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Un instant!
André Pratte
La Presse vendredi 15 août 2003
Éditorial -
Le gel des tarifs d'électricité en vigueur au Québec depuis cinq ans est une aberration à laquelle il faut mettre un terme. Malheureusement, le gouvernement et Hydro-Québec ont choisi la pire manière possible, expéditive et cachottière. La Régie de l'énergie, qui a le dernier mot en la matière, devra rappeler tout ce beau monde à l'ordre.
Depuis que les tarifs d'électricité sont gelés, les prix à la consommation ont augmenté de plus de 13 %. Autrement dit, en termes réels, l'électricité nous coûte aujourd'hui 13 % moins cher qu'en 1998. Ce gel engendre divers effets pervers. Notamment, il menace à long terme la rentabilité d'Hydro-Québec. De plus, il encourage dans la population une culture malsaine suivant laquelle l'électricité est un bien peu coûteux, qu'on peut gaspiller sans compter.
En toute logique, le prix de l'électricité devrait refléter ce qu'elle coûte à produire, à transporter et à distribuer. Ce principe avait été accepté par le précédent gouvernement, qui s'était cependant empressé d'en empêcher l'application en gelant les tarifs. Ce gel devait prendre fin au printemps 2004, et tout le monde savait qu'alors, Hydro-Québec allait demander à la Régie de lui permettre d'augmenter ses tarifs. Dans son dernier plan stratégique, Hydro-Québec avait prévu des hausses progressives de 1,5 % en 2004, 1,6 % en 2005 et 2 % en 2006. D'un déficit de 525 millions en 2001, Hydro-Québec Distribution devait atteindre le seuil de rentabilité en 2010. Les patrons de la société ne semblaient donc pas trop pressés.
Voici que sans qu'il y ait eu de changement majeur dans le contexte économique ou énergétique, Hydro-Québec a décidé que sa division de distribution devait devenir rentable dès 2005. D'où une augmentation de 3 % dès le 1er octobre, et une autre de 2,98 % le 1er avril 2004. Où est l'urgence? Ce n'est pas clair du tout.
L'explication la plus plausible, c'est que les dirigeants d'Hydro ont vu, avec l'arrivée des libéraux au pouvoir, une occasion en or d'atteindre rapidement l'objectif qu'ils s'étaient fixés. Tandis que les libéraux, désireux de soutirer de la société d'État le plus de dividendes possibles, se sont montrés particulièrement accommodants.
Le problème, nous l'avons dit, ce n'est pas l'objectif, c'est la manière. Les tarifs d'électricité doivent-ils augmenter graduellement au cours des prochaines années? Oui. Doivent-ils absolument augmenter de 6 % en six mois? C'est beaucoup moins certain.
La pire façon de changer l'attitude des consommateurs québécois en ce qui a trait à l'électricité, c'est de leur donner l'impression qu'on leur passe un sapin. Le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, a annoncé la levée du gel des tarifs mardi après-midi par un communiqué sibyllin de deux paragraphes. Jamais auparavant, à notre connaissance, les libéraux n'avaient indiqué qu'ils comptaient remettre en question le gel des tarifs.
Hydro-Québec a déposé hier une preuve de 1800 pages à la Régie, la pressant de trancher au plus tard le 12 septembre. De part et d'autre, le procédé est cavalier, sinon méprisant pour la Régie et pour les consommateurs.
Si elle veut conserver quelque crédibilité, la Régie de l'énergie doit refuser de se laisser ainsi bousculer.

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L'électricité... essentielle!
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir vendredi 15 août 2003
Éditorial - Hydro-Québec a surpris tout le monde cette semaine en rendant publique une demande de hausse des tarifs de 6 % en deux temps, qu'elle souhaite pouvoir appliquer le plus tôt possible. Les événements survenus récemment aux États-Unis, dont le fantastique black-out qui a touché l'est du continent hier après-midi, forcent à envisager autrement que sous l'angle exclusif des bas prix le cas de ce service vraiment essentiel.
On n'avait pas connu une panne d'électricité aussi généralisée depuis près d'un demi-siècle. Au moment d'écrire ces lignes, les premières indications attribuent la panne d'hier à un incendie qui aurait été suivi d'une surcharge générale des réseaux interconnectés. Quoi qu'on en pense, il existe un rapport entre cette panne et la demande de hausse des tarifs présentée par Hydro-Québec.
Personne n'apprécie de subir des hausses de prix, surtout pas dans le secteur de l'énergie. Chaque fois que les pétrolières décrètent de telles augmentations, pas toujours justifiées, cela s'entend, les consommateurs s'insurgent.
En Amérique, la déréglementation du marché de l'électricité a provoqué des flambées de prix fantastiques depuis trois ans. Pas seulement à cause de la déréglementation, mais surtout à cause de l'incapacité des grands réseaux à satisfaire la demande toujours croissante. Sous la pression populaire, le premier ministre ontarien, Ernie Eves, est intervenu lui-même pour geler les tarifs devenus fous dans un marché déréglementé, mais, faute de nouvelles installations, cela ne fera qu'accentuer le problème de la sous-capacité de production.
Chez nous, l'existence des grands barrages et le maintien d'un monopole d'État ont permis une grande stabilité de l'offre et des tarifs. Or, le bas niveau d'eau dans les réservoirs et le gel des prix, qui n'ont pas suivi la réalité du marché de l'énergie, risquent un jour ou l'autre de créer une situation de déséquilibre devant laquelle il faut réagir.
Tout en se réjouissant d'avoir pu profiter depuis cinq ans d'une situation aussi stable dans un environnement aussi trouble, c'est en regardant l'avenir qu'il faut considérer l'hypothèse de hausses des tarifs, comme le propose la direction d'Hydro-Québec. Hydro fait des profits records cette année à cause de l'hiver particulièrement froid que nous avons connu et des forts revenus tirés de ses ventes à prix élevé sur le marché américain, mais cette situation pourrait ne pas durer. D'ici peu, l'augmentation constante de la demande, causée par la croissance économique soutenue, une grille tarifaire avantageuse et les contrats trop généreux consentis aux alumineries par le gouvernement précédent, forcera Hydro à investir massivement dans la construction d'ouvrages de production et de transport, pour laquelle il lui faudra s'endetter pour n'avoir pas pu engranger les bénéfices en période d'abondance.
Soyons logiques : on ne peut pas, d'un côté, reprocher à Hydro-Québec de construire des barrages nuisibles à l'environnement et, de l'autre, exiger qu'elle gèle ses tarifs éternellement alors que toutes les autres formes d'énergie voient leur prix grimper. Si l'électricité peut être considérée comme un bien essentiel dont le prix affecte les ménages à revenus modestes, elle constitue surtout un bien essentiel pour l'ensemble de la vie moderne. L'électricité est un bien dont la demande fluctue en fonction du prix: lorsque ce dernier est trop bas, les entreprises et les ménages sont incités à faire les mauvais choix, ce qui entraîne un gaspillage de la ressource et, dans le cas du Québec, un transfert de bénéfices de l'État (dont les revenus de dividende n'augmentent pas) vers les consommateurs d'électricité. C'est donc l'ensemble des contribuables qui subventionnent ainsi, chaque mois, ceux qui choisissent l'électricité pour produire, se chauffer ou se climatiser.
Cela dit, dans le cadre du débat qui ne manquera pas de survenir lors de l'étude du dossier par la Régie, on pourra déplorer le jeu de cache-cache auquel se livre Hydro-Québec en utilisant le prétexte ridicule du déficit de sa filiale Hydro-Québec Distribution pour expliquer la demande de hausses des tarifs. Si Hydro-Québec Distribution est dans le rouge, cela tient à la façon de calculer les coûts et non à une situation de déficit réel de la société d'État. Au lieu d'agir ainsi, la direction d'Hydro ferait mieux de parler franchement et de dire clairement pourquoi elle a besoin d'accroître ses revenus.
Au cours des prochaines années, il faudra relancer quelques grands projets de construction, et cela exigera des milliards. Devant cet état de fait, que les événements d'hier nous invitent à envisager avec sérénité, mieux vaut accepter aujourd'hui des augmentations de tarif modestes, progressives et prévisibles (au rythme de l'inflation, par exemple) pour éviter de devoir agir plus tard, en situation de crise, comme nos voisins américains et ontariens.

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Repenser la résistance pour un nouveau «refus global»
Jean-Philippe Pleau (Sociologue)
Le Devoir vendredi 15 août 2003
Depuis le sommet de l'APEC tenu en 1994 à Vancouver, dix ans se sont maintenant écoulés. En somme, dix ans de négociations commerciales, certes, mais également dix ans de manifestations en opposition à la mondialisation économique telle que préconisée par certains grands organismes économiques internationaux.
Or, si les manifestants nourrissent de plus en plus de doutes quant à l'acceptabilité morale et éthique du contenu de ces négociations commerciales et redoutent, par le fait même, les retombées potentielles qu'elles pourraient avoir sur la vie citoyenne, les forces de l'ordre, les commerçants, les principaux organisateurs de ces grands événements ainsi qu'une proportion considérable de la population craignent de plus en plus, eux, les agissements des manifestants.
En ce sens, l'encadrement institutionnel de ces événements s'est transformé considérablement depuis 1994: on habille désormais les policiers en Robocops, les barricades et les murs dressés sont parfois si imposants qu'ils en viennent à rappeler une certaine guerre froide pas si lointaine, tandis que la notion d'attroupement illégal, elle, se voit octroyer une popularité si grande qu'on a peine à croire qu'elle pourrait la revendiquer elle-même. Et c'est sans compter que nous sommes passés des gaz lacrymogènes aux balles de plastique potentiellement mortelles. À la vue de ces transformations en matière d'encadrement institutionnel, le temps semble venu de repenser la résistance ainsi que sa propre manifestation.
Extrémisme sportif
Mais pourquoi repenser notre rapport à la résistance citoyenne? Notre hypothèse de base est la suivante: à l'ère de la rectitude politique, la proclamation de son mécontentement par la résistance «traditionnelle» semble relever parfois de l'extrémisme sportif ou, dans certains cas, du domaine de l'absurde.
Simplement quelques faits. Désormais, les corps policiers du Québec, en collaboration avec les municipalités, encouragent fortement la possession d'un permis pour manifester dans la rue. Cela prévient, dit-on, les possibles débordements et informe, du coup, les forces de l'ordre de la tenue d'événements potentiellement perturbateurs. Le cas échéant, il n'est pas rare aujourd'hui d'observer la présence de voitures de police en début ainsi qu'en fin de peloton d'une manifestation.
Quant à elle, la pratique du graffiti, bien que soi-disant garantie par l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme concernant la liberté d'expression (article 19: «Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit»), elle se trouve néanmoins soumise au postulat de base de nos sociétés capitalistes, soit le respect de la propriété privée, et réglementée par le code criminel. Ainsi, l'acte de graffiter, qu'il soit réalisé dans une perspective de résistance ou de création, est habituellement illégal. Face à cette réalité, plusieurs municipalités du Québec offrent désormais des lieux où la pratique du graffiti s'avère tolérée. Cependant, il faut souvent posséder un permis pour agir de la sorte, présenter une esquisse et faire approuver le graffiti en question.
L'intérêt pour la casse
En ajoutant à cela l'écoute électronique et la filature, l'infiltration des groupes de manifestants par la police, le saccage, comme à Gênes par exemple, de la salle des nouvelles et du matériel appartenant aux médias indépendants par les forces de l'ordre sous divers prétextes, l'intérêt des médias de masse pour la casse plutôt que pour le contenu des négociations de ces sommets économiques, ainsi que le pouvoir que se voient confier les policiers par le recours à une notion telle que l'attroupement illégal (article 63 du Code criminel canadien: (1) «Un attroupement illégal est la réunion de trois individus ou plus qui, dans l'intention d'atteindre un but commun, s'assemblent ou, une fois réunis, se conduisent de manière à faire craindre, pour des motifs raisonnables, à des personnes se trouvant dans le voisinage de l'attroupement: a) soit qu'ils ne troublent tumultueusement la paix; b) soit que, par cet attroupement, ils ne provoquent inutilement et sans cause raisonnable d'autres personnes à troubler tumultueusement la paix»), il semble désormais assez clair que l'acte de résister, puisque trop encadré ou surveillé, doit être repensé. Et cette réflexion doit se faire à la lumière des moyens technologiques dont disposent les forces de l'ordre, des transformations de l'encadrement institutionnel d'événements comme ceux des sommets économiques et des moyens déployés pour y parvenir.
En d'autres termes, nous supposons que des moyens d'action «traditionnels» tels qu'une manifestation pacifique, sa préparation par la réunion de divers comités, la désobéissance civile, l'enseignement populaire (appelé dans le milieu «teach-in») avec utilisation de porte-voix (Jaggi Singh) et la diffusion de tracts et de manifestes ne semblent plus en mesure de permettre à la résistance citoyenne d'atteindre ses buts, étant donné le contexte actuel de nos sociétés à visées «sécuritaires». Ces moyens demeurent très certainement légitimes, quoi qu'on en dise, mais pas suffisants en termes de résultats obtenus.
Octobre 1970
Il en est ainsi également pour les potentialités de changements radicaux et draconiens au sein de nos sociétés occidentales, qui s'avèrent, en elles-mêmes, assez minces. À cet égard, nous prenons pour exemple l'impossibilité de voir se reproduire aujourd'hui les événements d'octobre 1970 dans leur intégralité. De nos jours, il semble évident que le mouvement felquiste serait infiltré dès sa création et surveillé de très près; en ce sens, jamais, en 2003, nous ne pourrions imaginer quatre individus tenir en haleine le Québec tout entier pendant plusieurs jours à partir d'une petite maison de banlieue de Montréal. En somme, cela semble clair: en moins d'une journée, les Simard, Rose et Lortie seraient vite retrouvés.
Or, c'est en ce sens que nous croyons que la résistance se doit désormais d'emprunter de nouvelles voies afin d'atteindre ses objectifs. Plus précisément, soutenons-nous, elle doit s'orchestrer stratégiquement sur la base d'une connaissance approfondie du système qu'elle dénonce et s'assurer de bien en maîtriser les rouages afin d'éviter tout piège potentiel. Par exemple, alors que plusieurs médias de masse carburent au sensationnalisme, il devient difficile d'admettre, si l'on souhaite voir son message être entendu par la population en général, que le fait de commettre des actes de violence (fracasser une vitrine) puisse vraiment aider la cause altermondialiste. Cela se complique davantage lorsqu'on observe que, même lors d'événements pacifistes, les médias, en l'absence d'acte violent, peaufinent leur lecture sensationnelle en créant de la «non-nouvelle» à cet égard: ils rapportent alors qu'il n'y a pas eu de casse...
L'heure est à la stratégie
Toutefois, il ne s'agit pas de voir qu'est défendu ici l'argument selon lequel il n'existe aucune forme de violence nécessaire et justifiée et qu'il est préférable de ne plus manifester, au contraire, mais plutôt celui selon lequel il apparaît désormais indispensable, d'une part, d'éviter certains pièges que tendent nos sociétés occidentales en promouvant le besoin de sécurité et la culture de la peur et, d'autre part, de révolutionner les moyens d'action de la résistance citoyenne. En d'autres termes, l'heure semble à la stratégie.
À cet égard, certains milieux déploient déjà plusieurs efforts en ce sens. À titre d'exemple, le Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ) travaille actuellement avec d'autres médias indépendants québécois à la constitution d'un réseau de solidarité afin de rendre possible la reconnaissance sociale d'une «autre information» et de matérialiser le dicton suivant: soyons nos propres médias d'information.
Il y a également, dans le monde de la musique, un nombre d'efforts considérables orchestrés en faveur d'un nouveau mode de diffusion artistique. Les Mononc'Serge, Cowboys fringants et Polémil Bazar, pour ne nommer que ceux-là, produisent à l'occasion ce qu'ils appellent des «offensives radiophoniques» en invitant leurs fans à écrire aux stations radiophoniques commerciales dans le but de créer, par l'externe, une demande pour leurs chansons. Le succès notable du vidéoclip Marijuana, de Mononc'Serge, diffusé sur les ondes de Musique Plus l'an dernier, est redevable en grande partie à cette stratégie.
Enfin, il y a les Entartistes et les Zapartistes qui, par l'absurde et la théâtralité, s'adonnent à une critique virulente de la politique et de ses principaux acteurs. On peut aimer ou pas, certes, mais cela nous remémore les Partis rhinocéros et les Coluche de ce monde ainsi que leurs nombreux coups fumants et hilarants.
Bref, une proportion considérable de gens craignent les agissements des manifestants ainsi que les acteurs de la résistance; mais ce que ces derniers ont à dire, ces gens ne peuvent le craindre véritablement, car on ne leur laisse entendre que très peu. C'est donc autour de la recherche de nouveaux moyens d'expression et du peaufinement des anciens que la résistance doit s'organiser si elle veut retrouver «ses lettres de noblesse» et enfanter un nouveau «refus global».

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Le carcan du 5 $
Jean-Marc Salvet
Le Soleil vendredi 15 août 2003
Éditorial - L'équipe libérale s'est engagée dans une partie difficile en confirmant la fin des garderies à 5 $ pour tous, l'une des belles réalisations du gouvernement du Parti québécois. L'erreur du PQ a toutefois été de figer le modèle dans un carcan et de faire comme si le tarif avait été coulé dans le béton. Faut-il rappeler qu'avant de transformer le "5 $" en slogan électoral, il avait lui-même jonglé avec des scénarios de hausse ?
Partie difficile ? Le gouvernement libéral le sait. Il en a eu un avant-goût dans les jours ayant suivi son élection. Les questions touchant la croissance du réseau et son financement ont donné lieu à un formidable bras de fer qui s'est étiré jusqu'au dépôt du budget Séguin. Maintenant que l'on connaît les scénarios de hausse, le même débat déchaînera les mêmes passions au cours des prochaines semaines.
L'équation, cependant, demeure la même. Ceux qui ont des enfants la connaissent : il y a quelques années, des dizaines de milliers de parents ont eu la joie de voir les tarifs fondre de plus de 22 $ à 5 $ par jour. Sur le coup, tous n'ont pas réalisé que l'abolition des crédits d'impôt pouvait les faire perdre au change. Mais les bambins avaient gagné en qualité, puisqu'ils bénéficiaient désormais de services éducatifs dans des installations sécuritaires.
Le hic, et il est de taille, est que bien des parents peinent encore à trouver une place en garderie pour leurs rejetons. C'est honteux. La recherche d'une place ne devrait pas ressembler à un parcours du combattant.
On ne peut plus se contenter de dire que le réseau est victime de son succès, même si c'est la plus stricte vérité. Il faut agir et trouver une solution, entendu qu'aucune ne sera jamais idéale.
Aujourd'hui, bien des Québécois sont en droit de déplorer que le gouvernement fasse miroiter des baisses d'impôt tout en s'apprêtant à prendre plus de sous dans les poches des parents. Mais nous aurions tort de nous indigner si l'augmentation des tarifs permet de sauvegarder cette extraordinaire réalisation qu'est la création d'un vrai réseau de garderies au Québec. Nous aurions encore moins raison de le faire si l'augmentation à venir permet d'accroître le nombre de places et de diversifier l'offre de services pour qu'elle corresponde mieux aux besoins de tous et chacun.
Le "5 $" pour tous n'aurait jamais dû devenir une vache sacrée. Il n'y a aucun mal à songer à une hausse de 2 $, épargnant les moins nantis. Ni à envisager que les mieux nantis finissent par payer 8 $ ou même 10 $. L'universalité n'est pas une fin en soi. La difficulté sera de déterminer le seuil à partir duquel les tarifs varieront en fonction des revenus familiaux, si c'est l'option retenue.
Pour bien faire, le ministre Béchard ne devra pas oublier de mettre le gouvernement fédéral à contribution. Depuis que les parents déboursent moins pour les garderies, Ottawa a économisé plusieurs dizaines de millions par an au chapitre de l'exemption pour frais de garde. Cette situation doit être corrigée.

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Big Brother Coderre wants to watch
This type of surveillance has the real potential of violating privacy rights, and restricting freedom of expression and thought.
JOSEE LEGAULT
The Gazette Friday, August 15, 2003
"No one expects the Spanish Inquisition!" So went one of Monty Python's funniest sketches. But there is one potential, much more modern type of inquisition looming on the horizon. And it's no laughing matter.
It is the possible creation by the federal government of a mandatory national identification card that would include biometric features such as fingerprints or eyescans. According to Citizenship and Immigration Minister Denis Coderre, this card would enhance national security as well as curtail identity theft.
This idea is a product of the post-Sept. 11 era. Canada is one of a number of Western countries that are studying the adoption of this new type of surveillance technology. Whether in Europe or here, critics are denouncing what they see as caving in to American pressure and paranoia regarding real or imagined threats of terrorist attacks.
Although Jean Chrétien's cabinet is said to be split on the matter - what else is new these days - Coderre's department is doing its darnedest to get this show on the road. Right in the middle of summer, it released a poll conducted in June by Pollara that - surprise, surprise - shows seven out of 10 Canadians agree with the creation of a biometrics card. So, the spin goes, Canadians are willing to put security ahead of fundamental rights.
(This poll, by the way, was conducted with a small sampling per province - only 300 in Quebec - with a whopping margin of error of 5.7 per cent. More importantly, it asked a question on a topic few people are informed about.)
A Commons committee is studying the matter and will make its recommendations. In October, the government will hold a special two-day national forum on the subject where homegrown and international experts will be invited to speak. And if there's anything we know about here in Quebec, it is how forums and summits can serve to manufacture consent on a controversial question.
Which raises this question for Prime Minister Jean Chrétien: Why adopt an independent position from the United States on the war in Iraq and look as if you are ready to give in on something as crucial as the adoption of a biometrics ID card that could endanger basic freedoms?
This type of surveillance technology has the very real potential of violating privacy rights and restricting freedom of expression, thought and association. Because biometric cards can also be transmitters, they can even allow a government or the police to know exactly where a card owner is and who he's meeting with. This is no longer science fiction. With time, these technologies will become more and more sophisticated, and the danger to freedoms will grow.
Nowhere is this easier to understand than in China, where this technology is being actively developed, not out of subservience to the U.S., but out of a will to further restrict its citizens at a time when the country is widening its contacts with the West for economic purposes.
The project is called the Golden Shield - also dubbed the Chinese Big Brother by human rights advocates. It's aim is to create a gigantic online data base to build a country-wide, centralized surveillance network that would incorporate the digital recognition of voices and faces, closed-circuit television, biometric ID cards, credit files and various Internet surveillance technologies.
The Chinese Ministry of Public Security is responsible for this project, and it needs the help of Western firms to bring it to fruition. Along with the FBI, a number of Western companies, even Canadian firms such as telecommunications giant Nortel Networks, are contributing to this project.
Now, China is not a democratic country. It's a single-party regime that jails its dissidents. So when critics point to the potential dangers of biometric cards taking us down the slippery slope of a police state where the surveillance of citizens is rendered easier than ever before, we would be wise to ponder the Chinese example.
And so would Denis Coderre, who actually said biometrics would put us "one step ahead." One step ahead of whom, of what? Is watching citizens, including their whereabouts and contacts, a step forward? And does the minister truly believe, as he said, that Canadians would be protected by the "proper legal framework" of the Charter of Rights? As if judges could protect us from abusive use by the government or the police of any personal information provided by these cards.
Sept. 11, 2001, marked our entry into a new world, where terrorists are winning by making us think of sacrificing basic freedoms out of fear and paranoia.
If this is a new world, let us at least not turn it it into a Brave New World.

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Selon les lecteurs de "Travel and Leisure"
Québec, 4e ville touristique en Amérique du Nord
Louis Tanguay
Le Soleil vendredi 15 août 2003
La ville de Québec a été classée au quatrième rang des destinations nord-américaines préférées des lecteurs de Travel and Leisure, et ses hôteliers voient augmenter les réservations pour août et l'automne.
Le résultat du sondage dévoilé dans la livraison d'août du magazine, qui est l'une des plus importantes publications de voyage au monde - plus d'un million d'exemplaires - suit de quelques mois et confirme selon Daniel Gagnon, directeur des communications de l'Office du tourisme et des congrès de Québec, le classement attribué à Québec par une autre publication spécialisée haut de gamme, Conde Nast Traveler pour qui la vieille Capitale vient au 6e rang des destinations étrangères et au 10e rang en incluant les destinations nord-américaines.
Avec la fin de l'été et l'automne, dit M. Gagnon, on entre dans la saison la plus favorable aux visites des lecteurs de ces revues prestigieuses.
Une reprise
Selon les hôteliers de Québec avec qui il est en contact pour préparer la prochaine vague de promotions touristiques, le spécialiste retient que la plupart d'entre eux perçoivent une reprise des réservations pour le mois d'août.
La bonne notoriété entourant ces deux sondages ne serait pas étrangère à cette tendance, soutient M. Gagnon.
Dans le cas le plus récent, Québec n'a été dépassée que par New York, San Francisco et Santa Fe... Elle a devancé Vancouver (5e), la Nouvelle Orléans (6e), Chicago (7e), Charleston (8e), Victoria (9e) et Montréal (10e).
Les critères utilisés par les éditeurs de Travel and Leisure étaient la qualité des sites, cele de la vie culturelle, de l'hébergement, des restaurants, du magasinage, de l'accueil de la population et le rapport qualité/prix de la destination.

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Une seule race contrôle les médias, déclare Ahenakew
LE DEVOIR vendredi 15 août 2003
PC Saskatoon - Une seule race contrôle les médias du monde, a déclaré en substance un ancien leader autochtone, qui fait déjà l'objet d'accusations pour incitation à la haine raciale.
«Quand un groupe de gens, une race, peut contrôler les médias du monde, alors il faut faire quelque chose», a ainsi affirmé David Ahenakew dans une entrevue avec Alex Roslin, journaliste à la publication torontoise This Magazine.
M. Ahenakew n'a pas spécifié à quelle race il faisait allusion. En décembre dernier, l'homme de 68 ans avait déclaré que les nazis voulaient «nettoyer le monde des juifs» et qu'«Adolf Hitler avait eu raison de vouloir en "cuire" six millions». Il avait par la suite présenté ses excuses.
Ces déclarations avaient provoqué une crise à travers tout le Canada et l'avaient acculé à démissionner de ses fonctions à la Saskatchewan Indian Nations Senate and Boards. En juin, après une enquête de la GRC, M. Ahenakew avait été accusé d'incitation à la haine raciale.
Ni M. Ahenakew, ni son avocat, Me Alan Gold, de Toronto, n'ont pu être contactés. Le chef Perry Bellegarde, de la Fédération des premières nations de la Saskatchewan, n'était pas non plus disponible.

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Ahenakew relapses
National Post Friday, August 15, 2003
Éditorial - It was last December that David Ahenakew first made his name known to most Canadians. That month, the former head of the Federation of Saskatchewan Indian Nations delivered a speech in which he expressed admiration for the genocidal policies of Adolf Hitler, claiming the German dictator "cleaned up a hell of a lot of things." He also compared adherents of the Jewish faith to a "disease." In June, police charged Mr. Ahenakew with breaking Canada's hate speech laws.
Following his December outburst, Mr. Ahenakew apologized. But an article in the latest issue of This Magazine, a Toronto-based publication, suggests he was less than sincere. According to This reporter Alex Roslin, Mr. Ahenakew said in a phone interview: "When a group of people, a race of people can control the world media, then there's got to be something done about that."
We're pretty sure we know what "race" Mr. Ahenakew had in mind.
Ever since Mr. Ahenakew's initial comments, pressure has been building for Adrienne Clarkson, the Governor General, to strip him of his membership in the Order of Canada. In June, the advisory council that oversees membership decided to defer a decision from its rolls until after his hate-speech trial.
That decision was perhaps defensible at the time. But Mr. Ahenakew's latest comments cast matters in a new light. The Order's motto is desiderantes meliorem patriam -- "they desire a better country." Mr. Ahenakew's comments mock this ideal, and there now seems no reason to delay stripping him of the honour.