanteler une jeune équipe dynamique qui a eu du succès... une équipe qui a, sans contredit, livré la marchandise!
Voilà pourquoi il faut que nos intervenants se mobilisent pour empêcher que le scénario, qui semble presque inévitable, ne se réalise.
Il faut déployer les efforts nécessaires pour éviter que la glorieuse et inspirante aventure de BioChem Pharma ne se termine par un dégât inqualifiable.

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Le Fonds n'a que 5 millions pour de nouvelles biotechs
Denis Arcand
La Presse jeudi 14 août 2003
Alors que le gouvernement Charest compte sur le secteur privé pour compenser le désengagement de l'État dans le financement de l'industrie biotech, le Fonds de solidarité aborde son année financière 2003-2004 avec des estimations qui prévoient seulement 40 millions à investir dans son secteur des sciences de la vie (les biotechnologies).
Or, les obligations de réinvestissements (dans des firmes faisant déjà partie du portefeuille) déjà prévus s'élèvent à environ 35 millions, ce qui laisse 5 millions pour des investissements nouveaux, affirme-t-on dans le milieu de la biotech.
"Après les réductions des crédits d'impôt à la recherche faites par le nouveau gouvernement, et l'incertitude qui enveloppe les investisseurs parapublics, on se disait qu'au moins on avait encore une chance avec le Fonds de solidarité. Mais là, ce qu'on nous dit fait une situation vraiment inquiétante", a dit le président d'une des 40 ou 50 firmes biotechs québécoises qui cherchent actuellement du financement.
L'information a aussi circulé dans les milieux du capital-risque, où le Fonds a récemment refusé des co-investissements.
Mais les données obtenues par La Presse Affaires ont été niées hier par le président du Fonds de solidarité, Pierre Genest, qui refuse cependant de préciser l'estimation d'investissement en biotech pour l'année en cours: "Dans l'ensemble des divers secteurs nous prévoyons investir au total 350 millions. Trente pour cent (105 millions) iront à notre secteur des nouvelles technologies" (qui comprend la biotechnologie, les télécommunications et les technologies de l'information). "Et depuis quelques années, la majorité des investissements en nouvelles technologies se font dans la biotech, c'est là que se trouvent les deals," a dit M. Genest.
"Je ne veux pas commenter la composition précise de nos estimés, c'est de la régie interne. Mais seulement 40 millions en biotech, c'est inexact."
"On fait des estimés au début de chaque année financière, mais ils ne sont pas fixes et on peut décider d'en faire plus à mesure que l'année avance."
Le porte-parole de Fonds, Pierre Leduc, n'a pas donné suite à une demande de fournir les chiffres récents d'investissement en biotech. Mais des sources documentaires permettent des les estimer à 85 millions l'an dernier, 90 millions en 2001-2002 et à 70 millions en 2000-2001.
L'information qui a circulé dans les bureaux de capital-risque de Montréal est que le Fonds de solidarité a décidé de rééquilibrer son portefeuille, pour réduire la proportion de ses investissements dans la biotech. "Comme les actions de la biotech ont moins chuté que celles des autres secteurs, ils se retrouvent avec environ 17 % ou 18 % de leur portefeuille en biotech, a dit une source. Et si les choses continuent comme ça, ils se dirigent vers 20 % et ils n'aiment pas ça. Ils ont l'air de trouver que c'est une exposition trop grande à un seul secteur, pour un fonds généraliste comme le leur. Ils disent qu'ils veulent ramener ça autour de 12 % ou 13 %."
Dans l'industrie biotech, on comprend cette logique de prudence, mais on fait quand même de l'humour noir: "Si je comprends bien, le Fonds réduit ses investissements en biotech parce que ce secteur performe mieux", a dit hier le président d'une firme biotech.
Au niveau des opérations d'investissement, aussi bien Jean-Denis Dubois, vice-président, sciences de la vie, que Daniel Laporte, vice-président, T.I. et télécoms sont en vacances et n'ont pas répondu aux messages laissés sur leurs cellulaires. Au niveau corporatif, le premier vice-président aux investissements, Yvon Bolduc, est aussi en vacances et n'a pu être joint.

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«Action et aventures»
Le plus gros joueur entre en scène
La société californienne Electronic Arts entend créer 500 emplois en cinq ans dans la métropole
Alec Castonguay
Le Devoir jeudi 14 août 2003
Les amateurs de consoles Play Station, X-Box ou Game Cube n'ont qu'à bien se tenir, leurs prochains jeux vidéo préférés pourraient bien avoir vu le jour à Montréal. L'annonce de l'implantation du géant mondial des jeux interactifs Electronic Arts confirme le potentiel de la métropole dans le domaine.
L'arrivée de l'entreprise californienne de jeux vidéo Electronic Arts (EA) à Montréal a créé une vague d'enthousiasme hier. C'est que le premier joueur mondial du divertissement électronique entend créer près de 500 emplois dans la métropole d'ici cinq ans et lancer la création de quatre projets majeurs dans le créneau «action et aventures». Une manne pour les programmeurs québécois, mais également pour toute cette jeune industrie montréalaise qui tente de se positionner comme plaque tournante internationale du jeu interactif.
Le nouveau directeur général de la division de EA est ambitieux. Montréal ne sera pas un endroit comme les autres. «Nous voulons créer l'un des plus importants studios de création au monde», lance Alain Tascan en entrevue au Devoir. Le géant est effectivement en mode expansion et voit grand. Le bureau de Los Angeles, qui emploie 300 personnes, verra son effectif bondir à 1000 d'ici quelques années. À Vancouver, base de création des jeux sportifs de l'entreprise, ils sont 800 à travailler pour EA. En 2002, la multinationale américaine affichait un chiffre d'affaires de 2,5 milliards $US.
L'entreprise voulait absolument un studio dans l'est de l'Amérique du Nord pour continuer son développement. «Il était temps que le numéro un s'installe à Montréal, soutient Alain Tascan. Nous avons regardé plusieurs villes, mais Montréal avait tous les ingrédients pour une compagnie comme la nôtre. Elle a un charme irrésistible pour les 20 à 40 ans, autant pour les familles que pour les célibataires. Les universités sont excellentes en informatique et le bassin d'entreprises en création est de plus en plus important.»
Le concepteur des produits-vedettes que sont FIFA Soccer, NBA Live, Need for Speed et The Sims vient renforcer la notoriété de la ville dans le domaine relativement jeune du jeu vidéo. «La venue de EA est importante pour l'industrie, soutient Daniel Boismenu, directeur des affaires publiques chez Alliance numériQC, un regroupement d'entreprises multimédias. Avec Ubi Soft, Microïds Canada, A2M, Discreet Logic, Hexacto et les autres, on commence à avoir une belle palette d'entreprises.»
Au Québec, une quarantaine de compagnies oeuvrent dans la conception de jeux vidéo, pour un total de 1300 employés. Selon la firme Secor Conseil, auteure d'une étude sur le sujet en janvier dernier, la province arrive en tête au Canada, suivie de l'Ontario avec 24 compagnies et de la Colombie-Britannique avec 13.
Ces sociétés tentent de décrocher leur part de l'immense gâteau planétaire, puisque l'industrie du jeu interactif connaît une croissance rapide de 10 à 15 % par année. En 2003, le marché est évalué à 33 milliards $US. Et rien ne laisse présager un essoufflement.
Dans cette industrie, Montréal n'est pas une plaque tournante importante pour l'instant, selon Carole Deniger, associée-conseil chez Secor et auteure de l'étude. «La métropole se classe dans les 20 premières villes du monde, mais la course est dominée, et de loin, par la Californie, le Texas, le Japon et la France. Par contre, nos créateurs commencent à se démarquer. La bonne réputation du Québec prend de l'ampleur.»
Les bons coups se sont effectivement multipliés dernièrement, alors que Splinter Cell, un jeu d'Ubi Soft développé à Montréal, a passé le cap des quatre millions d'exemplaires vendus. A2M, de son côté, fraye avec la multinationale Warner Bros. et a obtenu la licence pour les jeux Looney Tune, dont le très populaire Bugs Bunny, lui aussi créé dans la métropole. Pour Microïds Canada, c'est le lancement mondial de Sybéria, vendu à 250 000 exemplaires, qui a mis le studio de Montréal sur la carte.
Le vent dans les voiles, donc. D'où l'importance de l'implantation de EA. «Ça va créer un "focus" sur la ville, estime Daniel Boismenu. Quand Ubi Soft s'est installée en 1997, il n'y avait pas beaucoup d'entreprises dans le secteur des jeux vidéo. Depuis, le nombre a considérablement augmenté. C'est clair que l'effet d'entraînement d'une multinationale est considérable.»
Electronic Arts entend d'ailleurs jouer pleinement son rôle, elle qui espère se trouver un pied à terre d'ici quelques semaines et embaucher ses premiers employés d'ici deux mois. «Nous avons tous à y gagner si Montréal devient un incontournable du jeu interactif, pense Alain Tascan. Ça permet de retenir les talents et ça oblige tout le monde à hausser la qualité des produits. D'ailleurs, nos concurrents n'ont pas à craindre notre arrivée.»
Vérification faite, les compétiteurs de EA sont plutôt ravis de l'implantation du numéro un mondial. Chez Ubi Soft, principal employeur montréalais dans le domaine avec 690 travailleurs, on s'attend à perdre des ressources, ce qui est tout à fait normal. «Il y a sûrement des gens chez nous qui se sont déjà fait approcher par EA, estime Vincent Paquet, responsable des communications de la multinationale française. C'est normal en multimédia, le personnel bouge beaucoup. Le jeu vidéo est quand même une petite industrie. Tout le monde se parle et cherche le meilleur endroit pour développer des jeux. Mais on va continuer à offrir des bonnes conditions de travail à nos employés.» Le salaire moyen des créateurs se chiffre à 50 000 $ par année au Québec et peut doubler ou tripler en fonction des talents particuliers.
Mais tout n'est pas rose. Si les géants comme EA et Ubi Soft s'en tirent bien, les petites entreprises sont dans la tourmente à la suite du ménage dans les crédits d'impôt effectué lors du dernier budget provincial. «L'arrivée d'Electronic Arts est positive, mais ça ne reflète pas la réalité de toutes les entreprises du milieu, explique Vincent Paquet, d'Ubi Soft. Beaucoup ont une santé financière plus chancelante qu'il n'y paraît. Il ne faudrait pas penser que cette annonce règle tout.»
Même son de cloche chez Secor. «Le potentiel de Montréal est là, ça le prouve, souligne Carole Deniger. Il faut continuer à encourager cette industrie prometteuse. Elle a encore besoin d'aide pour quelques années.» Encore un peu d'efforts et Montréal pourra accumuler suffisamment de vies pour se battre contre les grandes villes du monde. Hier, la métropole a passé un tableau important.

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L'Absurdistan
CLAUDE G. CHARRON
LE COUAC août 2003
UN SERGE SAVARD qui souhaite devenir en 2004 le grand gourou de la Fête nationale du Québec, le bon docteur Singh qui se plaint de ne recevoir que des miettes pour son défilé alors que la grosse part du gâteau de Patrimoine Canada va aux gros shows de Sergé Savard ; le ROC qui rouspète parce qu'il doit lui aussi se contenter d'une mince tranche du gâteau, Pierre Falardeau traitant de trou de cul les artistes qui acceptent de goûter au gâteau de Serge Savard, fin-juin/début-juillet, le Canada devient Savardistan. Un peu plus Absurdistan que le reste de l'année.
Le Savardistan. Notre grand Serge voudrait devenir l'organisateur en chef de notre Fête nationale. Il l'a dit le 1er juillet à l'émission C'est bien meilleur le matin. À son avis, Jean Charest doit faire en sorte que les festivités du 24 juin «ne soient plus organisées par un parti politique»;, mais deviennent, comme le Canada Day au Vieux-port, une «activité purement familiale». L'élu du 14 avril doit-il faire des pressions sur Jean Dorion afin que lui, Serge Savard, devienne le coordonnateur de la Fête nationale en 2004? Sinon, les fonds publics et les commandites de Loto-Québec et de la SAQ du spectacle au parc Maisonneuve seraient-ils compromis?
L'Absurdistan. Les provinces anglaises se plaignent continuellement d'un Québec qui serait l'enfant gâté d'Ottawa. Elles ont la plupart du temps tort, mais tout à fait raison à d'occasion du Canada Day. Serge Savard a une explication à ça: s'il reçoit la plus grosse part du gâteau, ce serait la faute des grandes corporations. Au Québec, elles refusent dé commanditer les Canada Day celebrations. C'est comme si ces personnes morales avaient conscience que ces «activités purement familiales» ont un certain arrière-goût politique. Du moins au Québec. Dire qu'en battant du rigodon sur une des scènes du Canada Day, la Bottine souriante ne se sente aucunement transformée en option constitutionnelle!
Le Roopnarinestan. Et ce pauvre docteur Singh qui se plaint de ne recevoir de Patrimoine Canada que 20 000 $ alors que cinq millions vont au grand Serge (La Presse, 2 juillet). Le cardiologue n'a pas encore compris qu'il ne faut pas exagérer dans le sentiment pro-Canada au Québec. Trop de rouge dans son défilé. Et un multiculturalisme à prépondérance anglophone qui, de soi, démontre trop manifestement que Singh et ses amis veulent avant tout que les Québécois acceptent enfin de n'être rien d'autre qu'une grosse minorité au Canada. Rien pour vraiment motiver madame Copps à donner davantage à Roopnarine.
Le Coppsistan. Pour le 1er juillet, la ministre du Patrimoine préfère jouer la carte des « activités purement familiales» du grand Serge qui, avec les millions qu'elle lui accorde, peut ainsi inviter la crème de nos artistes à venir chanter sous une forêt de drapeaux rouges. Nous sommes en plein Absurdistan : un État en manque de nation tente à coup de millions de rendre siennes les forces vives d'une nation en manque d'État. Un achat des âmes qui sert à masquer le même objectif que celui des amis de Roopnarine. En plus hypocrite! Que, dans le langage coloré qu'on lui connaît, Falardeau s'en désole, rien de plus normal. En fait, cela devrait interpeller tous les Québécois.

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Falardeau et la prostitution artistique
LE CITOYEN UNTEL
LE COUAC août 2003
IL NE FAUT QUAND MÊME PAS S'ÉNERVER. À l'occasion du 1er juillet, Pierre Falardeau a fait une sortie publique, comme à chaque année, pour afficher ses positions idéologiques anticanadiennes. Cela surprend encore? De toute évidence, il a ajouté cette année un peu de poivre à l'événement en qualifiant de sphincter anal l'ensemble des artistes québécois qui ne voient aucun problème à s'engraisser financièrement en chantant pour la fête nationale des Québécois ainsi que pour celle des Canadians, Plume Latraverse inclus dans le paquet. J'avoue que l'utilisation tu terme «trou du cul» ne cadre pas habituellement dans l'univers discursif pratiqué et défendu passivement par nos intellectuels québécois. N'empêche, Falardeau demeure tout de même un de nos grands intellectuels. Seulement, laissez-moi vous rappeler quelques prémisses de base du fonctionnement des médias de masse.
Connaissez Chomsky et ses analyses? Brièvement, disons que les médias de masse carburent au sensationnalisme. En d'autres termes, c'est comme s'ils disposaient d'un aimant pour attirer la marde (pardon ! ). Ainsi, les chiens écrasés, les accidents de chars, les suicides de vieillards à la tronçonneuse en raison du manque de services offerts par l'État, bref, voilà autant de sujets qui, accompagnés de larges photos, meublent chaque jour les premières pages de nos quotidiens nationaux ainsi que les premières minutes de nos bulletins de nouvelles. Or, ce qu'il faut comprendre dans le cas qui nous préoccupe, c'est que les médias se fichent littéralement de la qualité du contenu que Falardeau prononce à chacune de ses sorties publiques. Scénario identique pour Léo-Paul Lauzon ou Michel Chartrand qui possèdent eux aussi un désir de changer les choses et de débattre publiquement mais qui persistent à le faire dans la langue des salons d'Hochelaga-Maisonneuve.
Ainsi, puisque vouloir changer les choses et débattre de sujets importants n'est pas une activité jugée rentable par l'industrie médiatique, on préfère donc miser sur leur utilisation du joual et nous les présenter comme des clowns. À cet égard, n'est-ce pas Jean-Luc Mongrain lui-même qui, en 1998 lors de son passage à l'émission Droit de parole sur les ondes de Télé-Québec, affirmait qu'en faisant venir Falardeau, Léo-Paul Lauzon ou Michel Chartrand à une émission de télévision, on était certain d'avoir «un bon show» ? Si si ... Bref, les médias attendent patiemment que ces derniers sacrent, pètent ou rotent en onde pour saisir l'événement et faire monter leurs cotes d'écoute. Dans ce cas-ci, Falardeau a fait l'utilisation du terme «trou du cul» pour qualifier toute une brochette «d'artisssses» québécois prostitués. Ce ne sont certainement pas les seuls mots prononcés par le cinéaste à ce sujet. Pourquoi les médias se seraient-ils acharnés à vouloir rapporter des paroles intelligentes de Falardeau quand ils se savaient être en possession de matériel pour divertir les aliénés de la télé avec cette analogie flirtant avec le dessous des pâquerettes ?
Quant à certains qui s'offensent de voir Falardeau déambuler dans les rues de la vieille capitale chaque année en compagnie de Raymond Villeneuve et de ses illuminés du MLNQ, je tiens à souligner qu'en tant que militant, il m'arrive également de côtoyer assez fréquemment lors de manifestations en opposition à la mondialisation de parfaits imbéciles qui ne soutiennent eux aussi rien d'autre qu'une banale haine de l'Autre (dans ce cas-ci, les méchants capitalistes). Et pourtant, en ces temps de political correctness qui nous force à accepter tout ce qui relève du domaine du n'importe quoi, je m'acharne néanmoins à manifester à leurs côtés, croyant que le système actuel n'a aucun bon sens et qu'il mérite que nous usions les pavés en son honneur. Peut-être cela explique-t-il également la «collaboration» de Falardeau avec Raymond Villeneuve?
Ceci dit, je ne suis pas un groupie de Falardeau. Soyons clair. Ses arguments sur le nationalisme québécois, entre autres, méritent d'être renouvelés, cela va de soi. Mais il s'agit là d'une toute autre question, avouons-le.
De plus, quoi qu'on en dise, Falardeau demeure, à sa manière, un grand intellectuel québécois. Ainsi, n'attendons pas sa mort pour s'en rendre compte et pour garnir les pages «Idées» des grands quotidiens comme des langues brunes postmortem. J'ai eu ma dose avec le décès de Bourgault.
Bref, si le bouffon c'est désormais Falardeau comme semblent le croire certains, qu'on me donne un terme pour qualifier tous les autres. Je suis désemparé.

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Les "illuminés" du citoyen untel
Pierre-Luc Bégin, V.-P. MLNQ
TRIBUNE LIBRE 15 août 2003
Dans l'édition d'août 2003 du coloré journal "Le Couac", un individu qui
préfère ne pas se nommer signe un papier intitulé "Falardeau et la
prostitution artistique", lequel porte sur la manifestation anti-Canada
Day du Mouvement de Libération Nationale du Québec (MLNQ) le 1er juillet
dernier et sur les propos que Pierre Falardeau a tenus à cette occasion.
Tout d'abord, le chroniqueur sans nom, alias le "citoyen untel", prend la
défense de Falardeau qui a déclaré lors de la manif du MLNQ que les
artistes québécois qui participent à la fête du Canada sont des "trou du
c...". Fort bien. Nous ne pouvons que souscrire à cette prise de position à
la défense de Falardeau.
Par contre, là où le bât blesse, c'est lorsque que le scribe inconnu se
plaît à insinuer que si Falardeau manifeste avec "Raymond Villeneuve et
ses illuminés du MLNQ", cela se compare au fait que notre anonyme en
question ne s'empêche pas de participer à des manifs anti-mondialisation
même si elles sont truffées de "parfaits imbéciles". En somme, Pierre
Falardeau n'aurait aucune considération pour le MLNQ et ses militants et
participerait par défaut à ses manifs.
Sachez tout d'abord monsieur l'anonyme qu'en tant qu'ami personnel de
Pierre Falardeau, je peux vous garantir que ce dernier a le plus profond
respect pour les militants du MLNQ. Il en a d'ailleurs déjà témoigné
publiquement lors de nos manifs. Plus encore, c'est lui-même qui, il y a
deux ans, m'a personnellement appelé pour m'offrir de participer à la
manifestation du MLNQ le 1er juillet, souhaitant par là nous donner un coup
de pouce.
Par ailleurs, si vous le connaissiez, vous sauriez que Falardeau n'a jamais
caché sa sympathie pour le MLNQ et qu'il s'est souvent porté à la défense
de Raymond Villeneuve. De même, sachez par exemple qu'il est abonné depuis
plusieurs années au bulletin d'information du MLNQ, "La Tempête", dans
lequel apparaissent fréquemment des articles signés de sa plume, et qu'il
s'intéresse avec sympathie au développement du mouvement depuis longtemps.
J'ignore celui qui se cache derrière ce "citoyen untel", mais à
l'évidence vous ne connaissez pas Pierre Falardeau, alors cessez donc de
parler à travers votre chapeau et d'insinuer n'importe quoi. Sinon, alors
allez donc demander à Falardeau s'il considère comme vous que les militants
du MLNQ sont des illuminés et s'il participe par défaut à nos
manifestations. J'imagine sa réaction d'ici. Et je souris.
Et tant qu'à y être, demandez donc également à Falardeau s'il entretient
la "haine de l'Autre", quant aux ennemis de l'indépendance, comme vous
accusez le MLNQ de le faire. Comme l'a souvent dit Falardeau justement, il
faudrait aimer nos ennemis peut-être?!? De même, que connaissez-vous du
MLNQ pour ainsi le vouer à l'insulte? Quoi qu'il en soit, je vous laisse
sur cette parole du grand Pierre Perrault, que m'a d'ailleurs fait
découvrir Falardeau, afin d'y réfléchir solidairement au lieu de
s'entre-déchirer entre indépendantistes, soit que "tant qu'il n'aura pas
fait l'apprentissage de la haine, le peuple québécois demeurera un peuple
colonisé".
Sans rancune,
Pierre-Luc Bégin
V.-P. MLNQ

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Des libéraux critiquent le recrutement massif auprès de certaines communautés
LE DEVOIR jeudi 14 août 2003
PC Vancouver -- En Colombie-Britannique, quatre membres influents du Parti libéral ont critiqué la politique de recrutement de leur parti auprès des communautés sino-canadienne et indo-canadienne.
Martin Collacott, l'un des auteurs de cette lettre ouverte au parti et ancien ambassadeur du Canada au Sri Lanka, a exprimé ses inquiétudes au sujet de la marge de manoeuvre dont pourra ou non bénéficier le prochain chef du parti et prochain premier ministre. Selon lui, l'importance des votes ethniques pourrait porter préjudice à la liberté d'action du premier ministre.
«Le chef se doit de servir tous les Canadiens, et non juste certains groupes», a déclaré mardi M. Collacott dans un entretien au Vancouver Sun.
«Si tous les Blancs commençaient à voter en bloc, cela serait du racisme. Les gens hésitent à critiquer les minorités visibles. Nous souhaiterions voir tous les nouveaux venus comme des gens qui s'impliquent en politique, mais cela peut être fait d'une manière malsaine, comme c'est le cas à présent», explique l'ancien diplomate.
Le Sun avait relevé dans l'un de ses articles le mois dernier que les Indo-Canadiens et les Sino-Canadiens représentaient maintenant les deux tiers des 37 226 militants libéraux recensés dans la région, alors que les trois quarts de la population sont de souche caucasienne.
Des Verma, Lenn Chow, Steve Kaufman et Martin Collacott ont cosigné cette lettre, exprimant «leurs inquiétudes, avec plus de peine que de colère».
«Malheureusement, le Parti libéral du Canada veut diviser les Canadiens selon leur race afin d'asseoir ses intérêts politiques par la suite», poursuivent les quatre auteurs.
«Créer un système de vote basé sur les votes ethniques est un moyen efficace pour recruter de nouveaux membres, mais le résultat est antidémocratique.»
Bill Cunnigham, président du Parti libéral de Colombie-Britannique et partisan de Paul Martin à la présidence du parti, a reconnu le nombre important de membres libéraux recrutés dans les communautés ethniques.
«Certaines communautés ethniques ont été plus actives que d'autres, politiquement parlant, a dit M. Cunnigham. Je ne crois pas du tout que ce soit une mauvaise chose. C'est plutôt encourageant lorsque deux communautés se prennent en main pour s'organiser et faire partie du processus [démocratique]», a-t-il précisé.

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A reflection of Canada's pluralism
Stephen LeDrew
Stephen LeDrew is president of the Liberal Party of Canada.
National Post Thursday, August 14, 2003
Four Canadians recently wrote a letter to the National Post complaining that, in essence, Liberal party organizers and activists have been enlisting new members from various ethnic groups in disproportionate numbers to the actual representation of these groups in general society. What a lamentable vision: Four people wringing their hands because they are of the view that the recruitment of people who have recently become Canadian is "anti-democratic"!
I am glad to have the opportunity to state emphatically and without reservation that the Liberal Party of Canada is indeed a reflection of Canadian society. It is a party of immigrants -- open, inclusive, and a haven for those who have been disenfranchised in other societies through hierarchical stigma. The Liberal party is a vehicle for newcomers to Canada to join with those whose families have been in this country for generations, to exchange ideas and forge policies through debate and discussion. It helps create a pluralistic society that is striving to be not only economically rewarding, but respectful of views that are tested through the crucible of popular deliberation.
At the moment, perhaps, there are more Liberals of Sikh and Chinese origin than certain other ethnic groups in British Columbia. But so what? Isn't this the same criticism trotted out in the 1960s when lots of Italians, new to Canada, joined the party?
Is it a fault that the Liberal party now has more Members of Parliament of Italian descent than all the other parties combined? Of course not. And just as visionary Canadians defended the political recruitment in the '60s that led to such successful participation today, Canadians will no doubt reject the odious views reflected in yesterday's letter, knowing that they have no defensible foundation in our pluralistic democracy.
Politics is not only about making decisions and choices. It is also about fostering a society that is accessible and that works for all who want to be citizens, and about broadening our social institutions to include everyone. The Liberal party has done this more successfully than any other political party in Canada, and will continue to do so as long it eschews the views of these four critics.
It is inevitable that, on occasion, tensions will flare between different factions, and that these tensions will sometimes be reflected in public debate. But it is through this debate that people with differing world views or cultural backgrounds learn a common understanding, respect, and identity. By maintaining an isolationist point of view behind the walls of functionary considerations, Canadian society could not continue to be the openly mobile community that it is.
Yes, the Liberal party can sometimes be rambunctious, and it is certainly not always the safest place for the faint of heart. But there is no question that it is vital, and it is on the move. This fall's leadership convention will showcase a party that is rejuvenated not only by new leadership, but by new ideas proferred by the very people this gang of four is complaining about. Thankfully, it is hardly the sort of party for bureaucrats who would impose ethnic membership quotas in proportion to some sort of figures derived from Statistics Canada!
To these four who espouse a policy with which I strongly disagree, I can only offer a blanket invitation to join the Liberal party. There, you will have the right to constantly express your views -- and others will have the right to confront them head-on, and try to convince you to open your arms.

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Don't crucify 'Mad Mel'
Ezra Levant
National Post Thursday, August 14, 2003
It's official, according to Newsweek magazine's latest Conventional Wisdom column: "Mad Mel's new film on Christ's final days will fuel anti-Semitism. Just what the world needs right now."
Mad Mel is Newsweek's new way of referring to Mel Gibson, the Oscar-winning producer, director and actor. It is a change in nomenclature for Newsweek, which is more used to calling him the world's sexiest man.
Stranger still is the fact that no one at Newsweek actually saw the movie, called The Passion, before condemning it. The film will not be released until Easter, 2004. Perhaps Newsweek's editors are just miffed at being excluded from the private screenings of the rough cut that Mr. Gibson has hosted lately. Those who have been so favoured overwhelmingly praise the film -- calling it a work of art and rejecting outright any accusations of intolerance. (A 90-second trailer of the film can be seen at www.hollywoodjesus.com.)
So why the criticism? Why the casual use of sharp words like "anti-Semitism"? And, far more troubling than Newsweek's gossipy sniping, why have liberal Christian and Jewish groups mounted a campaign to slander The Passion?
Two magazine articles provide some answers. In March, the New York Times Magazine published a 3,000-word attack on Mr. Gibson's father, the 84-year-old Hutton Gibson. The Times sent a reporter to spend a few days debating politics with the octogenarian to see what he could get the old man to say. It worked: Hutton regaled the reporter with a dozen different conspiracy theories, the juiciest being that the Holocaust was exaggerated and that al-Qaeda was not responsible for 9/11. The Times claimed that the son shared "some of his father's flair for conspiracy theories," and suggested The Passion might "lay the blame for the death of Christ" on the Jewish authorities of the Roman period."
Paula Fredriksen was next in The New Republic. She polished up the most exciting parts of the story about Hutton, and then went to work on Mel.
Though Ms. Fredriksen had not seen The Passion either, she did read a version of its script. Along with several other self-appointed critics from the U.S. Conference of Catholic Bishops and the Anti-Defamation League, Ms. Fredriksen wrote a report alleging historical inaccuracies, and "asking Gibson to revise his script substantially."
To their shock and surprise, their uninvited report was rejected. "In retrospect," she wrote, "we also functioned with a naiveté that is peculiar to educators: the belief that, once an error is made plain, a person will prefer the truth." Why wouldn't Mr. Gibson just admit that he was wrong, and they were right?
So what exactly did The Passion get wrong? What made Ms. Fredriksen write "When violence breaks out, Mel Gibson will have a much higher authority than professors and bishops to answer to."
Ms. Fredriksen writes that the film wrongly portrays that Jesus was condemned to die by a Jewish religious court -- and so showing the film will cause anti-Semitic pogroms.
According to her committee, the New Testament is not a reliable source for what happened to Jesus -- after all, the Gospels were written "some 40 to 70 years after Jesus's execution." It was the Romans who were responsible for the Crucifixion. After all, "the fact that Jesus was publicly executed by the method of crucifixion can only mean that Rome wanted him dead;" it was a "primarily Roman agenda." By filming anything different, Mr. Gibson was blaming the Jews.
These busybodies tried to edit Mr. Gibson's film. Now they want to rewrite the Bible itself.
The Book of Matthew recounts the fateful conversation between the Roman governor Pontius Pilate and the assembled Jews: "Pilate saith unto them, What shall I do then with Jesus, which is called Christ? They all say unto him, Let him be crucified." And later: "Then answered all the people, and said, His blood be on us, and on our children.'"
That is unambiguous language, reporting an incontrovertible fact: A Jewish court condemned Jesus for blasphemy. Of course they would have done so -- he was leading a new religion.
The lesson that most Christians take from the story -- and certainly traditional Catholics like the Gibsons -- is that Jesus did not die because of the Jews, but because of the sins of all mankind. He had to suffer to redeem everyone else from their sins. The Crucifixion was horrible, but essential to Man's salvation.
Those Biblical verses have been used in the past as an excuse for anti-Semitism; but that is a perversion of their meaning - and it is not the meaning that evidently has come through in The Passion, in which Jesus is referred to as "rabbi" throughout.
Mel Gibson's attackers are not just labelling a movie as anti-Semitic.
They are calling the Bible anti-Semitic -- or at least their own malicious interpretation of the Bible. Their hysterical attacks reveal much more about their own tolerance than they do about Mr. Gibson's.